Evaluation rapide de l`état nutritionnel, sécurité alimentaire et eau
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Evaluation rapide de l`état nutritionnel, sécurité alimentaire et eau
MARS 2013 Evaluation rapide de l’état nutritionnel, sécurité alimentaire et eau, hygiène et assainissement Zone de Santé de Kingandu Province du Bandundu République Démocratique du Congo Financé par 1. Introduction 1.1. Données géographiques et démographiques La zone de santé de Kingandu est située dans le territoire de Gungu, district de Kwilu, Province du Bandundu. Elle est limitée : A l’Est par les zones de santé de Mungindu, Kisandji et Gungu ; A l’Ouest par la zone de santé de Pay Kongila ; Au Nord par la zone de santé de Lusanga ; Au Sud par la zone de santé de Feshi. Figure 1 : Carte de la zone de santé de Kingandu, OCHA, juin 2009. La zone s’étend sur une superficie de 2666 Km², pour une population évaluée à 88999 habitants (Source : dénombrement du dernier trimestre 2012, BCZS Kingandu), soit une densité de 33 habitants /km². La population de la zone de santé appartient au groupe ethnique Mbala, avec comme sous groupes ethniques Kwese (majoritaire), Mbala, Ngongo et une petite minorité Pende. Toutefois, la langue vernaculaire parlée et entendue par tous est le Kikongo. La zone de santé de Kingandu connaît un climat tropical avec 2 saisons: une saison de pluie qui va de mi septembre à mi février et mi mars à mi mai et des saisons sèches de mi mai à mi septembre et mi février à mi mars. Le relief est constitué des plaines, des collines et des plateaux sur un sol argilo sablonneux. Sa végétation est dominée par la savane boisée et quelques galeries forestières le long des rivières. Sur le plan hydrographique, la rivière Kwenge sépare cette zone avec la zone voisine de Pay Kongila. On y trouve aussi les rivières Yambesi, Bwele et Lutshima ainsi que plusieurs ruisseaux. Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 2 Il n’y a pas du réseau de communication téléphonique dans la zone. La zone est accessible par la route à environ 157 Km de la ville de Kikwit. La zone de santé n’a aucune poche d’insécurité, le calme règne sur toute son étendue. 1.2. Situation socio économique et sécurité alimentaire La principale source de revenu de la population est l’agriculture. L’élevage de petit bétail et de volailles, la pisciculture, le petit commerce, la chasse, la pêche artisanale, les ramassages de termites, chenilles et champignons sont les activités secondaires. L’agriculture est pratiquée par environ 90% des ménages visités par nos équipes. Les cultures les plus importantes sont le manioc, le maïs, l’arachide et le soja. Une grande partie des récoltes est destinée à la vente pour subvenir surtout aux besoins des soins médicaux, de la scolarisation et des taxes. Il est à noter que la scolarisation constitue une priorité dans la Province de Bandundu. Suite à l’insuffisance des acheteurs ainsi que les mauvais états des routes et des ponts, une bonne partie des produits agricoles est perdue dans les dépôts ravagés par les charançons. Le maïs est produit en grande quantité dans la zone mais, environ 75% est destinée à la fabrication de l’alcool. L’élevage des petits bétails et des volailles est traditionnellement pratiqué par la majorité des ménages mais, actuellement en régression suite aux épizooties cycliques de la peste, au manque des produits vétérinaires et à la hausse des taxes exigés par l’état. La chasse est pratiquée surtout pendant la saison sèche. Le rendement de cette activité reste faible. Le manque d'outils appropriés, les fréquents feux de brousse et l’insuffisance de la forêt pourrait expliquer le faible rendement de cette activité. La pisciculture est en progression