Faits d`hiver – Sang-froid
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Faits d`hiver – Sang-froid
Faits d’hiver – Sang-froid Durée : 52 min Fiche enseignant / Niveau avancé La vidéo est disponible sur francolab.tv5.ca Thèmes L’hiver, le froid, la neige, le déneigement, les tempêtes, le verglas, le blizzard, certaines activités pratiquées en hiver : piloter un avion, faire du vélo et pagayer sur le fleuve. Concept La série documentaire Faits d’hiver traite des défis de taille que pose notre climat hivernal en même temps qu'elle rend hommage à tous ceux et celles qui, par leur travail acharné, nous permettent de continuer de vivre normalement malgré les intempéries. Contenu Synopsis : L’épisode intitulé Sang-froid, de la série documentaire Faits d’hiver, s'articule autour de plusieurs personnages que nous suivons au cœur de l'action, en pleine tempête. Que ce soit à terre ou dans les airs, une poignée de gens bravent la tempête et se risquent aux commandes d'un avion, d'un vélo ou de machines de déneigement. Tandis que la neige tombe, les caméras filment la réalité de ces gens qui ne font jamais les manchettes, parce que leur réalité, aussi extraordinaire soit-elle, est trop habituelle. N'en demeure pas moins que, le temps d'une tempête, ils sont tous les héros de quelques faits d’hiver! La transcription est disponible p. 15. Objectifs Niveau avancé • Objectifs pragmatiques : - trouver des liens entre plusieurs photos - échanger des idées sur le thème de l’hiver - faire des hypothèses sur le contenu du film à partir de son titre - comprendre des jeux de mots - connaître certains faits découlant des intempéries hivernales Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 1 sur 37 • Objectifs linguistiques : - enrichir son vocabulaire sur le thème de l’hiver - comprendre des expressions et des jeux de mots - se familiariser avec des mots en lien avec l’aéronautique • Objectifs socioculturels : - se familiariser avec le climat hivernal canadien - découvrir des métiers où les gens doivent affronter le froid et les tempêtes - se familiariser avec des techniques de déneigement - connaître des aspects de certaines villes du monde durant la saison hivernale - connaître des festivals hivernaux ACTIVITÉ 1 Pour commencer Vocabulaire et discussion Approche enseignant Avant de montrer le reportage, faites observer ces photos. Invitez les apprenants à dire ce que chacune d’elles représente et ce qu’elles ont en commun. Ensuite, animez une discussion sur ce que les apprenants connaissent ou imaginent en lien avec certains aspects de l’hiver. Discussion en grand groupe. Pistes de correction / Corrigés 1. Photos 1 : une souffleuse Photo 2 : un avion sur une piste enneigée Photo 3 : des rameurs sur un fleuve ou une rivière gelée Photo 4 : un cycliste dans la neige et des piétons qui traversent une rue Toutes les photos ont la neige en commun. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 2 sur 37 2. - les activités sportives pratiquées dehors l’hiver : le ski de randonnée, le ski alpin, la raquette, la motoneige, le patinage, le toboggan, la luge, le chien de traineau, etc. - les tempêtes de neige : le froid, la poudrerie, les bancs de neige (congères), la glace, etc. - les dangers que peuvent causer les tempêtes de neige : des accidents de la route, des problèmes de visibilité, des chutes : tomber sur la glace, des engelures, de l’hypothermie, des pannes électriques, etc. - les conséquences des tempêtes de neige : la fermeture des écoles, la fermeture des routes, des hôpitaux engorgés en raison des blessés victimes des tempêtes, des spectacles annulés, des bris de bâtiments, des coupures d’électricité, etc. - les métiers qui peuvent exiger de plus grands défis l’hiver : coursiers à vélo, pilotes d’avion, conducteurs, contrôleurs aériens, ouvriers et machinistes qui travaillent dehors, etc. - le déneigement : pelle, souffleuse, sel, sable, antigel, etc. ACTIVITÉ 2 Écoute, vocabulaire et discussion Approche enseignant Montrez la première minute du reportage et demandez aux apprenants de répondre aux questions. Correction en grand groupe. Pistes de correction / Corrigés 1. Réponses personnelles 2. a. Quelle comparaison fait-on entre le Québec et d’autres régions du monde ? Au Québec, il fait parfois plus froid qu’en Sibérie et il tombe plus de neige qu’à Oslo, Stockholm et Helsinki. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 3 sur 37 b. Quel ton donne la musique ? La musique donne un ton dramatique et intense aux images déjà assez évocatrices du froid. c. Quelles images voyez-vous ? On voit des images de : tempêtes de neige, poudrerie, froid, glace, souffleuse, déneigeuse, avion, pilotes, vélo, cycliste, canot, rameurs, voitures, monteur de lignes, piétons, camion, rues et édifices. 3. Expressions et explications en contexte : - Faire un pied de nez : Geste de dérision que l’on effectue en plaçant le pouce sur le nez et en écartant les autres doigts. Ce geste symbolise une distance en mettant ses mains sur son nez, pour se moquer de quelqu’un ou de quelque chose (dans ce cas-ci, on se moque de la neige) et lui signifier qu’on a volontairement mis une distance entre ses espoirs et la réalité. Dans ce documentaire, on a défié la neige et les tempêtes, on a fait un pied de nez aux rigueurs de l’hiver. - Pure laine : Au sens littéral, cela veut dire « qui ne contient que de la laine », donc pur, authentique. Au sens figuré, cette expression désigne les Québécois dont les ancêtres remontent aux colons français d’avant la Conquête (1760), par opposition aux immigrants ultérieurs et à leurs descendants. Cette appellation est parfois interprétée comme patriotique. Synonyme : pure souche. 4. Idées de titre pour cette séquence : Faits d’hiver, Sang-froid, Les dangers de l’hiver, Froid intense, La vie en hiver, L’hiver nous rend la vie dure, Catastrophes hivernales, etc. Sujet traité : Le sujet traité dans le film sera l’hiver et sa rudesse. Idées pour la suite du film : La suite du film abordera les thèmes reliés aux intempéries de l’hiver. On y découvrira comment les habitants des pays froids s’organisent pour passer l’hiver et comment ils font face aux difficultés de la saison. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 4 sur 37 5. Titre du film (1 min 06 s) : Fait d’hiver / Sang-froid. Emploi et jeux de mots : - Faits d’hiver est un jeu de mots qui se prononce exactement comme faits divers, qui signifie un évènement peu important, mais rapporté dans les journaux. Dans ce film, on traite de l’hiver et de plusieurs personnages que nous suivons au cœur de l'action, en pleine tempête. - Sang-froid : L’expression Avoir du sang-froid ou Garder son sang-froid signifie « rester calme en toutes circonstances ». C’est une manière de mettre en parallèle le climat froid et l’importance de rester calme, malgré les intempéries de l’hiver. C’est aussi un hommage au sang-froid des différentes personnes qui œuvrent jour et nuit pour que les conditions difficiles de l’hiver n’affectent pas la vie quotidienne des citoyens (pilotes d’avion, employés municipaux, monteurs de lignes…). ACTIVITÉ 3 Écoute et discussion Approche enseignant Montrez le début du reportage (1:06 à 7:10). Demandez aux apprenants de remplir le tableau en relevant le plus d’informations possible. Ensuite, invitez-les à raconter la pire tempête de leur vie, que ce soit une tempête de neige, une averse de pluie, des vents violents, etc. Correction en grand groupe. Pistes de correction / Corrigés Conséquences des tempêtes de neige Par exemple : des accidents - Impatience de la part des habitants Perte de sang-froid Disputes Accusations Altercations Arrestations Vols de souffleuses Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 5 sur 37 Les dangers des toits enneigés Par exemple : l’effondrement des toits en raison d’une neige trop lourde et abondante - Les abris temporaires (Tempo) ont plié les premiers sous le poids de la neige Les arénas (patinoires couvertes), les entrepôts et les écoles ont dû être évacués pour enlever la neige dense et lourde sur les toits. Trois femmes sont décédées dans l’effondrement d’un entrepôt à Morin-Heights, au Québec Un homme a perdu la vie dans l’effondrement de sa maison, à Shawinigan (en Mauricie au Québec) Les particularités du Vieux-Québec l’hiver Par exemple : les toits de tôle des maisons du Vieux-Québec sont difficiles à déneiger - On doit monter sur les toits munis de harnais pour ne pas tomber. Quand on pellette les toits, la neige tombe directement sur les trottoirs, car il n’y a pas d’espace. Les toits sont en taule. Il y a une escouade des neiges qui déneige les toits en toute sécurité Le stade olympique de Montréal l’hiver Par exemple : le stade est fermé l’hiver, de décembre à avril, par mesure de sécurité - La toile du toit du stade s’est fendue, mais il n’y a eu aucun blessé. 