L`adolescent déprimé
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L`adolescent déprimé
Bibliomed.Revuethématique«àproposde…….» L’adolescentdéprimé Sommaire 584Particularitésdela dépressionchez l’adolescent. 586Évaluerlasévéritéde ladépressionde l’adolescent. 588L’adolescentdéprimé: queltraitement? 591Dépressionetsuicide sontfortementcorrélés chezl’adolescent. Novembre2015 22 La dépression de l’adolescent a été longtemps méconnue, attribuée à une immaturitédudéveloppementpsychique.Maislesétudesépidémiologiquesles plusrécentesontmontréqu’enfait,enfonctiondescritèresdiagnosticsretenus, laprévalencevarieselonlesétudesde0,4à8,3%pourlesépisodesdépressifs majeurs alors que des symptômes dépressifs, ou «ambiance dépressive» seraient retrouvés chez 30% des adolescents avec une surreprésentation féminine (2/1). Selon les données de consommation de la CNAMTS 40 000 adolescentsetenfantsfrançaissonttraitéschaqueannéeparantidépresseurs. Cependantlediagnosticn’estfaitquechezunpatientsurtrois,lesdeuxautres n’ayant aucune prise en charge thérapeutique, et chez les patients traités le traitementn’estoptimalqu’unefoissurdeux. La maladie a un impact durable sur toutes les dimensions du sujet en construction: aggravation de comorbidités, troubles des conduites, consommationsàrisques,scolarité,développementaffectifetrelationnel. Lerisqueestmajorépardesfacteurspsycho-sociaux:antécédentsdetroubles bipolaires, usage de drogues, crises familiales, négligences, abus sexuel ou évènementstraumatisants,comportementssuicidaires. Bienquelescomportementssuicidairesnes’associentpassystématiquementà la dépression, les idées suicidaires font partie des symptômes de l’épisode dépressif caractérisé (EDC) chez l’adolescent et l’EDC s’associe à une augmentationdurisquesuicidaire.UntiersdesadolescentsprésentantunEDC feraientunetentativedesuicideet2à8%d’entreeuxdécèderaientdesuicide dans les dix ans qui suivent. Le suicide est la deuxième cause de mortalité́ en Francechezlejeunede15-24ans,soitenviron600décèsparanetuntauxde décèsde6,7pour100000[1]. Lamajorité́ despatientssouffrantdedépressionsontsuivisparunmédecinde premier recours. Il est important de mieux connaître les spécificités de la dépressiondel’adolescentetdesonrepérage,savoirévaluerlasévéritéetles signesd’alarme. [1] DRESS. Ministère des Affaires sociales et de la Santé. La mortalité par suicide en Franceen2006. Bibliomed-UneinformationdédiéeMédecineGénérale,synthèseentièrementindépendantedes donnéeslesplusrécentesselonlesprincipesdelamédecinecentréepatient. Particularitésdeladépressionchezl’adolescent (N°584du22avril2010) Contexte Ladépressionchezl’adolescentesttrèsfréquente,souventassociéeaurisquesuicidaire.Danscedomaine, commelemontrentnombred’études,legénéraliste,principalinterlocuteurdesadolescents,estaupremier plan.Cependantlediagnosticn’estfaitquechezunpatientsur3,lesdeuxautresn'ayantaucunepriseen charge thérapeutique. Et le traitement n’est optimal qu’une fois sur 2 chez les patients traités. Mieux connaître les spécificités de la dépression de l’adolescent, et surtout les conditions de son repérage est important en situation de premier recours. Quelques études et synthèses récentes nous apportent des donnéesintéressantessurcespoints[1-7]. . Donnéesdelalittérature Des caractéristiques particulières chez l’adolescent. De nombreuses études ont montré que le taux de dépressionaugmentedemanièreimportanteaprèslapuberté:0,4à8,3%desadolescentsprésententun épisodedépressifmajeur,maisune«ambiancedépressive»atteindrait15à30%desjeunes,toutceciavec uneprédominanceféminine(SexRatio2/1)[1].Laplupartdecesdépressionsontunerémissionspontanée mais50à70%rechutentdansles5ans.Lesidéessuicidairesetlestentativesdesuicidesontretrouvéeschez 