Fiche Agroforesterie - Chambre d`Agriculture du Gard
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Fiche Agroforesterie - Chambre d`Agriculture du Gard
Fiche Technique Production Peu Développée en Languedoc-Roussillon Autre Production Septembre 2008 Rédigée par : Xavier HAMON Agroforesterie Yves BACHEVILLIER Chambre d’Agriculture de l’Hérault Définition L’agroforesterie est la mise en valeur des terres par une association d’arbres et de cultures ou d’animaux. Une parcelle agroforestière a une double vocation de production : annuelle (culture ou pâture) et différée, à long terme (bois et autre produits de l’arbre). L’association est plus productive que l’assolement agriculture d’une part et forêt d’autre part. Potentiel des marchés Production Principaux pays producteurs Présente sur tous les continents, on retrouve l’agroforesterie sous des formes variées : traditionnelles, comme dans les agroforêts d’Indonésie où les agriculteurs mélangent plus de 300 espèces végétales, ou l’association du blé et de l’olivier dans l’arc méditerranéen depuis l’antiquité ou modernes, ou encore les peuplements de peupliers et paulownia à faible densité en Chine. Sur la filière de bois de qualité, la France pourrait compenser en partie les importations de bois tropicaux (grumes ou planches issues de la 1ére transformation) en provenance d’Asie ou d’Afrique (Libéria, Côte d’Ivoire) si la filière était mieux organisée. Au niveau régional, cette importation passe par le port de Sète. Cependant, la raréfaction de la ressource primaire en bois de qualité et l’imposition de labels de certification, une sylviculture mal adaptée, font que la France ne couvre pas ses besoins en bois de feuillus précieux, laissant un potentiel important à la filière européenne, française et régionale. En outre, l’orientation des productions vers des circuits courts en raison des coûts de transport (énergie) pourrait être un atout intéressant pour une filière locale afin de satisfaire une demande intérieure mais également extérieure proche : le Maghreb, actuellement importateur de bois d’origine canadienne ou polonaise. Face à la raréfaction du pétrole, le marché du bois, fournisseur de matériaux de substitution aux matériaux de construction ou d’ameublement, et d’énergie (biomasse, plaquette) est conjoncturellement favorable. Production en France On recense plus de 1 000 ha agroforestiers en France en 2007, hormis les milliers d’hectares d’agroforesterie traditionnelle (prés-vergers de Normandie, noyeraies du Dauphiné… etc.). L’actualisation de ces données (surfaces, essences) est en cours. Pour plus d’informations contacter l’Association Nationale d’Agroforesterie ou Agroof Développement (Cf. personnes ressources). Globalement les régions concernées sont : (estimations des surfaces en 2007) Languedoc-Roussillon : 200 ha Poitou-Charentes : 200 ha Centre : 100 ha Midi-Pyrénées : 70 ha Basse-Normandie 60 ha Aquitaine : 60 ha Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 1 Partie 2 : Fiche Agroforesterie Auvergne : 35 ha Autres : Franche-Comté, RhôneAlpes, Limousin, Pays de la Loire… Perspectives : L’augmentation des surfaces agroforestières est annuelle et constante. L’intérêt des agriculteurs et des collectivités représente un potentiel intéressant au niveau national. La région Languedoc-Roussillon a une position de leader dans le secteur de la recherche avec le site expérimental de Restinclières (Hérault). Les potentialités de développement restent importantes et ne sont pas encore complètement exploitées, même si la région a du poids au niveau national. L’intérêt des agriculteurs, des collectivités, des syndicats (Hérault, Orb, Vidourle, Vistre, Vistrinques…) et les enjeux territoriaux (arrachage de vignes, protection de la ressource en eau, biodiversité, diversification…) sont favorables à son développement. Organisation commerciale Débouchés actuels : le déroulage, (en particulier pour le peuplier) le sciage, voire tranchage (bois précieux) pour alimenter les secteurs de l’ameublement, la menuiserie et l’ébénisterie. Déroulage/sciage : principalement le peuplier. Même si le tissu de la première transformation est fragile, la