Tribune Admi
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TRIBUNE Bureau de dépôt CHARLEROI X Admi P402047 ALR-PARA-BRU MENSUEL - 64e ANNEE - N° 1 - 28 JANVIER 2008 En cas de non distribution, prière de bien vouloir renvoyer à l’adresse ci-dessus. Editeur responsable : F. WEGIMONT Place Fontainas 9/11 - 1000 Bruxelles Membre de l'Union des Editeurs de la Presse Périodique BelgiqueBelgïe PP-PB B386 La e aussi! p i c i t par Page 3 : Page 5 : Page 7 : 196 jours pour accoucher… d'un gouvernement intérimaire ! D'un claquement de doigts Ultime atome CONGRÈS STATUTAIRES 2008 : APPELS AUX CANDIDATURES RÉGIONALE DE MONS-BORINAGE RÉGIONALE DE CHARLEROI samedi 10 mai 2008 samedi 19 avril 2008 La régionale de Mons-Borinage tiendra son congrès statutaire le samedi 10 mai 2008 à 9h, au siège de la régionale, rue Lamir, 18/20 à 7000 Mons. Le congrès statutaire régional intersectoriel de Charleroi se tiendra le samedi 19 avril 2008. Conformément aux dispositions statutaires, il est fait appel aux candidat(e)s pour le mandat de secrétaire régional(e) intersectoriel(le), poste occupé par le Camarade Daniel LECOCQ, sortant et rééligible. Pour être valables, les candidatures doivent répondre aux conditions suivantes : Le (la) candidat(e) doit : • avoir au moins 10 ans d’affiliation ; • être militant(e) depuis 5 ans au moins dans la régionale CGSP ; • ne pas cumuler mandat politique et mandat syndical ; • être présenté(e) par son secteur régional ; • signer le modèle A et son annexe (règlement comptable). Les candidatures sont à envoyer, par écrit, au président de la régionale, le Camarade Serge BROGNIEZ, rue Lamir, 18/20 à 7000 Mons, pour le 21 mars 2008 au plus tard (date de la poste faisant foi). RÉGIONALE INTERSECTORIELLE de Huy et secteur Enseignement La régionale intersectorielle de Huy et le secteur Enseignement organiseront le mardi 12 février 2008 à 17h, dans leurs locaux,une réception à l’occasion du départ à la retraite du Camarade Jean Beulen, secrétaire du secteur. Invitation cordiale à tous avec inscription obligatoire au : 085 824 555 (avant le 7 février) Fêtez la Saint Valentin à Borzée! Week-end des 15, 16 et 17 février www.borzee.be ré[email protected] Tél. 084 411 787 GENERALE 2 Il procèdera à l’élection de : • Un secrétaire régional intersectoriel. Mandat occupé actuellement par Alain SEMAL, sortant et rééligible. • Trois vérificateurs aux comptes. Mandats occupés actuellement par : – Marie-Jeanne DEBUS (secteur Poste), sortante et rééligible. – Léon VANDEN BERGE(secteur Admi), sortant et rééligible. – André FRANCART(secteur Cheminots), sortant et rééligible. Pour être recevables, les candidatures éventuelles à ces mandats doivent, conformément au ROI régional, être présentées par un secteur professionnel. La présente insertion tient lieu d’appel à candidatures. Les candidatures sont à transmettre par écrit au Camarade Alain LAFORET, président régional CGSP - rue de Montigny, 42 - 6000 CHARLEROI pour le vendredi 14 mars 2008 à 12h. RÉGIONALE DU CENTRE samedi 17 mai 2008 Le congrès statutaire régional intersectoriel du samedi 17 mai 2008 devra procéder au renouvellement des mandats suivants : • Un(e) secrétaire régional(e) intersectoriel(le) : Le Camarade Willy SISANI est sortant et rééligible. • Trois vérificateur(trice)s aux comptes : Les Camarades Willy IMBERT, Claude PERNET et Fabien PROCUREUR sont sortants et rééligibles. Les candidatures doivent être introduites par le secteur professionnel qui ne peut présenter qu’une seule candidature par poste à pourvoir. Un(e) candidat(e) ne peut se présenter qu’à un seul mandat. Conditions à remplir : 1) Les candidat(e)s au mandat de secrétaire régional(e) intersectoriel(le) doivent signer le formulaire“modèle A” prévu par l’article 49 bis-1 des statuts de la CGSP. Les candidat(e)s aux mandats de vérificateur(trice)s doivent signer le formulaire “modèle B”prévu par l’article 49 bis-1 des statuts de la CGSP. 2) Être affilié(e) à la CGSP/Centre et en règle de cotisations à la Centrale depuis trois ans au moins. 