Offre Média de la Cité de la musique

Transcription

Offre Média de la Cité de la musique
Directeur général
Laurent Bayle
CITÉ DE LA MUSIQUE
Président du Conseil d’administration
Jean-Philippe Billarant
DOMAINE PRIVÉ
Wayne Shorter
Du samedi 17
au dimanche 25 janvier 2004
Vous avez la possibilité de consulter
les notes de programme en ligne,
2 jours avant chaque concert :
www.cite-musique.fr
Gérald Arnaud
Samedi 17 janvier - 20h
Dimanche 18 janvier - 16h30
Salle des concerts
Salif Keita
Seckou Keita, danseur et chorégraphe
Aminata Camara, danseuse
Pele Camara, danseur
Blanche Ama, danseuse
Seyba Cissoko, percussions
Ahmed Sylla, percussions
20’
Deuxième partie : Salif Keita et ses musiciens
Salif Keita, chant
Souleymane Doumbia, percussions
Souleymane Kouyate, djelli n’goni
Diely Moussa Kouyate, guitariste
Johnson Mensah, basse
Abdoulaye Diabate, claviers
Adama Kouyate, tamani
Drissa Bagayoko, djembe
Harouna Samake, kamale n’goni
Mamadou Kone, calebasse
Aminata Doumbia, choriste
Rokiatou Kouyate, choriste
Aminata Koite, choriste
90’
Durée du concert : 1h50 sans entracte
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Première partie : La Transgression
PROGRAMME
SAMEDI 17 JANVIER - 20h ET DIMANCHE 18 JANVIER - 16h30
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AVANT-PROPOS
Le saxophoniste et compositeur Wayne Shorter vit le jazz comme
un monde sans frontière. Ce « Domaine privé » rend
hommage à ses multiples talents et à ceux des musiciens
qu’il côtoie. À 70 ans, Wayne Shorter est le plus grand
saxophoniste vivant avec Sonny Rollins. Au soprano
comme au ténor, il a su se démarquer de son idole John
Coltrane par sa sonorité pudique, un phrasé sinueux
ponctué de pauses imprévisibles, de suspensions
méditatives et d’accélérations rageuses.
Il est aussi l’un des meilleurs compositeurs du jazz :
un genre dont il a toujours aimé transgresser les frontières,
comme le démontre ce « Domaine privé ».
Passager fulgurant des Jazz Messengers d’Art Blakey,
Wayne Shorter a été l’auteur d’une demi-douzaine de
chefs-d’œuvre du label Blue Note, le soliste-compositeur
privilégié du célèbre quintet de Miles Davis de 1964 à 1969,
puis l’un des inventeurs du jazz-fusion avec le groupe
Weather Report.
Shorter multiplie les expériences personnelles et les
rencontres fructueuses avec des vocalistes très divers :
la Canadienne Joni Mitchell, le Brésilien Milton Nascimento,
le Napolitain Pino Daniele, le Mexicain Carlos Santana,
le Malien Salif Keita. Il donne aussi régulièrement
des concerts en duo avec son vieil ami, le pianiste
Herbie Hancock.
Salif Keita Il n’est pas anodin que Wayne Shorter ait choisi la voix
d’or de Salif Keita pour initier son « Domaine privé ».
La culture africaine est ainsi placée aux avant-postes
du faisceau d’inspirations menant à la construction de
son œuvre. Mais pourquoi Salif Keita ? Sans doute parce
qu’il incarne dans le domaine des musiques africaines,
tout comme Weather Report pour le jazz de son temps,
l’avènement d’une écriture électronique au service d’un
art fondé sur l’oralité.
Mort Shuman ou Michel Berger), son retour aux sources
à la fin des années 1990 bénéficie de sa longue expérience.
Lorsqu’il revient au Mali, son écriture d’inspiration
traditionnelle mandingue en acquiert un prodigieux
rayonnement.
Passeur entre deux mondes, Salif Keita figure à présent
parmi ces sages modernes qui savent orienter vers son
devenir l’héritage musical transmis depuis des générations.
Ce qui peut apparaître à l’époque comme une rupture
culturelle consommée constitue, a posteriori, la véritable
initiation de Salif Keita au marché musical globalisé.
Durant ses années d’intense circulation autour du monde,
à travers ses rencontres avec des artistes de haut niveau
international, le chanteur africain engrange une connaissance
approfondie des réseaux de création et de diffusion.
S’il pousse ses expériences musicales aux limites de
l’occidentalisation (notamment avec l’album Sosie, 1996,
où il reprend des chansons de Serge Gainsbourg, Léo Ferré,
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COMMENTAIRES
DOMAINE PRIVÉ - WAYNE SHORTER
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François Bensignor
En 1987-1988, Salif Keita ouvre aux musiques africaines
la voie d’un nouvel univers. Soro, premier album qu’il
enregistre en France, est réalisé par deux sorciers des
synthés, François Bréant et Jean-Philippe Rykiel. Propulsée
dans les sphères explorées par l’avant-garde du jazz-rock,
la force émotionnelle du chant de Salif, chargé de mystère
et de tradition, s’en trouve portée à une puissance encore
insoupçonnée. L’enregistrement provoque une onde de choc
outre-Atlantique. Carlos Santana fait de Soro son disque
d’île déserte. Miles Davis ne veut pas croire qu’il est d’un
Africain. Quincy Jones rédige ses félicitations…
Le rapprochement avec les maîtres de la scène américaine
semble dès lors inéluctable. Joe Zawinul assume ainsi la
direction artistique, les arrangements et les orchestrations
de l’album Amen (Island, 1991). Le magicien des claviers
de Weather Report (1970-1987) vit l’expérience comme
« une rencontre décisive, profondément enrichissante ». Il invite
Wayne Shorter à poser quelques mélodies de soprano sur
l’album.
15’
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Concerto pour piano et orchestre n° 17 en sol majeur, K. 453
Allegro
Andante
Allegretto
30’
MARDI 20 JANVIER - 20h
entracte
Béla Bartók (1881-1945)
Concerto pour deux pianos, percussion et orchestre
Assai lento - Allegro molto
Lento, ma non troppo
Allegro non troppo
25’
Sergueï Prokofiev (1891-1953)
Symphonie n° 1 en ré majeur op. 25, dite « classique »
Allegro
Larghetto
Gavotte
Final
15’
Emanuel Ax, piano
Yoko Nozaki, piano
Stéphane Pélégri, percussion
Thierry Huteau, percussion
Orchestre national de Lyon
David Robertson, direction
Durée du concert (entracte compris) : 2h
Ce concert est enregistré par France Musiques, partenaire de la Cité de la musique.
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Darius Milhaud (1892-1974)
La Création du monde, op. 81 a
Darius Milhaud Composée et créée en 1923 par les Ballets Suédois
La Création du monde au Théâtre des Champs-Élysées, La Création du monde
est la première œuvre orchestrale importante née sous
l’influence immédiate du jazz. En effet, si dès 1918 Stravinski
s’en était inspiré dans Ragtime et L’Histoire du soldat, il ne
connaissait alors cette musique qu’indirectement et de
très loin, à travers ses succédanés de music-hall et ses
transcriptions très approximatives.