mise en place de plateformes de commercialisation va consolider la mise en valeur des bois feuillus. Un développement de l’agroforesterie pourrait s’intégrer dans ce débouché (opportunité). Cependant, on peut retenir que la filière bois est bien développée, organisée et structurée : coopératives forestières, transformation (surtout trituration). Des marchés pour le Mahgreb sont en cours de développement au départ de Arles Commercialisation : emballages légers, placage, panneaux contreplaqués, caisserie, literie…etc. Ameublement - menuiserie – ébénisterie : En ce qui concerne les bois feuillus l’organisation se fait autour de filières courtes, peu développées mais structurées. Les acteurs des filières courtes sont fédérés autour de ARFOBOIS. Dans ce cadre, une bourse des bois artisanaux (BOU’d’BOA) a été mise en place et permet un lien direct le producteur et l’utilisateur. Des opérateurs spécialisés hors de la région peuvent aussi intervenir pour ce type de bois. Destination : placage, meubles, instruments de musique… divers. Débouchés futurs pour la production de bois énergie : granulés / plaquettes (chauffage collectif et individuel) valorisation des rémanents en particulier agrocarburants de 2ème génération (collectivités, autonomie énergétique des exploitations, exploitation de type « Haute Valeur Environnementale »). Perspectives : Création en 2008 sur la plateforme de la Salvetat d’une filière grumes de qualité pour le marché intérieur et extérieur (Europe, Maghreb, Asie). Dans le cadre du pôle d’excellence rural la communauté de communes de la Salvetat a déposé un projet pour développer la filière bois énergie (granulés/plaquettes) et bois d’œuvre de qualité. L’agroforesterie arrive en complément et pourrait représenter 25 à 50 % des bois feuillus précieux à l’échelle régionale. de l’approvisionnement d’ici 30 à 40 ans pour une exploitation annuelle d’une centaine d’hectares agroforestiers. Envisageable : création d’une infrastructure sur le port de Sète pour organiser une exportation soit vers les pays du Maghreb, soit vers les pays du nord. Cela nécessiterait l’exploitation de 5 000 m3 par an, ce qui représente 5 000 ha agroforestier produisant 50m3/ha sur une durée de rotation de 50 ans ( sur la base de 50 à 70 arbres par ha). Le rythme annuel Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 2 Partie 2 : Fiche Agroforesterie objectif régional de plantation devrait alors être de 100 ha en moyenne Envisageable. Développer une filière de bois de Paulownia destiné dans un premier temps à l’exportation, puis au marché intérieur (à développer). Raccourcissement important des durées de rotation de l’ordre de 15 à 20 ans pour ces essences à croissance rapide. Conforter la production au niveau des vallées de la production de peupliers dont la demande reste croissante les cycles de production relativement courts (15 à 20 ans). Synthèse Forte demande intérieure et extérieure. Prix du marché en augmentation. Autres marchés possibles et prometteurs : bois énergie et agrocarburants. Structuration (opérateurs courtes) . commerciale diversifiée spécialisés et filières Perspectives : Création d’une filière bois de qualité pour les bois agroforestiers, via le port de Sète. Prix Les débouchés actuellement sont principalement intérieurs (forte demande nationale pour les peupliers et les feuillus dits précieux) mais l’export est envisageable pour les essences de bois précieux dont la haute valeur ajoutée permet de les transporter sur des distances plus importantes (Europe, Bassin méditerranéen). Le prix dans les échanges varie en fonction de l’essence. Le marché est stable pour les essences de bois précieux (type noyer) mais peut fluctuer annuellement pour les essences à croissance rapide comme le peuplier. Prix du bois frais sur pied à la récolte (période 2000-2008): Essence Peuplier Erable Chêne Frêne Merisier Alisier Cormier Noyer Prix (€/m3) sur pied 30 à 60 90 à 100 et plus 120 à 200 80 à 250 et plus 100 à 350 et plus 300 à 1 500 et plus Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 3 Partie 2 : Fiche Agroforesterie Impact environnemental Impact des intrants Aucun intrant