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Bulletin d’information des membres de l’association de randonneurs Te fetia o te mau mato Décembre 2003 Numéro 11 Sommaire : page 01 : pages 02 et pages 04 et pages 06 et pages 08 : le nouveau bureau. 03 : les informations. 05 : vallée de Papenoo. 07 : la leptospirose. connaissance du milieu. page 09 : Gauguin « côté montagne » pages 10 et 11 : balades en montagne page 12 : leçons d’un accident pages 13 et 14 : Courrier des lecteurs Avec la collaboration de Michèle, Pierre et Mike Leyral, Jérome Viallon et François Collin. Te fetia o te mau mato Association de Randonneurs et de Protection de l’Environnement B.P. 9304 98715 PAPEETE Polynésie Française Tél. : 77 02 22 ou 45 34 16 Fax : 43 04 64 Email : [email protected] Bureau (2003-2004) : Président d’honneur: Pierre WROBEL - Alias : Mon Pierre Tél. / fax : 43 04 64 – G.S.M. : 77 02 22 Email : [email protected]> Président: Pierre LEYRAL Tél. : 45 34 16 - Email : <[email protected]> Vice-présidents: Francis GOODING Tél. : 82 60 29 et 73 18 69 Françoise ARNOULD Tél. : 48 18 62 Fax : 45 34 45 Email : <[email protected]> François COLLIN Tél. : 81 09 19 Email: <[email protected]> Jean Marc HAAPII Tél. : 45 59 68 Email: <[email protected]> Trésoriers: Joël HOUDOUX Tél. : 45 28 50 et 70 60 45 (Club) Email : <[email protected]> Didier OHLMANN Tél. : 45 09 44 et 50 35 11 Email : <[email protected]> Secrétaires: Eric BAUDRY Tél. : 41 39 19 Fax : 43 03 31 Email : <[email protected]> Isabelle PAILLOT Tél. : 82 93 79 Email : <[email protected] > Lolita CHEVRIER Tél.: 58 41 46 Fax : 58 41 46 Email: <[email protected]> Joëlle GAIFFE Tél.: 453197 (dom) et 47 01 18 (bureau) Email: <[email protected]> Josette KUNG Tél. : 58 42 92 Email: <[email protected]> Christophe LEROSIER Tél. : 81 99 60 / 78 07 44 Email : <[email protected]> Danielle MAGRYS Tél / Fax: 43 14 71 et 54 37 26 (bureau) Jeanot DELLENBACH Tél. / Fax : 42 62 36 Email : <[email protected] > Bernard VIGNERON Tél / Fax : 82 30 84 Email : <[email protected]> Rodrigue YEE KUI CHOI Tél.: 43 84 41 et 79 27 29 Email: <[email protected]> Jean-François BUTAUD Tél: 82 64 87 (dom) et 42 81 44 (bur) Email: <[email protected]> Jérôme VIALLON Tél: 81 21 08 et 70 82 56 Email: <[email protected]> Anne ROCCA Tél: 45 38 81 et 74 21 10 Email: <[email protected]> Laurent VIDAL Tél: 26 71 85 Email: <[email protected]> Jean-Marc FROGIER Tél: 58 42 89 et Maireruirii FROGIER Tél: 58 42 89 Christian CONTARDO Tél: 53 18 25 et 78 46 25; 85 36 09 (bureau) Email: <[email protected]> Tareva DOMINGO Tél: 82 10 13 Email: <[email protected]> Frédéric LAURE Tél: 82 93 27 (Dom) et 803 813 (UPF) Email: <[email protected]> Yves LELOUP Tél: 57 72 08 Email: <[email protected]> Le président et les membres du bureau souhaitent à tous les adhérents du « club montagne » ainsi qu’à leurs familles une bonne et heureuse année nouvelle , rythmée par les randonnées les plus bénéfiques et les plus conformes aux aspirations de chacun. ( 1 ) Informations générales Mardi 30 septembre 2003 Réunion du bureau présidée par Pierre Leyral avec la présence de 22 membres ( Anne, Bernard, Christophe, Danielle, Didier, Eric, Francis, François, Isabelle, JeanMarc F., Jean-Marc H., Jeanot, Jérôme, Joël, Joëlle, Josette, Laurent, Lolita, Mon Pierre, Maire et Tareva, Ordre du jour: Répartition des tâches des membres du nouveau bureau. Actualisation des statuts et du règlement intérieur. -Infos récentes et le point sur les actions en cours. - Projets pour la saison 2002/2003 (venez avec plein d’idées...) Budget prévisionnel pour 2003/2004. - Questions diverses Jean-Marc H. prend la parole pour remercier le bureau de Te fetia pour la gerbe de fleurs déposée sur le tombe de son père et pour les marques de sympathie que lui ont témoignées les membres du bureau lors de cette douloureuse épreuve. Statuts et règlement intérieur: Pierre L. propose d’apporter des modifications au statut et au règlement intérieur. Il n’y a ni urgence, ni nécessité, mais il parait souhaitable de dépoussiérer et d’actualiser les statuts qui auront bientôt 15 ans. Les membres du bureau motivés (Pierre W, Jérôme, Rodrigue, Christophe, JeanMarc H., Josette, François et Pierre L.) étudieront les textes et proposeront des modifications qui seront soumises à la prochaine réunion de bureau, puis à l’AG. Ce groupe se réunira probablement fin octobre. Infos récentes: - Les inscriptions se poursuivent à un rythme soutenu: actuellement, le Club a enregistré 150 demandes pour l’année 2004. Les inscriptions par courrier ne sont pas sans poser quelques problèmes (date d’enregistrement des chèques, pas d’achat d’équipement, parfois absence de certificat médical). Il faut fortement inciter les adhérents à passer à la permanence. De même, est évoquée l’obligation du certificat médical pour les adhérents qui ne sortiront pas avec le Club. On décide de conserver une certaine souplesse pour l’année en cours. - Aucune nouvelle de la demande de subvention auprès de la Jeunesse et des Sports. Après investigations la réponse à notre demande est attendue sous quinzaine) - Pierre W. et Pierre L ont rendez-vous avec Miriama Bono, chef de cabinet du Ministère de l’Environnement. (Info du 1er Octobre: elle recense les associations impliquées dans la Papenoo; elle a été sensible à nos réalisations et a bien enregistré nos projets pour le refuge de Te Faiiti: réponse prochainement - Réfection du refuge du Te Pari: c’est en bonne voie, le matériel est sur place et nous avons l’engagement de Guillaume Dor que le toit du refuge sera remis en état avant la sortie du Club prévue les 25 et 26 