Boisseleau, Ancien château dont il reste des ruines enfouies

Transcription

Boisseleau, Ancien château dont il reste des ruines enfouies
Commune de Rhodon
CHÂTEAU de CHEVIGNY
devenu
CHÂTEAU de BOISSELEAU
ancien fief et manoir
(aujourd'hui disparu)
1
Histoire de Boisseleau Fief et Manoir Commune de Rhodon
C.R.G.P. Février 2012
Dans le Dictionnaire Topographique, Historique et biographique, etc. du Vendômois et de l'arrondissement de
VENDOME, R. de SAINT-VENANT, décrit Boisseleau
BOISSELEAU
Ancien château dont il reste des ruines enfouies sous les ronces. Ces ruines sont
à une centaine de mètres des maisons actuelles de Boisseleau. Le cadastre de Rhodon
en dessine les contours.
Ce château se composait d'une vaste cour rectangulaire flanquée d'une tour à
chaque angle. Ces tours ont entièrement disparu aujourd'hui. On voyait encore la
dernière il y a une trentaine d'années. C'était le pigeonnier du château.
Rochambeau en donne un dessin dans son Vendômois épigraphique (t. II, p.
659).
L'habitation proprement dite formait en plan un H à branches courtes dont la
façade principale était à l'Est.
Voici ce que dit sur ce château, Bernier
"Histoire de Blois" :
(* Jean Bernier 1622-1698)
dans son
« Boisseleau est une maison située à 5 lieues de Blois dans la Beausse, dont le
"seigneur est haut justicier. Il y a environ cinquante ans que Barthelemy Savorny
"escuyer , sieur de la Chaville ,la fit bâtir. Charles Michel, architecte, donna le dessin
"et conduisit l'ouvrage. Elle consiste en un corps de logis accompagné de quatre
"pavillons avec deux basses-cours aux deux côtés qui font une fort agréable symétrie.
2
Histoire de Boisseleau Fief et Manoir Commune de Rhodon
C.R.G.P. Février 2012
"Le jardin qui l'accompagne est côtoyé de deux beaux bosquets de haute futaie
"bornés par un étang, qui a un beau cabinet dans le milieu. Le tout d'une propreté
"achevée ». (Bernier, Histoire de Blois, p. 203, édition 1682)."
Ce que Bernier ne dit pas, c'est qu'alors que les Savorny possédaient ce château,
il ne s'appelait pas Boisseleau mais bien Chevigny et c'est comme seigneurs de
Chevigny et Rhodon (en partie) que figurent les membres de cette famille sur les
registres paroissiaux de Rhodon.
Et tandis qu'on rencontre assez fréquemment ce nom dans les actes et les titres
de la fabrique, il cesse de paraître entièrement après la prise de possession du
château par la famille du Raynier. — (Voir (chevigny).
Les douves, les bosquets et l'étang ont aujourd'hui disparu.
Chevigny, dont Boisseleau a pris la place du être vendu vers 1660 par les
héritiers de la dame de Chevigny, Jeanne de Melissant, veuve de Barthelemy Savorny,
Seigneur de Chevigny.
L'acquéreur, René du Raynier (ou du Regnier), appelé le Chevalier de Boisseleau,
était Seigneur dudit lieu près Droué, et de la Fontenelle, capitaine des gardes du roi,
sixième fils et neuvième enfant d'Isaac du Raynier, Seigneur de Montigny et Droué et
de Madeleine de Moulitard .
Ayant cédé après la mort de son père sa seigneurie de Boisseleau au Perche à
son frère ainé en échange de la Fontenelle, il obtint le droit de donner le nom de
Boisseleau dont il portait le nom à sa nouvelle acquisition à Rhodon ; et Chevigny
devint ainsi Boisseleau, nom qu'il conserva dans la suite.
Il avait épousé Marguerite de Longueval qui mourut en 1681.
Il mourut lui même en 1694, laissant pour enfants :
1°) Alexandre, qui suit ;
2°) Marguerite, baptisée à Rhodon le 20 avril 1664 qui fut religieuse visitandine
à Blois et mourut en 1719 ;
3°) Henri-Valentin, né le 7 avril 1665 et baptisé à Rhodon le Io février 1673 ; il
fut abbé de la Madeleine de Châteaudun, le deuxième de ce nom de du Raynier par
cession de son oncle et parrain Valentin du Raynier. On l'appelait l'Abbé de Boisseleau.
