Le bienfaiteur de vos pieds
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Le bienfaiteur de vos pieds
À CONNAÎTRE Chaussures de ski sur mesure Presque comme de la chirurgie : adaptation sur mesure des chaussures de ski. Ajustement des chaussures de ski : plus jamais mal aux pieds Le bienfaiteur de vos pieds Modèle de série ou sur mesure ? Celui qui veut acquérir de nouvelles chaussures de ski a le choix. Les chaussures ajustées sur mesure ne sont pas uniquement réservées aux pros ou en cas de problème aux pieds. Lorsque la chaussure et le pied sont en harmonie, on skie mieux. Une visite chez Dr Boot. 144 C’est presque comme chez le médecin. « Tu peux te déshabiller à présent », annonce machinalement Chris Kohler en blouse blanche après avoir pris mes coordonnées et les avoir entrées dans l’ordinateur. – Euh… – Non, non, pas entièrement bien sûr. Chris n’a besoin de voir que les pieds. À quelques pas du bureau, un immense écran est accroché au mur. En dessous, une sorte de podium avec ressemblant à un lit de fakir – la première étape dans le cabinet de chaussures de ski de Chris Kohler. « Je t’en prie » me dit cet orthopédiste et expert en chaussures de ski en m’indiquant la plaque métallique hérissée de 544 fines aiguilles métalliques. « N’aie pas peur, » me rassure-t-il, « ça ne fait pas mal ». OK, d’accord… Effectivement, les tiges métalliques s’enfoncent dans la plaque sous le poids du pied. Seules quelques tiges métalliques munies de capteurs de mesure restent en surface – par exemple pour mesurer la cambrure du pied, là où il ne touche pas la plaque métallique. Quelques instants plus tard, un graphique en couleur de la structure de mes pieds apparaît sur l’écran. Silhouette, cambrure, points de pression – tout y est. Chris jette un coup d’œil à l’écran. Puis il prend mes pieds dans ses mains et tâte les métatarses, fait faire de petites rotations à ma cheville, évalue la plante des pieds et les orteils. Heureusement, ce matin ils sont passés par la douche ! « Si j’avais des appréhensions à toucher les pieds des gens, c’est que j’aurais mal choisi mon métier », sourit Chris. Après plusieurs hivers dans l’Utah et des années de formation aux USA, il a rejoint le cabinet d’orthopédie et de podologie de son père au centre de Berne avec une mission claire : accroître encore le plaisir des skieurs. En dehors du cabinet, c’est autour de ce sport que s’articule sa vie : en tant que skieur en chair et en os, il affectionne les descentes spectaculaires le long des plus grandes montagnes et les faces les plus impressionnantes des Alpes. « Les chaussures de ski sur mesure, dit-il, ce n’est pas qu’un produit de luxe pour les pros, ni une solution de dernier recours lorsqu’on a un mal de chien en skiant. Elles sont la solution idéale. » Depuis le temps, Chris Kohler est devenu un spécialiste. Par le passé, il a soutenu l’équipe de ski des USA. Actuellement, il entoure l’équipe nationale de skicross pour tout ce qui concerne les chaussures de ski… Il faut que tout soit parfait lorsque l’on chasse le dixième, voire le centième de seconde, que chaque réflexe ou chaque impulsion des jambes est transmis aux skis par l’intermédiaire des chaussures. La prochaine étape est le contrôle du pied sur le tapis roulant. « Simplement marcher de manière décontractée ! » Chris met le tapis en route, allume une caméra vidéo et observe de manière critique l’appui des pieds, la position des genoux, celle des hanches, la stature complète. « Sur-pronation, rotation intérieure lors de la charge », note Chris dans les données du patient. « 47 contre 53. » L’ordinateur lui indique même à quel pourcentage chaque pied est sollicité. Pour Chris Kohle, toutes ces données qui 145 Chaussures de ski sur mesure À CONNAÎTRE Astuces pour ajuster les chaussures de ski Le programme de personnalisation complet n’est pas toujours indispensable. Des petites interventions « chirurgicales » peuvent déjà améliorer la forme des chaussures de ski. Le spécialiste de l’orthopédie et expert en chaussures de ski livre quelques astuces pour améliorer