Offre Média de la Cité de la musique
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Offre Média de la Cité de la musique
Directeur général Laurent Bayle CITÉ DE LA MUSIQUE Président du Conseil d’administration Jean-Philippe Billarant DOMAINE PRIVÉ Wayne Shorter Du samedi 17 au dimanche 25 janvier 2004 Vous avez la possibilité de consulter les notes de programme en ligne, 2 jours avant chaque concert : www.cite-musique.fr Gérald Arnaud Samedi 17 janvier - 20h Dimanche 18 janvier - 16h30 Salle des concerts Salif Keita Seckou Keita, danseur et chorégraphe Aminata Camara, danseuse Pele Camara, danseur Blanche Ama, danseuse Seyba Cissoko, percussions Ahmed Sylla, percussions 20’ Deuxième partie : Salif Keita et ses musiciens Salif Keita, chant Souleymane Doumbia, percussions Souleymane Kouyate, djelli n’goni Diely Moussa Kouyate, guitariste Johnson Mensah, basse Abdoulaye Diabate, claviers Adama Kouyate, tamani Drissa Bagayoko, djembe Harouna Samake, kamale n’goni Mamadou Kone, calebasse Aminata Doumbia, choriste Rokiatou Kouyate, choriste Aminata Koite, choriste 90’ Durée du concert : 1h50 sans entracte 3 Première partie : La Transgression PROGRAMME SAMEDI 17 JANVIER - 20h ET DIMANCHE 18 JANVIER - 16h30 2 AVANT-PROPOS Le saxophoniste et compositeur Wayne Shorter vit le jazz comme un monde sans frontière. Ce « Domaine privé » rend hommage à ses multiples talents et à ceux des musiciens qu’il côtoie. À 70 ans, Wayne Shorter est le plus grand saxophoniste vivant avec Sonny Rollins. Au soprano comme au ténor, il a su se démarquer de son idole John Coltrane par sa sonorité pudique, un phrasé sinueux ponctué de pauses imprévisibles, de suspensions méditatives et d’accélérations rageuses. Il est aussi l’un des meilleurs compositeurs du jazz : un genre dont il a toujours aimé transgresser les frontières, comme le démontre ce « Domaine privé ». Passager fulgurant des Jazz Messengers d’Art Blakey, Wayne Shorter a été l’auteur d’une demi-douzaine de chefs-d’œuvre du label Blue Note, le soliste-compositeur privilégié du célèbre quintet de Miles Davis de 1964 à 1969, puis l’un des inventeurs du jazz-fusion avec le groupe Weather Report. Shorter multiplie les expériences personnelles et les rencontres fructueuses avec des vocalistes très divers : la Canadienne Joni Mitchell, le Brésilien Milton Nascimento, le Napolitain Pino Daniele, le Mexicain Carlos Santana, le Malien Salif Keita. Il donne aussi régulièrement des concerts en duo avec son vieil ami, le pianiste Herbie Hancock. Salif Keita Il n’est pas anodin que Wayne Shorter ait choisi la voix d’or de Salif Keita pour initier son « Domaine privé ». La culture africaine est ainsi placée aux avant-postes du faisceau d’inspirations menant à la construction de son œuvre. Mais pourquoi Salif Keita ? Sans doute parce qu’il incarne dans le domaine des musiques africaines, tout comme Weather Report pour le jazz de son temps, l’avènement d’une écriture électronique au service d’un art fondé sur l’oralité. Mort Shuman ou Michel Berger), son retour aux sources à la fin des années 1990 bénéficie de sa longue expérience. Lorsqu’il revient au Mali, son écriture d’inspiration traditionnelle mandingue en acquiert un prodigieux rayonnement. Passeur entre deux mondes, Salif Keita figure à présent parmi ces sages modernes qui savent orienter vers son devenir l’héritage musical transmis depuis des générations. Ce qui peut apparaître à l’époque comme une rupture culturelle consommée constitue, a posteriori, la véritable initiation de Salif Keita au marché musical globalisé. Durant ses années d’intense circulation autour du monde, à travers ses rencontres avec des artistes de haut niveau international, le chanteur africain engrange une connaissance approfondie des réseaux de création et de diffusion. S’il pousse ses expériences musicales aux limites de l’occidentalisation (notamment avec l’album Sosie, 1996, où il reprend des chansons de Serge Gainsbourg, Léo Ferré, 5 COMMENTAIRES DOMAINE PRIVÉ - WAYNE SHORTER 4 François Bensignor En 1987-1988, Salif Keita ouvre aux musiques africaines la voie d’un nouvel univers. Soro, premier album qu’il enregistre en France, est réalisé par deux sorciers des synthés, François Bréant et Jean-Philippe Rykiel. Propulsée dans les sphères explorées par l’avant-garde du jazz-rock, la force émotionnelle du chant de Salif, chargé de mystère et de tradition, s’en trouve portée à une puissance encore insoupçonnée. L’enregistrement provoque une onde de choc outre-Atlantique. Carlos Santana fait de Soro son disque d’île déserte. Miles Davis ne veut pas croire qu’il est d’un Africain. Quincy Jones rédige ses félicitations… Le rapprochement avec les maîtres de la scène américaine semble dès lors inéluctable. Joe Zawinul assume ainsi la direction artistique, les arrangements et les orchestrations de l’album Amen (Island, 1991). Le magicien des claviers de Weather Report (1970-1987) vit l’expérience comme « une rencontre décisive, profondément enrichissante ». Il invite Wayne Shorter à poser quelques mélodies de soprano sur l’album. 15’ Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Concerto pour piano et orchestre n° 17 en sol majeur, K. 453 Allegro Andante Allegretto 30’ MARDI 20 JANVIER - 20h entracte Béla Bartók (1881-1945) Concerto pour deux pianos, percussion et orchestre Assai lento - Allegro molto Lento, ma non troppo Allegro non troppo 25’ Sergueï Prokofiev (1891-1953) Symphonie n° 1 en ré majeur op. 25, dite « classique » Allegro Larghetto Gavotte Final 15’ Emanuel Ax, piano Yoko Nozaki, piano Stéphane Pélégri, percussion Thierry Huteau, percussion Orchestre national de Lyon David Robertson, direction Durée du concert (entracte compris) : 2h Ce concert est enregistré par France Musiques, partenaire de la Cité de la musique. 