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Transcription

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Date :------------------------------Semaine 1
Le Tigre et la Renarde
Un jour, la renarde se trouva nez à nez avec un gros tigre. Elle se dit : « La malice seule pourra me tirer de ce
mauvais pas. » Elle se posta1 hardiment2 devant le tigre et lui cria :
« Dis-donc, toi, prends garde ! »
Le tigre n’en revenait pas, jamais il ne lui était rien arrivé de pareil. Il grommela3 :
« Pourquoi prendre garde ?
-
Parce que je pourrais bien t’écorcher tout vif !
Toi ! s’exclama le tigre au comble de la stupéfaction.
Parfaitement, moi ! Je suis bien plus dangereuse que toi ! Qui a peur de toi ? La souris, peut-être, ou
bien les jeunes lapins ; tandis que, moi, les hommes eux-mêmes me redoutent4 !
- Je n’en crois rien ! gronda encore le tigre.
- Ah ! tu ne me crois pas ! Hé bien, je vais te le prouver. Suis-moi ! »
Elle se mit à galoper au milieu des hautes herbes vers la route qui reliait le village à la ville. Le tigre la suivit.
Les hautes herbes cachaient la petite renarde tandis que chacun pouvait voir le tigre au premier coup d’œil. Dès
qu’ils l’aperçurent, les villageois s’enfuirent à toutes jambes.
La renarde dressa la tête hors des herbes et dit :
« Alors, tu as vu, tigre ! J’étais la première et, dès que les villageois m’ont vue, ils se sont enfuis : ils n’ont
même pas fait attention à toi ! »
Le gros tigre dut bien en convenir5 : la renarde courait bien devant lui et les gens s’étaient bien sauvés en
l’apercevant ! Tout à coup, il se mit lui aussi à avoir peur du petit animal. La queue entre les jambes, il se hâta
de se mettre en sûreté. Du coup, la renarde cessa, elle, d’avoir peur. Elle se rendit compte que la force ne réside
pas dans des crocs6 pointus et des griffes acérées7 mais dans un esprit malin.
Alena Benesova, Les plus belles histoires d’animaux, Grund, 1991.
Mots expliqués
1
2
3
4
5
6
7
Se placer pour une action déterminée
Courageusement
Murmurer, se plaindre entre ses dents
Craindre, avoir peur
Admettre
Dents
Dures, tranchantes et pointues
12345678-
Compréhension et langue
Dégagez du texte un indice prouvant que les animaux sont représentés de manière anthropomorphe.
Au début du texte, pourquoi le Tigre est-il stupéfait ?
Quelle ruse la Renarde invente-t-elle pour prouver au Tigre qu’elle est plus forte que lui ?
L’attitude du Tigre envers la Renarde est-elle la même au début et à la fin du récit ? Justifiez votre
réponse.
Recopiez la morale de cette fable puis reformulez-la à votre manière.
Mettez les phrases suivantes au pluriel : « Elle se mit à galoper au milieu des hautes herbes vers la route
qui reliait le village à la ville. Le tigre la suivit. »
Relevez dans le texte deux adjectifs épithètes et précisez le nom que chacun qualifie.
Indiquez la fonction de chacun de ces groupes nominaux (sujet, COD ou attribut du sujet).
-
« dangereuse » (ligne 8)
« la malice » (ligne 1)
« la petite renarde » (ligne 13)
9- Conjuguez le verbe « se mettre » à la 3e personne du singulier, aux quatre temps simples de l’indicatif.
10- Quelle est la nature de l’article « des » dans l’expression « au milieu des hautes herbes » ?
Production écrite
Rédigez une fable moderne répondant à la morale proposée par le texte. Vos personnages seront des animaux
personnifiés. N’oubliez pas d’écrire la morale à la fin du récit.
Date :------------------------------Semaine 2
Les deux sœurs (conte de Pologne)
Une veuve avait deux filles. Elle adorait Hanna l’aînée et détestait Dorothée, la plus jeune, qui n’arrêtait pas de
travailler.
Un jour, Dorothée se perdit alors qu’elle cueillait des fruits sauvages dans la forêt. Une vieille femme vêtue de
noir et dont les cheveux blancs touchaient le sol arriva et la vit pleurer. Elle lui proposa de l’accompagner et de
devenir sa servante.
Dorothée la suivit. Elles atteignirent le bord d’une rivière.
-
Porte-moi sur l’autre rive, dit la vieille, sinon le courant m’entraînera.
Sans hésiter, la jeune fille la mit sur son dos et traversa la rivière. Elles arrivèrent enfin à la maison de la vieille
et la fillette se mit aussitôt au travail. Sans prendre le temps de se reposer, elle s’occupait de la maison et des
animaux, toujours souriante.