19et8%desadolescentset60et39%desadolescentsdépressifs[1-4].Acourtterme,ladépressionaffecte lascolarité,ledéveloppementrelationnel;àlongterme,lasantéphysiqueetfonctionnelledel'adulte[5]. Silescritèresdiagnostiquessontlesmêmesquechezl'adulte(DSM-IVouICD-10),les10à25%d’adolescents avecunmal-être,dessoucisouproblèmespsychologiques,consultentrarementpourcela,encoremoins pourdesidéessuicidaires. . Existe-t-ildesgroupes«àrisque»? Lerisquededépressionestparticulièrementélevéencasd’antécédents personnels et/ou familiaux, troubles bipolaires, comportements suicidaires, usage de drogue et autres maladiespsychiatriques,évènementsstressantstelsquecrisesfamiliales,négligence,abussexuelsouautres évènementstraumatisants.Chezcespatients,unestratégiepréventiveimpliquantlesparentsamontréune relativeefficacitéavecbaissedesrechutesà1an. Suspecteretidentifierladépression. Leproblèmechezl’adolescentestdereconnaîtreladépression,leplus souvent«masquée»derrièredessymptômessomatiquesourelationnels,desdifficultésscolairesouavec l’entourage,destroublesdusommeiloudel’appétit.Desoutilsontétéproposéspermettantlorsdetoute consultation d’identifier les adolescents à risque, leur mal-être ; le test TSTS-CAFARD en est un exemple adaptéaucontextefrançais(Bibliomed561).Chezunadolescentreconnu«àrisque»ouavecmal-être, l'essentielestdemettrel'accentsursespenséesetintentionssuicidaires[2,4,5].Ledialogueaveclafamille, en accord avec l'adolescent (Bibliomed 559) est indispensable, pour un traitement « global » (recommandationforte,maissursimpleaccordprofessionnel[2,3]. Quelssontlessignesd'alarme?Selonunconsensusd'experts(plusdelamoitiéexerçaientensoinsprimaires) [6], la présence de signes psychotiques ou de tendances suicidaires est l'indication d'une hospitalisation immédiateenmilieuspécialisé,demêmequel'associationàdiversescomorbidités(toxicomanie,troubles ducomportement,syndromed'hyperactivitéavecdéficitd'attention,anxiétémajeure).Ilenestdemême pourlegroupedetravailduNICE[7]lorsqu’estprésentl'undes4signessuivants:idéesouplanification suicidaires, symptômes psychotiques, agitation associée à des symptômes dépressifs sévères, laisser-aller majeur. Evaluerlasévéritédeladépressionchezl’adolescent (N°586du06Mai2010) Contexte Quelsquesoientlesaspectscliniquesdeladépressionchezl’adolescent,lesenjeuxàcourtetàlongterme sontextrêmementimportants.Legénéralistedoitdécideravecsonpatient,parfoismalgrélui,desmodalités de prise en charge qui peuvent aller jusqu’à l’hospitalisation immédiate en milieu spécialisé dans les situationsd’urgence.Maiscomment«évaluer»aumieux,surquelscritères,lasévéritédeladépression, évaluation qui conditionne notablement la décision thérapeutique, quand « passer la main » à d’autres professionnels?Lesréponsesàcesquestionsnesontquepartiellesetbienpeuétayéesdanslalittérature, qu’ils’agissederecherchessystématiquescommedanslesrecommandationsanglaises[7]etaméricaines [3,6,8]oudesynthèses[5,9]. Donnéesdelalittérature Évaluerlasévéritéaucasparcas.Lediagnosticrepose,selonl’ICD10del’OMS,surunregroupement symptomatiquevasteethétérogèneavec3symptômes-clés:humeurdépressive,perted’intérêtoude plaisir,perted’énergie(fatigue).Al’un(ouplusieurs)deces3symptômes-cléspeuventêtreassociés: troubles du sommeil, difficultés de concentration, perte d’estime de soi, troubles de l’appétit, idées suicidaires,agitationouralentissementpsychomoteur,sensationdeculpabilité[2,7].Selonl’ICDoule DSM-IV,cettenosologiepermettraitdeparlerdedépressionlégère(4symptômes),modérée(5ou6), ou sévère (7 ou plus, éventuellement avec symptômes psychotiques). Ce n’est ni réaliste ni suffisant [2,7]. Il faut aussi prendre en compte le contexte familial et scolaire, l’existence de symptômes somatiques inexpliqués, la prise d’alcool