3) Être militant(e). La qualité de militant(e) est déterminée par le secteur professionnel. Les candidatures doivent parvenir au secrétariat général intersectoriel pour le vendredi 29 février 2008 à midi au plus tard. Passé ce délai, plus aucune candidature ne sera prise en compte. RÉGIONALE DU LUXEMBOURG samedi 31 mai 2008 Le congrès statutaire de la régionale intersectorielle de la CGSP Luxembourg se tiendra le samedi 31 mai 2008 au siège de la régionale,80 rue des Martyrs à 6700 ARLON. Il devra se prononcer sur les candidatures suivantes : • Un secrétaire régional intersectoriel en remplacement de Francis STEIFER sortant au 30 avril 2009. • Deux vérificateurs aux comptes. Les candidatures doivent être transmises par écrit pour le samedi 3 mars au président régional, Pol LOVINFOSSE, au siège de la régionale. Pour être valables, les candidatures doivent répondre aux conditions suivantes : • Être présentées par un secteur régional. • Répondre aux conditions d’éligibilité telles que définies par l’article 23 du règlement d’ordre intérieur, y compris l’article 49 bis des statuts de la CGSP fédérale. Après vérification de l’éligibilité des candidatures, les secteurs devront se prononcer sur leur parrainage pour le vendredi 30 mars. Editeur responsable : Francis WEGIMONT - Place Fontainas, 9/11 - 1000 BRUXELLES - tél. 02/508.58.11 Du jamais vu! Il aura fallu 196 jours pour accoucher... d’un gouvernement intérimaire! A près 6 mois de négociations, discussions, tergiversations et autres démissions, les “vainqueurs” des dernières élections n’ont jamais réussi à se mettre d’accord. On a donc appelé les “vaincus” à la rescousse pour former un gouvernement... intérimaire. Mais le terrain est miné! Il ne suffit pas de gagner les élections pour être un homme d’Etat. Demandez à Yves Leterme s’il veut être le premier ministre de tous les Belges, il répond “oui”sans hésiter, la bouche en cœur. Mais pendant 6 mois,“Monsieur 800000 voix” n’a fait que démontrer le contraire! On l’a vu irrité face à la résistance francophone (ou devrait-on dire démocrate humaniste?), excédé de ne pouvoir imposer ses priorités flamingantes,boudeur face aux médias...Bref, incapable de se mettre au-dessus de la mêlée,de rassembler les troupes autour d’un même projet fédérateur pour le pays. Pour sortir de l’impasse La solution viendra finalement de là où on ne l’attendait pas vraiment : des libéraux flamands. Bien que ne figurant pas parmi les “vainqueurs” du 10 juin, l’Open VLD a su surfer sur la vague des bons résultats du MR. Il a su aussi garder une position suffisamment radicale en Flandre pour ne pas trop se démarquer du CD&V, tout en restant assez réservé que pour ne pas mettre en péril la formation de “l’orange bleue”. Un bel exercice d’équilibriste, qui a fini par être payant... Après avoir à peu près tout essayé, du formateur à l’explorateur, en passant par le démineur,le roi lui-même ne savait plus trop où donner de la tête. Il finit donc par appeler Guy Verhofstadt à la rescousse. Le premier sortant a su se faire discret pendant ces 6 mois, renvoyant une image de“Flamand modéré” dans l’opinion publique francophone. Et voilà Baby Thatcher chargé de mettre sur pied un gouvernement intérimaire! Et puisqu’on n’y arrive pas avec les “vainqueurs”, invitons les “vaincus” à s’asseoir à la table des négociations. Et voilà les socialistes du nord et du sud remis en selle ! Le SPa, en cartel difficile avec Spirit, reste doublement prudent. Il refuse de participer à un gouvernement qui s’annonce néfaste pour les travailleurs, mais assure la future majorité de son soutien dans le dossier communautaire. Une manière de ménager sa base électorale traditionnelle sans mécontenter une éventuelle branche nationaliste. Le PS, lui, choisit un langage policé et joue le politiquement correct. Ce sera donc le SPa dehors, le PS dedans.Verhofstadt ose une formule inédite avec un gouvernement asymétrique : une orange bleue au nord, une tripartite traditionnelle au sud. Et exit les verts du nord comme du sud. Un gouvernement sous le sapin... Mais est-ce vraiment un cadeau ? L’une des missions principales de ce gouvernement intérimaire est de préparer le terrain d’une future -et désormais inéluctable, même si non demandée au sud du paysréforme de l’Etat. Et qui retrouve-t-on à la tête du groupe de travail