LA MASSO-KINÉSITHÉRAPIE: DE L`EMPIRISME À LA SCIENCE.
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LA MASSO-KINÉSITHÉRAPIE: DE L`EMPIRISME À LA SCIENCE.
INSTITUT DE FORMATION EN MASSO-KINÉSITHÉRAPIE DE RENNES
LA MASSO-KINÉSITHÉRAPIE:
DE L'EMPIRISME À LA
SCIENCE.
Thibault DESJARDINS
2010-2011
Selon le code de la propriété intellectuelle, toute reproduction intégrale ou
partielle faite sans le consentement de l'auteur est illégale.
Ministère de la Santé et des sports
Région Bretagne
Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie de Rennes
LA MASSO-KINÉSITHÉRAPIE:
DE L'EMPIRISME À LA
SCIENCE.
Travail Personnel présenté par:
Thibault Desjardins
En vue de l'obtention du Diplôme d'Etat
De Masseur-Kinésithérapeute
2010/2011
Sommaire
Introduction : ................................................................................................................................ 1
Histoire et origines de la masso-kinésithérapie : .................................................... 4
Les biais de la rééducation : .............................................................................................. 12
Le devenir de la masso-kinésithérapie : une approche scientifique : .... 17
L'"Evidence-Based Practice" ou la pratique basée sur les preuves ............. 17
Le diagnostic kinésithérapique ........................................................................................ 23
Recherche sur l'efficacité ou non des bracelets d'équilibre "EFX" : .... 24
Introduction ............................................................................................................................... 24
Méthode ........................................................................................................................................ 25
Le matériel ................................................................................................................................. 25
La procédure expérimentale .................................................................................................. 26
Résultats ....................................................................................................................................... 27
Discussion .................................................................................................................................... 29
Conclusion : .................................................................................................................................. 30
Références: .................................................................................................................................... 31
Annexes : ........................................................................................................................................ 34
Résumé :
La masso-kinésithérapie est une profession basée sur des connaissances médicales et des
techniques de rééducations empiriques.
En cette période de réflexion sur les pratiques de soins médicaux, ainsi que sur leurs
remboursements, trop peu d'actes ou méthodes kinésithérapiques sont encore reconnus par des
recherches scientifiques.
Depuis les années 1990, en s'inspirant de ce que la médecine a fondé, la recherche scientifique
en kinésithérapie s'est développée. Il serait alors impensable pour un professionnel, aimant
son travail et souhaitant l'effectuer dignement, ainsi que pour son patient, de ne pas
s'intéresser à la lecture de revues ou d'articles scientifiques, ceux-ci même basés sur différents
niveaux de preuve qui seraient alors sources de savoirs et de progression dans la qualité de ses
soins.
Malgré quelques biais laissant croire à certains praticiens du bienfait de leurs gestes,
l'"Evidence-Based Practice" semble être la voie vers l'accès à une kinésithérapie scientifique.
"[…] si le médecin empirique n'a pas le sens scientifique qui lui donne conscience de
son ignorance, il croira que l'empirisme est l'état définitif de la médecine, il tombera
nécessairement dans l'empirisme non scientifique et deviendra charlatan." Claude Bernard,
Principes de médecines expérimentales, 1875 1.
Mots clés français :
Empirisme
Histoire de la masso kinésithérapie
Placebo
"Pratique basée sur la preuve"
1
Bernard C. Principes de médecines expérimentales, 1875.
Abstract :
The medical knowledge and the empirical rehabilitation techniques are the starting point of
physiotherapy.
In these times when medical practice and reimbursements are an issue, not very many
scientist researches acknowledge physiotherapy treatment and methods.
Since the 1990's, scientific research in physiotherapy has been developed sprang from
medicine. So that it would be unthinkable to a qualified physiotherapist not be interested in
scientific magazine or articles readings based on different levels of proof which would be a
source of knowledge and his quality cares progress. All the more because he has a passion for
his job and wants to practice it with dignity towards himself but also toward his patients too.
Despite some biafs that give some practitioners the impression that their actions have a
benefit, "Evidence-Based Practice" seems to be the way to reach a scientific physiotherapy.
"[…] si le médecin empirique n'a pas le sens scientifique qui lui donne conscience de son
ignorance, il croira que l'empirisme est l'état définitif de la médecine, il tombera
nécessairement dans l'empirisme non scientifique et deviendra charlatan." Claude Bernard,
Principes de médecines expérimentales, 1875.
English keywords :
Empiricism
History of physiotherapy
Placebo
"Evidence-based practice"
Introduction :
Les études en masso-kinésithérapie sont très enrichissantes, tout autant sur le plan humain
qu'intellectuel.
Nos études de trois ans post-bac se scindent en deux parties bien distinctes. Le fait de diviser
notre temps entre l'institut de formation et les différents stages en France ou à l'étranger rend
alors cette formation complète et professionnalisante.
Mais la kinésithérapie évolue et, en tant qu'étudiant ou stagiaire, nous n'entendons pas
toujours le même discours sur les différentes possibilités de rééducation d'un même patient.
Cet aspect rend notre profession riche mais parfois déroutante.
En effet, les kinésithérapeutes travaillant sur les lieux de stage ont reçu une formation
empirique basée sur l'expérience, alors qu'à l'institut de formation en masso-kinésithérapie de
Rennes, les enseignants nous amènent, de plus en plus vers la kinésithérapie basée sur les
preuves ou "Evidence-Based Practice". Le fossé que l'on peut alors observer en tant que
stagiaire est parfois énorme.
De ce fait, il m'est apparu intéressant d'orienter mon travail personnel vers un mémoire de
"recherche", celui-ci me permettant de répondre à des questions qui me paraissent
indispensables afin de débuter ma profession de masseur-kinésithérapeute de la manière la
plus honnête possible.
Il me paraît alors évident de connaître l'histoire de ma profession avant d'en imaginer son
devenir; de comprendre comment une profession empirique a permis la prise en charge de
patients avant l'apparition de la recherche scientifique.
Le domaine médical est formé de nombreuses professions dont le principal but est de rétablir
la santé des personnes atteintes de pathologie(s).
Dans le monde occidental, ces personnes victimes se tournent tout d'abord vers la médecine
allopathique. Cette dernière a soigné et soigne encore grâce à des techniques ou médicaments
qui ont fait leurs preuves par la science et qui sont, habituellement, remboursés en France.
Malgré tout, cette médecine a ses limites. A l'heure actuelle, elle ne peut malheureusement
pas panser tous les maux, physiques ou non, des patients; c'est d'ailleurs cette infinie
recherche scientifique qui la rend passionnante.
1
Dans la plupart des cas, ces personnes malades sont vulnérables du fait de leur fragilité et
dépendance à la recherche scientifique.
Dans ce contexte, de nombreux individus appartenant rarement au domaine scientifique,
profitent de la faiblesse des patients pour leur faire croire à des guérisons miraculeuses par le
biais de "pseudo-preuves" à l'appui.
Certains proclament posséder des "dons" de guérison, d'autres, par des techniques souvent
spectaculaires et convaincantes, inventent des "machines" ou autres "grigris" rendant les
"victimes" dépendantes de "supercheries" bien souvent coûteuses.
Aujourd'hui, la masso-kinésithérapie est une profession reconnue dans l'inconscient collectif
mais aussi depuis peu (par rapport à l'âge de la médecine) dans le monde médical. Il serait
alors actuellement inconcevable de ne pas aller consulter son kinésithérapeute pour rééduquer
les suites d'un radius fracturé, d'un syndrome cérébelleux ou d'une lombalgie commune.
Le kinésithérapeute qui a reçu et soigné un patient et qui note une évolution positive entre le
bilan d'entrée et celui de sortie, peut avoir l'impression d'être responsable de cette
amélioration. Un corpus de connaissances conséquent à sa formation scolaire initiale et sa
pratique quotidienne lui confirment son raisonnement. Mais l'est-il réellement ?
Comment le métier de kinésithérapeute a-t-il été créé ? Quelles sont l'histoire et les origines
de notre profession ? Avons-nous un vrai rôle à jouer dans la démarche de soins ? Sommesnous réellement efficaces et avons-nous la preuve scientifique de cette efficacité ? Comment
pouvons-nous prouver nos actes et les rendre exemplaires ?
La majorité des masseurs-kinésithérapeutes français (~ 80%) travaille dans un cabinet privé.
Ils ont l'entière responsabilité et le choix quant à l'utilisation de leurs actes. De plus,
souhaitant, par la suite, m'orienter vers la pratique libérale, il me semble intéressant de
comprendre comment travaille un kinésithérapeute dans son cabinet.
De ce fait, j'ai réalisé un questionnaire [Annexe 1] qui a été envoyé, via internet, à 70
professionnels de santé, choisis au hasard en Bretagne. Sur ces 70 kinésithérapeutes libéraux,
45 m'ont répondu.
2
Cette étude comporte 14 questions dont 9 obligatoires.
Sur les 45 réponses, 91% soit 41 personnes ont répondu travailler dans un cabinet de groupe.
71% des praticiens se disent spécialisés dans un domaine dont 15% en traumatologie et en
sport, 14% en rhumatologie, 7% en uro-gynécologie, 6% en pédiatrie et en respiratoire.
La majorité des professionnels de santé interrogée utilise comme technique :
le massage (98%), la mobilisation (93%), les techniques de Sohier (60%), les techniques de
Kabat (56%) et le strapping (56%).
Les autres pratiques que certains thérapeutes utilisent sont le K-Taping et les techniques de
Bobath (20%).
Seuls 42% des kinésithérapeutes pratiquent leur art grâce, entre autres, aux revues de
littérature.
La majorité des personnes interrogées (91%) conseille l'achat d'adjuvants à leurs patients
notamment des bandes de chaud / froid (62%) et des crèmes ou huiles essentielles (53%),
mais aussi des oreillers ergonomiques (33%), des béquilles (29%), de la phytothérapie (29%)
et enfin des chaussures spéciales (16%) et des bracelets d'équilibre (11%).
Ce questionnaire, à questions ouvertes et fermées, est représentatif d'une partie des masseurskinésithérapeutes. Il nous permet de comprendre la manière dont ceux-ci travaillent dans leur
cabinet, l'origine de leurs pratiques mais aussi une certaine approche relationnelle avec leurs
patients.