le confort. Pourquoi les chaussures de ski font-elles parfois mal et ne sont pas bien ajustées ? Les chaussures de ski que l’on trouve sur les rayons des magasins de ski sont par nécessité toujours adaptées à une forme de pieds standard. Mais les pieds de chacun peuvent fortement varier. De plus viennent s’y ajouter les déformations comme la pronation ou l’affaissement de la voûte plantaire. Cela conduit rapidement à des complications, puisque finalement une chaussure de ski devrait envelopper le pied aussi exactement que possible, de manière harmonieuse et sans trop de pression. Lit de fakir digital : une technologie numérique moderne vient soutenir l’expert en chaussures de ski Chris Kohler. Contrôle sur tapis roulant : tout l’appareil locomoteur est passé sous la loupe pour déceler les mauvaises postures à l’aide de ce tapis et de l’analyse vidéo. sont ensuite interprétées par l’ordinateur sont fondamentales pour l’ajustement des chaussures de ski. Grâce à elles, l’ordinateur fabrique un modèle en 3D de ce qui prendra forme dans le chausson intérieur. pied humain est plutôt complexe et chacun a sa propre forme de pied. Il s’agit d’une construction délicate, basée sur un équilibre minutieux et qui se fatigue lorsqu’elle ne trouve pas le soutien nécessaire dans la chaussure de ski ou au contraire lorsqu’elle est brutalement comprimée dans la coque. Les nerfs présents dans les pieds forment une sorte de capteur qui détermine les mouvements du reste du corps. C’est particulièrement important pour le sport. Si le pied ne peut pas fonctionner correctement, il ne faut pas s’étonner si le reste du corps au-dessus des jambes n’a pas l’air très harmonieux en skiant. Et c’est là que se trouve le problème. « Des contraintes excessives ou insuffisantes conduisent à une mauvaise position et à des problèmes de pied, explique Kohler. Pieds plats, pieds creux, pieds étalés et affaissement de la voûte plantaire sont aujourd’hui courants. Quasiment personne n’a le pied idéal. » Les formes utilisées par les fabricants de chaussures de ski sont donc une sorte de moyenne des différents pieds – même avec la variété de tailles, largeurs et spécificités des modèles Douleur ou plaisir – c’est la chaussure qui décide C’est un gros travail d’ajuster correctement une chaussure. Un étage plus haut, une fraise numérique (CNC) est en train de tailler un bloc d’éthylvinylacétate – plus simplement : mousse EVA – et réalise avec minutie une empreinte négative de la plante des pieds. Entre-temps, Kohler bavarde un peu : pourquoi les chaussures de série ne s’ajustent souvent pas parfaitement, pourquoi beaucoup de skieurs se plaignent de douleurs, pourquoi il effectue tout ce travail. Sur le bureau, on trouve un schéma de la structure d’un pied : 26 os, 33 articulations, 20 muscles, 114 tendons – le 146 Quelles sont les erreurs les plus courantes lors de l’achat des chaussures de ski ? Beaucoup choisissent des chaussures de ski trop grandes. Au magasin de sport, elles paraissent confortables. Mais sur la piste ou dans la poudreuse, les problèmes surviennent rapidement : le pied n’est pas assez bien tenu. Par réflexe, on essaye tant bien que mal de s’accrocher à la chaussure avec les orteils. La musculature se crispe. Alors on essaye de fermer les boucles au maximum. Des points de pression surviennent. La circulation sanguine diminue. Les pieds sont froids et douloureux. Il n’y a donc pas d’autre choix que de modifier la coque et de réaliser des chaussons sur mesure ? Un ajustement sur mesure complet est en général la solution optimale. Mais avec quelques petites mesures, on peut déjà améliorer les choses. La base idéale reste tout de même une semelle intérieure sur mesure. De bons appuis permettent une bonne conduite du ski et évitent une fatigue excessive de la musculature du pied. De plus, il faudrait faire analyser la forme de son pied par un spécialiste. Il saura dire s’il est indispensable de modifier la coque ou le chausson intérieur. La plupart des chaussures de ski de qualité sont équipées de chaussons thermoformables. Ils