chargé de cette délicate mission? Yves Leterme, bien-sûr! Le même Yves Leterme qui n’a pas pu (voulu?) tempérer les revendications les plus radicales de son partenaire nationaliste, la NVA. Le même Yves Leterme qui déclarait, il n’y a pas si longtemps, que “les francophones n’ont pas la capacité intellectuelle d’apprendre le néerlandais”. Le même Yves Leterme encore qui s’amuse d’une comparaison entre la RTBF et Radio 1000 collines. Difficile de croire qu’il ne s’agit-là que de dérapages, de“petites erreurs”et non d’une volonté d’imposer le point de vue nationaliste flamand.A moins que les francophones n’aient, une fois de plus, mal compris? Sur la photo de famille, la nouvelle équipe gouvernementale affiche le sourire, mais ce ne sera pas si simple! Même le “modéré” Verhofstadt a tout de suite jeté un pavé dans la mare avec une note personnelle sur l’avenir du pays beaucoup trop flamande aux yeux des francophones, et pourtant encore trop timorée aux yeux de nos voisins du nord. Même entre francophones... Difficile aussi pour Didier Reynders (en supposant qu’il le souhaite) de se résigner à refaire “ami-ami” avec le PS. Le PS qui pourtant, en l’absence d’Ecolo, apparaît avant tout comme le dépanneur de l’orange bleue. Il en résulte que le PS fait son entrée dans une coalition majoritairement de droite, qui pendant les 6 mois de négociations stériles sur le plan communautaire, a déjà posé des choix économiques et sociaux néfastes pour les travailleurs. Et Reynders martèle dans tous les médias qu’il ne lâchera rien des préaccords engrangés. Cette majorité de droite a besoin du PS pour s’atteler avant tout à satisfaire des revendications régionalistes flamandes, elles-mêmes dangereuses pour le monde du travail puisqu’elles s’attaquent à l’unité de notre sécurité sociale. Que fait le PS dans cette galère? Qu’est-ce qui peut motiver des élus des travailleurs à entrer dans un projet de société libérale? En tout cas, le PS joue gros car son électorat ne le soutiendra pas s’il n’a pas la force d’infléchir de manière significative les orientations économiques et sociales déjà prises. Le PS ne pourra plus dire alors, comme il en a pris l’habitude pour excuser sa contribution à des politiques antisociales, “sans nous, ce serait pire”, puisque dans le cas de figure actuel,ce serait pire“grâce”à eux! Et les élections régionales et européennes approchent à grands pas! Même si les perspectives politiques ne sont guère réjouissantes pour 2008, nous formulons le souhait que cette nouvelle année vous apporte le meilleur sur le plan personnel. Alain LAMBERT Vice-Président JANVIER 200 8 3 GENERALE Les services publics améliorent nos vies... et notre monde1 L’histoire a montré que la coopération a souvent été plus fructueuse et plus fiable que les efforts individuels. Toutes les grandes civilisations doivent leur succès aux actions collectives menées par les hommes et les femmes. A l’origine, les premiers services publics étaient des institutions qui veillaient à l’ordre public et à la sécurité, et dont l’objectif était avant tout de soutenir le pouvoir des élites dirigeantes. Les services destinés à améliorer la vie des gens ordinaires constituaient davantage l’exception que la règle. C’est la mise en place de sociétés modernes, plus démocratiques, qui a donné naissance à des services axés sur le bien public. La croissance rapide des communautés urbaines a fait évoluer bon nombre de ces services. Et lorsque les communautés urbaines sont devenues de grandes villes, les systèmes d’approvisionnement en eau, d’évacuation des eaux usées et de traitement des déchets, qui étaient gérés par le secteur privé, se sont révélés inadaptés, tout comme les sociétés privées de services énergétiques et de transports. C’est à ce moment-là, à la fin du XIXe siècle, que les nouveaux systèmes publics ont connu une extraordinaire expansion. A quoi ont servi les dépenses publiques ? Les dépenses publiques consacrées aux hôpitaux et aux systèmes de santé ont permis d’améliorer considérablement la santé publique, notamment de faire baisser la mortalité infantile et d’allonger l’espérance de vie. La gestion publique d’approvisionnement en eau et