Nous allons ainsi tenter de répondre à ces interrogations en nous appuyant sur cette enquête
destinée aux masseurs-kinésithérapeutes libéraux, sur une revue de littérature composée de
différents supports (internet, livres, revues, thèses…) évoquant ce sujet ainsi que sur quelques
entretiens téléphoniques et expériences personnelles.
3
Histoire et origines de la masso-kinésithérapie :
En tant que telle, la masso-kinésithérapie est une profession paramédicale récente. Son
nom est apparu dès le milieu du XIXème siècle (1847) grâce à un gymnaste suédois
A. Georgii 2, afin de désigner le "traitement des maladies par le mouvement".
Le Cong-Fou est le plus vieux document retrouvé, il a été écrit en 2698 avant J.C par les
taoïstes chinois 3. Il fait part de techniques de posture et du contrôle de la respiration pour
soulager symptômes et douleurs.
Le massage a été tout d'abord pratiqué en Inde et en Chine pendant l'antiquité, il y a 4000
ans. Par la suite, il est passé entre les mains des Egyptiens, des Grecs et des Romains avant de
se faire oublier.
Par définition, le masseur-kinésithérapeute soigne par le massage (du grec "massein"
ou de l'arabe "matz" qui signifie respectivement "presser dans les mains" et "frotter
doucement") et le mouvement (du grec "kinésis").
Ses origines sont, bien entendu, le masseur mais aussi le rebouteux [Annexe 2], le guérisseur,
le toucheur, le videur de vésicules, le sorcier, le magnétiseur, le souffleur d'entorse…mais il
est devenu officiellement reconnu qu'après de multiples périodes, grâce aux médecins.
La masso-kinésithérapie est donc avant tout issue d'un savoir populaire transmis oralement et
de manière empirique.
Les rebouteux pratiquent depuis des centaines d'années et étaient parfois même les
protégés de certains rois comme François Ier, Henri IV, Louis XIII ou encore Louis XVI 4.
2
Georgii A. Kinésithérapie ou traitement des maladies par le mouvement selon la méthode de
Ling. Baillière Paris. 1847.
3
Verleysen J. Histoire du massage et de la gymnastique médicale. Ed Bruxelles. 1956.
4
Monet J. Emergence de la kinésithérapie en France à la fin du XIXème et au début du
XXème siècle, une spécialité médicale impossible. Genèse, acteurs et intérêts de 1880 à 1914.
2003. p.116; puis p.94; puis p.95.
4
Nombre de ces "soigneurs", qui affirmaient le fait de ne pratiquer que par le biais d'un "don"
transmis de père en fils, étaient souvent des personnes issues de la campagne, peu instruites et
souvent illettrées. Ils profitaient ainsi de la suppression des facultés de médecine pour
pratiquer leur "art" avant que ne passe le décret du 14 frimaire an III (4 décembre 1794) ⁴.
Ainsi, il faudra attendre les écrits de certains médecins pour mettre à jour ces techniques et
autres méthodes utilisées.
En 1564, Ambroise Paré 5, chirurgien et anatomiste, tentait de soigner certaines
pathologies comme les luxations par des gestes manuels plus ou moins forcés en utilisant le
poing ou parfois même le talon.
En 1780, Tissot 6, médecin (notamment de lui-même) utilisait ses connaissances en anatomie
et en physiologie humaine pour mettre en œuvre le mouvement comme moyen de traitement.
Il permettait la compréhension de la statique et c'est à partir de cette période que le corps
médical commença à s'intéresser à la biomécanique humaine.
La grande majorité des médecins, tous formés par des connaissances apprises en faculté et
reconnues par un diplôme universitaire, commençait alors à se méfier de ce nouveau courant
"médical". En 1803, des représentants médicaux se sont réunis pour voter la loi 19 ventôse de
an XI ⁴qui interdisait à ces dits "charlatans" la pratique de "soins" pour exercice illégal de la
médecine, exception faite aux officiers de santé, ne désirant pas suivre l'enseignement de
médecine. Ceux-ci devaient tout de même être au contact d'un médecin praticien six années
de suite (ou cinq ans dans les hôpitaux).
Paradoxalement, le massage est pratiqué au milieu du XIXème siècle dans les hôpitaux à la
suite de différentes chirurgies.
5
Paré A. Du mouvement et repos. Les œuvres d'Ambroise Paré (1509) Paris: Buon G .1709.
(Le premier livre de la chirurgie, chapitre XVIII, p XXXII).
6
Tissot C. Gymnastique médicinale et chirurgicale ou essai sur l’utilité du mouvement, ou des
différents exercices du corps, & du repos dans la cure des maladies Bastien libraire, Paris.
1780.
5
Les patients appréciaient ces nouvelles méthodes de thérapie et continuaient de rendre visite
aux praticiens "non-diplômés" puisque : « le choix pour le patient entre médecine populaire et
médecine officielle a été durablement le choix entre deux impuissances » 7. Ceci a entraîné
dans l'inconscient collectif médical une sorte de concurrence du "marché" par rapport aux
médecins.
En ce qui concerne la gymnastique, les médecins n'y voyaient alors qu'un faible d'intérêt
thérapeutique et ne s'y intéressaient que peu. Pour autant, celle-ci conserve une connotation
assez positive par le fait même qu'elle véhicule l'image de la réussite du monde militaire.
Pour ce qui est du massage, le monde médical légal comptait se l'approprier et l'interdire aux
"anciens masseurs". Déjà certains médecins le pratiquaient dans leur cabinet ou le laissaient
faire à leurs officiers de médecine malgré son aspect empirique et non reconnu
scientifiquement. Afin de légitimer cette technique de soin (peu d'ouvrages, surtout en
français, lui sont dédiés à cette époque), ils ont principalement utilisé le fait qu'il s'agissait
d'une pratique ancestrale et historique, ainsi que le ressenti positif des patients (celui-ci ne
prouve aucunement sa valeur scientifique).
En 1863, le Dr. Estradère 8 va alors réaliser une thèse ("Du massage, son historique, ses
manipulations, ses effets physiologiques et thérapeutiques") reconnue aujourd'hui comme
étant le premier ouvrage sur la technique du massage. Il sera vendu puis réédité vingt ans plus
tard en conséquence de son fort succès en France ainsi qu'à l'étranger.
Dans le "Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre" écrit en 1871,
le docteur E. Dally
9
nous rappelle qu'à l'époque le massage était considéré par les médecins
comme : « l'ensemble des manipulations thérapeutiques ». Il ne faut néanmoins pas confondre
7
Léonard J. Médecins, Malades et Société dans la France au XIXème siècle, sciences en
situation Goudy-Hélio. Les guérisseurs. 1992. p.63-82.
8
Estradere J. Du massage, son historique, ses manipulations, ses effets physiologiques et
thérapeutiques. Paris. 1863 puis 1884.
9
Dally E. Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre. 1871.
6
le massage thérapeutique à visée de soin sur des personnes malades, au massage hygiénique
permettant l'amélioration ou la conservation du corps sain.
En 1876, Von Mosengeil 10, professeur allemand, a expérimenté le massage sur des lapins afin
de drainer leur liquide intracorporel. Pour cela, il a injecté de l'encre de Chine dans les deux
pattes de l'animal, puis il a observé les effets de cette pratique après autopsie. Il a constaté que
la patte massée n'avait plus d'encre et que cette dernière s'était diffusée au niveau des
lymphatiques et ganglions, contrairement à la deuxième patte qui était restée noire (point de
départ du drainage lymphatique manuel).
En 1885, avec l'aide de son professeur le Docteur Dujardin-Beaumetz, le Dr. Petit 11 a fait la
synthèse de deux ouvrages du docteur autrichien, Albert Reibmayr, ("le massage: son emploi
dans diverses branches de la médecine pratique" 12 et "techniques de massage" 13), pour
aboutir à "le massage par le médecin". Cela marque un tournant dans l'histoire de la légitimité
du massage car, grâce à la reconnaissance de ses pairs de par sa publication, il a permis aux
médecins de s'approprier cette pratique à l'instar des rebouteux et autres officiers de
campagne.
De plus, Dr. Petit a rajouté qu'un massage sans connaissance du corps humain, de ses
différentes articulations, du passage de nerfs et de l'anatomie des muscles, rend celui-ci
« inintelligent » voire dangereux. Il serait donc inenvisageable alors de laisser ces pratiques "à
la brutalité des masseurs non-scientifiques".
10
Von Mosengeil. Uber massage, deren technik, wirkung und indicationen dazu, nebst
experimetalenuntersuchungen darüber. Arch klin chir. 1876, XXIV: p.551-594.
11
Petit L. Le massage par le médecin, physiologie, manuel opératoire, indications. D’après
les ouvrages du Dr Albert Reibmayr. Paris.1885.
12
Reibmayr A. Die Massage und ihre verwerthung in den verschiedenen Disciplinen der
praktischen Medizin. Toeplitz et Deuticke éditeurs. 1883.
13
Reibmayr A. Die technik der Massage Toeplitz et Deuticke éditeurs. 1884 ; l’ouvrage sera
réédité en 1888.
7
Malgré leur envie de garder cette nouvelle thérapie, la plupart des médecins manquaient de
temps pour réaliser correctement ces massages et les trouvaient trop pénibles physiquement.
Aussi, ils pensaient que cela nuirait à leur haut statut social et à leur image.
C'est alors que vint la question de savoir si cette pratique devait être exclusivement appliquée
par les médecins et donc en créer une spécialisation ou s'ils devaient faire appel à des officiers
ou aide-médicaux qui seraient formés à établir les massages avec des connaissances en
anatomie et physiologie humaine ?
Trois opinions se sont alors distinguées parmi cette profession :
•
Les médecins masseurs qui exerçaient en ville et rejetaient l'idée de laisser faire les
massages thérapeutiques par les masseurs de campagne.
•
Les autres médecins qui autorisaient la pratique de cette profession à des officiers mais
seulement si ceux-ci étaient dirigés par les médecins et avaient reçu un minimum de
connaissances sur le corps humain.
•
Les médecins qui ne voyaient exclusivement dans le massage que du charlatanisme de
par son côté empirique et sa pratique ancestrale par les rebouteux et autres ignorants
de la médecine.
