fatigue subjective et sentiments d`autodetermi
Transcription
fatigue subjective et sentiments d`autodetermi
RESUME FATIGUE SUBJECTIVE ET SENTIMENTS D’AUTODETERMINATION ET DE COMPETENCE A L’ECOLE: ETUDE AUPRES D’ENFANTS DE CM1 ET CM2 ALAIN GUERRIEN et ANNIE MANSY-DANNAY * L’étude porte sur le lien entre la fatigue ressentie par les enfants et leur motivation à l’école. Menée auprès de 743 enfants à l’école élémentaire (CM1 et CM2), elle a consisté à mesurer, par des échelles d’auto-estimation, leurs niveaux de fatigue générale et de fatigue mentale, ainsi que leurs sentiments de compétence et d’autodétermination vis-à-vis des activités scolaires. Les résultats font apparaître des corrélations négatives significatives entre la fatigue ressentie et les variables motivationnelles : plus l’enfant se sent compétent et autodéterminé dans le cadre scolaire, moins il ressent de fatigue générale et de fatigue mentale. Un effet de la variable sexe apparaît : la corrélation négative entre le sentiment d’autodétermination et la fatigue mentale est plus marquée chez les garçons que chez les filles, tandis que la corrélation négative entre le sentiment de compétence et la fatigue mentale est plus importante chez les filles que chez les garçons, de même que la corrélation entre le sentiment d’autodétermination et la fatigue générale. Nos résultats concordent avec les modèles de Psychologie de la Santé associant le bien-être de la personne aux sentiments de compétence et d’autodétermination. Ils sont discutés en termes de remédiation dans le cadre scolaire. Mots-Clés : fatigue, motivation, sentiment de compétence, sentiment d’autodétermination, santé, bien-être mental, école élémentaire ABSTRACT Université Charles ce Gaulle - Lille 3 EA 2453 "Temps, Emotion et Cognition" BP 60149 59 653 Villeneuve d’Ascq Cedex. [email protected] This study deals with relationships between children’s selfreported fatigue, and their motivation at school. It has been performed among 743 children at primary school. General and mental fatigue, perceived competence and self-determination toward school activities were assessed through self-estimation scales. It appears that self-reported fatigue and motivational variables are significantly negatively correlated: the more a child feels competent and self-determined, the less he reports general and mental fatigue. Results also pointed out a difference between girls and boys: the negative correlation between self-determination and mental fatigue was stronger among boys than it was among girls. On the contrary, the negative correlation between perceived competence and mental fatigue, and between self-determination and general fatigue, was stronger among girls than it was among boys. Our results agree with Health Psychology models, connecting well-being to perceived competence and self-determination. They are discussed with regard to remediation in educational field. Key-words : fatigue, motivation, perceived competence, selfdetermination, health, mental well-being, primary school D ans le contexte scolaire, la fatigue des élèves est l’objet d’une plainte récurrente, tant chez les enfants eux-mêmes que chez les enseignants et chez les parents. Plus généralement, la fatigue de la personne constitue aujourd’hui une préoccupation majeure. Il existe néanmoins un contraste assez surprenant entre la place qu’occupe cette notion de fatigue, dans les domaines de la santé, du travail et de l’éducation et le peu d’études qui lui ont été consacrées en psychologie, particulièrement en psychologie cognitive. La rareté des travaux en ce domaine est probablement liée à la difficulté à opérationnaliser la notion de fatigue, étant donné, notamment, son caractère multidimensionnel. Il est classique de distinguer une fatigue « subjective » ou « ressentie », de l’ordre de la sensation, éventuellement de la plainte, et une fatigue « objective » ou « comportementale », mesurable à l’aide d’indices observables. Cette distinction entre fatigue subjective et fatigue objective est courante, mais la relation qu’elles entretiennent paraît pour le moins complexe (Cohen et Sparling-Cohen, 1993). Cette relation a en fait été très peu étudiée, ceci s’expliquant sans doute par le fait que, si la fatigue subjective est relativement facile à appréhender par l’utilisation d’échelles d’auto-estimation, on a accordé à ce jour très peu d’attention à caractériser précisément les manifestations psychologiques de la fatigue dite objective. Vermeil (1987) souligne qu’en définitive pour le psychologue ce qui importe avant tout c’est la plainte, la sensation qui diminue la capacité de travail de l’individu. Une autre distinction couramment admise oppose la fatigue « mentale », dite parfois aussi « nerveuse », et la fatigue « physique », dite parfois « neuromusculaire ». Si les mécanismes de cette dernière sont bien connus (Allain et al., 1999), il n’en va pas de même pour ceux de la fatigue mentale, correspondant selon Desmond et Hancock (2001) à un changement d’état psychophysiologique dû à une sollicitation cognitive prolongée, se manifestant par une impossibilité à maintenir le régime d’activité initial. Les causes de la fatigue chez l’enfant à l’école sont évidemment nombreuses. On peut, à l’instar de Vermeil (1987) distinguer des causes extra-scolaires (par exemple le manque de sommeil dû à des couchers tardifs ou des habitudes alimentaires inadaptées), et des causes inhérentes aux activités scolaires, relevant notamment des pratiques pédagogiques, de l’organisation des activités dans la journée, dans la semaine, voire dans l’année, ou encore du non-respect des différences individuelles. C’est sur ces dernières que nos précédentes recherches se sont centrées, et plus particulièrement sur le lien entre les facteurs motivationnels et la fatigue subjective des élèves. 