de traitement des déchets a joué un rôle primordial dans la prévention des maladies et des épidémies. Dans le monde industrialisé, un meilleur accès à l’éducation a donné lieu à une véritable “explosion de l’éducation”, et les services sociaux ont contribué à stabiliser les revenus des principales catégories de la population. Les infrastructures d’accueil d’enfants ont permis à de nombreuses femmes d’exercer des emplois rémunérés. Les services publics ont amélioré la vie des femmes de manière déterminante, et ainsi participé à l’égalité des genres. Et pour la première fois, des millions de personnes âgées bénéficiaient de retraites et GENERALE 4 JANVIER 2008 de services d’aide spécifiques. Les services énergétiques publics assuraient une fourniture d’énergie fiable et abordable. Dans les années 50 et 60, de nombreux pays ont connu une forte croissance économique. Tout le monde reconnaissait les bienfaits du plein-emploi, qui était défini comme un objectif politique, non seulement par les syndicats mais aussi par les gouvernements et l’industrie. Retournement de situation Dans les années 80, les premières protestations contre le rôle des services publics se sont élevées et ont jeté le doute sur l’efficacité du secteur public,pour plusieurs raisons. Avec le ralentissement de la croissance, la nouvelle conception monétariste du secteur public a commencé à considérer le public comme indésirable par nature et inefficace sur le plan économique. Les syndicats, l’Etat et les services publics étaient représentés comme obsolètes. Par la suite, les services publics et les dépenses publiques ont été largement réduits. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont été les premiers à imposer la privatisation des services publics. Ronald Reagan et Margaret Thatcher leur ont emboîté le pas. Les services publics ont été cédés en masse au secteur privé, les syndicats ont été décimés et, avec eux, des millions d’emplois syndiqués. La privatisation n’a pas amélioré la situation Nous disposons aujourd’hui d’une grande expérience historique de la privatisation, qui fait apparaître une considérable différence entre le concept théorique de l’économie de marché et la réalité à laquelle les gens sont confrontés. En règle générale, la privatisation n’a pas permis d’améliorer la qualité des services de santé ; elle les a même rendus plus chers et moins accessibles pour de nombreux individus. Parallèlement à la réduction d’autres services publics et sociaux, les femmes ont été écartées du marché du travail et encouragées à reprendre leur rôle traditionnel de femmes au foyer et de travailleuses sociales. En ce qui concerne les personnes âgées, la privatisation a fait courir aux systèmes de retraite les énormes risques des marchés boursiers, ce qui a coûté très cher aux gouvernements et aux assurés. A chaque fois que les systèmes d’approvisionnement d’eau ont été privatisés, les consommateurs ont été perdants ; la privatisation des services énergétiques n’a toujours pas profité au grand public. A mesure que la qualité des services privatisés décline, les coûts et les charges augmentent. Ces services ne couvrent plus la totalité du territoire d’un Etat. Les travailleurs perdent des avantages matériels et les conditions de travail se dégradent. Et l’avenir ? Cette “guerre contre le gouvernement”, menée au nom de l’idéologie néolibérale, a notamment provoqué la détérioration des conditions de vie de nombreuses personnes et l’aggravation de toutes sortes de problèmes au niveau mondial. La généreuse promesse de richesse pour tous, annoncée par le néolibéralisme, n’a pas été tenue.Aujourd’hui, plus d’un milliard d’individus vivent dans une extrême pauvreté et un quart de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable. Plus de 800 millions de personnes sont au chômage ou sous-employées et le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser. Les conséquences sont multiples : agitation civile, soulèvements politiques, racisme, criminalité, guerre et terrorisme. La solidarité et la coopération à l’échelle mondiale sont essentielles à la survie des communautés humaines. Il est encore très difficile, partout dans le monde, mais surtout dans les pays en développement et pour les syndicats, d’assurer l’accès universel aux services publics. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les services publics seront encore plus indispensables à l’avenir, comme par exemple l’augmentation de la population mondiale, le manque croissant d’emplois, le danger d’un appauvrissement encore plus grand dans de nombreuses régions et la persistance de l’exploitation irresponsable des ressources naturelles. Les services publics sont nécessaires pour protéger de manière adaptée la santé des individus, pour offrir des emplois et garantir des revenus suffisants et un bien-être général. 1 Cet article provient de la revue FOCUS sur les services publics n° 3-4/2007 de l’Internationale des Services Publics. D’un claquement de doigts Vous éclairez toute une ville. C’est devenu tellement enfantin qu’on ne réfléchit plus à la chaîne de production. Et pourtant, derrière chaque kilowatt d’électricité, il y a des centrales nucléaires surtout, mais aussi des éoliennes, des centrales hydrauliques ou des centrales à turbine gaz/vapeur. Le gouvernement a décidé de fermer les centrales nucléaires pour 2025. Du coup, Electrabel voudrait répercuter le coût du démantèlement sur le consommateur. Or, le consommateur a déjà payé le démantèlement. Il est hors de question qu’il paie une seconde fois. Tout comme il est impensable de fermer les centrales d’un simple claquement de doigts sans penser au futur. L a FGTB fait pour l’instant campagne sur le sujet. Nous ne pouvons que nous joindre à elle. Il est évident que, écologiquement, les centrales nucléaires ne sont plus la meilleure solution pour produire de l’électricité. Mais avant de les fermer, il faut réfléchir à d’autres manières de produire de l’énergie. Il faut qu’au moment où les dernières centrales fermeront, tout soit prêt pour prendre le relais. Or, rien n’est prévu. On est encore et toujours dans le flou en ce qui concerne l’alternative aux centrales. Il faut aussi que le personnel soit reclassé et, là non plus, rien n’est prévu. C’est pourtant un personnel très performant. Partout en Europe, on reconnaît le “savoir-faire” belge en la matière. On ne ferme pas les centrales d’un claquement de doigts. Il faut avant tout trouver des solutions de rechange et, surtout, les concrétiser. Il existe une multitude d’options pour arriver à cette fin. Le meilleur exemple est celui de l’Espagne qui, en Castille, a créé des milliers d’emplois en installant un pôle éolien. Des centaines d’éoliennes qui produisent une telle énergie que des entreprises délocalisent pour s’installer dans la région et bénéficier de cette énergie verte. C’est pourquoi nous demandons qu’avant de fermer ces centrales, on étudie un peu mieux la question. Il faut des critères objectifs aussi pour répondre à ces trois questions : Où, quand et comment? Il est évidemment hors de question que le consommateur paie une fois de plus ce démantèlement. Les prix de l’énergie n’ont jamais été aussi hauts, Electrabel envisage aussi de répercuter sur le consommateur le plan climat européen et la facture CO 2 . N’est-ce pas assez? Electrabel engrange de plantureux bénéfices alors que les clients peinent de plus en plus à payer leur facture. C’est pourquoi Electrabel doit prendre ses responsabilités et demander clairement un moratoire sur cette fin annoncée des centrales. Ce n’est pas par un claquement de doigts que tout changera. Francis WEGIMONT Secrétaire général IRW/CGSP JANVIER 200 8 5 GENERALE GENERALE INDEXATION DES ALLOCATIONS FAMILIALES Comme on s’y attendait, l’indice-pivot -fixé à 106,22- a été dépassé en décembre 2007, entraînant une indexation automatique des salaires en février et des allocations sociales de 2% en janvier 2008. Ce mécanisme permet l’ajustement des revenus des travailleurs en réponse à l’augmentation des prix à la consommation calculée sur base de différents types d’indices. Nouveaux montants en janvier 2008 (RI, allocation de handicap, chèques ALE, complément d’ancienneté chômeur âgé, pension extralégale, etc.) entrent en ligne de compte. Allocation de naissance 1 naissance 2e naissance et suivantes jumeaux, triplés,... (par