falstaff a ecouter et a voir

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falstaff a ecouter et a voir
FALSTAFF À ÉCOUTER ET À VOIR
EN CD
De même que la plupart des grandes sopranos rêvent un jour d’interpréter le rôle de Violetta,
nombreux sont les barytons qui ont voulu se glisser dans la peau du Pancione, désireux de
démontrer leurs qualités de chanteur et de comédien. Les difficultés de la partition de Verdi ne
peuvent que séduire les chefs d’orchestre qui trouvent là l’occasion de démontrer leur parfaite
maîtrise technique.
Les enregistrements disponibles sont donc relativement nombreux pour un opéra longtemps peu
joué, d’autant plus que s’ajoutent, depuis quelques années, les prises vidéo sur le vif. Non
seulement il est possible de comparer les différents interprètes entre eux, mais l’occasion se
présente de confronter le même artiste, chanteur ou chef d’orchestre, à lui-même, à différentes
époques. Certains solistes, au cours de leur carrière, passent de Ford à Falstaff (Valdengo, Gobbi,
Panerai), de Nannetta à Alice (Ilva Ligabue, Mirella Freni), voire d’Alice à Mrs Quickly (Regina
Resnik), avec des bonheurs divers. L’écueil du rôle titre réside dans la maîtrise et l’expérience
qu’il implique chez le chanteur, qu’il s’agisse de technique vocale ou de qualité de comédien. Ce
qui explique que certains interprètes ne l’abordent qu’à un stade avancé de leur carrière. S’ils
peuvent arriver à compenser, sur scène, leurs difficultés vocales par leur talent d’interprète, ils
sont souvent moins convaincants au disque. C’est un contresens, en effet, de limiter la vocalité de
Falstaff à du parlando.
Dans les conditions techniques précaires de 1906, on peut entendre, sur un disque
« Symposium », Quand’ero paggio, par le créateur, Victor Maurel, alors âgé de 58 ans. Il le
chante deux fois en italien et une fois en français. Cette captation a l’avantage, malgré la
médiocre qualité sonore et les signes de fatigue vocale évidents, de donner un aperçu d’une voix
chaude et bien timbrée et d’une recherche d’expressivité. On connaît mieux celui qui a marqué ce
rôle dans la première moitié du XXème siècle : Mariano Stabile (1888-1968) qui s’est totalement
identifié à ce personnage incarné par lui environ 1200 fois. Arturo Toscanini l’avait choisi pour
ce rôle lors de la réouverture de La Scala en 1921. Sans avoir une voix exceptionnelle, il en usait
avec style et intelligence. Son excellente diction, son sens des nuances et des couleurs vocales,
comme ses qualités de comédien ne pouvaient que faire merveille dans ce rôle qu’il chanta
jusqu’à un âge avancé. Il existe plusieurs témoignages intégraux de son interprétation. Le plus
emblématique devrait émaner de la bande son expérimentale réalisée au Festival de Salzbourg,
sous la baguette de Toscanini, en 1937. Malheureusement, la technique trop précaire empêche de
porter un jugement quelconque sur cette réédition. On peut noter une rencontre intéressante, en
1941, entre Stabile et un Tito Gobbi, décapant dans le rôle de Ford sous la baguette de Tullio
Serafin.
