Etude sur la distribution des films dans les pays du Sud de la

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Etude sur la distribution des films dans les pays du Sud de la
Programme financé par l’UE
Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
Etude sur la distribution des films
dans les pays du Sud de la méditerranée
Mohmed Layadi
24 Janvier 2013
Objectifs de l’étude
Faire l’état des lieux des éventuelles aides à la distribution qui existent dans la zone de la
méditerranée sud, au profit de ses productions de films de fiction long métrage.
Présenter une analyse de ces éventuelles aides et proposer des axes de réflexion pour un modèle en
vue d’alimenter les travaux du groupe de travail sur le financement mis en place par Euromed
Audiovisuel III.
Les informations présentées ont été récoltées sur le net, dans ‘’Focus world film market trends’’
2012 et d’après les discussions que j’ai pu avoir avec les professionnels dans chaque pays.
Parmi les pays auxquels s’est intéressé l’étude, seul le Maroc présente un site web avec des
statistiques mises à jour. Dans plusieurs pays, il n’a pas été possible d’accéder aux informations dans
le délai prévu pour l’étude.
I. Etat des lieux
I.1 Des marchés à construire
Algérie
Libye
Palestine
Syrie
Population en millions
36,7
6,4
3,7
22,5
Revenu par personne (USD)
5 001
14 100
1086
4391
Box Office en M USD (2011)
-
Entrées en Millions (2011)
-
Taux de Fréquentation
-
5
35
Fréquentation annuelle par écran
Prix moyen du Ticket (2011)
0,7
Ecrans (2011)
19
Ecrans Numériques (2011)
Habitant par écran
Part du marché National
Production Nationale - Films LM
Nb Distributeurs
3
7 Rue Virgile, 1082 Notre-Dame Tunis - Tunisia – Phone / Fax: + 216 71 282 405
[email protected] - www.euromedaudiovisuel.net
1
Programme financé par l’UE
Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
I.1.a Algérie
Exploitation
1. 18 salles gérées par l’état sous forme de cinémathèque.
2. 20 Salles communales.
3. 60 Salles privées qui projettent des films en vidéo en dehors de toute légalité.

Les salles sont équipées de 35 mm et aucune salle, à ce jour, n’est numérisée.

3 distributeurs

En grande majorité, les films distribués sont américains ou Européens (Français) mais sortent
très en retard par rapport à l’Europe.

4 ministères se partagent la gestion du cinéma.
Il existe bien un organisme en charge de ce secteur, le CNCA( Centre national du cinéma et
de l’audiovisuel). Dans les faits, c'est la direction des Arts et de leur développement qui au
ministère de la culture centralise cette fonction : elle accorde les visas d'exploitation et
accorde les aides éventuelles pour la sortie des films algériens sur le territoire national.

Les statistiques sont rares et très peu fiables.

Il existe une aide à la distribution pour les films algériens qui ont obtenu un financement
du fonds d’aide (FDATIC - Fonds de Développement de l'Art, de la Technique et de
l'Industrie Cinématographique). Ce soutien peut atteindre 70.000€ et peut inclure une aide
au kinescopage ou à l'exportation. Les frais de déplacement sur les marchés de films, de
publicité et de marketing, peuvent être pris en charge également par le ministère de la
culture.

La télévision, qui participe au financement des films, n’accorde pas d’aide à la diffusion de la
bande annonce.

Très peu de films sont produits et le choix des scenarii est très orienté politiquement.

Le marché a un potentiel important, et les multiplexes s’y intéressent fortement.