38 Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4 L’orientation motivationnelle de l’élève vis-à-vis des activités scolaires est-elle en relation avec la fatigue qu’il ressent ? Dans la perspective de la Théorie de l’Autodétermination de Deci et Ryan (1985), différents types d’orientation motivationnelle vis-à-vis d’une activité peuvent être distingués : • motivation intrinsèque si la réalisation de celle-ci s’accompagne d’un sentiment de compétence et d’autodétermination élevé, et qu’elle procure en elle-même une satisfaction ; • motivation extrinsèque si la situation est perçue comme "contrôlante" (sentiment d’autodétermination faible), et que l’activité n’est pas développée pour elle-même, mais pour en retirer quelque chose qui lui est extérieur (récompense, classement, etc.) ; • amotivation si l’activité n’est associée à aucune motivation, ni intrinsèque ni extrinsèque. Les différents types de motivation ainsi définis peuvent alors être rangés sur un continuum selon le degré d’autodétermination, allant de l’amotivation (autodétermination nulle) à la motivation intrinsèque (autodétermination maximale), en passant par la motivation extrinsèque. Pour qualifier l’orientation motivationnelle d’un élève, il est en outre nécessaire de se situer à plusieurs niveaux (Vallerand, 1997). Cette idée de hiérarchie, permet d’aborder la question de la motivation de l’élève d’un point de vue tant inter- qu’intra-individuel. • Le premier niveau, celui de la motivation globale, est de l’ordre de la personnalité : tendance générale à préférer ou non des situations d’autonomie, sentiment de compétence générale dans l’ensemble de l’environnement humain et matériel (orientation globale intrinsèque vs. extrinsèque). Ce niveau peut être rapproché de la notion de style cognitif appliqué à l’orientation motivationnelle, tel qu’il a été évoqué par Huteau (1985). Des différences inter-individuelles apparaissent en effet selon la force de certains besoins cognitifs : besoins d’exploration, de manipulation, de stimulation, recherche de nouveauté et de complexité. • Le deuxième, celui de la motivation contextuelle, se particularise dans les grands domaines d’activité (éducation, loisirs…). Ce niveau contextuel, concernant par exemple le domaine de l’éducation, englobe l’ensemble des différentes disciplines scolaires, sans les différencier (orientation contextuelle intrinsèque vs. extrinsèque). • Le dernier, celui de la motivation situationnelle, appréhende l’orientation motivationnelle pour telle ou telle séance d’enseignement en particulier (orientation situationnelle intrinsèque vs. extrinsèque). Dans nos travaux antérieurs, la fatigue ressentie en fin de séance d’enseignement a été mise en relation avec l’orientation motivationnelle vis-à-vis des activités scolaires en général, de la discipline d’enseignement, ou du contenu propre de la séance. Il nous est en effet apparu nécessaire de connaître l’orientation motivationnelle des élèves pour chaque discipline Fatigue subjective et sentiments d’autodétermination et de compétence à l’école 39 d’enseignement, et nous avons donc ajouté aux trois niveaux décrits par Vallerand, un quatrième niveau, dit « contextuel de la discipline ». Nous avons ainsi pu montrer que le sentiment de fatigue éprouvé en fin de séance corrèle négativement avec le sentiment d’autodétermination et avec le niveau de motivation intrinsèque pour l’école en général (MansyDannay et Guerrien, à paraître). De même, la plainte de fatigue est apparue plus fréquente à l’issue de la séance chez les élèves présentant une motivation extrinsèque pour la discipline d’enseignement, et un faible attrait pour la séance elle-même (Mansy-Dannay et Guerrien, 2002 ; Guerrien et Mansy-Dannay, 2003a). Globalement, il apparaît donc que le sentiment de fatigue en fin de séance est plus fort quand les élèves présentent un niveau de motivation intrinsèque faible ou un niveau de motivation extrinsèque élevé. Ce résultat a été interprété en termes d’effort cognitif : par la contrainte qu’elles supposent, les tâches associées à une motivation extrinsèque seraient davantage génératrices de fatigue dans la mesure où, à l’effort de réalisation de la tâche, viendrait s’ajouter un effort de gestion de l’état motivationnel. Cet effort supplémentaire serait lié à la faible propension du sujet à s’impliquer dans la tâche : effort pour s’y engager alors que l’intérêt est faible, effort pour inhiber les distracteurs environnementaux ou « internes » (rêveries etc.), autrement dit pour gérer cette situation de contrainte. Cet effort de gestion de l’état motivationnel serait en revanche minimisé dans le cas d’une forte motivation intrinsèque, dont on connaît l’effet favorable vis-à-vis de la focalisation et du maintien de l’attention (Guerrien et Mansy-Dannay, 2003b). Ces travaux portant sur le lien entre l’orientation motivationnelle et la fatigue subjective peuvent être rapprochés du champ de recherche associant motivation et bien-être mental. La perspective « eudémoniste », défendue notamment par Sheldon et al. (1996), Reis et al. (2000), Ryan et Deci (2001) ou Sheldon (2002), relie le bien-être de la personne à la satisfaction des besoins fondamentaux que sont les besoins d’autodétermination et de compétence. La satisfaction de ces besoins est le fondement même de l’émergence d’une motivation intrinsèque, et corrèle très fortement avec le bien-être subjectif. Dans l’étude de Reis et al. (2000), réalisée chez une population d’étudiants, il apparaît clairement que les indices de bien-être (fréquence des affects positifs, des affects négatifs, vitalité subjective, symptômes physiques) sont en lien avec les sentiments de compétence et d’autodétermination éprouvés, ceci à l’échelle de la journée (bien-être ressenti en fin de journée et sentiments de compétence et d’autodétermination au cours de celle-ci), mais aussi à long terme sur un plan plus général. Il en est ainsi notamment de l’indice de vitalité subjective, qui reflète un sentiment opposé à celui de fatigue (les items utilisés sont par exemple « je me sens plein d’énergie », ou « je me sens bien vivant et plein de vitalité ») : la vitalité subjective est fortement corrélée avec le sentiment de compétence et le sentiment d’autodétermination. 40 Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4 Cet ensemble de recherches s’inscrit dans le cadre de l’étude des déterminants psychologiques du bien-être de la personne. Dans le contexte scolaire, la recherche des conditions maximisant bien-être mental et/ou minimisant la fatigue de l’enfant paraît d’une importance majeure. Nos précédents travaux associaient la motivation de l’élève et sa fatigue ponctuelle, ou situationnelle, éprouvée en fin de séance d’enseignement. Ils ont montré que la variable motivationnelle pouvait constituer un prédicteur de cette fatigue auto-estimée. L’objectif de la présente étude est d’étendre cette problématique à un niveau plus global, la question étant de savoir si le sentiment de compétence et le sentiment d’autodétermination éprouvés par l’enfant vis-à-vis de ses activités scolaires sont associés à une fatigue, non plus ponctuelle en fin de séance, mais cette fois durable, ressentie à long terme. Ainsi, la motivation de l’élève dans le contexte scolaire a été mise en relation avec la fatigue qu’il a ressentie « en général, au cours des dernières semaines écoulées ». Méthode Sujets L’étude a été menée auprès de 743 enfants (363 filles, 380 garçons) de classes de CM1 (n = 293) et de CM2 (n = 450), âgés de 9 à 12 ans. Vingt-cinq écoles de la région Nord – Pas de Calais ont participé à cette recherche. Matériel Les outils d’investigation de la fatigue subjective sont relativement peu nombreux et rarement adaptés à une étude chez l’enfant. Plutôt que de construire un outil ad hoc, nous avons opté pour une utilisation partielle du « Multidimensional Fatigue Inventory » (MFI 20) de Smets et al (1995) dans la version française de Gentile et al. (2003). Il s’agit d’un outil destiné à l’adulte, validé initialement, entre autres, chez des populations d’étudiants. Il comporte cinq sous-échelles : fatigue générale, fatigue mentale, fatigue physique, réduction d’activité, réduction de motivation. Les items des trois dernières sous-échelles s’avèrent peu adaptés à une population d’enfants. En revanche, les sous-échelles de fatigue générale et de fatigue mentale nous ont paru être utilisables telles quelles. La sous-échelle de fatigue générale comporte cinq items, centrés sur une impression de fatigue globale (exemple d’item : « je me sens fatigué »). La sous-échelle de fatigue mentale (six items) est pour l’essentiel centrée sur Fatigue subjective et sentiments d’autodétermination et de compétence à l’école 41 les difficultés d’attention et de concentration (par exemple, « me concentrer sur quelque chose me demande beaucoup d’effort »). Pour cette étude, le MFI 20 a donc été réduit à deux souséchelles, soit onze items. Leur intitulé a été conservé en l’état. Chaque item est l’objet d’une échelle de Lickert en sept points, avec pour bornes « pas du tout d’accord » et « tout à fait d’accord », la proposition de départ étant : « les phrases suivantes correspondent-elles à ce que tu ressens en général (au cours de ces dernières semaines) ? » En ce qui concerne l’évaluation motivationnelle, les échelles utilisables chez l’enfant sont également peu nombreuses. Nous avons utilisé une échelle d’auto-estimation des sentiments de compétence et d’autodétermination élaborée par nos soins, et déjà utilisée dans nos travaux antérieurs (notamment Mansy-Dannay et Guerrien, à paraître). Cette échelle, portant sur les perceptions de compétence et d’autodétermination vis-à-vis des activités scolaires en général, s’est en effet avérée constituer un outil pertinent de différenciation motivationnelle et de prédiction de la fatigue éprouvée en fin de séance. La présente recherche participe à l’étude de sa validité prédictive. L’échelle présente l’avantage de proposer une double investigation, portant sur les sentiments de compétence et