dans la région mais, les techniques utilisées restent artisanales et la production ne couvre toujours pas le besoin de la population. L’impact des érosions sur les étangs piscicoles, le manque de connaissance de la population sur les nouvelles techniques ainsi que le manque de la variété améliorée des alevins constituent entre autres des grandes barrières à l’essor rapide de ces activités piscicoles dans la zone. La pêche est pratiquée à très petite échelle par cette population. Les poissons les plus capturés sont surtout les anguilles et presque toute la production est destinée à la vente. Le petit commerce est réalisé par une fraction trop petite de la population. Il concerne les produits manufacturés achetés à Kikwit ou à Kinshasa et revendus dans des petits marchés de Kingandu à des prix non accessibles à la majorité de la population. Le troc de la production agricole contre les produits manufacturés est plus développé dans la zone. Les conventions de troc sont conclues avant la production pendant la période de semence et toujours en défaveur de la population. Par conséquent, pendant la période de récolte, toute la production est récupérée par les commerçants laissant les ménages en insécurité alimentaire car, même la disponibilité des semences pour la prochaine saison agricole pose problème. L’aliment de base est le manioc, consommé sous forme de pâte (fufu), accompagné le plus souvent des légumes feuilles. Les protéines sont rares dans le régime alimentaire. Elles proviennent généralement des graines d’arachides. Les produits de chasse, de pêche, du ramassage des termites et des chenilles qui sont saisonniers et en faible quantité sont plus souvent destinés à la vente. Cette zone connait deux périodes de soudure : d’octobre à novembre, période correspondant aux différents travaux de champs et d’avril à mai, période correspondant à une forte pluviosité qui entraine des difficultés pour le séchage de manioc, aliment de base dans la zone de santé. 1.3. Situation sanitaire et nutritionnelle La zone de santé compte 17 aires de santé fonctionnelles. Les structures sanitaires présentes dans la zone sont : un Hôpital Général de Référence (HGR), trois Centres de Santé de Référence (CSR), 17 Centres de Santé (CS), 24 Postes de Santé (PS) et une école secondaire de formation médicale. Le personnel de santé est constitué de trois médecins, 30 infirmiers A1, 75 infirmiers A2, 35 infirmiers A3, une nutritionniste, un technicien de radiologie (TDR), sept administrateurs gestionnaires (AG), 91 agents administratifs et un technicien de Laboratoire (TDL). Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 3 Les maladies les plus fréquemment rencontrées dans la zone de santé sont reprises dans le tableau ci dessous : Tableau 1 : Données épidémiologiques du 4er Trimestre 2012 (sources : BCZS Kingandu) Pathologies Nombre de cas Décès Paludisme 3120 7 Infections respiratoires aigues « IRA » 365 2 Diarrhée Anémie Malnutrition 303 186 67 3 9 4 Les activités vaccinales sont opérationnelles dans la zone. Elles ne connaissent pas des difficultés d’ordre logistique ni de rupture de la chaine de froid. La dernière campagne VPO, de supplémentation en vitamine A et déparasitage au Mébendazole a eu lieu en Novembre 2012. Un taux de couverture en eau potable est d’environ 30% sur toute l’étendue de la zone de Kingandu. Le niveau d’hygiène et assainissement n’est pas confortable. Les latrines existent mais, ne répondent pas aux normes sanitaires. Les villages sont envahis par les herbes par manque de stratégie d’assainissement. La zone de santé bénéficie des appuis des organisations suivants: Action Damien, qui intervient dans la lutte contre la lèpre et la tuberculose. OMS intervient dans le cadre