agadir - CODATU

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agadir - CODATU
AGADIR
UN PROJET D’IMPLANTATION D’UNE LIGNE DE
BUS A HAUT NIVEAU DE SERVICE
VERSION PROVISOIRE
Mots clés :
Modes de gestion ; Planification ; Projets de transports publics
Monographie rédigée par Camille MARTINET.
Propriété intellectuelle de CODATU
Dernière mise à jour :
25/07/2012
Agadir
UN PROJET D’IMPLANTATION D’UNE LIGNE DE BHNS
Agadir, située au sud du
Maroc sur les côtes de l’océan
Atlantique, est le deuxième pôle
économique du royaume. Elle est le
premier port de pêche du pays, mais
aussi un grand port de commerce.
L’agglomération du Grand Agadir
connaît de réelles difficultés de
circulation et de déplacements. Elle
a décidé, en coopération avec
Nantes Métropole, d’implanter une
ligne de Bus à Haut Niveau de
Service (BHNS).
Maroc
Population : 31 951 000
hab.
Superficie : 446 550 km²
Densité : 71,6 hab. / km²
Taux d’urbanisation :
56,70 %
PIB / habitant : 2 795,5 $
IDH : 0,582 / 1
Taux de motorisation : 53
véhicules pour 1 000 hab.
Véhicules par kilomètre de
route : 38
Accidentologie : 1,23
accident mortel pour
10 000 hab.
Agadir
Population : 525 000 hab.
(2007)
Superficie : 2 297 km²
Densité : 229 hab. / km²
Longueur des lignes :
BHNS : 13 km (en projet)
Sources : Banque Mondiale – PNUD – Chambre de Commerce
d’Industrie et de Services d’Agadir
Mots clés : Modes de gestion ; Planification ; Projets de transports publics
Agadir connaît une croissance démographique exceptionnelle. Entre 1982 et 1994, la wilaya
d’Agadir a connu le taux d’accroissement de la population le plus élevé du Maroc (3,7 %)1.
L’exode rural est une des raisons majeures de cette croissance démographique. Le Grand Agadir est
un pôle attractif à l’échelle nationale. Des régions rurales défavorisées se dépeuplent et les plaines
littorales se densifient. Le dynamisme économique de l’agglomération joue un rôle déterminant
auprès des migrants en quête d’emploi et d’amélioration de leurs conditions économiques et sociales.
LES TRANSPORTS URBAINS A AGADIR
L’agglomération d’Agadir rencontre des difficultés de circulation et de déplacements liées à
l’augmentation rapide de la population, à l’extension de la zone urbaine et à la séparation entre
centre ville et périphérie. Le centre concentre la majorité des activités et des services alors qu’à la
périphérie, les zones résidentielles se développent. Par conséquent, les déplacements se multiplient.
La ville d’Agadir souffre, du fait de son expansion rapide, de difficultés de circulation, de
déplacement et de stationnement. De nombreux points de congestion se sont développés. Station
balnéaire réputée du Maroc, l’agglomération voit ses problèmes s’accentuer lors de la saison estivale.
1
UN-Habitat – Profil environnemental d’Agadir
Avant 2010, la situation des transports publics dans les communes du Grand Agadir n’était pas des
meilleures. Les bus, anciens et très polluants, manquaient de confort et leurs horaires étaient
rarement respectés. De plus, des problèmes de sécurité étaient recensés presque quotidiennement.
Trois entreprises se partageaient le marché des transports publics par bus : la régie autonome de
transport urbain d’Agadir, la RATAG, et deux sociétés privées, ZETRAP et GAB. Ces trois entités
connaissaient chacune de grandes difficultés financières.
Les petits et les grands taxis complètent l’offre de transport. Les premiers, de couleur rouge, ne
circulent qu’en ville. Certains chauffeurs viennent chercher leur client suite à un appel moyennant un
supplément. Ce service n’est pas nécessaire dans le centre ville ou sur les axes principaux car le
temps d’attente n’excède jamais les 5 minutes. Les grands taxis, beige, quant à eux, circulent hors de
la ville. Ce sont des taxis collectifs pouvant accueillir 6 passagers.
Au cours des dernières années, le service des transports publics de l’agglomération du Grand Agadir
ne répondait plus aux attentes des citoyens en raison, principalement, d’un déficit de bus.
CHANGEMENT DE L’ORGANISME PUBLIC DES TRANSPORTS URBAINS
La RATAG était déficitaire depuis de nombreuses
années. Ses pertes provenaient principalement de
ses activités de transport scolaire et universitaire
qui engendraient un déficit annuel de l’ordre de 12
millions de dirhams2 (soit plus d’un million d’euros).