d’autodétermination, alors que d’autres outils (par exemple l’Echelle de Motivation en Education de Vallerand et al., 1989), retiennent essentiellement la variable autodétermination, et sont centrés, pour l’évaluation de la Motivation Intrinsèque, sur la dimension de plaisir, ce qui paraît assez restrictif. L’échelle comporte dix-huit items (neuf pour le sentiment de compétence et neuf pour le sentiment d’autodétermination). Sa présentation était identique à celle utilisée pour l’appréhension de la fatigue, avec le même système d’échelles de Lickert. Procédure Les deux questionnaires ont donné lieu à des passations collectives en classe. Selon les classes, de manière aléatoire, les enfants ont d’abord répondu à l’échelle de fatigue, puis à celle de motivation, ou l’inverse. Avant les passations, les expérimentateurs ont pris soin d’expliquer au groupe d’enfants certains termes pouvant donner lieu à des difficultés de compréhension. Les enfants avaient la possibilité de demander des explications collectivement avant la passation, ou, si besoin était, individuellement durant la passation. 42 Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4 Résultats L’ensemble des données recueillies dans cette étude provenant d’échelles de Lickert, nous avons appliqué des statistiques non paramétriques : khi², U de Mann-Whitney et H de Kruskal-Wallis, avec respectivement calcul des valeurs z et H corrigées pour ex-aequo, et Rhô de Spearman, avec calcul du rhô corrigé pour ex-aequo. Les traitements ont été réalisés à l’aide du logiciel StatView. Ces traitements ont porté sur les six variables dépendantes suivantes : sentiment de compétence, sentiment d’autodétermination, total compétence et autodétermination, fatigue générale, fatigue mentale, total fatigue générale et fatigue mentale (« fatigue totale »). Des traitements préalables ont été effectués afin de comparer les classes de CM1 et de CM2 sur les différentes mesures effectuées. Aucune différence significative n’apparaît ici, que ce soit pour le sentiment de compétence (z = 1.008, NS), le sentiment d’autodétermination (z = .401, NS), le total compétence et autodétermination (z = .606, NS), la fatigue générale (z = 1.165, NS), la fatigue mentale (z = 1.409, NS) ou la fatigue totale (z = .730, NS). De la même manière, nous avons comparé les résultats des garçons et des filles (tableau 1). Cette variable sexe ne donne pas lieu à une différence quant au sentiment de compétence (z = .348, NS). En revanche, les filles présentent un sentiment d’autodétermination plus élevé que les garçons (z = 3.175, p = .0015). L’addition des scores de sentiment de compétence et d’autodétermination donne également lieu à une différence significative à l’avantage des filles (z = 1.914, p = .0558). Sur le plan de la fatigue, on peut noter une tendance (n’atteignant pas le seuil de significativité p<.05), les filles présentant un score plus élevé que les garçons en fatigue générale (z = 1.85, p = .0644), et les garçons un score plus élevé en fatigue mentale (z = 1.84, p = .0653). Aucune différence n’apparaît sur l’indice fatigue totale (z = .076, NS). Tableau 1. Moyenne (m) et Ecart-type (σ) pour chaque variable dépendante, pour le groupe des filles (n = 363) et le groupe des garçons (n = 380). Filles Garçons Sentiment de compétence m = 20.036 σ = 6.268 m = 19.824 σ = 6.335 Sentiment d’autodétermin. Compétence + Autodétermin. Fatigue générale Fatigue mentale Fatigue totale m = 26.003 σ = 6.358 m = 24.403 σ = 6.928 m = 46.039 σ = 10.721 m = 44.227 σ = 11.619 m = 13.893 σ = 6.119 m = 13.35 σ = 6.787 m = 17.028 σ = 6.978 m = 18.218 σ = 7.689 m = 30.920 σ = 11.280 m = 31.568 σ = 12.588 Fatigue subjective et sentiments d’autodétermination et de compétence à l’école 43 Une différence significative entre filles et garçons étant apparue quant au score de sentiment d’autodétermination, nous avons analysé leurs réponses item par item. Une différence dans la distribution des réponses apparaît pour quatre items. Pour la proposition « Quand je suis à l’école, j’aimerais mieux être ailleurs », davantage de garçons optent pour la réponse « tout à fait d’accord » (khi² = 16.438, p = .0025). La proposition « Même quand cela m’intéresse, je n’ai pas très envie de travailler » est totalement rejetée par un fort pourcentage d’élèves, mais davantage par les filles que par les garçons (khi² = 11.176, p = .0247). Enfin, les filles adhèrent plus massivement aux items « Je m’intéresse à tout ce qu’on me propose en classe » et « Je suis sûr(e) que si je fais un effort, je vais avoir de bons résultats » (respectivement, khi² = 12.41, p = .0145 et khi² = 17.572, p = .0015). Les résultats concernant le lien entre les indices de motivation et les indices de fatigue figurent dans le tableau 2. Toutes les corrélations calculées sont significatives au seuil p<.0001. En ce qui concerne les données de l’ensemble du groupe (filles et garçons mélangés), le sentiment de compétence est corrélé négativement avec la fatigue générale (rhô = -.336), avec la fatigue mentale (rhô = -.473), et avec la somme des deux (fatigue totale, rhô = -.480). De même, le sentiment d’autodétermination est corrélé négativement avec la fatigue générale (rhô = -.359), avec la fatigue mentale (rhô = -.511) et avec la fatigue totale (rhô = -.517). Les calculs