En revanche, Milhaud a séjourné longuement à New York
en 1922. La chanteuse Yvonne George l’a entraîné dans les
théâtres de Broadway où elle se produisait, et surtout dans
les clubs de Harlem. Enthousiasmé, Milhaud consacrera
à cette découverte un chapitre entier de ses Études (1927)
qui, bien que méconnu, est le premier essai musicologique
pertinent sur le jazz. Distinguant déjà sa forme authentique
des imitations, qu’il qualifie sans pitié de « mondaines »,
il exalte « le côté profondément humain qu’il est capable
d’avoir et qui bouleverse aussi complètement que n’importe quel
chef-d’œuvre de la musique universellement reconnu. » Plus tard,
dans Notes sans musique (1949), Darius Milhaud écrit :
« La Création du monde m’offrit enfin l’occasion de me servir
des éléments de jazz que j’avais si sérieusement étudiés :
je composai mon orchestre comme ceux de Harlem, de dix-sept
musiciens solistes, et j’utilisai le style jazz sans réserve, le mêlant
à un sentiment classique. » Sous-titrée « ballet nègre »,
La Création du monde illustre idéalement l’engouement
certes confus et naïf de l’intelligentsia parisienne des années
vingt pour « les arts nègres », jazz et culture africaine
pêle-mêle. Le poète Blaise Cendrars, qui signe l’argument,
vient de publier son Anthologie Nègre. Le peintre Fernand
Léger, auteur du décor et des costumes merveilleux inspirés
des masques africains, a séjourné en 1917 à Harlem, où il
s’est épris du blues. La genèse de l’œuvre est amusante :
pendant des semaines, les trois compères ne se séparent
pas, passant leurs nuits dans les cabarets interlopes de la
rue de Lappe où le jazz commence à titiller le « musette »,
coiffés de grosses casquettes pour mieux se fondre dans le
public ! Milhaud écrit la partition dans son appartement
de Pigalle en pleine fête de Montmartre : « Par les fenêtres
ouvertes on entendait les flonflons des limonaires, les bruits des
tirs et les grognements des bêtes sauvages des ménageries. »
COMMENTAIRES
Mardi 20 janvier - 20h
Salle des concerts
Laissons au modeste Milhaud le mot de la fin : « Les éléments
apportés par Léger contribuèrent à rendre le spectacle merveilleux.
Mais les critiques décrétèrent que ma musique n’était pas sérieuse
et convenait plutôt aux dancings et aux restaurants qu’au théâtre.
Dix ans plus tard, les mêmes critiques commentaient la philosophie
du jazz et démontraient savamment que La Création était ma
meilleure œuvre. »
Gérald Arnaud
Wolfgang
Amadeus Mozart
Concerto
pour piano n° 17
Créé le 10 juin 1784 par mademoiselle Babette Ployer,
ce concerto fut achevé le 12 avril précédent, soit treize jours
après le Quintette pour piano et vents K. 452, seule partition
que Mozart écrivit pour cette formation, et que lui-même
définissait à l’époque comme son chef-d’œuvre. De fait,
si l’on écoute bien le concerto, on y entendra, dans les deux
premiers mouvements en tout cas, la singulière importance
que Mozart accorde aux bois dans les développements –
comme s’il tirait les leçons de son Quintette –
Dominique Druhen
Béla Bartók
Concerto pour
deux pianos,
percussion et orchestre
Cette partition très rarement jouée est une transcription
orchestrale, par le compositeur, de sa célèbre et géniale
Sonate pour deux pianos et percussion Sz. 110. Il est assez
émouvant de savoir que la création de ce Concerto, en janvier
1943, fut l’occasion de la dernière apparition publique de
Bartók. En 1940, fuyant le nazisme, il a quitté la mort
dans l’âme sa chère Budapest en laissant un testament
qui interdit « d’y donner son nom à une rue tant qu’une autre
portera le nom d’Hitler ou de Mussolini ». Réfugié à New York
sans visa, il est harcelé par les services d’immigration. Il ne
survit que grâce à un emploi d’archiviste-ethnomusicologue
à l’Université de Columbia. Atteint d’une leucémie,
il mourra le 26 septembre 1945 dans un hôpital new-yorkais,
peu après avoir appris qu’il était élu « député des émigrés »
par le Parlement de la Hongrie libérée.
Dans l’intervalle, il s’est remis à composer : le très populaire
Concerto pour orchestre (1943), la fascinante Sonate pour violon
seul (créée par Yehudi Menuhin en 1944), le Concerto pour
alto et, enfin, le troisième Concerto pour piano, inachevé.
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dans le même temps que les cordes sont primordiales dans
les introductions desdits mouvements. Il exploite avec
bonheur les enchevêtrements et les mélismes que ces
instruments peuvent lui fournir. Conséquemment,
la musique suit un parcours particulièrement sinueux,
ce qui s’entend aussi dans les modulations peu « orthodoxes »
qui jalonnent la partition, dans d’indéfinissables ruptures,
dans certains déplacements de registres qui – il faut bien le
noter aussi – s’incarnent la plupart du temps dans la partie
de piano à découvert.
Il y a bien des thèmes dans ce concerto, mais bien peu
sont immédiatement mémorisables, de sorte que cette
œuvre n’est pas de celles qu’on chantonne pour soi.
Car la partition est rare, qui marque la fin d’une époque où
l’écriture peut encore transcrire, ou au moins donner l’idée,
de l’improvisation. Soyons exact : l’Allegretto final contredit
toute cette idée, qui rétablira « l’équilibre » entre le soliste
et les différents groupes, dans un joyeux entrain.
COMMENTAIRES
DOMAINE PRIVÉ - WAYNE SHORTER
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Cette ambiance n’est certes pas étrangère à l’extraordinaire
débordement de vie qui émane de l’œuvre. Le saxophone
alto (qui n’est pas encore à l’époque un instrument majeur
du jazz) offre un fil conducteur, relayé par la clarinette
dans la « danse du désir ». Leurs inflexions évoquent les
subtiles « blue notes » afro-américaines. Les stridences
des cuivres et des violons sur une batterie violemment
syncopée dans la « danse des animaux » peuvent faire
penser à la « jungle music » de Duke Ellington, qui naît
au même moment à Harlem.
L’osmose parfaite entre le piano et la percussion (quinze
ans avant la célèbre Sonate de Bartók dont la version
orchestrée figure dans ce concert) est l’un des caractères
révolutionnaires de l’œuvre. Mais le plus impressionnant
est sans doute la magnifique coda, évanescente et volatile,
toute en trémolos, qui illustre si génialement les derniers
mots de Cendrars : « Le couple s’est étreint. La ronde se calme,
freine et ralentit et vient mourir très calme alentour. La ronde se
disperse par petits groupes. Le couple s’isole dans un baiser qui le
porte comme une onde. C’est le printemps de la vie humaine. »
Sergueï Prokofiev Contemporaine de la Révolution d’Octobre, cette
Symphonie classique Première Symphonie est en fait la deuxième de Prokofiev,
mais il a renié la précédente, composée à l’âge de seize ans.
