extrait sports d`hiver durables

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extrait sports d`hiver durables
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Sports d’hiver durables
Les pistes du possible
Jean-Pierre LAMIC
Extrait
1ère PARTIE
CHAPITRE I
LES SPORTS D’HIVER
1 – Qu’appelle-t-on sports d’hiver ?
Au cours du bref historique qui s’ensuit, nous allons découvrir l’existence, non pas d’une seule
pratique liée aux sports d’hiver : le ski, mais plusieurs.
Certaines, comme le snowboard, le freestyle, le freeride sont apparues récemment, d’autres comme le
traîneau à chiens ou les raquettes à neige constituent de vieilles pratiques, liées au déplacement
hivernal, remises au goût du jour.
Les progrès réalisés dans la fabrication des matériels ont permis de faire apparaître le côté ludique de
ces activités, jusque-là plutôt perçues comme pénibles.
Un ouvrage consacré aux sports d’hiver se devait de mentionner la diversité des loisirs sportifs de
pleine nature qui constituent l’offre que proposent, ou plutôt devraient proposer, les stations de
montagne en hiver. Nous verrons que les alternatives au ski sont nombreuses.
Wikipédia donne des sports d’hiver la définition suivante : « L'expression “sports d'hiver” désigne un
ensemble d'activités sportives ne pouvant théoriquement être pratiquées que pendant l'hiver,
généralement parce qu'elles nécessitent la présence de neige ou de glace.
Les sports d'hiver regroupent les différents sports nécessitant la présence de neige et de météo
hivernale. En France, seulement 5 % du territoire sont enneigés pendant la période hivernale, contre
95 % dans certains pays scandinaves plus propices donc aux sports d'hiver ».
Cet ouvrage s’attachera par conséquent à parler de l’ensemble des sports d’hiver et des
problématiques afférentes, même si le ski, demeure l’activité principale, représentant environ 80 %
des pratiques sportives. Cependant, considérant le volume d’activité généré par l’industrie des sports
d’hiver, les 20 % restants représentent également des enjeux considérables, notamment d’un point de
vue économique.
Le rappeler face à la prévalence du ski sur les autres activités de pleine nature et la tendance au « tout
ski », illustrée par le « modèle grand ski » qui fut encouragé par les investisseurs et les décideurs au
cours des trente dernières années, constitue un préalable à toute étude sur le sujet.
2 – Petit historique des sports d’hiver
La plupart du temps, les sports d’hiver sont associés à la pratique du ski.
Or d’un point de vue historique, l’antériorité de la raquette à neige sur le ski ne fait aucun doute, qu’il
s’agisse de la pratique liée au mode de déplacements, ou de son adaptation à une forme de loisirs.
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L'origine et l'âge exacts des raquettes à neige sont incertains, même si les historiens pensent qu'elles
ont été inventées en Asie centrale, il y aurait 5 000 ans environ.
Les premières traces écrites attestant leur utilisation remontent à Strabon, à l’époque de Jésus-Christ.
Il relate le fait que les habitants du Caucase avaient pris l'habitude d'attacher des surfaces plates de
cuir sous leurs pieds pour se déplacer dans la neige et que les Arméniens utilisaient des surfaces
rondes en bois à cette même fin.
Des peuples en mouvement, à partir de l’Asie centrale traversent le détroit de Béring, s’installent en
Amérique du Nord, où ils font évoluer la forme et les modes de fabrication de la raquette à neige.
Chaque peuple indigène d’Amérique du Nord en vient à confectionner son style de raquettes. Les
Inuits disposaient d’un modèle triangulaire, et d’un autre quasi circulaire, mais les utilisaient peu,
cheminant le plus souvent sur des surfaces gelées.
Les amérindiens s’en servaient principalement lors de la chasse au bison.
Petit à petit le Canada colonial naissant s’empare de cette invention, qui sert essentiellement aux
coureurs des bois à la recherche de fourrures. Du Canada, la raquette à neige parvient en France et
devient un moyen utilisé par les soldats, notamment pendant la guerre de Sept ans, durant laquelle
deux batailles ont lieu au moyen de raquettes.
