Faits d`hiver – Sang-froid

Transcription

Faits d`hiver – Sang-froid
Faits d’hiver – Sang-froid
Durée : 52 min
Fiche enseignant / Niveau avancé
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Thèmes
L’hiver, le froid, la neige, le déneigement, les tempêtes, le verglas, le blizzard, certaines activités
pratiquées en hiver : piloter un avion, faire du vélo et pagayer sur le fleuve.
Concept
La série documentaire Faits d’hiver traite des défis de taille que pose notre climat hivernal en
même temps qu'elle rend hommage à tous ceux et celles qui, par leur travail acharné, nous
permettent de continuer de vivre normalement malgré les intempéries.
Contenu
Synopsis : L’épisode intitulé Sang-froid, de la série documentaire Faits d’hiver, s'articule autour
de plusieurs personnages que nous suivons au cœur de l'action, en pleine tempête. Que ce soit
à terre ou dans les airs, une poignée de gens bravent la tempête et se risquent aux commandes
d'un avion, d'un vélo ou de machines de déneigement. Tandis que la neige tombe, les caméras
filment la réalité de ces gens qui ne font jamais les manchettes, parce que leur réalité, aussi
extraordinaire soit-elle, est trop habituelle. N'en demeure pas moins que, le temps d'une
tempête, ils sont tous les héros de quelques faits d’hiver!
La transcription est disponible p. 15.
Objectifs
Niveau avancé
• Objectifs pragmatiques :
- trouver des liens entre plusieurs photos
- échanger des idées sur le thème de l’hiver
- faire des hypothèses sur le contenu du film à partir de son titre
- comprendre des jeux de mots
- connaître certains faits découlant des intempéries hivernales
Fiche réalisée par Christine Préville
Tous droits réservés – © 2013 TV5 Québec Canada
Faits d’hiver – Sang-froid
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•
Objectifs linguistiques :
- enrichir son vocabulaire sur le thème de l’hiver
- comprendre des expressions et des jeux de mots
- se familiariser avec des mots en lien avec l’aéronautique
•
Objectifs socioculturels :
- se familiariser avec le climat hivernal canadien
- découvrir des métiers où les gens doivent affronter le froid et les tempêtes
- se familiariser avec des techniques de déneigement
- connaître des aspects de certaines villes du monde durant la saison hivernale
- connaître des festivals hivernaux
ACTIVITÉ 1
Pour commencer
Vocabulaire et discussion
Approche enseignant
Avant de montrer le reportage, faites observer ces photos. Invitez les apprenants à dire ce que
chacune d’elles représente et ce qu’elles ont en commun. Ensuite, animez une discussion sur ce
que les apprenants connaissent ou imaginent en lien avec certains aspects de l’hiver. Discussion
en grand groupe.
Pistes de correction / Corrigés
1.
Photos 1 : une souffleuse
Photo 2 : un avion sur une piste enneigée
Photo 3 : des rameurs sur un fleuve ou une rivière gelée
Photo 4 : un cycliste dans la neige et des piétons qui traversent une rue
Toutes les photos ont la neige en commun.
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2.
-
les activités sportives pratiquées dehors l’hiver : le ski de randonnée, le ski alpin, la
raquette, la motoneige, le patinage, le toboggan, la luge, le chien de traineau, etc.
-
les tempêtes de neige : le froid, la poudrerie, les bancs de neige (congères), la glace, etc.
-
les dangers que peuvent causer les tempêtes de neige : des accidents de la route, des
problèmes de visibilité, des chutes : tomber sur la glace, des engelures, de
l’hypothermie, des pannes électriques, etc.
-
les conséquences des tempêtes de neige : la fermeture des écoles, la fermeture des
routes, des hôpitaux engorgés en raison des blessés victimes des tempêtes, des
spectacles annulés, des bris de bâtiments, des coupures d’électricité, etc.
-
les métiers qui peuvent exiger de plus grands défis l’hiver : coursiers à vélo, pilotes
d’avion, conducteurs, contrôleurs aériens, ouvriers et machinistes qui travaillent dehors,
etc.
-
le déneigement : pelle, souffleuse, sel, sable, antigel, etc.
ACTIVITÉ 2
Écoute, vocabulaire et discussion
Approche enseignant
Montrez la première minute du reportage et demandez aux apprenants de répondre aux
questions. Correction en grand groupe.
Pistes de correction / Corrigés
1.
Réponses personnelles
2.
a. Quelle comparaison fait-on entre le Québec et d’autres régions du monde ? Au Québec,
il fait parfois plus froid qu’en Sibérie et il tombe plus de neige qu’à Oslo, Stockholm et
Helsinki.
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b. Quel ton donne la musique ? La musique donne un ton dramatique et intense aux
images déjà assez évocatrices du froid.
c. Quelles images voyez-vous ? On voit des images de : tempêtes de neige, poudrerie,
froid, glace, souffleuse, déneigeuse, avion, pilotes, vélo, cycliste, canot, rameurs,
voitures, monteur de lignes, piétons, camion, rues et édifices.
3. Expressions et explications en contexte :
-
Faire un pied de nez : Geste de dérision que l’on effectue en plaçant le pouce sur le nez
et en écartant les autres doigts. Ce geste symbolise une distance en mettant ses mains
sur son nez, pour se moquer de quelqu’un ou de quelque chose (dans ce cas-ci, on se
moque de la neige) et lui signifier qu’on a volontairement mis une distance entre ses
espoirs et la réalité. Dans ce documentaire, on a défié la neige et les tempêtes, on a fait
un pied de nez aux rigueurs de l’hiver.
-
Pure laine : Au sens littéral, cela veut dire « qui ne contient que de la laine », donc pur,
authentique. Au sens figuré, cette expression désigne les Québécois dont les ancêtres
remontent aux colons français d’avant la Conquête (1760), par opposition aux
immigrants ultérieurs et à leurs descendants. Cette appellation est parfois interprétée
comme patriotique. Synonyme : pure souche.
4. Idées de titre pour cette séquence : Faits d’hiver, Sang-froid, Les dangers de l’hiver, Froid
intense, La vie en hiver, L’hiver nous rend la vie dure, Catastrophes hivernales, etc.
Sujet traité : Le sujet traité dans le film sera l’hiver et sa rudesse.
Idées pour la suite du film : La suite du film abordera les thèmes reliés aux intempéries de
l’hiver. On y découvrira comment les habitants des pays froids s’organisent pour passer
l’hiver et comment ils font face aux difficultés de la saison.
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5. Titre du film (1 min 06 s) : Fait d’hiver / Sang-froid. Emploi et jeux de mots :
-
Faits d’hiver est un jeu de mots qui se prononce exactement comme faits divers, qui
signifie un évènement peu important, mais rapporté dans les journaux. Dans ce film,
on traite de l’hiver et de plusieurs personnages que nous suivons au cœur de l'action,
en pleine tempête.
-
Sang-froid : L’expression Avoir du sang-froid ou Garder son sang-froid signifie « rester
calme en toutes circonstances ». C’est une manière de mettre en parallèle le climat
froid et l’importance de rester calme, malgré les intempéries de l’hiver. C’est aussi un
hommage au sang-froid des différentes personnes qui œuvrent jour et nuit pour que
les conditions difficiles de l’hiver n’affectent pas la vie quotidienne des citoyens
(pilotes d’avion, employés municipaux, monteurs de lignes…).
ACTIVITÉ 3
Écoute et discussion
Approche enseignant
Montrez le début du reportage (1:06 à 7:10). Demandez aux apprenants de remplir le tableau
en relevant le plus d’informations possible. Ensuite, invitez-les à raconter la pire tempête de
leur vie, que ce soit une tempête de neige, une averse de pluie, des vents violents, etc.
Correction en grand groupe.
Pistes de correction / Corrigés
Conséquences des tempêtes de neige
Par exemple : des accidents
-
Impatience de la part des habitants
Perte de sang-froid
Disputes
Accusations
Altercations
Arrestations
Vols de souffleuses
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Les dangers des toits enneigés
Par exemple : l’effondrement des toits en raison d’une neige trop lourde et abondante
-
Les abris temporaires (Tempo) ont plié les premiers sous le poids de la neige
Les arénas (patinoires couvertes), les entrepôts et les écoles ont dû être évacués pour
enlever la neige dense et lourde sur les toits.