La régie autonome a accumulé une dette de 105
millions de dirhams (9,5 millions d’euros).
Les autorités centrales et locales, conscientes de la
dégradation du service, ont décidé de déléguer la
gestion du transport urbain et périurbain d’Agadir. Suite à un appel d’offres international lancé en
octobre 2008, le contrat a été attribué, en 2010, à la société espagnole Alsa pour une durée de 15
ans.
Alsa dispose d’une expérience dans le domaine du transport et sa gestion des transports urbains et
périurbains à Marrakech depuis 19993 est une réussite ; elle traite un trafic de plus de 45 millions de
passagers. Au niveau international, le Groupe ALSA dont la société fait partie, est très présent aux
États-Unis, en Espagne et en Angleterre.
L’offre d’Alsa s’articule autour de deux axes fondamentaux, pour un investissement global de 532
millions de dirhams4 (environ 48 millions d’euros) d’ici la fin du contrat en 2025 :
- L’acquisition d’un nouveau parc de 156 bus aux normes Euro 3 au minimum. La société
délégatrice a démarré son activité en septembre 2010 avec un parc d’une quarantaine de
2
http://news.agadir-souss.com/transport-urbain-agadir-premires-reformes-200804524.html
http://www.agadirinou.com/modules/news/article.php?storyid=6125
4
http://www.acharkaoui.com/transport-urbain-a-agadir/ - Charkaoui Abdelkabir
3
bus neufs qui a progressivement été étendu pour atteindre les 156 véhicules. La fabrication
des nouveaux bus de marque suédoise, Scania, a intégralement été assurée au Maroc. Ces
nouveaux bus intègrent les dernières technologies en matière de sécurité et
d’environnement. Ils sont équipés d’un plancher bas, d’une rampe d’accès pour les PMR et
portent le numéro de la ligne sur un afficheur électronique sur trois côtés du bus5.
- L’adoption d’une politique d’embauche orientée vers le recrutement de personnes de la
région et la priorité pour le personnel de la RATAG. En effet, la société s’est engagée à
recruter les 256 employés de la RATAG. Ils ont suivi une formation pour se préparer au
nouveau service de transport. La société Alsa a également donné une priorité d’embauche
au personnel des autres sociétés de transport opérant dans la région de Souss Massa Draa.
Elle a ainsi créé plus de 450 emplois.
A sa mise en service, le tarif à l’unité du ticket pour se déplacer dans le périmètre urbain était de 4
dirhams (soit 36 centimes d’euros) et de 9 dirhams pour la zone interurbaine.
PLANIFICATION
La ville connaît un fort développement économique mais la population souffre de grandes difficultés
à se déplacer. A la fin de d’année 2007, Tariq Kabbage, président de la Commune urbaine d’Agadir à
rassembler de nombreux acteurs afin de lancer la préparation du PDU de la Commune urbaine
d’Agadir. Nantes va accompagner la Commune urbaine d’Agadir dans le cadre d’une assistance à
maîtrise d’ouvrage pour l’élaboration et la mise en œuvre du PDU du Grand Agadir. Ce PDU est d’une
grande importance : la composante circulation et transports collectifs a été, jusqu’à présent,
insuffisamment prise en compte. Le résultat est qu’aujourd’hui le trafic n’est pas maitrisé. La priorité
a donc été de faciliter le déplacement des habitants entre bassins d’emplois et bassins de vie, tout en
favorisant une politique de développement durable.
La Municipalité est déterminée à revoir l’organisation générale des transports afin d’améliorer la
mobilité des personnes, le transport des marchandises, la circulation, le stationnement, etc. avec la
volonté de renforcer les modes de transports alternatifs à la voiture particulière : transports publics,
deux roues, marche, etc.
Trois millions de dirhams ont été mobilisés pour l’élaboration d’une étude : financés à hauteur de 10
% par la Commune urbaine et à 90 % par la ville de Nantes et le PAD, programme entre la France et
le Maroc d’accompagnement au processus de décentralisation marocain. Selon les représentants de
la commune urbaine d’Agadir, l’élaboration de ce plan aurait dû être prête en 20096.
UN PROJET DE BHNS
La coopération entre Nantes et Agadir est ancienne, puisque ces villes sont jumelées depuis une
vingtaine d’années. L’expertise de Nantes Métropole en la matière a permis d’apporter des solutions
5
6
L’économiste – Alsa démarre à Agadir (2 septembre 2010)
http://www.leconomiste.com/article/agadirtransport-la-commune-urbaine-prepare-son-pdu
concrètes et rapides pour remédier au fléau qu’est la congestion et la dégradation de la qualité de
l’air. Ainsi Agadir entend privilégier le BHNS et les modes actifs afin de fluidifier et sécuriser la ville.
