le crocodile de la mort

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le crocodile de la mort
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LE CROCODILE DE LA MORT
DEATH TRAP
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Titre original : DEATH TRAP
Autre titre : CROCODILE DE LA MORT, LE / FAUX SANGLANTE, LA / EATEN ALIVE / LEGEND OF
THE BAYOU, THE / STARLIGHT SLAUGHTER / HORROR HOTEL MASSACRE
Année : 1976
Nationalité : Etats-Unis
Acteurs : Neville Brand, Mel Ferrer, Carolyn Jones, Marilyn Burns, William Finley, Stuart Whitman, Robert
Englund & Janus Blythe
Réalisateur : Tobe Hooper
Scénario : Kim Henkel, Alvin L. Fast & Mardi Rustam
Musique : Wayne Bell & Tobe Hooper
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Réalisant que le boulot de prostituée n´est pas fait pour elle,
une jeune femme s´enfuit d´un bordel pour échouer au Starlight
Hôtel où Judd vit seul avec un dangereux crocodile…
MASSACRE A LA TRONCONNEUSE marche fort lors de
sa sortie dans les salles de cinéma aux Etats-Unis mais en
raison d´un imbroglio financier, l´argent n´ira pas vraiment à
ses géniteurs. Dans le même temps, l´industrie
cinématographique n´ouvre pas non plus grand les bras à Tobe
Hooper. William Friedkin ayant apprécié MASSACRE A LA
TRONCONNEUSE, il est question de travailler en commun
pour un DEAD AND ALIVE écrit par L.M Kit Carson. Le
projet n´ira pas bien loin mais Tobe Hooper retrouvera tout de
même
le
scénariste
pour
MASSACRE
A
LA
TRONCONNEUSE 2 une dizaine d´années plus tard…
Pendant ce temps, un petit producteur de films, Mardi Rustam
(PSYCHIC KILLER…) a l´idée avec Alvin Fast de financer un
métrage horrifique mettant en scène un gérant d´hôtel timbré
qui serait inspiré par Joe Ball. Ce dernier était un ancien
militaire ayant servi avec les honneurs pendant la Première
Guerre Mondiale et qui tenait un bar où il donnait ses épouses
ainsi que ses serveuses comme repas à ses alligators. Pour
mettre en image le carnage, ils se tournent forcément vers celui
qui a mis en image un massacre ayant secoué le Box Office.
Partant d´un concept établi, Tobe Hooper amène avec lui
Kim Henkel histoire d´adapter la chose sous la forme d´un
scénario à même d´être tourné. Les moyens mis en oeuvre sont
bien plus importants que ceux du long métrage précédent de
Tobe Hooper et le tournage se fera en studio avec la
participation d´acteurs renommés ou au moins reconnus dont
Mel Ferrer, Stuart Whitman, William Finley, Carolyn Jones ou
encore Neville Brand. Aux côtés de ces acteurs, on peut aussi
reconnaître Robert Englund ou encore Janus Blythe dans leurs
premiers vrais rôles importants. De plus, Marilyn Burns
viendra une nouvelle fois jouer les victimes terrorisées, rôle
qu´elle
hurlait
déjà
dans
MASSACRE
A
LA
TRONCONNEUSE.
Tout aurait donc du se dérouler pour le mieux mais, au
milieu du tournage, Tobe Hooper se brouille irrémédiablement
avec la production pour cause de différents artistiques et le
cinéaste décide de quitter le film. Le tournage et le montage se
termineront donc sans lui sous le contrôle de Mardi Rustam.
De gros problèmes de production, le réalisateur en rencontrera
d´autres dans la suite de sa carrière. Juste après LE
CROCODILE DE LA MORT, il travaille sur THE DARK
mais, une nouvelle fois en désaccord avec un producteur, il
quitte le navire après quelques jours de tournage.
Heureusement pour Tobe Hooper, on lui confie ensuite la mise
en scène de la mini-série télévisée LES VAMPIRES DE
SALEM dont le tournage se déroulera cette fois sous de
meilleurs auspices !
LE CROCODILE DE LA MORT peut difficilement être
appréhendé comme une oeuvre complète de Tobe Hooper dans
le sens où il n´a pas assumé la création du film dans son
intégralité. A partir de là, il serait vain d´essayer d´analyser le
film puisqu'il n´est pas vraiment possible de savoir avec
exactitude ce qui a été tourné par Tobe Hooper et ce qui a été
filmé par Mardi Rustam ou d´autres intervenants anonymes. Il
en va de même pour le montage. Il n´est donc pas tellement
surprenant à la vision du film d´avoir l´impression de découvrir
plusieurs styles qui ne réussissent pas à cohabiter correctement.
Certains passages sont d´une platitude désespérante alors que
d´autres scènes sont pourvues d´une grande intensité. Il en
résulte un film bancal !