Les difficultés administratives et le manque d’une réglementation transparente ne
permettent pas aux investissements de voir le jour.
I.1.b Palestine
5 salles de cinéma, à Jerusalem, Bethlehem, Nablus et Ramalah avec la plus connue, Al-Kasaba qui
est à la fois théâtre, cinémathèque et centre culturel
Cette salle a été créée en 1970 et elle continue de résister dans un environnement conflictuel
permanent.
Une de ses difficultés est l’accès aux films.
Le box office est dominé par le cinéma égyptien.
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Programme financé par l’UE
Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
I.1.c Syrie
Le cinéma syrien a été mis sous contrôle par l’état depuis les années 60. Les salles de cinéma ont
fermé leurs portes progressivement.
En 2008, il existait encore 38 salles concentrées à Damas et Halab, présentant une exploitation à
deux vitesses : les grandes salles à un prix de 5 USD et les petites salles à 1,5 USD
La production est assurée par l’état et le secteur public est très peu actif en raison du piratage.
Le cinéma égyptien est très populaire.
La production s’est tournée avec beaucoup de succès vers les séries télévisées et le doublage des
séries télévisées étrangères.
I.1.d Libye
‘’Des années 40 aux années 60, il y avait beaucoup de cinémas mais ils ont arrêté leur activité. Il y en avait 14 à
Tripoli, une dizaine à Bengazi. Ils montraient des films italiens ou égyptiens, mais aussi indiens et américains.
Après 1975, le gouvernement a pris le contrôle des cinémas, lesquels ne pouvaient plus se procurer des films à
l'extérieur du pays. Ils ont fermé peu à peu. Il nous faut maintenant repartir de zéro.’’
Entretien avec Ramadan Salim, critique, journaliste, directeur du festival international méditerranéen
du documentaire et du cours métrage de Tripoli.
I.2 Des marchés en construction
Jordanie
Maroc
Tunisie
6,2
32,2
10,7
3 162
4 593
Box Office en M USD (2011)
5 900
4,6
8,4
_
Entrées en Millions (2011)
0,92
2,2
-
Taux de Fréquentation
0,15
0,1
-
30 535
32 353
Prix moyen du Ticket (2011)
5,0
3,7
2,3
Ecrans (2011)
30
68
13
Ecrans Numériques (2011)
3
4
3
248 000
473 529
Population en millions
Revenu par personne (USD)
Fréquentation annuelle par écran
Habitant par écran
19,0%
Part du marché National
Production Nationale - Films LM
Nb Distributeurs
3à5
19
7
3
I.2.a Jordanie
3 multiplexes, propriété de groupes régionaux et une salle indépendante pour un total de 30 écrans.
Le taux de fréquentation reste assez faible, malgré une fréquentation par salle tout à fait correcte.
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3
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Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
La Jordanie souffre d’un sous équipement, 1 écran pour 206 000 habitants
Une programmation dominée par le cinéma américain, égyptien et bollywoodien.
La production nationale est de 3 à 5 films par an, essentiellement privée, avec un soutien récent par
fonds publics suite à la création du Jordan Film Fund en 2011.
I.2.b.Tunisie
13 salles de cinéma, résistent encore dont 8 sont concentrées dans la capitale Tunis dans un rayon de
500m.
Les films, la plus part américains ou égyptiens, sont distribués très tardivement laissant le champs
libre aux DVD piratés.
4 distributeurs, exploitants en même temps, se partagent le marché.
Le cinéma en Tunisie, comme beaucoup d’autres choses est en construction, les négociations et
discussions entre professionnels et administration sont actuellement en cours.
I.2.c. Maroc
2 multiplexes (Casablanca et Marrakech) avec 23 écrans, un Imax et 45 écrans uniques à travers tous
le pays.
Trois multiplexes et 2 réouvertures de salles à écran unique sont en projet.
Une centaine de salles restent fermées.
Les 23 salles du multiplexe, l’Imax et deux salles à Marrakech sont numérisées.
L’état s’est engagé à financer à 100% la numérisation de 10 salles 2013, et le souhait des exploitants
est que cette aide soit renouvelée jusqu’à numérisation de la totalité des salles. Cependant, une
bonne vingtaine des salles encore ouvertes est dans un état de sous-équipement et de délabrement
tel, que la numérisation sera inutile. On peut craindre la fermeture définitive de ces salles.
L’état a prévu également des soutiens à la rénovation et à la création de complexe ou de multiplexe
sous forme d’avance sur recette.
Les multiplexes installés, propriété du groupe français Megarama, concentrent exploitation et
distribution : 65% du box office, 50% des entrées et 72% des films distribués soit 88% des films
Américains et Européens.
il exerce de ce fait une position de monopole et crée un déséquilibre préjudiciable pour les salles de
première vision dans les mêmes villes que lui (Casablanca, Marrakech et Fez) et in fine dangereux