Alexandre du Raynier (ou du Regnier) de Boisseleau, Seigneur de Boisseleau
comme fils aîné de René.
3
Histoire de Boisseleau Fief et Manoir Commune de Rhodon
C.R.G.P. Février 2012
En 1690 il est capitaine au régiment des Gardes, mestre de camp des armées du
roi en Irlande et gouverneur de Limerick. Il fut, depuis, gouverneur de Charleroi, puis
de Cherbourg.
Il était Seigneur de Boisseleau et Rhodon du vivant de son père, puis de la
Fontenelle après lui.
Il mourut le 8 octobre 1698 laissant pour veuve Françoise Angélique Chouart
qu'il avait épousée en 1680, qui mourut elle-même à Boisseleau de Rhodon le 26 août
1699, et fut inhumée à Droué.
On l'appelait par abus le Marquis de Boisseleau ; il était dit Seigneur de la
Fontenelle, Rhodon et Villeneuve (la Frouville).
Ils laissaient cinq filles qui furent mises sous la tutelle de leur oncle Valentin du
Raynier, abbé de Boisseleau :
1°) Henriette-Madeleine, qui fut dame de la Fontenelle ;
2°) Nicole-Catherine, qui suit ;
3°) Pauline-Catherine, dont sa sœur Marie-Louise fut héritière ;
4°) Marie-Louise, qui épousa François Le Bigot, Chevalier Seigneur de Lignièresla-Carelle ;
5°) Marie-Henriette, dont le sort est inconnu.
Nicole-Catherine du Raynier, dame de Boisseleau et Rhodon, épousa, avant
1715, Jules Cormier, Chevalier, Seigneur de la Courneuve, dont un fils, Jean-Marie,
baptisé à Rhodon le 25 août 1705.
Ces époux ne paraissent avoir joui de Boisseleau qu'à titre précaire et la
qualification de seigneur de Boisseleau qui est donnée à Jules Cormier au baptême de
son fils parait de pure courtoisie.
Boisseleau semble réellement être resté indivis entre trois des filles d'Alexandre
du Raynier.
En 1731 la vente pour cause de licitation ( La licitation, du latin licitatio, consiste dans la mise en
vente aux enchères, de manière volontaire par les propriétaires, d'un bien en indivision successorale) de cette terre de
Boisseleau était poursuivie à la requête de François le Bigot, Seigneur de Lignières,
comme époux de Louise du Raynier, laquelle était héritière de Pauline du Raynier, sa
sœur.
Elle fut adjugée pour 35.100 livres, à :
Michel de Lelez, receveur général des finances d'Artois, qui mourut avant 1761,
époque où ses héritiers rendirent aveu au roi pour Boisseleau relevant (en partie) du
Château de Blois.
Ce Michel de Lelez avait été membre d'une société fondée pour l'armement des
corsaires dans le port de Dunkerque ; elle rendit de grands services au temps des
guerres avec les Anglais.
4
Histoire de Boisseleau Fief et Manoir Commune de Rhodon
C.R.G.P. Février 2012
Les héritiers de Michel de Lelez vendirent Boisseleau vers 1770 (?) à :
Jean-Baptiste Chevalier, Écuyer, Maréchal des camps et armées du roi,
gouverneur de Chandernagor, qui fut convoqué en 1789 avec la noblesse du Blésois.
Il était qualifié ainsi : Seigneur de Conan, Boisseleau, Villeneuve, Rodon et
Maves .
Il était fils de Jean-Baptiste Chevalier, Écuyer, avocat général en la Chambre des
Comptes de Blois, et de Marie-Catherine de la Saussaye.
II est mort le 1er Mai 1789 à Conan; dans son acte de décès, il est indiqué : "
Chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, Maréchal de Camp, Ancien Gouverneur
des Établissement du Bengale, Seigneur de Conan, Villeneuve et autres lieux"
Il laisse sa veuve Marie-Anne Rabier d'Aligny de la Tremblaye dont il avait eu 2
enfants :
1°) Georges, qui suit,
2°) et une fille.
C'est ce Jean-Baptiste Chevalier qui fit reconstruire le château de Conan où il
demeurait, avec des matériaux pris à Boisseleau déjà en ruine.