octobre. - Des journées (en général le samedi) sont organisées par le service formation de la Jeunesse et des Sports pour découvrir et étudier les différentes facettes de la vie associative. -Matériel: les nombreuses petites commandes (19 paquets) de juin ont permis de pouvoir fournir tout le matériel de base aux nouveaux adhérents. Certains colis ont été taxés, car leur valeur en matériel dépassait 20000 F. Les destinataires qui ont du verser un supplément ont été ou seront remboursés par le Club. Projets 2003-2004: -Projet d’aménager un fare potee pour le refuge supérieur de Te Faiiti. -Rencontre prochaine avec un prof de LEP qui pourrait participer à la mise en place de balisage. -Pierre W. va proposer au second trimestre un programme pour le recyclage des cadres. -Le sponsoring envisagé l’année dernière est resté lettre morte. Idée à relancer... Budget prévisionnel: Il est établi sur des bases similaires à celui de l’année dernière et intègre une demande de subvention au Ministère de la Jeunesse et des Sports. Il est approuvé à l’unanimité des membres du bureau. Questions diverses: -Un compte-rendu par mail après chaque rando est très apprécié et permettra plus facilement un bilan annuel de la fréquentation des différentes sorties. -Est évoqué un problème de santé d’une adhérente susceptible de perturber une sortie: il est décidé de ne l’accepter que pour les randonnées une ou deux étoiles et après accord du responsable de la sortie. Pierre L. se charge de la contacter personnellement. ( 2 ) -Le matériel urgent à commander: quelques demandes sont exprimées et il sera procédé à une commande pour que l’équipe d’encadrement pour chaque sortie dispose de deux cordes. Nous attendons le résultat de la demande de subvention qui prévoyait précisément l’achat de ce type de matériel. Nous allons également renouveler le stock de bâches et François en accord avec Joël se chargera de ce réapprovisionnement. - Est évoqué l’achat d’un stock de cartes pour le Club en vue de nouvelles explorations. Ce n’est pas très facile à gérer; d’autre part, des cartes plus performantes vont bientôt être disponibles; pour l’instant, les gens motivés peuvent acheter directement les cartes qui les intéressent et se faire rembourser par le Club. L’ordre du jour étant épuisé, la réunion se clôture à 20 heures. Remerciements à Eric, toujours excellent (boff!) dans sa prise de notes et à Mon Pierre pour son accueil chaleureux. Le président: Pierre Leyral - Le secrétaire: Eric Baudry Commande de matériel Le président du club rappelle qu’ il existe une solution pour l’acquisition du matériel spécifique à la randonnée et à la montagne pas toujours chose très aisée sur le territoire tant au regard du choix, des qualités techniques et du coût : La société EXPE édite chaque année un catalogue de 160 pages très fourni qui vous sera adressé sur simple demande par téléphone, courrier, par mail ou via le site. Expé - ZA d'Auberives - BP 5 38680 PONT- EN – ROYANS Tél: 33 4 76 36 02 67 - e-mail: [email protected] site: http://www.expe.fr Les modalités de commande par simple clic sont disponibles sur le site de la société et ont fait l’objet de précisions dans l’EDM N° 09 de janvier 2003. Carnet rose . . . La petite Itzae est née le jour de l'été, ce 21 juin 2003 à Aubenas dans l'Ardèche, dans la même clinique que son grand-père, mais quelques années plus tard... C'est la fille de Peggy Leyral et d'Engel Raygadas, tous deux fervents randonneurs. Elle porte le prénom d'une princesse maya. Peggy tenait bien entendu à ce que son mari soit présent le jour de l'accouchement, mais, travaillant à Paris, il ne pouvait la rejoindre que le week-end. Elle a suivi les conseils de sa sage-femme qui lui a affirmé qu'une bonne rando pouvait déclencher le processus. Et cela a marché: le vendredi après-midi, une bonne balade dans la garrigue ardéchoise, les premières contractions dans la nuit, et la petite naissait aux aurores le samedi matin. Nul doute que dans quelques années, elle et sa grande sœur Vaiiti (2 ans et demi) arpenteront les sentiers du Fenua. (communiqué de la Présidence) ( 3 ) LA PAPENOO. Une vallée chargée d’histoire Les superlatifs ne manquent pas pour décrire la vallée de la Papenoo, sise dans le district du même nom sur la côte nord de Tahiti : - Sa rivière est la plus importante de l’île. Et de loin ! Par comparaison, la Vaiha, second cours d’eau de Tahiti, est déjà trois fois moins importante que la Papenoo. - Ses affluents sont très nombreux. Les plus importants (Te faaiti, Vaitamanu, Vainavenave) ont un débit supérieur à nombre de rivières classiques se jetant directement dans l’océan. - C’est la seul ouverture de la Caldeira sur l’océan. Son bassin est, en fait, constitué par le cratère de l’île tout entier, gigantesque creuset qui recueille des centaines de ruisseaux et torrents. Ceux-ci se jetteront tous directement ou indirectement dans la grande Papenoo. - Ses crues peuvent être impressionnantes : son débit normal est de 11 m³/seconde, par beau temps, mais peut passer, en cas d’orage, à 300 m³/seconde (soit 27 fois son niveau habituel). Lors du cyclone Venaa, en 1982, le débit monta à 2200 m³/seconde, soit 200 fois son niveau habituel ! - Sur le plan historique, la densité des sites archéologiques est très importante : on y a dénombré plus de 750 sites anciens (marae, plates-formes d’habitations, terrasse de culture, ateliers lithiques, plates-formes de jeux, etc…). Avant le Contact, la Caldeira était l’endroit le plus habité de l’île. - La haute Papenoo communique avec les autres districts de l’île par de nombreux sentiers. On sait que les populations