Fiche Agroforesterie - Chambre d`Agriculture du Gard

Transcription

Fiche Agroforesterie - Chambre d`Agriculture du Gard
Fiche Technique
Production Peu Développée en Languedoc-Roussillon
Autre Production
Septembre 2008
Rédigée par :
Xavier HAMON
Agroforesterie
Yves BACHEVILLIER
Chambre d’Agriculture de l’Hérault
Définition
L’agroforesterie est la mise en valeur des
terres par une association d’arbres et de
cultures ou d’animaux. Une parcelle
agroforestière a une double vocation de
production : annuelle (culture ou pâture)
et différée, à long terme (bois et autre
produits de l’arbre). L’association est
plus
productive
que
l’assolement
agriculture d’une part et forêt d’autre
part.
Potentiel des marchés
Production
Principaux pays producteurs
Présente sur tous les continents, on
retrouve l’agroforesterie sous des formes
variées : traditionnelles, comme dans les
agroforêts
d’Indonésie
où
les
agriculteurs mélangent plus de 300
espèces végétales, ou l’association du
blé
et
de
l’olivier
dans
l’arc
méditerranéen depuis l’antiquité ou
modernes, ou encore les peuplements de
peupliers et paulownia à faible densité
en Chine.
Sur la filière de bois de qualité, la France
pourrait compenser en partie les
importations de bois tropicaux (grumes
ou
planches
issues
de
la
1ére
transformation) en provenance d’Asie ou
d’Afrique (Libéria, Côte d’Ivoire) si la
filière était mieux organisée. Au niveau
régional, cette importation passe par le
port de Sète.
Cependant, la raréfaction de la ressource
primaire
en
bois
de
qualité
et
l’imposition de labels de certification,
une sylviculture mal adaptée, font que la
France ne couvre pas ses besoins en bois
de feuillus précieux, laissant un potentiel
important à la filière européenne,
française
et
régionale.
En
outre,
l’orientation des productions vers des
circuits courts en raison des coûts de
transport (énergie) pourrait être un
atout intéressant pour une filière locale
afin de satisfaire une demande intérieure
mais également extérieure proche : le
Maghreb, actuellement importateur de
bois d’origine canadienne ou polonaise.
Face à la raréfaction du pétrole, le
marché
du
bois,
fournisseur
de
matériaux de substitution aux matériaux
de construction ou d’ameublement, et
d’énergie (biomasse, plaquette) est
conjoncturellement favorable.
Production en France
On
recense
plus
de
1 000
ha
agroforestiers en France en 2007, hormis
les milliers d’hectares d’agroforesterie
traditionnelle
(prés-vergers
de
Normandie, noyeraies du Dauphiné…
etc.). L’actualisation de ces données
(surfaces, essences) est en cours. Pour
plus
d’informations
contacter
l’Association Nationale d’Agroforesterie
ou Agroof Développement (Cf. personnes
ressources).
Globalement les régions concernées
sont : (estimations des surfaces en 2007)
Languedoc-Roussillon : 200 ha
Poitou-Charentes : 200 ha
Centre : 100 ha
Midi-Pyrénées : 70 ha
Basse-Normandie 60 ha
Aquitaine : 60 ha
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
1
Partie 2 : Fiche Agroforesterie
Auvergne : 35 ha
Autres :
Franche-Comté,
RhôneAlpes, Limousin, Pays de la Loire…
Perspectives :
L’augmentation
des
surfaces agroforestières est annuelle et
constante. L’intérêt des agriculteurs et
des collectivités représente un potentiel
intéressant au niveau national.
La région Languedoc-Roussillon a
une position de leader dans le secteur de
la recherche avec le site expérimental de
Restinclières (Hérault). Les potentialités
de développement restent importantes
et ne sont pas encore complètement
exploitées, même si la région a du poids
au
niveau
national.