Trois femmes sont décédées dans l’effondrement d’un entrepôt à Morin-Heights, au
Québec
Un homme a perdu la vie dans l’effondrement de sa maison, à Shawinigan (en Mauricie
au Québec)
Les particularités du Vieux-Québec l’hiver
Par exemple : les toits de tôle des maisons du Vieux-Québec sont difficiles à déneiger
-
On doit monter sur les toits munis de harnais pour ne pas tomber.
Quand on pellette les toits, la neige tombe directement sur les trottoirs, car il n’y a pas
d’espace.
Les toits sont en taule.
Il y a une escouade des neiges qui déneige les toits en toute sécurité
Le stade olympique de Montréal l’hiver
Par exemple : le stade est fermé l’hiver, de décembre à avril, par mesure de sécurité
-
La toile du toit du stade s’est fendue, mais il n’y a eu aucun blessé.
1 650 tonnes de neige se sont écrasées dans le stade en 1998.
On a construit un autre toit depuis que la toile s’est fendue.
Le stade reste fermé de décembre à avril.
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ACTIVITÉ 4
Écoute et vocabulaire
Le milieu aéroportuaire
Approche enseignant
Montrez les 17 minutes au milieu du reportage (7:11 à 24:20) et demandez aux apprenants de
répondre aux questions. Correction en grand groupe.
Pistes de correction / Corrigés
1. Que nous apprend Sylvain Marchand, directeur adjoint à l’entretien des terrains de Dorval, au
sujet …
-
des lignes-guides ? Il est important de les dégager, car ce sont elles qui permettent aux
avions de se repérer. Les lignes-guides, c'est une référence pour les avions. Il y a une
distance sécuritaire de part et d'autre de cette ligne qui va guider les avions jusqu’à bon
port.
du nombre de mètres carrés de pistes à déneiger ? Il y a 2 millions de mètres carrés en
tout.
du verglas ? Il entraîne les pires conditions. C’est glissant.
des produits pour aider au freinage ? Ils coûtent cinq fois plus cher que le sel ou le sable.
de ce qu’il pense de son travail après 25 ans ? Après 25 ans, il est encore épaté. C’est
beau. C’est magique. C’est structuré.
-
2. Questions au sujet des équipements et des produits de déneigement :
-
Comment appelle-t-on les gros camions conçus spécialement pour le déneigement des
pistes d’aéroport ? D’où leur vient ce nom ? On les appelle les « oshkoshs » du nom
d'une petite ville dans le comté de Winnebago, au Wisconsin, aux États-Unis.
-
Quelle est la largeur des grattes ? À quelle vitesse roulent-elles ? Les grattes ont plus de
7 m de large. Elles roulent à 60 km/h.
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-
De combien de tonnes de neige une souffleuse peut-elle débarrasser les pistes à la
minute ? Une souffleuse est capable de débarrasser les pistes de presque 100 t de
neige à la minute.
-
Quel est le seul produit qui est autorisé à être appliqué sur les pistes glacées et
enneigées, peu importe les aéroports ? Le formiate de sodium est le seul produit qui est
autorisé à être appliqué.
-
Comment ce produit-là agit-il sur la neige ? Ce produit agit un peu comme un effet de
papier sablé (papier émeri) qui ne va pas nécessairement faire fondre la neige, mais
qui va donner un meilleur indice de freinage.
-
Comment ce produit agit-il sur la glace ? Ce produit va rendre la glace plus molle, plus
facile à enlever.
3. Expressions et vocabulaire qui prouvent que Guillaume Payeur, technicien en dégivrage, est
passionné par son métier (14:23) :
-
Cette machine-là, c’est un vrai petit bijou.
Une job qui est tripante (familier : qui fait naître des émotions positives, qui est excitant) !
C’est génial !
4. Propos des deux jeunes pilotes, Sébastien Bartczak et Loïc Martin, au sujet …
-
du froid sur la performance des avions: Les conditions hivernales sont très intéressantes
pour la performance des avions. Plus l’air est froid et plus les avions sont performants.
-
des dangers encourus dans leur travail en raison des intempéries de l’hiver : Il faut faire
attention à tout ce qui est givrage d'aéronef. La pluie verglaçante devient embêtante
dans ces moments-là. Il y a aussi les brouillards de glace. Dans le froid, il faut faire plus
attention. Il peut y avoir des fuites hydrauliques et il faut donc être particulièrement
attentif à ces choses-là avant de partir.
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ACTIVITÉ 5
Écoute et discussion
Les festivals hivernaux
Approche enseignant
Montrez quelques minutes vers la fin du reportage (40:42 à 42:52) et demandez aux apprenants
de répondre aux questions au sujet du Festival de la neige de Sapporo et du Carnaval de
Québec. Animez ensuite une discussion sur les connaissances de chacun au sujet de festivals qui
se déroulent l’hiver. Correction et retour en grand groupe.
Pistes de correction / Corrigés
SAPPORO
1. Combien tombe-t-il de neige par hiver à Sapporo ? Il y tombe 6 mètres de neige par hiver.
2. Si on la compare à la ville de Québec, combien de neige y tombe-t-il en plus ? Il y tombe
deux fois plus de neige qu’à Québec.
3. À quelle ville est-elle similaire par sa taille ? La taille de Sapporo est similaire à celle de
Montréal.
4. En quoi est-elle unique sur la planète ? Sapporo est la grande ville la plus neigeuse de la
planète.
5. Qu’a fait le maire Fumio Ueda pour simplifier la vie de ses concitoyens l’hiver ?
Le maire Fumio Ueda a muni sa ville d'un vaste système de chauffage souterrain
concentré dans 300 secteurs névralgiques.
6. Combien de visiteurs le Festival de la neige de Sapporo attire-t-il chaque année ? Le
Festival de la neige de Sapporo attire deux millions de visiteurs chaque année.
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CARNAVAL DE QUEBEC
1. De quelle année le Carnaval de Québec, tel qu'on le connaît, date-t-il ? Le Carnaval de
Québec tel qu'on le connaît date de 1955.
2. À quand remonte la tradition de fêter l’hiver à Québec ? La tradition est vieille de
100 ans, sinon plus.
3. À l’époque païenne, qu’est-ce que les gens vénéraient davantage que la naissance du
Christ ? À l’époque païenne, les gens vénéraient les saisons plutôt que de célébrer la
naissance du Christ.
4. Quelle occasion le Carnaval de Québec offrait-il aux catholiques ? Pour les catholiques, le
Carnaval est devenu une dernière occasion de bombance avant d'entrer dans la maigre
période du carême.
5. Quelles activités le Carnaval de Québec offre-t-il aujourd’hui ? Faire la fête dans le froid
toute la nuit, prendre un bain de neige à la manière des Scandinaves, participer à une
course en canot sur la glace, dormir dans un hôtel de glace.
6. Qu’est-ce qui pourrait entrer au patrimoine de l'UNESCO ? Participer à une course en
canot sur la glace, une tradition unique qui pourrait d'ailleurs entrer au patrimoine de
l'UNESCO.
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ACTIVITÉ 6
Bilan
Approche enseignant
Après avoir montré le reportage en entier, demandez aux apprenants d’écrire un mot qu’ils ont
appris et d’expliquer sa signification sur une feuille. Vous lirez ensuite les mots à voix haute et
demanderez aux apprenants du groupe s’ils le comprennent. Dans le cas où le mot ne serait pas
clair, invitez l’apprenant qui l’a écrit à mieux l’expliquer. Ensuite, ils doivent répondre à des
questions à choix multiple sur le contenu général du film. Correction et retour en grand groupe.
Pistes de correction / Corrigés
1. Pourquoi la toile du stade olympique de Montréal s’est-elle fendue ? (06:15)
a. À cause du vent
b. En raison d’averses de grêle.
c. Elle était trop fragile et elle n’a pas pu supporter les 1 600 tonnes de neige qui la
recouvraient.
2. Combien y a-t-il d’employés d’entretien à l’aéroport de Dorval ? (09:57)
a. 75
b. 110
c. 210
3. Les avions sont plus performants au froid. (22:51)
a. Vrai
b. Faux
c. On ne le dit pas
4. Quel est le plus grand danger quand on pilote l’hiver ? (14:18)
a. Les nuages
b. La glace sur les carlingues
c. Le froid extrême
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5. Que s’est-il passé à Washington le 13 janvier 1982 ? (18:23)
a. Un avion s’est écrasé à cause du blizzard. Il n’y a eu aucun survivant. De plus, un
camionneur a perdu la vie, car il se trouvait sur la route au moment de l’écrasement.
b. Un avion s’est écrasé en percutant un pont. Il n’y a eu que cinq survivants. De plus,
quatre automobilistes, qui se trouvaient sur ce pont, ont perdu la vie.
c. Un avion a dû atterrir d’urgence sur une autoroute en raison des vents violents. Il n’y
a aucun mort, mais plusieurs blessés.