7 Darius Milhaud (1892-1974) La Création du monde, op. 81 a Darius Milhaud Composée et créée en 1923 par les Ballets Suédois La Création du monde au Théâtre des Champs-Élysées, La Création du monde est la première œuvre orchestrale importante née sous l’influence immédiate du jazz. En effet, si dès 1918 Stravinski s’en était inspiré dans Ragtime et L’Histoire du soldat, il ne connaissait alors cette musique qu’indirectement et de très loin, à travers ses succédanés de music-hall et ses transcriptions très approximatives. En revanche, Milhaud a séjourné longuement à New York en 1922. La chanteuse Yvonne George l’a entraîné dans les théâtres de Broadway où elle se produisait, et surtout dans les clubs de Harlem. Enthousiasmé, Milhaud consacrera à cette découverte un chapitre entier de ses Études (1927) qui, bien que méconnu, est le premier essai musicologique pertinent sur le jazz. Distinguant déjà sa forme authentique des imitations, qu’il qualifie sans pitié de « mondaines », il exalte « le côté profondément humain qu’il est capable d’avoir et qui bouleverse aussi complètement que n’importe quel chef-d’œuvre de la musique universellement reconnu. » Plus tard, dans Notes sans musique (1949), Darius Milhaud écrit : « La Création du monde m’offrit enfin l’occasion de me servir des éléments de jazz que j’avais si sérieusement étudiés : je composai mon orchestre comme ceux de Harlem, de dix-sept musiciens solistes, et j’utilisai le style jazz sans réserve, le mêlant à un sentiment classique. » Sous-titrée « ballet nègre », La Création du monde illustre idéalement l’engouement certes confus et naïf de l’intelligentsia parisienne des années vingt pour « les arts nègres », jazz et culture africaine pêle-mêle. Le poète Blaise Cendrars, qui signe l’argument, vient de publier son Anthologie Nègre. Le peintre Fernand Léger, auteur du décor et des costumes merveilleux inspirés des masques africains, a séjourné en 1917 à Harlem, où il s’est épris du blues. La genèse de l’œuvre est amusante : pendant des semaines, les trois compères ne se séparent pas, passant leurs nuits dans les cabarets interlopes de la rue de Lappe où le jazz commence à titiller le « musette », coiffés de grosses casquettes pour mieux se fondre dans le public ! Milhaud écrit la partition dans son appartement de Pigalle en pleine fête de Montmartre : « Par les fenêtres ouvertes on entendait les flonflons des limonaires, les bruits des tirs et les grognements des bêtes sauvages des ménageries. » COMMENTAIRES Mardi 20 janvier - 20h Salle des concerts Laissons au modeste Milhaud le mot de la fin : « Les éléments apportés par Léger contribuèrent à rendre le spectacle merveilleux. Mais les critiques décrétèrent que ma musique n’était pas sérieuse et convenait plutôt aux dancings et aux restaurants qu’au théâtre. Dix ans plus tard, les mêmes critiques commentaient la philosophie du jazz et démontraient savamment que La Création était ma meilleure œuvre. » Gérald Arnaud Wolfgang Amadeus Mozart Concerto pour piano n° 17 Créé le 10 juin 1784 par mademoiselle Babette Ployer, ce concerto fut achevé le 12 avril précédent, soit treize jours après le Quintette pour piano et vents K. 452, seule partition que Mozart écrivit pour cette formation, et que lui-même définissait à l’époque comme son chef-d’œuvre. De fait, si l’on écoute bien le concerto, on y entendra, dans les deux premiers mouvements en tout cas, la singulière importance que Mozart accorde aux bois dans les développements – comme s’il tirait les leçons de son Quintette – Dominique Druhen Béla Bartók Concerto pour deux pianos, percussion et orchestre Cette partition très rarement jouée est une transcription orchestrale, par le compositeur, de sa célèbre et géniale Sonate pour deux pianos et percussion Sz. 110. Il est assez émouvant de savoir que la création de ce Concerto, en janvier 1943, fut l’occasion de la dernière apparition publique de Bartók. En 1940, fuyant le nazisme, il a quitté la mort dans l’âme sa chère Budapest en laissant un testament qui interdit « d’y donner son nom à une rue tant qu’une autre portera le nom d’Hitler ou de Mussolini ». Réfugié à New York sans visa, il est harcelé par les services d’immigration. Il ne survit que grâce à un emploi d’archiviste-ethnomusicologue à l’Université de Columbia. Atteint d’une leucémie, il mourra le 26 septembre 1945 dans un hôpital new-yorkais, peu après avoir appris qu’il était élu « député des émigrés » par le Parlement de la Hongrie libérée. Dans l’intervalle, il s’est remis à composer : le très populaire Concerto pour orchestre (1943), la fascinante Sonate pour violon seul (créée par Yehudi Menuhin en 1944), le Concerto pour alto et, enfin, le troisième Concerto pour piano, inachevé. 9 dans le même temps que les cordes sont primordiales dans les introductions desdits mouvements. Il exploite avec bonheur les enchevêtrements et les mélismes que ces instruments peuvent lui fournir. Conséquemment, la musique suit un parcours particulièrement sinueux, ce qui s’entend aussi dans les modulations peu « orthodoxes » qui jalonnent la partition, dans d’indéfinissables ruptures, dans certains déplacements de registres qui – il faut bien le noter aussi – s’incarnent la plupart du temps dans la partie de piano à découvert. Il y a bien des thèmes dans ce concerto, mais bien peu sont immédiatement mémorisables, de sorte que cette œuvre n’est pas de celles qu’on chantonne pour soi. Car la partition est rare, qui marque la fin d’une époque où l’écriture peut encore transcrire, ou au moins donner l’idée, de l’improvisation. Soyons exact : l’Allegretto final contredit toute cette idée, qui rétablira « l’équilibre » entre le soliste et les différents groupes, dans un joyeux entrain. COMMENTAIRES DOMAINE PRIVÉ - WAYNE SHORTER 8 Cette ambiance n’est certes pas étrangère à l’extraordinaire débordement de vie qui émane de l’œuvre. Le saxophone alto (qui n’est pas encore à l’époque un instrument majeur du jazz) offre un fil conducteur, relayé par la clarinette dans la « danse du désir ». Leurs inflexions évoquent les subtiles « blue notes » afro-américaines. Les stridences des cuivres et des violons sur une batterie violemment syncopée dans la « danse des animaux » peuvent faire penser à la « jungle music » de Duke Ellington, qui naît au même moment à Harlem. L’osmose parfaite entre le piano et la percussion (quinze ans avant la célèbre Sonate de Bartók dont la version orchestrée figure dans ce concert) est l’un des caractères révolutionnaires de l’œuvre. Mais le plus impressionnant est sans doute la magnifique coda, évanescente et volatile, toute en trémolos, qui illustre si génialement les derniers mots de Cendrars : « Le couple s’est étreint. La ronde se calme, freine et ralentit et vient mourir très calme alentour. La ronde se disperse par petits groupes. Le couple s’isole dans un baiser qui le porte comme une onde. C’est le printemps de la vie humaine. » Sergueï Prokofiev Contemporaine de la Révolution d’Octobre, cette Symphonie classique Première Symphonie est en fait la deuxième de Prokofiev, mais il a renié la précédente, composée à l’âge de seize ans. Cette œuvre singulière et anachronique est aussi originale que personnelle. Lorsqu’il la dirige pour la première fois à Petrograd en 1918, en pleine guerre civile, Prokofiev a déjà à son actif une œuvre abondante et vraiment révolutionnaire : ses deux premières sonates, ses deux premiers concertos pour piano, les Visions fugitives, l’opéra Le Joueur (d’après Dostoïevski) et surtout la Suite scythe, Ainsi le futur compositeur attitré d’Eisenstein et du bolchevisme triomphant compose en 1917 la « 105e Symphonie de Haydn ». L’instrumentation est rigoureusement fidèle à son modèle du XVIIIe siècle : flûtes, clarinettes, hautbois, bassons, cors et trompettes doublés, timbales et cordes. Écrite en ré majeur (la tonalité favorite de Haydn), la Symphonie classique ne se distingue en apparence de ses ancêtres que par son finale, où la référence aux chants populaires russes est évidente, mais guère plus que ne l’étaient les emprunts de Beethoven, de Schumann ou de Brahms au folklore allemand. Le vrai mystère de cette symphonie, c’est qu’elle est restée jusqu’à nos jours la plus populaire du XXe siècle, comme si la recette du succès de cet art né au XVIIIe était vraiment immuable. G. A. 11 composée en même temps et dans le même style frénétique que Le Sacre du printemps. Déjà reconnu comme un pianiste exceptionnel, Prokofiev a décidé de se passer pour la première fois du clavier pour composer : « Ainsi naquit le plan d’une symphonie dans le style de Haydn parce que, à la suite de mon travail dans la classe de Tcherepnine, la technique de Haydn m’était devenue limpide et que cette familiarité me donnait plus de sûreté pour me jeter sans piano dans ces eaux dangereuses. Enfin le titre choisi devait être un défi pour mettre les oies en rage, et dans l’espoir secret que je ne ferais qu’y gagner si, avec le temps, la symphonie s’avérait réellement classique. » COMMENTAIRES 10 DOMAINE PRIVÉ - WAYNE SHORTER Ce dernier était conçu à l’origine pour deux pianos. Pourquoi deux pianos ? Béla Bartók est un grand pianiste, marié depuis vingt ans avec sa meilleure élève. C’est ensemble que Béla et Ditta ont créé en 1938 la Sonate pour deux pianos et percussion. Mais, depuis, Ditta est devenue un peu folle et Béla s’est retrouvé très seul, peu après la création de ce Concerto pour deux pianos. Contemporaine du Concerto pour orchestre, cette transcription de la Sonate en est très proche pour ce qui est de l’écriture symphonique, séduisante mais sans innovation excessive. Cette « sagesse » semble délibérée. La Sonate, dans sa version originelle, est sans doute l’œuvre la plus avant-gardiste de Bartók, qui ne ressentait aucune raison d’en rajouter. L’hypothèse selon laquelle il aurait eu le désir d’adapter sa Sonate au goût du public américain semble en revanche assez scabreuse, quand on sait l’exigence et le refus de tout conformisme qui ont marqué jusqu’au bout son œuvre comme sa vie. Il est probable que son intention était plutôt de retrouver un point de convergence entre les deux directions de son génie, pianistique et orchestral, qui ne s’étaient pas croisées depuis le deuxième Concerto pour piano de 1931 – où la percussion jouait déjà un rôle majeur. Si Bartók s’est peu intéressé au jazz (sauf lorsqu’il composa ses Contrastes pour Benny Goodman), il est en revanche l’un des compositeurs du XXe siècle qui fascinent le plus les jazzmen, par son intelligence du rythme mais aussi et surtout par son enracinement dans le génie universel des musiques populaires. MERCREDI 21 JANVIER - 20h Danilo Perez, piano John Patitucci, contrebasse Brian Blade, batterie Wayne Shorter, saxophone Durée du concert : 1h30 sans entracte Ce concert est enregistré par France Musiques, partenaire de la Cité de la musique, et filmé par ARTE. G. A. 13 Wayne Shorter Quartet Wayne Shorter Miles Davis, plutôt avare de compliments, disait de Quartet Wayne Shorter : « ce n’est pas seulement comme saxophoniste que je l’ai engagé : je l’ai pris pour ses idées, et il est devenu le vrai directeur musical de mon groupe. » En écho, Herbie Hancock remarquait : « C’est à Wayne que Miles laissait le plus d’espace, et c’est lui qui nous emmenait à son gré dans des directions inexplorées. » De fait, les quelque vingt compositions de Shorter pour le quintette de Davis sont toutes devenues des « standards » du jazz contemporain. « Footprints » est sans doute la plus célèbre, et c’est ainsi que Shorter a baptisé son nouveau quartette, fondé en 2002. Il suffit pour mesurer son impact inouï de lire les résultats récents du référendum 2003 de la revue Downbeat, où critiques et lecteurs s’accordent pour attribuer à Shorter toutes les premières places : meilleur saxophoniste, meilleur compositeur, meilleur orchestre, « jazz artist » de l’année… tandis que, les deux premiers albums du quartette, Footprints Live et Alegria (Verve/Universal) caracolent aux première et deuxième places. En fait, on retrouve dans ce quartette, quarante ans après, toutes les qualités du légendaire quintette de Miles, que résumait si bien le titre d’une autre composition de Shorter, « ESP » : « perception extra-sensorielle », c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’improvisation collective atteint ce degré de réflexe et de réponse, de cohésion et de diversité, de complexité et de simplicité, d’invention sans cesse renouvelée à partir d’un répertoire d’une formidable solidité. Si Footprints Live revitalisait d’anciennes compositions de Shorter, Alegria va plus loin, en métamorphosant des pièces aussi inattendues qu’un motet de Noël du XIIe siècle, une des brasileiras de Villa-Lobos, ou la romance espagnole qui donne son titre à l’album. Le jeu incandescent du panaméen Danilo Perez (qui fut le dernier pianiste de Dizzy Gillespie) donne à l’ensemble cette « fièvre latine » qu’affectionne tant Shorter. John Patitucci (l’ancien bassiste de Chick Corea) forme un tandem rythmique idéal avec le foisonnant jeune batteur Brian Blade – révélé aux côtés de Joshua Redman et de Brad Mehldau. D’un concert à l’autre, ce quartette n’a cessé de progresser vertigineusement, et selon Wayne Shorter lui-même, « il n’en est encore qu’au début d’une longue épopée. » COMMENTAIRES Mercredi 21 janvier - 20h Salle des concerts JEUDI 22JANVIER - 20h Wayne Shorter, saxophone Herbie Hancock, piano Durée du concert : 1h30 sans entracte Ce concert est filmé par ARTE. G. A. 15 Wayne Shorter et Herbie Hancock Wayne Shorter et Bien que Herbie Hancock soit de sept ans le cadet Herbie Hancock de Wayne Shorter, on pourrait les appeler des « jumeaux musicaux ». Leur première rencontre remonte à 1961, pour l’enregistrement de Free Form du trompettiste Donald Byrd, dont Herbie était alors le pianiste, Wayne étant à l’époque le saxophoniste des Jazz Messengers. Tous deux étaient devenus les chefs de file de l’avant-garde du célèbre label Blue Note, avant de se retrouver (de 1964 à 1969) au sein du quintette de Miles Davis. Puis leurs destins sont redevenus parallèles, orientés vers le même horizon « électrique » : Herbie avec ses Headhunters, Wayne avec Weather Report. C’est ensemble qu’ils reviennent au jazz « acoustique », participant au flamboyant mais sporadique quintette VSOP mené par le trompettiste Freddie Hubbard. On les y entend pour la première fois en duo, fugitivement, lors d’un rappel en fin de concert, dans l’album Live Under The Sky (1979). Mais il faudra attendre dix-sept ans pour que cette idée mûrisse. Dans l’intervalle, Herbie et Wayne sont devenus des frères, et aussi des voisins : habitant le même quartier de Los Angeles, ils se rendent souvent visite, pour jouer mais aussi pour prier car ils appartiennent à la même communauté bouddhiste. Lors du Concours Thelonious-Monk 1996, ils jouent en duo « Memory of Enchantment », une composition du jeune lauréat Michel Borstlap. Le guitariste Pat Metheny, enthousiasmé, va les houspiller jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en studio pour le magnifique album 1 + 1 (Verve/Universal) : le titre aurait pu en être 1 + 1 = 1 tant l’osmose est parfaite. Le répertoire, signé de l’un, de l’autre ou des deux ensemble, n’a rien d’un « best of » convenu. Il s’agit essentiellement de ballades limpides mais singulières, parfois inspirées de chants d’oiseaux (« Visitor from Nowhere ») ou de mélodies orientales (« Aung San Suu Kyi », hommage à la célèbre dissidente birmane). Très lyriques, elles peuvent être écoutées comme des « lieder instrumentaux » dans lesquels Wayne Shorter tire du saxophone soprano de surprenantes « vocalises ». Certaines de ces pièces sont dédiées à des intimes, et l’on devine au-delà de ce dialogue mélancolique la sincérité et la pudeur des plus profondes confidences. COMMENTAIRES Jeudi 22 janvier - 20h Salle des concerts VENDREDI 23 JANVIER - 20h Durée du concert : 1h30 sans entracte G. A. 17 Milton Nascimento et ses musiciens Milton Nascimento Milton Nascimento et Wayne Shorter fêtent les trente ans de leur première collaboration : dans son album Native Dancer (1974), Shorter avait surpris tout le monde en interprétant cinq compositions de Milton. Être ainsi célébré par l’un des plus grands compositeurs du jazz fut une consécration pour cet émouvant chanteur brésilien. Ce n’était ni son premier contact avec le jazz, ni le dernier : sa collaboration régulière avec le guitariste Pat Metheny en témoigne. Dès 1968, alors qu’il venait à peine de sortir de l’ombre grâce au succès de sa chanson « Travessia » au Festival de Rio, Milton avait enregistré aux États-Unis le merveilleux Courage auquel participait Herbie Hancock. C’est ce dernier qui le présenta à son ami Wayne Shorter. Le fidèle pianiste est encore présent dans Pieta, le nouveau disque de Milton (Warner Jazz) et le premier depuis six ans : le chanteur livre une version saisissante du fameux « Cantaloupe Island » de Hancock dans cet authentique chef-d’œuvre qui évoque l’âge d’or de sa collaboration avec son ami d’enfance et alter ego (jusqu’en 1988), l’extraordinaire pianiste arrangeur Wagner Tiso. Milton est né en 1942 à Rio mais son art n’a pas grand chose de commun avec le style « carioca » (samba, bossa nova), même si sa vocation s’est éveillée à l’écoute passionnée du génial Joao Gilberto. Orphelin noir adopté par une famille blanche, Milton a grandi loin de l’océan à Tres Pontes, dans le Minas Gerais. Peu de musiques reflètent aussi bien que la sienne toutes les nuances du métissage de ce Brésil enclavé si généreusement ouvert à toutes les influences extérieures ou intérieures. Mais Milton, c’est d’abord une voix d’exception, sombre et voilée, sans vibrato tapageur, acide et fiévreuse, dénuée d’artifices à part son frémissant falsetto : une voix de chanteur des rues, de poète populaire, avec un « grain » plus proche d’un Brel que d’un Caetano Veloso. Une voix qui se magnifie en s’entourant d’autres voix (les chœurs de Milton sont toujours d’une splendeur magique) et d’orchestrations aussi insolites que somptueuses. Wayne Shorter et Milton Nascimento ont en commun d’avoir traversé ces dernières années des épreuves douloureuses. Et de les avoir surmontées en