L’intérêt
des
agriculteurs,
des
collectivités,
des
syndicats (Hérault, Orb, Vidourle, Vistre,
Vistrinques…) et les enjeux territoriaux
(arrachage de vignes, protection de la
ressource
en
eau,
biodiversité,
diversification…) sont favorables à son
développement.
Organisation commerciale
Débouchés actuels : le déroulage, (en
particulier pour le peuplier) le sciage,
voire tranchage (bois précieux) pour
alimenter les secteurs de l’ameublement,
la menuiserie et l’ébénisterie.
Déroulage/sciage : principalement
le peuplier.
Même si le tissu de la première
transformation est fragile, la mise en
place
de
plateformes
de
commercialisation va consolider la
mise en valeur des bois feuillus. Un
développement de l’agroforesterie
pourrait s’intégrer dans ce débouché
(opportunité). Cependant, on peut
retenir que la filière bois est bien
développée, organisée et structurée :
coopératives forestières, transformation
(surtout
trituration).
Des
marchés pour le Mahgreb sont en
cours de développement au départ
de Arles
Commercialisation :
emballages
légers, placage, panneaux contreplaqués, caisserie, literie…etc.
Ameublement - menuiserie –
ébénisterie :
En ce qui concerne les bois feuillus
l’organisation se fait autour de filières
courtes,
peu
développées
mais
structurées. Les acteurs des filières
courtes sont fédérés autour de
ARFOBOIS. Dans ce cadre, une
bourse
des
bois
artisanaux
(BOU’d’BOA) a été mise en place et
permet un lien direct le producteur
et
l’utilisateur.
Des
opérateurs
spécialisés hors de la région peuvent
aussi intervenir pour ce type de bois.
Destination : placage, meubles,
instruments de musique… divers.
Débouchés futurs pour la production
de bois énergie : granulés / plaquettes
(chauffage
collectif
et
individuel)
valorisation des rémanents en particulier
agrocarburants
de
2ème
génération
(collectivités, autonomie énergétique des
exploitations, exploitation de type « Haute
Valeur Environnementale »).
Perspectives :
Création en 2008 sur la plateforme
de la Salvetat d’une filière grumes de
qualité pour le marché intérieur et
extérieur (Europe, Maghreb, Asie).
Dans le cadre du pôle d’excellence
rural la communauté de communes
de la Salvetat a déposé un projet
pour développer la filière bois énergie
(granulés/plaquettes)
et
bois
d’œuvre de qualité. L’agroforesterie
arrive en complément et pourrait
représenter 25 à 50 % des bois
feuillus
précieux
à
l’échelle
régionale.
de l’approvisionnement
d’ici 30 à 40 ans pour une
exploitation annuelle d’une centaine
d’hectares agroforestiers.
Envisageable :
création
d’une
infrastructure sur le port de Sète
pour organiser une exportation soit
vers les pays du Maghreb, soit vers
les pays du nord.
Cela nécessiterait l’exploitation de
5 000 m3 par an, ce qui représente
5 000 ha agroforestier produisant
50m3/ha sur une durée de rotation
de 50 ans ( sur la base de 50 à 70
arbres par ha). Le rythme annuel
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
2
Partie 2 : Fiche Agroforesterie
objectif régional de plantation devrait
alors être de 100 ha en moyenne
Envisageable. Développer une filière
de bois de Paulownia destiné dans un
premier temps à l’exportation, puis
au marché intérieur (à développer).
Raccourcissement
important
des
durées de rotation de l’ordre de 15 à
20 ans pour ces essences à
croissance
rapide.
Conforter
la
production au niveau des vallées de
la production de peupliers dont la
demande reste croissante les cycles
de production relativement courts
(15 à 20 ans).
Synthèse
Forte demande intérieure et extérieure.
Prix du marché en augmentation.
Autres marchés possibles et prometteurs : bois énergie et agrocarburants.
Structuration
(opérateurs
courtes) .
commerciale diversifiée
spécialisés
et
filières
Perspectives : Création d’une filière bois
de qualité pour les bois agroforestiers,
via le port de Sète.