sont chauffés et adaptés au pied par le vendeur. Des pads pour améliorer le chausson intérieur font rarement des miracles. Des mesures comme fraiser ou agrandir la coque peuvent parfois suffire. Un des problèmes récurrents est d’avoir froid aux orteils. L’ajustement de la chaussure peut-il être une solution ? On a souvent froid aux doigts de pieds parce que la chaussure est ponctuellement trop étroite ou carrément trop serrée. La circulation sanguine est entravée et les pieds se refroidissent. Il est donc important d’avoir une tenue compacte et ferme, sans pression excessive. La forme du pied peut également jouer un rôle. Les personnes avec un pied cambré ont plus facilement froid aux pieds. Des grandes vis dans la coque peuvent aussi être à l’origine de ponts de froid. En dernier recours, il est toujours possible d’équiper les chaussures d’un chauffage après coup. Que coûte un tel travail sur mesure ? Pour des chaussures de ski parfaitement adaptées, avec un chausson injecté et un travail de la coque, il faut compter environ 1200 francs suisses. Ce n’est pas rien. Mais il faut encore tenir compte du fait qu’un chausson injecté dure sensiblement plus longtemps qu’un chausson conventionnel. Les petites adaptations sont naturellement moins coûteuses. Les experts en chaussures de ski de Suisse Vos chaussures vous font mal ou vous voulez simplement avoir des chaussures parfaitement adaptées ? Voici une sélection d’experts qui sauront trouver l’ajustement parfait : • Skiboots.ch - Orthozone, Bern, www.skiboots.ch • Heierling, Davos, www.heierling.ch • Sport Schuh Fitting, Buochs/Luzern, www.sportschuhfitting.ch • Swiss Biomechanics, Einsiedeln, www.swissbiomechanics.ch • Castella Sports, Bulle, www.castella-sports.ch • Mtl Chaussures, Martigny, www.mtlchaussures.com 147 Hop au four ! Les nouveaux matériaux thermoformés permettent maintenant d’adapter non seulement le chausson, mais aussi la coque à la forme de vos pieds. C’est une étape importante en vue d’offrir à chacun une chaussure adaptée. Finitions : les derniers réglages sur la semelle intérieure se font à la main. Test de la pointure : lorsque les orteils touchent la coque, il doit y avoir de la place pour au maximum deux doigts derrière le talon. Opération à chaussure ouverte : dans son atelier, Chris Kohler élargit la coque ponctuellement par fraisage ou déformation. hommes et femmes. Certaines formes standard iront assez bien et d’autres moins bien. Les chaussures de ski doivent être chaudes et confortables, pouvoir soutenir et protéger, et en même temps transmettre au ski la force et les impulsions du skieur. De plus elles doivent supporter les forces élevées rencontrées dans les virages et les bosses et qui sollicitent fortement les matériaux – chez un skieur amateur, elles peuvent atteindre six à sept fois le poids du corps. Les chaussures de ski souples et un peu larges qui, lorsqu’on les enfile semblent confortables, deviendront sous la pression des « moonboots » difficilement manœuvrables et qui n’offrent que peu de tenue. Au contraire, des chaussures plus dures, mais qui ne sont pas bien adaptées à la forme du pied se transformeront rapidement en instrument de torture. Pour permettre de satisfaire ces exigences parfois contradictoires, il est nécessaire « d’envelopper le pied de manière ferme, homogène et confortable, déclare Hohler. Mais ce n’est possible que si l’on ajuste la chaussure aussi précisément que possible à la forme du pied. » Semelle intérieure : un appui sur mesure tout en assurant une tenue suffisante pour transmettre les forces importantes au ski, est entre-temps devenue aussi longue que celle des équipements optionnels d’un configurateur de modèle lors de l’achat d’une voiture : mousses, rembourrages, semelles, déformation et fraisage de la coque, correction des angles de la tige, et, et, et… Quelles sont les mesures qui ont le plus d’effet ? C’est ce qu’expliquent d’abord les spécialistes des chaussures de ski au cours d’une discussion assez poussée. L’étape sui vante dans le programme complet d’adaptation chez Chris Kohler est le choix du bon modèle de chaussures. Pour cela, il analyse encore une fois en détail les données des pieds et pose des questions sur la forme physique, le niveau de ski, le terrain préféré et le nombre de jours de ski par saison. Il compare encore les valeurs et les exigences avec les données des chaussures de série : taille, largeur, dureté de la coque, inclinaison de la tige… Il sélectionne ensuite la chaussure convenant le mieux parmi les modèles de plusieurs fabricants. 