Une année s’était écoulée quand la vieille déclara :
-
Tu as été une bonne servante. Comme récompense, choisis l’un de mes coffres.
Dans la chambre de la vieille, se trouvaient de nombreux coffres. Dorothée choisit le plus simple et disparut
soudain pour se retrouver chez elle. En la voyant arriver, sa mère et sa sœur se fâchèrent car elles croyaient en
être débarrassées. Dorothée leur raconta son aventure et ouvrit le coffre : il contenait des pièces d’or et des
pierres précieuses. Un prince sortit du trésor et il s’adressa à la jeune fille :
-
Veux-tu être ma femme ? Je ne veux épouser personne d’autre.
Hanna et sa mère faillirent s’étrangler de rage ! Hanna partit dans la forêt pour tenter sa chance. Elle rencontra
la même vieille et lui dit qu’elle voulait le même sort que sa sœur. Mais Hanna refusa de porter la femme sur
son dos en traversant la rivière et passa une année chez la vieille à ne rien faire…
Quand enfin Hanna voulut rentrer chez elle, elle emporta un coffre en or, incrusté de pierres précieuses. Elle
ouvrit le coffre dans la maison de sa mère, et un serpent en sortit et siffla :
-
Veux-tu être ma femme ? Je ne veux épouser personne d’autre.
Tous les lézards et les serpents du bois se jetèrent sur la mère et sur sa fille aînée et les emportèrent au cœur de
la forêt ! Quant à Dorothée, elle suivit son prince dans un lointain royaume et ils vécurent heureux.
Compréhension et langue
1- Quelle est la première épreuve que la vieille impose à Dorothée ?
2- Quels sont les trois principaux traits de caractère de Dorothée ?
3- Relevez quatre différences entre l’expérience de Hanna et celle de Dorothée avec la vieille.
4- Quelle leçon de vie donne ce conte ?
5- Donnez le nom commun dérivé des mots suivants : adorer, refuser, hésiter et disparaître
6- Indiquez la valeur du passé simple et celle de l’imparfait dans la phrase suivante « Un jour, Dorothée se
perdit alors qu’elle cueillait des fruits sauvages dans la forêt. »
7- Relevez deux compléments circonstanciels de lieu contenus dans le texte.
8- Quels sont les quatre types de phrases ? Relevez un exemple pour illustrer chacun.
9- Quelle est la fonction du GN « à la jeune fille » dans l’expression « et il s’adressa à la jeune fille » ?
10- Mettez l’expression suivante à la forme négative « il contenait des pièces d’or et des pierres
précieuses ».
Production écrite
Rédigez un conte d’une vingtaine de lignes en insistant sur l’importance du partage entre les êtres humains.
Date :------------------------------Semaine 3
COMMENT MOÏSE ÉCHAPPA A LA MORT
" La couronne de Pharaon"
Or, dans la famille de la tribu de Lévi, naquit un garçon. C’était un enfant magnifique, souriant. Comme il ne
pleurait jamais, sa mère Jocabed réussit à le cacher pendant trois mois. Mais le cœur des parents était empli de
crainte. " Que quelqu’un le découvre ici, dit un jour Amram, le père, et il sera tué. Confions-le plutôt à la
Providence1… "
Jocabed prépara un berceau d’osier, l’enduisit de bitume2 et de poix3, y plaça l’enfant et alla le déposer au bord
du Nil, entre les roseaux.
Le roi d’Égypte n’avait qu’une fille, Bithya, et l’adorait. Héritière du trône, elle se désespérait de n’avoir pas
d’enfant.
Jocabed en larmes venait à peine de déposer le berceau entre les roseaux que la fille de Pharaon, accompagnée
de ses suivantes, descendit vers le Nil pour se baigner. A quelques pas s’était cachée Myriam, sœur aînée du
bébé. La princesse aperçut le berceau et ordonna à sa servante d’aller le chercher.
Le bel enfant pleurait. "C’est sans doute quelque enfant hébreu", dit Bithya, prise de pitié. Une si grande
tendresse habitait sa voix que Myriam prit le risque de s’avancer.
"Veux-tu que je cherche une nourrice parmi les femmes des Hébreux? demanda-t-elle.
- Va", répondit la princesse. Et Myriam alla chercher Jocabed.
Ainsi l’enfant retrouva-t-il les bras de sa mère. Il resta deux ans dans la maison de son père, puis un jour
Jocabed dut prendre le chemin du palais royal pour le rendre à la fille de Pharaon. Celle-ci lui donna le nom de
Moïse, qui signifiait "sauvé des eaux".
Le roi Pharaon s’attacha tendrement au garçon. Le serrant contre son cœur, il lui parlait souvent du destin qui
l’attendait : héritier du trône d’Égypte. Or il se produisit un jour un fait terrible. Moïse saisit la couronne du roi
et la plaça sur sa propre tête. Des cris indignés4 retentirent parmi les courtisans5. Troublé par ce geste, Pharaon
demanda aux devins6 ce qu’il pouvait signifier.