6. Que s’est-il passé lors du Big Freeze en 2009, en Europe ? (21:20)
a. Les automobilistes ont été paralysés pendant des heures dans le tunnel sous la
Manche.
b. Il y a eu une vague de froid (-20 degrés C) qui a duré trois jours au nord de
l’Angleterre et en Irlande.
c. Il y a eu des vents de 105 km heure qui ont détruit plusieurs toits de bâtiments en
Angleterre.
7. Que dit René Héroux, météorologue pour environnement Canada ? (24:35)
a. Les changements climatiques rendent le climat canadien plus doux.
b. En raison de l’humidité, on a l’impression qu’il fait plus froid dans l’est que dans
l’ouest du pays.
c. Les gens sont moins tolérants que leurs ancêtres avec mère Nature.
8. Qu’a promis Iouri Loujkov aux Moscovites ? (25:26)
a. D’installer des trottoirs chauffants
b. D’enrayer les tempêtes
c. De créer le « Festival de la plus grosse boule de neige »
9. Qu’est-ce que le nordet ? (31:37)
a. Un vent qui vient du nord-est.
b. Une neige fondante.
c. Une pluie froide venue du nord-est.
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10. Quand il fait frette, c'est …. (32:46)
a. très glacé.
b. plus froid que froid.
c. humide et froid.
11. À Montréal, on peut circuler dans le plus grand complexe souterrain de la planète sans
sortir le bout de son nez. Combien de kilomètres la ville souterraine couvre-t-elle ?
(33:43)
a. 15
b. 21
c. 30
12. Combien y a-t-il de coursiers à vélo à Montréal ? (34:54)
a. 100
b. 200
c. 300
13. Quels sont les avantages de faire du vélo l’hiver ? (35:30)
a. L’air est moins pollué que durant la saison chaude.
b. Les cyclistes passent pour des braves.
c. Il y a moins de monde sur les pistes cyclables.
14. Quels sont les inconvénients de faire du vélo l’hiver ? (36:33)
a. Il y a de la neige, de la gadoue et du calcium.
b. Les automobilistes sont plus dangereux.
c. Le vent est plus froid et on pédale moins vite.
15. L’hiver ralentit les affaires des messagers à vélo. (39:00)
a. Vrai
b. Faux
c. On ne le dit pas.
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16. Quelle est la ville où il tombe le plus de neige au monde ? (40:45)
a. Helsinki
b. Sapporo
c. Québec
17. Le Carnaval de Québec permet … (42:30)
a. de s’encabaner.
b. d’affirmer la nordicité des Québécois.
c. de faire des batailles de boules de neige.
18. De la Confédération jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, qu’est-ce qui a permis
l'immense majorité des grands déplacements canadiens ? (43:37)
a. Les avions
b. Les bateaux
c. Les trains
19. Que dit Sylvain Marchand, directeur adjoint à l’entretien des terrains de Dorval, au sujet
de l’aéroport de Dorval ? (47:11)
a. Il dit que c’est très dangereux d’entretenir les pistes de l’aéroport, surtout l’hiver.
b. Il dit que les conditions hivernales découragent les employés de l’entretien au sol.
c. Il dit qu’il est reconnu internationalement pour sa capacité à gérer le climat
hivernal et à ne jamais fermer l’hiver.
20. On surnomme les voyageurs saisonniers des … (48:48)
a. snowbirds.
b. oiseaux d’hiver
c. oiseaux migrateurs.
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TRANSCRIPTION
[NARRATEUR]
En haut du 45e parallèle, au nord du Nord, au Québec, il fait très froid, parfois autant qu'en
Sibérie, et il neige beaucoup, plus qu'à Oslo, Stockholm, Helsinki.
Chez nous, les premières neiges servent d'avertissement. Ce qui était déjà risqué devient
désormais casse-cou. Le temps des prouesses est pour l'instant terminé. Pour quelques
semaines, c'est l'hiver qui aura le monopole du spectacle.
Que ce soit à terre, sur mer ou dans les airs, malgré tout, une poignée de gens se risquent aux
commandes d'un avion, d'un vélo ou d'un canot, ils bravent la tempête. C'est comme faire un
pied de nez à la saison, lui dire : « Rien ne m'arrête ». Le froid, la neige, c'est dans notre ADN, et
survivre à notre climat nordique nous rend fiers. C'est pourquoi, dans nos histoires « pure
laine », nous sommes les héros des faits d'hiver.
00:01:20
Deux semaines avant le printemps 2008, le Québec n'est pas triste de dire au revoir à un hiver
particulièrement neigeux. Déjà quatre tempêtes majeures se sont abattues sur Montréal, et six
sur Québec. Mais personne ne se doute que le pire est encore à venir, sinon les Américains.
Le 6 mars, des tornades balaient le sud des États-Unis. Le Texas d'abord, puis la Floride et la
Géorgie. Au fur et à mesure que la grave perturbation grimpe vers le nord, les pluies
torrentielles qui accompagnent les vents violents se transforment en neige. L'Arkansas, le
Tennessee et l'Ohio n'avaient pas été aussi blancs depuis longtemps. Chez nous, on peut oublier
le printemps… pour l'instant.
00:02:07
La tempête atteint Ottawa le 7 mars en après-midi, puis Montréal en début de soirée, avant de
recouvrir l'est de la province durant la nuit. Durant la journée du 8 mars, en à peine 24 heures,
elle laisse de 30 à 50 cm de neige sur le sud-ouest du Québec, particulièrement touché.
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00:02:25
[GÉRALD TREMBLAY, ancien maire de Montréal]
J'ai vu tôt ce matin beaucoup de citoyens et citoyennes marcher dans la rue. Alors, il faut être
très, très, très prudent, surtout qu'il faisait noir. Et deuxièmement, prenez le transport en
commun.
00:02:35
[NARRATEUR]
Ces chutes de neige ne menacent pas les records journaliers, mais si tard dans l'année, il en est
rarement tombé autant. Et en termes d'accumulations saisonnières enregistrées, Québec, TroisRivières et Mirabel établissent facilement de nouveaux jalons.
Ce n'est peut-être pas la tempête du XXIe siècle, mais c'est certainement l'hiver du nouveau
millénaire.
00:02:55
- Ça fait 3 h 20 que je suis stationné ici, que j'attends après une remorque.
00:03:02
[NARRATEUR]
Dire que le quotidien des Québécois a été perturbé serait un euphémisme. D'une part, la
circulation automobile est rapidement devenue périlleuse. Les réserves d'abrasifs s'amenuisant,
les autorités ont dû se résoudre à en rationner l'utilisation, et les décharges à neige débordant,
la voirie a été forcée de ralentir ses opérations de déneigement, empirant d'autant la situation.
00:03:24
D'autre part, en cette toute fin d'hiver, la tempête tardive a provoqué une exaspération
généralisée à l'origine de nombreux incidents regrettables : accrochages entre clients et
détaillants, dont les stocks de sel fondant et de pelles étaient épuisés ; escarmouches entre
citoyens et cols bleus, rapidement pointés du doigt pour l'embourbement des rues ; et
anicroches entre voisins, dont les terrains débordaient de part et d'autre. Les services de police
rapportent même quelques arrestations pour vol de souffleuses.
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00:04:01
Les souffleuses ne sont pas très utiles quand vient le temps de déneiger les toits, qui sont
inévitablement fragilisés lorsqu'il neige autant. En 2008, les abris temporaires sont les premiers
à avoir plié sous le poids de la neige. Puis, les toits permanents, pourtant plus robustes, ont
commencé à fléchir. Conséquemment, de nombreuses structures de grande étendue – des
arénas, des entrepôts et des centres commerciaux – ont dû être évacuées. Puis, les autorités
ont été forcées de fermer des centaines d'écoles pour donner la chance aux travailleurs
d'enlever la neige lourde et dense des toits. Au final, l'accumulation de neige a causé
l'effondrement d'une douzaine de toitures. Malheureusement, trois femmes ont péri dans un
petit entrepôt à Morin-Heights alors qu'un homme a subi le même sort dans sa demeure de
Shawinigan, tout juste après avoir conduit le reste de sa famille à l'abri, dehors.
00:04:58
Quand les précipitations sont abondantes, le déneigement des toits devient une nécessité,
d'autant plus pressante quand les constructions sont anciennes et que les toitures surplombent
le trottoir.
