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À L'HEURE DU STREAMING, LE COMMUNITY MANAGEMENT PEUT-IL SAUVER L'INDUSTRIE MUSICALE? Dossier de veille réalisé par Claire Le Pennec Licence professionnelle TIC ARC avril 2014 Sommaire Le marché de la musique à l'heure du numérique............................................................................... 3 Le community management, nouveau canal de communication pour la musique..............................5 Amanda Palmer : artiste DIY sauvée par le crowdfunding.........................................................5 Beyoncé : exemple type de l'artiste soutenu par les moyens d'une major..................................13 Half Moon Run : groupe indie sans stratégie .......................................................................... 18 Annexes...............................................................................................................................................46 Méthodologie.....................................................................................................................................52 Synthèse ............................................................................................................................................. 53 2 Le marché de la musique à l'heure du numérique À l'ère du numérique, l'industrie musicale semble en pleine érosion. L'avènement du Do It Yourself (DIY)1 du côté de la création, et celle du téléchargement puis du streaming du côté de la consommation, ont fait fondre les revenus des intermédiaires entre les artistes et leur public. Si les maisons de disques ont tenté de suivre, en revoyant leur organisation de manière à centraliser les étapes de production, distribution et promotion (avec par exemple les contrats 360° 2), les recettes de de la musique enregistrée, bien qu'ayant enregistré une légère hausse en 2013 3, ont chuté de manière astronomique en seulement quelques années. Source : http://telechargement-musique.e-monsite.com Certains artistes font maintenant le choix de l'indépendance, c'est-à-dire enregistrer, produire, distribuer et faire la promotion de leurs œuvres à leurs propres frais, tant il est maintenant abordable d'effectuer toutes ces phases en low cost grâce aux logiciels d'édition musicale, aux réseaux sociaux et sites de crowdfunding. Cela demande aux musiciens de devenir plus que des créateurs : des commerciaux, des graphistes, des avocats, des tour managers, des webdesigners, des community managers, etc.4 De plus, grâce à la facilité d'accès aux outils cités plus haut, il devient de plus en plus diffcile de se différencier au regard du volume exponentiel de musique mis en ligne chaque jour sur le web. 1 Défnition : http://fr.wikipedia.org/wiki/Do_it_yourself 2 Défnition : http://goo.gl/JtBZj7 3 http://www.actu.snepmusique.com/?p=1043 4 http://blog.dbth.fr/2011/03/la-distribution-digitale-de-la-musique-quoi-ou-comment/ 3 10 ans après l'arrivée de Napster5, l'industrie musicale semble quant à elle compter sur le système de souscriptions à des abonnements aux services de streaming légaux 6 (Spotify, Deezer, etc.) pour éponger ses pertes sur les enregistrements physiques (bien que certains acteurs du secteur soient encore sceptiques sur la capacité de cette solution à remettre d'aplomb le marché 7). Les labels demeurent un acteur non-négligeable pour les musiciens qui parviennent à signer avec eux : les moyens sont plus importants, notamment en terme de promotion. Au-delà des possibilités offertes par les données recueillies sur les sites d'écoute en ligne 8 en terme de recommandation et de compréhension des habitudes d'écoute du public, l'animation des communautés de fans semble être fnalement pris en compte par le marché de la musique, du côté des trois labels majeurs comme des indépendants9. C'est pourquoi j'axerai le benchmark intégré à ce dossier de veille sur la gestion de ce nouveau canal de communication, en prenant 3 exemples qui me semblent pertinents pour démontrer les différences de pratiques du community management parmi les distributeurs de musique, qui peuvent à présent être un véritable levier pour capter mais surtout entretenir leur communauté, de les engager suffsamment pour que ceux-ci souhaitent être distingués comme “fans” via l'achat de billets de concerts, de merchandising, et, bien entendu, de musique. 5 http://fr.wikipedia.org/wiki/Napster 6 http://goo.gl/FTCE6H 7 http://www.challenges.fr/media/20140203.CHA9961/pascal-negre-80-des-francais-ne-connaissent-pas-lestreaming.html 8 http://www.socanblog.ca/fr/music-metadata-a-product-with-a-future/ 9 http://journalducm.com/2013/10/24/community-management-il-futur-du-marketing-musique-1075/ 4 Le community management, nouveau canal de communication pour la musique Les acteurs du marché de la musique, pour parvenir à générer la vente de leurs enregistrements, communiquent sur leur catalogue plutôt que sur eux-mêmes. C'est pourquoi j'ai choisi, plutôt que de comparer les méthodes des trois labels majeurs et/ou de labels indépendants, de m'intéresser directement à la communication en ligne de trois artistes précis qui me semblent emblématiques des grandes tendances qui se dégagent pour le community management des musiciens professionnels, à savoir : l'artiste totalement indépendant, le musicien en contrat avec une major, et enfn le groupe signé chez un petit label indépendant. J'aborderai donc dans un premier lieu le dispositif numérique d'Amanda Palmer, symbole de l'artiste DIY, avant de m'intéresser au cas de Beyoncé Knowles, signée chez Sony BMG (l'une des trois majors du secteur), avant de terminer par le groupe canadien Half Moon Run, signé chez le label indépendant Indica Records. Je comparerai leurs dispositifs de communication online, leur présence sur les principaux réseaux sociaux, mais aussi leur façon d'interagir avec leur communauté de fans sur ces derniers. Amanda Palmer : artiste DIY sauvée par le crowdfunding Amanda Palmer, bien que déjà connue via le groupe The Dresden Dolls dont elle faisait auparavant partie, est parvenue à lever 1,2 millions de dollards sur le site de crowdfunding Kickstarter10 pour fnancer son dernier album11, malgré une fanbase relativement modeste au départ. L'artiste est présente sur les plateformes suivantes : site web 12, Facebook13, Twitter14, GooglePlus15, Instagram16, YouTube17, Tumblr18. À noter que bien qu'elle mette toute sa musique à disposition gratuitement, elle est également présente sur iTunes19 et Spotify20. 