pour toute la profession.
%
Total
Distribution au Maroc
2011
Origine
62%
87
USA
0%
0
INDE
5%
7
Egypte
1
15%
21
Maroc
2
17%
24
Europe
24
1%
1
Autre
Megarama
Maghreb
Moderne films
74
12
CANAL 4
YOUNES
Autres
Distributeurs
Producteurs
Marocains
1
2
3
1
3
16
1
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4
Programme financé par l’UE
Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
100%
140
Total
101
12
2
6
3
16
%
72%
9%
1%
4%
2%
11%
Les 7 distributeurs encore en activité, proposent un nombre de films très réduit, d’autre part la loi
permet aux producteurs marocains de distribuer directement aux salles, leur propre film.
Le taux de rémunération des films varie de 25% à 50% mais reste plafonné par la loi à 50%. De
nombreuses salles, réalisant un faible chiffre d’affaires, négocient un forfait.
Le taux de fréquentation au niveau national est très faible 0,1, alors que la fréquentation par écran
atteint un chiffre très honorable, 32.353, meilleur qu’au Liban et en Israël et comparable à la France
(37.500) dont la fréquentation en salle est l’une des meilleures d’Europe.
Le prix du ticket de 3,8 USD cache en fait 2 catégories d’offres le Multiplexe (5 à 6 USD) et la salle à
écran unique 2 USD en moyenne.
Le paysage cinématographique profite d’une relative diversité dans la programmation : 24 films
Européen, 21 Marocains, 7 Egyptiens et 87 Americains en 2011.
Le film indien est de moins en moins importé en raison du prix élevé demandé part les ayants droit et
la faiblesse des revenus des salles qui le programmaient, très populaires et mal entretenues.
La part de marché du film national est importante 19% en entrées, d’autant plus qu’il ne profite pas
d’une réelle stratégie de distribution.
Depuis 4 ou 5 ans les 2 premiers films au box office, sont marocains et il n’est pas rare qu’un ou 2
autres films se placent parmi les 8 suivants.
Le film marocain dispose d’un budget de 80.000 USD de publicité sur chacune des 2 chaines
nationales de télévision, ce qui permet de diffuser la bande annonce du film pendant une semaine
en prime time.
Les taxes parafiscales, dont était exonéré le film marocain ont été supprimées en 2012 et remplacées
par une TVA à 20%.
Le piratage reste un fléau difficile à appréhender par les autorités.
Le cinéma étant un marché de l’offre et non pas de la demande, les chiffres montrent bien que le
Maroc souffre d’un sous équipement (un écran pour 470.000 personnes) alors qu’il dispose d’une
forte demande due en particulier à la jeunesse de sa population.
Autre paradoxe, il soutient très fortement une production nationale, 15 à 20 films par an, en y
consacrant plus de 6 M USD mais laisse disparaître son parc de salles de cinéma (120 salles ont fermé
leurs portes en 15 ans).
Dans un premier temps une réglementation de la distribution et de l’exploitation, permettra de
rééquilibrer le marché entre multiplexe et salle à écran unique, et dans un second, une politique
volontariste et courageuse devra créer l’environnement économique propice à l’investissement et au
développement du secteur.
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Programme financé par l’UE
Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
I.3 Des marchés bien établis
Egypte
Israël
Liban
Koweït
Qatar
E.A.U
Population en millions
79,4
7,6
4,0
3,7
1,8
5,4
Revenu par personne (USD)
2 922
32 297
10 473
46 460
97 967
66 625
Box Office en M USD (2011)
74,7
99,0
18,4
19,8
13,0
100,4
Entrées en Millions (2011)
31
10
4
2
2
10
Taux de Fréquentation
0,4
1,3
0,9
0,6
0,8
1,9
81 937
25 316
30 252
36 066
34 884
39 608
Prix moyen du Ticket (2011)
2,40
9,90
5,11
9,00
8,70
9,95
Ecrans (2011)
382
395
119
61
43
255
Ecrans Numériques (2011)
45,0
86,0
66,0
-
-
55,0
207 853
19 241
33 613
60 656
41 860
21 176
80,0%
12,0%
1,8%
0,0%
0,0%
0,0%
Production Nationale - Films LM
25
16
8
-
-
-
Nb Distributeurs
9
8
Fréquentation annuelle par écran
Habitant par écran
Part du marché National
I.3.a. Egypte
C’est l’un des plus gros marché de la région, autant en production qu’en exploitation.
 131 Films distribués en 2011 dont 25 Egyptiens
 80% de la fréquentation est captée par le film local grâce/à cause à un système très
protectionniste :
 Limitation des copies pour les films étrangers
 Taxe sur les films non arabes (20% au lieu de 5%)
 Droits de douane à l’importation
 Interdiction de projeter les films étrangers pendant les vacances religieuses et le ramadan.
 Obligation faite à l’Inde d’importer un film égyptien pour tout film indien projeté en Egypte
La fréquentation par écran est de loin la plus importante de la région.
Les films européens ne sont présents que dans les festivals.
9 distributeurs, dont 4 spécialisés dans le film local.
Le taux de location est de 50% pour toutes les semaines.
I.3.b. Israël
C’est le marché le plus important de la région 100 M USD.