Mais c’est au Canada que les militaires, à la fin du XVIIIe siècle, puis les habitants à partir de 1840,
utilisent les raquettes à des fins de loisirs pour la première fois. Des courses sont alors organisées à
partir de cette dernière date. Il faudra attendre 1950 pour que la première raquette de l’époque
moderne voie le jour aux Etats-Unis. En France, c’est seulement à partir de 1990 que cette activité
renaît, pour constituer moins de vingt ans plus tard la deuxième forme de loisirs sportifs après les
pratiques apparentées au ski.
La société TSL, basée en Haute-Savoie est devenue le leader incontesté du marché de la raquette en
France, s’appuyant sur des modèles fiables et pratiques, déconnectés de l’effet de mode inhérent au
marché du ski.
Cependant, les sports d’hiver, sont aussi, évidemment, constitués d’activités liées à la glisse, dont
voici l’historique particulier.
2.1 – Les premières glissades
Le ski, comme la plupart des activités liées aux sports d’hiver, est avant tout un moyen de se déplacer
sur la neige. Aspect primordial que l’on oublie trop souvent. C’est un mode de transport adapté à
son milieu, pratique, rapide et sain.
Le côté ludique des disciplines apparentées aux sports d’hiver est apparu bien plus tard, à l’orée du
XXe siècle.
Ses origines sont donc fort éloignées et remonteraient à 2000 ans avant J.C.
Il existe des représentations de skieurs dès cette époque.
« Le principe de gravir un sommet pour le descendre à ski le plus rapidement possible a été inventé
plusieurs fois de manière indépendante :
• La première descente est organisée en Californie, à la Porte en 1866 par des chercheurs d’or
émigrés, pour la plupart, de Norvège.
• En 1906, les Autrichiens organisent la descente du Horn.
• En 1911, les Anglais partent en ligne du sommet du Wildstrubel à Montana en Suisse »1
Cependant, l’ancêtre du ski moderne se nomme Sondre Norheim, un Norvégien né en 1825,
originaire du comté de Telemark, menuisier de son état.
Il invente en 1868 la technique du virage télémark, dont la particularité consiste à fléchir la jambe
intérieure, talon soulevé, pendant la réalisation de la courbe.
Son invention révolutionne les pratiques plus anciennes du ski.
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Source Wikipedia
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Il l’applique pour la première fois avec succès lors d’une course organisée dans son village natal.
Il faudra attendre l’invention du virage christiania, technique plus récente, encore enseignée dans les
années 1970, pour supplanter le télémark.
Ce dernier renaît depuis les années 1980 et est largement diffusé en Scandinavie où il représente près
de 50 % des pratiquants du ski.
Sondre Norheim fut également un inventeur au sens propre, puisqu’il conçut de nouveaux types de
fixations qui permettaient de tourner et sauter sans que le ski ne se détache2.
Le ski alpin est, quant à lui, développé par un anglais nommé Arnold Lunn. Il s’y essaie dès 1897 à
Chamonix. Il n'a alors que dix ans. E.C. Richardson surnommé « le père du ski britannique », fonde
le Ski Club of Great-Britain en 1903. Il initie les élèves des écoles publiques britanniques aux sports
d'hiver dans les Alpes. Le ski alpin est déjà au programme scolaire !
Immédiatement après la première guerre mondiale Lunn organise les premiers championnats
britanniques de ski alpin.
Les autochtones regardent médusés.
Il faut attendre 1929 pour voir se dérouler les premiers championnats d'Autriche, 1930 ceux de
Suisse. En 1931 la France organise les siens. Les épreuves concernent alors exclusivement la
descente. Le premier slalom est disputé le 21 janvier 1922 à Mürren en Suisse, épreuve purement de
style sans prise en compte de la vitesse.
Dès les origines, quelques villages de France abritent les premiers pratiquants : La Clusaz, Chamonix,
Peisey… pour les plus connus.