effectués sur le total des sentiments de compétence et d’autodétermination confortent ces données : respectivement rhô = -.400, rhô = -.574 et rhô = -.581. Si les corrélations donnent toutes lieu à la même valeur de significativité, on peut noter qu’elles sont légèrement plus élevées pour le sentiment d’autodétermination que pour le sentiment de compétence. De même, elles sont plus élevées pour la fatigue mentale que pour la fatigue générale. C’est ainsi que la corrélation entre le sentiment d’autodétermination et la fatigue mentale atteint la valeur de rhô = .511. Tableau 2. Corrélations (rhô de Spearman, corrigé pour ex-aequo) entre les sentiments de compétence et d’autodétermination, et la fatigue ressentie. La valeur du haut est calculée sur l’ensemble de la population ; les valeurs du dessous pour les filles (F) et les garçons (G). Toutes les corrélations sont significatives au seuil p<.0001. Sentiment de compétence Sentiment d’autodétermination compétence + autodétermination 44 Fatigue générale Fatigue mentale Fatigue totale -.336 (F : -.332 / G : -.340) -.359 (F : -.392 / G : -.349) -.400 (F : -.427 / G : -.387) -.473 (F : -.491 / G : -.462) -.511 (F : -.468 / G : -.543) -.574 (F : -.573 / G : -.574) -.480 (F : -.485 / G : -.477) -.517 (F : -.502 / G : -.532) -.581 (F : -.588 / G : -.575) Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4 Le calcul des corrélations pour les filles et les garçons séparément fait apparaître des différences, selon le sexe, quant aux liens entre les variables de motivation et les variables de fatigue. Les différences les plus marquées concernent le sentiment d’autodétermination. La corrélation négative entre sentiment d’autodétermination et fatigue générale est plus important chez les filles que chez les garçons (rhô = -.392 vs. rhô = -.349), alors qu’à l’inverse, la corrélation négative entre sentiment d’autodétermination et fatigue mentale est nettement plus marquée chez les garçons que chez les filles (rhô = -.543 vs. rhô = -.468). Une comparaison de ces coefficients de corrélations par le test du khi² (Langouet et Porlier, 1981) révèle des différences significatives (respectivement khi² = 82.07, p<.001 et khi² = 527.08, p<.001). En ce qui concerne la variable sentiment de compétence, filles et garçons se différencient également, bien que de manière moins marquée : le lien entre sentiment de compétence et fatigue mentale apparaît plus fort chez les filles que chez les garçons (rhô = -.491 vs. rhô = -.462, khi² = 23.61, p<.001). Enfin, pour compléter l’analyse sur la population prise dans son ensemble, filles et garçons réunis, et sur la fatigue prise globalement, nous avons regroupé les élèves en trois catégories normalisées sur la variable « fatigue totale» (trois échelons, fatigue faible, moyenne ou forte, calculés à partir des notes z). Le tableau 3 présente les scores de sentiment de compétence et de sentiment d’autodétermination en fonction du niveau de fatigue. Il apparaît que les élèves appartenant au groupe « fatigue forte » présentent les niveaux de sentiment de compétence et de sentiment d’autodétermination les plus bas, tandis que les élèves appartenant au groupe « fatigue faible » présentent les moyennes les plus élevées sur ces deux dimensions. Les élèves présentant une fatigue moyenne ont des scores intermédiaires de sentiment de compétence et de sentiment d’autodétermination (test de Kruskal-Wallis, H = 123.566, p<.0001 pour le sentiment de compétence, H = 149.842, p<.0001 pour le sentiment d’autodétermination). Tableau 3. Sentiment de compétence et sentiment d’autodétermination (moyenne m et écarttype σ) en fonction du niveau de fatigue : élèves répartis en trois groupes sur la variable « fatigue totale ». Fatigue faible Fatigue moyenne Fatigue forte Sentiment de compétence m = 24.356 σ = 5.442 m = 19.045 σ = 5.817 m = 15.954 σ = 5.805 Sentiment d’autodétermination m = 29.559 σ = 4.467 m = 25.742 σ = 5.611 m = 17.936 σ = 7.777 Fatigue subjective et sentiments d’autodétermination et de compétence à l’école 45 Discussion Nos précédentes recherches étaient centrées sur la fatigue éprouvée ponctuellement par l’enfant en fin de séance d’enseignement ; l’objectif de la présente étude était de mettre en évidence un lien éventuel entre le sentiment de compétence et le sentiment d’autodétermination éprouvés par l’enfant vis-à-vis de ses activités scolaires, et la fatigue qu’il ressent de manière durable. Le questionnaire de fatigue utilisé demandait donc à l’enfant d’évaluer la fatigue ressentie « en général, au cours des dernières semaines écoulées ». Il apparaît clairement que plus l’enfant se sent compétent et autodéterminé dans le cadre scolaire, moins il se sent fatigué. Ce lien est apparu pour la fatigue générale et plus encore pour la fatigue mentale. La corrélation la plus élevée (-.511) associe sentiment d’autodétermination et fatigue mentale. Les résultats obtenus en considérant la fatigue globalement (variable « fatigue totale »), et l’association « sentiment de compétence + sentiment d’autodétermination », sont plus marqués encore, puisque la corrélation atteint la valeur de .581. De même, pour cette variable « fatigue totale », il apparaît que les enfants les plus fatigués présentent des scores de sentiment de compétence et de sentiment d’autodétermination