Prix
Les
débouchés
actuellement
sont
principalement intérieurs (forte demande
nationale pour les peupliers et les
feuillus dits précieux) mais l’export est
envisageable pour les essences de bois
précieux dont la haute valeur ajoutée
permet de les transporter sur des
distances plus importantes (Europe,
Bassin méditerranéen).
Le prix dans les échanges varie en
fonction de l’essence. Le marché est
stable pour les essences de bois précieux
(type
noyer)
mais
peut
fluctuer
annuellement pour les essences à
croissance rapide comme le peuplier.
Prix du bois frais sur pied à la récolte
(période 2000-2008):
Essence
Peuplier
Erable
Chêne
Frêne
Merisier
Alisier
Cormier
Noyer
Prix (€/m3) sur
pied
30 à 60
90 à 100 et plus
120 à 200
80 à 250 et plus
100 à 350 et plus
300 à 1 500 et
plus
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Agroforesterie
Impact environnemental
Impact des intrants
Aucun
intrant
supplémentaire
par
rapport à la production intercalaire n’est
nécessaire. Les arbres agroforestiers ont
accès à des ressources profondes du sol
(eau, nutriments) et profitent des
apports non valorisés par la culture
intercalaire (ex : nitrates lessivés). De
plus, les litières aériennes (feuilles) et
souterraines
(racines
mortes)
augmentent durablement la fertilité du
sol en augmentant significativement le
carbone organique du sol.
Impact sur la ressource en eau
La présence d’arbres à faible densité (30
à 100 arbres/ha) a un impact significatif
sur le microclimat de la parcelle :
réduction de la vitesse du vent,
augmentation de l’humidité, meilleure
infiltration de l’eau.
Il en résulte une réduction de la
transpiration de la culture, une plus
grande infiltration et une meilleure
efficience de l’utilisation de l’eau qui
peuvent représenter des économies
d’eau substantielles. Enfin, les racines
des arbres passent en dessous de la
culture en formant un « filet de
sécurité », pouvant récupérer tout ou
partie
des
éléments
nutritifs
et
phytosanitaires lessivés, protégeant ainsi
la qualité des eaux souterraines.
Impact sur les paysages
Harmonieuse, originale, évoluant au fil
des saisons et des années, les parcelles
agroforestières présentent des attraits
visuels certains. A l’échelle d’une
exploitation (cadre de travail et de vie,
valoriser
l’image
commerciale
de
l’exploitation) comme à l’échelle d’un
territoire, l’agroforesterie est une pièce
intéressante de la mosaïque paysagère.
Impact sur la biodiversité
Les arbres sont source de biodiversité.
Leur présence au sein des parcelles
cultivées est accompagnée de tout un
cortège faunistique et floristique.
La biodiversité au sein des parcelles
agroforestières est plus importante qu’au
sein d’une parcelle agricole. De plus,
cette biodiversité s’avère être utile dans
le cadre de la protection des cultures
(couple
auxiliaire/ravageur),
de
la
fertilité
du
sol
(galeries
de
lombrics)…etc.
Impact sur la lutte contre les
inondations
Les arbres dans les zones a forts risques
d’inondations vont avoir un rôle physique
important en ralentissant la vitesse de
progression de l’eau, en retenant
d’avantage les sols, soit par l’impact
racinaire mais aussi par la présence de
bourrelets qui se forment sur les lignes
de plantations. (surtout lorsque les
plantations sont en épis).
Synthèse
Les atouts agro-environnementaux de
l’agroforesterie sont avérés (recherche
mondiale, européenne, française). Les
parcelles agroforestières constituent une
alternative
réelle
à
l’agriculture
conventionnelle et s’insère dans les
orientations des politiques européennes
et nationales. Comme dans tout système
de production, il reste à préciser
progressivement
les
itinéraires
techniques les plus appropriés selon le
contexte pédoclimatique du projet. En ce
sens, la région Languedoc-Roussillon,
avec les différentes expériences menées
par l’INRA, le CRPF et les Chambres
d’Agriculture, est particulièrement bien
placée pour conseiller les futurs porteurs
de projets.