Dans les éléments qui sont sans aucun doute le fruit de Tobe
Hooper, il y a bien évidemment la mise en place du décor. A
savoir celui de l´hôtel, grande bâtisse en pleine décrépitude et
abandonnée au milieu de nulle part. Crasseux et poisseux,
l´endroit ne peut accueillir que des invités désespérés. Cette
installation forte d´un décor inquiétant, Tobe Hooper s´en
servait déjà dans MASSACRE A LA TRONCONNEUSE et
l'utilisera de nouveau par la suite comme pour la bâtisse des
VAMPIRES DE SALEM. Dans le voisinage, en tout cas,
personne ne se douterait que ce bon vieux Judd, ancien héros
de guerre, puisse dissimuler un tueur psychotique. Ce trait de
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caractère ramène évidemment le souvenir d´Ed Gein qui
inspira en partie MASSACRE A LA TRONCONNEUSE mais
aussi le PSYCHOSE d´Hitchcock. D´ailleurs, LE
CROCODILE DE LA MORT et PSYCHOSE ont pas mal de
points communs que ce soit dans la structure du récit ou encore
par cet établissement hôtelier tenu par un homme solitaire qui a
manifestement un problème avec le sexe. Un trait de caractère
qui est d´ailleurs certainement la grande différence avec
MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, premier du nom, qui
ne donnait jamais une motivation sexuelle à ses tueurs. Un sexe
très présent et qui, ce qui est paradoxal, serait la raison pour
laquelle Tobe Hooper aurait quitté le film. D'après la rumeur,
le producteur aurait aimé que son métrage soit encore plus
explicite à ce sujet d'où l'adjonction de nudité gratuite non
voulue par le réalisateur.
primaires exagérées. Avec son petit prix, le DVD édité par
Wild Side invite à la découverte de cet hôtel délabré et de son
gérant (l´excellent Neville Brand) !
Christophe "Arioch" Lemonnier
Tourné sous le titre DEATH TRAP, le film se plantera dans
les salles américaines mais il ressortira à plusieurs reprises en
changeant de titres histoire de noyer le poisson et d´essayer de
récupérer l´argent dépensé. Ainsi, il devient EATEN ALIVE,
LEGEND OF THE BAYOU ou encore STARLIGHT
SLAUGHTER. En France, cela paraît moins compliqué
puisqu´il ne sera distribué que sous l´unique titre LE
CROCODILE DE LA MORT. Présenté au Festival du Film
Fantastique de Paris en 1978, il y remportera un prix
d´interprétation masculine mérité pour Neville Brand ainsi que
le Grand Prix qui, pour le coup, semble un peu exagéré
aujourd´hui surtout face à d´autres films en compétition et qui
ont mieux supporté l´épreuve du temps (SHOCK de Mario
Bava par exemple). Depuis, Tarantino a rendu hommage au
film, à sa façon, dans l´une des scènes du premier KILL BILL
en reprenant une ligne de dialogue du personnage de Buck
(Robert Englund).
Wild Side sort directement LE CROCODILE DE LA MORT
dans sa collection «Pocket» où généralement on retrouve des
titres sortis auparavant sous la forme d´édition plus onéreuse.
Plutôt une bonne nouvelle puisqu´il est donc possible de faire
l´acquisition du film directement à petit prix. La somme à
débourser est peu élevée mais le boulot a tout de même été bien
fait sur le disque avec un transfert 16/9 de bonne facture. On
notera seulement quelques petits soucis de compression ou un
étrange mouvement saccadé (à 1'07'14) qui est probablement
un souci sur la copie d´origine plutôt qu'un défaut du DVD.
Les deux pistes sonores sont en mono avec d´un côté la version
originale anglaise sous-titrée et de l´autre un doublage français.
Ils assurent leur fonction sans appeler plus de commentaire.
En guise de suppléments, Wild Side propose une bandeannonce ainsi que deux interventions de Jean Baptiste Thoret.
Dans la première, il trace le portrait du film comme étant un
hommage de la part de son réalisateur au cinéma des années 50
et une tentative d´exploiter le succès des DENTS DE LA MER.
Il analyse aussi le film comme s´il s´agissait d´une oeuvre
aboutie de son auteur. Sa deuxième intervention est une sorte
de commentaire audio sur quelques extraits du film. Dans ses
deux suppléments, certaines des analyses sont plutôt
pertinentes alors que d´autres semblent un peu tirées par les
cheveux. Cela est surtout du au fait que, comme nous l´avons
vu, Tobe Hooper a quitté le film avant la fin du tournage et
n´en a pas non plus assumé le montage final (ce qui n'est pas
dit dans les suppléments du DVD).
Loin d´être une grande réussite, LE CROCODILE DE LA
MORT contient tout de même quelques passages qui nous
ramènent droit à l´hystérie du premier MASSACRE A LA
TRONCONNEUSE avec cette fois des meurtres grand guignol,
donc bien plus sanguinolents et baignés dans des couleurs
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