Ainsi, les femmes leur sont naturellement apparues comme les personnes idéales pour devenir
ces auxiliaires de massages. Le modèle anglais et leur passé culturel d'infirmière de médecin
a, sans doute, induit l'idée d'un tel "sexisme". Elles étaient choisies pour leur bonté,
soumission et obéissance à la hiérarchie. Puis, très rapidement les hommes ont été acceptés à
la seule condition d'être des exécuteurs obéissants strictement aux médecins.
Dans cette période où le courant scientifique tentait de prouver l'efficacité de la médecine
allopathique avec Louis Pasteur et Claude Bernard, les recherches sur le massage étaient
encore peu nombreuses et limitaient sa légitimité.
De par un flou historique, de la fin du XIXème au début du XXème siècle, il a semblé qu'afin
que ces techniques de soins deviennent médicales et officielles, leurs noms aient changé et
pris des terminologies scientifiques : le "massage" est devenu la "massothérapie" et la
"gymnastique" a pris réellement le nom de "kinésithérapie". C'est dans cette période que le
mot "rééducation" a vu le jour.
8
Il faut savoir que les masseurs et autres rebouteux aux pratiques empiriques ont profité du fait
que la médecine dite "officielle" soit trop chère et ne puisse tout guérir. Ainsi, les médecins
ont pensé que ces techniques "à la mode" auraient peut être permis une complémentarité de
leurs soins. Cela a entrainé une singularité et une dénomination médicale de ces professions
pourtant en marge des techniques modernes ou du moins prouvées.
Les patients, et plus particulièrement ceux habitant à la campagne, appréciaient fortement ce
genre de "médicalisation". En effet, ils étaient souvent issus de la même classe sociale que
ceux qui les manipulaient, et non des médecins qui, à l'époque, étaient souvent arrogants et
hautains vis-à-vis de ce "bas peuple".
En outre, des chirurgiens prenaient le parti des masseurs, de par le bienfait des techniques de
soins par le toucher après leur réduction de fracture, comme le docteur Castex 14, Dagron 15 ou
encore Lucas-Championnière 16 qui ont fait une thèse, notamment sur le "traitement des
fractures par le massage et la mobilisation" en 1895.
A Paris, Castex, qui s'étonnait du retard de connaissance des médecins dans ce domaine,
testait par des études histologiques l'efficacité du massage sur des animaux ("Etude clinique et
expérimentale sur le massage") en pratiquant le massage après différentes entorses, luxations
et autres fractures. Il a ainsi permis d'attribuer un rôle pseudo-scientifique au massage.
C'est la Première Guerre Mondiale qui a, malgré elle, permis un renouveau de la
kinésithérapie. L'arrivée massive des mutilés de guerre a entraîné une forte affluence de
patients dans les cabinets des "futurs kinésithérapeutes", mais pas seulement. En effet, une
partie de ces victimes ont perdu la vue au combat et l'État français n'ayant pas de quoi
14
Castex A. Etude clinique et expérimentale sur le massage Arch.Gén.Med. 1892. p.5-24.
15
Dagron G. De la nécessité de s’opposer à l’exercice illégal du massage et de la
Gymnastique. Revue de cinésie, 20 mars1902.
16
Lucas-Champonnière J. Traitement des fractures par le massage et la mobilisation. Rueff.
Paris. 1895.
9
augmenter le taux des pensions, il a fallu les reconvertir professionnellement. Ce sont alors
vers les métiers d'accordeurs de pianos et de masseurs que le docteur G. Vitoux 17 a pensé
diriger ces blessés mais : « […] en raison des qualités spéciales qu'elles nécessitent, elles se
trouvent naturellement réservées à un très petit nombre de sujets et ne peuvent être enseignées
utilement qu'à de rares soldats ayant eu les yeux brûlés par l'explosion de grenades ennemis. »
Le devoir de reconnaissance de l'État envers son peuple, ses blessés, ses morts ainsi que son
personnel soignant qui avaient servi leur pays, a amené les législateurs à reconnaître
l'efficacité de la rééducation et des massages en France.
Ce fut un tournant dans l'histoire de la masso-kinésithérapie. Sans fondement scientifique, la
kinésithérapie est devenue officielle par l'État.
Quelques années plus tard, en 1922, le diplôme d'infirmier masseur est créé. Il est suivi vingt
ans après par le diplôme de moniteur de gymnastique médical.
En 1943 pendant la Deuxième guerre mondiale, une loi règlementait l'exercice de la
profession de masseur médical (ancien infirmier masseur).
C'est la loi du 30 avril 1946 qui a permis la fusion entre le diplôme de masseur médical et
celui de moniteur de gymnastique médical pour donner le Diplôme d'État de Masseur
Kinésithérapeute. Celui-ci permettant à ses titulaires ayant reçu deux ans de formation de
posséder le monopole de l'exercice du massage et de la gymnastique médicale. La création
d'un Conseil Supérieur de la Kinésithérapie, ayant pour rôle de contrôler la formation et
l'exercice de cette profession, s'est constituée le même jour.
Lors de la rentrée d'octobre 1969, la durée des études est passée à 3 ans (mais est restée
reconnue 2 ans). Quatre ans plus tard, le Conseil Supérieur de la Kinésithérapie est devenu le
Conseil Supérieur des Professions Paramédicales.
Lors de la mise en place de la réforme des études en 1990, les 4 modules du premier cycle et
les 12 du deuxième cycle ont été créés, suivis 3 ans plus tard par la modification des épreuves
17
Vitoux G. La rééducation professionnelle des blesses militaires. La science et la vie,
novembre 1915. n°23, p.564.
10
de passage du Diplôme d'Etat. Pour devenir masso-kinésithérapeute il fallait valider les deux
mises en situation professionnelle, la soutenance du mémoire et les modules.
Nous avons assisté en 1997 à la création de l'Agence Nationale d'Accréditation et
d'Evaluation de la Santé (ANAES), qui a ensuite fusionné avec la Haute Autorité de Santé
(HAS) le 1er janvier 2005. Cette agence a dû évaluer les actes et créer des référentiels
permettant une meilleure qualité des soins.
Malgré beaucoup de discussions et de désaccords venant de certains kinésithérapeutes, le 7
septembre 2006 l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes a été fondé par Xavier Bertrand,
ministre de la Santé et de la Solidarité. Les conseils nationaux et départementaux vont avoir
alors pour rôle la créance du code de déontologie 18.
Nous pouvons ainsi nous rendre compte que notre profession, admise dans le secteur
paramédical, possède une riche histoire. Longtemps rejetée par le milieu médical, elle devient
officielle grâce à l'État et tout particulièrement par les conséquences néfastes de la Première
Guerre Mondiale. Cette reconnaissance qui a permis, par la suite, le remboursement de nos
actes a entraîné une acceptation des idées empiriques de nos pairs, exempte de recherches
scientifiques démontrant l'efficacité de nos actes. Les kinésithérapeutes ont ainsi pu s'occuper
de personnes en déficiences physiques et noter des améliorations de douleurs ou de qualité de
vie retransmises par ces patients.
Sachant que notre profession et notamment nos actes ne proviennent pas d'études issues de la
recherche scientifique, peut-on penser honnêtement que nous sommes entièrement
responsable la guérison de ces personnes ?
18
Poirier A. L'ordre des masseurs kinésithérapeutes, une construction mouvementée. Soins,
Octobre 2006. Vol 51, n°709, p.48.
11
Les biais de la rééducation :
Le seul moyen qu'un kinésithérapeute libéral possède dans son cabinet pour déterminer si son
traitement s'avère efficace est de faire des bilans, un à l'entrée et un dernier à la sortie.
Prenons pour exemple le cas d'une lombalgie commune. Le patient arrive dans le cabinet du
kinésithérapeute avec une douleur lombaire cotée à 5 sur l'Echelle Visuelle Analogique
(E.V.A). Deux mois plus tard, après vingt séances prescrites par le médecin pendant
lesquelles le kinésithérapeute lui a fait des massages, des mobilisations, du renforcement
musculaire et de la physiothérapie, sa douleur non provoquée descend à 2.
Malgré tout, est-ce le kiné qui aura permis cette chute de la lombalgie de 3 points ?
Plusieurs hypothèses sont possibles :
•
Le traitement que le kinésithérapeute a établis est efficace. Sa formation initiale et son
expérience lui ont appris que pour une pathologie donnée, il faut, par exemple, tout
d'abord faire cette technique de détente musculaire puis du renforcement analytique...
De plus, son agenda est plein avec une liste d'attente d'un mois et les patients sont
satisfaits du thérapeute, alors pourquoi changer de techniques ou de méthodes ?
•
Il s'agit de l'évolution normale ou naturelle de la maladie. Le temps fait que chaque
maladie, ou presque, non évolutive doit disparaître naturellement ou du moins
s'atténuer. Par exemple, si vous n'allez pas voir votre médecin pour un simple rhume,
ce dernier ne vous poursuivra pas pendant des années. Les latins parlaient de «naturae
medicatrix» 19 (principe que les naturopathes ont repris).
•
Nous pouvons être dans le cas de la régression statistique à la moyenne. C'est un
phénomène observé chez l'humain qui a une humeur différente d'un jour à l'autre et
donc un état d'être et des ressentis fluctuants. De plus, quand un patient consulte et
voit des thérapeutes, il est généralement au plus mal de ses capacités (il est rare qu'une
personne aille voir son médecin quand elle sent qu'elle va mieux). Il semble donc
logique que dans les jours qui vont suivre sa consultation, sauf poussées, il se sentira
mieux.
19
Estrade JL. Pourquoi les traitements inefficaces apparaissent utiles ? Kinésithérapie, la
revue, 2010. Vol 10, n° 99, p.10.
12
•
L'évolution est due à l'effet placebo. Il s'agit à la fois d'une notion concrète, puisque la
personne se sent mieux, mais aussi subjective car elle est psychologique. Le docteur
Berthelot 20 le définit ainsi : « L'effet placebo correspond à la mise en jeu par divers
réseaux neuronaux encéphaliques, mais aussi de la moelle de mécanismes réduisant
l'intensité d'un symptôme, à la suite d'un événement catalyseur ou déclencheur ». Nous
pouvons prendre comme exemple le baiser d'une mère sur la blessure de son enfant
qui pleure. Ce baiser, qui n'a aucun principe actif, rend l'enfant moins triste. Il a
l'impression d'avoir moins mal. Les patients, ayant un suivi clinique, peuvent aspirer à
une véritable amélioration de leur état de santé par des effets parfois insignifiants
comme la blouse blanche d'un praticien [19], sa confiance et son contact en empathie,
le sourire d'une infirmière, des diplômes accrochés aux murs ; tous peuvent influer sur
la physiologie de la santé.
