Article sur les Landes de Bretagne (cliquez ici)

Transcription

Article sur les Landes de Bretagne (cliquez ici)
[ Race]
5
[ GRAND-OUEST ]
Le Landes
de Bretagne :
rustique et
bien valorisé
Cette race ancienne coûte peu pour se
nourrir et s’adapte fort bien en zones
difficiles. Ses particularités permettent
de valoriser une carcasse au meilleur prix.
3 Origine de la race
Ce mouton breton est signalé
dans les ouvrages de zootechnie des siècles passés
comme : « petit à tête fine
avec ou sans cornes… à laine
grossière sur le garrot et les
cuisses » ; les tailles signalées
sont de 0,40 m à 0,50 m au
garrot, les couleurs sont blanches, noires ou grises. Les
auteurs le définissent toujours
comme de piètre qualité.
En 1985 subsistaient moins
de 100 têtes chez trois particuliers en Brière (B. Denis
1992). En 1994, puis en
1999, des mesures corporelles et des pesées ont été effectuées. Un descriptif sommaire
permet alors de caractériser
cette population au niveau de
sa morphologie, mais sans
vouloir établir un standard.
• Descriptif :
CRAPAL
De petit format : 50 à 60 cm
au garrot pour un poids compris entre 40 et 50 kg
pour les brebis.
42 [ PÂTRE ] Mai 2008 • N° 554
Les animaux sont en majorité
blancs, le reste étant noirs
(pie éliminés) ; la toison est
semi-ouverte
Les extrémités sont le plus
souvent légèrement à moyennement tachées, mais il existe
des animaux à poil blanc lustré et d’autres fortement
tachés de roux foncé. Les
béliers sont parfois cornus.
3 Des créneaux
pour relancer
la race
Un principe de base lié au
maintien de la variabilité
génétique a d’abord été respecté : utiliser un grand nombre de mâles pour la reproduction.
Considérés comme l’archétype des ovins du Grand
Ouest, ces animaux ayant
une forte identité bretonne,
les sites à grandes contraintes de la région furent rapidement des terrains de prédilection. Sa rusticité
était la qualité essentielle
recherchée pour entretenir,
voire maintenir des paysages
ouverts.
Presque simultanément s’est
posé le problème de la valorisation des produits, la
viande essentiellement. Le travail de terrain à l’initiative du
Crapal, a été la seule manière
de trouver de nouveaux éleveurs à la recherche de
« niches » et d’identité, puis
de les relier entre eux.
Quelques initiatives individuelles, puis des exploitations agricoles s’en sont saisies : on assiste alors à une
très rapide évolution des formats avec actuellement des
hauteurs au garrot jusqu’à
65-70 cm et des poids de 6065 kg. Ce fait met en évidence une grande plasticité
de ces populations dites « rustiques ». Toutes les performances zootechniques s’améliorent, y compris la prolificité
qui évolue de 1 à 1,5.
Bruyère et genêts, ces milieux
s’ouvrent et s’entretiennent
avec le Landes de Bretagne.
La valorisation se fait en
direct, souvent en agrobiologie, avec un produit typé: race
tardive à viande très rouge,
carcasses de 15 à 20 kg à 6-8
mois. Le Landes de Bretagne
est apprécié pour sa différence
et sa saisonnalité.
Est-il nécessaire de préciser
que tous les travaux menés
sur les qualités de la viande
ont toujours démontré qu’il
n’existe aucun rapport entre
la conformation et les qualités organoleptiques de celleci ? De même, aucune corrélation n’a été démontrée
entre la couleur rouge du
muscle et le goût désagréable
de « mouton ». Le procès
envers les races locales, qui a
souvent conduit aux croisements, donc à leur réduction
d’effectifs, est un mauvais
procès.
