Fiche d`info Anton

Transcription

Fiche d`info Anton
Page 1 sur 4
BANQUE DE DONNEES : WALSOLS
Nr0107-001 – "DECHARGE D’ANTON" A ANDENNE
FICHE D’INFORMATION
Localisation
Localisée dans la province de Namur, la décharge d’Anton se situe sur la commune
d’Andenne, section Bonneville, au sud de la route nationale N90 reliant Huy à Namur.
Superficie
13,9 ha pour l’ensemble du site / 5 ha pour la zone de décharge
Historique
Le site occupe les excavations d’une ancienne carrière calcaire, installée à flanc de coteau,
en surplomb de la Meuse. La décharge a été exploitée dès 1981 pour recevoir les déchets
de la ville d’Andenne et les boues de dragage issues de la construction d’un pont barrage
sur la Meuse. A partir de juillet 1983, son usage s’est intensifié, suite au permis d’exploiter
octroyé par la députation permanente de la Province de Namur.
Ce permis visait à la fois l’extension de la zone de déversement et surtout la possibilité d’y
enfouir des ordures ménagères d’autres origines, pour autant qu’elles ne revêtent pas le
caractère de déchet toxique. Plusieurs conditions assez strictes accompagnaient cette
autorisation, notamment l’obligation de poser une étanchéité adéquate sur le fond et les
parois latérales de la décharge. Aucune d’entre elles ne paraît avoir été jamais respectée.
Les déchets, en provenance principale de l’agglomération bruxelloise, furent déversés quasi
à même la roche, sans aucune précaution particulière. En fin de vie, la décharge fut
simplement recouverte d’une couche de terre limoneuse et caillouteuse, non imperméable
et de moins d’un mètre d’épaisseur.
En quelques années, le site d’Anton est devenu un véritable chancre de pollution, affectant
aussi bien l’air environnant que les eaux de nappe et les eaux de surface situées en
contrebas de la décharge.
Dès 1991, le Ministre de l’Environnement de la Région wallonne mandata la société SPAQυE
afin de caractériser le site et de prendre les mesures d’urgence qui s’imposaient. En 1992, à
l’issue des investigations des caractérisations, la décharge d’Anton a été classée comme l’un
des quatre sites prioritaires à réhabiliter, au même titre que ceux de Mellery, Florzé et
Cronfestu. Les premiers travaux d’assainissement débutèrent dès 1993.
Décharge d’Anton – Fiche d'information
Date de mise à jour : 25/03/2010
SPAQ E s.a. • Boulevard d'Avroy, 38/1 • 4000 Liège
Page 2 sur 4
En 1999, SPAQυE a inauguré, sur le site d’Anton, la première installation de cogénération
en Région wallonne, point d’orgue de la réhabilitation. Cette installation produit de
l’électricité, vendue sur le réseau et de la chaleur, vendue via l’installation d’un circuit de
chauffage de l’important Institut Saint-Lambert voisin.
Le site, actuellement en post-gestion, est inscrit depuis 2001 au programme de surveillance
environnementale de SPAQυE qui porte sur le suivi analytique de la qualité des eaux
souterraines, de l’air et sur l’aspect visuel des sites. Cette surveillance fait suite aux
nombreuses campagnes de prélèvements et analyses organisées dans le cadre des
investigations des caractérisations et de la réhabilitation du site.
Plan de secteur
Le site est situé en zone d’extraction.
Description du site
Le site réhabilité est composé d’une partie « haute » correspondant au sommet de la
carrière et d’une partie « basse », située au niveau de la Meuse.
C’est dans la partie haute du site que se trouve l’essentiel des installations de SPAQυE
(bureau, réseau de dégazage, installations de cogénération,…). Les terrains sont
engazonnés et entretenus.
Dans la partie basse, en contrebas d’une falaise de près de 30 mètres de haut, se trouvait
un étang d’une superficie de 0,6 ha et d’une contenance de 50.000 m³. Celui-ci faisait
office, depuis près d’une quinzaine d’années, de réceptacle pour tous les lixiviats et autres
suintements qui s’écoulaient en provenance des déchets à travers les nombreuses diaclases
existant dans la roche calcaire. Cet étang de près de 8 mètres de profondeur était en
contact direct avec la Meuse.
En 2002, l’étang a été vidé et les eaux polluées ont été entièrement traitées. En plus des
dispositifs de récupération des lixiviats installés, un système de récupération a été gardé
fonctionnel au point bas de l’ancien étang.
Décharge d’Anton – Fiche d'information
Date de mise à jour : 25/03/2010
SPAQ E s.a. • Boulevard d'Avroy, 38/1 • 4000 Liège
Page 3 sur 4
Pollutions recensées
La nappe aquifère présente dans le massif calcaire était polluée par les eaux s’écoulant de la
décharge comme en témoignent les analyses effectuées sur les piézomètres situés en aval
de cette dernière. Le panache de pollution ne présentait toutefois qu’une zone d’extension
limitée, ne s’étendant ni vers l’Est ni vers l’Ouest mais restant confiné aux seules zones
immédiatement situées en contrebas de la décharge. L’écoulement de cette nappe suit
globalement une direction N-NE, avant de se confondre avec la nappe alluviale de la Meuse,
laquelle en est l’exutoire naturel à cet endroit.
Aucune pollution des eaux souterraines en amont de la décharge n’a été observée. Un essai
de pompage de longue durée, mené dans un puits alimentant en eau potable l’institut SaintLambert, situé à moins de 500 m au Sud du site, n’a ainsi jamais entraîné d’inversion du
gradient piézométrique ; lequel tend au contraire à évacuer les eaux polluées vers la Meuse.