de la lutte contre les épidémies, surveillance et riposte épidémiologique. UNICEF intervient dans la vaccination, la supplémentation en vitamine A et le déparasitage au mébendazole. MEMISA qui assure un appui global aux soins de santé primaires. Sur le plan santé nutrition, la situation est alarmante. Une enquête territoriale réalisée par le PRONANUT en juin 2011 dans la province du Bandundu a relevé, pour tout le territoire de Gungu, une prévalence en MAG de 13,7 % (11,7 – 16,0) et MAS de 3,7 % (2,8 4,9). Les activités PCIMA ne sont pas intégrées dans les structures sanitaires de la zone de santé. Cependant, une structure sanitaire gérée par les Pères « CLARETIN » de Kingandu en collaboration avec l’Hôpital Général de Référence de Kingandu organise une prise en charge de la malnutrition modérée et sévère confondues en fournissant aux patients un repas familial 2 fois par semaine. Cette apport alimentaire, quoique appréciable, ne permet pas de soigner les cas de malnutrition aigüe sévère et ne cadre pas avec le protocole national de prise en charge de la malnutrition (PCIMA) en vigueur en RDC. 2. Justificatif de l’évaluation Une enquête territoriale réalisée par le PRONANUT en juin 2011 dans la province du Bandundu a relevé, pour tout le territoire de Gungu, une prévalence en MAG de 13,7 % (11,7 – 16,0) et MAS de 3,7 % (2,8 4,9). La zone a été classée par le cluster nutrition de Bandundu parmi les zones prioritaires d’où l’organisation d’une évaluation nutritionnelle pouvant permettre de confirmer la situation nutritionnelle afin de mettre en place une réponse appropriée. 3. Objectifs de l’évaluation multisectorielle Évaluer la situation nutritionnelle de la zone de santé de Kingandu. Évaluer la sécurité alimentaire des ménages en fonction des indicateurs de la sécurité alimentaire (Score de Consommation Alimentaire « SCA » et Score de Diversification Alimentaire au niveau des ménages « SDAM »). Evaluer les paramètres de la desserte en eau, la situation de l’hygiène et de l’assainissement. Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 4 4. Méthodologies de l’évaluation multisectorielle 4.1. Dépistage nutritionnelle rapide a. Population cible et échantillon Les enfants de 6 à 59 mois (ou taille comprise entre 65 et 110 cm). 225 enfants de 15 villages constituent l’échantillon à raison de 15 par village. b. Matériel Rubans MUAC Fiches de récolte des données Toise Pliable de 65 – 130 cm Bâton de dépistage Balance Salter 25 kg Papeterie c. Calendrier du dépistage Briefing des enquêteurs le 11 et 12 /03/2013. Récolte des données du 13 au 16/03/2013. d. Méthode Le dépistage rapide a été réalisé avec la collaboration de l’équipe du bureau central de la zone de santé. Trois équipes de deux enquêteurs et un chef d’équipe plus une équipe de coordination ont été nécessaires pour sa réalisation. 15 villages ont été choisis au hasard dans les 222 villages que compte la zone santé. Dans les villages, les enfants ont été sélectionnés au hasard selon la méthodologie suivante : Se rendre au centre du village; Choisir une direction au hasard; Choisir 15 ménages fixe dans cette direction ; Mesurer tous les enfants rencontrés dans ces ménages. Les mesures anthropométriques sont prises comme suit sur les enfants sélectionnés. Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 5 Figure 2 : Sélection des enfants et processus de prises des mesures anthropométriques dans le dépistage rapide 4.2. Sécurité Alimentaire et eau, hygiène et assainissement a) Population cible et échantillon 150 ménages de 30 villages (Grappe) de la zone de santé de Kingandu à raison de 5 ménages par grappe. b) Matériels Les outils de collecte des données utilisés sur le terrain ont été : La fiche questionnaire ménage ; Le questionnaire semi structuré pour les focus groups, Le guide d’entretien avec les personnes ressources, la fiche d’étude des marchés. c) Calendrier des activités Briefing des enquêteurs le 11 /03/2013. Collecte des données du 12 au 16/03/2013. d) Méthodologie La méthodologie de la présente étude s’articule autour des points ci dessous : - L’exploitation des données secondaires et les rencontres avec des personnes ressources, des partenaires ; - L’organisation de 6 focus groups soit 2 à Kingandu Centre, 2 à Sondji, 1 à Kasanza et 1 à Kanga Nzadi ; - La réalisation d’une enquête ayant touchée 150 ménages et - La réalisation de trois études de marché à Kingandu, à Kanga Nzadi et à Kasanza. Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 6 Pour les enquêtes ménages, les 222 villages que compte la zone de santé de Kingandu constituaient l’unité primaire d’échantillonnage. Le logiciel SMART a permis de fixer à 30 le nombre total de grappes tirées au premier degré et leur répartition par aire de Santé, proportionnellement au nombre total des ménages, après compilation des données de la Zone de Santé. La taille de l’échantillon des ménages a été réduite à 150 au regard des contraintes d’ordre humain et temporel. Grâce à une liste exhaustive des villages et quartiers de chaque aire de santé, un tirage aléatoire a permis de sélectionner les grappes à enquêter. Au deuxième degré, l’utilisation de la méthode du crayon lancé a permis de choisir d’abord la direction, puis les ménages, soit 5 ménages par grappe. Les grappes retenues ont été regroupées selon les critères d’accessibilité en trois (3) axes : Axe 1 : Kikongo, Kilundu 1, Kimwesi, Kinzuku, Kimbimbi, Bidingu, Dungu Loso, Sondji, Kidinda, Axe 2 : Kanga Nzadi, Sese, Songo, Mukwati, Kilebu, Kindji, Mudikalunga, Katenda, Kindembe, Kikombo Axe 3 : Lombe, Kasitu, Mbawu, Nzomba, Kalonda, Nzemba Munene, Kasanza, Mbanza Kikapa, Kahela, Kipanda Etude des marchés réalisée, dans le but d’évaluer la disponibilité locale des denrées alimentaires entrant dans la composition du panier de la ménagère. e) Indicateurs de la sécurité alimentaire Score de consommation alimentaire L’objectif de ce score est de calculer la fréquence cumulée des différents groupes d’aliments consommés pendant une semaine dans les différents ménages enquêtés. C’est un indicateur qui exprime le niveau d’accessibilité, de disponibilité et d’utilisation des denrées alimentaires au niveau du ménage. Il indique la diversité de l’alimentation principalement en macronutriments, en énergie et analyse si cette diversité a un effet positif sur la valeur nutritionnelle du régime. La fréquence de la consommation de chaque groupe alimentaire est multipliée par sa valeur nutritionnelle. La formule suivante est appliquée aux données récoltées : Score=acéréale*xcéréale+alégumineuse*xlégumineuse+alégume*xlégume+afruit*xfruit+aanimal*xanimal+asucre *xsucre+alait*xlait+ahuile*xhuile a = Pondération du groupe d’aliments x = la fréquence de consommation relative à chaque groupe d’aliments (<= 7 jours) Tableau 2 : Groupes d’aliments et poids dans le calcul du score de consommation alimentaire Types d’aliments Maïs, mil, sorgho, riz, pain/beignets, pâtes alimentaires Manioc, ignames, banane plantain, autres tubercules Arachide/Légumineuses (haricot, niébé, pois, lentilles, etc.) Légumes (+ feuilles) Fruits (mangues, oranges, bananes, etc.) Viandes, poissons, fruits de mers, escargot, œufs Laits/Produits laitiers Sucre, miel, autres sucreries Huiles et graisses Condiments, épices Groupes d’aliments Poids Céréales et tubercules (aliments de base) 2 Légumineuses Légumes et feuilles Fruits Protéines animales Produits laitiers Sucres Huiles Condiments 3 1 1 4 4 0,5 0,5 0 Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 7 Tableau 3 : Seuils du SCA et profils catégorisés Seuil Profil 0 28 Alimentation insuffisante 28,5 42 Alimentation limite >42 Alimentation acceptable Score de diversification alimentaire au niveau du ménage Ce score permet de catégoriser le régime alimentaire du ménage. Il représente la variabilité des groupes d’aliments qui interviennent dans le panier de la ménagère à l’intervalle d’un jour pour confirmer si le régime alimentaire du ménage est diversifié tant du point de vue macronutriments que micronutriments. On attribue un score 1, lorsqu’un aliment d’un groupe particulier a été consommé au moins une fois au cours de la période de référence et un score 0, dans le cas contraire. Le score se calcule en faisant l’addition des scores par groupe d’aliment. Si le score est supérieur ou égal à 4, on estime que l’alimentation du ménage est diversifiée; dans le cas où il est strictement inférieur à 4, l’alimentation du ménage est non diversifiée. f) Indicateurs d’Eau, Hygiène et Assainissement Santé La fréquence d’apparition des maladies, le type de réponse face à celles ci ont été analysés au cours de notre enquête. Approvisionnement en eau Les différents points d’approvisionnement en eau de boisson et à usage domestique sont collectés et analysés. Stockage de l’eau Les différents ustensiles utilisés par la communauté pour le transport et le stockage de l’eau ont été passés au peigne fin. Hygiène et assainissement Les données sur le traitement de l’eau puisée avant utilisation, les données sur l’utilisation des latrines individuelles ou collectives, l’exposition aux maladies hydriques et diarrhéiques et les informations sur la pratique des règles de l’hygiène après utilisation des latrines ont été recueillies. Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 8 5. Résultats 5.1. Dépistage Nutritionnel rapide 3 4 5 0 0 0,0% 0 0 0 0,0% KIKONGO 15 1 0 0 1 6,7% 0 0 0 0,0% BIDINGU 15 1 0 0 1 6,7% 0 0 0 0,0% KIMWESI 15 0 0 0 0 0,0% 0 0 0 0,0% KILUNDU 1 15 0 0 0 0 0,0% 0 0 0 0,0% LOMBE 15 1 0 1 2 13,3% 2 2 4 26,7 % 40,0 % 13,3 % 13,3 % 13,3 % 20,0 % 20,0 % 0,0% N 6 MBAWU 15 0 0 0 0 0,0% 4 2 6 KALONDA 15 0 0 1 1 6,7% 2 0 2 15 1 1 1 3 20,0% 2 0 2 7 8 9 10 NZOMBA NZEMBA MUNENE KANGA NZADI 15 2 0 0 2 13,3% 2 0 2 15 2 0 1 3 20,0% 3 0 3 SONGO 15 5 0 0 5 33,3% 3 0 3 SESE 15 2 0 0 2 13,3% 0 0 0 KILEBU 15 2 0 0 2 13,3% 4 0 4 MUKWATI 15 1 0 1 2 13,3% 2 0 2 11 12 13 0 1 1 0 0 6 6 3 5 4 6 8 2 14 15 TOTAL 225 18 1 5 24 10,7% 24 4 28 26,7 % 13,3 % 12,4 % 6 4 52 % 0 % 0 115 PB<125 15 Enfants dépistés MAG N 3z score P/T< 2 z score KIMBIMBI Villages % N 2 Œdèmes 1 PB<115 N° Malnutrition Aiguë Modérée (MAM) P/T< 3 z score Malnutrition Aiguë Sévère (MAS) 0,0% 6,7% 6,7% 0,0% 0,0% 40,0 % 40,0 % 20,0 % 33,3 % 26,7 % 40,0 % 53,3 % 13,3 % 40,0 % 26,7 % 23,1 % Au total, 225 enfants de 6 à 59 mois ont été dépistés par les enquêteurs dans 15 villages. Parmi eux : > > 24 enfants sont mal nourris aiguë sévères (10.7%), 28 enfants sont mal nourris aiguë modérés (12.4%) 5.2. Sécurité Alimentaire Résultats de l’évaluation suivant les deux indicateur clés de la sécurité alimentaire : > Score de consommation alimentaire (SCA) Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 9 Le seuil d’alerte en ce qui concerne l’insécurité alimentaire étant décrété lorsqu’on atteint 10% des ménages dans l’alimentation insuffisante ; les résultats de l’évaluation de la situation de la sécurité alimentaire dans la zone de santé de Kingandu ont fait état de 25,8% des ménages enquêtés en situation d’alimentation insuffisante et 69,5% des ménages en alimentation limite. > Score de diversification alimentaire des ménages (SDAM) Il ressort de l’analyse de cet indicateur que 47,7% des ménages