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
4
Partie 2 : Fiche Agroforesterie
Contraintes
techniques
agronomiques
et
L’agroforesterie représente une large
palette d’associations qui s’adaptent aux
exploitations
et
aux
conditions
pédoclimatiques.
Type de sols Topographie Adaptation
au
climat :
Propositions
d’associations agroforestières
Il existe des contraintes bioclimatiques à
la fois pour les arbres, mais aussi pour la
production associée. Les paramètres clés
pour les arbres sont : altitude, acidité et
climat. Ci-dessous sont résumées les
associations possibles en fonction d’une
zone bioclimatique donnée :
Les Plaines
Caractérisation : de 0
plaines et vallées ; sols
profondeur variable et
fertiles ; possibilité d’accès
à 350 m ;
calcaires de
généralement
à une nappe.
Espèces
d’arbres
(à
adapter
localement) :
Croissance rapide : Noyer hybride ,
Peuplier, Aulne glutineux, Frêne
commun,
Paulownia,
Orme
champêtre,
Robinier
faux-acacia,
Cyprès.
Croissance moyenne et lente : Alisier
torminal, Cormier, Erable champêtre,
Erable
de
Montpellier,
Févier
d’Amérique, Mûrier, Arbres fruitiers,
Micocoulier, Azerolier.
Productions associées :
Céréales, Oléo-protéagineux, Semences,
Maraîchage, Fourrages, Elevage (ovin,
équin, volaille).
Eléments favorables :
Irrigation
possible
mais
pas
obligatoire
Forte croissance des arbres attendue
Diversité des productions associées
possibles
Protection de sols et des cultures
face
aux
inondations
(érosion,
embâcle…)
Eléments défavorables :
Hydromorphie
Pierrosité
Les zones de Piedmont
Caractérisation : de 200 à 600
mètres ; coteaux et garrigues ; sols
calcaires à acides selon topographie ;
sols peu profonds à superficiels ( <50
cm) ; hétérogénéité en fonction de la
roche mère.
Espèces
d’arbres
(à
adapter
localement) :
Croissance rapide : Robinier, Peuplier
Croissance
moyenne
et
lente :
Cormier,
Erable
plane,
Erable
champêtre, Erable de Montpellier,
Erable à feuille d'obier, Alisier
terminal, Mûrier, Sureau, Chêne
pédonculé,
Chêne
liège,
Chêne
rouge,
Olivier,
Merisier,
Arbres
fruitiers, Alisier torminal, Alisier
blanc.
Autres : Arbousier, Noisetier, Chêne
truffier.
Productions associées :
Céréales (ex : blé dur), Arboriculture et
maraîchage (ex : cerisier haute tige et
oignons), Maraîchage (ex : asperge),
Plantes aromatiques et à parfum, Plantes
médicinales, Elevage (volaille, caprin,
ovin, équin et bovin), Vignes pour raisins
de table.
Eléments favorables :
Protection contre les incendies
Microclimat
apaisé
(diminution
transpiration)
Brise-vent
Contrôle de l’érosion (travail en
courbe de niveaux)
Eléments défavorables :
Réserve en eau du sol
Pierrosité
Croissance éventuellement ralentie
Les montagnes
Caractérisation :
mètres ; causses,
plateaux ; climat
montagnard ; sols
acide.
De 600
montagnes
océanique
pauvres à
à 3 000
et hauts
ouest et
tendance
Espèces
d’arbres
(à
adapter
localement) :
Croissance rapide : Mélèze, Frêne,
Erable sycomore, Hêtre, Merisier,
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
5
Partie 2 : Fiche Agroforesterie
Chêne rouge, Châtaigner, Epicéa,
Sapin, Douglas.