10 https://www.kickstarter.com/ 11 http://www.theguardian.com/media/2012/sep/26/amanda-palmer-future-of-music 12 http://amandapalmer.net/ 13 https://www.facebook.com/amandapalmer 14 http://twitter.com/amandapalmer 15 https://plus.google.com/105749360514890624703 16 http://instagram.com/amandapalmer 17 http://www.youtube.com/amandapalmer 18 http://amandapalmer.tumblr.com/ 19 https://itunes.apple.com/us/artist/amanda-palmer/id30523476 20 http://goo.gl/kBaALQ 5 Site web Sur l'en-tête du site, on peut distinguer les différentes catégories mises en avant, ainsi que les liens vers les réseaux sociaux où la musicienne est présente (à l'exception notable de GooglePlus). Le bouton “mission statement” renvoie à la déclaration de l'artiste à ses fans concernant la vente de sa musique : Amanda Palmer prend le parti de s'adresser directement au public et de l'encourager à partager gratuitement son œuvre, l'appelant même directement “cher téléchargeur de musique”. Un parti pris que l'on retrouvera également sur les plateformes sociales où elle interagit avec eux. 6 Elle rédige également des billets de blog, que l'on retrouve dans la section dédiée, mais aussi des “News”, sous la même forme : Là encore, elle s'adresse directement à son public et présente un journal de ses dernières activités. On note les boutons de partage sur les réseaux sociaux, sur l'extrait comme sur le billet entier. Seules les nouvelles les plus essentielles sont relayées dans la section “News”, tandis que le journal à proprement parler est mis à jour régulièrement (environ deux fois par semaine) dans la section dédiée. Enfn, les internautes sont invités à “joindre la discussion” dans les commentaires, et on constate une interaction assez forte entre les membres de la communauté, qui s'adressent directement à l'artiste ou se répondent entre eux : 7 Pour terminer sur le site web, on remarque également une grande propension au “call-to-action”, qu'il s'agisse du ton général adopté sur les billets et news, mais aussi sur les boutons invitant à acheter ou apporter sa contribution à l'artiste : Facebook Sur cette page Facebook certifée, il est possible d'envoyer directement un message privé à l'administrateur, tandis que le mur est fermé aux publications externes. Dans la section “About”, hormis une présentation rapide de l'artiste, on trouve un lien vers le site offciel, ainsi qu'une adresse e-mail pour les fans, en plus de celles à contacter pour des raisons professionnelles (presse, tournée, etc.). S'y trouve également la liste de toutes les plateformes sur lesquelles il est possible d'écouter la musique d'Amanda Palmer. 8 Les applications, en plus des classiques albums photos et likes, regroupent un magasin en ligne pour se procurer la musique de l'artiste, mais aussi son compte Instagram, ainsi que les événements et dates de concerts. Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, le contenu partagé sur cette page n'est que rarement en lien avec l'actualité d'Amanda Palmer ; elle s'en sert plutôt pour relayer des articles, des vidéos qu'elle apprécie, commentées par ses soins de manière très directe (on retrouve le ton adopté sur son site web), ainsi que son avis sur certains sujets, et ce souvent plusieurs fois par jour. À noter que les textes des publications sont parfois relativement longs (plus de 15 lignes). Fait notable : l'artiste répond très souvent directement aux commentaires de ses fans, qui eux-mêmes interagissent avec elle et entre eux-mêmes. Exemple : 9 Twitter Là encore, Amanda Palmer est très active. Plusieurs fois par jour, elle retweete des mentions la concernant, ou répond rapidement à qui l'apostrophe sur le réseau, toujours avec ce ton direct et naturel déjà utilisé sur les autres réseaux. Elle partage également des images (bien que peu comparé au volume de tweets envoyés), et n'utilise quasiment jamais de hashtags. À noter qu'elle a atteint le million de followers début avril 2014 après 7 ans de présence sur Twitter. Ici deux exemples, l'un où elle répond à une mention, l'autre où elle profte du 1er avril pour s'adresser à ses followers : 10 GooglePlus La page GooglePlus de l'artiste est en fait liée à sa chaîne YouTube, et quasiment aucun contenu n'y est posté. On y trouve néanmoins les liens vers son site offciel et les pages Facebook, Twitter et Flickr de la chanteuse. YouTube Ce réseau est l'endroit où sont hébergées toutes les vidéos que l'on peut trouver sur les différents sites où est présente l'artiste. Elle y organise son contenu via le système des playlists (Music Videos, Webisodes, Karaoke Videos, etc.). Là encore, les commentaires sont ouverts sur toutes les vidéos. Amanda Palmer se sert également des playlists pour répertorier des vidéos qu'elle apprécie puis repartage sur ses propres réseaux. Elle dispose également de comptes Vevo et Vine. Tumblr Le Tumblr de la musicienne est l'endroit privilégié où elle répond directement aux questions envoyées par ses fans via le bouton “Ask Amanda”. Elle y repartage également les billets postés qur d'autres Tumblr et ses propres photographies agrémentées de textes courts contextuels. Ci-après, des exemples d'une réponse à un internaute et d'un billet personnel. 