enfant) prime d’adoption ère 1086,11 € 817,17 € 1086,11 € 1086,11 € S’il s’agit du premier enfant de l’un des parents d’un ménage recomposé, le montant pour une première naissance est accordé. pour enfants de chômeurs et de pensionnés 1er enfant 120,98 € (allocation de base + 40,81 €) 2e enfant 173,64 € (allocation de base + 25,30 €) 3e enfant et suivants 225,91 € (allocation de base + 4,44 €) Supplément pour familles monoparentales allocations familiales de base Allocations familiales ordinaires 1er enfant 2e enfant 3e enfant et suivants allocation unique de rentrée scolaire 12 -17 ans 80,17 € 148,34 € 221,47 € 72,83 € ATTENTION : l’octroi des allocations familiales est limité à l’âge de 25 ans. Allocations majorées Les chômeurs complets indemnisés ou à temps partiel avec maintien des droits ainsi que les prépensionnés ont droit après 6 mois à des allocations familiales majorées si les revenus du ménage ne dépassent pas un certain plafond : Isolé avec enfants : 1774,98 € brut par mois. Ménage avec un seul revenu : 2048,60 € brut par mois. Ménage avec deux revenus (du travail ou allocation sociale) : le total des revenus des deux partenaires ne peut pas dépasser 2048,60 € brut par mois. Attention : les revenus pris en compte ne souffrent quasiment plus d’exception. Seules les allocations familiales, l’allocation forfaitaire pour l’aide d’une tierce personne, les indemnités de frais payées aux gardien(ne)s d’enfants par l’ONE et les pensions alimentaires ne sont pas prises en compte pour le calcul des revenus. Tous les autres revenus GENERALE 6 JANVIER 2008 pour enfants de travailleurs malades et invalides 1er enfant 167,98 € (allocation de base + 87,81 €) 2e enfant 173,64 € (allocation de base + 25,30 €) 3e enfant et suivants 225,91 € (allocation de base + 4,44 €) 1er enfant 2e enfant 3e enfant et + 80,17 € 148,34 € 221,47 € supplément supplément famille famille monoparentale monoparentale chômeurs + 6 mois pensionnés 20,40 € 40,81 € 20,40 € 25,30 € 20,40 € 4,44 € Apprentis - enseignement en alternance Le montant perçu au-delà duquel l’apprenti ou l’étudiant en alternance (école + travail) cesse de toucher des allocations familiales est de 461,83 € brut par mois. Jobs étudiants L’étudiant continue à bénéficier du droit aux allocations familiales s’il travaille à condition de ne pas dépasser un certain nombre d’heures. Allocations d’orphelins : 307,97 € (par enfant orphelin). Notons que si le parent survivant se remarie ou se met en ménage, l’allocation majorée est supprimée. Allocations supplémentaires pour enfants handicapés (-21 ans) dépendance par enfant handicapé 3 points 360,66 € 4, 5, 6 points 394,79 € plus de 6 points 422,03 € supplément famille monoparentale malades + 6 mois invalides 87,81 € 25,30 € 4,44 € Remarque : Le jeune qui a terminé ses études et s’est inscrit comme demandeur d’emploi continue à bénéficier des allocations familiales pendant le stage d’attente. Il peut également travailler comme étudiant pendant les vacances d’été (sans limite de rémunération) ou comme salarié ou indépendant à condition et que la rémunération ne dépasse pas 463,83 € brut par mois. Enfants nés après le 1er janvier 1996 Un nouveau système, qui tient compte des répercussions du handicap sur la famille mais n’exige plus une invalidité à 66%, est entré en vigueur pour les enfants nés après le 1er janvier 1996. Il prévoit 7 suppléments, selon le type et l’importance du handicap et ses conséquences sur l’entourage : ▼ 4 à 6 points 6 à 8 points 9 à 11 points dont - de 4 de handicap physique ou mental 6 à 14 points dont + de 4 de handicap physique ou mental 15 à 17 points 18 à 20 points + 20 points Plus de précisions sur le site www.onafts.fgov.be 70,30 € 93,63 € 218,49 € 360,66 € 410,10 € 439,39 € 468,68 € A la centrale nucléaire de Tihange, le stress on ne le connaît que trop bien. Les compétences des travailleurs d’Electrabel sont heureusement à la hauteur de la sécurité requise dans une telle entreprise à hauts risques. Toutefois, au-delà de cet environnement de travail à lui seul particulièrement stressant, le groupe Suez, propriétaire des lieux, a mis en place des structures de gestion visant à rentabiliser