BSV_ZNA_15-2 - DRIAAF, site officiel du ministère de l`agriculture

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BSV_ZNA_15-2 - DRIAAF, site officiel du ministère de l`agriculture
Bulletin N° 2 du 27 mars 2015
INFORMATIONS
Reprise d’activité des ravageurs et maladies qui sont encore frileux pour le moment. Ils sont
à surveiller dans les prochaines semaines.
Le débourrement est terminé pour les espèces les plus précoces et encore à venir pour
d’autres. Certains prunus, les magnolias, les forsythias sont en fleurs actuellement.
Vous souhaitez devenir observateur pour le réseau du Bulletin de santé du végétal et
participer ainsi à l’épidémiosurveillance du Plan Ecophyto ?
Contactez-nous : vous bénéficierez gratuitement de formations techniques, de conseils pour
réduire l’utilisation des produits phytosanitaires et vous pourrez rencontrer et échanger avec
les observateurs et l’animateur ; du matériel vous sera remis pour vous permettre de suivre
les protocoles d’observation (pièges, guide de l'observateur, …). Enfin, votre participation
sera mentionnée si vous le souhaitez sur les BSV.
Observations de la période réalisées sur les sites suivants :
Domont - Marne-la-Vallée - Paris – Vincennes - Vitry-sur-Seine - Jardin du Luxembourg - Château de
Vaulx le Vicomte - Louveciennes - Saint-Maur-des-Fossés
Légende :
Risque esthétique
- risque de dépréciation esthétique : aspect visuel
Risque physiologique
affecté de la plante
Risque sanitaire
- risque commoditaire : nuisances sur mobilier urbain
ou tout autre bien matériel
- risque physiologique : impact de la présence de l’organisme nuisible sur le
développement et la vie de la plante
- risque sanitaire : risque représenté par le nuisible pour la santé humaine (cas
des chenilles urticantes, des champignons aux spores allergènes, des insectes
piqueurs, ...).
Ces risques sont estimés à partir des observations faites sur les parcelles observées et
illustrent les risques futurs liés à une présence actuelle. Ils sont amplifiés notamment si
les végétaux étaient déjà attaqués en année N-1, s’ils sont situés dans une zone de
prestige, ou s’ils ont une forte valeur patrimoniale ou historique. Ces risques peuvent être
amplifiés ou amoindris en fonction de l’évolution des conditions météorologiques qui
n’entrent pas dans le calcul du risque.
Nul
Faible
Moyen
Fort
Conditions climatiques
Un temps variable pluvieux et encore frais est prévu dans les prochaines semaines.
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A retenir en ce moment
Tableau synthétisant la présence des nuisibles observés et son évolution sur les sites suivis
(présence directe du nuisible ou importance du dégât)
Présence nulle
Présence faible
Présence modérée
Evolution par rapport à la période hivernale :
Croissante
stagnante
en baisse
RAVAGEURS
Pyrale du buis
Limaces et escargots
Processionnaire du pin
Otiorhynque
Tigre du platane
Présence importante
MALADIES
Généralisé
Généralisé
Généralisé
Généralisé
Généralisé
Maladies des buis
Ponctuel
→
Les ravageurs
• Pyrale du buis
Situation actuelle : Sur les différents sites suivis, les très jeunes
chenilles de la troisième génération de 2014 reprennent leur
activité nutritionnelle.
Reconnaissance : La chenille est verte avec des rangées
longitudinales de points noirs et de poils drus clairs. Sa capsule
céphalique est de couleur noir luisant. Elle n’est pas urticante.
Les papillons sont blanc nacré avec les marges marron irisées de
violet, ou inversement.
Fredon IdF
Marne-la-Vallée
Fredon IdF
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Dégâts : La larve du papillon de la pyrale du buis se nourrit lorsqu’elle est très jeune en décapant les
feuilles de buis (cf photo du haut en page précédente). En grossissant, elle consomme ensuite la
totalité du limbe, laissant derrière elle les tissus périphériques de la feuille, le pétiole et parfois la
nervure centrale. Cet insecte a une tendance à la pullulation ce qui en fait un ravageur redoutable
pour les buis. En cas de forte défoliation, les chenilles consomment l’écorce des rameaux.