aboutissant à un état de grâce et de sérénité qui transfigure leur musique. COMMENTAIRES Vendredi 23 janvier - 20h Salle des concerts Orchestre national de Lyon David Robertson, direction Durée du concert : 1h15 sans entracte Ces concerts sont filmés par ARTE. Comme la plupart des grands jazzmen de sa génération et contrairement à de désuets mais tenaces préjugés, Wayne Shorter a fait des études musicales très approfondies, à la New York University. Sa culture musicale est encyclopédique, et la forme symphonique y tient une place privilégiée. C’est d’ailleurs une vieille tradition parmi les grands saxophonistes du jazz qui, de Ben Webster à Mike Brecker ou Wayne Shorter en passant par Charlie Parker, Sonny Rollins ou Ornette Coleman, ont toujours tenu à confronter leur génie de l’improvisation aux potentialités d’une plus ample orchestration. Il y a dix ans, dans l’album High Life (Verve/Universal), Wayne Shorter tentait une première expérience – déjà assez convaincante – dans cette direction. Deux ans plus tard, il rassemblait au Portugal un orchestre de quatre-vingt dix musiciens. En 1998, invité par Wynton Marsalis au Lincoln Center, il y faisait jouer quelques-unes de ses compositions par un ensemble plus modeste. Le 2 janvier 2000, il était l’invité d’honneur du Detroit Symphony Orchestra pour la célébration du nouveau millénaire. C’est à cette occasion qu’il a créé « Capricorn II » et surtout « Syzygy ». Les critiques américains ont surtout été impressionnés par « un usage massif des cuivres, audacieusement harmonisés ». « Syzygy » est un terme astronomique signifiant le parfait (et rarissime) alignement entre trois corps célestes, comme la Lune, la Terre et le Soleil. En l’occurrence, il s’agit d’une métaphore pour décrire la parfaite adéquation entre trois « corps musicaux » de taille différente : un soliste (Wayne Shorter), un petit groupe (son quartette) et l’énorme masse d’un orchestre symphonique. Comme en témoigne son nouvel album Alegria, cette vision « télescopique » est désormais une obsession pour lui, et ce n’est pas surprenant. La richesse harmonique de sa musique et sa passion pour la diversité des timbres lui ont toujours fait ressentir une frustration face aux formats traditionnels du jazz. G. A. 19 Wayne Shorter Quartet Danilo Perez, piano John Patitucci, contrebasse Brian Blade, batterie Wayne Shorter, saxophone Orchestre national de Lyon Wayne Shorter Quartet COMMENTAIRES SAMEDI 24 JANVIER - 20h ET DIMANCHE 25 JANVIIER - 16h30 Samedi 24 janvier - 20h Dimanche 25 janvier - 16h30 Salle des concerts Salif Keita Salifou Keita est né le 25 août 1949 dans le village Djoliba, au cœur du Mali. Albinos, il grandit en solitaire, se plonge dans la lecture, les études et se prend de passion pour le chant des griots, poètes itinérants. La carrière de Salif Keita débute en 1968 lorsqu’il quitte, à l’âge de vingt ans, le domicile familial pour tenter sa chance dans la capitale, Bamako. Sa voix, petit à petit, séduit les musiciens de la métropole, à commencer par le saxophoniste Tidiane Koné, leader du Rail Band de Bamako. Impressionné par ses capacités vocales, Koné embauche le jeune homme, qui devient la véritable vedette de l’ensemble et le conduit rapidement au succès. En 1973, cédant sa place à un jeune chanteur guinéen encore inconnu – Mory Kanté –, Salif Keita rejoint Les Ambassadeurs, autre formation de danse menée par le guitariste et chanteur Kanté Manfila. Premières tournées dans toute l’Afrique de l’Ouest puis expatriation à Abidjan. En 1978, Salif Keita et les siens y enregistrent Mandjou, énorme réussite commerciale. C’est là le vrai point de départ de sa carrière internationale. En décembre 1980, Salif et Kanté s’installent trois mois à New York, le temps de mettre en boîte les albums Primpin et Toukan. Au printemps 1984, Salif Keita triomphe au Festival des Musiques Métisses d’Angoulême. Le Malien abandonne Abidjan pour s’installer à Montreuil. En 1987, avec Soro, manière de blues mandingue chanté en malinké, Salif Keita retrouve les studios pour la première fois en six ans. En octobre, invité en Angleterre pour un concert organisé à l’occasion des 70 ans de Nelson Mandela, il se retrouve entouré de stars consacrées – Youssou N’Dour, Ray Lema – et se voit intégré au cercle restreint des maîtres de la « world music ». S’ensuivent d’innombrables tournées aux quatre coins du globe, ponctuées par les albums Ko-Yan (1988) et Amen (1991), placé sous la direction artistique de Joe Zawinul (parmi les invités, Wayne Shorter, Carlos Santana et son compatriote le claviériste Cheick Tidiane Seck), ainsi que plusieurs séries de concerts en compagnie du Syndicate du même Zawinul. À partir de 1997, Salif Keita retourne de plus en plus fréquemment au Mali. Il ouvre un studio à Bamako, commence à y produire de jeunes artistes (Fantani Touré, Rokia Traoré) et se consacre de plus en plus à la fondation « SOS Albinos », qu’il a créée en 1990 pour conseiller, orienter et aider ses frères et sœurs d’infortune. Emanuel Ax Né à Lvov, en Pologne, Emanuel Ax commence le piano à l’âge de six ans à Varsovie avant de partir pour les États-Unis en 1961, où il travaille avec Mieczyslaw Munz à la Juilliard School. Remarqué par le public en 1974 lorsqu’il remporte, à l’âge de vingt-cinq ans, le premier Prix du Concours Arthur-Rubinstein à Tel Aviv, il gagne le concours de l’Avery Fischer Prize à New York cinq ans plus tard. Il joue régulièrement en Europe et aux États-Unis, en récital aussi bien qu’avec des orchestres prestigieux – New York, Cleveland, Boston, Chicago, Philadelphie, Saint-Louis, Orchestre de Paris, London Symphony Orchestra, London Philharmonic Orchestra, Royal Concertgebouw… Amateur de musique du XXe siècle, il crée entre autres, en 1999, le concerto de Christopher Rouse Seeing avec l’Orchestre philharmonique de New York. En formation de chambre, il joue régulièrement avec Isaac Stern et Jaime Laredo notamment. Il se produit chaque saison avec Yo-Yo Ma, et leurs enregistrements ont