Falstaff
C’est dans le rôle de Falstaff que Valdengo, salué comme le digne successeur de Stabile, et
Gobbi se sont imposés, dans deux enregistrements qui ont fait date et qui sont devenus les deux
références absolues : le premier sous la direction de Toscanini en 1950, le second sous la baguette
de Karajan, en 1956. Si Valdengo est d’une discipline exemplaire sous le contrôle du
« Maestrissimo », Gobbi est d’une autre trempe : celui qui fut le Scarpia du siècle, face à la Tosca
de Maria Callas, s’impose sans difficulté dans l’incarnation du Pancione. Son timbre de baryton
n’a pas encore la raideur et les aigus difficiles qui seront les siens très bientôt. Son sens
dramatique fait le reste. Plus près de nous, Dietrich Fischer-Dieskau ne possède pas vraiment une
vocalité ni un timbre latins, mais le grand spécialiste du Lied sait faire un sort à chaque mot et à
chaque note et construit un personnage à la fois grotesque et humain. Geraint Evans a marqué le
rôle à la scène ; il est moins supportable au disque, malgré Solti. Trente ans séparent les deux
enregistrements de 1950 et de 1980 de Giuseppe Taddei. En dépit, pour le second, de la présence
de Karajan, à l’aube de l’enregistrement numérique, on peut préférer, trente ans plus tôt, la beauté
et l’étendue vocale du jeune baryton aux aigus triomphants, qui lui permettent de mettre en valeur
chaque nuance de son rôle. Il confirme, sans doute aucun, que ce rôle doit être chanté et non
ânonné comme certains interprètes sur le retour se contentent de le faire. Le Ford de Rolando
Panerai chez Karajan, en 1956, convainc davantage que son Falstaff chez Colin Davis, en 1991 :
la voix est fatiguée et le chef lymphatique. José Van Dam reste un grand artiste mais la voix usée
peine à respecter les contraintes de la partition. Plus proche d’un Don Quichotte désenchanté que
d’un Falstaff avide de bonne chère, il ne possède guère la dimension comique du personnage.
Bryn Terfel revêt avec bonheur la panse de Falstaff. Truculent à la scène, il passe très bien
l’épreuve du disque sous la baguette de Claudio Abbado, grand verdien.
Autres rôles
Ford est souvent plus banal, alors qu’il a un face-à-face capital, au second acte, avec le héros et
qu’il participe à de nombreuses scènes d’ensemble dont il est (ou essaie d’être) le meneur : outre
Valdengo (Fritz Reiner), Panerai (Karajan, Bernstein), on peut retenir Saturno Meletti (Rossi),
Robert Merrill dont la voix séduit toujours (Solti I) ; Thomas Hampson force un peu sa nature
distinguée mais fait une bonne composition sous la baguette d’Abbado.
Du côté féminin, Mrs Quickly est un rôle de composition, difficile à équilibrer entre la nécessité
comique et l’outrance du trait. Les Fedora Barbieri, Giuletta Simionato, Regina Resnik, Christa
Ludwig tiennent le haut du pavé. Alice doit avoir la détermination de la meneuse de jeu sans
cesser d’être rieuse : Elisabeth Schwarzkopf et Ilva Ligabue emportent la palme. Renata Tebaldi
y a fait une incursion remarquée.
Au couple de tourtereaux sont réservées les pages les plus lyriques de la partition, au risque de
verser dans la mièvrerie et l’insignifiance. Les meilleurs Fenton (Di Stefano, Kraus, Oncina,
Araiza) sont l’affaire des ténors lyriques légers plutôt que des tenorinos. Nannetta doit avoir la
fraîcheur de la très jeune fille tout en faisant preuve de détermination et de séduction : Freni,
Sciutti, Perry sont excellentes.
Si aucune version ne saurait s’imposer sans un Falstaff indiscutable sur le plan vocal et
dramatique, le reste de la distribution doit avant tout répondre à un savant dosage pour assurer la
bonne homogénéité des ensembles tout en laissant à chaque personnage la possibilité de
s’affirmer. C’est particulièrement vrai pour le quatuor féminin où quatre voix et quatre
tempéraments différents se font entendre. Du côté masculin, les rôles secondaires de Cajus,
Bardolfo, Pistola doivent posséder toute la truculence requise. Gerhard Stolze est une trouvaille
pour le premier : sa voix, quelque peu (trop?) geignarde, traduit parfaitement la personnalité du
déplaisant personnage et ne peut se confondre avec celle des deux autres ténors, Bardolfo ou
Fenton. Dans la confrontation entre Falstaff et Ford, Verdi se risque à opposer deux voix de
baryton. Si tous deux doivent faire jeu égal, il faut qu’ils possèdent des caractérisations vocales
distinctes.