00:05:12
Québec est justement reconnue pour ses hivers particulièrement neigeux et ses bâtisses
Nouvelle-France qui donnent directement sur ses rues étroites.
00:05:27
Bref, les toitures de la Vieille Capitale ne sont pas tout à fait idéales pour notre climat. Les
déneiger, c'est de l'acrobatie, un vrai cirque hivernal.
00:05:36
[VINCENT GOUDREAULT, déneigeur de toitures, Escouade des Neiges]
Dans le Vieux-Québec, il y a beaucoup de toitures en tôle, puis les toitures donnent directement
sur les trottoirs. Donc, quand il y a une grosse tempête de neige, la neige s'accumule dans les
arrêts neige et il faut déneiger avant que ça tombe sur les passants.
00:05:53
[NARRATEUR]
Mais de la Nouvelle-France jusqu'à nos jours, les toits du Vieux-Québec ont résisté aux assauts
de l'hiver. On ne peut pas en dire autant du toit du Stade olympique de Montréal, conçu par
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l'architecte français Roger Taillibert, dont le concept révolutionnaire n'était pas, a posteriori,
tout à fait adapté à notre réalité hivernale.
00:06:16
À la fin de 1998, il y avait une épaisse accumulation de neige sur la toile, de la fibre de verre
tissée recouverte de téflon sur laquelle, au départ, personne n'était supposé s'aventurer. Le 18
janvier 1999, la toile a fendu, déchiré, cédé. 1650 t de neige se sont alors écrasées dans le Stade
pendant qu'on y préparait le Salon international de l'Auto.
Heureusement, personne n'a été blessé. Mais depuis, on a installé un autre toit et un système
de fonte de la neige constitué d'énormes ventilateurs. Mais par mesure de sécurité, le stade
reste fermé de décembre à avril. Normal, peut-être, pour un stade conçu spécialement pour les
Jeux olympiques d'été et une équipe de baseball qui a, depuis, pris la direction du Sud.
00:07:14
Il est compréhensible que certains fuient le pays quand il y tombe autant de neige. Les agences
de voyages ont d'ailleurs confirmé que l'hiver désastreux de 2007-2008 avait occasionné une
forte croissance dans l'industrie. Un nombre record de Québécois affligés par la neige ont pris le
chemin de ce qu'on appelle les destinations soleil.
00:07:36
Il va sans dire qu'une tempête comme celle du 8 mars affecte les transports aériens, d'abord et
avant tout parce que la réduction de la visibilité complique les manœuvres. Tant que les pilotes
peuvent voir jusqu'à 10 kilomètres devant eux, il n'y a pas de problème. En deçà de ce seuil,
voler se complique un peu.
Mais sous un demi-kilomètre de visibilité, lors d'un épisode de neige forte, les avions qui
réussissent à décoller sont pilotés aux instruments. À moins d'un quart de kilomètre de visibilité,
la situation devient critique. La plupart des avions restent cloués au sol. Deux heures durant,
dans la soirée du 8 mars 2008, c'est la situation qui a prévalu à l'Aéroport international PierreElliott-Trudeau de Montréal.
Malgré les retards inévitables, l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal n'a
pourtant jamais cessé d'opérer. Un exploit. Cette ténacité face à la tempête, c'est la fierté de
Sylvain Marchand, directeur adjoint à l'entretien des pistes.
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00:08:35
[SYLVAIN MARCHAND, directeur-adjoint, entretien des terrains – Aéroport Montréal-Trudeau]
Je suis Sylvain Marchand, chef de section pour Aéroports de Montréal à l'entretien des terrains.
Ce qui est particulier, ici, à Montréal-Trudeau, c'est le type de neige qu'on peut recevoir. Il peut
tomber 10 cm de neige à -10, -12, puis 8 heures après, bien, il mouille. Ça commence avec une
pluie verglaçante, puis on se ramasse avec une pluie diluvienne. C'est pour ça qu'au fil des
années, bien on a remplacé la flotte de véhicules par des équipements hyper-performants. Ça,
ça nous aide, dans le fond, à répondre aux nouveaux besoins, le nouveau climat qu'on vit ici à
Montréal.
Déjà, on vivait des grosses tempêtes de neige. Maintenant, on vit une petite tempête de neige
mélangée avec de la pluie, du grésil, de la pluie verglaçante. Donc, ça nous a portés à ajuster le
type de véhicule qu'on ajoutait dans notre flotte.
00:09:19
[NARRATEUR]
Montréal-Trudeau, c'est trois pistes permettant à 40 transporteurs aériens de faire voyager 14
millions de passagers par année vers 120 destinations. Troisième en importance au Canada et
35e en Amérique du Nord, il n'est ni petit ni géant.
00:09:41
Dans la catégorie des grands aéroports, il a récemment reçu le prestigieux prix Balchen/Post
pour l'excellence de sa performance en matière de contrôle de la neige et de la glace. C'était en
2008.
L'honneur, partagé par 110 employés d'entretien, était effectivement bien mérité.
00:10:09
Ces mastodontes, on les appelle "oshkoshs", du nom d'une petite ville dans le comté de
Winnebago, au Wisconsin. On y construit de gros camions. Certains sont destinés à un usage
militaire, et les plus grandes armées du monde s'en servent. Les autres sont spécialement
conçus pour le déneigement des pistes d'aéroport : des grattes de plus de 7 m de large qui
roulent à 60 km/h et des souffleuses capables de débarrasser les pistes de presque 100 t de
neige à la minute. Pour permettre 700 décollages et atterrissages par jour, Montréal-Trudeau
s'est doté du nec plus ultra.
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00:10:46
[SYLVAIN MARCHAND]
Ici, à Dorval, on tourne par équipes. On travaille sur deux quarts de travail. Il y a 25 opérateurs
d'équipement lourd. J'ai 6 opérateurs d'équipement léger et 8 journaliers par équipe qui
travaillent ici à Dorval. Donc, on tourne autour d'à peu près 40 pièces d'équipement lourd et
léger, là, mélangées.
00:11:13
Le type de précipitations qui est plus dur pour nous puis pour les aéronefs, c'est le verglas. Je te
dirais même que des fois, une tempête avec un vent, on aime ça. Mais une précipitation en
continu, une précipitation légère… On vient de faire une intervention sur la piste, puis dix
minutes après, c'est blanc comme c'était auparavant, c'est frustrant. T'en viens pas à bout puis
c'est tout le temps glissant.
00:11:38
Le seul produit qui est autorisé à appliquer, peu importe les aéroports, ça s'appelle du formiate
de sodium. C'est un produit extrêmement coûteux, probablement cinq fois plus cher que le sel
de calcium qu'on met sur les rues. Ce produit-là va agir un petit peu comme un effet de papier
sablé qui ne va pas nécessairement faire fondre la neige, mais il va nous donner plus d'indice de
freinage quand on va libérer la piste.
Dans une situation de verglas, évidemment, ce produit-là va agir comme fondant. Il va rendre la
glace plus molle, plus facile à enlever.
00:12:21
- Le banc de neige derrière le 86, il est prêt à charger. Est-ce qu'il y a quelqu'un pour
charger ça?
-
Barrière 86.
00:12:32
Dans une température comme ça, le problème qu'on vit – on le voit un petit peu ici – c'est les
lignes-guides. Les lignes-guides, c'est une référence pour les avions. Les avions se fient làdessus. C'est une ligne qui est tracée, puis il y a une distance sécuritaire de part et d'autre de
cette ligne-là qui va guider les avions à bon port.
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Nous, ce qu'il faut, c'est mettre de l'emphase à dégager ces lignes-guides. Ici, à Dorval, si on
parle de superficie totale qu'on a à déneiger, ça peut représenter Montréal-Québec aller-retour.
On n'est pas loin du deux millions de mètres carrés en tout. Ça fait 25 ans que je suis ici, puis je
suis encore épaté, étonné.
À chaque fois que je vois les opérations, autant de déneigement que de voir un avion décoller,
là, c'est tout le temps… C'est beau. Ce que ça peut représenter, qu'on voit, voir ça aller, c'est
quasiment magique, là. Tu sais, c'est structuré… Les gens suivent. Chacun sait ce qu'il a à faire. Il
y a pas de discussion dans la radio pour rien. C'est des procédures établies depuis longtemps,
puis les gens savent ce qu'ils ont à faire.
00:13:44
(Après la pause)
>> Les conditions hivernales, c'est très intéressant pour la performance des avions.