Les lixiviats produits par la décharge d’Anton s’infiltraient à travers la roche karstique pour
réapparaître ensuite sous la forme de suintements qui sont actuellement collectés tant à la
base du dépôt qu’en bas de falaise, à proximité de l’étang noir.
Ces lixiviats étaient produits au rythme de 2 à 3 m³/h. Très évolués, ils présentaient de
fortes charges organiques, dépassant 2000 à 3000 mg DCO/l. Autre élément d’importance,
les lixiviats prélevés au cœur des ordures ménagères, présentaient de fortes teneurs en
azote ammoniacal (jusqu’à 1 à 2 g/l). Fait inhabituel, les eaux s’écoulant de la falaise
contenaient souvent des concentrations élevées en azote nitrique, témoignage d’une
nitrification intense.
Lorsqu’ils parvenaient à l’étang noir, ces effluents étaient fortement dilués, se mélangeant
aussi bien avec les eaux de nappe qu’avec les eaux de pluie, de telle sorte que leur DCO
n’excédait plus en moyenne 700 mg O2/l et leur teneur en azote ammoniacal 150 mg N/l.
De nombreuses investigations ont également été consacrées à l’examen de la stabilité du
massif ; sa situation en surplomb de la Meuse représentant une grave menace qu’il était
bon de ne pas négliger. Un bornage très serré accompagné d’un relevé topographique,
renouvelé tous les 6 mois, a ainsi permis de s’apercevoir que si les tassements demeuraient
importants, il était peu probable qu’un décrochement massif des déchets puisse avoir lieu.
On devrait par contre encore assister, çà et là, à des petits déplacements progressifs de leur
couche superficielle en direction de la Meuse.
Il est par ailleurs évident que le site générait une importante pollution de l’air par
l’échappement libre de son importante production de biogaz chargé en divers polluants.
Travaux de réhabilitation
Les travaux de réhabilitation se sont focalisés dans une première phase sur la gestion du
massif de déchets, tant pour des raisons de stabilité des pentes que pour gérer la
production significative de biogaz. Ils ont consisté en la mise en place d’un capping en limon
argileux et d’un réseau de 5 collecteurs aériens, raccordés à 21 puits profonds et à plusieurs
drains superficiels forés dans la masse des déchets.
En 1999, un dispositif de cogénération a été installé afin de produire près de 470 kW
d’électricité, tout en subvenant au moins à une partie des besoins de chaleur des 400
pensionnaires de l’institut Saint-Lambert.
En 2000 et 2001, les travaux d’assainissement des eaux ont pris leur pleine ampleur avec
l’installation de la station d’épuration en bas des falaises, en bordure de l’étang noir et la
mise en fonction de l’épuration dans le courant de 2001.
Décharge d’Anton – Fiche d'information
Date de mise à jour : 25/03/2010
SPAQ E s.a. • Boulevard d'Avroy, 38/1 • 4000 Liège
Page 4 sur 4
Toutefois, la percolation des lixiviats dans le massif fissuré des calcaires ne permet pas sa
totale récupération. Les moyens de gestion mis en œuvre à cet égard sont multiples et
complémentaires, à savoir :
-
un pompage systématique des lixiviats présents en fond de puits de dégazage ;
la récupération par drainage des suintements sur le front d’exploitation ;
la mise en service en 2001 d’une station d’épuration des lixiviats collectés et d’une
unité de traitement mobile des eaux de l’étang noir.
L’étang ayant été totalement vidé, la récupération et le traitement des faibles arrivées de
lixiviats, généralement très dilués, sont désormais assurés par un module plus adapté aux
faibles quantités à traiter. La station mobile qui a assuré l’épuration de l’étang noir a, dès
lors, été transférée vers d’autres sites en réhabilitation par SPAQυE.
Les eaux de l’étang noir sont donc traitées distinctement des eaux collectées au niveau des
puits de dégazage, ces dernières étant épurées dans la station d’épuration tandis que les
eaux de l’étang noir subissent une simple filtration sur unité de charbon actif préalablement
à leur rejet.
Chronologie des actions menées par SPAQ υE
1991 :
1993 :
1996 :
Audit environnemental du site.
Mise en place d’une torchère provisoire de 205 m³/h.
Mise en place d’une torchère définitive de 500 m³/h et
dégazage complet de la décharge.
Mars - décembre 1999 :
Installation d’un module de cogénération : production
d’électricité et de chaleur.
Mars 1999 - février 2000 : Mise en place d’une nouvelle station de pompage du biogaz et
d’une torchère définitive.
Avril - Novembre 2000 :
Mise en service du système de récupération et de distribution
de chaleur vers l’Institut Saint-Lambert.
Octobre 2000 - mai 2002 : Construction et mise en service de la station d’épuration
définitive permettant d’épurer les lixiviats.
Janvier - Octobre 2001 :
Construction et mise en service de la station de traitement des
eaux de l’étang noir.
Sept. 2001 – nov. 2002 : Mesures de vent au moyen d’un mât de 30 mètres équipé d’une
girouette et d’anémomètres afin d’évaluer le potentiel éolien du
site.
2001 - 2005 :
Surveillance environnementale : contrôle analytique annuel des
eaux.
Juillet 2007 :
Surveillance environnementale : contrôle analytique des eaux.
Mai 2008 :
Surveillance environnementale : contrôle analytique des eaux.
Juin 2009 :
Surveillance environnementale : contrôle analytique des eaux.
Décharge d’Anton – Fiche d'information
Date de mise à jour : 25/03/2010
SPAQ E s.a. • Boulevard d'Avroy, 38/1 • 4000 Liège