1 650 tonnes de neige se sont écrasées dans le stade en 1998. On a construit un autre toit depuis que la toile s’est fendue. Le stade reste fermé de décembre à avril. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 6 sur 37 ACTIVITÉ 4 Écoute et vocabulaire Le milieu aéroportuaire Approche enseignant Montrez les 17 minutes au milieu du reportage (7:11 à 24:20) et demandez aux apprenants de répondre aux questions. Correction en grand groupe. Pistes de correction / Corrigés 1. Que nous apprend Sylvain Marchand, directeur adjoint à l’entretien des terrains de Dorval, au sujet … - des lignes-guides ? Il est important de les dégager, car ce sont elles qui permettent aux avions de se repérer. Les lignes-guides, c'est une référence pour les avions. Il y a une distance sécuritaire de part et d'autre de cette ligne qui va guider les avions jusqu’à bon port. du nombre de mètres carrés de pistes à déneiger ? Il y a 2 millions de mètres carrés en tout. du verglas ? Il entraîne les pires conditions. C’est glissant. des produits pour aider au freinage ? Ils coûtent cinq fois plus cher que le sel ou le sable. de ce qu’il pense de son travail après 25 ans ? Après 25 ans, il est encore épaté. C’est beau. C’est magique. C’est structuré. - 2. Questions au sujet des équipements et des produits de déneigement : - Comment appelle-t-on les gros camions conçus spécialement pour le déneigement des pistes d’aéroport ? D’où leur vient ce nom ? On les appelle les « oshkoshs » du nom d'une petite ville dans le comté de Winnebago, au Wisconsin, aux États-Unis. - Quelle est la largeur des grattes ? À quelle vitesse roulent-elles ? Les grattes ont plus de 7 m de large. Elles roulent à 60 km/h. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 7 sur 37 - De combien de tonnes de neige une souffleuse peut-elle débarrasser les pistes à la minute ? Une souffleuse est capable de débarrasser les pistes de presque 100 t de neige à la minute. - Quel est le seul produit qui est autorisé à être appliqué sur les pistes glacées et enneigées, peu importe les aéroports ? Le formiate de sodium est le seul produit qui est autorisé à être appliqué. - Comment ce produit-là agit-il sur la neige ? Ce produit agit un peu comme un effet de papier sablé (papier émeri) qui ne va pas nécessairement faire fondre la neige, mais qui va donner un meilleur indice de freinage. - Comment ce produit agit-il sur la glace ? Ce produit va rendre la glace plus molle, plus facile à enlever. 3. Expressions et vocabulaire qui prouvent que Guillaume Payeur, technicien en dégivrage, est passionné par son métier (14:23) : - Cette machine-là, c’est un vrai petit bijou. Une job qui est tripante (familier : qui fait naître des émotions positives, qui est excitant) ! C’est génial ! 4. Propos des deux jeunes pilotes, Sébastien Bartczak et Loïc Martin, au sujet … - du froid sur la performance des avions: Les conditions hivernales sont très intéressantes pour la performance des avions. Plus l’air est froid et plus les avions sont performants. - des dangers encourus dans leur travail en raison des intempéries de l’hiver : Il faut faire attention à tout ce qui est givrage d'aéronef. La pluie verglaçante devient embêtante dans ces moments-là. Il y a aussi les brouillards de glace. Dans le froid, il faut faire plus attention. Il peut y avoir des fuites hydrauliques et il faut donc être particulièrement attentif à ces choses-là avant de partir. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 8 sur 37 ACTIVITÉ 5 Écoute et discussion Les festivals hivernaux Approche enseignant Montrez quelques minutes vers la fin du reportage (40:42 à 42:52) et demandez aux apprenants de répondre aux questions au sujet du Festival de la neige de Sapporo et du Carnaval de Québec. Animez ensuite une discussion sur les connaissances de chacun au sujet de festivals qui se déroulent l’hiver. Correction et retour en grand groupe. Pistes de correction / Corrigés SAPPORO 1. Combien tombe-t-il de neige par hiver à Sapporo ? Il y tombe 6 mètres de neige par hiver. 2. Si on la compare à la ville de Québec, combien de neige y tombe-t-il en plus ? Il y tombe deux fois plus de neige qu’à Québec. 3. À quelle ville est-elle similaire par sa taille ? La taille de Sapporo est similaire à celle de Montréal. 4. En quoi est-elle unique sur la planète ? Sapporo est la grande ville la plus neigeuse de la planète. 5. Qu’a fait le maire Fumio Ueda pour simplifier la vie de ses concitoyens l’hiver ? Le maire Fumio Ueda a muni sa ville d'un vaste système de chauffage souterrain concentré dans 300 secteurs névralgiques. 6. Combien de visiteurs le Festival de la neige de Sapporo attire-t-il chaque année ? Le Festival de la neige de Sapporo attire deux millions de visiteurs chaque année. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 9 sur 37 CARNAVAL DE QUEBEC 1. De quelle année le Carnaval de Québec, tel qu'on le connaît, date-t-il ? Le Carnaval de Québec tel qu'on le connaît date de 1955. 2. À quand remonte la tradition de fêter l’hiver à Québec ? La tradition est vieille de 100 ans, sinon plus. 3. À l’époque païenne, qu’est-ce que les gens vénéraient davantage que la naissance du Christ ? À l’époque païenne, les gens vénéraient les saisons plutôt que de célébrer la naissance du Christ. 4. Quelle occasion le Carnaval de Québec offrait-il aux catholiques ? Pour les catholiques, le Carnaval est devenu une dernière occasion de bombance avant d'entrer dans la maigre période du carême. 5. Quelles activités le Carnaval de Québec offre-t-il aujourd’hui ? Faire la fête dans le froid toute la nuit, prendre un bain de neige à la manière des Scandinaves, participer à une course en canot sur la glace, dormir dans un hôtel de glace. 6. Qu’est-ce qui pourrait entrer au patrimoine de l'UNESCO ? Participer à une course en canot sur la glace, une tradition unique qui pourrait d'ailleurs entrer au patrimoine de l'UNESCO. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 10 sur 37 ACTIVITÉ 6 Bilan Approche enseignant Après avoir montré le reportage en entier, demandez aux apprenants d’écrire un mot qu’ils ont appris et d’expliquer sa signification sur une feuille. Vous lirez ensuite les mots à voix haute et demanderez aux apprenants du groupe s’ils le comprennent. Dans le cas où le mot ne serait pas clair, invitez l’apprenant qui l’a écrit à mieux l’expliquer. Ensuite, ils doivent répondre à des questions à choix multiple sur le contenu général du film. Correction et retour en grand groupe. Pistes de correction / Corrigés 1. Pourquoi la toile du stade olympique de Montréal s’est-elle fendue ? (06:15) a. À cause du vent b. En raison d’averses de grêle. c. Elle était trop fragile et elle n’a pas pu supporter les 1 600 tonnes de neige qui la recouvraient. 2. Combien y a-t-il d’employés d’entretien à l’aéroport de Dorval ? (09:57) a. 75 b. 110 c. 210 3. Les avions sont plus performants au froid. (22:51) a. Vrai b. Faux c. On ne le dit pas 4. Quel est le plus grand danger quand on pilote l’hiver ? (14:18) a. Les nuages b. La glace sur les carlingues c. Le froid extrême Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 11 sur 37 5. Que s’est-il passé à Washington le 13 janvier 1982 ? (18:23) a. Un avion s’est écrasé à cause du blizzard. Il n’y a eu aucun survivant. De plus, un camionneur a perdu la vie, car il se trouvait sur la route au moment de l’écrasement. b. Un avion s’est écrasé en percutant un pont. Il n’y a eu que cinq survivants. De plus, quatre automobilistes, qui se trouvaient sur ce pont, ont perdu la vie. c. Un avion a dû atterrir d’urgence sur une autoroute en raison des vents violents. Il n’y a aucun mort, mais plusieurs blessés. 