Risque : les risques de dépréciation esthétique et
physiologique pour les buis sont faibles actuellement
étant donné l’âge des chenilles. Le risque est amplifié sur
les buis de broderies et les buis de bordures notamment
en zones de prestige et lorsque l’insecte était déjà présent
en 2014.
Risque esthétique
Risque physiologique
Risque sanitaire
Technique de gestion alternative du moment : ramasser les chenilles à la main, tailler les rameaux
atteints. Des pièges à phéromones permettent de suivre l’évolution du vol des papillons. Ils sont à
poser mi-avril.
• Processionnaire du pin
Situation actuelle : Sur plusieurs zones de la région, les
processions se sont accélérées ces dernières semaines. Elles
ont débuté cet hiver dès le mois de janvier lors de journées
ensoleillées pour trouver une zone propice à la nymphose. Les
chenilles sont urticantes actuellement. Les adultes
émergeront à partir de fin juin.
De nombreux cas sont actuellement observés à Saint-Maurdes-Fossés, Magny-en-Vexin et Longjumeau, notamment.
Reconnaissance : Les chenilles sont marron et noir avec un duvet de poils assez longs gris clairs. Elles
vivent en communautés très nombreuses. Leurs processions sont caractéristiques.
Dégâts et nuisances : Les larves consomment les aiguilles du pin et lors de pullulations, elles peuvent
contribuer à l’affaiblissement physiologique du végétal. Par ailleurs, elles sont urticantes : les poils
qu’elles libèrent lorsqu’elles sont dérangées entrainent de l’urticaire, des irritations des muqueuses,
des conjonctivites voire des œdèmes aux personnes qui y sont sensibles. Les animaux qui parfois
mâchent les chenilles risquent des nécroses de la langue, des lèvres et autres complications très
graves. L’euthanasie est parfois recommandée.
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Technique de gestion alternative du moment : Des écopièges qui ceinturent le tronc de l’arbre,
peuvent permettre actuellement d’empêcher les chenilles de rejoindre le sol. Elles sont alors
bloquées dans un sac relié au piège, dans lequel elles font leur nymphose. Ces pièges peuvent
permettre de limiter les risques d’urtication. Ils sont à installer au plus vite.
Risque : les risques de dépréciation esthétique et
physiologique pour les pins sont moyens actuellement du
fait de la présence des nids sur les arbres et des chenilles
qui se nourrissent. Le risque sanitaire est très important
sur les zones où l’on observe des processions.
Risque esthétique
Risque physiologique
Risque sanitaire
• Otiorhynque
Situation actuelle : Sur plusieurs zones de la région, les larves des otiorhynques ont repris leur
activité de nutrition sur les racines des plantes sensibles.
Reconnaissance : Les larves sont blanches avec la tête marron clair et quelques poils drus sur tout
le corps. On les trouve au pied des végétaux sensibles dans la terre. Les adultes sont souvent peu
visibles car ils sont nocturnes. Ce sont des coléoptères bruns avec des taches plus claires sur le dos.
Dégâts et nuisances : la larve se nourrit des racines de certaines plantes en les rongeant ce qui induit
leur dépérissement rapide. Les adultes se nourrissent sur les feuilles en grignotant le pourtour des
feuilles et en laissant des trous en forme de demi-lune caractéristiques.
Technique de gestion alternative du moment : Le ramassage à la main des larves est possible. Les
larves d’otiorhynque préfèrent le terreau et les terres riches en humus à la terre franche. Dans les
pots, bacs et jardinières, planter les plantes sensibles dans de la terre franche. Positionner à
proximité des plantes en production des pots de plantes sensibles (du bergénia notamment) semble
montrer de bons résultats.
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Risque : les risques de dépréciation esthétique et
Risque esthétique
physiologique sont moyens actuellement sur les plantes
Risque physiologique
attaquées au niveau des racines. Ils sont nuls pour les
Risque sanitaire
plantes attaquées par les adultes. Les risques sanitaire et
commoditaire sont nuls.
• Limaces et escargots
Situation actuelle : Les limaces et les escargots ont repris leur activité de nutrition sur les végétaux.
Pour le moment les dégâts restent faibles.