11 Instagram Amanda Palmer utilise ce réseau dédié à la photographie pour diffuser des images d'elle-même, de son travail en cours, ou bien documenter ses autres interventions sur le web grâce à des visuels quasiment quotidiens (blog, Facebook, etc.). Il s'agit du seul réseau où elle ne communique pas directement avec les gens qui la suivent dans les commentaires. On note également l'absence de l'utilisation des hashtags pour situer le contexte des images comme cela est généralement d'usage sur Instagram. À travers ce tour d'horizon du dispositif employé par cette artiste indépendante, on entrevoit l'aspect chronophage pour le musicien qui gère lui-même sa relation avec sa communauté et tient à interagir avec elle directement, notamment s'agissant du rythme de publication et du volume de contenu dispensé sur ces différentes plateformes. S'il s'agit d'un exemple extrême à ces échelles, on constate néanmoins l'absence de duplication de contenu (hormis pour la musique elle-même, présente sur quantité de sites) sur les différents supports choisis ; chaque réseau semble avoir sa 12 propre dynamique et son type de contenu, tout en gardant la même ligne éditoriale générale pour garder en cohérence (notamment via le ton des publications). Voyons à présent ce qu'il en est pour un autre extrême à travers l'exemple de Beyoncé. Beyoncé : exemple type de l'artiste soutenu par les moyens d'une major Après ses débuts à succès dans le groupe Destiny's Child de 1990 à 2006, Beyoncé Knowles entame une véritable carrière solo sur le même label qui l'a fait connaître, Columbia, détenu par Sony BMG, l'une des trois maisons de disques majeures (avec Warner et Universal). J'aborderai sa présence sur les supports suivants : site web 21, Facebook22, Twitter23, GooglePlus24, YouTube25, Instagram26. Sa musique est disponible sur iTunes, Deezer et Spotify, entre autres. Site web Le site offciel de Beyoncé centralise un Tumbr où chaque billet est présenté par une image au sein d'une mosaïque, avec un menu déroulant en haut à droite de la page pour accéder aux informations plus classiques inhérentes aux sites de musiciens (Music, Tour, Shop, etc.). Aucune interactivité n'est présente sur ce média-ci, et aucun lien n'est présenté vers les autres plateformes où la chanteuse est présente. Il est cependant intéressant de constater les photos présentées comportent 21 http://www.beyonce.com/ 22 https://www.facebook.com/beyonce 23 https://twitter.com/Beyonce 24 https://plus.google.com/+beyonce/posts 25 https://www.youtube.com/user/beyonce 26 http://instagram.com/beyonce 13 des liens de partage vers Facebook, Twitter et Pinterest, et sont catégorisées selon des dénominations possessives “My Work”, “My Life” (alors même qu'on se doute bien que c'est une équipe entière qui gère la communication de Beyoncé). Un moyen de personnaliser le dialogue, ici exclusivement descendant, entre l'artiste et ses fans ; elle n'hésite d'ailleurs pas à publier des photos (retouchées) issues de sa vie quotidienne n'ayant pas de lien direct avec sa carrière musicale. Facebook Les publications de la page offcielle de l'artiste semblent avant tout avoir pour objectif de rediriger vers le site offciel, mais aussi le merchandising. Elle permet également de publier des albums photos événementiels, par exemple des images tirées du dernier concert avec un remerciement aux fans présents. La section “About” est consacrée à sa biographie. On assiste cependant à un décrochage dans le verbatim habituel, ici tourné vers le “call-to-action” (“for more visit beyonce.com”, “shop now”, etc.) mais aussi quelques posts où Beyoncé est supposée parler en son nom. 14 Si l'on constate un taux d'engagement élevé et beaucoup d'interactions entre les fans de l'artiste (soit une communication horizontale entre les membres de la communauté), on ne note aucune intervention d'un community manager dans les commentaires. Enfn, la seule application notable hormis le classique “Events” est une “smartTab”, destinée à permettre aux fans d'acheter directement les titres de Beyoncé via Facebook, mais aussi de “liker” chaque titre des albums proposés, ainsi que de partager ces derniers sur les réseaux sociaux. À noter qu'une autre page offcielle en lien avec Beyoncé 27 est présente sur Facebook : elle concerne sa ligne de parfum et est destinée à en faire la promotion. 27 https://www.facebook.com/beyonceparfums 15 Twitter Fait curieux : le Twitter certifé de Beyoncé ne comporte que 8 tweets, et ne semble plus mis à jour depuis Août 2013. Il parvient pourtant à faire la rétention de plus de 13 millions de followers. En effectuant une recherche, on dénombre une grande quantité de profls gérés par des fans, mais aussi des comptes parodiques. GooglePlus Cette page renvoie vers les autres comptes sociaux offciels de la chanteuse (excepté Twitter), et est lié au compte YouTube. Il dispense avant tout du contenu visuel (photos et vidéos) et se sert des hashtags pour contextualiser le propos est systématique. Tout comme sur Facebook, le “call-to-action” est très présent, même si l'on a du mal à véritablement percevoir une ligne éditoriale claire pour ce réseau spécifque. 16 YouTube Cette chaîne est organisée thématiquement grâce aux playlists (“Self-Titled”, “The Mrs. Carter World Tour”, etc.). Les vidéos sont ouvertes aux commentaires mais non modérés (c'est de toute façon rarement le cas sur cette plateforme). Elle dispose également de comptes Vevo et Vine. Instagram Le compte Instagram de Beyoncé semble centraliser toutes les images que l'on retrouve sur le site web central. La plupart semble d'ailleurs être postée automatiquement, car on observe l'absence quasi-systématique de contextualisation avec une phrase ou des hashtags. Tout comme chez Amanda Palmer, on oberve une présence sur une multitude de réseaux sociaux, avec pour support central le site web, à l'exception ici d'un Twitter laissé de côté. À l'instar de notre premier exemple, toutes les plateformes sont liées visuellement (photos de couvertures et avatars identiques ou dans la même charte graphique pour tous les supports), ce qui suscite la cohérence et une meilleure imprégnation de l'univers de