•
Il s'agit de l'effet de « Hawthorne » 21, qui est le fait qu'un patient dans cette situation,
va simuler une progression dans le seul but de satisfaire son kinésithérapeute, de lui
dire ce qu'il veut entendre. Cet effet est plus particulièrement présent dans le cas de
questionnaires subjectifs comme celui de l'E.V.A ou dans certaines recherches
scientifiques. Nous pouvons aussi le retrouver en collectivité, lorsqu'un groupe prend
une décision, rares sont les personnes qui vont donner un avis inverse de la majorité,
c'est ce que Martin et Anzieu 22nomment « la dynamique des groupes ».
•
Il peut s'agir du praticien. Ce dernier qui est sûr de ses techniques, renverra
l'impression au patient d'une image de sécurité et de résultats fiables. De plus, certains
tests (voir beaucoup), même en intra-examinateur, c'est-à-dire fait par un même
praticien d'un jour à un autre, peuvent ne pas se révéler fiables comme la goniométrie
20
Berthelot JM. The placebo effect in rheumatology : new data. Joint Bone Spine September
2010. 16.
21
Piette G. Evaluation de la réalisation des techniques manuelles kinésithérapiques en
formation initiale. Kinésithérapie, la revue, Juin 2010. Vol 10, n°102, p.26-27.
22
Martin JY, Anzieu D. La dynamique des groupes restreints. Paris, PUF, 1994. p.63.
13
par exemple, la mesure de la flexion lombaire avec un inclinomètre électronique
n'était pas source de données comparative 23.
Il s'agit en réalité de l'association de l'ensemble de ces hypothèses. La théorie qui persuade les
praticiens de leur efficacité est "Post hoc, ergo propter hoc" qui signifie du latin: "à la suite de
cela, donc à cause de cela". Ce principe découle du fait qu'un homme va tout de suite penser
que, si une évolution d'un état se fait à la suite d'un acte, alors c'est l'acte qui en est la
conséquence directe. Cette notion peut donner lieu à de nombreuses dérives médicales. Un
exemple révélant l'absurdité de certains tests : nous comptons le temps qu'un individu met
pour marcher le plus vite possible pendant 10 mètres puis il s'assoit, on lui mobilise alors le
genou pendant 5 secondes et il repart pour faire les 10 mètres. Dans une grande majorité des
cas, le deuxième test donnera un temps moins élevé que le premier, pour autant est-ce la
conséquence de la mobilisation de genou ? Il est peu probable.
Or, bien souvent, le thérapeute n'a pas conscience de ces biais et hypothèses qui permettent
l'amélioration de la santé de son patient. Il a fait des études qui lui ont permis de posséder
pléthore de tests et techniques qu'il se doit d'appliquer dans ses stages ainsi qu'après
l'obtention de son Diplôme d'État.
Notre profession est empirique, c'est-à-dire qu'elle est faite sur l'expérience de nos pairs. Par
définition, l'expérience n'est pas scientifique et donc permet ces biais. Ainsi, la plupart des
"Méthodes de …" (Kabat, Perfetti, Bobath…) ne sont le fruit que de conclusions, constituées
de connaissances physiologiques, biomécaniques et anatomiques appliquées à une technique
kinésithérapique. Ces personnes, possédant un savoir, ont testé leurs gestes sur un, dix, cent
patients et cela semble avoir fonctionné. Ils en ont donc tiré les conclusions que "si cette
technique semble agir sur ces patients, alors elle agit sur tout le monde".
Malgré tout, les biais de la rééducation ne sont pas toujours positifs. Parfois une rééducation,
même bien effectuée, peut aboutir à des résultats plutôt négatifs ou du moins pas à l'issue
espérée. Pour cela, nous pouvons observer :
•
L'effet nocebo. Il se définit en étant l'inverse ou le côté nocif de l'effet placebo.
Richard Dawkins 24 nous en fait part dans son livre "God Delusion". Il nous cite
23
Hunt D, Zuberbier O, Kozlowski A, et al. Reliability of the lumbar flexion, lumbar
extension, and passive straight leg raise test in normal populations embedded within a
complete physical examination. Spine, 2001. 26, p.2714-2718.
14
l'exemple d'une étude réalisée par le docteur Herbert Benson 25, sur 1802 personnes qui
allaient toutes subir un pontage coronarien. Ces cobayes ont été divisés en trois
groupes dont le premier était un groupe témoin qui subissait "normalement"
l'opération, comme les deux autres d'ailleurs. Pour le second, en plus de l'opération,
des personnes priaient pour eux sans qu'ils le sachent. Enfin pour le dernier groupe,
des prières étaient aussi faites pour eux mais ils le savaient. Les résultats ont montré
une augmentation significative du nombre de décès pour ce troisième groupe, par
rapport aux deux autres qui ont des résultats similaires. Même si cet exemple est
extrême, il reste néanmoins bien réel.
•
Les "défauts" du praticien. Ils peuvent être son âge, son sexe ou encore son contact
avec le patient. Un jeune diplômé va paraître pour certains sans expérience et donc pas
à la hauteur de les soigner. De manière plus anecdotique, plusieurs patients de sexe
masculin, par exemple, peuvent avoir l'idée de ne pouvoir être pris en charge que par
un autre homme et inversement avec les femmes.
•
L'ostéopathie. Une majorité de patients rencontrés en stage ne connaissaient pas la
différence entre la kinésithérapie et l'ostéopathie. Certains même pensent qu'il s'agit
d'une spécialisation de notre profession et que donc un "ostéo serait meilleur qu'un
kiné". Cette idée, assez répandue dans l'inconscient collectif, incite une patientèle à
tout d'abord faire plus confiance à la profession d'ostéopathe qu'à la nôtre. Ce propos
n'est pas pour dénigrer l'ostéopathie, qui peut être complémentaire à la médecine
allopathique, mais plutôt pour faire prendre conscience aux kinésithérapeutes, de
l'influence que peut avoir une autre profession parallèle à la nôtre aux yeux des
personnes.
Notre formation de trois ans, bien que très complète, ne nous permet pas de nous
perfectionner dans une technique ou de nous spécialiser dans un domaine (type pédiatrie, urogynécologie, neurologie…). Ainsi, lorsque que nous sommes (ou devenons) kinésithérapeutes
libéraux, nous pouvons recevoir dans notre cabinet, plusieurs patients ayant une même
24
Dawkins R. God delusion. Bantam books. 2006. p.83-87.
25
Benson H, Dusek JA, Sherwood JB, Lam P et al. Study of the therapeutic effects of
intercessory prayer (STEP) in cardiac bypass patients. American Heart Journal, 2006. Vol
151, issue 4, p.934-942.
15
maladie mais que nous ne pouvons pas soigner ou soulager comme nous le souhaiterions. Il
est possible de faire quelques recherches dans des revues ou par internet mais, généralement,
nous nous tournons vers les formations post-D.E. Dans un monde où l'"offre et la demande"
font la loi dans l'inconscient collectif, le kinésithérapeute se doit de faire des formations et
d'étoffer son C.V pour attirer sa patientèle (ou clientèle). Actuellement, apparaît un
enfantement d'écoles et de formations, notamment de techniques dites "douces". Ces
institutions qui, bien souvent, réclament une participation onéreuse, prétendent parfois être
"LA solution miracle" pour soigner une pathologie (ou même toutes les pathologies).
Certaines créent même des microsociétés dans la kinésithérapie (les Méziéristes, les
Sohiéristes…) reprenant le nom de leur inventeur. Beaucoup de ces formations sont sûrement
de très bonne qualité, mais elles apportent parfois de la "fausse connaissance" par :
•
Des points de vue trop sélectifs,
•
Des interprétations parfois erronées,
•
Des faux liens de causalité. Le kinésithérapeute devient alors le patient évoqué plus
tôt. Il observe devant lui des faits qu'il va mettre en lien (ou qu'on va lui faire mettre
en lien) de cause à effet, alors qu'il n'y a pas forcément de rapports propres,
•
Des observations subjectives,
•
Des erreurs de raisonnement(s),
•
Des croyances.
Malgré les recherches, la médecine étant un vaste monde, actuellement, elle ne peut pas guérir
toutes les pathologies existantes.
Néanmoins, elle se doit d'apporter des soins adaptés à chaque patient. Ces soins qui doivent
faire l'objet de recherche afin d'en démontrer leur efficacité.
Un professionnel de santé se doit de connaître ces biais de rééducation, car même s'il souhaite
faire plaisir à sa patientèle (notion socio-économique), il reste l'un des seuls praticiens à voir
ses patients toutes les semaines, voire quotidiennement parfois. Ainsi, la qualité des soins ne
doit être pas négligée au profit de "pseudo-guérisons" procurant parfois une notion de plein
pouvoir à certains kinésithérapeutes.
La kinésithérapie devra donc être scientifique.
16
Le devenir de la masso-kinésithérapie : une approche scientifique :
L'"Evidence-Based Practice" ou la pratique basée sur les preuves
Contrairement aux pays anglo-saxons, les physiothérapeutes français ou kinésithérapeutes
font leurs études dans des écoles ou instituts de formation, privés ou non, pendant une durée
de trois ans après avoir obtenu un droit d'entrée par le biais d'un concours très sélectif. Ces
années d'étude ne sont reconnues que deux ans. Cet enseignement ne fait pas partie du
système "LMD" License-Master-Doctorat mis en place par le ministère de l'Éducation
National.
En effet, à la suite de l'obtention de notre Diplôme d'État, nous ne pouvons malheureusement
pas assouvir notre soif d'apprendre vers des études de recherches en masso-kinésithérapie.
A l'heure actuelle, ce frein empêche une progression de notre profession vers un état de
reconnaissance et de développement.
En attendant une prise de décision de l'État quant à la réingénierie des études vers la faculté et
donc quant à la gratuité, nous pouvons néanmoins observer depuis quelques années une
évolution importante de notre profession.
S'appuyant sur le système médical, les physiothérapeutes ont créés l'"Evidence-Based
Practice" ou EBP. Elle se traduit par "la pratique basée sur les preuves" 26.