remporté quatre fois le Grammy Award, en particulier le Trio avec clarinette de Brahms, avec Richard Stolzman. En 1987, il a signé un contrat d’exclusivité avec Sony Classical, après avoir enregistré de nombreux disques chez BMG. Yoko Nozaki Après des études à l’École de musique Toho de Tokyo et à la Juilliard School of music de New York, Yoko Nozaki fait ses débuts en récital à New York en 1972. Elle est ensuite invitée à jouer en soliste avec les principaux orchestres américains et européens et dans les principaux festivals internationaux (Tanglewood, Mostly Mozart de New York). Yoko Nozaki se produit très régulièrement avec son mari, le pianiste Emanuel Ax, dans des récitals d’œuvres pour piano à quatre mains ou dans des concertos pour deux pianos. Ensemble, ils ont notamment interprété le Double Concerto pour piano de Mozart au Mostly Mozart Festival, ainsi qu’avec l’Orchestre du Minnesota et David Zinman, et ils ont récemment donné, avec les percussionnistes Mark Damaloukis et Matt Wood, un programme autour de la musique contemporaine pour piano et percussions au Lincoln Center de New York. David Robertson Né à Santa Monica, en Californie, David Robertson occupe depuis septembre 2000 les fonctions de Directeur musical de l’Orchestre national de Lyon et de Directeur artistique de l’Auditorium de Lyon, la résidence permanente de l’orchestre. C’est la première fois à Lyon que ces deux postes sont confiés à une même personne. Nommé chef de l’année, au début du nouveau millénaire, par Musical America, il est désormais reconnu par le public et la critique du monde entier pour ses interprétations du grand répertoire symphonique, mais également pour ses affinités avec la musique du XXe siècle et avec un large répertoire lyrique. David Robertson a fait des études de cor et de composition à la Royal Academy of Music de Londres avant d’entreprendre des études de direction d’orchestre. De 1985 à 1987, il a été chef résident de l’Orchestre symphonique de Jérusalem, où il a acquis l’expérience d’un vaste répertoire. De 1992 à août 2000, il a assuré la direction musicale de l’Ensemble Intercontemporain à Paris. Il dirige régulièrement les orchestres majeurs d’Europe (Orchestre de Paris, Orchestre symphonique de Londres, Orchestre d’État de Bavière, Staatskapelle de Berlin, RAI de Turin), des États-Unis (Chicago Symphony, Boston Symphony, Cleveland, Philadelphie, New York Philharmonic) et du Japon (NHK de Tokyo). Il se produit également dans les maisons d’opéra les plus prestigieuses (Scala de Milan, Opéra d’État de Bavière, Metropolitan Opera de New York, Hambourg, San Francisco, Théâtre du Châtelet à Paris). David Robertson accorde une attention toute particulière aux étudiants en musique. En plus des nombreuses activités pédagogiques menées à l’Ensemble Intercontemporain et à l’Auditorium-Orchestre national de Lyon, il travaille avec des élèves du Conservatoire de Paris, de la Juilliard School, de Tanglewood et du Festival de musique d’Aspen, où il intervient chaque année. Orchestre national de Lyon Héritier de la Société des Grands Concerts de Lyon, fondée en 1905, l’Orchestre national de Lyon s’enorgueillit d’un passé prestigieux auquel ont contribué André Cluytens, Charles Munch, Ernest Ansermet et Pierre Monteux. En 1969, à l’initiative de la municipalité de Lyon, la formation est devenue un orchestre permanent de 102 musiciens, avec comme premier directeur musical Louis Frémaux (1969-1971). Depuis lors, l’orchestre est administré et soutenu financièrement par la Ville de Lyon, qui l’a doté en 1975 d’une salle de concerts, l’Auditorium de Lyon – l’une des plus vastes de France, avec ses 2100 places. Sous la nouvelle appellation d’Orchestre national de Lyon, il se consacre, depuis 1985, au répertoire symphonique. Succédant à Louis Frémaux en 1971, Serge Baudo est resté à la tête de l’orchestre jusqu’en 1986 21 Wayne Shorter Né en août 1933 à Newark, Wayne Shorter étudie au lycée des Arts avant d’obtenir un diplôme à l’Université de New York. Il sert dans l’armée de 1956 à 1958, puis rejoint les Jazz Messengers d’Art Blakey. Ses cinq années au sein des Messengers l’imposent comme l’une des étoiles montantes du jazz – en 1962, il est nomé premier dans la catégorie « Nouvelle Star Saxophoniste » par la revue Downbeat, et second dans la catégorie « Meilleur compositeur », derrière Duke Ellington. En 1964, Miles Davis l’invite en tournée avec son groupe, qui compte également Herbie Hancock, Tony Williams et Ron Carter. Il enregistre une douzaine d’albums avec Miles Davis, avec lequel il collabore durant six ans. En 1970, il forme Weather Report avec Joe Zawinul et Miroslav Vitous. À travers sa carrière solo comme au sein de Weather Report, il participe à l’invention d’un nouveau genre musical, qui allait se faire connaître sous le nom de fusion ou de musique progressive. Durant cette période, Wayne Shorter est premier du classement de la revue Downbeat des saxophonistes sopranos durant quinze années consécutives. Considéré comme l’un des interprètes et compositeurs de jazz et de musique moderne les plus prolifiques et importants, Wayne Shorter a obtenu de nombreuses distinctions, dont six Grammy Awards auxquels viennent s’ajouter treize autres nominations. Il a joué sur les bandes originales des films Glengarry Glen Ross (1983), The Fugitive (1993), et Loosing Isaiah (1995). Récemment, l’Orchestre Symphonique de Detroit lui a commandé une œuvre pour son concert du Millénaire. Comme interprète autant que comme compositeur, Wayne Shorter a profondément marqué la musique moderne, et influencé des générations de musiciens. BIOGRAPHIES BIOGRAPHIES 20 Biographies Concert du 20 janvier Flûtes Emmanuelle Réville* France Verrot Hautbois Jérôme Guichard* Guy Laroche* Clarinettes François Sauzeau* Thierry Mussotte Saxophone Frédéric Frouin° Bassons Louis-Hervé Maton* Stéphane Cornard Cors Michel Molinaro* Serge Leriche Joël Nicod Paul Tanguy Trompettes Sylvain Ketels* Michel Haffner Trombones Fabien Lafarge* Frédéric