Quelques pionniers imaginent en 1909 d’utiliser le train à crémaillère reliant Aix-les-Bains au Revard
pour profiter de la neige qui recouvre chaque hiver ce rebord du massif des Bauges. L’une des toutes
premières stations de ski de l’hexagone est créée. On vient de célébrer le centième anniversaire des
sports d’hiver au Revard !
Dans les années 1920, les premiers touristes sont avant tout des amoureux de la nature. Une
proportion importante provient des stations thermales environnantes. Ainsi de Brides-les-Bains,
peut-on excursionner vers les premières stations villages de Tarentaise comme Peisey ou Tignes (peu
de personnes savent que le village de Tignes lorsqu’il fut englouti en 1952 était une station de ski
possédant déjà plusieurs hôtels, et que cette station figure au nombre des pionniers).
Tout juste après la première guerre, la baronne Noémie de Rothschild part se reposer à Saint-Moritz
en Suisse. C’est là que lui vient l’idée de créer une station de standing similaire en France.
Son choix se porte sur le plateau du Mont d’Arbois, idéalement ensoleillé et enneigé en hiver. Elle y
fait construire un hôtel de luxe et planter des arbres.
Dès sa création en 1922 Megève acquiert ainsi le statut de grande station de sports d’hiver.
En 1924, Chamonix accueille les tout premiers Jeux olympiques d’hiver, basés sur les disciplines
nordiques.
Le ski alpin reste confidentiel et exclu des disciplines sportives reconnues.
Bien entendu leur tenue contribue largement à la diffusion des pratiques des sports d’hiver, et à la
notoriété du lieu.
À cette époque, comme me le conta un jour l’un des oncles de Guy Périllat, les compétiteurs
partaient de chez eux skis aux pieds (de type télémark), se rendaient sur le lieu des épreuves,
disputaient les différentes compétitions toujours équipés du même matériel - y compris le concours
de saut - et rentraient chez eux de la même manière.
C’est encore à Mürren, en 1931 que Lunn, toujours lui, ayant réussi à faire reconnaître le ski alpin par
la Fédération Internationale de Ski, organise les premiers championnats du monde. Le CIO emboîte
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le pas et intègre le ski alpin aux Jeux olympiques de Garmisch-Partenkirchen en 1936, avec une seule
épreuve, celle du combiné (descente / slalom). Émile Allais obtient la médaille de bronze.
Le plaisir de la glisse s’impose peu à peu et supplante progressivement celui de la détente en
montagne, de la découverte qui avait prévalu aux débuts des sports d’hiver.
Fort logiquement, l’on cherche les moyens de transporter cette nouvelle clientèle en haut des pentes,
au moyen de la traction animale, avec les chevaux, puis à l’aide des premiers téléphériques.
En décembre 1933 est inauguré le téléphérique de Rochebrune à Megève, suivi en 1934 par celui du
Pleney à Morzine.
Les premières écoles de ski se mettent en place, d’abord en Autriche où la méthode dite de l’Arlberg
est considérée comme étant la référence internationale. Des moniteurs autrichiens viendront former
les premiers moniteurs de ski français. Mais Émile Allais, toujours en vie à l’heure où j’écris ces
lignes, participe à la mise au point de la technique du Christiania, basée sur une tenue des skis
parallèles et les dérapages. Créant en 1937 l’École du Ski Français (ESF), avec le soutien de Léo
Lagrange, il devient le premier moniteur de l’École du Ski Français.
La même année il devient champion du monde, suivi par James Couttet en 1938, donnant ainsi au
Christiania ses lettres de noblesse. Cette nouvelle technique vient de supplanter l’Arlberg, L’ESF
devient une référence pratiquement dès sa naissance.
En 1934, à Sestrières en Italie, les Agnelli créent, pour les employés de Fiat, la première station de
sports d’hiver en dehors de toute vie existante, ancêtre des stations dites intégrées. Nommée à
l’époque « ville de la neige », Sestrières prouve qu’il s’agissait bien, dès les origines, de transposer un
modèle urbain à la montagne.