enquêtés de la zone de santé de Kingandu ont une alimentation non diversifiée contre 52,3% des ménages qui arrivent à diversifier leur régime alimentaire. > Revenus et dépenses 85,3% des ménages enquêtés ne sont pas parvenus à estimer leur revenu journalier contre 14,7% qui en ont la maîtrise et l’ont évalué en moyenne à 600 FC (0,66 USD), soit 4200 FC (4,62 USD) hebdomadairement ; Les principaux postes de dépenses des ménages enquêtés se répartissent en moyenne de la manière suivante : les produits alimentaires (60,3%), l’éducation (23,7%), la santé (9,4%), les produits non alimentaires (2,6%), les dépenses agricoles (3%) et les obligations sociales (1%). 5.3. Eau, Hygiène et Assainissement Santé et accès aux soins Au cours du mois précédent, 92% des ménages enquêtés ont connu les épisodes de maladie suivants : avec 42% des cas de paludisme, 24,7% de fièvre, 14,8% de vomissement, 9,9% des cas de diarrhée et 8,6% d’autres maladies non mentionnées ; L’évaluation ACF menée dans cette zone de santé a montré qu’en cas des maladies, 58% des ménages enquêtés visitent un centre de santé, 32% utilisent des produits locaux ou la pharmacopée traditionnelle et 10% font de l’automédication ; Les raisons évoquées par les ménages qui ne visitent pas les centres de santé sont le manque d’argent pour la consultation et l’achat des produits pharmaceutiques (90,6%) et l’éloignement des centres de santé ou postes de santé (9,4%). Eau et assainissement En ce qui concerne les sources de provenance de l’eau de boisson et à usage domestique, les résultats de l’enquête ACF montrent que 43,9% des ménages puisent l’eau dans les sources aménagées, 24,3% de ménages utilisent l’eau des rivières, 21,2% des ménages recourent aux bornes fontaines et 10,6% des ménages s’approvisionnent dans les sources non aménagées ; Du point de vue évaluation des récipients de transport et de stockage de l’eau, les résultats de l’enquête ont révélé que les bidons de 25 litres sont les ustensiles utilisés par 63,3% des ménages, les bassins de 20 litres par 27,9% des ménages alors que les seaux de 15 litres sont employés par 8,8% des ménages. Quant au nombre de rotations effectuées quotidiennement par les ménages afin de faire le stockage de l’eau de boisson et à usage domestique, 65,4% font 1 seul tour, 22,5% font 2 tours, 7,6% font 3 tours et 4,5% font 4 tours par jour ; Les 100% des ménages enquêtés ne font pas bouillir l’eau de boisson; Par rapport aux latrines, 88,2% des ménages enquêtés utilisent des latrines individuelles et 11,8% des ménages enquêtés font leurs besoins dans les latrines collectives ; 10% des ménages enquêtés lavent toujours leurs mains après les selles, 14% des ménages lavent parfois, par contre 76% ne lavent jamais les mains après les selles; Les raisons avancées par les ménages qui nettoient les mains après avoir été aux latrines sont: prévenir les maladies (68,8%) et enfin pour la propreté (31,2%). Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 10 6. Conclusion et Recommandations Les taux de malnutrition aiguë calculés lors des dépistages rapides doivent être interprétés avec précaution, ils ne sont pas représentatifs de la situation nutritionnelle de toute la population, mais donnent une indication sur les résultats de l’ensemble de l’échantillon. Le dépistage nutritionnel rapide réalisé dans la zone de santé de Kingandu avec un MAG à 23,1%, un MAS à 10,7% et les œdèmes à 2,2% démontre une situation de crise nutritionnelle. L’analyse des indicateurs de la sécurité alimentaire par triangulation avec les résultats des focus groups et de l’étude du marché montrent à suffisance que les seuils de l’alerte à l’insécurité alimentaire sont largement dépassés. Cela est illustré par la proportion