encore davantage son précieux outil. Et chacun sait que profit à tout prix et sécurité ne font pas bon ménage. C’est un enjeu important des prochaines élections sociales pour la délégation de notre secteur Gazelco. Ultime atome de sous-traitants, chacun étant en concurrence avec l’autre pour faire toujours plus vite et toujours moins cher. C’est comme cela que ceux qui génèrent les risques ne doivent plus en assumer les conséquences en cas d’accident de travail ou de maladie professionnelle. L e site de Tihange occupe 850 personnes. Pourtant, chaque jour, ce sont plus de 2000 travailleurs qui s’affairent autour des trois réacteurs nucléaires. Difficile de mettre un nom sur un visage, ce sont tous des sous-traitants... Si les contraintes de sécurité sont les mêmes pour tous, l’information délivrée aux “externes” varie en revanche selon l’employeur... Dans la restructuration permanente, où chaque jour les organigrammes changent, où les lignes de responsabilité fluctuent, Suez, malgré ses plantureux bénéfices, a licencié du personnel, déforcé ses équipes de maintenance, supprimé des équipes de pause, réduit ses effectifs de radioprotection et de chimie. Le stress n’a pas disparu, il est maintenant sur la tête de ces travailleurs sous-traitants, souvent intérimaires, souvent peu qualifiés, rarement bien informés, toujours à la merci de petits contrats. La responsabilité des travaux de maintenance est diluée dans le flou de lignes hiérarchiques erratiques et au sein d’une multitude Jean-Marie Woit, responsable de la délégation CGSP du CPPT, connaît bien le mécanisme. La délégation s’est battue pour que les travailleurs externes aient des vestiaires et des réfectoires dignes de ce nom.Surtout, il veille au respect de la loi sur le bien-être des travailleurs souvent détournée par le recours à la soustraitance en cascade.C’est ainsi qu’il est particulièrement attentif à ce que les travailleurs de la maintenance des réacteurs portent leur dosimètre et ne subissent pas plus de radiations que les limites tolérées. Des exemples en France ont montré combien des employeurs peu scrupuleux obligent leurs ouvriers à “oublier” leur dosimètre au vestiaire ou carrément les licencient si le quota d’irradiation est atteint et pire, s’ils refusent de travailler sans protection en zone contaminée. pas de jouer sur les plates-bandes d’autres centrales syndicales mais d’assurer le contrôle sécuritaire global sur toute la ligne de production. Cette cohérence essentielle à la sécurité bute sur la rentabilité des employeurs mais est d’autant plus compréhensible que toutes les entreprises sous-traitantes de Tihange sont elles-mêmes des filiales du groupe Suez. Finalement, tout le monde a le même patron mais les représentants des travailleurs sont cloisonnés dans des commissions paritaires distinctes. Des entreprises en réseau au syndicalisme de réseau La fatalité n’existe pas. Derrière les beaux discours rassurants d’Electrabel,c’est toute la logique ultralibérale qui prédomine.Si Suez investit dans ses centrales, c’est pour y renforcer la flexibilité,la validation de compétences et tout ce qu’on appelle le reengeeniring, la révision systématique des procédures. Cette gestion va bien sûr de pair avec la mondialisation de l’économie, mais peut-on se permettre un accident nucléaire ? Avant les restructurations, les nouveaux travailleurs étaient parrainés par les plus anciens, le métier et les compétences se transmettaient et nos centrales pouvaient s’enorgueillir d’être les mieux classées en matière de sécurité. Aujourd’hui, alors que ces centrales sont en fin de vie, nous sommes bien à la traîne.Pour le Camarade Jean-Marie Woit, il n’y a pas d’autres mots : c’est criminel ! Jean-Marie et toute la délégation CGSP revendiquent ici l’application du syndicalisme de réseau.Il ne s’agit Cet article est également publié dans le journal Syndicats de la FGTB dans le cadre de la campagne “élections sociales”. JANVIER 200 8 7 GENERALE Secteur public: pour un service... MAXIMUM! u mois d’octobre dernier, les négociateurs de A l’improbable orange bleue étaient parvenus à un accord sur le chapitre “fonction publique”. Toutefois, ils n’avaient pu