A l`endroit le plus sensible. UNICEF Suisse

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A l`endroit le plus sensible. UNICEF Suisse
UNICEF Suisse
L’excision
A l’endroit le plus sensible.
130 millions de femmes sont excisées dans le
monde. Et toutes les 15 secondes, une petite
fille subit le même sort. L’excision est un rite
cruel qui entraîne des conséquences pour toute
la vie. La lutte pour abolir l’excision est délicate.
L’UNICEF a besoin de votre aide!
La petite fille ignore ce qu’on va lui faire. Ses sœurs «l»’ont
peut-être déjà subi, mais elles ne disent rien. Le père et la mère
en parlent pendant des semaines, mais l’enfant reste dans
l’incertitude. Lorsque «ce» sera passé, la fillette sera une vraie
femme. C’est ce que comprend l’enfant. Puis la chose se passe.
Le mystère attrayant se dévoile. Et ce qui subsiste, ce sont
d’effroyables souffrances, un sentiment de trahison et l’humiliation d’être uniquement acceptée comme femme au prix de cet
enfer. L’excision est un tabou. Elle continue de l’être, non seulement dans les pays qui la pratiquent, mais même en Europe et
aux Etats-Unis.
L’enfance aux enfants.
Qu’entend-on par excision?
L’excision – généralement pratiquée dans la plus tendre enfance –
est une mutilation de l’organe génital féminin avec des conséquences importantes pour la santé. On distingue deux formes
d’excision.
L’ablation du clitoris ou excision sunnite: Lors de ce
type de mutilation, on procède à l’ablation complète ou partielle
du clitoris et des petites lèvres.
PHOTOS: UNICEF/JOANA NAPEIO; BURKINA FASOCP95/3-13/SHADID
L’infibulation ou excision pharaonique: Cette mutilation
consiste en l’ablation complète du clitoris et des petites lèvres.
Des entailles sont pratiquées sur les grandes lèvres de manière
à obtenir une surface rugueuse. Ensuite, les grandes lèvres sont
soit suturées soit pressées l’une contre l’autre de manière à ce
qu’elles se referment. L’écoulement de l’urine et du flux menstruel se produit par un minuscule orifice artificiel. La femme
doit donc être incisée à chaque naissance et souvent même avant
les rapports sexuels.
Une fillette excisée toutes les quinze secondes
Deux millions de fillettes entre quatre et douze ans endurent
chaque année cette horreur. Pratiquée sans anesthésie et dans
des conditions peu hygiéniques, l’excision provoque des infections qui conduisent beaucoup de fillettes à la mort. Mais même
lorsque les fillettes sortent vivantes de l’excision, elles restent
marquées pour la vie. Des douleurs au moment d’uriner et lors
des menstruations, des douleurs lors des rapports sexuels ainsi
que des infections répétées sont des complications courantes.
Les accouchements sont particulièrement dangereux en raison
des pertes de sang occasionnées. On estime que la moitié des
décès liés à l’accouchement sont imputables au fait que les parturientes étaient excisées.
Les raisons
Dans beaucoup de régions d’Afrique, les femmes non excisées
sont encore considérées, au début du 21e siècle, comme des
êtres impurs, inférieurs. Les raisons les plus diverses sont invoquées pour justifier cette pratique. On peut citer la croyance
erronée que les filles excisées seraient en meilleure santé, d’obscurs rituels de purification, la répression du plaisir sexuel ainsi
que la peur très répandue qu’une fille non excisée ne trouvera
pas de mari et restera célibataire. Les familles pauvres qui ont
besoin de l’argent de la dot n’ont pas le courage de s’opposer à
ce consensus social. Bien qu’elle ne soit imposée par aucune
religion, l’excision est souvent considérée comme une loi divine
que l’on pratique en croyant qu’elle augmente la fertilité.
Mutilation ou rite?
La lutte contre l’excision est délicate et nécessite beaucoup de
doigté. On n’aide les personnes concernées ni en condamnant
Pratique et fréquence de l’excision
Pays
Nigeria
Ethiopie
Egypte
Soudan
Kenya
Somalie
Côte-d’Ivoire
Mali
Burkina Faso
Ghana
Femmes
en %
19
80
97
90
32
95
45
92
40
5
Pays
Femmes
en %
Sierra Leone
90
Tchad
45
Guinée
99
Erythrée
89
Tanzanie
18
Bénin
17
Togo
12
Rép. dém. Congo
5
Rép. Centrafricaine 36
Liberia
60
Pays
Femmes
en %
Niger
5
Sénégal
20
Ouganda
5
Gambie
60
Guinée-Bissau
50
Mauritanie
71
Djibouti
98
Yémen
23
Cameroun
1,4
Moins d’un pour cent
ces pratiques en bloc ni en alléguant avec indifférence que, ma
foi, dans ces pays, cela se fait ainsi. L’UNICEF affirme que
l’excision
constitue clairement une violation des droits humains
est une pratique assimilable à la torture comportant des
répercussions durables pour la mère et l’enfant
mutile sans raison un organe initialement sain
est pratiquée sur de jeunes êtres humains sans défense qui
ne peuvent aucunement influencer la décision prise
n’est imposée par aucune religion: ni la Bible, ni le Coran,
ni la Thora n’exigent cette pratique.