La réalisation d’un BHNS dans l’agglomération du Grand Agadir a été envisagée en 2011 par la
Commune Urbaine d’Agadir. Les objectifs étant :
- De désengorger le centre ville et donc d’améliorer les conditions de circulation.
- De soutenir le développement et la croissance à long terme de la ville.
- D’offrir aux usagers des transports publics, un service à haute fréquence de passage, un
temps de trajet garanti et des passages réguliers ; une vitesse relativement élevée ; une
amplitude horaire de fonctionnement étendue et un système d’information de qualité :
temps de parcours, attente, fréquence, etc.
Après plusieurs années de collaboration entre la Commune urbaine d’Agadir et Nantes métropole, la
coopération franco-marocaine dans le domaine des transports urbains s’apprête à prendre un
nouveau départ avec le lancement, le 21 juin 2012, de l’étude de faisabilité d’un BHNS dans
l’agglomération d’Agadir7. L’étude de faisabilité se déroulera sur 14 mois. Son coût, de 1 069 000
euros, sera financé par un don de l’Ambassade de France à hauteur de 689 000 euros et par la
Commune Urbaine qui mobilisera 11 experts. Nantes Métropole apportera son appui technique dans
l’étude et la mise en place de ce projet.
Les deux parties se sont engagées à allouer au projet du BHNS une enveloppe budgétaire globale de
382 450 euros. Aux termes de cette convention, Nantes Métropole s’engage à verser une somme de
183 750 euros dont 60 750 attribués à l’appui technique et 123 000 euros dédiés aux frais directs
relatifs à la mise en place de ce projet. La commune urbaine d’Agadir a, pour sa part, alloué une
somme de 198 700 euros à ce projet de BHNS8.
La ville d’Agadir sera ainsi la première ville marocaine à se doter d’une telle infrastructure. Le service
offert est proche de celui que peuvent offrir les tramways ou les métros mais à un coût moindre, et
en offrant des possibilités de réaménagement plus souples .
La fréquence prévue par bus est de 10 mn en heure de pointe et de 20 mn en heure creuse. 80 % de
la population du Grand Agadir sera à moins de 500 mètres des arrêts des bus. Les prévisions sont de
300 000 voyages par jour9.
Ce projet est inscrit au Plan Communal de Développement de la ville d’Agadir (PCD) voté en 2011. La
construction de cette ligne de BHNS est également en cohérence avec les objectifs du Plan de
Déplacement Urbain (PDU) de la Ville d’Agadir.
Aux termes de cette convention, Nantes Métropole apportera une assistance technique et de
renforcement des capacités de maîtrise d’ouvrage de la ville d’Agadir. Elle portera plus
particulièrement sur les aspects suivants:
7
http://exoticar.com
http://www.aujourdhui.ma/maroc-actualite/economie/cooperation-nantes-metropole-et-agadir-96224.html
9
http://www.journaux.ma/maroc/actualite-nationale/gestion-deleguee-du-transport-urbain-agadir-c-est-partipour-de-bon-remise
8
- Participation à l’étude du tracé à partir des études déjà réalisées et des propositions ou
conclusions du Plan de Déplacements Urbain d’Agadir. Le tracé desservirait les pôles
économiques de la ville tels que le port et le centre ville, le centre universitaire et la ville
nouvelle.
- Appui à la rédaction des termes de référence pour l’appel d’offres permettant le choix du
maître d’œuvre des travaux.
- Appui à l’élaboration de l’avant-projet sommaire de la variante retenue et définition des
mesures complémentaires (parkings de rabattement, pôles d’échanges multimodaux,
interrelation avec les transports interurbains).
- Avis technique sur les avant-projets détaillés réalisés par le maître d’œuvre à partir de
l’avant-projet sommaire.
- Avis technique sur les termes de référence rédigés par le maître d’œuvre pour les appels
d’offres chantier.
- Conseils techniques lors de la phase chantier.
CONCLUSION
A l’horizon 2012, Alsa prévoyait le transport de 48 millions de passagers. D’ici fin 2013, le projet sera
présenté aux bailleurs internationaux (Banque Mondiale, AFD) qui se sont déjà montrés intéressés
pour contribuer au financement. Les premiers tronçons entreraient en service dès 2017.