Ceci est du à un équipement très développé et à un prix du ticket très élevé similaire aux prix
européens 10 USD.
La fréquentation par écran est faible, comparativement à la région et peut être expliquée par le
suréquipement en salles de cinéma, en revanche le taux de fréquentation (Entrées/ population)
indique une grande cinéphilie de la population.
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Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
Malgré un nombre conséquent de films produits annuellement (16) la part du film local reste
modeste (12%), au profit du film américain.
I.3.c. Liban
L’équipement est moderne et la plus part des écrans se situent dans des multiplexes. En 2011 la
moitié des écrans était numérisée ce qui laisse à penser qu’actuellement l’ensemble du parc devrait
l’être.
Contrairement à l’Egypte, c’est un pays complètement ouvert aux films étrangers qui s’accaparent
98% des parts de marché. Le cinéma national ne représente que 1,8% de part de marché au même
niveau que le cinéma égyptien, qui atteignait 7,3% en 2009.
La production de films nationale est financée par le privé et le plus souvent en coproduction avec
l’Europe.
En 2011, le premier film au box office était une coproduction libanaise (‘’Et maintenant, on va où’’ de
Nadine Labaki), avec 2,2 M USD réalisant un score 2 fois plus important que le suivant ‘’The Smurfs’’
film américain.
I.3.d. Les pays du Golfe
C’est un marché très significatif et qui réalise un B.O. de 133 M USD pour environ 14 Millions
d’entrées. Il est caractérisé par un revenu annuel par personne très élevé et un prix du ticket
comparable au prix européen.
Les équipements sont récents et de très bonne qualité.
Il convient cependant de noter une différence importante entre les E.A.U. qui bénéficient d’un
équipement important, (255 écrans), et qui affichent un taux de fréquentation très élevé, 1,9, et
Qatar et Koweït dont le nombre de salles reste faible par rapport à leur population et qui affichent
un taux de fréquentation nettement plus faible 0,6 et 0,8.
Il est dominé par le cinéma américain et bollywoodien. Le cinéma arabe est représenté par le cinéma
égyptien alors que le cinéma européen n’y est pas présent.
Il faut néanmoins signaler, la présence dans les EAU de quatre salles qui essayent de faire une
programmation partiellement d’art et essai, mais elles ne bénéficient d’aucun soutien.
II Aides à la Distribution
II.1 Aides nationales
Comme on l’a vu précédemment, l’Algérie peut soutenir de temps en temps un film Algérien à
hauteur de 70.000 USD et les télévisions marocaines consacrent une aide automatique au film
marocain de 160.000 USD sous forme de diffusion de bande annonce.
II.2 Aides des festivals
Le festival de Doha, a consacré jusqu’à maintenant une aide à l’impression des copies 35 mm pour
les films arabes.
Le festival de Dubaï, offrait une prime à la distribution de 10.000 USD pour tout film de sa
compétition officielle négocié pendant la durée du festival.
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Programme financé par l’UE
Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
Malheureusement, ces deux festivals souhaitent arrêter ces aides à partir de 2013.
II.3 Unifrance
Unifrance consacre une aide à la distribution des films français au profit des distributeurs étrangers.
Elle couvre les frais d’édition de copie, de promotion, d’organisation d’événement et de prise en
charge des voyages de l’équipe du film, à hauteur de 50% de la dépense du distributeur.
Elle est soumise à conditions, notamment le nombre de copie et la qualité de l’exposition du film.
II.4 Media Mundus proposé par Europa-Cinémas
C’est une aide à la salle qui a pour objectif, d’encourager la programmation des films européens dans
le sud et de faciliter leur visibilité.
Elle est également destinée à l’Asie et à l’Amérique latine pour les films européens et aux salles
européennes pour les films du Sud.
II.5 Euromed Audiovisuel
La seule aide à la distribution dont a bénéficié la région est l’aide à la distribution et à l’exploitation
du programme Euromed Audiovisuel I et II.
Ce programme a considéré que distribution et exploitation était intimement liées et que pour
faciliter l’une il fallait également soutenir l’autre.
Objectif :
Accroitre ou tout au moins permettre la présence des films Européens et méditerranéens sur les
écrans de la région.
Bénéficiaires
Distributeur du film et les salles qui le programmeraient, dans les pays du sud de la méditerranée.
Coûts éligibles
Fabrication de copie
Sous-titrage / Doublage
Promotion
Les coûts d’acquisition des droits ne sont pas éligibles.
Montant du soutien
Le montant pour le distributeur est plafonné à 20.000 € et ne doit pas dépasser 50% de la dépense
réelle du distributeur.