significativement inférieurs à ceux des enfants les moins fatigués. Le lien entre les variables motivationnelles, sentiment de compétence et sentiment d’autodétermination, et la fatigue éprouvée durablement par l’enfant, semble donc avéré. Dans l’analyse de nos résultats, des différenciations sont apparues entre filles et garçons. Les filles se sentent significativement plus autodéterminées que les garçons. La corrélation négative entre autodétermination et fatigue mentale est plus forte chez les garçons. À l’inverse le lien négatif entre sentiment de compétence et fatigue mentale est plus fort chez les filles. La différenciation entre filles et garçons que nous observons sur la variable « fatigue mentale » peut être rapprochée des résultats de l’étude de Sheldon et al. (1996). Cette recherche réalisée chez des étudiants, portant sur les déterminants motivationnels du bien-être mental, montrait que le sentiment d’autodétermination constitue un meilleur prédicteur du bien être mental chez les garçons que chez les filles, tandis que le sentiment de compétence constitue un meilleur prédicteur chez les filles que chez les garçons. Les filles présentent une corrélation négative plus forte que les garçons entre autodétermination et fatigue générale. Ce résultat n’a pas, à notre connaissance, d’équivalent dans la littérature et son interprétation s’avère complexe. Nos données montrent que les garçons présentent un score de sentiment d’autodétermination inférieur à celui des filles. Ils adhèrent davantage à la proposition « Quand je suis à l’école, j’aimerais mieux être ailleurs » et rejettent moins que les filles la proposition « Même quand cela m’intéresse, je n’ai pas très envie de travailler ». Ceci pourrait refléter des difficultés de concentration plus importantes, et 46 Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4 se traduire par des comportements d’évasion mentale plus nombreux chez les garçons. La nécessité de rester attentif en classe engendrerait alors une lutte contre les tentations d’évasion mentale, qui pourrait entraîner une fatigue mentale plus importante. D’ailleurs, la sous-échelle concernant la fatigue mentale du MFI20 est essentiellement axée sur les difficultés de concentration, et il y a effectivement une tendance à ce que les garçons aient un score plus élevé que les filles. De plus, on peut faire l’hypothèse que les filles présentent une meilleure propension à se contraindre à s’engager activement dans les activités. Elles ont répondu très favorablement aux propositions « Je m’intéresse à tout ce qu’on me propose en classe » et « Je suis sûre que si je fais un effort, je vais avoir de bons résultats ». Cette attitude, à l’évidence moins génératrice de fatigue mentale, paraît être plutôt en relation avec la fatigue générale. Une interprétation fine de cette relation paraissant hasardeuse en raison de la multiplicité des facteurs explicatifs possibles, nous ne retiendrons ici que les effets concernant la fatigue mentale. Le fait que, chez les filles, la corrélation négative entre autodétermination et fatigue générale soit plus importante, joint à la tendance à ce que la fatigue générale soit plus élevée, demande l’établissement d’hypothèses sur l’ensemble du vécu scolaire et extra-scolaire ; elles devront être mises à l’épreuve dans une recherche ultérieure. Les sentiments de compétence et d’autodétermination sont considérés, notamment dans le cadre de la Théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan, 1985), comme les fondements de l’orientation motivationnelle de la personne, et particulièrement comme les déterminants de l’émergence et du maintien de la motivation intrinsèque. Nous avons opté dans cette étude, compte tenu des outils disponibles pour des enfants d’école élémentaire, pour une appréhension directe de ces variables déterminantes, plutôt que pour une mesure de niveaux de motivation intrinsèque et de motivation extrinsèque. Il est toutefois légitime de considérer les scores obtenus à l’échelle de sentiments de compétence et d’autodétermination que nous avons utilisée, comme une mesure fiable du niveau de motivation intrinsèque que présente l’enfant vis-à-vis de ses activités scolaires. Nos résultats montrent donc que cette variable motivationnelle est en lien avec la fatigue des élèves. Elle est corrélée avec la fatigue éprouvée en fin de séance, mais aussi avec la fatigue générale et la fatigue mentale ressenties à plus long terme. Ces données étayent ce que certains pédagogues ont suggéré de longue date. Ainsi Freinet associait-il faible sentiment d’autodétermination et fatigue forte en affirmant que « ce qui fatigue les enfants comme les adultes, c’est l’effort (…) que l’on fait parce qu’on y est contraint » (Freinet, 1969 : 162). De nombreux travaux ont, par le passé, mis en relation l’orientation motivationnelle de l’élève, et notamment son niveau de motivation intrinsèque, avec des paramètres variés, tels que le temps passé dans les activités, les émotions positives en classe, la distraction (Vallerand et al., 1989), la réussite scolaire (Harter et Connel, 1984), la persévérance dans les études Fatigue subjective et sentiments d’autodétermination et de compétence à l’école 47 (Vallerand et Bissonnette, 1992), la créativité (Amabile, 1996), les stratégies