des différents districts de l’île passaient régulièrement les cols reliant leurs vallées à la Papenoo pour se retrouver dans la caldeira, au cœur géographique de l’île de Tahiti. Les randonnées dans la Papenoo Sur un plan qui nous intéresse tout particulièrement, celui de la randonnée, la Papenoo est riche et offre de nombreuses possibilités. Citons quelques classiques. Dans la moyenne Papenoo Te Faaiti : c’est l’affluent le plus important de la Papenoo. C’est aussi l’unique parc territorial de Tahiti. Chasser ou cueillir des plantes y est interdit. La flore y est particulièrement riche et les sites archéologiques très nombreux. ( 4 ) ( 4 bis ) Dans les temps anciens Te Faaiti était un site de retraite où les populations se repliaient pour échapper à leurs ennemis. Te Pihaiateta : cette vallée située juste avant Te Faaiti, a donné son nom à la montagne qui la domine. Il s’agit d’un canyon très encaissé. Plateau Uma-uma : ce plateau boisé, sombre et silencieux domine la rivière. Son chemin d’accès monte en pente douce jusqu’à un point de vue grandiose. Possibilité de boucle en redescendant sur l’affluent Te Pihaiateta. Plateau Tupa : c’est le royaume des chasseurs de cochons sauvages. Il est planté de manguiers et d’avocatiers. Du Tupa, descendent de nombreuses cascades dont la célèbre Vaiharuru, « l’eau qui fait du bruit ». Grotte Anapiro : il s’agit de la grotte la plus importante de la vallée de la Papenoo. Les archéologues la considèrent comme une ancienne grotte funéraire. Dans la haute Papenoo Vaitamanu : ce grand affluent de la Papenoo permet d’accéder à de nombreux sites sauvages et préservés. C’est le règne de la randonnée « aquatique » : remontée de canyons, lignes de cascades superbes. Une jonction entre les affluents Vaitamanu et Maroto est possible, c’est une belle randonnée en boucle. Vainavenave : ce bel affluent de la Papenoo se trouve juste sous le « Relais de la Maroto ». En suivant son cours, on accède aux fameux toboggans, situés dans un canyon superbe. On y trouve également un beau marae et la grotte Anapua. Maroto : l’eau de cet affluent est légèrement ferrugineuse, ce qui lui donne une teinte un peu laiteuse. A 15 mn de marche du confluent avec la Tahinu, se situe la célèbre cascade de la Maroto, l’une des plus belles de l’île. Ahititera : il s’agit de la cheminée principale du cratère, c’est par là que le magma, perçant la croûte océanique à 4000 mètres de profondeur, a formé l’île de Tahiti. Aujourd’hui, ce piton, à la forme bien caractéristique, est recouvert de végétation. On peut accéder à son sommet en suivant la crête située entre les affluents Maroto et Tahinu. Du haut de ses 759 mètres, la vue sur la Caldeira, à 360°, est prodigieuse. Ieiefaatatau : ce bras, situé tout près de l’Ahititera, est très ferrugineux. Son lit est constitué d’argiles ocres jaunes et rouges. Nombreuses sources d’eau très pure sortant des entrailles de la terre. Le site est magnifique et témoigne de l’ancienne activité volcanique. Cette courte liste n’est, bien entendu, pas exhaustive. Pour le randonneur en Polynésie, la vallée de la Papeenoo est une véritable mine de découvertes intéressantes, dans tous les domaines. Allons les explorer ensemble ! François COLLIN ( 5 ) Informations « Santé » Si les forêts tropicales de Tahiti et ses îles ne présentent pas une faune ou une flore dangereuses (marcher pieds nus est même possible pour les plus aguerris !), il n’en demeure pas moins que nos explorations favorisent la rencontre avec des agents invisibles mais non moins dangereux, notamment en tant que randonneurs, de part notre contact corporel étroit avec le milieux naturel. Suite à une disparition malheureuse due à la leptospirose dans la famille d’un membre du club et étant donnée la saison chaude et humide qui s’annonce avec des randonnées aquatiques dignes de ce nom, il semble nécessaire de rappeler à tous les membres du club, et surtout aux nouveaux venus sur le Territoire, quelle est cette maladie LA LEPTOSPIROSE 1) AGENT BIOLOGIQUE La maladie de la leptospirose tire son nom d’une bactérie du genre Leptospira, communément appelée « leptospire », appartenant à la famille des Spirochetaceae . Cette bactérie mobile, ayant besoin d’oxygène, est une cellule spiralée de 10 µm de long et de 0.1 µm de diamètre, au pas de vis d’une vingtaine de tours très serrés. La spirale, orientée à droite, est axée sur un filament unique et rectiligne (axostyle) qui constitue l’organe locomoteur de la leptospire. L’ensemble peut présenter deux ou trois ondulations très lâches et un crochet à chacune de ses extrémités donnant à la bactérie une forme en C, en S ou en J (les leptospires peuvent d’ailleurs s’accrocher par ces extrémités). Invisible au microscope ordinaire, la méthode de détection la plus aisée est la microscopie sur fond noir (cf photo) Morphologie microscopique des leptospires (microscope à fond noir) (Bactériologie médicale et vétérinaire : systématique bactérienne – OBRE A., BUTTIAUX R. et al. – 1983) Le genre Leptospira est divisé en 2 espèces, chacune comportant de nombreuses variétés : ¾ L. biflexa, saprophytes de l’eau et non pathogènes ¾ L. interrogans, plus ou moins pathogènes pour l’Homme (la plus pathogène est L. ictero-haemorragiae) 2) EPIDEMIOLOGIE DE LA MALADIE • • • En ce qui concerne les leptospires de l’espèce L. interrogans, l’Homme est l’hôte accidentel de la bactérie qui réside dans de nombreux réservoirs sauvages, variables avec le sérotype en cause (rongeurs sauvages et domestiques, cheval, chien, porc,…) : les plus connus en Polynésie française sont le rat et le porc. L’animal contracte une