LOUIS REVELEAU, CHARGÉ DE
MISSION AUPRÈS DU CRAPAL
5
[ Race]
LANDES DE BRETAGNE
l NOUVELLE DONNE POUR L’ÉLEVAGE OVIN
[ EN SAVOIR ]
CRAPAL
Le Landes de Bretagne maîtrise la flore de la lande
PLUS
• Association « Moutons des
pays de Bretagne - « deñved
ar vro » Kerialan 22540 Pédernec
Tél. 02 96 45 29 56
Cette association, qui a pour but la
sauvegarde et la valorisation des
races bretonnes Landes de Bretagne
et Belle-Île, souhaite également
p ro m o u v o i r l a l o ca l i s a t i o n d e
l’économie au travers de filières
courtes et de la vente directe.
CRAPAL
Le site de Carnac est un lieu
emblématique de la Bretagne
où la question de la maîtrise
de la végétation autour des
mégalithes s’est posée dès
1994 avec les premiers
contacts avec le Crapal, puis
l’arrivée des moutons en 1996,
qui a abouti ensuite à la thèse
de doctorat de S. Gallet (2001,
Laboratoire d’écologie végétale de Rennes). Démonstration y a été faite que ce petit
ruminant a des capacités à
maîtriser la flore semi arbustive, y compris celles à épines
comme l’ajonc par exemple.
Les pressions de pâturage sont
à adapter, mais apparaissent
presque toujours faibles.
Ces animaux considérés
comme très adaptables aux
différents milieux ne pâturent
Au pied des mégalithes,
ce mouton entretient la
végétation et sa propre légende.
pas au sens strict du terme sur ce
type de parcours mais se contentent d’abroutir les extrémités
végétatives avec une bonne gestion des ligneux. Cette adaptabilité au milieu se concrétise par un
comportement lié à la configuration du site et au couvert végétal.
Des situations similaires abon-
dent dans le Grand Ouest
(Réserve de Goulien Cap Sizun,
Landes de Brocéliande,
Réserve du Duer Sarzeau, ..).
Parfois la demande est de
maintenir le paysage ouvert et
ce, sur des superficies relativement importantes pour
l’Ouest. La ruralité liée à la perception des paysages est posée
au travers de leur entretien
voire de leur maintien.
• Conservatoire des races
animales en Pays de la Loire
(Crapal) - secrétariat Toulan
44630 Plessé
Tél./fax : 02 40 79 94 34
Mail : [email protected]
Le Crapal est une association loi 1901
créée en 1998 dont le but est de
fédérer les actions de conservation
autour des races et populations à
faibles effectifs présentes dans les
Pays de la Loire. Son président est le
Pr Bernard Denis, également président
de la Société d’ethnozootechnie.
l Plus de 120 éleveurs aujourd’hui
Évolution des effectifs Landes de Bretagne
Nombre de
Nombre de
Nombre
femelles
béliers utilisés
d’élevages
196
400
850
1 003
14
52
92
122
73
117
138
CRAPAL
31994
32000
32005
32007
Source : Crapal déc 2007
Un bon suivi alimentaire
améliore ses performances
et sa conformation.
l
Une évolution régulière des effectifs depuis plusieurs années
Taille des élevages en nombre de femelles par site
Nombre de sites par classe de taille d’élevage
140
120
100
80
60
P. ANDRÉ
40
20
Une carcasse qui peut être de
bonne conformation avec une
qualité de viande appréciée.
0
Plus de 30
21 à 30 11 à 20
6 à 10
1à5
Nombre de femelles par site
Total
L’évolution des effectifs est régulière
depuis plusieurs années, avec une
augmentation autant en nombre
d’éleveurs particuliers que d’animaux
chez les professionnels et
collectivités. Les élevages particuliers
amateurs représentent 75 % des
élevages pour 44 % des femelles en
2007.
La diversité génétique ayant été
recréée sur des milieux divers,
plusieurs phénotypes et formats
existent aujourd’hui sur le terrain :
- un type plutôt archaïque de format
petit à moyen sur les zones difficiles
déjà décrites,
- des formats plus développés en
fonction des conditions de milieu et
chez des éleveurs où l’atelier de
production ovine représente un chiffre
d’affaires notable dans l’exploitation.
N° 554 • Mai 2008 [ PÂTRE ] 43