Cette œuvre singulière et anachronique est aussi originale
que personnelle. Lorsqu’il la dirige pour la première fois
à Petrograd en 1918, en pleine guerre civile, Prokofiev
a déjà à son actif une œuvre abondante et vraiment
révolutionnaire : ses deux premières sonates, ses deux
premiers concertos pour piano, les Visions fugitives, l’opéra
Le Joueur (d’après Dostoïevski) et surtout la Suite scythe,
Ainsi le futur compositeur attitré d’Eisenstein
et du bolchevisme triomphant compose en 1917
la « 105e Symphonie de Haydn ». L’instrumentation
est rigoureusement fidèle à son modèle du XVIIIe siècle :
flûtes, clarinettes, hautbois, bassons, cors et trompettes
doublés, timbales et cordes.
Écrite en ré majeur (la tonalité favorite de Haydn),
la Symphonie classique ne se distingue en apparence de
ses ancêtres que par son finale, où la référence aux chants
populaires russes est évidente, mais guère plus que
ne l’étaient les emprunts de Beethoven, de Schumann
ou de Brahms au folklore allemand.
Le vrai mystère de cette symphonie, c’est qu’elle est restée
jusqu’à nos jours la plus populaire du XXe siècle, comme
si la recette du succès de cet art né au XVIIIe était vraiment
immuable.
G. A.
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composée en même temps et dans le même style frénétique
que Le Sacre du printemps.
Déjà reconnu comme un pianiste exceptionnel, Prokofiev
a décidé de se passer pour la première fois du clavier pour
composer : « Ainsi naquit le plan d’une symphonie dans le style
de Haydn parce que, à la suite de mon travail dans la classe de
Tcherepnine, la technique de Haydn m’était devenue limpide et
que cette familiarité me donnait plus de sûreté pour me jeter sans
piano dans ces eaux dangereuses. Enfin le titre choisi devait être
un défi pour mettre les oies en rage, et dans l’espoir secret que
je ne ferais qu’y gagner si, avec le temps, la symphonie s’avérait
réellement classique. »
COMMENTAIRES
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DOMAINE PRIVÉ - WAYNE SHORTER
Ce dernier était conçu à l’origine pour deux pianos.
Pourquoi deux pianos ? Béla Bartók est un grand pianiste,
marié depuis vingt ans avec sa meilleure élève.
C’est ensemble que Béla et Ditta ont créé en 1938 la Sonate
pour deux pianos et percussion. Mais, depuis, Ditta est devenue
un peu folle et Béla s’est retrouvé très seul, peu après
la création de ce Concerto pour deux pianos.
Contemporaine du Concerto pour orchestre, cette transcription
de la Sonate en est très proche pour ce qui est de l’écriture
symphonique, séduisante mais sans innovation excessive.
Cette « sagesse » semble délibérée. La Sonate, dans sa version
originelle, est sans doute l’œuvre la plus avant-gardiste
de Bartók, qui ne ressentait aucune raison d’en rajouter.
L’hypothèse selon laquelle il aurait eu le désir d’adapter
sa Sonate au goût du public américain semble en revanche
assez scabreuse, quand on sait l’exigence et le refus de tout
conformisme qui ont marqué jusqu’au bout son œuvre
comme sa vie. Il est probable que son intention était plutôt
de retrouver un point de convergence entre les deux
directions de son génie, pianistique et orchestral, qui
ne s’étaient pas croisées depuis le deuxième Concerto pour
piano de 1931 – où la percussion jouait déjà un rôle majeur.
Si Bartók s’est peu intéressé au jazz (sauf lorsqu’il composa
ses Contrastes pour Benny Goodman), il est en revanche
l’un des compositeurs du XXe siècle qui fascinent le plus
les jazzmen, par son intelligence du rythme mais aussi et
surtout par son enracinement dans le génie universel des
musiques populaires.
MERCREDI 21 JANVIER - 20h
Danilo Perez, piano
John Patitucci, contrebasse
Brian Blade, batterie
Wayne Shorter, saxophone
Durée du concert : 1h30 sans entracte
Ce concert est enregistré par France Musiques, partenaire de la Cité de la musique,
et filmé par ARTE.
G. A.
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Wayne Shorter Quartet
Wayne Shorter Miles Davis, plutôt avare de compliments, disait de
Quartet Wayne Shorter : « ce n’est pas seulement comme saxophoniste
que je l’ai engagé : je l’ai pris pour ses idées, et il est devenu
le vrai directeur musical de mon groupe. » En écho, Herbie
Hancock remarquait : « C’est à Wayne que Miles laissait
le plus d’espace, et c’est lui qui nous emmenait à son gré
dans des directions inexplorées. » De fait, les quelque vingt
compositions de Shorter pour le quintette de Davis sont
toutes devenues des « standards » du jazz contemporain.
« Footprints » est sans doute la plus célèbre, et c’est ainsi
que Shorter a baptisé son nouveau quartette, fondé en
2002. Il suffit pour mesurer son impact inouï de lire les
résultats récents du référendum 2003 de la revue Downbeat,
où critiques et lecteurs s’accordent pour attribuer à Shorter
toutes les premières places : meilleur saxophoniste, meilleur
compositeur, meilleur orchestre, « jazz artist » de l’année…
tandis que, les deux premiers albums du quartette, Footprints
Live et Alegria (Verve/Universal) caracolent aux première
et deuxième places.
En fait, on retrouve dans ce quartette, quarante ans après,
toutes les qualités du légendaire quintette de Miles, que
résumait si bien le titre d’une autre composition de Shorter,
« ESP » : « perception extra-sensorielle », c’est bien de cela
qu’il s’agit lorsque l’improvisation collective atteint ce degré
de réflexe et de réponse, de cohésion et de diversité, de
complexité et de simplicité, d’invention sans cesse renouvelée
à partir d’un répertoire d’une formidable solidité.
Si Footprints Live revitalisait d’anciennes compositions de
Shorter, Alegria va plus loin, en métamorphosant des pièces
aussi inattendues qu’un motet de Noël du XIIe siècle, une
des brasileiras de Villa-Lobos, ou la romance espagnole qui
donne son titre à l’album.
Le jeu incandescent du panaméen Danilo Perez (qui fut
le dernier pianiste de Dizzy Gillespie) donne à l’ensemble
cette « fièvre latine » qu’affectionne tant Shorter.