Boulan Jean Gotthold Timbales Benoît Cambreling* Percussions Michel Visse* Claviers Elisabeth Rigollet* Harpe Eléonore Euler-Cabantous* Violons I Jennifer Gilbert (violon solo supersoliste) Jacques-Yves Rousseau* Yves Chalamon Pascal Chiari Constantin Corfu Andréane Détienne Annabel Faurite Sandrine Haffner Yaël Lalande Philip Lumbus Anne Rouch Roman Zgorzalek Violons II Catherine Menneson* Tamiko Kobayashi-Massot * Keiko Chimoto Sylvie Diou Julie Friez Kaé Kitamaki Monique Lumbus Marie-Claire Moissette Marie-France Poirier Haruyo Tsurusaki Altos Jean-Pascal Oswald* Fabrice Lamarre* Catherine Bernold Marie Gaudin Elodie Guillot Vincent Hugon Carole Millet Manuelle Renaud Violoncelles Nicolas Hartmann* Philippe Silvestre de Sacy* Stephen Eliason Vincent Falque Jean-Marie Mellon Jérôme Portanier Contrebasses Ferenc Bokány* Daniel Billon Gérard Frey Vincent Menneson Concerts des 24 et 25 janvier Flûtes Emmanuelle Réville* Benoit Le Touzé Hautbois Guy Laroche* Pascal Zamora Clarinettes Robert Bianciotto* Thierry Mussotte Saxophones Frédéric Frouin° Bruno Totaro° Bassons Olivier Massot* François Apap Cors Yves Stocker* Olivier Beydon Trompettes Christian Léger* Arnaud Geffray Michel Haffner Trombones Philippe Cauchy* Frédéric Boulan Tuba Christian Delange Timbales Benoît Cambreling* Percussions Stéphane Pelegri* Thierry Huteau Violons I Florent Kowalski (violon solo supersoliste) Jacques-Yves Rousseau* Claudie Boisselier Yves Chalamon Pascal Chiari Constantin Corfu Andréane Détienne Sandrine Haffner Philip Lumbus Sébastien Plays Violons II François Payet-Labonne* Tamiko Kobayashi-Massot * Bernard Boulfroy Sylvie Diou Véronique Gourmanel Kaé Kitamaki Monique Lumbus Marie-Claire Moissette Haruyo Tsurusaki Mireille Monin Altos Jean-Pascal Oswald* Fabrice Lamarre* Elodie Guillot Vincent Hugon Valérie Jacquart Franck Lombard Carole Millet Manuelle Renaud Violoncelles Nicolas Hartmann* Philippe Silvestre de Sacy* Matthieu Chastagnol Dominique Denni Maurice Favre Jean-Etienne Tempo Contrebasses Ferenc Bokány* Gérard Frey Vincent Menneson Benoist Nicolas Marie-Noëlle Vial * soliste ° supplémentaire Herbie Hancock Né à Chicago en 1940, Herbie Hancock fit ses débuts comme jeune prodige du piano – il interprète un concerto de Mozart avec l’Orchestre Symphonique de Chicago à l’âge de onze ans. Il commence à jouer du jazz au lycée, influencé par Oscar Peterson et Bill Evans. Nourrissant également une passion pour l’électronique, il obtient des diplômes en musique et en ingénierie électronique au collège Grinnel. En 1960, à l’âge de vingt ans, il est découvert par le trompettiste Donald Byrd, qui lui demande d’intégrer son groupe. En 1963, son premier album, paru chez Blue Note Records, Takin’Off, est un succès immédiat. En 1963 également, il est invité à rejoindre le quintette de Miles Davis – formation dont il sera membre pendant cinq ans. Parallèlement, sa carrière solo s’épanouit sur Blue Note avec des titres comme Maiden Voyage, 23 compositeurs, tels Luciano Berio ou Krzysztof Penderecki, venus faire travailler leurs œuvres et les diriger. Il a également fait découvrir en première audition mondiale, européenne ou française les pièces des plus grands créateurs de notre temps, d’Elliott Carter et Pierre Boulez à Toru Takemitsu, Steve Reich et George Benjamin. La politique de répertoire menée ces dernières années se reflète dans la discographie la plus récente de l’Orchestre national de Lyon : un CD entièrement consacré au compositeur argentin Alberto Ginastera (Naïve), un CD d’œuvres de Bartók (Harmonia Mundi), avec notamment le premier enregistrement de la version originale du Mandarin merveilleux, et enfin un CD consacré à Boulez (Naïve), salué à sa sortie par un « Diapason d’or » et un « ffff » de Télérama. En été 2003, l’orchestre a gravé chez Naïve des œuvres de Steve Reich, en particulier la version pour orchestre à cordes de Different Trains, commande conjointe de l’ONL et de l’Orchestre de Philadelphie. BIOGRAPHIES 22 BIOGRAPHIES et en a fait une phalange reconnue bien au-delà de sa région d’origine. Sous l’impulsion d’Emmanuel Krivine, directeur musical de 1987 à 2000, l’ONL a connu une progression artistique saluée par la critique internationale. L’arrivée de David Robertson, nommé en septembre 2000 directeur musical de l’ONL et directeur artistique de l’Auditorium, a confirmé le rang atteint par l’orchestre et l’a renforcé, grâce à une politique de répertoire pertinente et ouverte à tous les styles. L’ONL développe une activité intense hors de Lyon, au sein de laquelle il convient de souligner notamment trois tournées au Japon dans les années 1990, une tournée européenne en novembre 2001 (avec, entre autres étapes, Cologne, Amsterdam et Londres), des prestations aux BBC-Proms et au Festival d’Édimbourg en été 2002, l’ouverture de la saison 2002/03 au Châtelet, à Paris, avec Jessye Norman (Erwartung de Schönberg et La Voix humaine de Poulenc, dans une mise en scène d’André Heller) ainsi qu’une tournée aux États-Unis en janvier et février 2003 (Carnegie Hall de New York – deux concerts –, Seattle, Berklee-San Francisco et Los Angeles). En novembre 2004, l’orchestre est invité pour cinq soirées en Suisse, dans le cadre des Concerts du Klubhaus. L’orchestre a collaboré avec de nombreux interprètes renommés, comme Martha Argerich, José Van Dam, Leon Fleisher, Jessye Norman, Kristian Zimerman, Itzhak Perlman, Yo-Yo Ma, Vadim Repin, Evgeni Kissin, Pierre-Laurent Aimard, Tabea Zimmermann et Christian Tetzlaff. Il a accueilli de grands 24 BIOGRAPHIES Empyrean Isles ou Speak Like A Child. En 1966, il compose la bande originale du film de Michelangelo Antonioni Blow up. Il composera de nombreuses musiques pour le cinéma ou la télévision, notamment la bande originale de Round Midnight pour laquelle il remporte un Grammy Award en 1987. Après avoir quitté Miles Davis, en 1968, Hancock se consacre au jazz-funk électronique. En 1973, Headhunters, son second disque chez Columbia Records, est disque de platine. Dans