6. Que s’est-il passé lors du Big Freeze en 2009, en Europe ? (21:20) a. Les automobilistes ont été paralysés pendant des heures dans le tunnel sous la Manche. b. Il y a eu une vague de froid (-20 degrés C) qui a duré trois jours au nord de l’Angleterre et en Irlande. c. Il y a eu des vents de 105 km heure qui ont détruit plusieurs toits de bâtiments en Angleterre. 7. Que dit René Héroux, météorologue pour environnement Canada ? (24:35) a. Les changements climatiques rendent le climat canadien plus doux. b. En raison de l’humidité, on a l’impression qu’il fait plus froid dans l’est que dans l’ouest du pays. c. Les gens sont moins tolérants que leurs ancêtres avec mère Nature. 8. Qu’a promis Iouri Loujkov aux Moscovites ? (25:26) a. D’installer des trottoirs chauffants b. D’enrayer les tempêtes c. De créer le « Festival de la plus grosse boule de neige » 9. Qu’est-ce que le nordet ? (31:37) a. Un vent qui vient du nord-est. b. Une neige fondante. c. Une pluie froide venue du nord-est. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 12 sur 37 10. Quand il fait frette, c'est …. (32:46) a. très glacé. b. plus froid que froid. c. humide et froid. 11. À Montréal, on peut circuler dans le plus grand complexe souterrain de la planète sans sortir le bout de son nez. Combien de kilomètres la ville souterraine couvre-t-elle ? (33:43) a. 15 b. 21 c. 30 12. Combien y a-t-il de coursiers à vélo à Montréal ? (34:54) a. 100 b. 200 c. 300 13. Quels sont les avantages de faire du vélo l’hiver ? (35:30) a. L’air est moins pollué que durant la saison chaude. b. Les cyclistes passent pour des braves. c. Il y a moins de monde sur les pistes cyclables. 14. Quels sont les inconvénients de faire du vélo l’hiver ? (36:33) a. Il y a de la neige, de la gadoue et du calcium. b. Les automobilistes sont plus dangereux. c. Le vent est plus froid et on pédale moins vite. 15. L’hiver ralentit les affaires des messagers à vélo. (39:00) a. Vrai b. Faux c. On ne le dit pas. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 13 sur 37 16. Quelle est la ville où il tombe le plus de neige au monde ? (40:45) a. Helsinki b. Sapporo c. Québec 17. Le Carnaval de Québec permet … (42:30) a. de s’encabaner. b. d’affirmer la nordicité des Québécois. c. de faire des batailles de boules de neige. 18. De la Confédération jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, qu’est-ce qui a permis l'immense majorité des grands déplacements canadiens ? (43:37) a. Les avions b. Les bateaux c. Les trains 19. Que dit Sylvain Marchand, directeur adjoint à l’entretien des terrains de Dorval, au sujet de l’aéroport de Dorval ? (47:11) a. Il dit que c’est très dangereux d’entretenir les pistes de l’aéroport, surtout l’hiver. b. Il dit que les conditions hivernales découragent les employés de l’entretien au sol. c. Il dit qu’il est reconnu internationalement pour sa capacité à gérer le climat hivernal et à ne jamais fermer l’hiver. 20. On surnomme les voyageurs saisonniers des … (48:48) a. snowbirds. b. oiseaux d’hiver c. oiseaux migrateurs. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 14 sur 37 TRANSCRIPTION [NARRATEUR] En haut du 45e parallèle, au nord du Nord, au Québec, il fait très froid, parfois autant qu'en Sibérie, et il neige beaucoup, plus qu'à Oslo, Stockholm, Helsinki. Chez nous, les premières neiges servent d'avertissement. Ce qui était déjà risqué devient désormais casse-cou. Le temps des prouesses est pour l'instant terminé. Pour quelques semaines, c'est l'hiver qui aura le monopole du spectacle. Que ce soit à terre, sur mer ou dans les airs, malgré tout, une poignée de gens se risquent aux commandes d'un avion, d'un vélo ou d'un canot, ils bravent la tempête. C'est comme faire un pied de nez à la saison, lui dire : « Rien ne m'arrête ». Le froid, la neige, c'est dans notre ADN, et survivre à notre climat nordique nous rend fiers. C'est pourquoi, dans nos histoires « pure laine », nous sommes les héros des faits d'hiver. 00:01:20 Deux semaines avant le printemps 2008, le Québec n'est pas triste de dire au revoir à un hiver particulièrement neigeux. Déjà quatre tempêtes majeures se sont abattues sur Montréal, et six sur Québec. Mais personne ne se doute que le pire est encore à venir, sinon les Américains. Le 6 mars, des tornades balaient le sud des États-Unis. Le Texas d'abord, puis la Floride et la Géorgie. Au fur et à mesure que la grave perturbation grimpe vers le nord, les pluies torrentielles qui accompagnent les vents violents se transforment en neige. L'Arkansas, le Tennessee et l'Ohio n'avaient pas été aussi blancs depuis longtemps. Chez nous, on peut oublier le printemps… pour l'instant. 00:02:07 La tempête atteint Ottawa le 7 mars en après-midi, puis Montréal en début de soirée, avant de recouvrir l'est de la province durant la nuit. Durant la journée du 8 mars, en à peine 24 heures, elle laisse de 30 à 50 cm de neige sur le sud-ouest du Québec, particulièrement touché. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 15 sur 37 00:02:25 [GÉRALD TREMBLAY, ancien maire de Montréal] J'ai vu tôt ce matin beaucoup de citoyens et citoyennes marcher dans la rue. Alors, il faut être très, très, très prudent, surtout qu'il faisait noir. Et deuxièmement, prenez le transport en commun. 00:02:35 [NARRATEUR] Ces chutes de neige ne menacent pas les records journaliers, mais si tard dans l'année, il en est rarement tombé autant. Et en termes d'accumulations saisonnières enregistrées, Québec, TroisRivières et Mirabel établissent facilement de nouveaux jalons. Ce n'est peut-être pas la tempête du XXIe siècle, mais c'est certainement l'hiver du nouveau millénaire. 00:02:55 - Ça fait 3 h 20 que je suis stationné ici, que j'attends après une remorque. 00:03:02 [NARRATEUR] Dire que le quotidien des Québécois a été perturbé serait un euphémisme. D'une part, la circulation automobile est rapidement devenue périlleuse. Les réserves d'abrasifs s'amenuisant, les autorités ont dû se résoudre à en rationner l'utilisation, et les décharges à neige débordant, la voirie a été forcée de ralentir ses opérations de déneigement, empirant d'autant la situation. 00:03:24 D'autre part, en cette toute fin d'hiver, la tempête tardive a provoqué une exaspération généralisée à l'origine de nombreux incidents regrettables : accrochages entre clients et détaillants, dont les stocks de sel fondant et de pelles étaient épuisés ; escarmouches entre citoyens et cols bleus, rapidement pointés du doigt pour l'embourbement des rues ; et anicroches entre voisins, dont les terrains débordaient de part et d'autre. Les services de police rapportent même quelques arrestations pour vol de souffleuses. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 16 sur 37 00:04:01 Les souffleuses ne sont pas très utiles quand vient le temps de déneiger les toits, qui sont inévitablement fragilisés lorsqu'il neige autant. En 2008, les abris temporaires sont les premiers à avoir plié sous le poids de la neige. Puis, les toits permanents, pourtant plus robustes, ont commencé à fléchir. Conséquemment, de nombreuses structures de grande étendue – des arénas, des entrepôts et des centres commerciaux – ont dû être évacuées. Puis, les autorités ont été forcées de fermer des centaines d'écoles pour donner la chance aux travailleurs d'enlever la neige lourde et dense des toits. Au final, l'accumulation de neige a causé l'effondrement d'une douzaine de toitures. Malheureusement, trois femmes ont péri dans un petit entrepôt à Morin-Heights alors qu'un homme a subi le même sort dans sa demeure de Shawinigan, tout juste après avoir conduit le reste de sa famille à l'abri, dehors. 