supplémentaire par rapport à la production intercalaire n’est nécessaire. Les arbres agroforestiers ont accès à des ressources profondes du sol (eau, nutriments) et profitent des apports non valorisés par la culture intercalaire (ex : nitrates lessivés). De plus, les litières aériennes (feuilles) et souterraines (racines mortes) augmentent durablement la fertilité du sol en augmentant significativement le carbone organique du sol. Impact sur la ressource en eau La présence d’arbres à faible densité (30 à 100 arbres/ha) a un impact significatif sur le microclimat de la parcelle : réduction de la vitesse du vent, augmentation de l’humidité, meilleure infiltration de l’eau. Il en résulte une réduction de la transpiration de la culture, une plus grande infiltration et une meilleure efficience de l’utilisation de l’eau qui peuvent représenter des économies d’eau substantielles. Enfin, les racines des arbres passent en dessous de la culture en formant un « filet de sécurité », pouvant récupérer tout ou partie des éléments nutritifs et phytosanitaires lessivés, protégeant ainsi la qualité des eaux souterraines. Impact sur les paysages Harmonieuse, originale, évoluant au fil des saisons et des années, les parcelles agroforestières présentent des attraits visuels certains. A l’échelle d’une exploitation (cadre de travail et de vie, valoriser l’image commerciale de l’exploitation) comme à l’échelle d’un territoire, l’agroforesterie est une pièce intéressante de la mosaïque paysagère. Impact sur la biodiversité Les arbres sont source de biodiversité. Leur présence au sein des parcelles cultivées est accompagnée de tout un cortège faunistique et floristique. La biodiversité au sein des parcelles agroforestières est plus importante qu’au sein d’une parcelle agricole. De plus, cette biodiversité s’avère être utile dans le cadre de la protection des cultures (couple auxiliaire/ravageur), de la fertilité du sol (galeries de lombrics)…etc. Impact sur la lutte contre les inondations Les arbres dans les zones a forts risques d’inondations vont avoir un rôle physique important en ralentissant la vitesse de progression de l’eau, en retenant d’avantage les sols, soit par l’impact racinaire mais aussi par la présence de bourrelets qui se forment sur les lignes de plantations. (surtout lorsque les plantations sont en épis). Synthèse Les atouts agro-environnementaux de l’agroforesterie sont avérés (recherche mondiale, européenne, française). Les parcelles agroforestières constituent une alternative réelle à l’agriculture conventionnelle et s’insère dans les orientations des politiques européennes et nationales. Comme dans tout système de production, il reste à préciser progressivement les itinéraires techniques les plus appropriés selon le contexte pédoclimatique du projet. En ce sens, la région Languedoc-Roussillon, avec les différentes expériences menées par l’INRA, le CRPF et les Chambres d’Agriculture, est particulièrement bien placée pour conseiller les futurs porteurs de projets. Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 4 Partie 2 : Fiche Agroforesterie Contraintes techniques agronomiques et L’agroforesterie représente une large palette d’associations qui s’adaptent aux exploitations et aux conditions pédoclimatiques. Type de sols Topographie Adaptation au climat : Propositions d’associations agroforestières Il existe des contraintes bioclimatiques à la fois pour les arbres, mais aussi pour la production associée. Les paramètres clés pour les arbres sont : altitude, acidité et climat. Ci-dessous sont résumées les associations possibles en fonction d’une zone bioclimatique donnée : Les Plaines Caractérisation : de 0 plaines et vallées ; sols profondeur variable et fertiles ; possibilité d’accès à 350 m ; calcaires de généralement à une nappe. Espèces d’arbres (à adapter localement) : Croissance rapide : Noyer hybride , Peuplier, Aulne glutineux, Frêne commun, Paulownia, Orme champêtre, Robinier faux-acacia, Cyprès. Croissance moyenne et lente : Alisier torminal, Cormier, Erable champêtre, Erable de Montpellier, Févier d’Amérique, Mûrier, Arbres fruitiers, Micocoulier, Azerolier. Productions associées : Céréales, Oléo-protéagineux, Semences, Maraîchage, Fourrages, Elevage (ovin, équin, volaille). Eléments favorables : Irrigation possible mais pas obligatoire Forte croissance des arbres attendue Diversité des productions associées possibles Protection de sols et des cultures face aux inondations (érosion, embâcle…) Eléments défavorables : Hydromorphie Pierrosité Les zones de Piedmont Caractérisation : de 200 à 600 mètres ; coteaux et garrigues ; sols calcaires à acides selon topographie ; sols peu profonds à superficiels ( <50 cm) ; hétérogénéité en fonction de la roche mère. Espèces d’arbres (à adapter localement) : Croissance rapide : Robinier, Peuplier Croissance moyenne et lente : Cormier, Erable plane, Erable champêtre, Erable de Montpellier, Erable à feuille d'obier, Alisier terminal, Mûrier, Sureau, Chêne pédonculé, Chêne liège, Chêne rouge, Olivier, Merisier, Arbres fruitiers, Alisier torminal, Alisier blanc. Autres : Arbousier, Noisetier, Chêne truffier. Productions associées : Céréales (ex : blé dur), Arboriculture et maraîchage (ex : cerisier haute tige et oignons), Maraîchage (ex : asperge), Plantes aromatiques et à parfum, Plantes médicinales, Elevage (volaille, caprin, ovin, équin et bovin), Vignes pour raisins de table. Eléments favorables : Protection contre les incendies Microclimat apaisé (diminution transpiration) Brise-vent Contrôle de l’érosion (travail en courbe de niveaux) Eléments défavorables : Réserve en eau du sol Pierrosité Croissance éventuellement ralentie Les montagnes Caractérisation : mètres ; causses, plateaux ; climat montagnard ; sols acide. De 600 montagnes océanique pauvres à à 3 000 et hauts ouest et tendance Espèces d’arbres (à adapter localement) : Croissance rapide : Mélèze, Frêne, Erable sycomore, Hêtre, Merisier, Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 5 Partie 2 : Fiche Agroforesterie Chêne rouge, Châtaigner, Epicéa, Sapin, Douglas. Croissance moyenne et lente : Erable plane, Frêne commun, Sorbier des oiseleurs, Alisier blanc, Alisier torminal, If. Productions associées : Elevage (ovin, bovin), rouges, maraîchage. petits fruits Eléments favorables : Ombre pour troupeau Contrôle de l’érosion Eléments défavorables : Dommage du troupeau sur les arbres (broutage de feuilles accessibles, cicatrices sur tronc…) Implantation de la production La plantation d’arbres à faible densité au sein des parcelles cultivées entraîne une réflexion sur le long terme. Chaque arbre est un arbre d’avenir qui sera gardé jusqu'à la fin de son cycle de production et dont il faut soigner la plantation (sous-solage sur la ligne, piquetage) et la protection (contre les rongeurs, gibiers ou animaux d’élevage). L’orientation et l’espacement des lignes (généralement de 10 à 50 m) sont à ajuster en fonction de la pente, du passage de machines agricoles, du type de culture…etc. Le système agroforestier doit toujours s’adapter au fonctionnement de l’exploitation et ne doit pas constituer une contrainte supplémentaire. Une fois dimensionnée la réalisation d’une parcelle agroforestière est facile à mettre en place. Conduite de la production Pas de contraintes majeures additionnelles pour les cultures intercalaires. La conduite des arbres agroforestiers ne demande pas beaucoup de temps de travail. L’objectif est de former des billes (tronc élagué, droit et sans défaut) de 3 à 6 mètres de hauteur (6 à 12 pour les peupliers). La taille de formation se fait annuellement (hors période de gel et de forte montée de sève) pendant les 10 à 15 premières années (1/3 de la durée de vie de l’arbre) jusqu’à la formation de la hauteur de tronc souhaitée. Puis l’entretien du houppier (tête de l’arbre) peut se faire tous les 2-3 ans, à l’aide d’un lamier, afin d’en réduire le volume et l’impact sur la culture intercalaire. La récolte se fait dès que le diamètre souhaité est atteint. De l’ordre de 15 à 20 ans pour les essences à croissance rapide, de 30 à 50 (moyenne) et de plus de 50 ans pour les arbres à croissance lente. Irrigation L’irrigation est possible mais pas nécessaire. Il faut bien configurer la parcelle dans le cas d’irrigation par enrouleur (larges espacements) ou de couverture