Depuis quelques décennies, les médecins chercheurs ont élaboré l"Evidence-Based Medicine"
ou EBM. Elle est définie comme étant « […] l’usage adéquat, explicite et conscient des
meilleures preuves pour faire les choix des thérapeutiques à apporter aux patients […] en
intégrant l’expertise clinique personnelle avec l’ensemble des meilleures preuves cliniques
disponibles issues d’une recherche systématique d’informations » 27.Ceci leur permet, grâce à
des études scientifiques sur différents sujets, de créer leur propre diagnostic et prise en charge
d'un patient selon des critères qui auront donc été prouvés par la science.
26
Schreiber J, Stern P. A review of the literature on evidence-based practice in physical
therapy. The Internet Journal of Allied Health Sciences and Practice. October 2005. Vol 3,
n°4.
27
Sackett DL, Rosenberg WM, Gray JA, Haynes RB, Richardson WS. Evidence-based
medicine: what it is and what it isn't. BMJ 1996. 312, p.71-72.
17
Dès 1969, lors d'un discours pour l'American Physical Therapy Association, Eugene
Michels 28 a recommandé à ses collègues de ne travailler, non pas sur la suggestion d'autres
physiothérapeutes ou sur sa propre expérience professionnelle mais plutôt sur des preuves
scientifiques. Cette idée était déjà très intéressante, lorsque l'on connaît les biais de
rééducation évoqués dans un chapitre précédent, mais malheureusement les recherches dans le
domaine étaient, à l'époque, bien trop maigres pour pouvoir suivre l'idée de Michels.
Des études 29 faites à la fin des années 1990 ont révélé que moins de 5% des praticiens, qui ont
répondu au sondage des chercheurs, utilisaient des données scientifiquement prouvées pour
guider leur prise en charge.
Aujourd'hui, dans l'étude que nous avons réalisée auprès des kinésithérapeutes libéraux
bretons, sélectionnés au hasard, nous retrouvons 19 praticiens sur les 45 réponses reçues,
soient 42% qui utilisent, entre autres, les revues de littérature pour leur permettre d'utiliser
plus une technique qu'une autre. Malgré le fait que ce questionnaire reste assez subjectif, on
peut donc noter une évolution dans l'esprit des professionnels.
L'"Evidence-Based Practice" est une démarche. Elle permet, par la recherche d'études via
internet ou des revues spécialisées, de créer un protocole de rééducation par rapport à une
pathologie et non un patient, contrairement à l'ostéopathie par exemple.
Dans le cadre de notre profession, l'EBP se développe par l'intermédiaire d'agences de santé
nationale 30 comme la "Sosial-og helsedirektoratet" en Norvège ou par des associations de
kinésithérapeutes comme la "Koninklijk Nederlands Genoostchap voor Fysiotherapie"
(KNGF) aux Pays-Bas ou encore "Physiotherapy Evidence Database" (PEDro) en Australie.
28
[28]Michels E. The 1969 presidential address. Physical Therapy, 1975. p.607-610.
29
Turner P, Whitfield T. Physiotherapists' reasons for selection of treatment techniques: A
cross-national survey. Physiotherapy Theory and Practice, 1999. 15, p.235-246.
30
Trudelle P, Andrée-Vert J. Compte rendu de la WCPT. Septembre 2007. Vol 7, n°68-69,
p.11-48.
18
En France, nous avons l'exemple de l'"HAS", Haute Autorité de Santé, ou encore de
l'"AFREK", Association Française pour la Recherche et l'Evaluation en Kinésithérapie, qui
permet l'essor de la pratique basée sur les preuves.
A sa naissance, cette pratique moderne basée sur les preuves fait alors débat. En effet, bien
que l'EBP permette une prise en charge ciblée et prouvée, elle enlève à la profession la notion
de rééducation individualiste, c'est-à-dire la prise en charge d'un homme ou d'une femme et
non d'un genou ou d'un coude. De ce fait, la profession a décidé de ne pas s'appuyer
uniquement
sur
des
lectures
d'études
pour
travailler.
Dans
le
diagramme
de
31
Regnaux [Annexe 3], ce dernier inclut tout de même la volonté du patient pour définir l'EBP.
Notre décision thérapeutique se fait alors par :
•
Le corpus de connaissances, que l'on apprend en formation initiale,
•
L'expérience clinique, qui s'acquière par la pratique,
•
Les attentes des patients, qui permettent l'individualité de la prise en charge,
•
La littérature scientifique, qui consent de prendre les bonnes décisions,
•
Et parfois les différentes formations apprises lors de séminaires.
Les difficultés de l'"evidence-based practice" pour les thérapeutes sont de plusieurs ordres:
Il faut, tout d'abord, savoir lire et trouver les biais d'une étude. En effet, ce n'est pas parce
qu'une étude a été réalisée, même sur un grand nombre de patients, que sa conclusion s'avère
toujours vraie.
Il est nécessaire de développer son esprit critique. Les frères Goncourt 32nommèrent cet esprit
d'«aristocratie de l'intelligence». Il s'agit d'une qualité qu'il nous faut travailler pour ne pas
rester sur des conclusions trop vite énoncées.
31
Regnaux JP, Guay V, Marsal C. Evidence based practice ou la pratique basée sur les preuves
en rééducation. Kinésithérapie, la revue, octobre 2009. 94, p.55-61.
32
Goncourt E, Goncourt J. Journal. 24 mai 1861, p.963:" La crédulité est un signe
d'extraction: elle est peuple par essence. Le septique, l'esprit critique est l'aristocratie de
l'intelligence".
19
Une preuve scientifique passe tout d'abord par une probabilité faite sur un échantillon de
population en fonction d'un protocole expérimental. Elle peut être réalisée de différentes
manières mais sera "notée" par un niveau de preuve qui permet de connaître la qualité et la
force probante de cette recherche.
Les grades de recommandations (tableau 1) de la HAS sont 33:
Niveau de preuve scientifique fourni par la Grade des recommandations
littérature
Niveau 1
A
_ Essais comparatifs randomisés de forte Preuve scientifique établie
puissance
_
Méta-analyse
d'essais
comparatifs
randomisés
_ Analyse de décision basée sur des études
bien menées
Niveau 2
B
_ Essais comparatifs randomisés de faible Présomption scientifique
puissance
_ Etudes comparatives non randomisées
bien menées
_ Etude de cohorte
Niveau 3
C
_ Etudes de cas
Faible niveau de preuve scientifique
33
Site internet www.cngof.asso.fr
20
Niveau 4
_ Etudes comparatives comportant des
biais importants
_ Etudes rétrospectives
_ Série de cas
_ Etudes épidémiologiques descriptives
(transversale, longitudinale)
Tableau 1: Grade de la recommandation de la HAS.
Le nombre de paramètres mesurés dans une étude peut aussi être source d'erreurs, plus il y en
a, plus le résultat ne sera pas fiable. C'est ce qu'on appelle le "critère de jugement". Lorsqu'un
seul paramètre est étudié, nous n'avons que 5% de risque de prouver quelque chose qui s'avère
être faux en réalité. Pour cinq paramètres, ce pourcentage monte à 25% et enfin à partir de
vingt paramètres toutes les conclusions sont possibles.
Afin qu'une étude soit la plus fiable possible, il faut aussi que les personnes concernées, qu'il
s'agisse de celle qui attribue le traitement, du thérapeute, du patient mais aussi de l'évaluateur
soient "aveugles". C'est à dire que si l'étude compare un essai thérapeutique à un placebo, il
faut que personne ne sache quel est le "vrai" du "faux" ni qui reçoit le placebo ou non. Ainsi,
la technique ou le produit testé, ainsi que le placebo, doivent être administrés sans que les
personnes en connaissent la nature, afin d'éviter l'"effet pygmalion". Ce phénomène, tirant ses
sources de la pédagogie et aussi appelé «effet des attentes» par Trouilloud 34, est la
conséquence des souhaits d'un expérimentateur qui, involontairement, influence le résultat de
sa recherche. Ainsi, si l'étude se fait en double aveugle, il ne peut y avoir de biais physicopsychologiques pouvant influencer la démarche scientifique de la recherche.
34
Trouilloud D, Sarrazin P. Les connaissance actuelles sur l'effet pygmalion: processus, poids,
et modulateurs. Revue française de pédagogie, 2003. n°145, p.89-119.
21
Le "Center for Evidence-Based Physiotherapy" en Australie a créé une échelle dite " PEDro "
permettant de juger la qualité méthodologique d'une étude. Elle comprend 11 critères et est
notée sur 10 points; sachant que la note de 10 prouve la plus grande valeur de recherche
concernant sa validité. Les critères 35sont :
•
Critères d'inclusions présents (n'apporte pas de points mais est obligatoire),
•
Attribution aléatoire des sujets dans les groupes (1 point),
•
Assignation secrète des groupes (la personne qui détermine les critères d'inclusions
d'un sujet ne doit pas savoir dans quel groupe ce sujet ira) (1 point),
•
Caractéristiques des sujets similaires au début de l'étude (1 point),
•
Sujets, thérapeutes et évaluateurs aveugles (1 point chacun donc 3 points en tout),
•
Moins de 15% de perte de sujets (1 point),
•
Analyse par intention de traitement (1 point),
•
Comparaison des groupes sur une base statistique (1 point),
•
Mesure de variance et d'écart type (1 point).
Une étude, conçue sous la forme classique "Introduction, Method, Results And Discussion"
(IMRAD) doit donc être lue en commençant non pas par les résultats, qui semblent à
première vue être ce qui nous intéresse le plus, mais au contraire par la méthode. Celle-ci
permet ainsi de savoir si ces résultats sont sources de fiabilité scientifique ou non et donc d'en
prendre note ou non.
35
Site internet PEDro traduit en français: www.pedro.org.au/french/downloads/pedro-scale/
22
Le diagnostic kinésithérapique
Pour Eric Viel 36, le diagnostic kinésithérapique est «une mise en évidence par des tests et
bilans largement acceptés des capacités résiduelles et des gênes les plus marquées, pour
formuler un régime de traitement et un pronostic de récupération».
Elle est une démarche à adopter, faisant suite à l'analyse des bilans. Elle permet au praticien,
après avoir lu la prescription du médecin, analysé le dossier médical ainsi qu'observé
cliniquement le patient, d'émettre des hypothèses de soins évolutives.