00:04:58 Quand les précipitations sont abondantes, le déneigement des toits devient une nécessité, d'autant plus pressante quand les constructions sont anciennes et que les toitures surplombent le trottoir. 00:05:12 Québec est justement reconnue pour ses hivers particulièrement neigeux et ses bâtisses Nouvelle-France qui donnent directement sur ses rues étroites. 00:05:27 Bref, les toitures de la Vieille Capitale ne sont pas tout à fait idéales pour notre climat. Les déneiger, c'est de l'acrobatie, un vrai cirque hivernal. 00:05:36 [VINCENT GOUDREAULT, déneigeur de toitures, Escouade des Neiges] Dans le Vieux-Québec, il y a beaucoup de toitures en tôle, puis les toitures donnent directement sur les trottoirs. Donc, quand il y a une grosse tempête de neige, la neige s'accumule dans les arrêts neige et il faut déneiger avant que ça tombe sur les passants. 00:05:53 [NARRATEUR] Mais de la Nouvelle-France jusqu'à nos jours, les toits du Vieux-Québec ont résisté aux assauts de l'hiver. On ne peut pas en dire autant du toit du Stade olympique de Montréal, conçu par Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 17 sur 37 l'architecte français Roger Taillibert, dont le concept révolutionnaire n'était pas, a posteriori, tout à fait adapté à notre réalité hivernale. 00:06:16 À la fin de 1998, il y avait une épaisse accumulation de neige sur la toile, de la fibre de verre tissée recouverte de téflon sur laquelle, au départ, personne n'était supposé s'aventurer. Le 18 janvier 1999, la toile a fendu, déchiré, cédé. 1650 t de neige se sont alors écrasées dans le Stade pendant qu'on y préparait le Salon international de l'Auto. Heureusement, personne n'a été blessé. Mais depuis, on a installé un autre toit et un système de fonte de la neige constitué d'énormes ventilateurs. Mais par mesure de sécurité, le stade reste fermé de décembre à avril. Normal, peut-être, pour un stade conçu spécialement pour les Jeux olympiques d'été et une équipe de baseball qui a, depuis, pris la direction du Sud. 00:07:14 Il est compréhensible que certains fuient le pays quand il y tombe autant de neige. Les agences de voyages ont d'ailleurs confirmé que l'hiver désastreux de 2007-2008 avait occasionné une forte croissance dans l'industrie. Un nombre record de Québécois affligés par la neige ont pris le chemin de ce qu'on appelle les destinations soleil. 00:07:36 Il va sans dire qu'une tempête comme celle du 8 mars affecte les transports aériens, d'abord et avant tout parce que la réduction de la visibilité complique les manœuvres. Tant que les pilotes peuvent voir jusqu'à 10 kilomètres devant eux, il n'y a pas de problème. En deçà de ce seuil, voler se complique un peu. Mais sous un demi-kilomètre de visibilité, lors d'un épisode de neige forte, les avions qui réussissent à décoller sont pilotés aux instruments. À moins d'un quart de kilomètre de visibilité, la situation devient critique. La plupart des avions restent cloués au sol. Deux heures durant, dans la soirée du 8 mars 2008, c'est la situation qui a prévalu à l'Aéroport international PierreElliott-Trudeau de Montréal. Malgré les retards inévitables, l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal n'a pourtant jamais cessé d'opérer. Un exploit. Cette ténacité face à la tempête, c'est la fierté de Sylvain Marchand, directeur adjoint à l'entretien des pistes. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 18 sur 37 00:08:35 [SYLVAIN MARCHAND, directeur-adjoint, entretien des terrains – Aéroport Montréal-Trudeau] Je suis Sylvain Marchand, chef de section pour Aéroports de Montréal à l'entretien des terrains. Ce qui est particulier, ici, à Montréal-Trudeau, c'est le type de neige qu'on peut recevoir. Il peut tomber 10 cm de neige à -10, -12, puis 8 heures après, bien, il mouille. Ça commence avec une pluie verglaçante, puis on se ramasse avec une pluie diluvienne. C'est pour ça qu'au fil des années, bien on a remplacé la flotte de véhicules par des équipements hyper-performants. Ça, ça nous aide, dans le fond, à répondre aux nouveaux besoins, le nouveau climat qu'on vit ici à Montréal. Déjà, on vivait des grosses tempêtes de neige. Maintenant, on vit une petite tempête de neige mélangée avec de la pluie, du grésil, de la pluie verglaçante. Donc, ça nous a portés à ajuster le type de véhicule qu'on ajoutait dans notre flotte. 00:09:19 [NARRATEUR] Montréal-Trudeau, c'est trois pistes permettant à 40 transporteurs aériens de faire voyager 14 millions de passagers par année vers 120 destinations. Troisième en importance au Canada et 35e en Amérique du Nord, il n'est ni petit ni géant. 00:09:41 Dans la catégorie des grands aéroports, il a récemment reçu le prestigieux prix Balchen/Post pour l'excellence de sa performance en matière de contrôle de la neige et de la glace. C'était en 2008. L'honneur, partagé par 110 employés d'entretien, était effectivement bien mérité. 00:10:09 Ces mastodontes, on les appelle "oshkoshs", du nom d'une petite ville dans le comté de Winnebago, au Wisconsin. On y construit de gros camions. Certains sont destinés à un usage militaire, et les plus grandes armées du monde s'en servent. Les autres sont spécialement conçus pour le déneigement des pistes d'aéroport : des grattes de plus de 7 m de large qui roulent à 60 km/h et des souffleuses capables de débarrasser les pistes de presque 100 t de neige à la minute. Pour permettre 700 décollages et atterrissages par jour, Montréal-Trudeau s'est doté du nec plus ultra. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 19 sur 37 00:10:46 [SYLVAIN MARCHAND] Ici, à Dorval, on tourne par équipes. On travaille sur deux quarts de travail. Il y a 25 opérateurs d'équipement lourd. J'ai 6 opérateurs d'équipement léger et 8 journaliers par équipe qui travaillent ici à Dorval. Donc, on tourne autour d'à peu près 40 pièces d'équipement lourd et léger, là, mélangées. 00:11:13 Le type de précipitations qui est plus dur pour nous puis pour les aéronefs, c'est le verglas. Je te dirais même que des fois, une tempête avec un vent, on aime ça. Mais une précipitation en continu, une précipitation légère… On vient de faire une intervention sur la piste, puis dix minutes après, c'est blanc comme c'était auparavant, c'est frustrant. T'en viens pas à bout puis c'est tout le temps glissant. 00:11:38 Le seul produit qui est autorisé à appliquer, peu importe les aéroports, ça s'appelle du formiate de sodium. C'est un produit extrêmement coûteux, probablement cinq fois plus cher que le sel de calcium qu'on met sur les rues. Ce produit-là va agir un petit peu comme un effet de papier sablé qui ne va pas nécessairement faire fondre la neige, mais il va nous donner plus d'indice de freinage quand on va libérer la piste. Dans une situation de verglas, évidemment, ce produit-là va agir comme fondant. Il va rendre la glace plus molle, plus facile à enlever. 00:12:21 - Le banc de neige derrière le 86, il est prêt à charger. Est-ce qu'il y a quelqu'un pour charger ça? - Barrière 86. 00:12:32 Dans une température comme ça, le problème qu'on vit – on le voit un petit peu ici – c'est les lignes-guides. Les lignes-guides, c'est une référence pour les avions. Les avions se fient làdessus. C'est une ligne qui est tracée, puis il y a une distance sécuritaire de part et d'autre de cette ligne-là qui va guider les avions à bon port. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 20 sur 37 Nous, ce qu'il faut, c'est mettre de l'emphase à dégager ces lignes-guides. Ici, à Dorval, si on parle de superficie totale qu'on a à déneiger, ça peut représenter Montréal-Québec aller-retour. On n'est pas loin du deux millions de mètres carrés en tout. Ça fait 25 ans que je suis ici, puis je suis encore épaté, étonné. À chaque fois que je vois les opérations, autant de déneigement que de voir un avion décoller, là, c'est tout le temps… C'est beau. Ce que ça peut représenter, qu'on voit, voir ça aller, c'est quasiment magique, là. Tu sais, c'est structuré… Les gens suivent. Chacun sait ce qu'il a à faire. Il y a pas de discussion dans la radio pour rien. C'est des procédures établies depuis longtemps, puis les gens savent ce qu'ils ont à faire. 