Direction d’orchestre
C’est donc la cohésion d’ensemble et le bon équilibre des différentes individualités qui font la
différence qualitative des versions disponibles. À cette aune, seules les versions déjà nommées de
Toscanini, Karajan et Bernstein répondent à ces exigences. Si Falstaff reste avant tout un opéra
choral sur le plan vocal, l’orchestre doit pouvoir passer de la finesse d’une instrumentation de
musique de chambre à la complexité des forte symphoniques. Autrement dit, tout est entre les
mains du chef d’orchestre.
De ce point de vue, le vétéran Toscanini reste le meilleur. Son enregistrement officiel, édité par
RCA, est le report d’une transmission radiophonique de la NBC, réalisée à New-York les 1er et 8
avril 1950. La prise de son, dans le fameux studio 8H du Rockfeller Center, n’est pas
déshonorante bien qu’assez sèche et limitée par la monophonie. Mais cette version, sans
interprètes exceptionnels, comme c’est souvent le cas avec le Maestro, rend parfaitement la
cohésion chorale de l’œuvre. Si Toscanini n’a pu assister à la première de Falstaff, il l’a
entendue, peu après, dirigée par le chef de la création, Edoardo Mascheroni. Sa propre
interprétation ne fut connue de Verdi que par des rapports enthousiastes de ses proches, en
particulier de Boito. Quand Toscanini dirigea Falstaff en 1894, un différend l’opposa au créateur
de Ford. Verdi, consulté, trancha en faveur du jeune chef. En 1913, pour célébrer le centenaire de
Verdi, à Busseto et à Milan, Toscanini assume les représentations de son ultime opéra. Boito le
remercia pour « l’immense plaisir intellectuel » procuré à cette occasion. Falstaff est l’opéra que
le Maestro dirigea le plus souvent, dans les principaux opéras de l’Ancien et du Nouveau monde,
d’abord avec plusieurs des créateurs et, ensuite, avec les plus grands noms de l’art lyrique de son
temps. A 83 ans, il se surpasse dans ce concert de la NBC, longuement préparé avec les
protagonistes, prenant la peine d’apprendre lui-même le rôle titre à Valdengo. Toscanini est le
seul à traduire, de façon aussi irrésistible, le tourbillon de folie qui s’empare de tous les
protagonistes jusqu’à l’explosion de la fugue finale vers laquelle la partition semble tendre tout
entière. Il n’est pourtant pas le plus rapide au chronomètre, le record de vitesse étant battu par
Abbado. Mais son sens des rebonds, de la montée des tensions qui aboutissent à des tutti
orchestraux triomphants, sa maîtrise des ensembles restent inégalés.
Cela n’enlève rien à la qualité de la première version de Karajan. Alors qu’il avait tout juste 21
ans, le futur “chef à vie” de la Philharmonie de Berlin entendit, à Vienne, le Falstaff dirigé par
Toscanini, avec Mariano Stabile dans le rôle titre. Placé au « Paradis », à côté du meneur de la
claque, à la demande de la direction, il lui revenait de donner le signal des applaudissements au
moment opportun. A Salzbourg, en 1935-1937, il tient lieu de répétiteur pour la célèbre
production dirigée par Toscanini. Il aura donc certainement médité la leçon du Maître italien.
Karajan, dont on connaît le souci du beau son, bénéficie en 1956 de l’excellent Orchestre
Philharmonia de Londres, constitué par le fameux producteur Walter Legge, des prestiges de la
stéréo naissante et de la plus belle distribution du moment. Si sa version de 1980 est encore plus
somptueuse sur le plan acoustique, les chanteurs ne peuvent lutter avec leurs prédécesseurs de
1956, notamment pour le rôle titre.
Bernstein a un sens inné des mouvements et des rythmes dansants et il réussit pleinement à faire
briller de tous ses feux la partition. Son entente est d’autant plus parfaite avec son
Falstaff/Fischer-Dieskau, que l’enregistrement a été réalisé dans la foulée des représentations
données à Vienne dans une mise en scène de Lucchino Visconti. Solti est un cran en dessous
faute, notamment, d’un interprète principal convaincant dans ses deux versions au disque. Il est
plus à l’aise dans sa version filmée. Giulini défend l’option de l’opéra seria, il s’en explique
longuement. Pour respectable qu’elle soit, cette conception risque de verser dans l’ennui.