John Patitucci (l’ancien bassiste de Chick Corea) forme
un tandem rythmique idéal avec le foisonnant jeune batteur
Brian Blade – révélé aux côtés de Joshua Redman et de Brad
Mehldau. D’un concert à l’autre, ce quartette n’a cessé
de progresser vertigineusement, et selon Wayne Shorter
lui-même, « il n’en est encore qu’au début d’une longue épopée. »
COMMENTAIRES
Mercredi 21 janvier - 20h
Salle des concerts
JEUDI 22JANVIER - 20h
Wayne Shorter, saxophone
Herbie Hancock, piano
Durée du concert : 1h30 sans entracte
Ce concert est filmé par ARTE.
G. A.
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Wayne Shorter et Herbie Hancock
Wayne Shorter et Bien que Herbie Hancock soit de sept ans le cadet
Herbie Hancock de Wayne Shorter, on pourrait les appeler des « jumeaux
musicaux ». Leur première rencontre remonte à 1961, pour
l’enregistrement de Free Form du trompettiste Donald Byrd,
dont Herbie était alors le pianiste, Wayne étant à l’époque
le saxophoniste des Jazz Messengers.
Tous deux étaient devenus les chefs de file de l’avant-garde
du célèbre label Blue Note, avant de se retrouver (de 1964
à 1969) au sein du quintette de Miles Davis. Puis leurs
destins sont redevenus parallèles, orientés vers le même
horizon « électrique » : Herbie avec ses Headhunters,
Wayne avec Weather Report. C’est ensemble qu’ils reviennent
au jazz « acoustique », participant au flamboyant mais
sporadique quintette VSOP mené par le trompettiste
Freddie Hubbard. On les y entend pour la première fois
en duo, fugitivement, lors d’un rappel en fin de concert,
dans l’album Live Under The Sky (1979).
Mais il faudra attendre dix-sept ans pour que cette idée
mûrisse. Dans l’intervalle, Herbie et Wayne sont devenus
des frères, et aussi des voisins : habitant le même quartier
de Los Angeles, ils se rendent souvent visite, pour jouer
mais aussi pour prier car ils appartiennent à la même
communauté bouddhiste.
Lors du Concours Thelonious-Monk 1996, ils jouent
en duo « Memory of Enchantment », une composition du
jeune lauréat Michel Borstlap. Le guitariste Pat Metheny,
enthousiasmé, va les houspiller jusqu’à ce qu’ils se retrouvent
en studio pour le magnifique album 1 + 1 (Verve/Universal) :
le titre aurait pu en être 1 + 1 = 1 tant l’osmose est parfaite.
Le répertoire, signé de l’un, de l’autre ou des deux ensemble,
n’a rien d’un « best of » convenu. Il s’agit essentiellement de
ballades limpides mais singulières, parfois inspirées de
chants d’oiseaux (« Visitor from Nowhere ») ou de mélodies
orientales (« Aung San Suu Kyi », hommage à la célèbre
dissidente birmane). Très lyriques, elles peuvent être
écoutées comme des « lieder instrumentaux » dans lesquels
Wayne Shorter tire du saxophone soprano de surprenantes
« vocalises ». Certaines de ces pièces sont dédiées à des
intimes, et l’on devine au-delà de ce dialogue mélancolique
la sincérité et la pudeur des plus profondes confidences.
COMMENTAIRES
Jeudi 22 janvier - 20h
Salle des concerts
VENDREDI 23 JANVIER - 20h
Durée du concert : 1h30 sans entracte
G. A.
17
Milton Nascimento et ses musiciens
Milton Nascimento Milton Nascimento et Wayne Shorter fêtent les trente
ans de leur première collaboration : dans son album Native
Dancer (1974), Shorter avait surpris tout le monde en
interprétant cinq compositions de Milton. Être ainsi
célébré par l’un des plus grands compositeurs du jazz fut
une consécration pour cet émouvant chanteur brésilien.
Ce n’était ni son premier contact avec le jazz, ni le dernier :
sa collaboration régulière avec le guitariste Pat Metheny en
témoigne. Dès 1968, alors qu’il venait à peine de sortir
de l’ombre grâce au succès de sa chanson « Travessia »
au Festival de Rio, Milton avait enregistré aux États-Unis
le merveilleux Courage auquel participait Herbie Hancock.
C’est ce dernier qui le présenta à son ami Wayne Shorter.
Le fidèle pianiste est encore présent dans Pieta, le nouveau
disque de Milton (Warner Jazz) et le premier depuis six
ans : le chanteur livre une version saisissante du fameux
« Cantaloupe Island » de Hancock dans cet authentique
chef-d’œuvre qui évoque l’âge d’or de sa collaboration
avec son ami d’enfance et alter ego (jusqu’en 1988),
l’extraordinaire pianiste arrangeur Wagner Tiso.
Milton est né en 1942 à Rio mais son art n’a pas grand
chose de commun avec le style « carioca » (samba, bossa
nova), même si sa vocation s’est éveillée à l’écoute passionnée
du génial Joao Gilberto. Orphelin noir adopté par une famille
blanche, Milton a grandi loin de l’océan à Tres Pontes, dans
le Minas Gerais. Peu de musiques reflètent aussi bien que
la sienne toutes les nuances du métissage de ce Brésil enclavé
si généreusement ouvert à toutes les influences extérieures
ou intérieures.
Mais Milton, c’est d’abord une voix d’exception, sombre
et voilée, sans vibrato tapageur, acide et fiévreuse, dénuée
d’artifices à part son frémissant falsetto : une voix de
chanteur des rues, de poète populaire, avec un « grain »
plus proche d’un Brel que d’un Caetano Veloso. Une voix
qui se magnifie en s’entourant d’autres voix (les chœurs
de Milton sont toujours d’une splendeur magique) et
d’orchestrations aussi insolites que somptueuses.
Wayne Shorter et Milton Nascimento ont en commun d’avoir
traversé ces dernières années des épreuves douloureuses.
Et de les avoir surmontées en aboutissant à un état de
grâce et de sérénité qui transfigure leur musique.
COMMENTAIRES
Vendredi 23 janvier - 20h
Salle des concerts
Orchestre national de Lyon
David Robertson, direction
Durée du concert : 1h15 sans entracte
Ces concerts sont filmés par ARTE.
Comme la plupart des grands jazzmen de sa génération
et contrairement à de désuets mais tenaces préjugés,
Wayne Shorter a fait des études musicales très approfondies,
à la New York University.
Sa culture musicale est encyclopédique, et la forme
symphonique y tient une place privilégiée.
C’est d’ailleurs une vieille tradition parmi les grands
saxophonistes du jazz qui, de Ben Webster à Mike Brecker
ou Wayne Shorter en passant par Charlie Parker, Sonny
Rollins ou Ornette Coleman, ont toujours tenu à confronter
leur génie de l’improvisation aux potentialités d’une plus
ample orchestration.
Il y a dix ans, dans l’album High Life (Verve/Universal),
Wayne Shorter tentait une première expérience – déjà assez
convaincante – dans cette direction.
Deux ans plus tard, il rassemblait au Portugal un orchestre
de quatre-vingt dix musiciens.