00:13:44 (Après la pause) >> Les conditions hivernales, c'est très intéressant pour la performance des avions. Quand l'air est froid, les avions sont beaucoup plus performants. Par exemple, il faut faire attention à tout ce qui est givrage d'aéronef. La pluie verglaçante devient embêtante à ces moments-là, les brouillards de glace… 00:14:18 [NARRATEUR] La neige sur les pistes et la visibilité restreinte ne constituent pas les seuls obstacles à l'aviation hivernale. En fait, c'est la glace qui se forme sur les carlingues qui pose le plus grand danger. Autrefois, un manche à balai suffisait pour déglacer les avions. Aujourd'hui, les normes de sécurité exigent des chefs-d'œuvre d'ingénierie pour venir à bout de la glace. C'est la spécialité de Guillaume Payeur, technicien en dégivrage pour Aéro Mag 2000. 00:14:45 [GUILLAUME PAYEUR, technicien en dégivrage – Aéro Mag 200] Ici, à Montréal, on opère deux types de camions de dégivrage. Le premier, ici, qui est légèrement moins compliqué à conduire, on appelle ça un « Éléphant M-Y ». C'est une excellente machine. Ça, ici, c'est l'autre machine qu'on utilise. Ça, c'est « the machine ». Éléphant Bêta. Encore le même constructeur, mais c'est Volvo qui fait le châssis. Cette machinelà, c'est un vrai petit bijou. Les installations que vous voyez ici, le garage qu'on a, les types de Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 21 sur 37 camions qu'on a, vous voyez, c'est vraiment de la machinerie de fine pointe. C'est normal, avec les hivers qu'on a au Québec. C'est génial, là. C'est vraiment une job qui est tripante. 00:15:27 Ça fait que je vais remplir l'eau dans le camion, type un, qui est notre liquide de dégivrage. Ça fait qu'on mélange de l'eau avec le type un. Plus il fait froid, plus on met de type un dans notre mélange ; plus il fait chaud, plus on peut mettre de l'eau, tout simplement. Et puis aujourd'hui, on est à 30 % de type un avec 70 % d'eau. 00:15:52 Ils annoncent encore un 10 à 15 cm d'ici la fin de la soirée, ça fait qu'on va y goûter, là. 00:16:20 Ça fait qu'on peut pas « shooter » directement sur les portes puis sur les hublots. Les portes… L'avion est pas pressurisé au sol. Il y a certaines portes où il y a danger, peut-être, que le glycol pénètre à l'intérieur. Les hublots, les vitres, c'est des chocs thermiques. On peut faire craquer, fendiller les vitres, ça fait qu'on essaie d'éviter ça. - On a 5 baies de dégivrage. On peut avoir cinq avions en même temps. Sur chaque avion, il y a un chef de baie. Et puis là, les chefs de baie, ils parlent à Aessas. Aessas, il travaille dans la tour de contrôle, et c'est le chef des chefs de baie, si on veut. C'est très occupé, mais on essaie de faire notre possible avec les camions qu'on a dehors. La plupart du temps, ça se passe très bien. On risque d'en dégivrer environ 115, 120. 00:17:20 [NARRATEUR] Le liquide dont on arrose les avions s'apparente à l'antigel utilisé dans les voitures. Afin d'éviter le gaspillage de l'agent actif, le glycol, non seulement on ajuste constamment le mélange selon la température, mais une partie du liquide dégivrant est aussi récupérée, recyclée et entreposée. - Il enlève la glace. Il y en un petit peu ici. On la voit tomber. - On essaie d'avoir l'avion comme quand il est sorti de l'usine, là, tout propre, clean. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 22 sur 37 00:17:48: [NARRATEUR] À l'extérieur, les avions font la file pour prendre une douche d'antigel. La scène peut paraître loufoque, mais la procédure est sérieuse. La sécurité des passagers et de l'équipage est en jeu. Si la glace peut effectivement alourdir un aéronef, les perturbations dans l'aérodynamisme comportent un bien plus grand risque. Quand l'appareil est recouvert ne serait-ce que d'une fine couche de glace, l'ascension et le maintien de l'altitude deviennent plus ardus. Pour assurer un meilleur support aérien, le pilote doit conséquemment ouvrir les ailes, qui risquent dès lors d'accumuler plus de glace. C'est un cercle très vicieux. 00:18:27 Le 13 janvier 1982, un Boeing 737 d'Air Florida décolle de Washington, la capitale américaine. Dès son envol, l'avion fait face à la tempête. Les manœuvres sont difficiles. Le commandant est pratiquement incapable de piloter. L'appareil chute rapidement et se brise dans les eaux glacées du Potomac. Sur les 79 occupants, seuls cinq survivent. Pire, dans sa descente, l'avion percute un pont et happe sept voitures qui le traversaient. Quatre automobilistes qui ont eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, perdent la vie. Après son enquête, le National Transportation Safety Board déterminera que les pilotes auraient dû renoncer au vol après avoir remarqué des accumulations de neige et de glace sur l'appareil, qui l'ont empêché de s'élever normalement. 00:19:24 L'hiver tel qu'on le connaît aiguise la patience. On doit attendre quelques heures pour que la tempête soit passée et qu'on puisse « sécuritairement » décoller, quelques jours pour que la rue soit déneigée et qu'on puisse mieux circuler, quelques semaines pour que les dernières neiges fondent et qu'enfin revienne l'été. L'hiver aiguise autrement la patience des enfants, qui ont bien plus hâte à Noël qu'au printemps. 00:19:55 Même les réjouissances de la période des fêtes ne peuvent être tenues pour acquises. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 23 sur 37 En Europe, un dérèglement climatique a bien failli gâter Noël 2009 pour les plus petits comme pour les plus grands. Ce que les météorologues appellent l'oscillation arctique a en effet provoqué des froids et des chutes de neige records dans le nord-ouest du continent. La région étant relativement épargnée par les rigueurs hivernales, on y était par conséquent pas préparés du tout. - On aide la circulation parce que sinon, il y a un moment que ce serait un peu la pagaille, je crois, hein. 00:20:27 [NARRATEUR] Les 18 et 19 décembre, les problèmes se sont transportés dans le tunnel sous la Manche, dont la neige véhiculée par les locomotives Eurostar a court-circuité les systèmes électriques. Cinq trains se sont immobilisés, et l'exploit d'ingénierie européenne s'est transformé en prison pour 2 000 voyageurs qui se sont retrouvés sans lumière ni chauffage, à court de nourriture et d'eau potable. - Ah, ç'a été vraiment pris un petit peu au dépourvu! 00:20:55 [NARRATEUR] Le 22 décembre, dans le Hampshire, au Royaume-Uni, 3 000 automobilistes ont été surpris par une autre tempête, qui n'a pas seulement ralenti leurs déplacements, mais les a forcés à s'immobiliser. 2 000 véhicules ont été abandonnés par leurs passagers, pressés d'aller réveillonner. L'aéroport d'Heathrow a aussi été paralysé, British Airways évaluant ses pertes à quelque 50 millions de livres. Ce que la presse britannique a surnommé « le Big Freeze » a aussi eu des répercussions en France. Le 24 décembre, à Paris, 670 vols ont été annulés à cause des intempéries. 5 000 malheureux n'ont eu d'autre choix que de fêter Noël dans les corridors de Roissy-Charles de Gaulle. 00:21:46 Il va sans dire que les aéroports de Londres et de Paris ne disposent pas de notre expertise en aviation hivernale, acquise à force de négocier avec la neige, la glace et le froid. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 24 sur 37 00:21:57 [SÉBASTIEN BARTCZAK, copilote] Je vais aller voir cet avion-là. 00:22:00 [NARRATEUR] Parce que l'accès au ciel doit rester ouvert 12 mois par année, les pistes sont scrupuleusement déneigées et les avions rigoureusement dégivrés. N'en demeure pas moins que l'idée de voler l'hiver peut provoquer certaines craintes, aussi irrationnelles soient-elles, notamment chez ceux qui ne sont pas habitués aux transports aériens. Au contraire, Sébastien Bartczak et Loïc Martin, respectivement copilote et pilote pour Pascan Aviation, gardent leur sang-froid. 