Georges-Louis-Armand Chevalier de Conan, appelé le baron de Conan, en 1789,
né à Chandernagor le 14 janvier 1778, est propriétaire de Boisseleau et Conan après
son père,
Il fut maître des requêtes au conseil d'État, et préfet du Var, etc.
Il vendit Boisseleau en 1844 à Monsieur Lenormand qui acheva la destruction
du château de Boisseleau, abattit les futaies, etc.
Ses héritiers, firent vendre la terre en détail.
Les ruines de Boisseleau avec les bâtiments de la ferme furent achetés en 1890
par Monsieur Morançais , inspecteur primaire honoraire à Tours.
La chapelle domestique du château de Boisseleau était fondée. Son revenu au
XVIIIe siècle était estimé par le chanoine Ditely, valoir 300 livres de revenu.
En 1889, le Marquis de ROCHAMBEAU, dans son "Épigraphie et Iconographie "du Vendômois, indique :
" A 3 kilomètres de Rhodon sont les ruines du Château de Boisseleau, qui
"formait une enceinte rectangulaire "bordée de fossés profonds avec tour aux quatre
"angles."
5
Histoire de Boisseleau Fief et Manoir Commune de Rhodon
C.R.G.P. Février 2012
"Une de ces tours très bien conservées est encore debout."
"Le Château a été démoli à la fin du XVIIIème siècle; il reste encore des
souterrains et des ruines importantes. A "cette époque, cette terre avait été acquise
par M. Chevalier qui l'avait réunie à celle de Conan."
Dans le même dictionnaire topographique de Monsieur de Saint-Venant, concernant CHEVIGNY, il
est dit ceci :
CHEVIGNY
Lieu dit, commune de Rhodon. (Cheugny - XVIème Siècle)
Ancien fief et Manoir, relevant pour partie du château de Blois et pour partie
des châteaux de Viévy et de Marchenoir.
Le Manoir de Chevigny prit au XVIIème siècle le nom de Boisseleau.
En 1409, d'après l'aveu du Comte de Dunois de 1586, ce lieu relevait de
Marchenoir et appartenait à Pierre de Verneuil, sieur de Vienne.
En 1596, d'après un testament relaté au dos du registre de Rhodon portant
cette date, Chevigny est à un sieur de Chaumont.
En 1620, il est à Barthélemy de Savorny qui est parrain à Rhodon. Il est époux de
Jeanne de Mélissant. Il est qualifié de conseiller du roi au Conseil de l 'État et
intendant des turcies et levées des rivières de Loire et du Cher et autres, seigneur de
Chevigny, Rhodon et autres lieux.
Il mourut à Paris de mort violente ainsi que le constate une note en latin très
peu lisible, insérée au registre de Rhodon de l'an 1631.
Sa pierre tombale avec inscription a demi-effacée se trouve dans l'église de
Rhodon.
C'est lui qui bâtit le château de Chevigny, tel que le décrit Bernier dans son
histoire de Blois.
Sa veuve conserva Chevigny.
Elle est marraine ou témoin d'actes à Rhodon jusqu'en 1648.
6
Histoire de Boisseleau Fief et Manoir Commune de Rhodon
C.R.G.P. Février 2012
Elle décéda en 1651 et fut inhumée à Rhodon.
Chevigny du être vendu par les héritiers de Jeanne de Melissant vers 1660 à
René du Raynier, ainsi qu'il est expliqué ci-dessus.
*************************
Bernier, Histoire de Blois, éd° de 1682, p. 203. — Arch L .-et-Cher, I ; 34 ; F, (Fonds Chauvelin), 23 à 26 ; Rapport sur les
Archives de Loir-et-Cher en 1901, par M.Trouillard, archiviste. — Inventaire des Archives hospital de Châteaudun, B 8o7 . —
Reg . de Rhodon, de la Fontenelle, de Droué, etc . — Laroque et Barthclemy, Catalogue des gentilshommes de 1789,
Orléanais, pp . 12 et 46.— Le Loir-et-Cher historique, 1894, col . 104. — Notes sur Boisseleau par M. Morançais, ppre du lieu.
— Notes de M. Storelli sur la famille Chevalier de Conan. — Bibi. De Blois, Ins. 123 (Chanoine Ditely) . — Le Vendômois,
Epigraphie et Iconographie par le Marquis de Rochambeau).
7
Histoire de Boisseleau Fief et Manoir Commune de Rhodon
C.R.G.P. Février 2012