infection en général inapparente et élimine de grandes quantités de leptospires dans ses urines pendant une période très prolongée. Ces leptospires peuvent subsister dans le milieu extérieur à condition d’y rencontrer des conditions favorables (eau douce stagnante plutôt alcaline, semi-obscurité, « fraîcheur »), ce qui explique la fréquence des contaminations hydriques (baignades en eau douce, sports nautiques). A titre d’exemple, la survie de la leptospire à pH 7 et 26 °C est de : • 30 jours en eau douce 5 jours en eau douce polluée (eaux urbaines) 20 heures en eau salée quelques minutes en eau chlorée La contamination humaine se fait essentiellement par voie cutanée ; l’agent pathogène pénètre par la peau saine à travers les pores (eau contaminée, contact animal) ou bien par la peau lésée (égratignures, morsures animales). Cependant les conjonctives, les muqueuses et l’inhalation (aérosols contaminés par des déjections) constituent aussi des voies d’entrée pour les leptospires. Si l’incidence de cette maladie est relativement faible en métropole avec en moyenne 0.5 cas pour 100 000 habitants par an, la Polynésie française connaît entre 40 à 180 fois plus de cas, et la Nouvelle-Calédonie au moins 500 fois plus ! ( 6 ) 3) CLINIQUE Après contamination par la bactérie suit une période d’incubation de 4 à 14 jours pendant laquelle l’agent pathogène va se multiplier dans tous les organes (dissémination par bactériémie) ; une atteinte du système nerveux, des reins et du foie ainsi qu’une élimination urinaire des leptospires commencent environ deux semaines après cette contamination. La période d’incubation passée, la maladie peut prendre une forme : asymptomatique (la maladie reste inapparente) bénigne ¾ Fièvre brutale de 4 à 8 jours (38°C à 40°C) ¾ Syndromes algiques : Douleurs musculaires aux mollets et cuisses (myalgies), Douleurs articulaires (arthralgies), Douleurs abdominales ¾ Petites hémorragies diffuses ¾ Syndrome méningé possible ¾ ¾ ¾ ¾ ¾ ¾ ¾ ¾ ¾ Sévère (5 à 10% de mortalité) Céphalées intenses Nausées, vomissements, anorexie Frissons, sueurs, état de fatigue et d’épuisement (asthénie) Hépatite aiguë avec ictère (coloration jaune de la peau due à la présence dans le sang et les tissus de pigments biliaires) Insuffisance rénale aiguë (80% des cas) Hémorragies : hémorragies digestives, saignement de nez (épistaxis), crachement de sang provenant des poumons ou des bronches (hémoptysie), émission de sang par les voies urinaires (hématurie) Inflammation du myocarde (myocardite) Insuffisance respiratoire aiguë Etat de choc Ces symptômes ne sont pas exhaustifs et ne se développent pas tous simultanément chez le malade. 4) DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT Il existe deux procédés de diagnostic pour détecter une infection par une leptospire pathogène qui dépendent directement du stade de la maladie : ⇒ Un diagnostic direct : recherche et identification de l’agent pathogène dans le sang (possible pendant 10 jours après le début de la fièvre), dans les urines (possible au delà des 10 jours après le début de la fièvre jusqu’à la troisième semaine d’évolution de la maladie) ou dans le liquide céphalo-rachidien (deux semaines après le début de la fièvre) : Après culture : 2 mois d’incubation des prélèvements à 30°C sur des milieux spécifiques avec une surveillance hebdomadaire sur fond noir (technique très longue et très peu sensible). Par amplification génomique (technique PCR) : technique très sensible et spécifique ne nécessitant pas forcément de bactérie viable. Résultat en 48 heures mais nécessitant un laboratoire et du personnel très spécialisés. ⇒ Un diagnostic indirect : recherche de la signature du contact du pathogène avec l’organisme (présence d’anticorps dans le sérum du sang) 8 à 10 jours après le début de la fièvre : Par test d’agglutination : précipitation des complexes anticorps-souche (délicat à mettre en œuvre et manque de spécificité) Par technique ELISA : fixation et révélation colorée des anticorps dans des cupules plastique (facile à mettre en œuvre et très sensible) Si la vaccination est un moyen pour prévenir une infection, le grand nombre de souches de leptospires plus ou moins pathogènes, limite toutefois son efficacité. Reste la mise en place d’une thérapeutique en fonction des symptômes (traitement symptomatique) ; cependant le très grand polymorphisme des tableaux cliniques qui va du simple symptôme grippal à des atteintes sévères pouvant conduire rapidement au décès rend difficile un bon diagnostic. L’attitude la plus adaptée réside dans l’utilisation d’une antibiothérapie très rapide par injection de pénicilline ou d’amoxicilline dès l’apparition de premiers symptômes douteux. Si la personne malade est allergique à ces antibiotiques, la cycline ou les macrolides peuvent aussi être employés. En tous cas, quelques jours après une randonnée ou une activité à risques, dès l’apparition d’une fièvre, ne pas hésiter à consulter un médecin pour une prescription d’antibiotiques en lui précisant le contexte de ces symptômes : c’est le délai trop important dans la prise en charge du malade qui est à craindre avant tout. Jérôme VIALLON (Laboratoire de Virologie Médicale – Institut Louis Malardé) Références bibliographiques : OBRE A., BUTTIAUX R. et al. – 1983 : Bactériologie médicale et vétérinaire : systématique Bactérienne Dr Jean-Dominique POVEDA - 2003 : LEPTOSPIROSES:– Laboratoire Pasteur Cerba – A. MORY – 1998 : document de synthèse dengue/leptospirose – CHT Gaston BOURRET, Nouméa, Nouvelle-Calédonie ( 7 ) Connaissance du milieu Michèle LEYRAL a bien voulu alimenter la rubrique