Le montant attribué à la salle est de (1000 €/semaine euromed audiovisuel I, et 400 €/semaine
Euromed audiovisuel II) et plafonné à 2 semaines par film.
Le soutien n’est débloqué qu’après réalisation de l’opération et sur présentation des factures du
distributeur.
L’aide offerte à la salle, permettait au distributeur d’être plus convaincant auprès de l’exploitant et
de programmer un film méditerranéen ou Européen plus aisément dans un environnement dominé
par le cinéma Américain et Indien. Le montant de 1000 € par semaine était suffisamment attractif
pour l’exploitant, en revanche le montant proposé au distributeur (20.000 €) n’était pas suffisant
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Programme financé par l’UE
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pour les films à faible potentiel et dans tous les cas ne représentait pas un critère essentiel dans la
décision d’achat du distributeur.
Malgré cela, et après une période de rodage, les films Européens et méditerranéens ont commencé à
percer sur les écrans de la région.
Les exploitants, réticents au départ, sont devenus volontiers demandeurs.
Euromed Audiovisuel II a réduit le montant octroyé aux salles de 1000 à 400 € et surtout a transféré
la majorité du budget aux distributeurs du nord de la Méditerranée en vu de soutenir le film du sud
de la méditerranée dans le nord.
Ceci a eu pour effet immédiat, d’annuler tous les acquis de la première version.
Euromed audiovisuel III a pris pour option d’abandonner purement et simplement l’aide à la
distribution et à l’exploitation.
Ceci est d’autant plus dommageable, que le passage au numérique des salles de cinéma, aurait été
une formidable occasion d’installer durablement le film européen et méditerranéen sur les écrans du
sud, et ce, en finançant partiellement l’équipement en projecteur numérique dans les salles
remplaçant un véritable VPF (Virtual print fee) dans le sud.
III Proposition d’un modèle d’aide à la distribution et à l’exploitation
Objectif
Encourager et faciliter la circulation des films européens et méditerranéens du sud dans les pays du
sud de la méditerranée.
Encourager la programmation de ces films par les salles de la région.
Principe
Pour obtenir des résultats significatifs et installer une cinématographie sur les écrans de la région, il
est nécessaire d’inscrire le processus dans le long terme. – 10 à 15 ans au minimum.
Eligibilité
Les films européens et méditerranéens du sud
Tous les distributeurs installés dans les pays de la région
Toutes les salles de la région y compris les multiplexes.
Mécanismes et montants
Le mécanisme d’aide doit s’adresser simultanément au distributeur et à la salle de cinéma, comme
l’avait élaboré Europa-Cinémas dans le cadre des programmes Euromed audiovisuel I et II.
Il devrait imposer une sortie sur un minimum d’écran et inciter les exploitants à réserver le plus
grand nombre de semaines au film éligible, en offrant par exemple un bonus après un nombre de
semaine déterminé.
Il doit garder un degré de souplesse important et s’adapter au marché.
Le montant de l’aide, pour être incitatif pour le distributeur et l’exploitant, doit tenir compte de la
réalité de leur environnement et pouvoir s’y adapter.
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Programme financé par l’UE
Unité d’appui au renforcement des capacités (CDSU)
Conclusion
Dans beaucoup de pays le parc de cinéma est à reconstruire ou à moderniser. De nombreux pays
manquent de vision politique concernant le cinéma et quand elle existe, elle souffre d’incohérence.
L’exploitation et la distribution relèvent certes du domaine commercial, mais nécessitent un
encadrement et une régulation, comparable au système Français, sans pour autant tomber dans un
système protectionniste comme en Egypte.
Dans tous les cas, ces deux activités sont intimement liées et s’occuper de l’une oblige à encadrer
l’autre.
Quand l’offre existe, le public répond présent et la fréquentation par écran en est la meilleure
mesure.
Les pays qui soutiennent fortement leur production nationale sont récompensés par l’affluence de
leur public, démontrant ainsi qu’un cinéma identitaire est, non seulement demandé, mais préféré au
cinéma américain dominant (Maroc, Liban, Israël et Egypte dans une moindre mesure)
A contrario, les pays qui ne produisent pas de films, sont complètement submergés par les cinémas
hollywoodien et bollywoodien.
Le cinéma européen est considéré comme un cinéma difficile et n’a pas encore trouvé sa place sur
les écrans des salles existantes, encore moins sur les écrans des nouveaux multiplexes.
Pour le réintroduire et l’installer durablement, il serait nécessaire de le soutenir fortement et surtout
à long terme, tout en s’adaptant à la réalité de chaque marché.
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