l'artiste. Cependant, si Amanda Palmer publie fréquemment du contenu sur tous les supports qu'elle utilise, Beyonce bénéfcie d'une promotion générale (online et offine) et d'une couverture médiatique si importante que le contenu que son staff peut relayer, mettre en forme, communiquer aux fans parait sans limite. C'est peut-être 17 la raison pour laquelle il parait parfois diffcile de dégager une véritable ligne éditoriale sur certains réseaux. De plus, le nombre gigantesque d'internautes qui suivent et engagent une conversation sur les pages de Beyoncé ne permettent pas une modération ou une communication ascendante effcaces. C'est pourquoi les community managers en charge de ces médias semblent privilégier un contenu (avant tout visuel) qui suscitera un échange intracommunautaire. Ils se servent également de ces leviers pour faire la promotion de certains lancements : par exemple la campagne social #WHATISPRETTY 28, où il était demandé aux fans d'envoyer des photos et vidéos de “ce qui était beau pour eux” sur Instagram. Les résultats ont été compilés et postés en vidéo sur les pages offcielles de la chanteuse, une façon de mettre en place une forme de don/contre-don entre les internautes et l'artiste. Cette opération a été lancée à l'occasion de la sortie d'un clip, “Pretty Hurts”. Passons à présent à l'exemple de Half Moon Run, groupe canadien signé sur un label indépendant. Half Moon Run : groupe indie sans stratégie Avec une carrière démarrée en 2012, avec un seul album à leur actif, Half Moon Run est un groupe encore jeune. Repérés par le label indépendant de taille moyenne Indica 29, ils sont les outsiders parmi les trois exemples que j'ai choisi d'étudier. Je m'intéresserai à leur présence numérique sur les plateformes suivantes : site web 30, Facebook31, Twitter32, GooglePlus33, YouTube34, Instagram35. Comme les deux précédentes artistes, leur album est disponible sur Spotify et iTunes, mais aussi sur BandCamp, où ils peuvent vendre leur musique en format physique et où les fans peuvent laisser un commentaire. 28 http://www.whatispretty.com/ 29 http://indica.mu/fr/ 30 http://www.halfmoonrun.com/ 31 https://www.facebook.com/halfmoonrun 32 https://twitter.com/halfmoonrun 33 https://plus.google.com/u/0/110448145494067842501/posts 34 https://www.youtube.com/channel/UCnwkENZQc0MINwW7zUaxUzg 35 http://instagram.com/halfmoonrun/ 18 Site web Ce site est beaucoup plus spartiate que les deux que nous analysés auparavant. Épuré, il dirige d'entrée vers les réseaux sociaux où le groupe est présent (à l'exception d'Instagram) et vers l'iTunes Store. Sur la colonne de droite, les dates de concerts sont annoncées, tandis qu'à gauche sont intégrés les clips, une liste des paroles vers chacun des morceaux de l'album, et le contact du manager. Aucun autre texte, comme une présentation ou une biographie, n'est affché. Facebook La section “About” présente le groupe en français et en anglais (ils sont basés au Québec, et leur première tournée s'est effectuée en France, leur fanbase est donc en partie francophone) et comporte des liens vers le site et le BandCamp, ainsi que les contacts presse et tournée. Les publications sont de 3 types : annonce du prochain concert ou retour sur le dernier donné, journal de tournée, et communication sur les sorties (des clips, par exemple). Elles sont publiées en leur nom propre. À noter que le mur est ouvert aux publications extérieures, contrairement aux deux exemples précédents. 19 Si l'engagement des fans est certain, en témoignent le nombre de partages et de commentaires sur les posts, ainsi que les tags de leurs amis sur ces derniers, on observe peu d'interaction entre eux, et aucune modération ou réponse de la part des gestionnaires de la page. Outre les “Tour Dates”, la seule application notable est “Music”, où l'on accède au BandCamp du groupe qui permet d'acheter l'album directement depuis Facebook. 20 Twitter Tout comme sur Facebook, les tweets sont délivrés au nom du groupe lui-même. La plupart concernent leur propre actualité, ou bien des retweets de ce qui semble les intéresser. Là encore, on ne dénote aucune interaction avec les followers, et aucune réponse à des mentions. GooglePlus La page GooglePlus semble exister uniquement parce qu'elle est liée à la chaîne YouTube du groupe, en témoignent deux uniques posts qui concernent des vidéos uplodées sur cette dernière, et la biographie laissée vide. YouTube Si l'absence de playlist est notable, elle peut s'expliquer par le faible nombre de vidéos mises en ligne sur la chaîne. Il s'agit des clips, d'une vidéo live et de quelques sessions acoustiques flmées. Comme pour lors des exemples précédents, les commentaires sont laissés ouverts. 21 Instagram Le compte Instagram quant à lui semble centraliser les photos prises lors des tournées du groupe, comme un journal visuel. Si l'utilisation des hashtags est inexistante, chaque image est contextalisée par une phrase sur le même ton qui est employé sur les pages Facebook et Twitter, soit assez familier. L'exemple d'Half Moon Run semble témoigner d'une absence de charte éditoriale défnie, qui peut être expliqué par l'absence d'un community manager attitré (il semble que ce soit vraiment le groupe lui-même et le manager qui gèrent les comptes sociaux), mais aussi par le fait qu'il s'agit encore d'une formation récente. Si le ton employé dans les publications semble proche de celui adopté par Amanda Palmer, celle-ci parait mieux maîtriser la stratégie globale qu'elle a mis en place pour entretenir le dialogue avec sa communauté de fans, ce qui semble manquer à Half Moon Run. Enfn, on constate évidemment un véritable fossé entre les moyens employés par le label de Beyoncé et ceux d'Indica pour faire la promotion de leurs artistes. En comparant ces trois exemples typiques, on comprend que si la différence de moyens de promotion existe depuis longtemps entre artistes “majors” et indépendants, la façon de s'approprier et d'utiliser