d’apprentissage (Krapp, 1999), ou encore la procrastination, phénomène qui correspond à une tendance à retarder la réalisation d’une tâche et qui est souvent associé à une faible motivation intrinsèque pour celle-ci (Nadeau et al., 2003). Ces études ont largement montré l’intérêt de promouvoir chez l’élève une motivation intrinsèque vis-à-vis de ses activités scolaires. Nos données tendent également à montrer que cette orientation motivationnelle pourrait être la plus favorable aux apprentissages dans la mesure où elle est propice à un moindre niveau de fatigue chez l’enfant. Ces résultats confirment l’importance que revêt la prise en compte des différences individuelles dans une meilleure compréhension des causes de la fatigue inhérentes à la relation qu’entretient l’élève avec les activités scolaires. Ils permettent aussi de mieux agir auprès de l’enfant en montrant que la relation que la fatigue entretient avec l’une ou l’autre des dimensions de l’orientation motivationnelle contextuelle, le sentiment de compétence et le sentiment d’autodétermination, n’autorise pas à une réflexion simple sur l’effet du plaisir que l’élève éprouve en situation. Certes, le respect d’un certain nombre de conditions propices au maintien ou à l’émergence d’une Motivation Intrinsèque situationnelle optimise les chances de placer l’élève dans des conditions générant un minimum de fatigue, mais l’existence d’un lien avec des dimensions personnelles plus générales rend indispensable de dépasser le niveau strictement didactique pour s’attacher à une remédiation individualisée destinée à élaborer ou renforcer des métacognitions sur différents plans : • celui de la fatigue : nos données permettent d’affirmer que les enfants sont capables de différencier les dimensions constitutives de la fatigue générale et de la fatigue mentale, puisque les scores qu’ils obtiennent sur chacune de ces sous-échelles diffèrent. Pour autant, la fatigue mentale ne nous paraît pas une dimension clairement présente dans la réflexion des élèves, non plus que dans celle des enseignants d’ailleurs. Nous pouvons à ce propos étayer ce constat par des observations de la méconnaissance de cette dimension de la fatigue au collège (Mansy-Dannay et Guerrien, 2003). Construire des connaissances appropriées sur les différentes facettes de la fatigue constitue bien un enjeu éducatif d’importance, puisqu’il s’agit d’apprendre à l’enfant non seulement à mieux les identifier, mais surtout à mieux y remédier, ce qui constitue une étape indispensable sur le chemin de l’autonomie. • celui du sentiment de compétence : nos échanges nombreux avec des Psychologues Scolaires et des Enseignants du premier comme du second degré ont fait apparaître la relation complexe qui relie le sentiment de compétence et la compétence réelle, et qui ne présente pas de caractère simplement linéaire et proportionnel. En effet, nos travaux 48 Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4 nous ont permis de montrer, chez les élèves en difficulté, une tendance à sur-estimer leurs possibilités par manque de réalisme dans les objectifs à atteindre à court et plus encore à long terme. En revanche, chez les élèves les plus compétents, une étonnante sous-estimation apparaissait (Pierrard, 1992). La remédiation ne peut donc se limiter à rassurer les élèves en difficulté. Certains ont effectivement besoin de ce type d’échanges, mais pour d’autres, les rassurer sur des compétences qu’ils sur-estiment déjà peut s’avérer peu pertinent. Là aussi, la différenciation est indispensable, et repérer chez les élèves compétents ceux pour lesquels le moindre sentiment de compétence est probablement générateur d’anxiété, de fatigue et de mal-être peut présenter aussi une pertinence généralement insoupçonnée. Dans la mesure même où la connaissance des compétences effectives de l’élève ne suffit pas à cerner son sentiment de compétence, se donner les moyens de le faire apparaître représente un objectif défendable tant dans la préoccupation de l’efficacité scolaire que dans celle du bien-être mental. • celui du sentiment d’autodétermination : nos résultats confirment l’importance, vis-à-vis de la fatigue éprouvée, du sentiment d’être contraint à réaliser l’activité. Le modèle du continuum d’autodétermination de Deci et Ryan (1985) met l’accent sur le processus d’intériorisation des raisons d’entreprendre une activité. Cette dimension d’autodétermination est d’ailleurs tout à fait prépondérante dans leur modèle, et différentes étapes de ce continuum ont été identifiées. Classer sur un tel axe les raisons qui président à la réalisation des activités scolaires présente une réelle valeur heuristique à la fois pour préciser à quelle étape se trouve l’enfant, et pour l’accompagner dans la construction de son cheminement vers une étape plus autodéterminée. L’idée selon laquelle l’enfant pourrait présenter une Motivation Intrinsèque pour toutes les disciplines d’enseignement relève probablement de l’utopie. En revanche, il paraît plus réaliste d’avoir pour objectif de l’amener à une meilleure identification des connaissances qu’elles apportent, et de l’accomplissement qu’elles permettent. Si pour certains enfants, le passage par les aspects extrinsèques de la motivation (notes, récompenses familiales…) paraît incontournable, les