Et déjà, ils construisent des hôtels à plusieurs étages, des parkings pour stationner plus de 3 000
véhicules, des remonte-pentes, des commerces, le tout à 2 000 mètres d’altitude !
De nombreux projets similaires furent pensés avant la deuxième guerre mondiale en France, mais
restèrent dans les cartons, faute d’argent disponible.
C’est alors que les Suisses inventent le téléski qui révolutionne l’ère des « remonte-pentes » et
annonce celle des remontées mécaniques. Ses principaux atouts : un moindre coût et une facilité
d’installation qui offrent aux communes la possibilité de s’équiper progressivement et de devenir de
véritables stations de sports d’hiver.
Dès 1935, Jean Pomagalski perfectionne le système de téléski imaginé par les Suisses. Il invente les
perches fixes qui engendrent un débit plus rapide que le système suisse à enrouleurs.
La clientèle se développe. En 1934 on compte déjà à Huez entre 1 000 et 1 550 skieurs le dimanche,
et jusqu’à 2 000 le jour de Pâques. Fréquentation qui doublera en l’espace de deux ans grâce à
l’ouverture d’une nouvelle remontée mécanique !
C’est l’époque où certains alpages commencent à se couvrir de pylônes tandis que les agriculteurs qui
se convertissent l’hiver en employés des remontées mécaniques deviennent les tout premiers
pluriactifs des sports d’hiver de l’histoire.
1936, est bien sûr l’année de l’instauration des congés payés qui vont propulser bon nombre de
Français sur les plages. En revanche, en montagne, les infrastructures existantes ne sont pas adaptées
à une clientèle populaire, mais plutôt à des villégiateurs aisés.
C’est aussi l’année durant laquelle Abel Rossignol invente le ski contrecollé, participant ainsi à la
suprématie naissante de la France au niveau du ski mondial. Plus tard (en 1945), il inventera le ski
lamellé contrecollé, au moyen de lamelles de bois dur, léger et souple, collées entre elles, associant
frêne-sapin, frêne-bouleau ou frêne-hickory.
En 1942, en pleine guerre, les plans d’installation de stations de ski ex nihilo resurgissent au sein du
Commissariat aux sports dirigé par Jean Borotra. Vars dans les Hautes Alpes et l’ensemble BellevilleLes Allues- Saint Bon (Les Trois Vallées) émergent parmi les différentes possibilités.
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D’autres établissent des projets pendant leur captivité, comme Maurice Michaud, ingénieur des ponts
et chaussées et Laurent Chappis, urbaniste, tous deux prisonniers en Autriche.
À la libération, le premier, intégré à l’antenne savoyarde du Ministère de la reconstruction, propose
au second de réaliser leurs plans.
Ils trouvent les appuis politiques indispensables au déblocage des financements nécessaires au niveau
départemental. Des terrains sont achetés, la construction de logements et de remontées mécaniques
est réalisée. On les exploite en régie, pour créer Courchevel qui ouvre ses portes aux skieurs dès
novembre 1947 !
Le modèle existe, alors, repris par d’autres. Un modèle (« l’école de Courchevel ») qui propose une
architecture citadine, délaissant l’habitat traditionnel. La station forme un arc de cercle, inclut des
résidences d’une hauteur limitée, réparties au pied des pistes et maintient les parkings à la périphérie.
Un modèle qui finit par caractériser les stations de sports d’hiver « à la Française ».
Entre temps, Châtel, Le Grand-Bornand, les 2 Alpes voient le jour en 1946, Arêches Beaufort en
1947.
1947 est encore l’année de l’invention du télésiège, dont le premier exemplaire fut inauguré à PeiseyNancroix. La mairie songe aujourd’hui à mettre en valeur la gare de départ, toujours en place.
La course à l’équipement débute. L’esprit mégalomaniaque de l’être humain peut s’exprimer sans
retenue : Courchevel et Chamrousse se disputent en 1952 le téléphérique le plus rapide du monde,
tandis qu’à l’Aiguille du Midi, au prix de prouesses techniques invraisemblables, il s’agit du plus haut
téléphérique du monde.
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