le même temps, il reste proche du jazz acoustique : il enregistre avec VSOP, avec différents trios et quartettes sous son propre nom, ou en duo avec les pianistes Chick Corea ou Oscar Peterson. En 1980, il présente le jeune Wynton Marsalis au monde, produisant le premier album en tant que leader du trompettiste. En 1983, il se lance dans une collaboration avec l’architecte musical Bill Laswell qui donne notamment naissance au succès Rock it. Après des réalisations explorant diverses directions, les années Verve d’Herbie Hancock culminent, en 1998, avec Gershwin’s world, un projet réunissant des musiciens de tous horizons – entre autres Joni Mitchell, Stevie Wonder, Kathleen Battle, l’Orpheus Chamber Orchestra, Wayne Shorter et Chick Corea –, trois fois primé aux Grammy Awards. À l’orée de sa cinquième décennie de vie professionnelle, Herbie Hancock demeure là où il a toujours été : à la pointe de la culture mondiale, de la technologie, du business et de la musique, imprimant sa marque à tous les domaines qu’il explore. Milton Nascimento Né à Rio de Janeiro en 1942, Milton Nascimento a emménagé à l’âge de deux ans avec ses parents adoptifs à Três Pontas, dans l’État des Minas Gerais. L’influence du catholicisme est très forte dans la région, et les harmonies qui gouvernent la musique de Milton Nascimento sont sans doute nées à son contact. Bien qu’originaire de Rio, il fut l’un des musiciens les plus actifs à promouvoir la musique populaire des Minas Gerais. Doté d’une voix extraordinaire, il débute sa carrière à l’âge de treize ans, chantant en tant que crooner, un style auquel il reviendra sur son CD Crooner, en 1999. À l’adolescence, il intègre le groupe Luar de Prata avec Wagner Tiso. Nascimento travaille à Rádio Três Pontas en tant que DJ, présentateur et réalisateur. En 1963 et 1964, il fait partie du groupe W’s Boys, dont les membres portaient tous un nom commençant par la lettre W – Wagner (Tiso), Waltinho, Wilson et Wanderley –, si bien que Milton change provisoirement son nom en Wilton. Par la suite, Milton Nascimento s’installe à Belo Horizonte, la capital de l’État des Minas Gerais, pour faire des études d’économie. Il y fait la connaissance de musiciens comme Márcio Borges, son frère Lô Borges et Fernando Brant, qui allaient devenir des partenaires à long terme. Il se produit au sein de différents groupes à Belo Horizonte avant de revenir à Rio de Janeiro, où il enregistre avec le groupe Sambacana. Après des années de clubs, festivals et expériences diverses, ses chansons attirent l’attention de l’une des plus grandes chanteuses du Brésil, Elis Regina, avec laquelle il initie une collaboration. En 1966 et 1967, Nascimento joue dans des festivals. Sa chanson Travessia, co-écrite avec Fernando Brant, se place en seconde position dans un festival et il remporte le prix de meilleur interprète. La même année, il enregistre son premier album. En 1968, en voyage aux États-Unis, il enregistre son album Courage. Durant les années suivantes naissent ses titres les plus populaires : Milton, Minas, Gerais, Milagre dos Peixes et les deux volumes de Clube da Esquina, qui lance des musiciens originaires des Minas Gerais comme Lô Borges, Beto Guedes, Toninho Horta, Wagner Tiso, Nivaldo Ornellas, Nelson Ângelo, Tavito… Dans les années 70, certaines de ses chansons sont censurées par le régime militaire. Il réalise quelques albums aux États-Unis, notamment avec Airto Moreira, Herbie Hancock ou Wayne Shorter. Milton Nascimento est considéré comme l’un des plus grands chanteurs de pop brésiliens. En tant que compositeur, il a influencé des générations de musiciens. En 1998, son album Nascimento a obtenu un Grammy Award dans la catégorie « Meilleur disque de musique du monde de l’année » PROCHAINEMENT... ENFANCES - CONTES ET RÉCITS MERCREDI 28 JANVIER, 20h Orchestre des Lauréats du Conservatoire de Paris Myung-Whun Chung, direction Œuvres de Ravel et Prokofiev VENDREDI 30 JANVIER, 20h SAMEDI 31 JANVIER, 18h Du coq à l’âne Spectacle de chansons SAMEDI 31 JANVIER, 15h Histoire de Babar Musique de Francis Poulenc Texte de Jean de Brunhoff Mise en scène de Marianne Pousseur, Enrico Bagnoli SAMEDI 31 JANVIER, 20h Orchestre National d’Île-de-France Tito Ceccherini, direction Sonia Turchetta, soprano Œuvres de Bizet, Debussy et Sciarrino DIMANCHE 1er FÉVRIER, 15h Chœur d’enfants Sotto Voce Scott Alan Prouty, direction Richard Davis, piano Œuvres de Maxwell, Kosma, Bizet, Mozart, Poulenc, Debussy, Offenbach, Humperdink. er DIMANCHE 1 FÉVRIER, 17h Maîtrise de Radio France Toni Ramon, direction Œuvres de Lalo et Britten MERCREDI 4 FÉVRIER, 20h Orchestre du Conservatoire de Paris Zsolt Nagy, direction Œuvres de Tchaïkovski, Janácek et Stravinski VENDREDI 6 FÉVRIER, 20h Solistes de l’Ensemble Intercontemporain Œuvres de Schumann, Kurtág, Webern, Lachenmann, Messiaen, Holliger, Lang et Ravel SAMEDI 7 FÉVRIER, DE 16h À 19h Forum Les albums pour l’enfance SAMEDI 7 FÉVRIER, 20h Ensemble Intercontemporain Kazushi Ono, direction Œuvres de Adès, Knussen, Chin et Ligeti PROCHAINS CONCERTS JAZZ MARDI 10 ET MERCREDI 11 FÉVRIER GOSSES DE TOKYO Film muet de Yasujiro Ozu (1932) Musique d’Érik Truffaz et ses musiciens invités VENDREDI 5 MARS LES SOLEILS FONDUS DE LA CITÉ (création) Claude Barthélémy Orchestre National de Jazz Philippe Nahon, Jean-Pierre Drouet, Daunik Lazro, Elise Caron DIMANCHE 7 MARS AN ALTERNATE RESISTANCE MAYBE MONDAY Fred Frith, Miya Masaoka, Larry Ochs, Lesli Dalaba, Carla Kihlstedt, Etienne Bultingaire SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUIN AHMAD JAMAL AUTOUR DE BROADWAY James Cammack, Idris Muhammad, Ahmad Jamal. Notes de programme Éditeur : Hugues de Saint Simon - Rédacteur en chef : Pascal Huynh - Rédactrice : Gaëlle Plasseraud Secrétaire de rédaction : Sandrine Blondet - Équipe technique Régisseur général : Olivier Fioravanti - Régisseurs plateau : Éric Briault, Jean-Marc Letang - Régisseurs lumières : Benoît Payan, Marc Gomez - Régisseurs son : Bruno Morain, Didier Panier.