Reconnaissance : Plusieurs limaces peuvent être responsables de dégâts sur les plantes des espaces
verts : la grosse limace (Arion rufus), la petite limace (Deroceras reticulatum) et la limace horticole
(Arion hortensis).
La grosse limace
La petite limace
La limace horticole
photos limaces : dossier technique Adalia n°3
Parmi les escargots, les plus couramment observés en espaces verts sont les suivants :
L’escargot des jardins le petit gris
l’escargot des bois l’escargot de Bourgogne
(Cepaea hortensis) (Helix aspersa aspersa) (Cepaea nemoralis)
(Helix pomatia)
photos escargots : http://www.gireaud.net/especes.htm
Dégâts et nuisances : Ces mollusques ravageurs grignotent les organes verts et tendres des jeunes
pousses, des jeunes semis et des plantes molles attractives, les feuilles et parfois également les
racines. Certaines plantes y sont particulièrement sujettes comme les hostas, les dahlias, les
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pensées, etc. Les limaces laissent après leur passage un mucus qui leur permet de se déplacer et
qui, en séchant, laisse apparaitre une matière brillante sur les feuilles.
Technique de gestion alternative du moment : Favoriser les prédateurs naturels de ces ravageurs
que sont les hérissons, les musaraignes, les oiseaux, les crapauds, les grenouilles, les carabes, …Pour
cela, mettre en place une gestion différenciée des espaces avec des zones refuges plus naturelles
disposant de tas de bois, d’herbes hautes. Poser des pièges attractifs sous lesquels les limaces et
escargots peuvent venir chercher refuge pour passer la journée au frais et récolter tous les jours les
mollusques qui s’y cachent. Diversifier la palette végétale des massifs en incluant des espèces
répulsives telles que l’ail, l’oignon, le persil, le fenouil, la moutarde blanche, l’oseille, …
Risque : les risques de dépréciation esthétique et
physiologique sont faibles actuellement. Les risques
sanitaires et commoditaire sont nuls.
•
Risque esthétique
Risque physiologique
Risque sanitaire
Tigre du platane
Situation actuelle : Les tigres du platane sont encore sous les écorces des arbres actuellement. La
première notation nous donne une image des populations ayant passé l’hiver.
Moyenne par alignement du nombre de tigres du platane relevés
en 2015
100
80
60
40
20
0
alignement 1 alignement 1 alignement 2 alignement 1 alignement 2 alignement 1 alignement 2
Domont
Paris
Vitry-sur-Seine
Jardins du Luxembourg
Dégâts : les tigres, qu’ils soient sous forme larvaire ou sous forme adulte, piquent les feuilles pour
se nourrir du contenu du parenchyme. Cela a pour effet de faire blanchir les feuilles, et aboutit au
dessèchement de celles-ci. Les tigres se regroupent en général autour des nervures de la feuille. Les
attaques débutent autour du pétiole et s’étendent ensuite autour des nervures puis colonisent tout
le limbe. En face inférieure des feuilles, on peut trouver les larves, les adultes et les déjections noires
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luisantes. Par ailleurs, les tigres ont une tendance à pulluler, et en ville, ils incommodent les riverains
en entrant dans les appartements.
Adulte
Larve
Risque : Les risques esthétique, commoditaire,
physiologique et sanitaire sont actuellement nuls.
Technique de gestion alternative du moment : Il n’y en a pas
Dégâts sur feuilles
Risque esthétique
Risque physiologique
Risque sanitaire
Maladies
•
Complexe de maladies sur buis (Calonestria pseudonaviculata = Cylindrocladium buxicola,
Volutella buxi, ...)
Situation actuelle : Les attaques sont présentes actuellement en petite quantité ponctuellement à
cause de l’humidité, de la remontée des températures en journée et des pluies régulières. La
surveillance est de rigueur.
Reconnaissance et dégâts : Ces champignons provoquent le dépérissement des feuilles et des
rameaux. Les buis dépérissent en quelques saisons. Les
principaux symptômes sont les suivants :
Pour Calonestria pseudonaviculata = Cylindrocladium buxicola :
- des nécroses sous forme de stries noires sur les rameaux,
- parfois des taches claires entourées d'un liseré noir et d'un halo
de couleur rouge ou des taches grise-marron sur les feuilles
- dessèchement et chute très rapide des feuilles du rameau
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- parfois de jeunes pousses reprennent au-dessus de la nécrose mais en général ces pousses
meurent avec l’attaque suivante laissant au final le rameau mort et sec.