En 1998, invité par Wynton Marsalis au Lincoln Center,
il y faisait jouer quelques-unes de ses compositions par
un ensemble plus modeste.
Le 2 janvier 2000, il était l’invité d’honneur du Detroit
Symphony Orchestra pour la célébration du nouveau
millénaire. C’est à cette occasion qu’il a créé « Capricorn II »
et surtout « Syzygy ». Les critiques américains ont surtout
été impressionnés par « un usage massif des cuivres,
audacieusement harmonisés ».
« Syzygy » est un terme astronomique signifiant le parfait
(et rarissime) alignement entre trois corps célestes, comme
la Lune, la Terre et le Soleil.
En l’occurrence, il s’agit d’une métaphore pour décrire la
parfaite adéquation entre trois « corps musicaux » de taille
différente : un soliste (Wayne Shorter), un petit groupe
(son quartette) et l’énorme masse d’un orchestre
symphonique.
Comme en témoigne son nouvel album Alegria, cette vision
« télescopique » est désormais une obsession pour lui, et ce
n’est pas surprenant. La richesse harmonique de sa musique
et sa passion pour la diversité des timbres lui ont toujours
fait ressentir une frustration face aux formats traditionnels
du jazz.
G. A.
19
Wayne Shorter Quartet
Danilo Perez, piano
John Patitucci, contrebasse
Brian Blade, batterie
Wayne Shorter, saxophone
Orchestre
national de Lyon
Wayne Shorter
Quartet
COMMENTAIRES
SAMEDI 24 JANVIER - 20h ET DIMANCHE 25 JANVIIER - 16h30
Samedi 24 janvier - 20h
Dimanche 25 janvier - 16h30
Salle des concerts
Salif Keita
Salifou Keita est né le 25 août
1949 dans le village Djoliba,
au cœur du Mali. Albinos,
il grandit en solitaire, se plonge
dans la lecture, les études et se
prend de passion pour le chant
des griots, poètes itinérants.
La carrière de Salif Keita débute
en 1968 lorsqu’il quitte, à l’âge
de vingt ans, le domicile familial
pour tenter sa chance dans la
capitale, Bamako. Sa voix, petit
à petit, séduit les musiciens de
la métropole, à commencer par
le saxophoniste Tidiane Koné,
leader du Rail Band de Bamako.
Impressionné par ses capacités
vocales, Koné embauche le
jeune homme, qui devient la
véritable vedette de l’ensemble
et le conduit rapidement au
succès. En 1973, cédant sa place
à un jeune chanteur guinéen
encore inconnu – Mory Kanté –,
Salif Keita rejoint Les
Ambassadeurs, autre formation
de danse menée par le guitariste
et chanteur Kanté Manfila.
Premières tournées dans toute
l’Afrique de l’Ouest puis
expatriation à Abidjan.
En 1978, Salif Keita et les siens
y enregistrent Mandjou, énorme
réussite commerciale. C’est là le
vrai point de départ de sa carrière
internationale. En décembre
1980, Salif et Kanté s’installent
trois mois à New York, le temps
de mettre en boîte les albums
Primpin et Toukan. Au printemps
1984, Salif Keita triomphe au
Festival des Musiques Métisses
d’Angoulême. Le Malien
abandonne Abidjan pour
s’installer à Montreuil. En 1987,
avec Soro, manière de blues
mandingue chanté en malinké,
Salif Keita retrouve les studios
pour la première fois en six ans.
En octobre, invité en Angleterre
pour un concert organisé à
l’occasion des 70 ans de Nelson
Mandela, il se retrouve entouré
de stars consacrées – Youssou
N’Dour, Ray Lema – et se voit
intégré au cercle restreint des
maîtres de la « world music ».
S’ensuivent d’innombrables
tournées aux quatre coins du
globe, ponctuées par les albums
Ko-Yan (1988) et Amen (1991),
placé sous la direction artistique
de Joe Zawinul (parmi les invités,
Wayne Shorter, Carlos Santana
et son compatriote le claviériste
Cheick Tidiane Seck), ainsi que
plusieurs séries de concerts en
compagnie du Syndicate du
même Zawinul. À partir de
1997, Salif Keita retourne de
plus en plus fréquemment
au Mali. Il ouvre un studio
à Bamako, commence à y
produire de jeunes artistes
(Fantani Touré, Rokia Traoré)
et se consacre de plus en plus
à la fondation « SOS Albinos »,
qu’il a créée en 1990 pour
conseiller, orienter et aider
ses frères et sœurs d’infortune.
Emanuel Ax
Né à Lvov, en Pologne, Emanuel
Ax commence le piano à l’âge de
six ans à Varsovie avant de partir
pour les États-Unis en 1961,
où il travaille avec Mieczyslaw
Munz à la Juilliard School.
Remarqué par le public en 1974
lorsqu’il remporte, à l’âge de
vingt-cinq ans, le premier Prix
du Concours Arthur-Rubinstein
à Tel Aviv, il gagne le concours
de l’Avery Fischer Prize à New
York cinq ans plus tard. Il joue
régulièrement en Europe et aux
États-Unis, en récital aussi
bien qu’avec des orchestres
prestigieux – New York,
Cleveland, Boston, Chicago,
Philadelphie, Saint-Louis,
Orchestre de Paris, London
Symphony Orchestra, London
Philharmonic Orchestra, Royal
Concertgebouw… Amateur de
musique du XXe siècle, il crée
entre autres, en 1999, le concerto
de Christopher Rouse Seeing
avec l’Orchestre philharmonique
de New York. En formation de
chambre, il joue régulièrement
avec Isaac Stern et Jaime Laredo
notamment. Il se produit chaque
saison avec Yo-Yo Ma, et leurs
enregistrements ont remporté
quatre fois le Grammy Award,
en particulier le Trio avec
clarinette de Brahms, avec
Richard Stolzman. En 1987,
il a signé un contrat d’exclusivité
avec Sony Classical, après avoir
enregistré de nombreux disques
chez BMG.
Yoko Nozaki
Après des études à l’École
de musique Toho de Tokyo et
à la Juilliard School of music
de New York, Yoko Nozaki fait
ses débuts en récital à New York
en 1972. Elle est ensuite invitée
à jouer en soliste avec les
principaux orchestres
américains et européens
et dans les principaux festivals
internationaux (Tanglewood,
Mostly Mozart de New York).
Yoko Nozaki se produit très
régulièrement avec son mari,
le pianiste Emanuel Ax, dans
des récitals d’œuvres pour
piano à quatre mains ou dans
des concertos pour deux pianos.
Ensemble, ils ont notamment
interprété le Double Concerto
pour piano de Mozart au Mostly
Mozart Festival, ainsi qu’avec
l’Orchestre du Minnesota
et David Zinman, et ils ont
récemment donné, avec
les percussionnistes Mark
Damaloukis et Matt Wood,
un programme autour de
la musique contemporaine pour
piano et percussions au Lincoln
Center de New York.