trancher sur le sujet particulièrement sensible de l’instauration éventuelle d’un service minimum dans le secteur public : la question avait été renvoyée à une concertation avec les organisations syndicales sectorielles, qui doit avoir lieu au cours de la seconde moitié de 2008... Aujourd’hui, dans le gouvernement provisoire, le MR remet le couvert en tentant de dissimuler une atteinte au droit de grève derrière des considérations sur l’évolution de la mobilité ou sur les droits des voyageurs puisque c’est essentiellement dans le secteur du transport que la question préoccupe... Propos simplistes et opportuns pour détourner l’attention par rapport aux vrais problèmes que sont le sous-développement du réseau et du matériel que l’on peut imputer au défaut d’investissement et à l’absence d’une stratégie visionnaire. Ce que veulent d’abord les utilisateurs, c’est voyager dans de bonnes conditions. Et pour cela il faut des trains en suffisance et qui respectent leurs horaires. Bref, un service maximum! Pour rappel, le service minimum désigne l’obligation faite aux travailleurs de certains services publics (comme les transports en commun) d’assurer des prestations minimales en temps de grève, en particulier durant les périodes dites “de pointe”. Pour faire le point sur ce sujet, nous reproduisons ici une interview où Jean-Pierre Knaepenbergh, le Secrétaire général de la CGSP de Bruxelles fait part de son analyse1. GENERALE 8 JANVIER 2008 J.-P. K. : Dans les services publics, une grève ne peut avoir lieu qu’après le dépôt d’un préavis, plusieurs jours avant le début de l’action, pour permettre à l’employeur de prendre des dispositions vis-à-vis des usagers: informations, services de substitution, etc. Ce délai doit, en outre, être mis à profit par la direction pour négocier sur les motifs visés dans le préavis de grève. Quoi qu’il en soit, à la CGSP, personne ne “joue”avec la grève: les travailleurs ne font pas grève pour le plaisir. Au niveau national, c’est après plusieurs rencontres entre les organisations syndicales et l’autorité qu’un préavis est déposé. Il est d’ailleurs souvent précédé de pétitions, de journées d’action, de manifestations. Au niveau local, c’est suite à la non-résolution de problèmes réels que les travailleurs sont, le plus souvent, contraints de réagir par l’ultime moyen de pression: une grève. Au départ, les travailleurs ont eu recours à la grève pour gagner des droits nouveaux face à l’augmentation de la productivité et des profits. Depuis quelques années, les motifs sont souvent... la préservation de droits acquis, la sauvegarde de l’emploi ou la protection de l’outil de travail. Ainsi, le plus souvent, faire grève, c’est aussi défendre le service public! Il s’agira, par exemple, d’une grève de protection et de préservation des droits de chaque citoyen à être transporté dans des conditions de sécurité et de confort optimales. Face au délitement des services publics et au “service minimum” destructeur, la CGSP oppose le “service public maximum”! Spontanément, il arrive souvent que les usagers des services publics -en majorité des travailleurs d’autres secteurs professionnels- se plaignent des mouvements sociaux, qui les affectent directement. Que leur répondez-vous? J.-P. K. : Je comprends parfaitement qu’un usager puisse “râler” contre un mouvement de grève. Cependant, il faut savoir dépasser cette première réaction. Ainsi, nos Camarades français ont fait un relevé: à la SNCF, sur 6000 incidents ayant occasionné des retards ou des annulations de trains, seuls 2% étaient imputables à un mouvement social ! L’immense majorité des retards et annulations de trains y sont donc dus à des problèmes matériels, problèmes en grande partie liés au manque d’investissement et/ou de personnel. Cela signifie qu’il est véritablement essentiel de se livrer à une analyse politique lucide du droit de grève (et de son exercice) dans la fonction publique, sans se laisser envahir par la pensée libérale dominante! C’est assez dire que, dans ce dossier, j’apprécie à sa juste valeur l’appui constant de la FGTB de Bruxelles. A suivre, donc... 1 Parue dans Syndicats (bimensuel de la FGTB) - p. 2 - novembre 2007.