Pour Volutella buxi :
- des taches foliaires marron ou un blanchissement de la feuille
- attaques centrés sur les extrémités des rameaux, sur les jeunes feuilles uniquement
- dessèchement et chute très rapide des feuilles du rameau
- En conditions humides et douces, présence de fructifications rosées en face inférieure des feuilles
Risque : Les risques de dépréciation esthétique et
physiologique pour les plantes sont faibles actuellement,
excepté dans les zones de prestige déjà fortement
attaquées l’année dernière ou ils sont forts. Ces buis sont
à surveiller de près.
Risque esthétique
Risque physiologique
Risque sanitaire
Technique de gestion alternative du moment : aspirer un maximum de feuilles tombées au sol. Tailler
les rameaux présentant des stries, quelques centimètres, si possible, en-dessous de celles-ci et les
rameaux présentant les taches. Aérer les buis pour permettre une évaporation rapide de l’eau qui,
si elle stagne, favorise l’infection. Eviter au maximum d’arroser les buis. Désinfecter les outils de
taille très régulièrement ainsi que les gants des agents. Tailler par temps sec et sur feuillage sec.
•
P. Berniard
Pythium sur pensées
Situation actuelle : Un cas nous est signalé sur Vincennes
Reconnaissance et dégâts : Cette maladie attaque les racines des jeunes
plantes ou des plantes stressées. Les racines peuvent conserver un aspect
sain à l’œil nu mais la plante ne peut plus se nourrir. Les symptômes
ressemblent donc à un dépérissement dû à un défaut d’arrosage. Le cœur
des racines reste intact alors que leur épiderme se décape facilement entre
les doigts. La plante se flétrit et pourrit.
Risque : Les risques physiologique et esthétique sont
faibles pour le moment. Les risques sanitaire et
commoditaire sont nuls.
Risque esthétique
Risque physiologique
Risque sanitaire
Technique de gestion alternative du moment : Arracher les plantes atteintes. Limiter l’arrosage au
strict minimum. Espacer les plantes.
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Recrudescence des dégâts de campagnols : appel à signalisation
Pour déclarer des cas d’attaques, contacter Jonathan Burel ([email protected]) qui fait le suivi
des populations de ces rongeurs au niveau régional.
*************
ACTION PILOTÉE PAR LE MINISTÈRE CHARGÉ DE L'AGRICULTURE, AVEC L’APPUI FINANCIER DE L’OFFICE NATIONAL DE L'EAU ET
DESMILIEUX AQUATIQUES, PAR LES CRÉDITS ISSUS DE LA REDEVANCE POUR POLLUTIONS DIFFUSES ATTRIBUÉS AU FINANCEMENT
DU PLAN ECOPHYTO 2018.
Observations : Fredon Ile de France et les observateurs du réseau d’épidémiosurveillance (agents de collectivités, parcs et jardins de prestige privés
et publics, entreprises privées et particuliers).
Rédaction : FREDON Ile de France – contact : [email protected]
Comité de relecture: Fredon Ile de France, SRAL et Chambre Régionale d’Agriculture d’Ile de France
Pour recevoir le Bulletin de Santé du Végétal par courrier électronique, vous pouvez en faire la demande par courrier électronique à l'adresse
suivante [email protected] en précisant le(s) bulletin(s) que vous désirez recevoir: grandes cultures – pomme de terre – légumes
industriels, arboriculture, maraîchage, pépinière – horticulture, zones non agricoles.
Le Bulletin de Santé du Végétal est édité sous la responsabilité de la Chambre Régionale d’Agriculture d’Ile de France sur la base d’observations
réalisées par le réseau. Il est produit à partir d’observations ponctuelles. S’il donne une tendance de la situation sanitaire régionale, celle-ci ne peut
être transposée telle quelle à la parcelle. La Chambre Régionale d’Agriculture dégage toute responsabilité quant aux décisions prises par les
agriculteurs pour la protection de leurs cultures. Tout document utilisant les données contenues dans le bulletin de santé du végétal Ile de France
doit en mentionner la source en précisant le numéro et la date de parution du bulletin de santé du végétal.
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