ou de drogue, les antécédents et comorbidités, le handicap fonctionnel,eninterrogeantlorsquec’estpossiblefamilleetentourage:ilsontunimpactsignificatifsur laréponsethérapeutiquealorsquelesschémastraditionnelslesignorent[5,9]. Surquelscritères?Ilexistedenombreux«scores»:leursgrandesvariationsdesensibilité(18à100%)et despécificité(38à97%)montrentsurtoutqu’iln’existepasde«standards»[8].Adéfaut,leNICEpropose, commed’autresconsensusnord-américainsouanglais[in5],uneévaluationàviséedécisionnelleintégrant lescaractéristiquespsychosocialesdel’adolescent[7,8]: 1/<4symptômes,ouintermittents,ourécents(<2semaines);pasd’antécédents,entouragefavorable, pasd’idéessuicidaires,peudehandicapsocial:écoute,conseilsetsuivigénéraliste. 2/>5symptômes;antécédents,entouragepeuaidant,idéessuicidaires,handicapsocial:traitementplus actifrelevantencoredessoinsprimaires,éventuellementavecl’aidedecentresdesoinsadaptés. 3/réponseincomplèteounonsatisfaisanteaux2interventionsprécédentes,récidivedansl’année,patient senégligeantoudemandantuneconsultationspécialisée:priseenchargespécialisée. 4/idéesouplanificationsuicidaires,symptômespsychotiques,agitationsévèreavec7symptômesouplus, auto-négligencegrave:urgencepsychiatrique. Unepriseenchargemulti-intervenants.Touteslesrecommandationssoulignentqueladépressionde l’adolescent est souvent la conséquence de nombreux facteurs sociaux et environnementaux, généralement par l’intermédiaire de la famille, fréquemment en rapport avec l’école [8]. La prise en charge en soins primaires évoquée ci-dessus suppose l’intervention concertée de tous ces acteurs potentiels,bienquepeud’étudesyaientétéconsacrées[3,5]. L’adolescentdéprimé:queltraitement? (N°588du27Mai2010). Contexte Selon les données épidémiologiques [2,7], la dépression survient plus de 9 fois sur 10 à l’occasion de difficultéspsychosocialesdurables,trèsrarementàlasuited’unévènementpersonneltrèsblessant,surun mode aigu ou plus progressivement dans un environnement difficile. Quels que soient les « modèles » envisagés(pistegénétique,biochimique,endocrine,psychosociale,etc.),ils’agitsurtoutchezl’adolescent d’unevulnérabilitéinitialequiinteragitavecunévènementdevie[2,7,9].Letraitementnepeutdoncêtre que multifactoriel, quelle que soit par ailleurs la controverse sur l’utilisation des antidépresseurs [3,5]. Il existetrèspeudedonnéessurlesrésultatsàlongtermeetlapréventiondesrechutes. Donnéesdelalittérature Dépression«légère».Ellerelèvequasi-exclusivementdessoinsprimaires[3,7,10].Denombreusesétudes observationnelles[7]ontsuggérédeseffetspositifsd’interventionsenmilieuscolaire(notammentencasde brimades) et familial (amélioration de la communication parents-enfants, analyse et résolution des problèmesintrafamiliaux)[2,3,5,7]desconseilspourl’auto-apprentissagedel’hygiènedevie:alimentation équilibrée,exercicephysique(45mnà1h3foisparsemaine),hygiènedusommeil,gestiondustress[5].Le NICE et la HAS insistent sur la nécessité de la confidentialité, du consentement de l’adolescent et de ses parents[2,7].L’immensemajoritédecesdépressionsrelèvedecetteapproche«générique»psychosociale, fondée sur l’analyse et la résolution de ses problèmes avec l’adolescent dans son contexte. Le NICE [7] propose un échéancier : après la consultation initiale, réévaluation dans les 2 semaines suivantes ; si les résultats sont insuffisants à 4 semaines, proposition de psychothérapie, selon les ressources locales disponibles ; sans réponse suffisante dans les 2 à 3 mois suivants, un suivi spécialisé s’impose. Les antidépresseurs ne doivent pas être utilisés en traitement initial [2,3,7,10]. Les recommandations américainesinsistentsurlanécessitéd’un«plandesécurité»[3]:miseàl’écartdeséventuelsmoyensde suicide, désignation d’un tiers