sur la connaissance de la végétation et la découverte du patrimoine culturel, en choisissant deux informations extraites de l’ouvrage de Teuira Henri « Tahiti aux temps anciens » . . . Le bambou ou Œofe (Cf page 73) Il existe 3 variétés de bambou : - le Œofe-para (bambou jaune) qui pousse surtout sur les collines, est une variété mince et résistante qui est utilisée pour faire des cannes à pêche ou pour faire des murs de fare. - le Œofe-'ura (bambou rose) ressemble au Œofe-para et a à peu près les mêmes usages. Autrefois, il était planté dans des terrains sacrés et c'est dans cette espèce que l'on taillait le couteau destiné à couper le cordon ombilical des enfants. - le Œofe-tea par contre atteint une taille gigantesque dans les vallées, la distance d'un nœud à l'autre atteint jusqu'à 75 cm et la circonférence jusqu'à 22 cm. On en fait des récipients de toute sorte pour porter des liquides, des comestibles...On en fait aussi des clôtures qui durent environ 2 ans. Avant l'apparition des feuilles les jeunes bambous donnent une fibre très blanche dont on fait des chapeaux. La légende du Mou'a-puta (Cf page 601) Vous connaissez tous la très belle île de Moorea. Mais savez-vous qu'elle s'appelait "Aimeo i te rara varu" (Aimeo aux huit radiations) car elle possède huit chaînes de montagnes qui la séparent. La plus grande victoire de Pai, un grand guerrier réputé, fut celle qu'il remporta sur Hiro en lui enlevant la péninsule entre Opunohu et Paopao. Une nuit, Hiro et sa bande de voleurs, venant de Ra'iatea, atterrirent à Aimeo et, attachant de longues lianes "pohue" aux sommets du mont Rotui, se mirent en devoir de l'emmener à Ra'iatea. Leur entreprise semblait devoir être couronnée de succès et cette portion du territoire était presque détachée du reste de l'île, lorsque Pai, qui se trouvait à Punaaiua fut réveillé par ses pères nourriciers qui lui dirent : "A rave na, to omore ia Ru-fau-tumu, o vero i Aimeo i te rara varu" (Prends ta lance Ru-fau-tumu et jette la sur Aimeo aux huit radiations). Pai, alors se leva et ayant revêtu sa ceinture gravit la colline Tataa d'où la vue sur Mo'orea est excellente et jeta la lance qui, en un instant, traversa la mer et perça un grand trou dans un sommet, connu depuis sous le nom de Mou'a- puta (Montagne percée). Continuant son chemin comme un météore, la lance arriva dans le Sud de Ra'iatea et se ficha dans le sommet d'une colline qui a toujours été échancrée depuis. La vibration provoquée par la lance traversant Mo'orea réveilla les volatiles et, de tous côtés, les coqs se mirent à chanter, ce qui incita les voleurs à s'en aller au plus vite, avant le jour. Tirant toujours sur leurs lianes ils s'embarquèrent dans leurs pirogues et arrachèrent de l'extrémité de la chaîne du "Rotui" une colline en forme de cône qu'ils emmenèrent à Opoa, l'installant non loin de la mer. Cette colline s'y trouve toujours, couverte de petits arbres toa, semblables à ceux du Mont Rotui et contrastant étrangement avec la végétation environnante. Michèle Leyral ( 8 ) Gauguin … côté montagne. En cette année du centenaire de la mort de l’artiste, largement célébré à Tahiti, aux Marquises…. et dans le reste du monde, l’Echo des montagnes se devait d’évoquer les incursions du peintre à l’intérieur de l’île. Quelques biographes ou auteurs de catalogues ont mentionné parfois avec un peu d’exagération les « longues errances » de Gauguin dans la luxuriante végétation tropicale. Dans « Noa Noa » (1), Gauguin donne néanmoins quelques indications intéressantes: Randonnées à Tahiti : « Les sentiers indiens sont à Tahiti assez difficiles pour un Européen : Entre deux montagnes qu’on ne saurait gravir existe une fissure où l’eau se fait jour en serpentant à travers des rochers détachés, roulés, reposant encore puis repris un jour de torrent qui les roule plus bas ainsi de suite jusqu’à la mer. De chaque coté du ruisseau cascadant, un semblant de chemin des arbres pêle - mêle des fougères monstrueuses toute végétation s’ensauvageant, se faisant impénétrable de plus en plus à mesure que l’on monte vers le centre de l’île. Nous allions tous deux nus avec le linge à la ceinture et la hache à la main, traversant maintes fois la rivière pour reprendre un bout de sentier que mon compagnon connaissait comme par l'odorat, si peu visible, si ombragé – Le silence complet, seul le bruit de l’eau gémissant sur le rocher… » Ces quelques mots reflètent bien les impressions ressenties systématiquement par les randonneurs, nouveaux venus sur le territoire. Il faut noter que Mario Vargas Llosa (2) propose pour cette promenade en compagnie de Jotépha une version romancée nettement plus « hard » et franchement plus « gay » quand elle s’achève, comme c’est souvent le cas, par les traditionnelles baignades dans les magnifiques et rafraîchissantes vasques du fenua. Bivouac dans la Punaruu Tous les habitués de cette vallée et du plateau des orangers apprécieront la narration de son escapade en ces lieux : « Par la vallée de Punaru la grande fissure de l’île on arrive au plateau de Tamanou. De là on peut voir le Diadème, l’Orohena et l’Aorai - le centre de l’île. Bien des hommes m’en avaient parlé et je formais le projet de m’isoler quelques jours. Mais la nuit que feras-tu ? Tu seras tourmenté par les Tupapau. Il faut que tu sois fou ou téméraire pour aller déranger les esprits de la montagne. Tout cela était bien pour exciter ma curiosité. Je partis donc un bon matin. Je suivis près de deux heures un sentier qui longeait la rivière puis je la traversai maintes et maintes fois. Les murailles devenaient de chaque côté de plus en plus