"C’est clair ! s’écria l’un d’eux. Cet enfant ne pense qu’à te prendre la royauté. Il faut le tuer avant qu’il ne
puisse accomplir son dessein7. Longue vie à Pharaon !
- Longue vie à Pharaon ! " clamèrent les mages, menaçants.
Mais voici que se leva Jéthro, un conseiller. " Ô Roi, supplia-t-il, ne t’empresse pas d’écouter ceux qui veulent
tuer l’enfant, car tu risques de verser un sang innocent. Moïse est jeune, ne sait ce qu’il fait. Voici mon conseil,
ô Roi : qu’on apporte deux bassines, l’une emplie d’or et de pierres précieuses, l’autre pleine de charbons
ardents. Si l’enfant s’empare des pierres précieuses, nous saurons que son geste était réfléchi et qu’il mérite la
mort. Mais s’il choisit les braises, cela signifiera qu’il est innocent et simplement attiré, comme tous les
enfants, par les objets de couleur brillante. "
L’avis plut à Pharaon. Placé devant les deux bassines, Moïse fut attiré par l’or et les pierres précieuses…, mais
l’ange Gabriel poussa son bras, et l’enfant saisit un charbon ardent, rouge vif, qu’il porta à sa bouche. Il se
brûla les lèvres, le bout de la langue et de là vint que, toute sa vie, Moïse bégaya.
Michèle Kahn, "Contes et légendes de la Bible", Edition Pocket Junior, coll. Mythologie, 1994, pp. 100 à 102
Mots expliqués
1 Dieu gouvernant la création
2 et 3 matières à base de goudron qui rendent les surfaces imperméables
4 en colère
5 personne qui fréquente la cour d’un prince, d’un souverain
6 personnes qui prétendent découvrir ce qui est caché
7 son plan
Compréhension et langue
1- Relevez dans le texte deux raisons pour lesquelles Bithya décide d’adopter l’enfant trouvé.
2- Quelle relation unit Moïse à Pharaon ? Relevez une phrase qui le montre.
3- Pourquoi les courtisans de Pharaon conseillent-ils à ce dernier de tuer Moïse ?
4- Expliquez la proposition que Jéthro a faite à Pharaon pour s’assurer de l’intention de Moïse.
5- Quel est le handicap de Moïse ? Quelle en est la cause ?
6- Prouvez que Moïse a échappé deux fois à la mort grâce à l’intervention de Dieu.
7- Indiquez la nature des déterminants contenus dans les GN suivants : sa mère, un garçon, le chemin du
palais, cet enfant.
8- Relevez les expansions du nom contenues dans les GN « un fait terrible » et « un berceau d’osier » et
précisez la classe grammaticale de chacune.
9- a- Relevez un complément circonstanciel de temps et un complément circonstanciel de manière.
b- Relevez deux épithètes du nom et deux attributs du sujet.
10- Conjuguez le verbe « se lever » aux trois personnes du singulier
a- au passé simple
b- au futur simple
c- à l’imparfait
Production écrite
En imaginant que le handicap de Moïse n’est pas le bégaiement mais la boiterie, rédigez un texte expliquant
l’origine de son mal.
Date :------------------------------Semaine 4
Les paysans de Lycie
La déesse Latone vient d’avoir deux jumeaux, Apollon, qui sera le dieu du Soleil, et Diane, qui sera la déesse de la Lune.
Un jour, elle se trouve avec eux dans une région d’Asie mineure appelée la Lycie. Le soleil, avec sa chaleur
accablante1, brûlait la campagne. Latone, fatiguée, la gorge sèche, était prise par une forte envie de boire. Ses
enfants gloutons avaient bu tout son lait. C’est alors qu’elle aperçut, par hasard, un petit étang au fond d’une
vallée. Des paysans, tout autour, coupaient de l’osier, des joncs et des algues des marais2. La déesse s’approcha
du bord de l’étang et se mit à genoux pour se régaler d’eau fraîche. Mais les paysans lui défendirent de boire.
La déesse leur répliqua alors :
« Pourquoi m’interdisez-vous de boire cette eau ? Elle appartient à tout le monde, de même que l’air et le
soleil. Je vous supplie de me laisser prendre ma part de ce bien commun. Je n’ai pas l’intention de me baigner,
je veux seulement boire. Tandis que je parle, ma bouche n’a plus de salive et ma voix peut à peine passer dans
ma gorge sèche. Laissez-vous émouvoir3, aussi, par ces enfants que je porte et qui tendent leurs petits bras vers
vous. »
Et effectivement, les jumeaux tendaient leurs petits bras vers les paysans.