Croissance moyenne et lente : Erable
plane, Frêne commun, Sorbier des
oiseleurs,
Alisier
blanc,
Alisier
torminal, If.
Productions associées :
Elevage (ovin, bovin),
rouges, maraîchage.
petits
fruits
Eléments favorables :
Ombre pour troupeau
Contrôle de l’érosion
Eléments défavorables :
Dommage du troupeau sur les arbres
(broutage de feuilles accessibles,
cicatrices sur tronc…)
Implantation de la production
La plantation d’arbres à faible densité au
sein des parcelles cultivées entraîne une
réflexion sur le long terme.
Chaque arbre est un arbre d’avenir qui
sera gardé jusqu'à la fin de son cycle de
production et dont il faut soigner la
plantation (sous-solage sur la ligne,
piquetage) et la protection (contre les
rongeurs, gibiers ou animaux d’élevage).
L’orientation et l’espacement des lignes
(généralement de 10 à 50 m) sont à
ajuster en fonction de la pente, du
passage de machines agricoles, du type
de culture…etc. Le système agroforestier
doit
toujours
s’adapter
au
fonctionnement de l’exploitation et ne
doit pas constituer une contrainte
supplémentaire.
Une fois dimensionnée la réalisation
d’une parcelle agroforestière est facile à
mettre en place.
Conduite de la production
Pas de contraintes majeures additionnelles
pour les cultures intercalaires.
La conduite des arbres agroforestiers ne
demande pas beaucoup de temps de
travail. L’objectif est de former des billes
(tronc élagué, droit et sans défaut) de 3
à 6 mètres de hauteur (6 à 12 pour les
peupliers).
La
taille
de
formation
se
fait
annuellement (hors période de gel et de
forte montée de sève) pendant les 10 à
15 premières années (1/3 de la durée de
vie de l’arbre) jusqu’à la formation de la
hauteur de tronc souhaitée.
Puis l’entretien du houppier (tête de
l’arbre) peut se faire tous les 2-3 ans, à
l’aide d’un lamier, afin d’en réduire le
volume et l’impact sur la culture
intercalaire.
La récolte se fait dès que le diamètre
souhaité est atteint. De l’ordre de 15 à
20 ans pour les essences à croissance
rapide, de 30 à 50 (moyenne) et de plus
de 50 ans pour les arbres à croissance
lente.
Irrigation
L’irrigation est possible mais pas
nécessaire. Il faut bien configurer la
parcelle dans le cas d’irrigation par
enrouleur (larges espacements) ou de
couverture intégrale (arbres pas trop
près des asperseurs).
Contrainte de main d’oeuvre
La conduite des cultures en bandes ne
nécessite pas plus de temps de travail.
Pour les arbres :
Taille et élagage : estimé à une
demi-journée par hectare les 5
premières années (pour une densité
moyenne de 50 arbres) puis jusqu’à
1
journée
entière
jusqu’à
la
formation de la bille (10 – 15 ans).
Entretien de la bande enherbée :
désherbage chimique, mécanique ou
thermique ou valorisation par la
plantation de culture permanente à
caractère
productif
ou
environnemental.
Contrainte foncière
Généralement planté sur des parcelles
en propriété, l’agroforesterie peut aussi
concilier les intérêts d’un propriétaire
(individuel, collectivité) et d’un fermier
suivant un bail agroforestier qui définit
un loyer, les modalités d’entretien des
arbres et des cultures, la coupe et le sort
des arbres.
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
6
Partie 2 : Fiche Agroforesterie
Mécanisation
L’agroforesterie s’adapte à l’exploitation
et à son matériel.