En prenant en compte le discours du patient, le kinésithérapeute établit son diagnostic sous la
forme d'un modèle biopsychosocial, lui permettant ainsi de suivre l'évolution de l'état de
Santé de cette personne. Ce modèle oriente le praticien vers des pratiques en constantes
évolutions suivant ainsi les différentes phases d'une maladie.
Le diagnostic kinésithérapique amène chaque praticien a une autonomie de soins ainsi qu'à la
possibilité d'établir des diagnostics différentiels probables. Elle permet aussi l'opportunité de
se rendre compte d'une éventuelle non-observance d'un patient quant à son traitement.
La validation de nos actes par un comité de recherche en kinésithérapie serait et devient de
plus en plus nécessaire dans un contexte socio-économique où l'assurance maladie commence
à avoir quelques incertitudes quant au remboursement de nos actes. Pour exemple, il faut
savoir que le massage n'a toujours pas de validation scientifique et que nous sommes près de
60000 de kinésithérapeutes à le faire quotidiennement.
Plusieurs sociétés fabriquent des objets (K-Tapping, bracelets d'équilibre…) qui, selon eux,
permettent la guérison ou du moins la diminution de douleurs, raideurs et autres conséquences
d'une maladie. Sans la possibilité d'effectuer des recherches scientifiques objectives, ce
commerce s'effectue ainsi librement. Seules quelques associations en France comme l'AFREK
réalisent des recherches orientées sur la kinésithérapie. Malheureusement, le manque de
financement crée un dilemme quant au choix d'études à réaliser.
La création d'un diplôme de masseur kinésithérapeute via l'université permettrait ainsi la
créance de pôles de recherche dans notre domaine pour valider nos actes mais aussi contrôler
la sortie dans les commerces d'objets à publicité parfois mensongère.
36
Viel E. Le diagnostic kinésithérapique: vous savez le faire, alors sachez le faire.
Kinésithérapie scientifique, mai 1999. n°389, p.34.
23
Recherche sur l'efficacité ou non des bracelets d'équilibre "EFX" :
Introduction
Depuis quelques mois, nous assistons à l'arrivée, sans précédent, de bracelets qui
permettraient un rééquilibrage énergétique du corps. D'après leur fabricant, ce bracelet
constitué de silicone et contenant deux hologrammes de Mylar (polyéthylène) serait chargé de
fréquences électriques qui rétablissent «l'équilibre de votre corps, de façon à stimuler un
échange libre d'ions positifs et négatifs et d'aligner les voies énergétiques de votre corps» 37.
En vente dans les magasins spécialisés dans les sports de glisse dans un premier temps, ces
bracelets attirent à présent une autre clientèle que les surfeurs et autres sportifs souhaitant
améliorer leur équilibre. En effet, de nombreuses personnes attirées par leurs vertus
présumées (amélioration de l'équilibre, force et souplesse) et par l'effet de mode suscité,
tentent l'aventure en achetant un de ces objets vendus aux alentours de 35€. Parmi ces
acheteurs, se trouvent de plus en plus de personnes atteintes de pathologies les plus diverses
comme des syndromes cérébelleux, qui souffrent de leur manque d'équilibre (constat fait dans
plusieurs cabinets et centres de rééducation). D'après notre étude réalisée auprès de
kinésithérapeutes libéraux, nous avons pu constater que certains kinésithérapeutes (11%)
proposent à leurs patients d'investir dans ces fameux bracelets "miracles"[annexe
questionnaire].
Les revendeurs de ces bracelets magnétiques proposent à leurs acheteurs de se livrer à
quelques tests censés démontrer leur honnêteté. Il s'agit de se mettre en monopodal, les bras
en abduction à 90° sans bracelet puis avec, autour du poignet. Une tierce personne appuie
alors en direction du sol afin de déséquilibrer le testeur; ce dernier semble résister beaucoup
plus en présence de l'objet. Ces tests comportent des biais évidents ne prouvant aucunement
l'efficacité de cet objet.
Actuellement, aucune étude scientifique sérieuse connue n'a été publiée pour affirmer ou
infirmer les résultats avancés par les différentes marques sur le marché.
Il m'est donc apparu intéressant de tenter de dénouer ce mystère traînant depuis plusieurs
mois.
37
Site EFX : http://www.efx.com
24
Avons-nous trouvé un "objet-miracle", mettant au placard tous nos protocoles de rééducation
de l'équilibre du corps humain ? Ce bracelet a-t-il un réel impact sur notre stabilité ou est-t-il
juste le "produit commercial de l'année" ?
Méthode
Score PEDro: 10/10
Les participants
Cents personnes saines ont été sélectionnées au hasard parmi les cent trente-sept qui ont
répondu positivement à la demande de recherche de cobayes, au sein de l'Institut de
Formation en Podologie, Ergothérapie et Masso-Kinésithérapie (IFPEK) de Rennes (35).
Cette demande s'est effectuée par le biais d'une feuille explicative sur la démarche et non le
but du test.
Les critères d'inclusions étaient donc d'être un (ou une) étudiant(e) sain(e) de l'IFPEK, âgé(e)s
entre 18 et 28ans.
Le matériel
Nous avons utilisé une plateforme de stabilométrie BioRescue® de type PodoLab de la
société RM ingénierie. Elle permet d'observer les différentes oscillations d'un mouvement
ainsi que les points d'appuis d'un patient grâce à 1600 capteurs de pressions et donc, par la
résultante des appuis plantaires, d'établir l'image verticale du centre de gravité de la personne
étudiée.
L'enregistrement et le traitement de l'information délivrée se fait à l'aide d'un ordinateur relié
par un câble à la plateforme. Le logiciel BioRescue® installé dans l'ordinateur calcule ainsi
toutes les données mathématiques afférentes.
La plateforme stabilométrique ainsi que la cabine d'enregistrement répondent aux normes
exigées par l'Association Française de Posturologie (AFP 85).
Cette cabine est réalisée à l'aide de draps blancs, sans repères verticaux ni horizontaux, avec
un rond rouge (de 2cm de diamètre) éclairé à 2000 luxs, placé à la hauteur des yeux, sur un
mur situé à 70cm devant la personne. Le centre de la plateforme est situé à 50 cm des
contours de la cabine qui est elle-même installée dans la salle clinique de l'Institut de
Formation en Masso-Kinésithérapie de Rennes.
Les conditions d'enregistrement sont réalisées selon les normes AFP 85 établies par PierreMarie Gagey.
25
Afin de réaliser cette étude, une des marques de bracelets que nous avons contactées, nous a
gracieusement offert des hologrammes de Mylar de leur production. Ces hologrammes, tous
semblables, nous ont été envoyés en deux catégories séparées : les dits "vrais" qui ont été
programmés par leurs soins et d'autres n'ayant pas subi la programmation, ayant ainsi le rôle
de placebo car sans "produit actif".
La procédure expérimentale
Avant les tests :
Afin d'effectuer ces tests de la manière la plus scientifique et fiable possible, il fallait, entre
autres, la réaliser en double aveugle. Ainsi ni les participants, ni la personne qui réalisait les
tests ne devaient connaître ce que les hologrammes contenaient, c'est-à-dire s'ils avaient sur
eux les programmés ou non (placebo). Pour cela, une tierce personne a intégré les
hologrammes dans cent enveloppes de manière aléatoire, grâce au logiciel Excel, par la
fonction "ALEA". Cette dernière permet de renvoyer "un nombre aléatoire de distribution
normale supérieur ou égal à 0 et inférieur à 1" et différent à chaque calcul.
Cette fonction a également été utilisée pour savoir si le participant allait effectuer son premier
test avec les hologrammes ou non et donc effectuer son deuxième test, respectivement sans ou
avec les deux objets en question. En effet, pour rester conforme aux bracelets vendus en
commerce contenant deux pastilles, lorsqu'un cobaye avait en main ce Mylar, il portait en fait
un morceau de papier avec deux hologrammes.
Pendant les tests :
Plusieurs sessions d'examens ont donc été réalisées, selon les disponibilités de chacun pendant
la période du 29 novembre au 7 décembre 2010 soit, à raison de 45 minutes pour cinq
personnes testées, 15 heures d'examens.
L'installation des participants et les consignes d'enregistrement :
Les cobayes étaient dans la salle d'évaluation clinique de l'établissement et s'allongeaient 10
minutes sur une table afin de se détendre. De ce fait, il fallait prendre en compte l'activité
physique préalable potentielle de certains cobayes. Chaque personne portait un numéro par
lequel lui été affecté une enveloppe. Au bout de ces 10 minutes, ces dits "testés" montaient
sur la balance stabilométrique, pieds nus, formant un angle de 30° vers l'avant et les talons
séparés de 2 cm (une marque étant faite sur la balance pour les aider à placer leurs pieds). Le
point rouge fixé au mur devant eux était placé à la hauteur de leurs yeux. Si la feuille donnée
26
par la tierce personne indiquait que le cobaye devait avoir, pour son premier test, le contenu
de l'enveloppe, alors il lui était remis, sinon ce serait pour le prochain test. La personne
enregistrant les données n'avait alors droit qu'à une seule consigne : «regardez le point rouge
devant vous, et concentrez-vous sur votre équilibre». Le test durait une minute. Une fois les
informations recueillies grâce au logiciel de calcul, les cobayes pouvaient alors se rallonger à
nouveau 10 minutes. Le deuxième test était similaire au premier à l'exception de la présence
ou non des hologrammes, ceci tenus le cas échéant, dans une main au choix. Ces
hologrammes ne pouvaient déséquilibrer la personne car ils sont d'un poids négligeable
(environ 1 gramme).
Le paramètre alors mesuré est la surface de l'ellipse de confiance à 90%. Elle est, en mm²,
l'aire que forment la "pelote" de points représentants les déplacements du centre de gravité de
la personne étudiée, dans un temps de 60 secondes.
Résultats
Selon le critère de jugement, n'ayant qu'un paramètre de mesuré, nous n'avons que 5% de
risque d'avoir des résultats erronés, de plus nous n'avons eu aucune perte de sujets.
Chaque numéro de cobayes avait donc deux aires calculées et ce fut leur différence qui permit
de savoir si une amélioration ou diminution de l'équilibre avait eu lieu. Il s'agissait donc tout
d'abord d'une analyse "intra-cobaye", c'est-à-dire pour une seule personne testée.