le web pour pallier à la chute des ventes physiques de musique devient primordiale. En effet, si les tickets de concerts et le merchandising prennent désormais une part plus prégnante des revenus que peut générer un artiste, ce sont surtout le streaming et du téléchargement qui posent question : est-il possible de continuer à faire payer la musique enregistrée quand de multiples moyens existent pour l'obtenir gratuitement ? Pour le moment, aucun des sites légaux de streaming ne rentre dans ses frais, et la polémique fait rage autour de la distribution des revenus générés par les écoutes en ligne36. Cependant, certains pensent que le système de recommandation, rendu possible par la gestion et l'analyse des métadonnées, peut pousser les 36 http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/12/03/spotify-verse-un-demi-centime-d-euro-par-chansonecoutee-aux-artistes_3524817_651865.html 22 auditeurs à souscrire un abonnement pour écouter leur musique favorite sur tous les supports 37. Le community management pourrait donc l'une des clés pour montrer aux fans l'importance de continuer à payer pour la musique (ou de changer de modèle économique pour l'industrie38). Certaintes pratiques que nous avons évoquées ci-dessus semblent fonctionner (à noter que les trois artistes étudiés tournent énormément, ce qui n'est pas négligeable), comme par exemple mettre en place une application pour acheter directement un titre ou un album via Facebook (Half Moon Run et Beyoncé). Ou bien, comme Amanda Palmer, mettre à disposition sa musique sur le plus de plateformes possibles, en proposant aux internautes de payer le prix qu'ils souhaitent, voire rien du tout, pour la musique. Cependant, les réseaux sociaux peuvent aussi avoir un revers négatif, comme lorsque suite au SuperBowl où elle avait chanté, Beyoncé s'est trouvée dans une spirale de bad buzz lorsque des photos peu avantageuses de sa performance ont été relayées sur la Toile 39. Et la gestion de cette crise n'a pas été des plus effcaces : en effet, son publiciste a eu la mauvaise idée de déclarer qu'il souhaitait que ces images soient retirées... rien de pire pour attiser l'envie les trolls ! Si cela n'a pas semblé enrayer les ventes de son dernier album, l'image de l'artiste a pendant quel que temps été malmenée et demeure un meme très utilisé (Internet n'oublie rien, ou presque). Cependant, le bad buzz peut également s'avérer renforcer une communauté de fans : on pense par 37 http://www.irma.asso.fr/IMG/pdf/68-focus_mai_2012-2.pdf ?xtor=EPR-141 , page 6 38 http://www.billboard.com/biz/articles/news/5915732/spotify-drove-universal-musics-75-jump-in-streamingrevenue-last-year 39 http://www.buzzfeed.com/buzzfeedceleb/the-unfattering-photos-beyonces-publicist-doesnt-want-you-t 23 exemple aux hordes de fans de Justin Bieber qui s'empressent d'envahir les lieux de la Toile où leur idole est malmené, comme par exemple suite à un vomissement sur scène : On peut d'ailleurs recenser comme une bonne pratique de community manager le tweet envoyé à la suite de l'incident par le principal intéressé, ici l'autodérision : En ce qui concerne les sites d'écoute en ligne, on peut saluer la communication de Spotify pour justifer l'absence de certains albums sur sa plateforme, contrairement par exemple à Deezer qui ne mentionne rien à ce propos lorsqu'une recherche est effectuée et ne donne aucun résultat : Nous avons vu ici plusieurs pistes qui permettent de favoriser la captation, l'information et l'intéraction au sein des communautés de fans de musique en ligne, avec toujours pour objectif de monétiser les travaux réalisés par les artistes concernés. À suivre, la sitographie réalisée lors de la veille qui a précédé ce dossier, débutée en octobre 2013 et terminée en avril 2014, ainsi que quelques morceaux choisis qui en sont extraits en annexe. Se trouvera ensuite un résumé de ma démarche et des résultats obtenus, ainsi que mon sentiment sur les outils utilisés pour réaliser cet exercice. Enfn, j'ajouterai une synthèse agrémentée d'une infographie. 24 Sitographie B Comme Boxsons BONNEAU Valery, L'argent de la musique #3 les droits voisins, 07/2010 http://www.bcommeboxsons.com/largent-de-la-musique-3-les-droits-voisins (consulté le 07/02/14) Berklee College of Music Music Salary Guide http://www.berklee.edu/pdf/pdf/studentlife/Music_Salary_Guide.pdf 2012 (consulté le 03/02/14) Billboard ADEGOKE Yinka, Spotify drove Universal Music's 75% jump in streaming revenu last year, 02/2014 http://www.billboard.com/biz/articles/news/5915732/spotify-drove-universal-musics-75-jumpin-streaming-revenue-last-year (consulté le 26/02/14) PHAM Alex, Head of Twitter Music on what the Lyor Cohen 300 deal really means, 02/2014 http://www.billboard.com/biz/articles/news/digital-and-mobile/5901179/head-of-twittermusic-on-what-the-lyor-cohen-300-deal (consulté le 12/02/14) WHITE Emily, Predicting what you want to hear: music and data get it on, 03/2014 http://www.billboard.com/biz/articles/news/digital-and-mobile/5944931/predicting-whatyou-want-to-hear-music-and-data-get-it (consulté le 26/03/14) 25 Billboard and Twitter partner to create “Bill board Twitter real-time charts”, 03/2014 http://www.billboard.com/biz/articles/news/digital-and-mobile/6022016/billboard-andtwitter-partner-to-create-billboard (consulté le 27/03/14) Boursorama AFP, Le streaming, avenir ou fossoyeur de la musique ? 