particulièrement vigilant, alerte systématique en cas de crise (recommandationtrèsforte,surunniveaudepreuvesC). Quelquescasnécessitentuneinterventionpsychologiqueplusspécifique,lesauteursanglo-saxonscitantles thérapies comportementales, interpersonnelles ou familiales. Ces interventions ont fait l’objet d’essais randomisés,auxrésultatsvariablesetdifficilementgénéralisables.Si«lapsychothérapieconstituelapierre angulairedelapriseenchargedesadolescentsdéprimés»[9],larechercheestinsuffisante.Lesthérapeutes les plus expérimentés, capables de créer une meilleure « alliance thérapeutique », semblent avoir les meilleursrésultats[7]. Dépression«modéréeàsévère».Unavisspécialisé(diagnosticetévaluation)estindispensable[3,7,9,10]. La psychothérapie reste la base de la prise en charge, l’antidépresseur venant éventuellement en complémentsilesrésultatssontinsuffisantsaprès4à6séances[7,10].Encasderefusdepsychothérapie, le prescripteur doit alors assurer un suivi rapproché (au moins hebdomadaire au début) de l’évolution cliniqueetdeséventuelseffetsadverses[6].Lestricycliquesn’ontpasd’indication;lafluoxétineestleseul IRSayantdémontréunecertaineefficacitéàladosede10,voire20mg/j(parfoisplus)pouruneduréed’au moins6moisaprèsrémissiondessymptômes(suivicliniqueaumieuxsurscorevalidé)[10,11].Lesdonnées surlasertralineetlecitalopramsontplusinconsistantes.Ilspeuventêtreunealternativeencasd’échecde lafluoxétine. Rechutes.Ilyaenviron30%derechutesdansles5ans,laplupartdèsla1èreannée.Surtout,lessymptômes persistent plus ou moins intensément en fin de traitement (difficultés relationnelles, ralentissement, incapacitéd’indépendance…).Paraccordprofessionnel,lesuividoitêtrepoursuiviplusieursannéesaprès rémission,larechuteétantconsidéréecommeuneurgencepsychiatrique[7]. Dépressionetsuicidesontfortementcorréléschezl’adolescent (N°591du17Juin2010) Contexte Lesuicideestl’unedesprincipalescausesdemortalitéàcetâge:prèsde1000décèsannuelschezles15-24 ans, probablement près de 100 fois plus de tentatives de suicide (TS), dont 3 sur 4 n’entraînent pas d’hospitalisation,etdenombreuxaccidentsdecirculationassimilablesàdescomportementssuicidaires.Ces donnéesfrançaisesdatantde10anssemblenttoujoursd’actualité[12].Lacorrélationentredépressionet gestesuicidaireestfortebienquedifficileàquantifier,notammentpourdesproblèmesméthodologiquesde définitiondesmanifestationsdeladépressiondel’adolescent[13].Lacontroversesurlerisquepotentieldes IRSs’estinterposéedansledébat(Bibliomed377).Lesconclusionsdelaconférencedeconsensusde2000 restent pour l’essentiel valides [14]. Quelques études et synthèses récentes apportent des éléments de réflexionnovateurspourlaprisededécision[6,15,16]. Donnéesdelalittérature Dépression et geste suicidaire à l’adolescence. Ilexistepeudedonnéesépidémiologiquesrécentes.La dépression,sousdifférentesformes,ycomprisdesépisodestrèsbrefs,maisrécurrents,étaitretrouvée7à 8 fois sur 10 dans les études chez des adolescents hospitalisés après TS [13]. L’association dépression et tendanceausuicideestcouranteàl’adolescence(prévalencesrespectivesdansl’étudecanadienne:7,6et 13,5%)[5]etétroitementliéeauxsuicides«réussis»[6,13].Lesauteurseuropéensd’inspirationanalytique insistentsurtoutsuruneperspectivedynamiqueoùentrentenjeuàlafoisunevulnérabilitéinternepropre auxadolescents,mêmesilestroublesdel’humeursontleplussouventencause,[13]etladéfaillancede l’environnement familial, scolaire ou social [15]. La perspective anglo-saxonne, plutôt d’inspiration comportementaliste,estassezproche[6,16]. Reconnaître et comprendre pour anticiper. La seule façon d’y parvenir est de rechercher systématiquement la présence d’idées de suicide chez des adolescents en désarroi ou chez lesquels les