David Robertson
Né à Santa Monica, en
Californie, David Robertson
occupe depuis septembre 2000
les fonctions de Directeur
musical de l’Orchestre national
de Lyon et de Directeur
artistique de l’Auditorium de
Lyon, la résidence permanente
de l’orchestre. C’est la première
fois à Lyon que ces deux postes
sont confiés à une même
personne. Nommé chef de
l’année, au début du nouveau
millénaire, par Musical America,
il est désormais reconnu par
le public et la critique du monde
entier pour ses interprétations
du grand répertoire
symphonique, mais également
pour ses affinités avec la musique
du XXe siècle et avec un large
répertoire lyrique.
David Robertson a fait des études
de cor et de composition
à la Royal Academy of Music
de Londres avant d’entreprendre
des études de direction
d’orchestre. De 1985 à 1987,
il a été chef résident de
l’Orchestre symphonique
de Jérusalem, où il a acquis
l’expérience d’un vaste répertoire.
De 1992 à août 2000, il a assuré
la direction musicale de
l’Ensemble Intercontemporain
à Paris. Il dirige régulièrement
les orchestres majeurs d’Europe
(Orchestre de Paris, Orchestre
symphonique de Londres,
Orchestre d’État de Bavière,
Staatskapelle de Berlin, RAI de
Turin), des États-Unis (Chicago
Symphony, Boston Symphony,
Cleveland, Philadelphie, New
York Philharmonic) et du Japon
(NHK de Tokyo). Il se produit
également dans les maisons
d’opéra les plus prestigieuses
(Scala de Milan, Opéra d’État
de Bavière, Metropolitan Opera
de New York, Hambourg, San
Francisco, Théâtre du Châtelet
à Paris).
David Robertson accorde une
attention toute particulière aux
étudiants en musique. En plus
des nombreuses activités
pédagogiques menées
à l’Ensemble Intercontemporain
et à l’Auditorium-Orchestre
national de Lyon, il travaille
avec des élèves du Conservatoire
de Paris, de la Juilliard School,
de Tanglewood et du Festival de
musique d’Aspen, où il intervient
chaque année.
Orchestre national de Lyon
Héritier de la Société des Grands
Concerts de Lyon, fondée en
1905, l’Orchestre national de
Lyon s’enorgueillit d’un passé
prestigieux auquel ont contribué
André Cluytens, Charles Munch,
Ernest Ansermet et Pierre
Monteux. En 1969, à l’initiative
de la municipalité de Lyon,
la formation est devenue un
orchestre permanent de 102
musiciens, avec comme premier
directeur musical Louis Frémaux
(1969-1971). Depuis lors,
l’orchestre est administré et
soutenu financièrement par
la Ville de Lyon, qui l’a doté
en 1975 d’une salle de concerts,
l’Auditorium de Lyon – l’une
des plus vastes de France, avec
ses 2100 places. Sous la nouvelle
appellation d’Orchestre national
de Lyon, il se consacre, depuis
1985, au répertoire symphonique.
Succédant à Louis Frémaux en
1971, Serge Baudo est resté à la
tête de l’orchestre jusqu’en 1986
21
Wayne Shorter
Né en août 1933 à Newark,
Wayne Shorter étudie au lycée
des Arts avant d’obtenir un
diplôme à l’Université de New
York. Il sert dans l’armée de
1956 à 1958, puis rejoint les
Jazz Messengers d’Art Blakey.
Ses cinq années au sein des
Messengers l’imposent comme
l’une des étoiles montantes
du jazz – en 1962, il est nomé
premier dans la catégorie
« Nouvelle Star Saxophoniste »
par la revue Downbeat, et second
dans la catégorie « Meilleur
compositeur », derrière Duke
Ellington. En 1964, Miles Davis
l’invite en tournée avec son
groupe, qui compte également
Herbie Hancock, Tony Williams
et Ron Carter. Il enregistre une
douzaine d’albums avec Miles
Davis, avec lequel il collabore
durant six ans. En 1970,
il forme Weather Report avec
Joe Zawinul et Miroslav Vitous.
À travers sa carrière solo comme
au sein de Weather Report,
il participe à l’invention d’un
nouveau genre musical, qui allait
se faire connaître sous le nom
de fusion ou de musique
progressive. Durant cette période,
Wayne Shorter est premier du
classement de la revue Downbeat
des saxophonistes sopranos
durant quinze années
consécutives. Considéré
comme l’un des interprètes
et compositeurs de jazz et
de musique moderne les plus
prolifiques et importants,
Wayne Shorter a obtenu de
nombreuses distinctions, dont
six Grammy Awards auxquels
viennent s’ajouter treize autres
nominations.
Il a joué sur les bandes originales
des films Glengarry Glen Ross
(1983), The Fugitive (1993),
et Loosing Isaiah (1995).
Récemment, l’Orchestre
Symphonique de Detroit lui a
commandé une œuvre pour son
concert du Millénaire. Comme
interprète autant que comme
compositeur, Wayne Shorter
a profondément marqué la
musique moderne, et influencé
des générations de musiciens.