droites, des cailloux énormes dans la rivière ; Force me fut de continuer mon voyage presque continuellement dans la rivière tantôt de l’eau jusqu’aux genoux tantôt jusqu’aux épaules. (…) Je me couchai. Il faisait froid, j’étai trempé de mon voyage toute la journée dans l’eau froide. Je dormis mal. J’avais la crainte que les cochons sauvages ne vinssent m’écorcher les jambes aussi j’avais passé à mon poignet la corde de ma hache. Nuit noire impossible de voir. Près de ma tête une poussière phosphorescente m’intriguait singulièrement et je souris en pensant à ces bons maories qui m’avaient raconté précédemment ces histoires de tupapau. Je sus plus tard que cette poussière lumineuse provenait d’un petit champignon. » Avant la mention finale « Arrivée près de l’Aorai » Gauguin évoque encore d’immenses crevettes et des anguilles séculaires qui le regardaient et semblaient lui dire « Qui es-tu ? Que viens-tu faire ici ? » Inspiration « du côté de la montagne » Dans Noa Noa, il « relate » aussi une scène censée correspondre à son tableau « Pape Moe » réalisé en 1893 représentant « une jeune fille nue buvant à une source jaillissant très haut, dans les pierres ». Cette description imaginative est davantage celle de la photographie bien connue de la « fontaine dans la roche aux Samoa » prise en 1887 par Georges Spitz et qui lui a servi de modèle. « Haere Mai » dont le doux relief ferme la vue, réalisée en 1891 et son « pendant » « Montagnes tahitiennes », huile sur toile de 1893, et trois des tableaux peints l’année précédente « le Vallon », « Te fare » au premier plan d’un horizon barré par une brèche évoquant celle du Diadème et enfin « Fatata Te Moua », sont en définitive, les rares toiles que le peintre a franchement consacrées à « Tahiti côté montagne ». (1) Manuscrit de 1893 - éditions « Avant et Après » (2001) (2) « Le paradis un peu plus loin ». (Gallimard 2003) ( 9 ) Comment se perdre en dix leçons Commentaires sur « Balades en montagne » par Jean-Louis Saquet Je vais émettre un avis très négatif sur cet ouvrage paru récemment. Il est destiné à remplacer le solide « Randonnée en montagne » de Paule Laudon imprimé il y a plus de vingt ans et maintenant épuisé; si ce dernier n’était pas exempt de toute critique, et qu’il a un peu vieilli, il reste l’ouvrage de base en la matière et il a été écrit par une montagnarde expérimentée connaissant bien son domaine. Le public, qu'il soit local ou en vacances sur le Territoire, attend, lors d'un achat de ce type de livre, un service voisin de ce qui existe dans les ouvrages similaires en métropole (ou à l'étranger), à savoir de pouvoir découvrir en toute sécurité et sans se perdre des itinéraires de randonnée. Il s'attend également de façon encore plus évidente à ce que tous les renseignements décrits dans l'ouvrage soient exacts ou utilisables. Les meilleurs exemples sont rencontrés dans les topo-guides édités par la FFRP (ou d'autres sociétés concurrentes); ils décrivent des itinéraires agréés selon des normes rigoureuses, et garantis par la Fédération quant à leur sécurité, leur pérennité et bien sûr leur libre accès. Chaque itinéraire est accompagné d'une carte permettant de se situer et de positionner les centres d'intérêt de l'excursion. Ce n'est pas facile de respecter ces contraintes en Polynésie: peu ou pas de balisage, conditions météorologiques parfois difficiles, végétation exubérante, problèmes fonciers..., c'est sans doute pour cela qu'aucun travail descriptif n'est sorti depuis le livre de Paule Laudon. Mauvaise surprise Ce n'est qu'une fois le livre acheté que l'on s'aperçoit que l'on est à cent lieux d'un topo-guide, et que l'ouvrage ne pourra répondre à ce qu'en attendait le lecteur. Dans l'avertissement, l'auteur signale que sa seule ambition est "d'informer le nouvel arrivant". De plus, il refuse toute responsabilité dans sa publication "non officielle" et écrit "que les indications qu'il contient ne sauraient être définitives" Dans la première partie, différentes disciplines comme l'archéologie, la géologie, la faune ou la flore sont correctement traitées et l'ouvrage apporte une première information dans ces domaines. Les conseils pratiques sont judicieux et l'auteur insiste avec raison sur la protection de la nature en publiant un tableau des durées de vie des différents déchets. Deux pages consacrées au ciel des îles sont également un premier contact avec les superbes nuits étoilées de Tahiti qui font rêver bien des parisiens. Je ne commenterai pas plus longuement les parties générales qui contiennent de fort belles photos de notre ami Jeanot (par exemple les cascades de la Faraura page 31 ou de votre serviteur page 43) pour m'attarder plutôt sur les descriptions des randonnées. L'art de se perdre L'auteur propose dix-sept itinéraires à parcourir en étant encadrés, et il insiste avec justesse sur l'absolue nécessité d'avoir un guide. Mais alors pourquoi donner des détails sur l'accès du circuit, ce qui ne peut qu'inciter le lecteur à tenter l'aventure ? Par exemple, pour la rando 4, la Vaihi: « Vous laissez votre voiture au collège. Première partie en pente douce sur une ancienne ( 10 ) piste forestière, puis descente dans la rivière ». Ce qui est exact, mais sauf si vous passez quelques semaines après un groupe, vous êtes assurés de ne pas retrouver le sentier, car il disparaît très rapidement sous les fougères. Plus grave: des inexactitudes manifestes qui ne font pas très sérieux; par exemple rando 3: « la vallée Faahanu dont le départ se fait Pk 25 à Tiarei, peut conduire jusqu‘au mont Mouaoue (899 mètres) ». Trois erreurs en deux lignes. La rivière