La configuration de la parcelle doit tenir
compte :
Des alignements (distance entre les
lignes)
Des tournières : espace suffisant
pour tourner avec les engins en bout
de champ (fonction de la largeur du
plus grand matériel, généralement la
rampe de traitement)
De la largeur des bandes non
cultivées aux pieds des arbres (de 1
à 4 mètres)
Sensibilité au précédent vigne
On veillera au bon dessouchement de la
parcelle pour une bonne implantation
racinaire des arbres et des cultures.
Attention à la toxicité des sols (cuivre) et
d’éventuel parasite du sol pour les
essences sensibles (ex : pourridié).
Etat des références en LanguedocRoussillon
Site expérimental de Restinclières
(34)
Depuis
12
ans,
le
Domaine
de
Restinclières (Prades le Lez) accueille
des parcelles expérimentales suivies par
l’INRA
de
Montpellier
et
divers
organismes (CTIFL, CRPF…). Sur des
sites en plaine inondable (agroforesterie
céréalière) ou en coteaux (agroforesterie
viticole), caractéristiques des conditions
pédoclimatiques de la région, ce site sert
également de démonstration pour les
agriculteurs et les professionnels de plus
en plus nombreux.
Ce site a permis la création de
références scientifiques et techniques
aujourd’hui
valorisables
dans
le
développement de l’agroforesterie. Cette
activité est soutenue par le conseil
Général de l’Hérault.
Dans le Gard (30)
La même unité de recherche de l’INRA
(UMR
System) suit des parcelles
agroforestières depuis 1996 (peupliers et
grandes cultures) en secteur de zone
inondable.
Dispositif réglementaire auquel la
production est soumise
Conservation des DPU (totale ou partielle
en fonction de la densité des arbres).
Des aides à la plantation sont
possibles
via
l’article
44
du
Règlement de Développement Rural
Européen ou via le Plan Végétal pour
l’Environnement (PVE), mais non
reprise a ce jour au niveau régional
Des aides particulières peuvent être
allouées par les collectivités locales
(conseils généraux ou communautés
de communes)
Chez les agriculteurs
Le
programme
de
recherche
et
développement « Agroforesterie 2006 –
2008 » a permis de constituer un réseau
national de parcelles pilotes. On compte
début 2008 environ 25 parcelles pilotes
sylvopastorales
et
une
soixantaine
agrisylvicoles.
En dehors de ce réseau, des parcelles
agroforestières anciennes sont aussi
sources de références et les agriculteurs
pionnés sont toujours une source
d’informations riches.
La recherche, les agriculteurs et les
organismes professionnels ont contribué
ces dernières années à la création et à la
vulgarisation
des
références
en
agroforesterie.
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
7
Partie 2 : Fiche Agroforesterie
Risque
financier
et
intérêt
économique pour l’exploitant
Résultats économiques et facteurs de
risque
Dégâts causés par gibier ou climat
nécessitant le rachat de plants ou
recépage l’année après la plantation.
Pas de matériel spécifique nécessaire.
L’entretien des arbres peut être fait par
un professionnel, mais attention à la
baisse de rentabilité du projet.
Besoins de trésorerie
Le coût de plantation est estimé entre 10
et 12 € par arbre (en parcelle cultivée)
et à 15 € en présence d’animaux.
Ce coût comprend :
L’achat des plants (1 à 1,5 € en
moyenne, un peu plus pour les
hybrides type noyer)
La protection des plants et l’achat de
piquets (entre 1 et 10 € suivant la
hauteur)
La préparation du sol : entre 250 et
370 € en parcelle cultivée comme en
parcelle pâturée
Au total et en fonction de la production
associée :
Grandes
Cultures
Ovins
Bovins
Densité (nb
arbres/ha)
50
100
50
100
50
100
Total
par ha
599 €
946 €
941 €
1620 €
2074 €
3880 €
Total par
arbre
12 €
9.50 €
18.80 €
16.20 €
41.50 €
38.80 €
A noter : Les charges d’entreprise pour
la plantation correspondent à un tiers
des charges.