148 Le premier pas pour y parvenir, c’est une semelle intérieure fabriquée sur mesure. Chris sort la semelle d’un chausson, elle est fine et plate. « Pas tous les pieds ne s’adaptent à la semelle universelle fournie », précise-til. Mais ces réglages de précision apportent-il plus que quelques fractions de secondes aux meilleurs skieurs ? « Oui », répond-il en énonçant cinq avantages indéniables. « Premièrement : des pieds chauds – la circulation du sang est améliorée. Deuxièmement : une meilleure assise, qui augmente le confort. Troisièmement : une meilleure perception du ski et du terrain – ce qui procure une meilleure conduite. Quatrièmement : de meilleures performances – permettant une meilleure prise de carres et une meilleure glisse. Et cinquièmement : une économie sensible de forces – qui permet des mouvements plus harmonieux. » La liste des ajustements possibles, qui permettent au pied de garder sa liberté de mouvement naturelle « Perfect Fit ». C’est le nom de la nouvelle technologie de Head qui devrait permettre une nouvelle percée dans la précision, le confort et la tenue des chaussures. Fischer a appelé sa technologie « Vacuum Fit ». Sur le principe, le fonctionnement est simple. D’abord on chauffe la coque avec un appareil spécial à 80 degrés. Puis le skieur enfile le chausson, entre dans la coque avec lui et ferme les boucles. En cas de nécessité, les zones problématiques peuvent être munies de coussinets. La coque est ensuite ajustée aux pieds par de l’air sous pression avant d’être refroidie. Cette personnalisation ne dure que quelques minutes et peut être répétée plusieurs fois. Infos www.fischersports.com www.head.com/ski Tuning de la coque : opération à chaussure ouverte Entre-temps, la fraise numérique a fini son travail. Les semelles sur mesure sont prêtes. « Des études ont démontré qu’il est évidemment important de bien soutenir le pied, mais qu’il convient également de lui laisser un peu de liberté de mouvement » m’explique Kohler tandis qu’il effectue les derniers ajustements de la semelle en mousse avec une ponceuse. Une chaussure trop dure et trop serrée peut interrompre l’influx nerveux. On perd alors les sensations précises nécessaires pour percevoir les varia tions de surface ainsi que la charge lors de la conduite du virage. « Une chaussure de ski bien ajustée est par contre une condition essentielle pour devenir un très bon skieur. » « Allez, on les enfile » me demande Kohler. Il ne manque rien ? La coque est vide, il n’y a aucun chausson intérieur. « Ça va aller » rigole-t-il. À pieds nus dans une coque nue – c’est le meilleur moyen de vérifier la taille et d’éventuels 149 Chaussures de ski sur mesure À CONNAÎTRE La mousse qui fait rêver les skieurs : des tuyaux en plastique injectent la mousse sous pression dans un chausson intérieur spécialement conçu pour cela. Une base solide Les semelles de sport que l’on peut ajuster individuellement constituent un plus indéniable. Contrairement aux semelles livrées de série avec les chaussures de ski qui sont le plus souvent très fines et peu solides, des semelles personnalisées offrent une assise solide aux pieds et assurent une bonne tenue du talon. L’ajustement de la chaussure est donc amélioré et on évite des crampes ou une fatigue prématurée de la musculature du pied. Fabricants Superfeet, www.superfeet.com, Gecko Supply GmbH, tél. 044 273 18 01 Sidas, www.sidassport.com Footbalance, www.footbalance.com Scott, www.scottsports.com, Scott Sports SA, tél. 026 460 16 16 150 Bon ajustement : la chaussure de ski enveloppe le pied même quand les boucles