s’appelle Faananu et est située au Pk 25,7, il suffit pour le vérifier de passer sur la route: le nom est marqué sur le pont qui l’enjambe; pour le kilométrage, il est fâcheux de constater que la borne indiquant le Pk 25 est située au voisinage immédiat d’un pont, mais d’une tout autre rivière, l’Onohea. De plus, pour avoir beaucoup transpiré dans cette vallée au cours de trois expéditions successives par de solides équipes de Te fetia, et atteint, non sans difficultés, la côte 600 mètres sans rencontrer aucune trace de passage antérieur, le Mont Mouaoue ne doit pas être un lieu très fréquenté. Encore pire Examinons maintenant les itinéraires décrits de façon plus détaillée. Si certains d’entre eux n’attirent aucune remarque particulière, l’absence de cartes reste un gros problème pour pouvoir se situer tout au long d’itinéraires très rarement balisés. Et le marcheur moyen n’aura que rarement à sa disposition la carte détaillée du coin, l’altimètre et la boussole, sans parler pour sa sécurité d’une lampe, d’une corde et d’une couverture de survie.... Une interrogation concernant la rando 11: pourquoi avoir consacré six pages au Domaine d’Atimaono tout en sachant qu’aucune balade n’est actuellement possible dans cette zone ? L’auteur écrit en tête du paragraphe: « facile, mais à ce jour en projet ou à rétablir ». Il se réfère à une étude déjà un peu ancienne de Paule Laudon sur ce domaine. Il y a quelques années, des membres du Club avaient tenté de remettre ces sentiers en état, et des sorties avaient été mises à notre programme; puis cette destination a été abandonnée étant données les difficultés de réouverture à chaque nouveau passage. Pour la randonnée au Pari (n°9), si elle est correctement décrite et les dangers relatifs à la houle bien soulignés, l’auteur omet de signaler un deuxième danger tout aussi réel, la présence sur le parcours d’au moins trois rivières qui enflent à chaque averse en amont pour devenir rapidement infranchissables si la pluie perdure. La présence de guides avec leur expérience et leur équipement est là aussi absolument nécessaire. Inutile ou dangereux ? Le pire est atteint pour la balade 7 à Moorea intitulée « de Linareva au Belvédère ». Aucune chance avec un tel descriptif d’arriver au but. Au Club, avec boussole, radio et trois adhérents familiers avec le terrain, nous avons eu du mal à nous en sortir, et encore après une tentative infructueuse. Même l’auteur n’y croit pas lui-même. Il est tout de même paradoxal de trouver dans un guide le type de phrases suivantes: « il vous faut quitter la piste selon un marquage qui n’existe pas encore », « vous arrivez à une jonction de piste pas très évidente », « en principe, une signalisation devrait être mise en place », « vous ne distinguerez pas le sentier ».. pour finir sur la plus belle perle: « la piste confortable va disparaître pour laisser place à un chemin plus ou moins visible, puis plus tard à votre bon sens ». Ce descriptif pour le moins évasif se passe de commentaires, et en le suivant, vous irez nécessairement rejoindre la cohorte de randonneurs qui se sont égarés dans le domaine d’Opunohu. En conclusion de cette critique, j'émets les plus expresses réserves sur cet ouvrage à n'utiliser qu'avec une extrême prudence pour découvrir un itinéraire. Il comporte beaucoup trop d'erreurs et d'imprécisions et peut même présenter un réel danger pour un utilisateur découvrant la randonnée en Polynésie. Pierre Leyral ( 11 ) Amputé par un rocher …ou de la nécessité d’aiguiser son canif avant de partir en randonnée Parc de Canyonlands, USA. Aaron, spécialiste des sommets du Colorado, part en rando sans informer quiconque de son itinéraire. C’est un alpiniste chevronné, il connaît par cœur tous les canyons du coin… ou plutôt, presque par cœur. Il tente une ascension qui paraît facile. Après une dizaine de mètres d’escalade, il s’agrippe à un énorme bloc de granit, qui semble être immobile pour l’éternité. Mais non, le rocher oscille. Aaron a le temps de déplacer son corps… mais pas son bras. Les 500 kilos de pierre lui broient tous les os de la main et du poignet. Et le rocher redevient immobile. Aaron est ivre de douleur, mais rapidement, c’est la peur qui l’emporte. Son bras est maintenu par un roc inébranlable. Il est suspendu à dix mètres au-dessus de nulle part. Le désert. La chaleur, les vautours. La mort assurée, de soif ou de douleur. Bien que non adhérent à Te Fetia, Aaron est un randonneur hors pair. Il est courageux, endurant, et son sac contient tout le matériel de survie. Patiemment, de la main gauche, il se confectionne un lit d’hôpital de fortune, en suspension. Il évalue ses vivres – quelques jours tout au plus. Avec son vieux canif, il tente de creuser la roche. Il n’obtient qu’un peu de poussière de granit. Son couteau rend l’âme, et son bras disparaît toujours sous le bloc de pierre. Cinq jours, il restera collé à la paroi, attendant d’hypothétiques secours. Enfin, à bout de forces, à bout de vivres, il se résignera à l’impensable. Comme un loup qui ronge sa patte pour se dégager d’un piège, Aaron entame les chairs de son bras. Son canif est émoussé, il doit revenir sur chaque muscle, sur chaque tendon, sur chaque ligament, sur chaque fragment d’os. Il est redevenu l’homme des temps anciens, luttant pour sa survie au mépris de la douleur. L’homme se détache enfin du granit. Après de telles épreuves, une descente en rappel de dix mètres, avec sa seule main gauche, lui paraît un jeu d’enfant. Epuisé, déshydraté, le moignon ouvert, il parcourt encore dix kilomètres en direction de sa voiture. Enfin, il croise deux touristes, puis