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That makes it difficult for some to keep up, more difficult for others to adapt, and pretty near impossible to predict what will happen ten years from now. That said, there are a number indicators that allow us to look into the near future and take an educated guess at what we may see just a few years down the line. Allow me to gaze into my crystal ball. Streaming will become the primary way that most people consume their music. We’re only at the beginning of the streaming era of music and there’s a lot of room for growth. World-wide there were only 28 million paid subscribers of streaming services last year according to the latest IFPI digital music report, which is a drop in the bucket compared to the number of music consumers on the planet. More and more people are discovering just how useful the access model is as compared to the ownership model. It doesn’t take long to realize that your digital storage filled with a library of songs can’t compete with having access to 10+ million songs anytime and anywhere. But there will be fewer outlets that deliver it. Right now streaming is a part of the industry that’s completely upside down financially. None of the major platforms, Spotify, Pandora, Beats Music, Slacker, etc., turn a profit yet, instead playing for the big score down the road when the economy of scale flips their way 46 when enough new users sign up. Unfortunately by that time it will be too late. Apple AAPL -0.11% will have entered the game with their own streaming service that will play on all platforms, and will be able to convert its massive existing customer base into monthly paying customers. Amazon will be in the game too, and Google GOOG +0.51% will intensify it’s already potent efforts (perhaps with a separate new YouTube component). Of the existing current players in the space, only one or two survive against the might of these giants. The key here is that Apple, Google, and Amazon don’t have to make money from their services, since music is only a small part of their overall businesses. Thats not the case for the other stand-alone streaming services, where music is their primary offering. It’s hard to compete against corporate leviathans with deep pockets and little to lose. Music business revenue holds steady. It’s hard to believe that for as much as we hear about the death of the CD, it’s still going pretty strong, accounting for slightly more than 50% of the total global recorded music revenue (again according to the most recent IFPI numbers). That said, physical sales are declining rapidly, and as that happens, so is the total industry revenue. Downloads too are still a major chunk of digital music revenue and they’re declining as well. Can those loses both be replaced by the income from streaming? Let’s do the numbers. There are 28 million streaming subscribers worldwide right now, and it’s not too much of a stretch to believe that we could hit 100 million in the next five years. If each subscriber pays an average of $39 per year as it does now, that’s around $3.9 billion. If ad-supported streams increase to around $1 billion in the same time span (which is doable at its current growth rate), that’s $4.9 billion If we use the 11% that physical sales were down last year as a guideline for future earnings, the loss would be about $3.5 billion in five years (about half of what it is now). Add to that another half billion or so from download losses (if they stay at last years 2.1% decline, which most likely will accelerate), and we see that the current industry global revenue of $15 billion can actually increase by nearly a 47 billion dollars. No great shakes, but no decline either. The recorded music business is never going to see those days gone by of $25+ billion years unless the industry finds a new product that causes consumers to open their wallets the way they did in the past. How likely is that? It’s not on the horizon yet, but the music business has a history of changing with technology, and a new innovation could spark an unforeseen growth spurt. But that’s one thing I’m not willing to predict. 48 FAUCONNIER Flore, La nouvelle ambition de Spotify, devenir le Facebook connect de la musique, 03/2014 http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/spotify-echo-nest.shtml La nouvelle ambition de Spotify, devenir le Facebook Connect de la musique En rachetant The Echo Nest, le service de streaming musical prend une longueur d'avance en matière de recommandation, mais pose aussi le socle d'une vocation élargie. Les catalogues des principaux services de streaming musical détenant tous des millions de titres, la guerre qu'ils se livrent s'est déplacée sur un nouveau terrain : celui de la recommandation personnalisée et de la découverte de nouveaux artistes. Raison pour laquelle Spotify n'a pas hésité à mettre la main à la poche pour s'approprier la plateforme américaine The Echo Nest, spécialisée dans la recommandation de contenus musicaux. Selon Techcrunch, le montant de l'opération pourrait approcher 100 millions de dollars. Le fonds de commerce de The Echo Nest : une base de 35 millions de titres et des milliards de données utilisateurs collectées, ainsi que des algorithmes analysant les morceaux et les comportements des auditeurs pour en déduire des ribambelles de statistiques concernant artistes, genres musicaux et habitudes d'écoute. De quoi, à l'arrivée, proposer aux utilisateurs d'autres morceaux qu'ils sont susceptibles d'apprécier. Inconnue du grand public, la start-up fournissait déjà ses services sous forme d'API à Spotify... ainsi qu'à ses concurrents Deezer, Rdio, Vevo, Rhapsody ou encore MixShape de Microsoft. Elle assure d'ailleurs que son API restera disponible et gratuite pour tous les développeurs. Reste que désormais, Spotify pourra puiser directement dans les technos de sa nouvelle acquisition pour alimenter ses propres services. Sont donc à prévoir des évolutions de fond de ses fonctionnalités de découverte. Mais surtout, ce rapprochement devrait permettre au Suédois d'élargir sa vocation et de changer de statut. Pour l'instant, Spotify est un juke-box proposant streaming à la demande, découverte algorithmique et curation de playlists. Mises à part la possibilité d'encapsuler des chansons sur d'autres sites et une API minimaliste permettant de passer facilement d'une appli tierce à celle de Spotify, son catalogue n'est accessible que via ses propres applications. Mais aujourd'hui, la société désire prendre