ne sont que légèrement fermées. points problématiques. Règle empirique : lorsque les orteils touchent la coque, il doit y avoir de la place pour au maxi mum deux doigts derrière le talon. Pour les chaussures de randonnée, il faut au minimum un doigt et demi. Pour les skieurs très sportifs et les compétiteurs, Kohler vérifie encore le jeu entre le pied et la coque à l’avant au niveau de la base des orteils ainsi qu’aux malléoles. L’étape du choix de la chaussure est une des étapes les plus importantes puisque « une coque trop grande ne pourra pas être ajustée correctement, ni avec un chausson injecté, ni avec d’autres rembourrages. » Il est plus facile d’ajuster une coque trop étroite – en l’élargissant, en la déformant ou en la fraisant. Chris Kohler fixe ensuite la chaussure sur un étau qui ressemble à des fixations. Avec des pinces, il ouvre la coque au maximum. Ses instruments sont des pinces, des presses, différentes formes en bois et en métal, ainsi qu’une fraise portable. Une opération à chaussures ouverte. Une lampe LED met en évidence chaque angle de la chaussure. Avec la fraise, Chris effectue de petits ajustements ou élimine quelques points de pression. En cas de modifications importantes, une presse hydraulique vient en renfort. « Avec elle, je peux ponctuellement agrandir la chaussure jusqu’à 2,5 centimètres », annonce-t-il. Pour ça, la coque doit être chauffée. Cette étape est souvent faite avec un pistolet à air chaud. Il a déjà essayé. « Mais il arrive que la déformation se résorbe si la chaussure est à nouveau chauffée plus tard. Chris a donc développé un Rendez-vous avec l’anatomie : un pied de skieur est une affaire complexe. Précision : les mesures du pied reportées avec précision par l’expert sont transmises à l’ordinateur avec toutes les données nécessaires. traitement spécial : à la fin de l’opération, la coque est congelée très brusquement. Cela permet de garder la nouvelle forme durablement. Chausson intérieur : ça mousse « Bon, la soirée mousse peut commencer ! » Chris a échangé le chausson intérieur de série contre un chausson injectable. Avant de commencer la fête, il colle des cales sur les articulations et aux malléoles. « Comme ça, le chausson ne deviendra pas trop serré sous la pression de la mousse. » Le tout est recouvert d’une chaussette de ski et enfilé dans la coque. À nouveau la procédure ressemble à une opération. Des tubes sortent du chausson. Chris mélange deux types de liquides dans une bouteille qu’il fixe aux tubes qui sortent à l’arrière de la chaussure et il la secoue. Quelques instants plus tard, c’est comme si l’extrémité de mes membres inférieurs était sous presse. Une réaction chimique injecte la mousse avec une bonne pression dans le chausson. « C’est un peu comme la mousse de construction, explique Chris, elle est juste un peu moins dure ». Puis il ordonne : « Poussez ! » Oui, les chaussons injectés peuvent être comme une naissance difficile, comme deux minutes de des cente en position de recherche de vitesse. Il faut s’agripper aux poignées de l’appareil et pousser vers l’arrière pour éviter que la mousse ne se glisse derrière le talon. Quand Chris retire les tubes, des gouttes de transpiration perlent sur mon front. C’est bon ! Ce qu’il reste à faire n’est que de la routine pour Dr chaussures de ski : régler le canting, ajuster les boucles. Encore un petit coup de spray de silicone dans la coque. Ça permet au chausson de mieux glisser lorsqu’on le sort ou qu’on l’enfile. Puis, pour la dernière fois, « Enfilez-les s.v.p ! », demande Chris. Les orteils ont bien de la place, le talon est bien calé. La pression de la mousse n’est plus là. Quelques pas d’essai. Les boucles sont légèrement tendues et sont faciles à fermer avec un seul doigt. Malgré tout, la chaussure tient parfaitement. Le Dr chaussures de ski enlève sa blouse. Il ressemble de nouveau à un skieur. Et la question qui ne saurait tarder : « Quand est-ce qu’on teste les chaussures dans la neige ? » Les pieds commencent à frémir – ils se réjouissent. ✸ TextE ET PHotos Christian Penning 151