aider à mieux cerner comment atteindre ces éléments extérieurs à l’activité tout en tentant néanmoins de leur faire prendre conscience de ce qui y est intrinsèquement motivant paraît de nature à favoriser un progrès dans l’autodétermination. Fatigue subjective et sentiments d’autodétermination et de compétence à l’école 49 Références bibliographiques ALLAIN H., BENTUE-FERRER B., ROCHCONGAR P. & SCHUCK S., (1999), « La fatigue : de la biologie à la pharmacologie ». Bulletin Veille Sommeil Europe, 10, 6-12. AMABILE T.M., (1996), Creativity in context, New York, Westview Press. COHEN R.A. & SPARLING-COHEN Y.A., (1993), «Response Selection and the Executive Control of Attention», in Cohen R.A., The Neuropsychology of Attention, New-York, Plenum, p. 4973. DECI E.L. & RYAN R.M., (1985), Intrinsic motivation and self-determination in human behavior, New York, Plenum. DESMOND P.A. & HANCOCK P.A., (2001), « Active and passive fatigue states », in Hancock P.A. & Desmond P.A., Stress, workload and fatigue, Mahwah, New Jersey, Lawrence Erlbaum Associates, p. 455-465. FREINET C., (1969), Pour l’école du peuple. Paris, Maspero. GENTILE S., DELAROZIÈRE J.C., FAVRE F., SAMBUC R. & SAN MARCO J.L., (2003), «Validation of the French Multidimensional Fatigue Inventory (MFI 20)», European Journal of Cancer Care, 12, 58-64. GUERRIEN A. & MANSY-DANNAY A., (2003a), « Orientation Motivationnelle intrinsèque/extrinsèque et fatigue ressentie après la séance au collège », In A. Vom Hofe et coll., Psychologie Différentielle, Recherches et réflexions, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 371374. GUERRIEN A. & MANSY-DANNAY A., (2003b), « Attention soutenue et Motivation : une approche chronopsychologique », Canadian Psychology/Psychologie Canadienne, 44, 394-409. HARTER S. & CONNEL J.P., (1984), «A model on the relationship among children’s academic achievement and their self-perceptions of competence, control, and motivational orientations», in Nicholls J., The development of achievement motivation Greenwich, CT, JAI Press, p. 219-250. HUTEAU M., (1985), Les conceptions cognitives de la personnalité, Paris, PUF. KRAPP A., (1999), «Interest, motivation and learning: an educational-psychological perspective», European Journal of Psychology of Education, 14(1), 23-40. LANGOUET G. & PORLIER J.C., (1981), Mesure et statistique en milieu éducatif, Paris, ESF. 50 Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4 MANSY-DANNAY A. & GUERRIEN A., (2002), « Motivation, sentiment de compétence, agrément et fatigue ressentie après la séance d’enseignement au collège », Revue de Psychologie de l’Education, 7, 58-75. MANSY-DANNAY A. & GUERRIEN A., (2003), « Métacognition de la fatigue mentale et contribution de l’EPS à l’éducation pour la santé », Actes de la 1ère Biennale de l’AFRAPS, « Education pour la santé et APS », Dunkerque. MANSY-DANNAY A. & GUERRIEN A., (à paraître), « Sentiment de compétence et sentiment d’autodétermination dans la différenciation motivationnelle vis-à-vis de l’école , in Actes des XVIèmes Journées de Psychologie Différentielles, Rennes, Presses Universitaires de Rennes. NADEAU M.F., SENECAL C. & GUAY F., (2003), « Les determinants de la procrastination académique : un modèle médiationnel du contexte familial et des processus du soi », Revue Canadienne des Sciences du Comportement, 35, 97-11. PIERRARD, G., (1992), « Représentations, motivation et performances scolaires » (non publié), Mémoire de Diplôme d’Etat de Psychologue Scolaire, Université Charles de Gaulle, Lille 3. REIS H.T., SHELDON K.M., GABLE S.M., ROSCOE J. & RYAN R.M., (2000), «Daily well being: the role of autonomy, competence and relatedness», Personality and Social Psychology Bulletin, 26, 419-435. RYAN R.M. & DECI E.L., (2001), «On happiness and human potentials : a review of research on hedonic and eudaimonic well-being», Annual Review of Psychology, 52, 141-166. SHELDON K.M., (2002), «The self concordance model of healthy goal striving : when personal goals correctly represent the person», in Deci E.L. & Ryan R.M., Handbook of Self- Determination Research, Rochester, University of Rochester Press, p. 65-86. SHELDON K.M., RYAN R. & REIS H.T., (1996), «What makes for a good day ? Competence and autonomy in the day and in the person», Personality and Social Psychology Bulletin, 22, 1270-1279. SMETS E.M.A., GARSSEN B., BONKE B. & DE HAES C.J.M., (1995), «The Multidimensional Fatigue Inventory (MFI) Psychometric qualities of an instrument to assess fatigue», Journal of Psychonomic Research, 39, 315-325. VALLERAND R.J. (1997), «Toward a hierarchical model of intrinsic and extrinsic motivation», in Zanna M.P., Advances in Experimental Social Psychology, New-York, Academic Press, p. 271-360. VALLERAND R.J. & BISSONNETTE R., (1992), «Intrinsic, extrinsic and amotivational styles as predictors of behavior : a prospective study», Journal of personality, 60, 59-620. Fatigue subjective et sentiments d’autodétermination et de compétence à l’école 51 VALLERAND R.J., BLAIS M.R., BRIERE N.M. & PELLETIER L.G., (1989), « Construction et validation de l’Echelle de Motivation en Education (EME) », Revue Canadienne des Sciences du Comportement, 21, 323-349. VERMEIL G., (1987), La fatigue à l’école, Paris, ESF. 52 Psychologie & Education, pp.37-52, 2005-4