Quand l'air est froid, les avions sont beaucoup plus performants. Par exemple, il faut faire
attention à tout ce qui est givrage d'aéronef. La pluie verglaçante devient embêtante à
ces moments-là, les brouillards de glace…
00:14:18
[NARRATEUR]
La neige sur les pistes et la visibilité restreinte ne constituent pas les seuls obstacles à l'aviation
hivernale. En fait, c'est la glace qui se forme sur les carlingues qui pose le plus grand danger.
Autrefois, un manche à balai suffisait pour déglacer les avions.
Aujourd'hui, les normes de sécurité exigent des chefs-d'œuvre d'ingénierie pour venir à bout de
la glace. C'est la spécialité de Guillaume Payeur, technicien en dégivrage pour Aéro Mag 2000.
00:14:45
[GUILLAUME PAYEUR, technicien en dégivrage – Aéro Mag 200]
Ici, à Montréal, on opère deux types de camions de dégivrage. Le premier, ici, qui est
légèrement moins compliqué à conduire, on appelle ça un « Éléphant M-Y ». C'est une
excellente machine. Ça, ici, c'est l'autre machine qu'on utilise. Ça, c'est « the machine ».
Éléphant Bêta. Encore le même constructeur, mais c'est Volvo qui fait le châssis. Cette machinelà, c'est un vrai petit bijou. Les installations que vous voyez ici, le garage qu'on a, les types de
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camions qu'on a, vous voyez, c'est vraiment de la machinerie de fine pointe. C'est normal, avec
les hivers qu'on a au Québec. C'est génial, là. C'est vraiment une job qui est tripante.
00:15:27
Ça fait que je vais remplir l'eau dans le camion, type un, qui est notre liquide de dégivrage. Ça
fait qu'on mélange de l'eau avec le type un. Plus il fait froid, plus on met de type un dans notre
mélange ; plus il fait chaud, plus on peut mettre de l'eau, tout simplement. Et puis aujourd'hui,
on est à 30 % de type un avec 70 % d'eau.
00:15:52
Ils annoncent encore un 10 à 15 cm d'ici la fin de la soirée, ça fait qu'on va y goûter, là.
00:16:20
Ça fait qu'on peut pas « shooter » directement sur les portes puis sur les hublots. Les portes…
L'avion est pas pressurisé au sol. Il y a certaines portes où il y a danger, peut-être, que le glycol
pénètre à l'intérieur. Les hublots, les vitres, c'est des chocs thermiques. On peut faire craquer,
fendiller les vitres, ça fait qu'on essaie d'éviter ça.
-
On a 5 baies de dégivrage.
On peut avoir cinq avions en même temps. Sur chaque avion, il y a un chef de baie. Et puis là, les
chefs de baie, ils parlent à Aessas. Aessas, il travaille dans la tour de contrôle, et c'est le chef des
chefs de baie, si on veut.
C'est très occupé, mais on essaie de faire notre possible avec les camions qu'on a dehors. La
plupart du temps, ça se passe très bien. On risque d'en dégivrer environ 115, 120.
00:17:20
[NARRATEUR]
Le liquide dont on arrose les avions s'apparente à l'antigel utilisé dans les voitures. Afin d'éviter
le gaspillage de l'agent actif, le glycol, non seulement on ajuste constamment le mélange selon
la température, mais une partie du liquide dégivrant est aussi récupérée, recyclée et
entreposée.
- Il enlève la glace. Il y en un petit peu ici. On la voit tomber.
- On essaie d'avoir l'avion comme quand il est sorti de l'usine, là, tout propre, clean.
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00:17:48:
[NARRATEUR]
À l'extérieur, les avions font la file pour prendre une douche d'antigel. La scène peut paraître
loufoque, mais la procédure est sérieuse. La sécurité des passagers et de l'équipage est en jeu.
Si la glace peut effectivement alourdir un aéronef, les perturbations dans l'aérodynamisme
comportent un bien plus grand risque.
Quand l'appareil est recouvert ne serait-ce que d'une fine couche de glace, l'ascension et le
maintien de l'altitude deviennent plus ardus. Pour assurer un meilleur support aérien, le pilote
doit conséquemment ouvrir les ailes, qui risquent dès lors d'accumuler plus de glace. C'est un
cercle très vicieux.
00:18:27
Le 13 janvier 1982, un Boeing 737 d'Air Florida décolle de Washington, la capitale américaine.
Dès son envol, l'avion fait face à la tempête. Les manœuvres sont difficiles. Le commandant est
pratiquement incapable de piloter. L'appareil chute rapidement et se brise dans les eaux glacées
du Potomac. Sur les 79 occupants, seuls cinq survivent. Pire, dans sa descente, l'avion percute
un pont et happe sept voitures qui le traversaient.
Quatre automobilistes qui ont eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais
moment, perdent la vie. Après son enquête, le National Transportation Safety Board
déterminera que les pilotes auraient dû renoncer au vol après avoir remarqué des
accumulations de neige et de glace sur l'appareil, qui l'ont empêché de s'élever normalement.
00:19:24
L'hiver tel qu'on le connaît aiguise la patience. On doit attendre quelques heures pour que la
tempête soit passée et qu'on puisse « sécuritairement » décoller, quelques jours pour que la rue
soit déneigée et qu'on puisse mieux circuler, quelques semaines pour que les dernières neiges
fondent et qu'enfin revienne l'été. L'hiver aiguise autrement la patience des enfants, qui ont
bien plus hâte à Noël qu'au printemps.
00:19:55
Même les réjouissances de la période des fêtes ne peuvent être tenues pour acquises.
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En Europe, un dérèglement climatique a bien failli gâter Noël 2009 pour les plus petits comme
pour les plus grands. Ce que les météorologues appellent l'oscillation arctique a en effet
provoqué des froids et des chutes de neige records dans le nord-ouest du continent.
La région étant relativement épargnée par les rigueurs hivernales, on y était par conséquent pas
préparés du tout.
-
On aide la circulation parce que sinon, il y a un moment que ce serait un peu la pagaille,
je crois, hein.
00:20:27
[NARRATEUR]
Les 18 et 19 décembre, les problèmes se sont transportés dans le tunnel sous la Manche, dont
la neige véhiculée par les locomotives Eurostar a court-circuité les systèmes électriques.
Cinq trains se sont immobilisés, et l'exploit d'ingénierie européenne s'est transformé en prison
pour 2 000 voyageurs qui se sont retrouvés sans lumière ni chauffage, à court de nourriture et
d'eau potable.
-
Ah, ç'a été vraiment pris un petit peu au dépourvu!
00:20:55
[NARRATEUR]
Le 22 décembre, dans le Hampshire, au Royaume-Uni, 3 000 automobilistes ont été surpris par
une autre tempête, qui n'a pas seulement ralenti leurs déplacements, mais les a forcés à
s'immobiliser. 2 000 véhicules ont été abandonnés par leurs passagers, pressés d'aller
réveillonner. L'aéroport d'Heathrow a aussi été paralysé, British Airways évaluant ses pertes à
quelque 50 millions de livres. Ce que la presse britannique a surnommé « le Big Freeze » a aussi
eu des répercussions en France. Le 24 décembre, à Paris, 670 vols ont été annulés à cause des
intempéries. 5 000 malheureux n'ont eu d'autre choix que de fêter Noël dans les corridors de
Roissy-Charles de Gaulle.
00:21:46
Il va sans dire que les aéroports de Londres et de Paris ne disposent pas de notre expertise en
aviation hivernale, acquise à force de négocier avec la neige, la glace et le froid.
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00:21:57
[SÉBASTIEN BARTCZAK, copilote]
Je vais aller voir cet avion-là.
00:22:00
[NARRATEUR]
Parce que l'accès au ciel doit rester ouvert 12 mois par année, les pistes sont scrupuleusement
déneigées et les avions rigoureusement dégivrés.
N'en demeure pas moins que l'idée de voler l'hiver peut provoquer certaines craintes, aussi
irrationnelles soient-elles, notamment chez ceux qui ne sont pas habitués aux transports
aériens.
Au contraire, Sébastien Bartczak et Loïc Martin, respectivement copilote et pilote pour Pascan
Aviation, gardent leur sang-froid.
00:22:26
[LOÏC MARTIN, pilote]
Il est 6 h du matin. Notre météo a été vérifiée. On décolle de Saint-Hubert. On embarque les
passagers à bord. Le copilote fait le briefing passagers. Les consignes de sécurité sont données.
On se dirige vers Sept-Îles. On va faire un vol à 21 000 pieds au-dessus des nuages, ce matin. Un
vol d'environ une heure.
