L`AFRIQUE DU SUD : BALLE AU CENTRE La pointe de l

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L`AFRIQUE DU SUD : BALLE AU CENTRE La pointe de l
L’AFRIQUE DU SUD : BALLE AU CENTRE
Recherches et écriture: LEPAC / Jean-Christophe Victor
Réalisation : Alain Jomier
Graphisme : Frédéric Lernoud
Diffusion sur Arte le 05.06.2010
Vingt ans après la fin de l’apartheid, quelle est la situation en Afrique du Sud ? Mis à l’honneur en 2010, grâce à
l’accueil de la coupe du monde de football, ce pays a-t-il vraiment chassé ses fantômes ?
européenne, descendants principalement des
La pointe de l’Afrique
Hollandais arrivés au XVIIe siècle, mais aussi des
Anglais, autres grands colonisateurs de cette
région.
8,9% sont des métis et enfin 2,6 % sont d’origine
asiatique, venus avec la colonisation anglaise pour
travailler dans le secteur minier.
Des terres abondantes et riches
L’Afrique du Sud est tout en bas du continent
africain. Ses voisins sont la Namibie, le Botswana, le
Zimbabwe et le Mozambique, plus le Swaziland et le
Lesotho, enclavés à l’intérieur de son territoire.
L’Afrique du Sud est un pays de 1 200 000 km2, la
capitale administrative est Pretoria, et le Parlement
siège au Cap.
La “nation arc-en-ciel”
L’Afrique du Sud est un pays riche, avec de grandes
zones agricoles où l’on trouve l’agriculture intensive
céréalière.
Moins connu et tout aussi important, une agriculture
de type méditerranéenne, avec de la vigne, des
légumes, des fruits et une zone de culture tropicale.
On trouve aussi de vastes zones pour l’élevage :
ovin, notamment dans l’ouest du pays, et bovin dans
le nord, sur les hauts plateaux.
Il y a 49 millions d’habitants, et on parle souvent de
«nation arc en ciel» car ces habitants ont des
origines très diverses du fait de l’histoire.
79% de la population est d’origine africaine, de
souches Bantou, Khoi et San. 9,6% est d’origine
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L’AFRIQUE DU SUD : BALLE AU CENTRE – le dessous des cartes - Diffusion sur Arte le 05.06.2010
Des mines très riches
25% du PIB du continent africain, et dans
l’économie mondiale ce pays se place à la 24e place.
La Coupe du monde de football
Ensuite, le secteur minier est très important.
L’Afrique du Sud est le 1er producteur au monde
d’or, de platine, de chrome, de vanadium ; le 2e pour
le manganèse et le titane ; le 5e pour les diamants
et le charbon.
On trouve aussi du nickel, du cuivre, de l’uranium, du
fer, du plomb, de l’antimoine, de l’étain, de l’argent
et des phosphates.
Une exception africaine ?
C’est donc ce grand pays doté d’infrastructures
modernes qui va organiser la Coupe du monde de
football de 2010.
Cette Coupe du monde sera une vitrine nationale,
mais aussi internationale, car elle se veut la Coupe
de toute l’Afrique, avec des retombées partagées
pour tout un continent, qui est toujours resté à
l’écart des méga évènements médiatiques
internationaux.
Les matchs et les supporters seront accueillis dans
10 stades qui ont été rénovés, ou construits pour
l’occasion.
Un événement symbolique
Toutes ces ressources ont permis le développement
industriel du pays dans tous les secteurs :
sidérurgie, chimie, textile, agroalimentaire,
électronique, pour en citer quelques-uns.
Ces industries se concentrent dans les villes
portuaires du Cap, de Port Elisabeth, Durban, East
London, bien connectées aux routes maritimes
internationales, mais aussi dans le Gauteng, c'est-àdire la région autour de Johannesburg, qui à elle
seule fait 40% du PNB sud-africain. D’ailleurs le
Gauteng est placé comme première place boursière
du continent africain.
En fait, l’Afrique du Sud représente à elle seule
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Parmi les stades, le plus remarquable est celui de
Soccer City, la cité du football, qui peut accueillir
plus de 90 000 spectateurs.
La symbolique du lieu est forte : le stade est à deux
pas de Soweto, une township où est né le mouvement
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anti-apartheid, et qui a accueilli le premier meeting
de Mandela, après sa libération en 1990.
Pauvreté et inégalités persistantes
Un pays riche en contradictions
Quand on regarde de plus près l’évolution du pays
depuis 15 ans, on voit que cela ne va pas en fait si
bien, et cette Coupe du monde va révéler de
nombreuses contradictions.
Déjà le budget pour l’accueil de la Coupe a plus que
décuplé : il est passé de 300 millions de $ prévus en
2004, à presque 4 milliards de $ en 2008. De plus,
le taux de chômage du pays est de 25 % dans la
population active, et la Coupe en fait ne va en
absorber que 3 %.
Le gouvernement Mbeki n’a pas su concilier
développement social et croissance économique,
alors que pourtant il avait 5 % de croissance
annuelle entre 2004 et 2008.
En fait, on a comme une économie à deux vitesses,
avec un taux d’inégalité parmi les plus élevés au
monde. 30 % de la population en Afrique du Sud vit
toujours sous le seuil de pauvreté, soit avec moins
de 2 $ par jour.
Le fléau du VIH/SIDA
L’héritage lourd de l’apartheid
L’économie garde de profondes traces des 43 ans
d’apartheid. Sur cette vue satellite du Cap, on peut
localiser les quartiers les plus pauvres. Or, ils sont
justement là où se trouvaient il y a 20 ans les
anciens townships, peuplés de Noirs et de métis.
Sur un même territoire, on est passé d’une
ségrégation raciale à une ségrégation sociale.
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Aux problèmes économiques s’ajoutent les questions
de sécurité et de santé.
La prévalence du VIH est une des plus fortes au
monde. On estime que 5,7 millions de personnes
vivent avec le virus du sida, soit plus de 10% de la
population du pays.
La Coupe du monde est d’ailleurs vue comme une
opportunité pour sensibiliser la population africaine
et internationale à la prévention.
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Cette Coupe du monde est symbolique à plus d'un titre.
Et ce d'autant plus que ce pays avait été exclu de toute compétition internationale, pendant près de 40 ans,
pour cause d'apartheid.
Il y a deux façons de voir les choses :
avec les difficultés actuelles, est-ce que ce pays a vraiment la capacité à accueillir un événement sportif d’une
telle envergure ?
Mais après tout, souvenons-nous, Athènes, la capitale de la Grèce, n'était pas prête non plus avant l'ouverture
des JO de 2004 !
La Coupe du monde va-t-elle fédérer les forces de ce pays, avec des bénéfices bien répartis, ou bien au
contraire cristalliser les mécontentements, et les faire éclater ?
Est-ce que le maintien des inégalités favorise le maintien de la question raciale ?
Ou bien est-ce que la question raciale est soluble dans la réduction des inégalités?
La Coupe du monde ne va pas régler d'un coup tous les problèmes de l'Afrique du Sud, mais elle va redorer son
image et replacer le pays, pour un temps au moins, au coeur de l'actualité internationale.
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