Abbado, sans faire oublier les grandes gravures du passé, offre un bon compromis par sa qualité
d’ensemble, même si le quatuor féminin reste un peu faible. Quant à Gardiner, il n’y a rien à en
dire, dès lors que l’utilisation d’instruments d’époque n’apporte rien d’essentiel, pas plus que
l’interprétation du rôle principal n’ajoute à l’histoire de son interprétation.
EN DVD
Pour les versions vidéos, il faut avoir vu le numéro irrésistible de Gabriel Bacquier dans une
version filmée de l’opéra. Dirigé par un Sir Georg Solti revigoré à la tête des Wiener
Philharmoniker, il s’en donne à cœur joie, tout en respectant les nuances de la partition avec une
jubilation communicative à toute l’équipe. C’est le seul témoignage qui nous reste de lui dans ce
rôle qu’il a chanté au festival d’Aix-en-Provence. Ruggero Raimondi, dans deux versions vidéo,
notamment dans la très belle réalisation de Liège en 2009, possède une maîtrise parfaite de la
scène où il se montre plus grave qu’ironique. La version du festival de Glyndebourne, déconcerte
au début par la transposition de l’action dans l’Angleterre de l’immédiate après-guerre.
Finalement, l’intelligence de l’ensemble finit par emporter l’adhésion. La version d’Aix-enProvence de 2001 reflète les obsessions sociétales actuelles : le rôle titre, incarné par un baryton
Jamaïcain, permet au metteur en scène de le montrer comme un marginal, victime des préjugés
raciaux de notre société dans laquelle, naturellement, les femmes souffrent du machisme ambiant.
Heureux temps que celui de Shakespeare et de Boito/Verdi où, à l’instar de Figaro, on
s’empressait « de rire de tout de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer ». Aujourd’hui, il faut
s’empresser de tout dénoncer de peur d’être pris en défaut de conformisme. Mais c’est le propre
des chefs-d’œuvre d’être interprétés selon l’air du temps. C’est même à leur capacité à survivre à
toutes ces lectures carnavalesques qu’on les reconnaît.
Sur un plan strictement musical, personne, jusqu’à présent, n’a retrouvé la réussite du vétéran
Arturo Toscanini en 1950 ni de l’encore jeune Herbert von Karajan en 1956. Verdi l’avait bien
dit :
« Revenons à l’ancien : ce sera un progrès ».
Discographie sélective :
Dans l’impossibilité de rendre compte de tous les enregistrements, il ne sera ici question que des versions effectivement écoutées.
Wiener Philarmoniker
Wiener Staatsoper
Mariano Stabile
Piero Biasini
Dino Borgioli
Alfredo Tedeschi
Giuseppe Nessi
Virgiglio Lazzari
Franca Somigli
Augusta Oltrabella
Angelica Cravcenko
Mita Vasari
Andante mono-live
26-2 1949
Fritz Reiner
Metropolitan
Metropolitan
Leonard Warren
Giuseppe Valdengo
Giuseppe Di Stefano
Leslie Chabay
Alessia De Paolis
Lorenzo Alvary
Regina Resnik
Licia Albanese
Cloe Elmo
Martha Lipton
IDIS mono-live
2-10 1950
Mario Rossi
Sinfonico di Torino della RAI
Torino della RAI
Giuseppe Taddei
Saturno Meletti
Emilio Renzi
Gino del Signore
Giuseppe Nessi
Cristiano Dalmangas
Rosanna Carteri
Lina Pagliughi
Amalia Pini
Anna Maria Canali
Membron Music mono-live
Date
Direction
orchestre
Chœurs
Falstaff
Ford
Fenton
Cajus
Bardolfo
Pistola
Alice
Nannetta
Mrs Quickly