encore plus d'ampleur et devenir le "fournisseur d'identité musicale" référent sur Internet, à l'image d'un Facebook fournisseur de l'identité sociale des internautes. Aujourd'hui, on peut fréquemment utiliser ses identifiants Facebook pour se connecter à un compte ou une appli tierce, qui peuvent grâce à cela utiliser les informations de compte et le graph social de l'internaute. On pourrait imaginer faire de même avec ses identifiants Spotify, afin de pouvoir écouter morceaux et playlists à la demande depuis n'importe quel service ou application tierce. De quoi permettre à la musique en ligne légale d'exploser véritablement sur Internet, en résolvant d'un coup toutes les questions de licences pour les développeurs... dont Spotify les déchargerait. La société vient d'ailleurs de franchir un pas important dans cette direction en annonçant le lancement en beta de son SDK pour iOS. Acquérir The Echo Nest, une start-up éditrice d'API, constitue un deuxième pas d'égale importance. Enfin, alors que Spotify revendiquait 26 millions d'utilisateurs dont 6 millions d'abonnés payants en décembre 2013, il devra sans doute faire encore progresser ce nombre, s'il compte séduire des investisseurs pour une éventuelle introduction en bourse à venir. Devenir le Facebook Connect de la musique l'y aiderait considérablement. 49 MULLIGAN Mark, The death of the long tail, 03/2014 http://musicindustryblog.wordpress.com/2014/03/04/the-death-of-the-long-tail/ The Death of the Long Tail Today MIDiA Consulting is proud to announce the publication of an important new report: The Death of the Long Tail: The Superstar Music Economy. The report is available free of charge to Music Industry Blog subscribers. (If you are not yet a subscriber to this blog simply enter your email address in the box on the right hand column of the home page.) The 21st century decline in recorded music revenues continues to send shockwaves throughout the music industry and although there are encouraging signs of digital-driven growth, the impact on artists is less straightforward. Total global artist income from recorded music in 2013 was $2.8 billion, down from $3.8 billion in 2000 but up slightly on 2012. Meanwhile artists’ share of total income grew from 14% in 2000 to 17% in 2013. But the story is far from uniform across the artist community. The Superstar Artist Economy The music industry is a Superstar economy, that is to say a very small share of the total artists and works account for a disproportionately large share of all revenues. This is not a Pareto’s Law type 80/20 distribution but something much more dramatic: the top 1% account for 77% of all artist recorded music income (see figure). The concept of the long tail seemed like a useful way of understanding how consumers interact with content in digital contexts, and for a while looked like the roadmap for an exciting era of digital content. Intuitively the democratization of access to music – both on the supply and demand sides – coupled with vastness of digital music catalogues should have translated into a dilution of the Superstar economy effect. Instead the marketplace has shown us that humans 50 are just as much wandering sheep in need of herding online as they are offline. In fact digital music services have actually intensified the Superstar concentration, not lessened it (see figure). The top 1% account for 75% of CD revenues but 79% of subscription revenue. This counter intuitive trend is driven by two key factors: a) smaller amount of ‘front end’ display for digital services – especially on mobile devices – and b) by consumers being overwhelmed by a Tyranny of Choice in which excessive choice actual hinders discovery. Ultimately it is the relatively niche group of engaged music aficionados that have most interest in discovering as diverse a range of music as possible. Most mainstream consumers want leading by the hand to the very top slither of music catalogue. This is why radio has held its own for so long and why curated and programmed music services are so important for engaging the masses with digital. Music has always been a Superstar economy and there will always be winners and losers in music sales, with the big winners winning really big. Over time the improved discovery and programming in digital music services should push the needle for the remainder artist tier but a) it will not happen over night and b) it will still have a finite amount of impact. The Catalogue Size Arms Race Matters are worsened by the music services’ catalogue arms race which has become entirely detrimental to consumers’ digital music experiences. Action needs taking urgently to make sense of 25 million songs, not just through discovery and editorial, but also by taking the brave decision to keep certain types of content, such as soundalikes, outside of music services’ main functionality. Until labels, distributors and artists come to together to fix the issue of digital catalogue pollution – sound alikes and karaoke especially – the Tyranny of Choice will reign supreme, hiding 99% of artists under a pervasive shroud of obscurity and giving the Superstars another free lap of the track. 