00:22:26 [LOÏC MARTIN, pilote] Il est 6 h du matin. Notre météo a été vérifiée. On décolle de Saint-Hubert. On embarque les passagers à bord. Le copilote fait le briefing passagers. Les consignes de sécurité sont données. On se dirige vers Sept-Îles. On va faire un vol à 21 000 pieds au-dessus des nuages, ce matin. Un vol d'environ une heure. 00:22:52 Les conditions hivernales, c'est très intéressant pour la performance des avions. Quand l'air est froid, les avions sont beaucoup plus performants. 00:23:05 L'hiver, par exemple, il faut faire attention à tout ce qui est givrage d'aéronef. La pluie verglaçante devient embêtante à ces moments-là, les brouillards de glace… 00:23:22 C'est sûr que les avions, dans le froid, bien, il faut faire plus attention. Il peut y avoir, des fois, des fuites hydrauliques, donc être particulièrement attentif à ces choses-là avant de partir. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 25 sur 37 00:23:42 On va commencer à descendre pour Sept-Îles. Donc, on parle avec le terminal de Montréal. 00:23:55 On descend pour aller atterrir piste 09 à Sept-Îles. Température à Sept-Îles qui tourne aussi aux alentours de -20° C. On se pose à Sept-Îles, on débarque nos passagers. On attend une connexion provenant de Mont-Joli, on rembarque nos passagers puis on se relance dans les airs pour Havre-Saint-Pierre, la destination finale aujourd'hui avant de refaire le chemin inverse pour ce soir. 00:24:22 [NARRATEUR] Entre Saint-Hubert et Sept-Îles, la météo risque fort de changer, et l'attitude des gens par rapport aux conditions climatiques aussi. René Héroux, météorologue à Environnement Canada, a rationalisé ces différences. 00:24:36 [RENÉ HÉROUX, météorologue – Environnement Canada] Évidemment, c'est un peu une question philosophique. Les hivers peuvent sembler plus difficiles, mais dans le fond, lorsqu'on y pense, de nos jours, il y a beaucoup plus de monde qui vit dans un milieu urbain comparativement à auparavant, où c'était l'inverse. Il y avait beaucoup plus de monde qui vivait dans un milieu rural. Or, dans l'ancien temps, si on veut, on avait appris à vivre avec la météo. S'il y avait une tempête et tout ça, bien on remettait à plus tard nos activités, on attendait que ça passe. Tandis que de nos jours, en ville, bien c'est à l'ère du « tout doit être à l'heure ». À ce moment-là, ça crée son lot d'inconvénients, qui viennent beaucoup plus rapidement. Je dirais que les gens, peut-être, même, sont moins tolérants. Ils sont habitués à ce que tout soit fait immédiatement. Alors, à ce moment-là, on pense qu'on peut aller au-delà de la mère Nature. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 26 sur 37 00:25:28 [NARRATEUR] Il fallait que le maire de Moscou soit en effet intolérant face à l'hiver pour carrément déclarer la guerre à mère Nature, à moins que ça ne soit par électoralisme. D'une manière ou d'une autre, en 2009, Iouri Loujkov a promis à ses concitoyens d'enrayer les quelques tempêtes de neige qui, bon an mal an, s'abattent sur la capitale russe. Ces mesures auraient permis d'économiser jusqu'à 10 M$ en frais de déneigement, et bien des casse-tête aux automobilistes moscovites, mal équipés pour la conduite hivernale. La tactique, mitrailler les nuages avec de l'iodure d'argent afin de déclencher les précipitations à un moment et un endroit plus opportuns, a fait ses preuves. Depuis des dizaines d'années, les pilotes de chasse russes arrivent ainsi à provoquer les orages ailleurs pour garantir le succès des grandes fêtes estivales. Iouri Loujkov aurait aisément fait fi des contestations banlieusardes. Mais en 2010, il a été démis de ses fonctions lorsqu'il a voulu raser une forêt protégée pour construire une autoroute parfaitement droite. En fin de compte, même l'Armée rouge ne sera pas venue à bout de l'hiver! 00:26:42 À défaut de pouvoir contrôler la météo, les pilotes des pays nordiques ont appris à la connaître, presque intimement. 00:26:56 - Ça devrait être beau à Havre-Saint-Pierre. J'ai checké tantôt. 2 300 pi couverts. Je vais aller checker le CRFI, ça ressemble à quoi. 90 %… Excellent! 00:27:19 [LOÏC MARTIN] Je dirais que la Côte-Nord, c'est une partie de la province qui est plutôt difficile, oui, pour les tempêtes, souvent du brouillard. Si c'est pas à Baie-Comeau, c'est à Mont-Joli, puis si c'est pas à Mont-Joli, c'est à Baie-Comeau. À Sept-Îles aussi, il arrive souvent qu'il y ait des tempêtes de neige, des brouillards… À l'Aéroport de Wabush, des fois, un microclimat. C'est entouré de montagnes là aussi. Dans ce temps-là, on fait ben des approches aux instruments, puis c'est bon Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 27 sur 37 pour la dextérité du pilote, là, je dirais. Mais oui, c'est fréquent, puis ça met en pratique, justement, notre bon jugement puis nos prises de décision. 00:27:54 Dans les conditions verglaçantes, c'est plus compliqué de décoller. En fait, on décolle pas quand il y a de la pluie verglaçante. Puis c'est sûr que ça ajoute des frais additionnels, là, aux compagnies. Tout ce qui est, dans le fond, dégivrage, puis les produits qu'on doit appliquer sur l'aéronef avant de décoller si l'aéronef est contaminé par, justement, le verglas ou par la neige qui adhère aux surfaces. 00:28:27 C'est sûr que c'est de bien vérifier sa météo avant de partir, puis tout le temps trouver une sortie de secours. Si jamais on n'arrive pas à atterrir à un aérodrome ou, finalement, on voit que la pluie verglaçante s'est installée, bien il faut qu'on ait tout le temps un 2 e plan, puis devoir aller atterrir à un aéroport où, justement, on sait que la météo, là, va être correcte. Donc, si les choses sont faites en bonne et due forme, dans le fond, on devrait pas avoir à stresser. Mais c'est la charge de travail qui augmente puis les prises de décision également. - 4-2-6-6. Oui, Havre-Saint-Pierre. Pascal… Oui, on arrive dans 7 minutes, là. Puis on va avoir besoin de fuel d'ici au départ tantôt. (propos indistincts) Excellent. Roger, merci. 00:29:25 [NARRATEUR] Si l'Aéroport d'Havre-Saint-Pierre est passablement moins occupé que celui de Montréal, il y tombe par contre deux fois plus de neige que sur la métropole. Or, pour atterrir et décoller en toute sécurité, les exigences sont les mêmes à Pierre-Elliott-Trudeau que sur la Côte-Nord. Le macadam de la seule piste doit être parfaitement sec, un défi à la hauteur d'Harold Jomphe, gérant de l'aéroport de Havre Saint-Pierre. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 28 sur 37 00:29:52 [HAROLD JOMPHE, gérant – Aéroport de Havre Saint-Pierre] Nous autres, le matin, on commence à 7 h, sauf que l'hiver, ça peut être des heures variées. 5 h le matin, 6 h. Ça dépend de la température. Aussitôt qu'il y a du trafic, puis s'il neige entre 2 vols, il faut aller tasser la neige. Ou s'il y a un avion qui est au sol, il faut qu'il décolle. Il faut qu'on lui prépare la piste pour qu'il décolle. 00:30:17 La piste ici, elle a rien que 100 pieds de large par 4 500 pieds de long, puis ça lui prend 80 pieds, un avion, dégagés au centre. Nous autres, on a eu de la neige, cette année, beaucoup de neige. Deux jours de beau temps, trois jours de neige, deux jours de beau temps, trois jours de neige… On a été bénis, bien bénis, cet hiver, de pas avoir plus de pépins que ça. Parce qu'il faut pas qu'on arrête, nous autres. Il faut qu'on déneige. (Après la pause) >> C'est plus le fun l'hiver. On dirait qu'on se sent plus libres. Tout le reste du monde, il hiverne, il reste à l'intérieur, puis nous autres, on continue. >> Au contraire de ce que le monde pense, je trouve toujours que c'est plus sécuritaire en hiver qu'en été, juste à cause qu'il y a moins de monde sur la route. 00:31:24 [NARRATEUR] Grésil, slush et frasil ; notre hiver compte 1 001 textures que nous seuls distinguons aussi subtilement. Ça fait partie de ce jargon nordique imagé que Normand Cazelais, géographe, s'amuse à évoquer. 