Meg Page
Edition
1957
Herbert von Karajan
Philarmonia
Philarmonia
Tito Gobbi
Rolando Panerai
Luigie Alva
Tomaso Spataro
Renato Ercolani
Nicola Zaccaria
Elisabeth Schwarzkopf
Anna Moffo
Fedora Barbieri
Nan Merriman
EMI stéréo
1957
Herbert von Karajan
Wiener Philarmoniker
Wiener Staatsoper
Tito Gobbi
Rolando Panerai
Luigi Alva
Tomaso Spataro
Renato Ercolani
Mario Petri
Elisabeth Schwarzkopf
Anna Moffo
Giulietta Simionato
Anna Maria Canali
Andante mono-live
1963
Edward Downes
New Symp. Orc. of London
New Symp. Orc. of London
Fernando Corena
Renato Capecchi
Luigi Alva
Date
Direction
orchestre
Chœurs
Falstaff
Ford
Fenton
Cajus
Bardolfo
Pistola
Alice
Nannetta
Mrs Quickly
Meg Page
Edition
1966
Leonard Bernstein
Wiener Philarmoniker
Wiener Staatsoper
Dietrich Fischer Dieskau
Rolando Panerai
Juan Oncina
Gerhard Stolze
Murray Dickie
Erich Kunz
Ilva Ligabue
Graziella Sciutti
Regina Resnik
Hilde Rössel-Majdan
CBS stereo
Date
Direction
orchestre
Chœur
Falstaff
Ford
Fenton
Cajus
Bardolfo
Pistola
Alice
Nannetta
Mrs Quickly
Meg Page
Edition
1937
Arturo Toscanini
1980
Herbert von Karajan
Wiener Philarmoniker
Wiener Staatsoper
Giuseppe Taddei
Rolando Panerai
Francisco Araiza
Piero De Palma
Heinz Zednik
Federico Davià
Raina Kabaivanska
Janet Perry
Christa Ludwig
Trudeliese Schmidt
Ricordi stereo
Robert Bowman
Michael Langdon
Ilva Ligabue
Lydia Marimpietri
Regina Resnik
Fernanda Cadoni
Decca stereo (extraits)
1982
Carlo Mario Giulini
Los Angeles Philarmonic
Los Angeles Master Chorale
Renato Bruson
Leo Nucci
Dalmacio Gonzalez
Michael Sells
Francis Egerton
William Wildermann
Katia Ricciarelli
Barbara Hendricks
Lucia Valentina Terrani
Brenda Boozer
DGG stereo
1950
Arturo Toscanini
NBC New York
NBC New York
Giuseppe Valdengo
Frank Guarrera
Antonio Madasi
Gabor Carelli
John C. Rossi
Norman Scott
Herva Nelli
Teresa Stich-Randall
Cloe Elmo
Nan Merriman
RCA mono
1963
Georg Solti
RCA italiana
RCA italiana
Geraint Evens
Robert Merrill
Alfredo Kraus
John Lanigan
Piero De Palma
Gionavvi Foiani
Ilva Ligabue
Mirella Freni
Giulietta Simionato
Rosalind Elias
Decca stereo
1991
Colin Davis
Bayerischen Rundfunks
Bayerischen Rundfunks
Rolando Panerai
Alan Titus
Frank Lopardo
Piero De Palma
Ulrich Ress
F. Ellero d’Artegna
Sharon Sweet
Julie Kaufmann
Marilyn Horne
Susan Quittmeyer
RCA stéréo
Date
Direction
orchestre
Chœurs
Falstaff
Ford
Fenton
Cajus
Bardolfo
Pistola
Alice
Nannetta
Mrs Quickly
Meg Page
Edition
1993
Georg Solti
Berliner Philarmoniker
Rundfunkchor Berlin
José Van Dam
Paolo Coni
Luca Canonici
Kim Beley
Pierre Lefebvre
Mario Lupera
Luciana Serra
E. Norberg-Schulz
Marjana Lipovšek
Susan Graham
Decca stereo
2001
John Eliot Gardiner
Révolutionnaire et Romantique
Monteverdi Choir
Jean-Philippe Lafont
Anthony Michaels-Moore
Antonello Palombi
Peter Bronder
Francis Egerton
Gabriele Monici
Hillevi Martinpelto
Rebecca Evans
Sara Mingardo
Eiran James
Philips stereo
2001
Claudio Abbado
Berliner Philarmoniker
Rundfunkchor Berlin
Bryn Terfel
Thomas Hampson
Daniil Shtoda
Enrico Facini
Anthony Mee
Anatoli Kotscherga
Adrianne Pieczonka
Dorothea Röschmann
Larissa Diadkova
Stella Doufexis
DGG stereo
2004
Colin Davis
London Symphony Orch.