BIOGRAPHIES
BIOGRAPHIES
20
Biographies
Concert du 20 janvier
Flûtes
Emmanuelle Réville*
France Verrot
Hautbois
Jérôme Guichard*
Guy Laroche*
Clarinettes
François Sauzeau*
Thierry Mussotte
Saxophone
Frédéric Frouin°
Bassons
Louis-Hervé Maton*
Stéphane Cornard
Cors
Michel Molinaro*
Serge Leriche
Joël Nicod
Paul Tanguy
Trompettes
Sylvain Ketels*
Michel Haffner
Trombones
Fabien Lafarge*
Frédéric Boulan
Jean Gotthold
Timbales
Benoît Cambreling*
Percussions
Michel Visse*
Claviers
Elisabeth Rigollet*
Harpe
Eléonore Euler-Cabantous*
Violons I
Jennifer Gilbert
(violon solo supersoliste)
Jacques-Yves Rousseau*
Yves Chalamon
Pascal Chiari
Constantin Corfu
Andréane Détienne
Annabel Faurite
Sandrine Haffner
Yaël Lalande
Philip Lumbus
Anne Rouch
Roman Zgorzalek
Violons II
Catherine Menneson*
Tamiko Kobayashi-Massot *
Keiko Chimoto
Sylvie Diou
Julie Friez
Kaé Kitamaki
Monique Lumbus
Marie-Claire Moissette
Marie-France Poirier
Haruyo Tsurusaki
Altos
Jean-Pascal Oswald*
Fabrice Lamarre*
Catherine Bernold
Marie Gaudin
Elodie Guillot
Vincent Hugon
Carole Millet
Manuelle Renaud
Violoncelles
Nicolas Hartmann*
Philippe Silvestre de Sacy*
Stephen Eliason
Vincent Falque
Jean-Marie Mellon
Jérôme Portanier
Contrebasses
Ferenc Bokány*
Daniel Billon
Gérard Frey
Vincent Menneson
Concerts des 24 et 25 janvier
Flûtes
Emmanuelle Réville*
Benoit Le Touzé
Hautbois
Guy Laroche*
Pascal Zamora
Clarinettes
Robert Bianciotto*
Thierry Mussotte
Saxophones
Frédéric Frouin°
Bruno Totaro°
Bassons
Olivier Massot*
François Apap
Cors
Yves Stocker*
Olivier Beydon
Trompettes
Christian Léger*
Arnaud Geffray
Michel Haffner
Trombones
Philippe Cauchy*
Frédéric Boulan
Tuba
Christian Delange
Timbales
Benoît Cambreling*
Percussions
Stéphane Pelegri*
Thierry Huteau
Violons I
Florent Kowalski
(violon solo supersoliste)
Jacques-Yves Rousseau*
Claudie Boisselier
Yves Chalamon
Pascal Chiari
Constantin Corfu
Andréane Détienne
Sandrine Haffner
Philip Lumbus
Sébastien Plays
Violons II
François Payet-Labonne*
Tamiko Kobayashi-Massot *
Bernard Boulfroy
Sylvie Diou
Véronique Gourmanel
Kaé Kitamaki
Monique Lumbus
Marie-Claire Moissette
Haruyo Tsurusaki
Mireille Monin
Altos
Jean-Pascal Oswald*
Fabrice Lamarre*
Elodie Guillot
Vincent Hugon
Valérie Jacquart
Franck Lombard
Carole Millet
Manuelle Renaud
Violoncelles
Nicolas Hartmann*
Philippe Silvestre de Sacy*
Matthieu Chastagnol
Dominique Denni
Maurice Favre
Jean-Etienne Tempo
Contrebasses
Ferenc Bokány*
Gérard Frey
Vincent Menneson
Benoist Nicolas
Marie-Noëlle Vial
* soliste
° supplémentaire
Herbie Hancock
Né à Chicago en 1940, Herbie
Hancock fit ses débuts comme
jeune prodige du piano –
il interprète un concerto
de Mozart avec l’Orchestre
Symphonique de Chicago
à l’âge de onze ans. Il commence
à jouer du jazz au lycée,
influencé par Oscar Peterson
et Bill Evans. Nourrissant
également une passion pour
l’électronique, il obtient des
diplômes en musique et en
ingénierie électronique au collège
Grinnel. En 1960, à l’âge de
vingt ans, il est découvert par
le trompettiste Donald Byrd,
qui lui demande d’intégrer son
groupe. En 1963, son premier
album, paru chez Blue Note
Records, Takin’Off, est un succès
immédiat. En 1963 également,
il est invité à rejoindre le
quintette de Miles Davis –
formation dont il sera membre
pendant cinq ans.
Parallèlement, sa carrière solo
s’épanouit sur Blue Note avec
des titres comme Maiden Voyage,
23
compositeurs, tels Luciano
Berio ou Krzysztof Penderecki,
venus faire travailler leurs
œuvres et les diriger.
Il a également fait découvrir
en première audition mondiale,
européenne ou française les
pièces des plus grands créateurs
de notre temps, d’Elliott Carter
et Pierre Boulez à Toru
Takemitsu, Steve Reich
et George Benjamin.
La politique de répertoire
menée ces dernières années
se reflète dans la discographie
la plus récente de l’Orchestre
national de Lyon : un CD
entièrement consacré au
compositeur argentin Alberto
Ginastera (Naïve), un CD
d’œuvres de Bartók (Harmonia
Mundi), avec notamment
le premier enregistrement de
la version originale du Mandarin
merveilleux, et enfin un CD
consacré à Boulez (Naïve), salué
à sa sortie par un « Diapason
d’or » et un « ffff » de Télérama.
En été 2003, l’orchestre a gravé
chez Naïve des œuvres de Steve
Reich, en particulier la version
pour orchestre à cordes de
Different Trains, commande
conjointe de l’ONL et de
l’Orchestre de Philadelphie.
BIOGRAPHIES
22
BIOGRAPHIES
et en a fait une phalange
reconnue bien au-delà de sa
région d’origine. Sous l’impulsion
d’Emmanuel Krivine, directeur
musical de 1987 à 2000, l’ONL
a connu une progression
artistique saluée par la critique
internationale. L’arrivée de
David Robertson, nommé en
septembre 2000 directeur musical
de l’ONL et directeur artistique
de l’Auditorium, a confirmé le
rang atteint par l’orchestre et
l’a renforcé, grâce à une politique
de répertoire pertinente et
ouverte à tous les styles. L’ONL
développe une activité intense
hors de Lyon, au sein de laquelle
il convient de souligner
notamment trois tournées au
Japon dans les années 1990,
une tournée européenne en
novembre 2001 (avec, entre
autres étapes, Cologne,
Amsterdam et Londres), des
prestations aux BBC-Proms
et au Festival d’Édimbourg en
été 2002, l’ouverture de la saison
2002/03 au Châtelet, à Paris,
avec Jessye Norman (Erwartung
de Schönberg et La Voix humaine
de Poulenc, dans une mise en
scène d’André Heller) ainsi
qu’une tournée aux États-Unis
en janvier et février 2003
(Carnegie Hall de New York –
deux concerts –, Seattle,
Berklee-San Francisco et Los
Angeles). En novembre 2004,
l’orchestre est invité pour cinq
soirées en Suisse, dans le cadre
des Concerts du Klubhaus.
L’orchestre a collaboré avec de
nombreux interprètes renommés,
comme Martha Argerich, José
Van Dam, Leon Fleisher, Jessye
Norman, Kristian Zimerman,
Itzhak Perlman, Yo-Yo Ma,
Vadim Repin, Evgeni Kissin,
Pierre-Laurent Aimard, Tabea
Zimmermann et Christian
Tetzlaff.
Il a accueilli de grands
24
BIOGRAPHIES
Empyrean Isles ou Speak Like
A Child. En 1966, il compose
la bande originale du film de
Michelangelo Antonioni Blow
up. Il composera de nombreuses
musiques pour le cinéma ou la
télévision, notamment la bande
originale de Round Midnight
pour laquelle il remporte un
Grammy Award en 1987. Après
avoir quitté Miles Davis, en
1968, Hancock se consacre au
jazz-funk électronique. En 1973,
Headhunters, son second disque
chez Columbia Records, est
disque de platine. Dans le
même temps, il reste proche
du jazz acoustique : il enregistre
avec VSOP, avec différents trios
et quartettes sous son propre
nom, ou en duo avec les pianistes
Chick Corea ou Oscar Peterson.
En 1980, il présente le jeune
Wynton Marsalis au monde,
produisant le premier album en
tant que leader du trompettiste.