00:31:39 [NORMAND CAZELAIS, auteur et géographe] L'hiver a marqué notre culture populaire. Prenons des exemples de notre vocabulaire. On a un vent qui est très présent puis qui vient du nord-est et qui s'appelle le nordet. Les gens qui naviguaient, notamment sur le fleuve en goélette autrefois, ont écrit beaucoup de choses sur leurs expériences de navigation lorsque le nordet soufflait, notamment en fin d'automne ou au début du printemps. On a des termes très imagés, comme quand le vent soulève la neige et que Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 29 sur 37 les flocons viennent à obstruer la vue. C'est comme de la poudre, hein ? Nos ancêtres étaient des poètes à leur façon. Ils parlaient de la poudrerie. C'est beau comme terme. 00:32:28 Autrefois, les champs étaient clôturés, et ces clôtures étaient faites de broches métalliques, donc, et selon la hauteur de la neige, bien la neige recouvrait le premier niveau de broche ou le 2e, ou même le 3e niveau. On avait comme ça des hivers à 2 ou 3 broches. Euh, il fait « frette ». Dans notre vocabulaire – pas besoin de vous faire de dessin –, quand il fait « frette », c'est plus froid que froid. 00:33:06 [NARRATEUR] Les étrangers ignorent ce que veut dire « frette », mais ils savent que chez nous, il arrive qu'il fasse plus froid que froid. Et une rumeur court selon laquelle, dans les cas extrêmes, nous nous réfugions tous dans la ville souterraine. 00:33:22 Juste avant Expo 67, on a commencé à construire le métro de Montréal. Plutôt que de remblayer les énormes trous qui avaient été creusés autour des stations et tunnels, la décision a été prise de leur bâtir un toit afin de créer des souterrains reliant quelques immeubles de Montréal. Étape par étape, le réseau a grandi, tant et si bien qu'il s'étend aujourd'hui sur plus de 30 km, ce qui en fait le plus grand complexe souterrain de la planète. 00:34:00 Dans ce dédale, le citadin qui maudit l’hiver peut déjeuner, suivre un cours à l'université, visiter un musée, magasiner ou alors voir un film au spectacle et prendre le métro pour rentrer au condo ou à l'hôtel, tout ça sans jamais sortir le bout du nez. 00:34:20 Reste que le réseau souterrain de Montréal n'existe pas pour assurer notre survie ni même pour hiberner. Mais c'est un peu ainsi qu'on le décrit dans de nombreux guides touristiques étrangers qui relèvent immanquablement cette curiosité. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 30 sur 37 00:34:40 À côté du réseau souterrain, il y a le réseau des pistes cyclables qui, avec les Bixis, font de Montréal une destination attrayante pour les cyclistes. Mais en hiver, on range les Bixis et on ferme les pistes cyclables. Enfin, la plupart. De toute façon, c'est en pleine rue que quelque 200 courageux messagers à vélo continuent de sillonner la métropole sur leur bicyclette l'hiver durant. C'est le cas de Samuel Gaudry et Minor Cordero. 00:36:06 [MINOR CORDERO, messager à vélo] Mon nom, c'est Minor Cordero, mon âge, c'est 31 ans. Ça fait 3 ans que j'ai immigré à Montréal, puis je travaille toujours sur la route, surtout en hiver. Ah! 00:35:20 [SAMUEL GAUDRY, messager à vélo] Moi, c'est Sam. Ça fait 11 ans que je fais du courrier. J'ai 34 ans. C'est plus le fun l'hiver. On dirait qu'on se sent plus libre, plus libre que le restant de l'année. Tout le reste du monde, il hiverne, il reste à l'intérieur, puis nous autres, on continue. 00:35:35 Parce que même s'il y a 3 millions de personnes sur l'île de Montréal, en hiver, des fois, je me demande où est tout le monde. Ha! Ha! Juste comme chercher du monde. Juste parce que tout le monde se cache du froid. Contrairement à ce que le monde pense, je trouve toujours que c'est plus sécuritaire en hiver qu'en été juste à cause qu'il y a moins de monde sur la route. 00:35:59 Les gens pensent un peu que c'est n'importe quoi, là, que ç'a pas d'allure faire ça, mais pour nous autres, c'est juste le fun. On est comme un petit peu masochistes dans le fond, là. On a comme du plaisir dans le malaise. 00:36:11 [NARRATEUR] S'ils ressemblent aux nôtres, les vélos des courriers ne sont pas en tous points semblables. En effet, la plupart sont équipés de pignons fixes. Non seulement le cycliste ne peut-il donc pas changer de vitesse, mais il n'est pas en mesure de reposer ses jambes, le pédalier tournant toujours au même rythme que les roues. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 31 sur 37 00:36:33 S'ils sont issus des courses sur piste, les « fixies », comme on les surnomme, ont de quoi plaire aux courriers, notamment en raison de leur légèreté. Ils sont aussi idéaux pour le cyclisme hivernal, puisqu'ils offrent une meilleure tenue de route sur surface glissante que les vélos à vitesses et qu'ils exposent moins de mécanismes à la neige, à la gadoue et au calcium. 00:37:01 [SAMUEL GAUDRY] Bien, ici, c'est comme mon 2e chez nous, comme je travaille comme mécano ici à temps partiel puis je suis à temps partiel sur la route. 00:37:09 [MINOR CORDERO] Il y a pas beaucoup d'espaces pour que les messagers puissent aller se réchauffer pendant l'hiver. Puis à cause de ça, nous venons d'avoir une machine expresso. C'est comme un peu le but de La Shoppe, avoir un espace pour que les gens, en hiver, quand il fait -30, puissent prendre leurs cafés puis prendre leurs lunchs dans un espace tranquille. C'est sûr et certain que nous avons des… C'est les trucs que la majorité des messagers qui sont sur la route achètent la majorité du temps. Ou s'il nous manque des roues, pour les messagers… C'est sûr que c'est toujours plus solide quand elles sont montées à la main. Il y a une chambre ici, c'est marqué "DIY". C'est do it yourself, surtout en hiver. Il y a une place ici pour que le messager puisse arranger ses propres affaires sans l'aide d'un mécanicien. Des arrangements basic comme changer un flat, arranger sa chaîne, des trucs de même. Puis il y a des morceaux aussi usagés qu'on peut toujours prendre, puis après ça, donner une petite contribution. 00:38:17 [SAMUEL GAUDRY] C'est bruyant un peu. L'hiver, ça use tous les gears. Mais comme j'ai juste une vitesse, il y a pas de dérailleur, ça fait que ça, c'est un plus, ça. Il y a moins de pièces à remplacer. Dépendamment des conditions, chaque pneu a son avantage puis son inconvénient. En hiver, c'est du cas par cas. Idéalement, tu gardes un pneu qui a une bonne adhérence. Mais moi, je garde ça juste lisse, parce qu'avec l'expérience… Ça fait 11 hivers que je fais ça, je sais comment gérer mes tournants. Je sais c'est quoi, l'adhérence que j'ai. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 32 sur 37 00:38:52 [MINOR CORDERO] Quand tu connais bien ton chemin, tu connais bien ton vélo puis ton corps, c'est un petit peu moins glissant que les gens pensent. 00:39:00 [NARRATEUR] Pour faire ce boulot, il faut plus être passionné de vélo qu'avide d'argent. Heureusement, l'hiver ne ralentit pas les affaires, au contraire. Les messageries véhiculées étant à la merci des embouteillages hivernaux, les courriers à vélo deviennent une alternative d'autant plus intéressante. Étant donné que les voitures roulent moins vite, que les piétons sont moins nombreux et que les Bixis sont entreposés, les risques sont aussi moins grands pour les principaux intéressés, qui font quand même un métier hivernal dangereux. 00:39:34 [MINOR CORDERO] En 2007, il y a un char qui a tourné à droite sur une lumière rouge. J'attendais la lumière là, puis c'est le rétroviseur qui m'a cassé la mâchoire. Ça, c'est quelque chose qui ressemble à une chaîne de vélo. C'est fait en titane. Mais pourquoi est-ce que c'est en chaîne de vélo ? C'est vraiment une coïncidence, puis moi, je trouve ça comme mon petit cadeau de cet incident-là, puis ça va rester ici pour le reste de ma vie. 00:40:10 [SAMUEL GAUDRY] Une chute, ça, c'est une parmi tant d'autres. C'est un petit peu inévitable, mais on se fait jamais vraiment mal, là. Surtout l'hiver, parce qu'on est mieux habillés. L'été, c'est différent, là. Tu vas t'érafler la peau ou peu importe. Mais l'hiver, là, un petit bleu ici et là, puis on passe à autre chose. 