La fonction "ALEA" a permis de séparer, de manière assez homogène, les différents types
d'hologrammes puisque 49% des personnes testées, en possédaient des "vrais" donc
programmés, contre 51% qui détenaient des placebos.
Peu importe le bracelet testé, les résultats montrent une amélioration pour 54% des étudiants
lors du deuxième test. Ceci tend à prouver que le fait de s'allonger dix minutes avant et entre
les tests permet une non-adaptation ou non-acquisition de son équilibre, par répétition de
l'épreuve.
Sur les cents personnes, seules deux ont vu leur équilibre inchangé (45 et 11mm²). Elles
avaient, dans leur enveloppe, des hologrammes non programmés donc placebo.
A la suite des différents calculs de pourcentages, nous pouvons noter que 53% des cent
cobayes ont vu leur équilibre (représentée par l'aire du déplacement de leur centre de gravité)
s'améliorer et donc 45% diminuer (puisque 2% restent inchangés). Ce calcul est réalisé tel que
X (en pourcentage) = ((aire avec hologrammes-aire sans hologramme)/aire sans hologramme)
x100. Si X est négatif alors, nous notons une amélioration, si X est positif, il s'agit d'une
diminution de l'équilibre.
27
Sur les 51 testés avec les placebos, 26 (soit 51%) ont eu une amélioration de leur équilibre
contre 23 (soit 45%).
Moyenne
78,547588
Médiane
-2
Mode
350
Ecart-type
210,180567
Variance de l'échantillon
44175,8709
Coefficient d'asymétrie
2,30559827
Minimum
-89,6
Maximum
927
Somme
4005,9
Nombre d'échantillon
51
Tableau 2 : Données statistiques [annexe 4 et 5] concernant les bracelets "placebos".
Sur les 49 testés avec les "vrais" hologrammes, 27 (soit 55%) ont eu une évolution positive
contre 22 (soit 45%).
Moyenne
49,7285714
Médiane
-7,1
Mode
-41,1
Ecart-type
183,352279
Variance de l'échantillon
33618,0583
Coefficient d'asymétrie
3,6828079
Minimum
-89,4
Maximum
1036
Somme
2436,7
Nombre d'échantillon
49
Tableau 3 : Données statistiques[annexe 4 et 6] concernant les "vrais" bracelets.
28
Discussion
Ces résultats ne montrent pas de réelles différences entre l'effet des hologrammes programmés
et ceux des placebos. Bien que cette étude possède un biais de spectre puisque la population
choisie ne présente aucune pathologie, nous pouvons facilement imaginer que, si cette "mode"
des bracelets ne fonctionne pas, en tout cas au point de vue physiologique sur des personnes
saines, il en est de même sur des patients atteints de pathologie(s) affectant leur équilibre.
La cible de vente de ces bracelets est avant tout un public jeune et sportif. Il semble alors
assez intéressant de noter l'importance de l'aspect psychologique, par le biais de techniques
commerciales et marketing. Celui-ci peut alors porter atteinte à de nombreuses personnes
ayant des difficultés socio-économiques et de santé, dont la science a du mal ou est "trop
lente" à soigner.
Certains sportifs de haut niveau ayant un statut de reconnaissance et d'influence, peuvent aussi
se remettre en questions, quant au fait qu'ils sont à même, de par leur renommée, d'amener le
public, de manière indirecte, à acheter des produits inutiles mais surtout inefficaces.
Beaucoup de kinésithérapeutes, notamment du sport, risquent aussi de tomber dans
l'engrenage de la "mode". Ceux-ci peuvent recommander à leurs patients des techniques ou
produits dont l'effet n'a pas encore été scientifiquement prouvé mais dont le but semble se
produire, sans tenir compte des différents biais, notamment psychologiques, intrinsèques au
thérapeute ou au soigné.
Doit-on pour autant attendre la science pour essayer de nouvelles techniques ou outils ? Si ces
thérapies semblent soulager le patient, faut-il les arrêter ? Qu'importe les moyens, malgré les
dires de la recherche, notre but final n'est il pas d'améliorer la qualité de vie d'une personne ?
29
Conclusion :
Malgré le fait que la masso-kinésithérapie est une profession récente, elle tire ses sources de
pratiques ancestrales. Ces dernières se sont souvent révélées intéressantes mais parfois
fausses. En effet, comme nous avons pu le constater précédemment, il existe de nombreux
biais pouvant leurrer le praticien. Ces difficultés d'interprétation ont pu rendre la profession
quelque peu "mystique" par des croyances et idées erronées sur certaines pratiques.
Avec l'arrivée, il y a quelques années, du diagnostic kinésithérapique et de la pratique basée
sur les preuves, notre profession s'est intellectualisée. Elle dépend, de moins en moins, de
l'autorité médicale par la prescription du médecin. Par ailleurs, elle permet aussi l'autonomie
du professionnel de santé à choisir ses actes de soin selon les études prouvées et recensées et
non selon une habitude construite et acquise au fil des patients. Cette dernière est souvent
compliquée à faire évoluer. Une équipe travaillant d'une certaine manière depuis des années
ne peut que très rarement en changer ses protocoles. La formation initiale joue alors un rôle
majeur dans l'"éducation" des nouveaux kinésithérapeutes à la pratique basée sur les preuves
ou "Evidence-Based Practice". Néanmoins, chaque rééducateur déjà installé se doit pour sa
profession et ses patients de se former à la lecture et à l'analyse critique d'études lui
permettant d'évoluer dans sa pratique.
Il a le devoir permanent de réactualiser ses connaissances, d'améliorer ses techniques et de
contribuer non seulement au bien-être de ses patients mais aussi d'assurer l'avenir de la
profession (formation continue).
Ainsi, après avoir longtemps été une profession empirique, la masso-kinésithérapie se doit de
devenir scientifique grâce, notamment, aux recherches qui nécessitent une approche objective
et fiable.
30
Références:
[1]Bernard C. Principes de médecines expérimentales, 1875.
[2]Georgii A. Kinésithérapie ou traitement des maladies par le mouvement selon la méthode
de Ling. Baillière Paris. 1847.
[3]Verleysen J. Histoire du massage et de la gymnastique médicale. Ed Bruxelles. 1956.
[4]Monet J. Emergence de la kinésithérapie en France à la fin du XIXème et au début du
XXème siècle, une spécialité médicale impossible. Genèse, acteurs et intérêts de 1880 à 1914.
2003. p.116; puis p.94; puis p.95.
[5]Paré A. Du mouvement et repos. Les œuvres d'Ambroise Paré (1509) Paris: Buon G .1709.
(le premier livre de la chirurgie, chapitre XVIII, p XXXII).
[6]Tissot C. Gymnastique médicinale et chirurgicale ou essai sur l’utilité du mouvement, ou
des différents exercices du corps, & du repos dans la cure des maladies Bastien libraire, Paris.
1780.
[7]Léonard J. Médecins, Malades et Société dans la France au XIXème siècle, sciences en
situation Goudy-Hélio. Les guérisseurs. 1992. p.63-82.
[8]Estradere J. Du massage, son historique, ses manipulations, ses effets physiologiques et
thérapeutiques. Paris. 1863 puis 1884.
[9]Dally E. Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre. 1871.
[10]Von Mosengeil. Uber massage, deren technik, wirkung und indicationen dazu, nebst
experimetalenuntersuchungen darüber. Arch klin chir. 1876, XXIV: p.551-594.
[11]Petit L. Le massage par le médecin, physiologie, manuel opératoire, indications. D’après
les ouvrages du Dr Albert Reibmayr. Paris.1885.
[12]Reibmayr A. Die Massage und ihre verwerthung in den verschiedenen Disciplinen der
praktischen Medizin. Toeplitz et Deuticke éditeurs. 1883.
[13]Reibmayr A. Die technik der Massage Toeplitz et Deuticke éditeurs. 1884 ; l’ouvrage
sera réédité en 1888.
[14]Castex A. Etude clinique et expérimentale sur le massage Arch.Gén.Med. 1892. p.5-24.
[15]Dagron G. De la nécessité de s’opposer à l’exercice illégal du massage et de la
Gymnastique. Revue de cinésie, 20 mars1902.
[16]Lucas-Champonnière J. Traitement des fractures par le massage et la mobilisation
Rueff. Paris. 1895.
[17]Vitoux G. La rééducation professionnelle des blesses militaires. La science et la vie,
novembre 1915. n°23, p.564.
[18]Poirier A. L'ordre des masseurs kinésithérapeutes, une construction mouvementée. Soins,
Octobre 2006. Vol 51, n°709, p.48.
[19]Estrade JL. Pourquoi les traitements inefficaces apparaissent utiles ? Kinésithérapie, la
revue, 2010. Vol 10, n° 99, p.10.
[20]Berthelot JM. The placebo effect in rheumatology : new data. Joint Bone Spine
September 2010. 16.
[21]Piette G. Evaluation de la réalisation des techniques manuelles kinésithérapiques en
formation initiale. Kinésithérapie, la revue, Juin 2010. Vol 10, n°102, p.26-27.
[22]Martin JY, Anzieu D. La dynamique des groupes restreints. Paris, PUF, 1994. p.63.
[23]Hunt D, Zuberbier O, Kozlowski A, et al. Reliability of the lumbar flexion, lumbar
extension, and passive straight leg raise test in normal populations embedded within a
complete physical examination. Spine, 2001. 26, p.2714-2718.
[24]Dawkins R. God delusion. Bantam books. 2006. p.83-87.
[25]Benson H, Dusek JA, Sherwood JB, Lam P et al. Study of the therapeutic effects of
intercessory prayer (STEP) in cardiac bypass patients. American Heart Journal, 2006. Vol
151, issue 4, p.934-942.
[26]Schreiber J, Stern P. A review of the literature on evidence-based practice in physical
therapy. The Internet Journal of Allied Health Sciences and Practice. October 2005. Vol 3,
n°4.
[27]Sackett DL, Rosenberg WM, Gray JA, Haynes RB, Richardson WS. Evidence-based
medicine: what it is and what it isn't. BMJ 1996. 312, p.71-72.
[28]Michels E. The 1969 presidential address. Physical Therapy, 1975. p.607-610.