plaintes,notammentsomatiques,nes’expliquentpas[13,14].Laconférencedeconsensus[14]insistaitsur 3typesdesignes:lesexpressionsd’idéesetd’intentionssuicidaires,lesmanifestationsdelacrisepsychique etlecontextedevulnérabilité,enparticulierencasd’évènementstraumatiquesdevierécentsouàdate anniversaire. Diagnostiquerunedépressiondansuntelcontexteest«uneétapeincontournable[…]:l’expériencede Götland démontre que la reconnaissance puis le diagnostic par des généralistes qui ont suivi un programmedeFMCsurcethèmedébouchentsuruneréductionsignificativedutauxdesuicide»[13].La conférencedeconsensusinsistaitsurl’évaluationdeladangerositéetdel’urgence[14].Maisau-delà de cette approche « utilitaire », il importe de ne pas isoler la crise du contexte de l’adolescence. L’expériencedeNecker[15]amontréqu’uneévaluationapprofondiedufonctionnementpsychiquede l’adolescentaumomentdugestesuicidaireetunanplustard,avecunaccompagnementdurantcette périodede«hautdanger»,permettaitàl’adolescentde«rattachersongesteàunsenslatentetde remettreenactivitéunprocessuspsychiquetemporairementpétrifié». Accompagner:maintenirle«lien».Touteslespublications[13,16]insistentsurl’importancedutravailen réseau entre généraliste, psychiatre et psychothérapeute. Exception française notable : l’équipe « pluridisciplinaire » est exclusivement hospitalière [15]. Le généraliste accueille et parfois reste le seul soignantmais«doitpouvoirs’entourerdesconseilsd’unspécialisteetpartageréventuellementavecluila responsabilitédesdécisionsthérapeutiques»[13]. Motsclés:adolescent–troubledépressif–soinsprimaires–suicide-antidépresseurs[adolescent–depressive disorder–primarycare–suicide–antidepressiveagents] L’adolescentdéprimé–L’essentielpourlapratique Laprévalencedeladépressiondel'adolescentetsesrisquesparticuliersenfontunepathologiedifférente decelledel'adulte.Lespremierssymptômespeuventêtredesimplestroublescomportementauxouun refusd'alleràl’école.Ilfautypenserdansdessituationsdeconsultationbanalesetnepassous-estimer ledangerenattribuantlestroublesàla«crised'adolescence».Certainsadolescentssontplus«àrisque» dedépression:antécédentspersonnels,mêmeenl'absenced'épisodecaractérisé,etchezlesparents. L’évaluation est à faire au cas par cas sur un regroupement symptomatique vaste et hétérogène définissantdes«épisodesdépressifscaractérisés»surdespériodesd’aumoins15joursdurantlesquelles lessymptômesontétéobservés.Maiscommetoutesituationdechangementl’adolescenceestmarquée parunepérioded’instabilitédel’imagedesoi,desautres,desinvestissements,del’humeur.Ladépression signe alors une situation d‘échec du processus de développement, la mise en œuvre de défenses comportementalesoupsychosomatiques. La décision thérapeutique repose sur une analyse fine de la situation et des éléments liés aux réaménagementsdelapersonnalitéinévitablesetnécessairesàcetâge.L’importancedel’effetplacebo àl’adolescence,lesdangerspotentielsdesantidépresseursdoiventles«réserver»ensecondeintention auxformessévères. La corrélation entre dépression et suicide est très forte à l’adolescence. Aucune TS ne peut être considéréecomme à «faiblerisque »,bien qu’elles soient souventbanalisées, à commencerparles adolescentseux-mêmesetlesfacteursdéclenchants(fatigue,surmenage,rupturesentimentale,dispute familiale…)trèssouventminorésparl’adolescentetsafamille.L’hospitalisationreste,malgrél’absence d’étudescontrôlées,lasolutionimmédiatelaplusprotectriceetlaplussûreencasdeTS. Références 1-GalloisP,ValléeJP.L’adolescentdépriméetsongénéraliste.Médecine.2007;3(3):99-100. 2-HAS.Manifestationsdépressivesàl’adolescence :repérage,diagnosticetpriseenchargeensoinsdepremierrecours.2014 3- Zuckerbrot RA, Cheung AH, Jensen PS, Stein RE, Laraque D; GLAD-PC Steering Group. 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