00:40:45 [NARRATEUR] C'est quand même plus facile de faire du vélo au centre-ville de Sapporo, au Japon. Il y tombe pourtant plus de 6 mètres de neige par hiver, soit 2 fois plus qu'à Québec, et 3 fois plus qu'à Montréal, dont la taille est similaire. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 33 sur 37 Sapporo est la grande ville la plus neigeuse de la planète. Mais pour simplifier la vie de ses concitoyens, le maire Fumio Ueda a muni sa ville d'un vaste système de chauffage souterrain concentré dans 300 secteurs névralgiques. Sur les routes et les trottoirs, la neige fond quasiment instantanément. 00:41:21 Mais il faut quand même en garder pour le Festival de la neige de Sapporo. Chaque année, ses palais de glace et ses sculptures dans la neige attirent deux millions de visiteurs, ce qui n'est pas sans rappeler la popularité de notre Carnaval. 00:41:39 C'est une belle histoire que celle du Carnaval de Québec. L'événement tel qu'on le connaît date de 1955, mais la tradition est vieille de 100 ans, sinon plus. Les origines remontent à l'époque païenne, quand on vénérait les saisons plutôt que de célébrer la naissance du Christ. Pour les catholiques, le Carnaval est devenu une dernière occasion de bombance avant d'entrer dans la maigre période du carême. Le Carnaval, c'est une célébration de l'hiver en même temps qu'un pied de nez à cette saison qui, d'ordinaire, force à s'encabaner. Faire la fête dans le froid toute la nuit, comme pour se réchauffer; prendre un bain de neige à la manière des Scandinaves, mais sans le sauna; courser en canot sur la glace, une tradition unique à chez nous qui pourrait d'ailleurs entrer au patrimoine de l'UNESCO. Ce sont autant de façons d'évoquer notre passé pour le moins aventurier, d'affirmer notre nordicité, de dire que l'hiver, nous l'avons maîtrisé. Tellement que nous pouvons désormais dormir dehors dans un hôtel de glace. 00:42:53 (Après la pause) >> Même s'il fait pas beau à une destination ou à un point de départ, la plupart du temps, on est capables de percer les couches de nuages. Juste le fait de traverser la couche, puis wow, avoir le gros soleil, quand au sol, c'était super sombre, ça fait du bien. Je dirais que ça joue beaucoup sur l'humeur, quand même, l'humeur de tout le monde, avoir un beau soleil au lieu de la neige ou de la mauvaise température. 00:43:29 [NARRATEUR] S'il est aujourd'hui possible, grâce à l'aviation, de visiter les coins les plus reculés de notre vaste pays, ça n'a bien évidemment pas toujours été le cas. De la Confédération jusqu'à la Deuxième Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 34 sur 37 Guerre mondiale, ce sont les chemins de fer qui ont permis l'immense majorité des grands voyagements canadiens. 00:43:49 Et pour les cheminots d'un océan à l'autre, l'hiver posait aussi tout un défi. Un défi qu'il devenait particulièrement essentiel de relever, puisque même les plus importants ports du pays étaient forcés de cesser leurs activités. 00:44:08 À Havre-Saint-Pierre, au beau milieu de l'hiver, il n'y a ni bateaux ni trains. 00:44:25 [HAROLD JOMPHE] Quand l'avion arrive et qu'il fait pas beau, là, je suis aussi nerveux que le pilote. Il faut pas que tu laisses de blanc. J'ai pas le droit de laisser un blanc de neige sur une piste d'aéroport, là. C'est dangereux, là. 00:44:41 Il faut que, quand il arrive, la piste soit propre, puis… Au moins le centre. Tu sais, t'as pas de plaques de glace, t'as pas de… Si je peux la garder de même, moi, c'est merveilleux. C'est comme un défi. 00:44:56 C'est de l'entretien. Que ce soit à Alma, que ce soit au Lac-Saint-Jean, que ce soit à Québec… Tous ceux qui travaillent comme employés pour l'entretien d'une piste, là, ils le savent, eux autres. 00:45:09 Il faut que tu voies tout en avant de toi, là. C'est plus la sécurité. Les autres affaires, tu les mets de côté. « Les moineaux », il faut qu'ils atterrissent. Moi, je les appelle « les moineaux ». Il faut qu'ils atterrissent. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 35 sur 37 00:45:21 [NARRATEUR] Sur la Côte-Nord, les tempêtes ne sont pas rares, qui pourraient rendre périlleux le vol de retour vers Montréal. Mais à l'aube, la piste de l'aéroport de Havre-Saint-Pierre est encore et toujours prête au décollage. 00:45:40 Et même si la météo se gâte, le soleil ne cesse pas d'exister. Pour s'en convaincre, il suffit de s'élever. Un décollage dans la tempête peut être tumultueux, mais pendant l'ascension, à 3 000 mètres d'altitude environ, l'avion perce les nuages nimbostratus. D'un coup, le chaos météo cède sa place à la sérénité. Pour les prochaines 2,5 heures, jusqu'à ce qu'ils atterrissent à SaintHubert, les pilotes pourront oublier qu'à quelques kilomètres sous eux, c'est encore l'hiver. - C'est reparti pour le bain de soleil. 00:46:18 [LOÏC MARTIN] Dans presque toutes nos journées, on va justement profiter de nos bains de soleil, là. Même s'il fait pas beau à une destination ou à un point de départ, la plupart du temps, on est capables de percer... Vu qu'on vole à un niveau de vol quand même assez haut, on est capables de percer les couches de nuages. Puis comme je dis souvent à mes copilotes, je me tannerai jamais de ça. Juste le fait de traverser la couche, puis wow, avoir le gros soleil, quand au sol, c'était super sombre, ça fait du bien. Je dirais que ça joue beaucoup sur l'humeur, quand même, puis l'humeur de tout le monde, là, avoir un beau soleil au lieu de la neige ou de la mauvaise température. Donc, c'est toujours apprécié des pilotes, je pense, justement, sortir de la couche comme ça puis profiter du soleil. 00:47:06 [NARRATEUR] Mais ça n'est pas un luxe que les équipes d'entretien de l'aéroport Montréal-Trudeau peuvent se permettre. Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 36 sur 37 00:47:11 [SYLVAIN MARCHAND] Ici, à Dorval, on est reconnus internationalement. On participe à des conférences puis on est tout le temps une référence pour les autres aéroports. On a été sollicités par Beijing, on a été sollicités par Frankfurt, par Heathrow. Donc, on a vraiment un bon nom. Puis pour ça, bien c'est attribuable à la rigueur. Puis à nos processus aussi, mais à la rigueur. On n'attend pas que la neige accumule. Il y a une trace de neige… Puis des fois, le monde qui est pas habitué à ça se demande: « Coudon, qu'est-ce qu'ils font là ? Il me semble qu'il y a pas grand-chose. » Bien, jamais on va laisser la neige accumuler. Dans le livre des normes, ça dit que tu dois faire tout effort raisonnable pour enlever tout contaminant sur les surfaces où les aéronefs circulent. En 25 ans, j'ai vécu une fermeture. Pas à cause des quantités de neige qu'on a laissées au sol. C'était vraiment un blizzard, puis la visibilité, là, c'était 2 pi en avant du véhicule. On a dû même immobiliser les équipements de déneigement sur le terrain dans le champ. Les gars étaient choqués de ça. Le monde voulait pas arrêter, mais c'était rendu trop dangereux, là. Les gens ont une fierté et ils sont fiers de dire que l'aéroport, il ferme pas, ici. 00:48:48 [NARRATEUR] L'hiver, la plupart des oiseaux fuient notre pays pour des cieux plus chaleureux. Il en est de même pour les voyageurs saisonniers, que leurs hôtes surnomment affectueusement « les snowbirds ». De ceux qui ont le courage de rester, certains diraient qu'ils sont des oiseaux rares. Manœuvrer un avion à des kilomètres d'altitude, pédaler dans les rues grouillantes du centreville, pagayer au beau milieu du fleuve, autant de prouesses qui exigent un certain degré de témérité. Il faut encore plus de sang-froid pour les accomplir, car dans le ciel, il fait tempête. Quand les rues sont enneigées, quand le fleuve est gelé, dans notre pays au nord du Nord, où la neige et la glace font partie du décor, ceux qui passent à travers cette saison comme si c'était la dernière sont autant de héros des faits d'hiver. FIN Fiche réalisée par Christine Préville Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada Faits d’hiver – Sang-froid Fiche enseignant / niveau avancé Page 37 sur 37