00:22:52
Les conditions hivernales, c'est très intéressant pour la performance des avions. Quand l'air est
froid, les avions sont beaucoup plus performants.
00:23:05
L'hiver, par exemple, il faut faire attention à tout ce qui est givrage d'aéronef. La pluie
verglaçante devient embêtante à ces moments-là, les brouillards de glace…
00:23:22
C'est sûr que les avions, dans le froid, bien, il faut faire plus attention. Il peut y avoir, des fois,
des fuites hydrauliques, donc être particulièrement attentif à ces choses-là avant de partir.
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00:23:42
On va commencer à descendre pour Sept-Îles. Donc, on parle avec le terminal de Montréal.
00:23:55
On descend pour aller atterrir piste 09 à Sept-Îles. Température à Sept-Îles qui tourne aussi aux
alentours de -20° C. On se pose à Sept-Îles, on débarque nos passagers. On attend une
connexion provenant de Mont-Joli, on rembarque nos passagers puis on se relance dans les airs
pour Havre-Saint-Pierre, la destination finale aujourd'hui avant de refaire le chemin inverse
pour ce soir.
00:24:22
[NARRATEUR]
Entre Saint-Hubert et Sept-Îles, la météo risque fort de changer, et l'attitude des gens par
rapport aux conditions climatiques aussi.
René Héroux, météorologue à Environnement Canada, a rationalisé ces différences.
00:24:36
[RENÉ HÉROUX, météorologue – Environnement Canada]
Évidemment, c'est un peu une question philosophique. Les hivers peuvent sembler plus
difficiles, mais dans le fond, lorsqu'on y pense, de nos jours, il y a beaucoup plus de monde qui
vit dans un milieu urbain comparativement à auparavant, où c'était l'inverse. Il y avait beaucoup
plus de monde qui vivait dans un milieu rural.
Or, dans l'ancien temps, si on veut, on avait appris à vivre avec la météo. S'il y avait une tempête
et tout ça, bien on remettait à plus tard nos activités, on attendait que ça passe. Tandis que de
nos jours, en ville, bien c'est à l'ère du « tout doit être à l'heure ». À ce moment-là, ça crée son
lot d'inconvénients, qui viennent beaucoup plus rapidement.
Je dirais que les gens, peut-être, même, sont moins tolérants. Ils sont habitués à ce que tout soit
fait immédiatement. Alors, à ce moment-là, on pense qu'on peut aller au-delà de la mère
Nature.
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00:25:28
[NARRATEUR]
Il fallait que le maire de Moscou soit en effet intolérant face à l'hiver pour carrément déclarer la
guerre à mère Nature, à moins que ça ne soit par électoralisme. D'une manière ou d'une autre,
en 2009, Iouri Loujkov a promis à ses concitoyens d'enrayer les quelques tempêtes de neige qui,
bon an mal an, s'abattent sur la capitale russe. Ces mesures auraient permis d'économiser
jusqu'à 10 M$ en frais de déneigement, et bien des casse-tête aux automobilistes moscovites,
mal équipés pour la conduite hivernale. La tactique, mitrailler les nuages avec de l'iodure
d'argent afin de déclencher les précipitations à un moment et un endroit plus opportuns, a fait
ses preuves.
Depuis des dizaines d'années, les pilotes de chasse russes arrivent ainsi à provoquer les orages
ailleurs pour garantir le succès des grandes fêtes estivales. Iouri Loujkov aurait aisément fait fi
des contestations banlieusardes.
Mais en 2010, il a été démis de ses fonctions lorsqu'il a voulu raser une forêt protégée pour
construire une autoroute parfaitement droite. En fin de compte, même l'Armée rouge ne sera
pas venue à bout de l'hiver!
00:26:42
À défaut de pouvoir contrôler la météo, les pilotes des pays nordiques ont appris à la connaître,
presque intimement.
00:26:56
- Ça devrait être beau à Havre-Saint-Pierre. J'ai checké tantôt. 2 300 pi couverts. Je vais
aller checker le CRFI, ça ressemble à quoi. 90 %… Excellent!
00:27:19
[LOÏC MARTIN]
Je dirais que la Côte-Nord, c'est une partie de la province qui est plutôt difficile, oui, pour les
tempêtes, souvent du brouillard. Si c'est pas à Baie-Comeau, c'est à Mont-Joli, puis si c'est pas à
Mont-Joli, c'est à Baie-Comeau. À Sept-Îles aussi, il arrive souvent qu'il y ait des tempêtes de
neige, des brouillards… À l'Aéroport de Wabush, des fois, un microclimat. C'est entouré de
montagnes là aussi. Dans ce temps-là, on fait ben des approches aux instruments, puis c'est bon
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pour la dextérité du pilote, là, je dirais. Mais oui, c'est fréquent, puis ça met en pratique,
justement, notre bon jugement puis nos prises de décision.
00:27:54
Dans les conditions verglaçantes, c'est plus compliqué de décoller. En fait, on décolle pas quand
il y a de la pluie verglaçante. Puis c'est sûr que ça ajoute des frais additionnels, là, aux
compagnies. Tout ce qui est, dans le fond, dégivrage, puis les produits qu'on doit appliquer sur
l'aéronef avant de décoller si l'aéronef est contaminé par, justement, le verglas ou par la neige
qui adhère aux surfaces.
00:28:27
C'est sûr que c'est de bien vérifier sa météo avant de partir, puis tout le temps trouver une
sortie de secours. Si jamais on n'arrive pas à atterrir à un aérodrome ou, finalement, on voit que
la pluie verglaçante s'est installée, bien il faut qu'on ait tout le temps un 2 e plan, puis devoir
aller atterrir à un aéroport où, justement, on sait que la météo, là, va être correcte. Donc, si les
choses sont faites en bonne et due forme, dans le fond, on devrait pas avoir à stresser. Mais
c'est la charge de travail qui augmente puis les prises de décision également.
-
4-2-6-6.
Oui, Havre-Saint-Pierre. Pascal…
Oui, on arrive dans 7 minutes, là.
Puis on va avoir besoin de fuel d'ici au départ tantôt.
(propos indistincts)
Excellent.
Roger, merci.
00:29:25
[NARRATEUR]
Si l'Aéroport d'Havre-Saint-Pierre est passablement moins occupé que celui de Montréal, il y
tombe par contre deux fois plus de neige que sur la métropole. Or, pour atterrir et décoller en
toute sécurité, les exigences sont les mêmes à Pierre-Elliott-Trudeau que sur la Côte-Nord. Le
macadam de la seule piste doit être parfaitement sec, un défi à la hauteur d'Harold Jomphe,
gérant de l'aéroport de Havre Saint-Pierre.
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00:29:52
[HAROLD JOMPHE, gérant – Aéroport de Havre Saint-Pierre]
Nous autres, le matin, on commence à 7 h, sauf que l'hiver, ça peut être des heures variées. 5 h
le matin, 6 h. Ça dépend de la température. Aussitôt qu'il y a du trafic, puis s'il neige entre 2
vols, il faut aller tasser la neige. Ou s'il y a un avion qui est au sol, il faut qu'il décolle. Il faut
qu'on lui prépare la piste pour qu'il décolle.
00:30:17
La piste ici, elle a rien que 100 pieds de large par 4 500 pieds de long, puis ça lui prend 80 pieds,
un avion, dégagés au centre. Nous autres, on a eu de la neige, cette année, beaucoup de neige.
Deux jours de beau temps, trois jours de neige, deux jours de beau temps, trois jours de neige…
On a été bénis, bien bénis, cet hiver, de pas avoir plus de pépins que ça. Parce qu'il faut pas
qu'on arrête, nous autres. Il faut qu'on déneige.
(Après la pause)
>> C'est plus le fun l'hiver. On dirait qu'on se sent plus libres. Tout le reste du monde, il
hiverne, il reste à l'intérieur, puis nous autres, on continue.
>> Au contraire de ce que le monde pense, je trouve toujours que c'est plus sécuritaire en
hiver qu'en été, juste à cause qu'il y a moins de monde sur la route.
00:31:24
[NARRATEUR]
Grésil, slush et frasil ; notre hiver compte 1 001 textures que nous seuls distinguons aussi
subtilement. Ça fait partie de ce jargon nordique imagé que Normand Cazelais, géographe,
s'amuse à évoquer.