[29]Turner P, Whitfield T. Physiotherapists' reasons for selection of treatment techniques: A
cross-national survey. Physiotherapy Theory and Practice, 1999. 15, p.235-246.
[30]Trudelle P, Andrée-Vert J. Compte rendu de la WCPT. Septembre 2007. Vol 7, n°68-69,
p.11-48.
[31]Regnaux JP, Guay V, Marsal C. Evidence based practice ou la pratique basée sur les
preuves en rééducation. Kinésithérapie, la revue, octobre 2009. 94, p.55-61.
[32]Goncourt E, Goncourt J. Journal. 24 mai 1861, p.963:" La crédulité est un signe
d'extraction: elle est peuple par essence. Le septique, l'esprit critique est l'aristocratie de
l'intelligence".
[33]Site internet www.cngof.asso.fr
[34]Trouilloud D, Sarrazin P. Les connaissance actuelles sur l'effet pygmalion: processus,
poids, et modulateurs. Revue française de pédagogie, 2003. n°145, p.89-119.
[35]Site internet PEDro traduit en français: www.pedro.org.au/french/downloads/pedro-scale/
[36]Labey A. Kinés chercheurs en quête de reconnaissance. Kiné actu, mars 2011. n°1231, p.13.
[37]Viel E. Le diagnostic kinésithérapique: vous savez le faire, alors sachez le faire.
Kinésithérapie scientifique, mai 1999. n°389, p.34.
[38]Site EFX : http://www.efx.com
Annexes :
Annexe 1 : Questionnaire et réponses des kinésithérapeutes libéraux :
Questionnaire à destination des kinésithérapeutes libéraux
*Obligatoire
Depuis combien d'années êtes-vous kinésithérapeute ? *
•
- de 5 ans
•
de 5 à 10 ans
•
de 10 à 20 ans
•
de 20 à 30 ans
•
+ de 30 ans
Depuis combien d'années êtes-vous installé en tant que kinésithérapeute libéral ? *
•
- de 5 ans
•
de 5 à 10 ans
•
de 10 à 20 ans
•
de 20 à 30 ans
•
+ de 30 ans
Travaillez-vous avec d'autres kinésithérapeutes ? *
•
oui
•
non
Si oui, combien ?
•
1
•
2
•
3
•
+ de 3
Êtes-vous spécialisé(e) dans un (des) domaine(s)? *
•
oui
•
non
Si oui, le(s)quel(s)?
•
Traumatologie
•
Neurologie
•
Rhumatologie
•
Cardiologie
•
Respiratoire
•
Pédiatrie
•
Sport
•
Uro-gynécologie
•
Autre :
Quelles techniques utilisez-vous? *
•
Massage (DLM, MVC...)
•
Mobilisation
•
Technique de Sohier
•
Technique de Perfetti
•
Technique de Bobath
•
Technique de Kabat
•
Strapping
•
K-Taping
•
Magnétothérapie
•
Autre :
Grâce à quoi, utilisez-vous vos techniques? *
•
Corpuscule de connaissance
•
Expérience clinique
•
Revue littéraires
•
Avis des patients
•
Autre :
Donnez-vous des conseils d'achat à vos patients ? *
•
oui
•
non
Si oui, le(s)quel(s)?
•
Crèmes/huiles essentielles
•
Bandes de chaud/froid
•
Béquilles
•
Chaussures spéciales
•
Bracelets d'équilibre
•
Oreillers ergonomiques
•
Phytothérapie
•
Lithothérapie
•
Autre :
Avez-vous des visites de commerciaux médicaux? *
•
Toutes les semaines
•
Quelques fois par mois
•
Quelques fois par an
•
Jamais
Quelles sont les dernières formations auxquelles vous ayez participé ?
Les utilisez-vous en pratique? *
•
oui
•
non
Si oui, la ou lesquelles?
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réponses
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Depuis combien d'années êtes-vous kinésithérapeute ?
- de 5 ans
7
de 5 à 10 ans
11
de 10 à 20 ans
18
de 20 à 30 ans
6
+ de 30 ans
3
Depuis combien d'années êtes-vous installé en tant que kinésithérapeute libéral ?
- de 5 ans
8
de 5 à 10 ans
14
de 10 à 20 ans
16
de 20 à 30 ans
6
+ de 30 ans
1
Travaillez-vous avec d'autres kinésithérapeutes ?
oui
41
non
4
Si oui, combien ?
1
10
https://spreadsheets.google.com/gform?key=0AtX-0GTD30_wdFRFam5qUV9XVXd... 28/04/2011
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2
11
3
11
+ de 3
9
Êtes-vous spécialisé(e) dans un (des) domaine(s)?
oui
32
non
13
Si oui, le(s)quel(s)?
Traumatologie
Neurologie
Rhumatologie
15
3
14
Cardiologie
0
Respiratoire
6
Pédiatrie
6
Sport
15
Uro-gynécologie
7
Other
6
Les utilisateurs peuvent cocher
plusieurs cases, donc les
pourcentages peuvent être supérieurs
à 100 %.
Quelles techniques utilisez-vous?
Massage (DLM, MVC...)
44
Mobilisation
42
Technique de Sohier
27
Technique de Perfetti
2
Technique de Bobath
9
Technique de Kabat
25
https://spreadsheets.google.com/gform?key=0AtX-0GTD30_wdFRFam5qUV9XVXd... 28/04/2011
Modifier le formulaire - [ Questionnaire à destination des kinésithérapeutes libéraux ] ... Page 3 of 5
Strapping
25
K-Taping
9
Magnétothérapie
4
Other
21
Les utilisateurs peuvent cocher plusieurs
cases, donc les pourcentages peuvent être
supérieurs à 100 %.
Grâce à quoi, utilisez-vous vos techniques?
Corpuscule de connaissance
19
Expérience clinique
41
Revue littéraires
19
Avis des patients
16
Other
26
Les utilisateurs peuvent cocher plusieurs cases,
donc les pourcentages peuvent être supérieurs à
100 %.
Donnez-vous des conseils d'achat à vos patients ?
oui
41
non
4
Si oui, le(s)quel(s)?
Crèmes/huiles essentielles
24
Bandes de chaud/froid
28
Béquilles
13
https://spreadsheets.google.com/gform?key=0AtX-0GTD30_wdFRFam5qUV9XVXd... 28/04/2011
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Chaussures spéciales
7
Bracelets d'équilibre
5
Oreillers ergonomiques
15
Phytothérapie
13
Lithothérapie
2
Other
13
Les utilisateurs peuvent cocher plusieurs cases,
donc les pourcentages peuvent être supérieurs à
100 %.
Avez-vous des visites de commerciaux médicaux?
Toutes les semaines
0
Quelques fois par mois
3
Quelques fois par an
30
Jamais
12
Quelles sont les dernières formations auxquelles vous ayez participé ?
aucune
Ostéo
Alpha 200
Hypnose
Ostéo Tricot
Alpha 200
OsteopathieKine respiratoire pediatriqueDiplôme universitaire d'anatomie clinique
reboutement, chaines musculaires, micronutrition
ostéopathie
techniques viscérales
methode moneyron, k tape 2010 2nd semestre
sohier et gym hypopressive
Training autogène de Schultz, bilan articulaire en neuro-pédiatrie.
kinesio taping , massage relax-tonic assis
kiné du sport
kinésithérapie énergétiquehypnose ericksonnienne
k taping
en cours de formation d'osteo
SOHIER MICROKINESITHERAPIE
thérapie manuelle, kiné énergétique
... ostéopathie crânienne et orthodontieostéop
...
Les utilisez-vous en pratique?
oui
41
non
4
https://spreadsheets.google.com/gform?key=0AtX-0GTD30_wdFRFam5qUV9XVXd... 28/04/2011
Modifier le formulaire - [ Questionnaire à destination des kinésithérapeutes libéraux ] ... Page 5 of 5
Si oui, la ou lesquelles?
Ostéo
Alpha 200
Hypnose
OstéoTricot
Alpha 200
Toutes
tout dans l'ostéopathie : - techniques craniennes, viscérales et articulaires
ostéo
Training autogène de Schultz.
ostéopathie
Ostéo
oui ostéo tous les jours
chaines musculaires
toutes
SOHIERMICROKINESITHERAPIE
thérapie manuelle, étirements,K taping, strapping, scrapping,
toutes quasiment tous les jours
toutes
toutes
tous
les 2 !
les 2
sohiergym hypopressive
taping
toutes
les deux
toutes
techniques structurelles et fonctionelles
toutes tous les jours
Toutes
Thérabiomag
Ostéopathie.
biokinergie
Nombre de réponses quotidiennes
https://spreadsheets.google.com/gform?key=0AtX-0GTD30_wdFRFam5qUV9XVXd... 28/04/2011
Annexe 2 : Photographie du début du XX ème siècle représentant un rebouteux :
Annexe 3: Figure 2 : Evidence-Based Practice selon Jean-Philippe Regnaux.
Aspiration
des patients
Décision
Informations
scientifiques
Expérience
clinique
Annexe 4 : Données statistiques détaillées de la recherche de l'efficacité des bracelets :
Pour le groupe "vrai", avec les hologrammes programmés la plus grande amélioration est de 89,4%, la médiane est de -7,1% et la plus grande diminution s'établit à 1036%. La variance est
de 33618,06 et l'écart type de 183,3523. Le logiciel R a aussi permis de calculer, par un "test
de Student", IC95% [-2,936352-102,393495%], p=0,06365. Toutefois ce même logiciel nous
indique quelques doutes sur les données [1036%, 433,3%, 310,2%, 325% et 240%].
Pour le groupe "placebo", avec les hologrammes non-programmés la plus grande amélioration
est de -89,6%, la médiane est de -2% et la plus grande diminution s'établit à 927%. La
variance est de 44175,87 et l'écart type de 210,1806. Le logiciel R a aussi permis de calculer,
par un "test de Student", IC95% [19,43282-137,66130%], p=0,01024. Toutefois ce même
logiciel nous indique quelques doutes sur les données [927%, 700%, 522%, 454,9%, 400%,
350% et 350% à nouveau].
En comparant les deux populations nous obtenons un coefficient de corrélation de
0,908200874, un coefficient de Pearson de 0,908200874 et un Test F à 0,34386713.
Annexe 5 : Figure 3 : Boxplot des hologrammes "placebos".
Annexe 6 : Figure 4 : boxplot des hologrammes "vrais".