Evolution des rendements de la
culture intercalaire : les premières
années (arbres élagués), pas de baisse
de rendement. Par la suite, cela
dépendra de la
largeur de la bande
cultivée : si la largeur est supérieure à 2
fois la hauteur de l’arbre, l’impact sera
faible. Sinon, la baisse du rendement
sera nette dès la seconde moitié de la
rotation des arbres.
Des plantations échelonnées dans le
temps limitent l’impact sur la trésorerie
de l’exploitation.
Risque financier lié aux investissements
La marge brute dégagée par une parcelle
agroforestière est la somme des marges
liées aux cultures pures.
MB = Marge Brute Culture
Intercalaire (MB CI)
+ Marge Brute arbre (MB A)
La marge brute de la culture intercalaire
est très proche d’une parcelle agricole
(90%) avec de faibles densités et de
larges espacements (Largeur entre 2
rangs d’arbres = 3 fois la hauteur des
arbres).
En revanche, pour des parcelles plus
denses, la marge brute intercalaire
baisse et représente 80 à 65 % pour des
plantations
avec
une
interbande
inférieure à 2 fois la hauteur des arbres.
Il faut dans les 2 cas ajouter les revenus
tirés du bois ce qui implique une marge
brute globale supérieure de 20 à 30% en
fonction de la densité.
Les
facteurs
de
risques
sont
principalement les accidents climatiques
et parasitaires.
Les recettes d’une parcelle agroforestières
sont
régulières
via
l’interculture et à moyen / long terme
suivant les essences (15 à 20 ans pour
un peuplier et 30 à 50 ans pour un noyer
par exemple). Dans certains cas,
l’agriculteur peut aussi valoriser la
production de bois (rémanents de taille)
à court terme en production de Bois
Raméal Fragmenté ou bois énergie
(granulés, agro-carburants…).
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
8
Partie 2 : Fiche Agroforesterie
Personnes ressources
Chambres d’Agriculture :
Sophie HUGUOT - Chambre d’Agriculture du Gard - Mas de l’Agriculture BP 80054 30023 Nîmes Cedex 1 - [email protected]
Yves BACHEVILLIER - Chambre d’Agriculture de l’Hérault – Mas de Saporta CS 10010
34 875 Lattes Cedex - [email protected]
Jean Pierre LAFON - Chambre d’agriculture de la Lozère - 25 avenue Foch - 48 000
Mende [email protected]
Organisations professionnelles et interprofessionnelles :
Association Nationale d’Agroforesterie : « Des racines et des cimes » www.agrofresterie.fr
pour vous tenir au courant des réglementations, trouver un projet agroforestier près de chez vous, ou
partager vos questions et vos idées.
Michèle LAGACHERIE - Centre Régional de la Propriété Forestière Languedoc
Roussillon (CRPF) – [email protected]
Opérateurs économiques :
Fabien LIAGRE - Agroof-Développement - 120 Impasse des 4 vents 30 240 [email protected]
Bureau d’études coordinateur du programme national « Agroforesterie 2006 – 2008 », impliqué dans la
recherche-développement en agroforesterie tempérée.
Bibliographie
DUPRAZ C. et LIAGRE F., 2008. Agroforesterie : des arbres et des cultures. Manuel
d’agroforesterie. Edit France Agricole (publication en cours)
CHAMBRES D’AGRICULTURE, 2005. Agroforesterie : produire autrement. Dossier complet, n°
Août-Septembre 2005, p.12-41
DUPRAZ C. et LIAGRE F., 2007. Innover en associant arbres et cultures : les atouts de
l’agroforesterie moderne. Forêt Entreprise, n° 175, p. 56-60.
DUPRAZ C. et CAPILLON A., 2005. L’agroforesterie : une voie de diversification de l’agriculture
européenne ? Cahier d’étude DEMETER – Economie et Stratégies agricoles, Paris, 11 p.
Synthèse régionale « Alternatives Agricoles à l’arrachage de la vigne »
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Partie 2 : Fiche Agroforesterie