London Symphony Chor.
Michele Pertusi
Carlos Alvarez
Bülent Bezdüz
Alasdair Elliott
Peter Hoare
Darren Jeffery
Ana Ibarra
Maria José Moreno
Jane Henschel
Marina Domashenko
LSO Live
Vidéographie sélective
Date
Direction
orchestre
Chœurs
Falstaff
Ford
Fenton
Cajus
Bardolfo
Pistola
Alice
Nannetta
Mrs Quickly
Meg Page
Edition
Mise en scène
Date
Direction
orchestre
Chœurs
Falstaff
Ford
Fenton
Cajus
Bardolfo
Pistola
Alice
Nannetta
Mrs Quickly
Meg Page
Edition
Mise en scène
1979
Georg Solti
Wiener Philarmoniker
Deutschen Oper Berlin
Gabriel Bacquier
Richard Stilwell
Max-René Cosotti
John Lanigan
Peter Maus
Ulrik Cold
Karan Armstrong
Jutta-Renate Ihloff
Marta Szirmay
Sylvia Lindenstrand
DVD DGG stereo Unitel
Götz Friedrich
2006
Zubin Metha
Maggio Musicale Fiorentino
Maggio Musicale Fiorentino
Ruggero Raimondi
Manuel Lanza
Daniil Shtoda
John Lanigan
Gianluca Floris
Luigi Roni
Barbara Frittoli
Mariol Cantarero
Elena Zilio
Laura Polverelli
DVD stereo TDK
Luca Ronconi
1982
Herbert von Karajan
Wiener Philarmoniker
Wiener Staatsoper
Giuseppe Taddei
Rolando Panerai
Francisco Araiza
Piero De Palma
Heinz Zednik
Federico Davià
Raina Kabaivanska
Janet Perry
Christa Ludwig
Trudeliese Schmidt
DVD SONY BMG stereo
Herbert von Karajan
1999
Bernard Haitink
Royal Opera
Covent Garden
Bryn Terfel
Roberto Frontali
Kenneth Tarver
Gwynne Howell
Robin Legatte,
Peter Hoare
Barbara Frittoli
Desiree Rancatore
Bernadette Manca di Nissa
Diana Montagu
DVD Rip torrents
Graham Vick
2009
Vladimir Jurowski
London Philharmonic Orch.
Glyndebourne Chorus
Christopher Purves
Tassis Christoyannis
Bülent Bezdüz
Peter Hoare
Alasdair Elliot
Paolo Battaglia
Dina Kuznetsova
Adriana Kucerová
Marie-Nicole Lemieux
Jennifer Holloway
DVD stereo Opus Arte
Richard Jones
2009
Paolo Arrivabeni
Opéra Royal de Wallonie
Opéra Royal de Wallonie
Ruggero Raimondi
Luca Salsi
Tiberius Simu
Gregory Bonfatti
Pietro Picone
Luciano Montanaro
Virginia Tola
Sabina Puertolas
Cinzia de Mola
Liliane Mattei
DVD stereo Dynamic
Stefano Poda
2001
Enrique Mazzola
Orchestre de Paris
Europ. Acad. Music d’Aix-en-Prov.
Williard White
Marcus Jupither
Yann Buron
W. Ablinger-Sperrhacke
Santiago Sanchez Jerico
Paolo Battaglia
Geraldine McGreevy
Miah Persson
Nora Gubisch
Charlotte Hellekant
DVD Art HausMusik stereo
Herbert Wernicke