de 16,6% des ménages en insécurité alimentaire sévère et 81,4% des ménages en insécurité alimentaire modérée. Ce qui confirme que la zone est réellement en situation d’insécurité alimentaire. Environ 35% de la population de la zone s’approvisionnent en eau de boisson dans les rivières et sources non aménagées, alors que celle ci n’est soumise en aucun traitement préalable. Ce qui augmente le risque des flambées des maladies hydriques au sein de la communauté. L’évaluation nutritionnelle rapide, sur la sécurité alimentaire et sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement réalisée dans la zone de santé de Kingandu montre une situation de crise nutritionnelle, de l’insécurité alimentaire et du faible taux de desserte en eau de boisson ainsi qu’à usage domestique dans la zone de santé. Par conséquent, les actions suivantes sont suggérées pour apporter une réponse intégrée en vue de renforcer la sécurité nutritionnelle des ménages : En ce qui concerne la prise en charge de la malnutrition, il est proposé de mettre en place ce qui suit: > > > Un programme de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère dans la zone de santé suivant le protocole PCIMA; La sensibilisation des familles sur la prévention de la malnutrition basée sur l’ANJE1 ; Le suivi continué et régulier de la situation nutritionnel. En ce qui concerne la sécurité alimentaire, l’eau, l’hygiène et assainissement: > A court terme Formation des bénéficiaires et partenaires en techniques agricoles et piscicoles; Support à la diversification et augmentation de la production agricole des ménages les plus vulnérables ; Relance de la dynamique organisationnelle (regroupement de producteurs agricoles et piscicoles) ; Mise en place de jardins de démonstration dans les UNT; Sensibilisation et formation sur les techniques d’agroforesterie (protection des sols, limitation des brûlis systémiques) en collaboration avec les autorités locales déjà engagées dans le zonage de zones forestières protégées ; Sensibilisation et formation des bénéficiaires sur l’utilisation adéquate de la nourriture chez les nourrissons, les enfants âgés de 6 à 59 mois, les femmes enceintes et allaitantes ; Amélioration du circuit d’approvisionnement et stockage d’eau ; Sensibilisation des relais communautaires sur l’application des règles de bonnes pratiques de l’hygiène. > A moyen terme Désenclavement de la zone par la réhabilitation des pistes de desserte agricole ; Renforcement des capacités techniques des producteurs locaux (agriculteurs, pisciculteurs) ; Organisation et renforcement des circuits de commercialisation des produits agricoles ; Mise en place de banques de semences à travers des coopératives / groupements villageois de producteurs ; 1 ANJE : Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant. Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 11 Mise en place d’activités génératrices de revenu (AGR) comme la vannerie (fabrication de nattes) et d’unités de transformation (râpeuse à manioc, moulin à manioc et à céréales), valorisation des productions agricoles ; Installation des ouvrages de desserte en eau tels puits aménagés, bornes fontaines. > A long terme Renforcement de la dynamique communautaire en mettant en place des champs communautaires permettant aux regroupements de producteurs d’améliorer leur rendement, leurs capacités de stockage, de transformation et commercialisation des produits agricoles ; Développement de l’initiative d’entreprise agricole familiale (fermes agricoles familiales) comme la production d’huile de palme ; Installation d’un réseau d’adduction d’eau potable et à usage domestique dans la zone. Action Contre la Faim / Zone de santé de Kingandu / Province du Bandundu /Mars 2013 12