intégrale (arbres pas trop près des asperseurs). Contrainte de main d’oeuvre La conduite des cultures en bandes ne nécessite pas plus de temps de travail. Pour les arbres : Taille et élagage : estimé à une demi-journée par hectare les 5 premières années (pour une densité moyenne de 50 arbres) puis jusqu’à 1 journée entière jusqu’à la formation de la bille (10 – 15 ans). Entretien de la bande enherbée : désherbage chimique, mécanique ou thermique ou valorisation par la plantation de culture permanente à caractère productif ou environnemental. Contrainte foncière Généralement planté sur des parcelles en propriété, l’agroforesterie peut aussi concilier les intérêts d’un propriétaire (individuel, collectivité) et d’un fermier suivant un bail agroforestier qui définit un loyer, les modalités d’entretien des arbres et des cultures, la coupe et le sort des arbres. Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 6 Partie 2 : Fiche Agroforesterie Mécanisation L’agroforesterie s’adapte à l’exploitation et à son matériel. La configuration de la parcelle doit tenir compte : Des alignements (distance entre les lignes) Des tournières : espace suffisant pour tourner avec les engins en bout de champ (fonction de la largeur du plus grand matériel, généralement la rampe de traitement) De la largeur des bandes non cultivées aux pieds des arbres (de 1 à 4 mètres) Sensibilité au précédent vigne On veillera au bon dessouchement de la parcelle pour une bonne implantation racinaire des arbres et des cultures. Attention à la toxicité des sols (cuivre) et d’éventuel parasite du sol pour les essences sensibles (ex : pourridié). Etat des références en LanguedocRoussillon Site expérimental de Restinclières (34) Depuis 12 ans, le Domaine de Restinclières (Prades le Lez) accueille des parcelles expérimentales suivies par l’INRA de Montpellier et divers organismes (CTIFL, CRPF…). Sur des sites en plaine inondable (agroforesterie céréalière) ou en coteaux (agroforesterie viticole), caractéristiques des conditions pédoclimatiques de la région, ce site sert également de démonstration pour les agriculteurs et les professionnels de plus en plus nombreux. Ce site a permis la création de références scientifiques et techniques aujourd’hui valorisables dans le développement de l’agroforesterie. Cette activité est soutenue par le conseil Général de l’Hérault. Dans le Gard (30) La même unité de recherche de l’INRA (UMR System) suit des parcelles agroforestières depuis 1996 (peupliers et grandes cultures) en secteur de zone inondable. Dispositif réglementaire auquel la production est soumise Conservation des DPU (totale ou partielle en fonction de la densité des arbres). Des aides à la plantation sont possibles via l’article 44 du Règlement de Développement Rural Européen ou via le Plan Végétal pour l’Environnement (PVE), mais non reprise a ce jour au niveau régional Des aides particulières peuvent être allouées par les collectivités locales (conseils généraux ou communautés de communes) Chez les agriculteurs Le programme de recherche et développement « Agroforesterie 2006 – 2008 » a permis de constituer un réseau national de parcelles pilotes. On compte début 2008 environ 25 parcelles pilotes sylvopastorales et une soixantaine agrisylvicoles. En dehors de ce réseau, des parcelles agroforestières anciennes sont aussi sources de références et les agriculteurs pionnés sont toujours une source d’informations riches. La recherche, les agriculteurs et les organismes professionnels ont contribué ces dernières années à la création et à la vulgarisation des références en agroforesterie. Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 7 Partie 2 : Fiche Agroforesterie Risque financier et intérêt économique pour l’exploitant Résultats économiques et facteurs de risque Dégâts causés par gibier ou climat nécessitant le rachat de plants ou recépage l’année après la plantation. Pas de matériel spécifique nécessaire. L’entretien des arbres peut être fait par un professionnel, mais attention à la baisse de rentabilité du projet. Besoins de trésorerie Le coût de plantation est estimé entre 10 et 12 € par arbre (en parcelle cultivée) et à 15 € en présence d’animaux. Ce coût comprend : L’achat des plants (1 à 1,5 € en moyenne, un peu plus pour les hybrides type noyer) La protection des plants et l’achat de piquets (entre 1 et 10 € suivant la hauteur) La préparation du sol : entre 250 et 370 € en parcelle cultivée comme en parcelle pâturée Au total et en fonction de la production associée : Grandes Cultures Ovins Bovins Densité (nb arbres/ha) 50 100 50 100 50 100 Total par ha 599 € 946 € 941 € 1620 € 2074 € 3880 € Total par arbre 12 € 9.50 € 18.80 € 16.20 € 41.50 € 38.80 € A noter : Les charges d’entreprise pour la plantation correspondent à un tiers des charges. Evolution des rendements de la culture intercalaire : les premières années (arbres élagués), pas de baisse de rendement. Par la suite, cela dépendra de la largeur de la bande cultivée : si la largeur est supérieure à 2 fois la hauteur de l’arbre, l’impact sera faible. Sinon, la baisse du rendement sera nette dès la seconde moitié de la rotation des arbres. Des plantations échelonnées dans le temps limitent l’impact sur la trésorerie de l’exploitation. Risque financier lié aux investissements La marge brute dégagée par une parcelle agroforestière est la somme des marges liées aux cultures pures. MB = Marge Brute Culture Intercalaire (MB CI) + Marge Brute arbre (MB A) La marge brute de la culture intercalaire est très proche d’une parcelle agricole (90%) avec de faibles densités et de larges espacements (Largeur entre 2 rangs d’arbres = 3 fois la hauteur des arbres). En revanche, pour des parcelles plus denses, la marge brute intercalaire baisse et représente 80 à 65 % pour des plantations avec une interbande inférieure à 2 fois la hauteur des arbres. Il faut dans les 2 cas ajouter les revenus tirés du bois ce qui implique une marge brute globale supérieure de 20 à 30% en fonction de la densité. Les facteurs de risques sont principalement les accidents climatiques et parasitaires. Les recettes d’une parcelle agroforestières sont régulières via l’interculture et à moyen / long terme suivant les essences (15 à 20 ans pour un peuplier et 30 à 50 ans pour un noyer par exemple). Dans certains cas, l’agriculteur peut aussi valoriser la production de bois (rémanents de taille) à court terme en production de Bois Raméal Fragmenté ou bois énergie (granulés, agro-carburants…). Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 8 Partie 2 : Fiche Agroforesterie Personnes ressources Chambres d’Agriculture : Sophie HUGUOT - Chambre d’Agriculture du Gard - Mas de l’Agriculture BP 80054 30023 Nîmes Cedex 1 - [email protected] Yves BACHEVILLIER - Chambre d’Agriculture de l’Hérault – Mas de Saporta CS 10010 34 875 Lattes Cedex - [email protected] Jean Pierre LAFON - Chambre d’agriculture de la Lozère - 25 avenue Foch - 48 000 Mende [email protected] Organisations professionnelles et interprofessionnelles : Association Nationale d’Agroforesterie : « Des racines et des cimes » www.agrofresterie.fr pour vous tenir au courant des réglementations, trouver un projet agroforestier près de chez vous, ou partager vos questions et vos idées. Michèle LAGACHERIE - Centre Régional de la Propriété Forestière Languedoc Roussillon (CRPF) – [email protected] Opérateurs économiques : Fabien LIAGRE - Agroof-Développement - 120 Impasse des 4 vents 30 240 [email protected] Bureau d’études coordinateur du programme national « Agroforesterie 2006 – 2008 », impliqué dans la recherche-développement en agroforesterie tempérée. Bibliographie DUPRAZ C. et LIAGRE F., 2008. Agroforesterie : des arbres et des cultures. Manuel d’agroforesterie. Edit France Agricole (publication en cours) CHAMBRES D’AGRICULTURE, 2005. Agroforesterie : produire autrement. Dossier complet, n° Août-Septembre 2005, p.12-41 DUPRAZ C. et LIAGRE F., 2007. Innover en associant arbres et cultures : les atouts de l’agroforesterie moderne. Forêt Entreprise, n° 175, p. 56-60. DUPRAZ C. et CAPILLON A., 2005. L’agroforesterie : une voie de diversification de l’agriculture européenne ? Cahier d’étude DEMETER – Economie et Stratégies agricoles, Paris, 11 p. Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne » 9 Partie 2 : Fiche Agroforesterie