un hélicoptère de surveillance. A l’hôpital, en examinant sa blessure, le médecin lui dira : « Comme grimpeur, vous êtes à l’évidence fortiche, mais comme chirurgien, ce n’est pas ça… ». Mais Aaron est sauvé. Folle d’inquiétude, sa mère est résignée… elle sait qu’il repartira. Mais elle lui rappellera sans doute les trois Commandements du bon randonneur : ne jamais partir seul, toujours avertir quelqu’un de son itinéraire, et… aiguiser son canif ! Mike Leyral D’après Romain Clergeat Paris-Match, 15/05/2003 ( 12 ) Courrier des lecteurs. . . Les périodiques d’information comme les bulletins de liaison des associations proposent à leurs adhérents un espace d’expression où chacun peut apporter une contribution plus ou moins étoffée. Désormais, l’écho des montagnes met à la disposition des lecteurs une rubrique leur permettant de faire connaître brièvement leurs suggestions relatives à la vie du club mais aussi d’apporter des précisons ou des contradictions éventuelles sur les sujets abordés dans le bulletin. Le questionnaire concocté par Michèle Leyral et inséré dans le numéro précédent de l’EDM s’inscrit parfaitement dans cette démarche en vue d’établir un dialogue entre les membres et le bureau de l’association mais aussi entre tous les adhérents… Un grand merci à tous les adhérents qui ont bien voulu par l’intermédiaire de leurs réponses au questionnaire, donner vie à cette rubrique. . . Participation au sondage : Même si les réponses ne représentent que 11, 5% des membres licenciés , près de 26 % des adhérents (à titre individuel ou familial) ont « renvoyé » le questionnaire. Cette proportion atteint 64% des personnes interrogées par courrier électronique. Si trois adhérents sur quatre n’ont pas jugé utile de s’exprimer, on peut donc considérer que l’écrasante majorité se sent aussi bien « dans ses nouilles ou ses cannyoneer five ten» . . . que dans son association. Les plus « réactifs » se situent dans la tranche « des plus de quarante ans », sans doute la plus représentative de notre association. Un adhérent sur quatre , à défaut de lancer « de gros cailloux dans les vasques » a donc bien voulu adresser le plus souvent un chaleureux message d’encouragement ou de remerciement à tous ceux qui sous la houlette des figures emblématiques de « Te Fetia o te Mau Mato » œuvrent au mieux pour la grande famille locale des randonneurs. Les résultats du sondage :Profil du randonneur ayant répondu : Plus de 20 ans Plus de 30 ans Plus de 40 ans Plus de 50 ans Plus de 60 ans Plus de 70 ans 3,8 % 3,8 % 46,2 % 38,5 % 7,7 % / Randonne le plus souvent…. seul 62 % Fréquence : 1 à 4 / mois 45 % Accompagné 27 % Avec les enfants 11 % Fréquence : 1 à 3 / trimestre 41 % Fréquence : 3 / an 14 % Ses aspirations : Préfère. . . flâner 21 % Aspirations dans l’ordre Effort physique : Détente : Marcher… à un rythme régulier 66 % N° 1 24 % 7% N° 2 21 % 36 % ( 13 ) N° 3 19 % 19 % . . .à un rythme soutenu 13 % N° 4 20 % 7% N° 5 13 % 35 % Echanges : Découverte : Contact Nature : Autres : 7% 45 % 17 % 18 % 4% 21 % Baignades Le programme me satisfait 90 % Souhaite plus de 1 * Plus de 2 * 39 % 27 % 28 % 31 % 14 % 17 % / 30 % Me convient moyennement 10 % Plus de 3 * 17 % Information au sein du club est bonne 68 % 31 % 15,5 % 15,5 % Plus de 4 * 6 % Plus de randos le samedi 11 % suffisante 32 % insuffisante / En conclusion, on constate que nos randonneuses et nos randonneurs de plus de quarante ans (84%) participent allègrement à plus d’une sortie mensuelle ( 45%) et au minimum à une par mois (86%) le plus souvent seul (62%). Ils aspirent à marcher à un rythme régulier (66%) ou soutenu (13%) et indiquent comme motivation principale la découverte des sites, la connaissance de la montagne et la pratique d’une activité physique. Ils se déclarent plutôt satisfaits de la programmation (90%) et ceux qui souhaitent des améliorations (10%) « revendiquent » à 66% davantage de sorties une et deux étoiles. Deux sur trois considèrent l’information au sein du club bonne et le tiers restant l’estime suffisante. Les lecteurs ont écrit . . . Lorsqu’une sortie sur deux ou trois jours est annulée, il serait bien agréable de proposer au moins une randonnée de substitution ne serait-ce que d’une journée pour atténuer la déception. Un grand merci à tous les bénévoles. Je préfère randonner le samedi plutôt que le dimanche. Merci pour tout. Je suggère de proposer au magazine « Rando Passion » un reportage (avec photos à l’appui ) sur notre club et ses activités assurant en même temps une « super pub » pour le territoire. Ne pourrait-il pas y avoir des sorties à thèmes par exemple avec Michel Guerrin pour la botanique ou avec des intervenants extérieurs pour l’archéologie ou le patrimoine culturel polynésien ? (S.P. - E-mail ) Suggestion :proposer plusieurs fois les randos pour lesquelles le nombre de participants est limité ce qui permettrait aussi un « rattrapage » pour ceux qui sont indisponibles aux dates prévues. Ne pourrait-il pas y avoir davantage de randonnées en dehors de l’île de Tahiti ? La parole d’un animateur : Les animateurs donnent déjà beaucoup. Partager c’est peut-être recevoir mais aussi donner A chacun de faire un petit effort pour trouver l’information et retrouver des amis. Chaque lundi nous sommes disponibles chez Joël , le secrétaire. Est-il normal que certains ne fassent pas l’effort de venir ne serait-ce que pour nous dire bonjour en préférant envoyer leur adhésion par courrier ? M.P. Papeete Adressez vos articles, vos questions, messages ou suggestions : Echo des montagnes : Jeanot Dellenbach – téléphone- télécopie : 42 62 36 – [email protected] ( 14 )