En 1983, il se lance dans une
collaboration avec l’architecte
musical Bill Laswell qui donne
notamment naissance au succès
Rock it. Après des réalisations
explorant diverses directions,
les années Verve d’Herbie
Hancock culminent, en 1998,
avec Gershwin’s world, un projet
réunissant des musiciens de
tous horizons – entre autres
Joni Mitchell, Stevie Wonder,
Kathleen Battle, l’Orpheus
Chamber Orchestra, Wayne
Shorter et Chick Corea –, trois
fois primé aux Grammy Awards.
À l’orée de sa cinquième
décennie de vie professionnelle,
Herbie Hancock demeure là où
il a toujours été : à la pointe
de la culture mondiale, de la
technologie, du business et de la
musique, imprimant sa marque
à tous les domaines qu’il explore.
Milton Nascimento
Né à Rio de Janeiro en 1942,
Milton Nascimento a emménagé
à l’âge de deux ans avec ses
parents adoptifs à Três Pontas,
dans l’État des Minas Gerais.
L’influence du catholicisme est
très forte dans la région, et les
harmonies qui gouvernent la
musique de Milton Nascimento
sont sans doute nées à son
contact. Bien qu’originaire de
Rio, il fut l’un des musiciens
les plus actifs à promouvoir
la musique populaire des Minas
Gerais. Doté d’une voix
extraordinaire, il débute sa
carrière à l’âge de treize ans,
chantant en tant que crooner,
un style auquel il reviendra sur
son CD Crooner, en 1999.
À l’adolescence, il intègre
le groupe Luar de Prata avec
Wagner Tiso. Nascimento
travaille à Rádio Três Pontas
en tant que DJ, présentateur
et réalisateur. En 1963 et 1964,
il fait partie du groupe W’s
Boys, dont les membres portaient
tous un nom commençant par
la lettre W – Wagner (Tiso),
Waltinho, Wilson et Wanderley –,
si bien que Milton change
provisoirement son nom en
Wilton. Par la suite, Milton
Nascimento s’installe à Belo
Horizonte, la capital de l’État
des Minas Gerais, pour faire
des études d’économie. Il y fait
la connaissance de musiciens
comme Márcio Borges, son frère
Lô Borges et Fernando Brant,
qui allaient devenir des
partenaires à long terme.
Il se produit au sein de différents
groupes à Belo Horizonte avant
de revenir à Rio de Janeiro,
où il enregistre avec le groupe
Sambacana. Après des années
de clubs, festivals et expériences
diverses, ses chansons attirent
l’attention de l’une des plus
grandes chanteuses du Brésil,
Elis Regina, avec laquelle
il initie une collaboration.
En 1966 et 1967, Nascimento
joue dans des festivals.
Sa chanson Travessia, co-écrite
avec Fernando Brant, se place
en seconde position dans un
festival et il remporte le prix
de meilleur interprète. La même
année, il enregistre son premier
album. En 1968, en voyage aux
États-Unis, il enregistre son
album Courage. Durant les
années suivantes naissent
ses titres les plus populaires :
Milton, Minas, Gerais, Milagre
dos Peixes et les deux volumes
de Clube da Esquina, qui lance
des musiciens originaires des
Minas Gerais comme Lô Borges,
Beto Guedes, Toninho Horta,
Wagner Tiso, Nivaldo Ornellas,
Nelson Ângelo, Tavito… Dans
les années 70, certaines de ses
chansons sont censurées par
le régime militaire. Il réalise
quelques albums aux États-Unis,
notamment avec Airto Moreira,
Herbie Hancock ou Wayne
Shorter. Milton Nascimento est
considéré comme l’un des plus
grands chanteurs de pop
brésiliens. En tant que
compositeur, il a influencé
des générations de musiciens.
En 1998, son album Nascimento
a obtenu un Grammy Award
dans la catégorie « Meilleur
disque de musique du monde
de l’année »
PROCHAINEMENT...
ENFANCES - CONTES ET RÉCITS
MERCREDI 28 JANVIER, 20h
Orchestre des Lauréats du Conservatoire de Paris
Myung-Whun Chung, direction
Œuvres de Ravel et Prokofiev
VENDREDI 30 JANVIER, 20h
SAMEDI 31 JANVIER, 18h
Du coq à l’âne
Spectacle de chansons
SAMEDI 31 JANVIER, 15h
Histoire de Babar
Musique de Francis Poulenc
Texte de Jean de Brunhoff
Mise en scène de Marianne Pousseur,
Enrico Bagnoli
SAMEDI 31 JANVIER, 20h
Orchestre National d’Île-de-France
Tito Ceccherini, direction
Sonia Turchetta, soprano
Œuvres de Bizet, Debussy et Sciarrino
DIMANCHE 1er FÉVRIER, 15h
Chœur d’enfants Sotto Voce
Scott Alan Prouty, direction
Richard Davis, piano
Œuvres de Maxwell, Kosma, Bizet, Mozart,
Poulenc, Debussy, Offenbach, Humperdink.
er
DIMANCHE 1 FÉVRIER, 17h
Maîtrise de Radio France
Toni Ramon, direction
Œuvres de Lalo et Britten
MERCREDI 4 FÉVRIER, 20h
Orchestre du Conservatoire de Paris
Zsolt Nagy, direction
Œuvres de Tchaïkovski, Janácek et Stravinski
VENDREDI 6 FÉVRIER, 20h
Solistes de l’Ensemble Intercontemporain
Œuvres de Schumann, Kurtág, Webern,
Lachenmann, Messiaen, Holliger, Lang et Ravel
SAMEDI 7 FÉVRIER, DE 16h À 19h
Forum Les albums pour l’enfance
SAMEDI 7 FÉVRIER, 20h
Ensemble Intercontemporain
Kazushi Ono, direction
Œuvres de Adès, Knussen, Chin et Ligeti
PROCHAINS CONCERTS JAZZ
MARDI 10 ET MERCREDI 11 FÉVRIER
GOSSES DE TOKYO
Film muet de Yasujiro Ozu (1932)
Musique d’Érik Truffaz et ses musiciens invités
VENDREDI 5 MARS
LES SOLEILS FONDUS DE LA CITÉ (création)
Claude Barthélémy
Orchestre National de Jazz
Philippe Nahon, Jean-Pierre Drouet,
Daunik Lazro, Elise Caron
DIMANCHE 7 MARS
AN ALTERNATE RESISTANCE
MAYBE MONDAY
Fred Frith, Miya Masaoka, Larry Ochs,
Lesli Dalaba, Carla Kihlstedt,
Etienne Bultingaire
SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUIN
AHMAD JAMAL AUTOUR DE BROADWAY
James Cammack, Idris Muhammad, Ahmad
Jamal.
Notes de programme Éditeur : Hugues de Saint Simon - Rédacteur en chef : Pascal Huynh - Rédactrice : Gaëlle Plasseraud Secrétaire de rédaction : Sandrine Blondet - Équipe technique Régisseur général : Olivier Fioravanti - Régisseurs plateau : Éric
Briault, Jean-Marc Letang - Régisseurs lumières : Benoît Payan, Marc Gomez - Régisseurs son : Bruno Morain, Didier Panier.