51 Méthodologie J'ai débuté cette collecte d'information dès le mois d'octobre 2013. Je me suis notamment servie de Netvibes, où j'avais répertorié les fux RSS des 25 sites web principaux, en anglais et en français, que j'avais pu repérer de prime abord. Mon outil principal a cependant été Tweetdeck. Depuis longtemps passionnée par le secteur de la musique, j'avais déjà pu identifer les principaux infuenceurs en la matière, et les avais intégrés à une liste dédiée. De plus, grâce aux hashtags #musicbiz, #musictech, #musicindustry et #musicbusiness, je parvenais à couvrir une large palette d'articles sur le sujet. Je lisais également la presse spécialisée au moins une fois par semaine. Parmi les outils professionels proposés, j'ai d'abord tenté d'utiliser Digimind. J'ai cependant, et ce malgré la formation dont nous avions bénéfcié en cours, trouvé sa mise en place assez complexe. Cependant, j'ai trouvé que les informations qui remontaient du dispositif étaient souvent pertinentes, et ai trouvé l'affchage des mots-clés, notamment en nuage, particulièrement agréable à utiliser pour naviguer d'un sujet à un autre. Enfn, les newletters envoyées quotidiennement m'ont parues peu attractives et apparaissaient en spam sur mon client de messagerie. En revanche, s'il m'a paru braucoup plus simple de créer mes alertes sur Mention, plus intuitif, j'ai constaté beaucoup de bruit parmi les mentions qui faisaient surface. Pensant que j'avais mal confguré mes alertes, j'ai fait appel à l'équipe de l'entreprise, et leur réactivité m'a permis de comprendre d'où venait le problème. Ceci étant, si je perçois tout à fait l'intérêt de ces outils dans le cadre d'une veille sur une entreprise ou ses concurrents, ils ne m'ont pas apporté beaucoup plus de matériau que mes outils “classiques” cités précédemment pour cette veille sectorielle. Par ailleurs, afn de conserver une trace de mes recherches et lectures, je me suis servie du logiciel Evernote, me permettant de garder une copie des articles mais aussi leur URL originale, mais aussi la date à laquelle je les avais consultés et modifés (en surlignant directement ce qui me paraissait pertienent par exemple). Je pouvais également effectuer une recherche par mots-clés au sein du logiciel, ou consulter mes documents à distance directement dans le navigateur en créant un lien externe. Ce système m'a beaucoup facilité la tâche. 52 Synthèse L'industrie musicale peut-elle être sauvée par le community management ? Ce n'est un secret pour personne. L'industrie musicale pleure l'âge d'or de la vente de disques depuis la révolution entamée par Napster en 2004. Si la copie privée était déjà une pratique courante chez les mélomanes depuis l'invention de la cassette audio, l'avènement du peer to peer, permettant de partager du contenu plus vite et en plus grande quantité, a considérablement fait évoluer les pratiques d'écoute de la musique. Source : blog.sociographie.net Pourquoi payer pour un support aussi fragile et peu attractif que le CD ? Pourquoi s'abonner à Spotify ou Deezer pour avoir accès à des catalogues encore incomplets sur son mobile ou son ordinateur lorsqu'on peut y avoir accès gratuitement et sans effort ? Ce sont les questions que tentent de résoudre les “middle men”, ces intermédiaires entre artistes et auditeurs qui ont fondé toute leur industrie sur les revenus générés par l'achat d'objets, et maintenant de fchiers musicaux. Si les offres actuelles de streaming et de téléchargement légales restent fnalement marginales, la plupart des acteurs du secteur continuent de miser sur cette solution pour compléter les revenus générés par les concerts et produits dérivés. 53 Autre aspect de ce nouveau système de la souscription (ou bien soutenu par la publicité) et de la rémunération à l'écoute, la redistribution : Source : leprofyl.com C'est pourquoi certains artistes refusent de diffuser leur musique sur ces plateformes et choisissent de se distribuer eux-mêmes, ou bien de proposer leurs enregistrements pour un prix laissé à la discrétion de l'internaute. Par ailleurs, la facilité d'accès à l'écoute mais aussi à la création, grâce à l'apparation de logiciels et de moyens de distribution qui ne nécessitent plus de connaissances techniques réservées à une poignée de spécialistes, favorise la mise en ligne d'une plus grande quantité de contenus. Dès lors, comment se distinguer de la masse, comment capter son public et et conserver suffsamment son attention pour qu'il soit prêt à payer pour écouter le travail d'un artiste, voire à se déplacer pour le voir en concert ? Qu'ils s'agissent des maisons de disques ou des musiciens indépendants, il semble admis par tous que l'animation et le dialogue avec ces communautés de fans semble être une réponse. Proposer un contenu différencié pour les plus fdèles, se servir des métadonnées traitées par les services de streaming pour mieux affner sa stratégie de communication (on et offine) sont des pistes sérieuses pour les musiciens et leurs équipe de promotion. Lorsque Pharell Williams implique sa communauté en lui permettant de proposer sa propre version de son single “Happy”, et fatte son égo en valorisant leurs initiatives, ou lorsque Beyoncé lance l'opération #WHATISPRETTY sur Instagram pour promouvoir son dernier titre, reprenant les propositions de ses fans pour les diffuser sur ses propres canaux de communication, ils impliquent leurs auditeurs, prolongent leur expérience au-delà du simple enregistrement, tout en produisant un nouveau contenu directement lié au leur et absolument viral ; le fan fer d'être reconnu par son artiste favori partagera sa contribution, et montera ainsi d'un cran dans 54 son niveau d'engagement envers celui-ci. L'industrie musicale a alors tout intérêt à ne pas faire reposer sa communication numérique sur de seuls stagiaires publiant des posts sur Facebook, mais à intégrer cet aspect dans sa stratégie globale de promotion. Il en va de même pour les artistes DIY, dont le dialogue direct, sans intermédiaire avec leur communauté (comme ici Amanda Palmer), instaurent une entente et un sentiment de proximité augmentant sans aucun doute la propension du fan à vouloir contribuer, en dépensant de l'argent pour ses productions ou merchandising ou en participant directement au processus de création. À bon entendeur donc, au milieu de débats interminables sur l'effondrement du système, peut-être est-il temps de véritablement s'intéresser aux possibilités offertes par ces canaux (plus si neufs) que sont le web et les réseaux sociaux. En mettant en place des stratégies qui placent l'artiste et l'auditeur au centre du contenu, valorisent les échanges de leur communauté, pour mieux permettre aux musiciens de vivre de leur art. 55