Cadre supérieur de santé - Centre Hospitalier Territorial de

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Cadre supérieur de santé - Centre Hospitalier Territorial de
NM
UN JOUR, U
ÉTIER
Cadre supérieur
Cadre supérieur de santé
de santé
Lien hiérarchique D.S.S.I. :
Bernard Bacchi, cadre supérieur
de santé depuis 1989, en poste
au CHT depuis 2 mois : « Le cœur
de mon métier, c’est le patient.
A notre niveau, nous sommes
amenés à mener à bien une
gestion humaine, économique
et administrative qui parfois
nous éloigne du patient. Il
faut se souvenir que toutes
les décisions doivent d’abord
prendre en considération le
patient. Je me vois comme
un initiateur, permettant d’organiser les idées, les bonnes
volontés de l’ensemble de l’équipe. Le plus important
pour moi, ceux sont les relations humaines ».
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indispensable pour travailler en bonne intelligence entre
les différents corps de métier. En dehors des compétences
techniques, sociabilité et capacité d’adaptation sont des
qualités indispensables à cette fonction. L’objectif reste
la qualité des soins. Après 16 ans comme cadre, j’ai eu
envie d’apporter mon expérience dans des projets d’établissement, ainsi
que ma contribution au
système de santé calédonien. C’est une grande
opportunité ».
Au sein du CHT, ils sont quatre
cadres supérieurs de santé et
un cadre sage-femme supérieur.
Une équipe à majorité féminine
puisque composée de quatre
femmes et d’un homme.
Leur priorité commune : être au
Marie-Claire Kabar,
cadre supérieur de
santé, en poste depuis
3 ans : « Je vois mon
métier comme une activité de management et
de médiation. Avec une grande
part de responsabilité car nous
sommes garants de la qualité
et de la sécurité des soins
dans nos secteurs d’activité.
Ce métier est passionnant car il
touche à l’humain ! Le relationnel en est la clé de voûte. Nous
sommes tenus également de
porter des projets, de travailler
en collaboration avec toutes
les directions fonctionnelles
et de répondre à des missions
transversales. Et, au-delà, j’ai la
chance d’apporter ma pierre à
l’édifice de la santé en Calédonie ».
Géraldine Danigo, cadre supéservice du patient.
rieur de santé depuis 6 mois.
Témoignages de passionnés.
« Lorsque j’étais cadre, j’avais la
vision de mon service. Avec ma
nouvelle fonction, au sein de
la direction du service de soins
infirmiers, j’ai une vue plus précise et juste du fonctionnement de l’hôpital et des différentes directions. Le cadre
Lien fonctionnel D.S.S.I. :
supérieur a un rôle essentiel au niveau de l’information
et de la communication, en vertical comme en transDominique Baugy, cadre sageversal. La gestion des ressources et l’accompagnement
femme supérieure, en poste
quotidien des cadres de santé et des équipes sont pour
depuis 8 ans. « Etre cadre supémoi essentiels, car c’est le gage ensuite de la qualité des
rieur permet de mieux comprendre
soins offerts aux patients. Je contila mécanique de l’établissement
nue à participer à l’évolution des
hospitalier dans son ensemble.
soins apportés par le CHT ».
Nous sommes le lien entre les
services de soins et les directions où se prennent les décisions.
Eliuti Gahetau, cadre supéNotre fonction implique d’être un bon communicant et de
rieure de santé depuis
faire preuve de diplomatie envers les personnels avec qui
2 mois : « J’insisterai sur l’actinous collaborons. Ce métier est très enrichissant sur un
vité de médiation par rapport
plan personnel car il vous oblige à avoir une grande ouverà l’équipe d’encadrement qui,
ture d’esprit. C’est indispensable lorsque vous travaillez
elle, a des attentes. Elle peravec des gens qui ont des parcours divers, donc une vision
met d’instaurer une confiance
différente de l’institution ».
R
INFOS GÉNÉ
ALES
L’Approche culturelle dans l’annonce du diagnostic en explorations
fonctionnelles de la vision (Résumé d'une intervention du Docteur MANCEL au congrès d'OPH).
Chaque culture propose un modèle d’interprétations
différentes des maladies dans lequel le patient agit et
construit son expérience. L’approche interculturelle de
la maladie peut aider les équipes médicales à comprendre les problèmes des patients en les restituant dans leur
contexte culturel, transmettre aux patients les logiques des médecins, afin d’éviter les malentendus qui nuisent à la prise en charge médicale, diminuer la souffrance des patients,
améliorer le plus possible l’observance
d’un plan de suivi et de traitement.
Nous rapportons ici le
cas d’une prise en
charge interculturelle de l’annonce d’une
cécité chez un
petit enfant
dans un contexte
polypathologique
en consultation d’explorations fonctionnelles de
la vision. Cette observation illustre
les différentes possibilités dans l’approche interculturelle
de la maladie, qui peut avoir trois niveaux d’approfondissement. Le premier niveau est celui de l’apprentissage
par le médecin des données ethnologiques qui régissent
la santé et la maladie dans la culture de son patient, en
particulier pour la nosologie des maladies qui est
souvent très différente de la nosologie occidentale. Le deuxième niveau est celui
de l’intégration des données culturelles
dans l’organisation ou le déroulé de
la consultation. Le troisième
niveau est celui de la
médiation culturelle
de la maladie.
Cette dimension
interculturelle
dans la pratique
de soin, démar- 17
che qualité de la
relation médecin
- malade, améliore
le confort du patient et
du médecin, et l’efficacité
des messages de prévention.
E
3 NIVEAUX D’APPROCH (extraits)
1
Le premier niveau est celui de l’apprentissage par le médecin des données ethnologiques qui régissent la santé et la maladie dans la culture de son patient, en particulier pour la nosologie des maladies
qui est souvent très différente de la nosologie occidentale enseignée dans les universités. C’est ce qui
est fait en Nouvelle-Calédonie lors de formations sur l’approche culturelle de la maladie dans le monde
kanak ou dans la société wallisienne.
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Le deuxième niveau est celui de l’intégration des données culturelles dans l’organisation et/ou
le déroulé de la consultation. C’est ce qui a été fait depuis plusieurs dizaines d’années au Centre
Georges Devereux en région parisienne, où Tobie Nathan a développé l’ethnopsychiatrie, travail qui est
continué actuellement par des psychiatres comme le Docteur Marie Rose Moro.
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Le troisième niveau est celui de la médiation culturelle de la maladie. Ce dispositif s’applique
aux situations de crise, par exemple l’annonce d’un handicap visuel sévère ou la prise en charge d’une
complication après rupture thérapeutique, etc… Ce dispositif clinique est lourd puisqu’il faut réunir
en plus du patient et du médecin traitant, un traducteur/médiateur de la culture du patient, voire
un médecin animateur de la médiation et que sa réalisation nécessite plusieurs heures de consultation
d’affilée qui peuvent éventuellement être renouvelées. C’est un mode de prise en charge qui a été
par exemple développé dans le centre de prise en charge de la douleur à la fondation ophtalmologique
Rothschild à Paris par le Docteur Margot-Duclot.
Docteur MANCEL, chef de service Ophtalmologie
Centre Hospitalier Territorial - Nouméa