L’information aide
Même si cela est difficile à admettre, l’abolition de l’excision
prendra du temps, car seule l’information aide. Les interdictions
à elles seules relèguent cette pratique dans la clandestinité et lui
confèrent un attrait supplémentaire. Vous pouvez lire au dos ce
que fait l’UNICEF en détail. Et vous pouvez aider des petites
filles à entrer sereinement dans leur vie de femme.
Bien qu’aucune religion ne l’exige, l’excision est pratiquée
dans le monde entier. Au fur et à mesure de l’évolution des
mouvements migratoires, elle a cessé depuis longtemps
d’être un phénomène qui ne nous concerne pas. En 2003,
UNICEF Suisse a mené à ce sujet une enquête parmi les
gynécologues. Les résultats montrent que le nombre des
femmes et des filles excisées vivant dans notre pays se situe
autour de 7000 et que l’excision des petites filles est aussi
pratiquée chez nous. Les médecins, les représentants des
autorités et les proches sont tout particulièrement confrontés aux conséquences de cette pratique.
Il est essentiel d’informer sur la situation juridique, urgent
d’expliquer les conséquences de l’excision pour la santé et
indispensable de sensibiliser les communautés concernées.
UNICEF Suisse lance donc un appel de dons pour soutenir la
lutte contre l’excision en Suisse. Veuillez utiliser à cet effet
le bulletin de versement portant la mention «Don pour les
programmes de lutte contre l’excision en Suisse». Merci de
votre appui!
8 mars 2006:
Journée d’action dans la
lutte contre l’excision
L’excision constitue une violation du droit des filles à leur
intégrité corporelle. C’est pourquoi UNICEF Suisse appelle
à faire du 8 mars 2006 – Journée internationale de la
femme – une journée d’action contre l’excision. Aidez-nous
en nous autorisant à citer votre nom dans une annonce,
aux côtés de représentant(e)s de la politique, de l’économie et de la culture.
Pression sur les législateurs au plan national afin d’obtenir
l’interdiction de l’excision. Jusqu’à maintenant, les initiatives
de l’UNICEF ont été fructueuses au Sénégal, au Burkina Faso,
au Ghana, au Togo, en Guinée, au Djibouti et en République
Centrafricaine
C D / 100306
K L E I B E R
L’UNICEF s’est fixé comme but d’abolir l’excision au cours de
ces dix prochaines années. Les moyens sont les suivants:
Soutien des groupements féminins locaux qui brisent le
silence et œuvrent en faveur de la protection des fillettes
Appui aux groupements féminins par le biais de campagnes dans les médias. En Ethiopie, cette mesure a permis
d’abaisser en peu de temps le taux d’excision de 92 pour
cent à 73 pour cent
Entretiens avec les chefs religieux. La proscription de
l’excision par l’imam Al Asghar a entraîné, en Egypte, un
net recul de cette pratique
Collecte de données scientifiques: l’amélioration des connaissances permet de mieux aider. C’est notamment le cas
en ce qui concerne les répercussions d’ordre physique et
psychique subies par les filles et les femmes excisées
Promotion de rites de passages alternatifs comme par
exemple l’ablution du clitoris
Reconversion professionnelle des exciseuses afin d’éviter
leur chômage
Soutien moral et matériel de toutes les personnes qui
s’opposent à l’excision – souvent dans des conditions
difficiles
Comité suisse pour l’UNICEF
Baumackerstrasse 24
CH – 8050 Zurich
Téléphone + 41 (0)44 317 22 66
Fax + 41 (0)44 317 22 27
[email protected]
www.unicef.ch
Compte postal pour les dons:
80–7211-9
UNICEF/WCARO/GIACOMO PIROZZI; KEYSTONE/AP PHOTO/LA VANGUARDIA, KIM MANRESA
Informer,
expliquer,
sensibiliser
en Suisse
aussi
S C H E R E R
Que fait l’UNICEF contre
cette pratique?