00:31:39
[NORMAND CAZELAIS, auteur et géographe]
L'hiver a marqué notre culture populaire. Prenons des exemples de notre vocabulaire. On a un
vent qui est très présent puis qui vient du nord-est et qui s'appelle le nordet. Les gens qui
naviguaient, notamment sur le fleuve en goélette autrefois, ont écrit beaucoup de choses sur
leurs expériences de navigation lorsque le nordet soufflait, notamment en fin d'automne ou au
début du printemps. On a des termes très imagés, comme quand le vent soulève la neige et que
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les flocons viennent à obstruer la vue. C'est comme de la poudre, hein ? Nos ancêtres étaient
des poètes à leur façon. Ils parlaient de la poudrerie. C'est beau comme terme.
00:32:28
Autrefois, les champs étaient clôturés, et ces clôtures étaient faites de broches métalliques,
donc, et selon la hauteur de la neige, bien la neige recouvrait le premier niveau de broche ou le
2e, ou même le 3e niveau. On avait comme ça des hivers à 2 ou 3 broches. Euh, il fait « frette ».
Dans notre vocabulaire – pas besoin de vous faire de dessin –, quand il fait « frette », c'est plus
froid que froid.
00:33:06
[NARRATEUR]
Les étrangers ignorent ce que veut dire « frette », mais ils savent que chez nous, il arrive qu'il
fasse plus froid que froid. Et une rumeur court selon laquelle, dans les cas extrêmes, nous nous
réfugions tous dans la ville souterraine.
00:33:22
Juste avant Expo 67, on a commencé à construire le métro de Montréal. Plutôt que de
remblayer les énormes trous qui avaient été creusés autour des stations et tunnels, la décision a
été prise de leur bâtir un toit afin de créer des souterrains reliant quelques immeubles de
Montréal.
Étape par étape, le réseau a grandi, tant et si bien qu'il s'étend aujourd'hui sur plus de 30 km, ce
qui en fait le plus grand complexe souterrain de la planète.
00:34:00
Dans ce dédale, le citadin qui maudit l’hiver peut déjeuner, suivre un cours à l'université, visiter
un musée, magasiner ou alors voir un film au spectacle et prendre le métro pour rentrer au
condo ou à l'hôtel, tout ça sans jamais sortir le bout du nez.
00:34:20
Reste que le réseau souterrain de Montréal n'existe pas pour assurer notre survie ni même pour
hiberner. Mais c'est un peu ainsi qu'on le décrit dans de nombreux guides touristiques étrangers
qui relèvent immanquablement cette curiosité.
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À côté du réseau souterrain, il y a le réseau des pistes cyclables qui, avec les Bixis, font de
Montréal une destination attrayante pour les cyclistes. Mais en hiver, on range les Bixis et on
ferme les pistes cyclables. Enfin, la plupart. De toute façon, c'est en pleine rue que quelque 200
courageux messagers à vélo continuent de sillonner la métropole sur leur bicyclette l'hiver
durant. C'est le cas de Samuel Gaudry et Minor Cordero.
00:36:06
[MINOR CORDERO, messager à vélo]
Mon nom, c'est Minor Cordero, mon âge, c'est 31 ans. Ça fait 3 ans que j'ai immigré à Montréal,
puis je travaille toujours sur la route, surtout en hiver. Ah!
00:35:20
[SAMUEL GAUDRY, messager à vélo]
Moi, c'est Sam. Ça fait 11 ans que je fais du courrier. J'ai 34 ans. C'est plus le fun l'hiver. On
dirait qu'on se sent plus libre, plus libre que le restant de l'année. Tout le reste du monde, il
hiverne, il reste à l'intérieur, puis nous autres, on continue.
00:35:35
Parce que même s'il y a 3 millions de personnes sur l'île de Montréal, en hiver, des fois, je me
demande où est tout le monde. Ha! Ha! Juste comme chercher du monde. Juste parce que tout
le monde se cache du froid. Contrairement à ce que le monde pense, je trouve toujours que
c'est plus sécuritaire en hiver qu'en été juste à cause qu'il y a moins de monde sur la route.
00:35:59
Les gens pensent un peu que c'est n'importe quoi, là, que ç'a pas d'allure faire ça, mais pour
nous autres, c'est juste le fun. On est comme un petit peu masochistes dans le fond, là. On a
comme du plaisir dans le malaise.
00:36:11
[NARRATEUR]
S'ils ressemblent aux nôtres, les vélos des courriers ne sont pas en tous points semblables. En
effet, la plupart sont équipés de pignons fixes. Non seulement le cycliste ne peut-il donc pas
changer de vitesse, mais il n'est pas en mesure de reposer ses jambes, le pédalier tournant
toujours au même rythme que les roues.
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S'ils sont issus des courses sur piste, les « fixies », comme on les surnomme, ont de quoi plaire
aux courriers, notamment en raison de leur légèreté. Ils sont aussi idéaux pour le cyclisme
hivernal, puisqu'ils offrent une meilleure tenue de route sur surface glissante que les vélos à
vitesses et qu'ils exposent moins de mécanismes à la neige, à la gadoue et au calcium.
00:37:01
[SAMUEL GAUDRY]
Bien, ici, c'est comme mon 2e chez nous, comme je travaille comme mécano ici à temps partiel
puis je suis à temps partiel sur la route.
00:37:09
[MINOR CORDERO]
Il y a pas beaucoup d'espaces pour que les messagers puissent aller se réchauffer pendant
l'hiver. Puis à cause de ça, nous venons d'avoir une machine expresso. C'est comme un peu le
but de La Shoppe, avoir un espace pour que les gens, en hiver, quand il fait -30, puissent
prendre leurs cafés puis prendre leurs lunchs dans un espace tranquille. C'est sûr et certain que
nous avons des… C'est les trucs que la majorité des messagers qui sont sur la route achètent la
majorité du temps. Ou s'il nous manque des roues, pour les messagers… C'est sûr que c'est
toujours plus solide quand elles sont montées à la main. Il y a une chambre ici, c'est marqué
"DIY". C'est do it yourself, surtout en hiver. Il y a une place ici pour que le messager puisse
arranger ses propres affaires sans l'aide d'un mécanicien. Des arrangements basic comme
changer un flat, arranger sa chaîne, des trucs de même. Puis il y a des morceaux aussi usagés
qu'on peut toujours prendre, puis après ça, donner une petite contribution.
00:38:17
[SAMUEL GAUDRY]
C'est bruyant un peu. L'hiver, ça use tous les gears. Mais comme j'ai juste une vitesse, il y a pas
de dérailleur, ça fait que ça, c'est un plus, ça. Il y a moins de pièces à remplacer.
Dépendamment des conditions, chaque pneu a son avantage puis son inconvénient. En hiver,
c'est du cas par cas. Idéalement, tu gardes un pneu qui a une bonne adhérence. Mais moi, je
garde ça juste lisse, parce qu'avec l'expérience… Ça fait 11 hivers que je fais ça, je sais comment
gérer mes tournants. Je sais c'est quoi, l'adhérence que j'ai.
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00:38:52
[MINOR CORDERO]
Quand tu connais bien ton chemin, tu connais bien ton vélo puis ton corps, c'est un petit peu
moins glissant que les gens pensent.
00:39:00
[NARRATEUR]
Pour faire ce boulot, il faut plus être passionné de vélo qu'avide d'argent. Heureusement, l'hiver
ne ralentit pas les affaires, au contraire. Les messageries véhiculées étant à la merci des
embouteillages hivernaux, les courriers à vélo deviennent une alternative d'autant plus
intéressante. Étant donné que les voitures roulent moins vite, que les piétons sont moins
nombreux et que les Bixis sont entreposés, les risques sont aussi moins grands pour les
principaux intéressés, qui font quand même un métier hivernal dangereux.
00:39:34
[MINOR CORDERO]
En 2007, il y a un char qui a tourné à droite sur une lumière rouge. J'attendais la lumière là, puis
c'est le rétroviseur qui m'a cassé la mâchoire.
Ça, c'est quelque chose qui ressemble à une chaîne de vélo. C'est fait en titane. Mais pourquoi
est-ce que c'est en chaîne de vélo ? C'est vraiment une coïncidence, puis moi, je trouve ça
comme mon petit cadeau de cet incident-là, puis ça va rester ici pour le reste de ma vie.
00:40:10
[SAMUEL GAUDRY]
Une chute, ça, c'est une parmi tant d'autres. C'est un petit peu inévitable, mais on se fait jamais
vraiment mal, là. Surtout l'hiver, parce qu'on est mieux habillés. L'été, c'est différent, là. Tu vas
t'érafler la peau ou peu importe. Mais l'hiver, là, un petit bleu ici et là, puis on passe à autre
chose.
00:40:45
[NARRATEUR]
C'est quand même plus facile de faire du vélo au centre-ville de Sapporo, au Japon. Il y tombe
pourtant plus de 6 mètres de neige par hiver, soit 2 fois plus qu'à Québec, et 3 fois plus qu'à
Montréal, dont la taille est similaire.
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Sapporo est la grande ville la plus neigeuse de la planète. Mais pour simplifier la vie de ses
concitoyens, le maire Fumio Ueda a muni sa ville d'un vaste système de chauffage souterrain
concentré dans 300 secteurs névralgiques. Sur les routes et les trottoirs, la neige fond
quasiment instantanément.
00:41:21
Mais il faut quand même en garder pour le Festival de la neige de Sapporo. Chaque année, ses
palais de glace et ses sculptures dans la neige attirent deux millions de visiteurs, ce qui n'est pas
sans rappeler la popularité de notre Carnaval.
00:41:39
C'est une belle histoire que celle du Carnaval de Québec. L'événement tel qu'on le connaît date
de 1955, mais la tradition est vieille de 100 ans, sinon plus. Les origines remontent à l'époque
païenne, quand on vénérait les saisons plutôt que de célébrer la naissance du Christ. Pour les
catholiques, le Carnaval est devenu une dernière occasion de bombance avant d'entrer dans la
maigre période du carême. Le Carnaval, c'est une célébration de l'hiver en même temps qu'un
pied de nez à cette saison qui, d'ordinaire, force à s'encabaner. Faire la fête dans le froid toute
la nuit, comme pour se réchauffer; prendre un bain de neige à la manière des Scandinaves, mais
sans le sauna; courser en canot sur la glace, une tradition unique à chez nous qui pourrait
d'ailleurs entrer au patrimoine de l'UNESCO. Ce sont autant de façons d'évoquer notre passé
pour le moins aventurier, d'affirmer notre nordicité, de dire que l'hiver, nous l'avons maîtrisé.
Tellement que nous pouvons désormais dormir dehors dans un hôtel de glace.
00:42:53
(Après la pause)
>> Même s'il fait pas beau à une destination ou à un point de départ, la plupart du
temps, on est capables de percer les couches de nuages. Juste le fait de traverser la
couche, puis wow, avoir le gros soleil, quand au sol, c'était super sombre, ça fait du bien.
Je dirais que ça joue beaucoup sur l'humeur, quand même, l'humeur de tout le monde,
avoir un beau soleil au lieu de la neige ou de la mauvaise température.
00:43:29
[NARRATEUR]
S'il est aujourd'hui possible, grâce à l'aviation, de visiter les coins les plus reculés de notre vaste
pays, ça n'a bien évidemment pas toujours été le cas. De la Confédération jusqu'à la Deuxième
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Guerre mondiale, ce sont les chemins de fer qui ont permis l'immense majorité des grands
voyagements canadiens.
00:43:49
Et pour les cheminots d'un océan à l'autre, l'hiver posait aussi tout un défi. Un défi qu'il devenait
particulièrement essentiel de relever, puisque même les plus importants ports du pays étaient
forcés de cesser leurs activités.
00:44:08
À Havre-Saint-Pierre, au beau milieu de l'hiver, il n'y a ni bateaux ni trains.
00:44:25
[HAROLD JOMPHE]
Quand l'avion arrive et qu'il fait pas beau, là, je suis aussi nerveux que le pilote. Il faut pas que tu
laisses de blanc. J'ai pas le droit de laisser un blanc de neige sur une piste d'aéroport, là. C'est
dangereux, là.
00:44:41
Il faut que, quand il arrive, la piste soit propre, puis… Au moins le centre. Tu sais, t'as pas de
plaques de glace, t'as pas de… Si je peux la garder de même, moi, c'est merveilleux. C'est
comme un défi.
00:44:56
C'est de l'entretien. Que ce soit à Alma, que ce soit au Lac-Saint-Jean, que ce soit à Québec…
Tous ceux qui travaillent comme employés pour l'entretien d'une piste, là, ils le savent, eux
autres.
00:45:09
Il faut que tu voies tout en avant de toi, là. C'est plus la sécurité. Les autres affaires, tu les mets
de côté. « Les moineaux », il faut qu'ils atterrissent. Moi, je les appelle « les moineaux ». Il faut
qu'ils atterrissent.
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00:45:21
[NARRATEUR]
Sur la Côte-Nord, les tempêtes ne sont pas rares, qui pourraient rendre périlleux le vol de retour
vers Montréal.
Mais à l'aube, la piste de l'aéroport de Havre-Saint-Pierre est encore et toujours prête au
décollage.
00:45:40
Et même si la météo se gâte, le soleil ne cesse pas d'exister. Pour s'en convaincre, il suffit de
s'élever. Un décollage dans la tempête peut être tumultueux, mais pendant l'ascension, à 3 000
mètres d'altitude environ, l'avion perce les nuages nimbostratus. D'un coup, le chaos météo
cède sa place à la sérénité. Pour les prochaines 2,5 heures, jusqu'à ce qu'ils atterrissent à SaintHubert, les pilotes pourront oublier qu'à quelques kilomètres sous eux, c'est encore l'hiver.
-
C'est reparti pour le bain de soleil.
00:46:18
[LOÏC MARTIN]
Dans presque toutes nos journées, on va justement profiter de nos bains de soleil, là. Même s'il
fait pas beau à une destination ou à un point de départ, la plupart du temps, on est capables de
percer...
Vu qu'on vole à un niveau de vol quand même assez haut, on est capables de percer les couches
de nuages. Puis comme je dis souvent à mes copilotes, je me tannerai jamais de ça. Juste le fait
de traverser la couche, puis wow, avoir le gros soleil, quand au sol, c'était super sombre, ça fait
du bien. Je dirais que ça joue beaucoup sur l'humeur, quand même, puis l'humeur de tout le
monde, là, avoir un beau soleil au lieu de la neige ou de la mauvaise température. Donc, c'est
toujours apprécié des pilotes, je pense, justement, sortir de la couche comme ça puis profiter du
soleil.
00:47:06
[NARRATEUR]
Mais ça n'est pas un luxe que les équipes d'entretien de l'aéroport Montréal-Trudeau peuvent
se permettre.
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[SYLVAIN MARCHAND]
Ici, à Dorval, on est reconnus internationalement.
On participe à des conférences puis on est tout le temps une référence pour les autres
aéroports. On a été sollicités par Beijing, on a été sollicités par Frankfurt, par Heathrow. Donc,
on a vraiment un bon nom. Puis pour ça, bien c'est attribuable à la rigueur.
Puis à nos processus aussi, mais à la rigueur. On n'attend pas que la neige accumule.
Il y a une trace de neige… Puis des fois, le monde qui est pas habitué à ça se demande:
« Coudon, qu'est-ce qu'ils font là ? Il me semble qu'il y a pas grand-chose. » Bien, jamais on va
laisser la neige accumuler.
Dans le livre des normes, ça dit que tu dois faire tout effort raisonnable pour enlever tout
contaminant sur les surfaces où les aéronefs circulent. En 25 ans, j'ai vécu une fermeture. Pas à
cause des quantités de neige qu'on a laissées au sol. C'était vraiment un blizzard, puis la
visibilité, là, c'était 2 pi en avant du véhicule. On a dû même immobiliser les équipements de
déneigement sur le terrain dans le champ. Les gars étaient choqués de ça. Le monde voulait pas
arrêter, mais c'était rendu trop dangereux, là. Les gens ont une fierté et ils sont fiers de dire que
l'aéroport, il ferme pas, ici.
00:48:48
[NARRATEUR]
L'hiver, la plupart des oiseaux fuient notre pays pour des cieux plus chaleureux. Il en est de
même pour les voyageurs saisonniers, que leurs hôtes surnomment affectueusement « les
snowbirds ». De ceux qui ont le courage de rester, certains diraient qu'ils sont des oiseaux rares.
Manœuvrer un avion à des kilomètres d'altitude, pédaler dans les rues grouillantes du centreville, pagayer au beau milieu du fleuve, autant de prouesses qui exigent un certain degré de
témérité. Il faut encore plus de sang-froid pour les accomplir, car dans le ciel, il fait tempête.
Quand les rues sont enneigées, quand le fleuve est gelé, dans notre pays au nord du Nord, où la
neige et la glace font partie du décor, ceux qui passent à travers cette saison comme si c'était la
dernière sont autant de héros des faits d'hiver.
FIN
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