Mais les paysans continuèrent à la repousser, ils voulaient qu’elle s’éloigne ; ils la menacèrent et même
l’insultèrent. De plus, avec leurs mains et leurs pieds, ils remuèrent l’eau pour la rendre trouble ; ils sautèrent
dans l’étang pour faire remonter la vase4.
La colère l’emporta sur la soif. Latone ne supplia pas davantage ces gens indignes5. Elle ne supportait
plus de parler d’une façon aussi humiliante pour une déesse. Elle tendit alors ses mains vers le ciel et dit :
« Vivez dans cet étang pour toujours ! » Le souhait de la déesse se réalisa. Les paysans prirent plaisir à vivre
sous l’eau, à plonger dans l’étang, à sortir la tête de l’eau, à nager à sa surface, à rester au bord, et à sauter de
nouveau dans l’eau froide. Ils continuèrent même à se disputer sous l’eau, à lancer des insultes. Leur voix
devint rauque6, leur gorge se gonfla d’air, les insultes élargirent leur grande bouche. Leur cou disparut, si bien
que leur tête toucha leur dos. Celui-ci devint tout vert, alors que le ventre, la plus grande partie de leur corps, se
mit à blanchir. C’étaient désormais des êtres nouveaux qui sautaient dans la boue profonde : des grenouilles.
Ovide, Les Métamorphoses.
Mots expliqués
1
2
3
4
5
6
brûlante
plantes qui poussent au bord de l’eau ou dans des endroits humides.
attendrir.
boue qui se dépose au fond des eaux.
cruels, méchants.
rude, pas claire.
Compréhension et langue
12345-
Relevez dans le premier paragraphe trois repères spatiaux pour situer le lieu de l’action.
Dans quel état la déesse Latone se trouve-t-elle au début du texte ?
Citez deux raisons données par la déesse pour convaincre les paysans de la laisser boire.
Les paysans ont-ils été convaincus ? Que font-ils alors pour repousser la déesse ?
Montrez que la métamorphose des paysans de Lycie en grenouilles implique :
a- Un changement de forme
b- Un changement de couleur
c- Un changement de volume
6- Donnez l’antonyme de : disparaître / gonfler / repousser / défendre
7- a- Relevez une phrase injonctive contenue dans le dernier paragraphe du texte.
b- Relevez les attributs du sujet contenus dans les deux dernières phrases du texte et indiquez la classe
grammaticale de chacun.
8- Mettez la phrase suivante au pluriel : « Le souhait de la déesse se réalisa. »
9- Indiquez la classe grammaticale et la fonction du mot « leur » dans « La déesse leur répliqua alors ».
10- Conjuguez au passé composé les verbes suivants : elle tendit / celui-ci devint
Production écrite
En vous promenant dans la forêt, vous écrasez accidentellement un crapaud. Celui-ci, extrêmement gêné, se
métamorphose brutalement en un être humain afin de vous gronder. Racontez en insistant sur les différentes
phases de sa transformation.
Date :------------------------------Semaine 5
L’épreuve de l’arc
Après vingt ans d’absence, Ulysse est enfin de retour dans son royaume, à Ithaque. Les habitants de son île, sa
femme Pénélope l’attendent-ils encore ? Pour le savoir, Ulysse fait en sorte qu’on ne le reconnaisse pas, il se
déguise en mendiant. En arrivant dans son palais, il découvre qu’y sont installés de nombreux prétendants.
Fidèle à Ulysse, Pénélope les a repoussés pendant des années. Mais tout le monde est maintenant persuadé
qu’Ulysse ne reviendra jamais : on presse Pénélope de prendre un autre époux et de redonner ainsi un roi à
Ithaque. La déesse Athéna suggère à Pénélope d’organiser un concours de tir à l’arc.
Pénélope fit ce discours aux prétendants qui l’entouraient :
– Écoutez-moi, orgueilleux prétendants ! Vous occupez cette maison nuit et jour pour manger et pour boire,
tandis que le maître est absent depuis des années. La seule excuse que vous avez pu alléguer à1 votre conduite,
c’est le désir de m’épouser et de faire de moi votre femme. Eh bien venez, prétendants, la lutte est ouverte et le
prix du concours est devant vous ! Je vais vous donner l’arc du divin Ulysse. Celui dont les mains tendront
l’arc sans effort et dont la flèche traversera les douze haches, cet homme-là je le suivrai […].
[Les prétendants essaient de tendre l’arc mais ils échouent l’un après l’autre. Le mendiant demande alors à
essayer. Les prétendants se moquent de lui et l’insultent mais Pénélope souhaite qu’il puisse avoir sa chance.]
[Ulysse] tendit l’arc avec une facilité extrême. Puis, le prenant dans sa main droite, il essaya la corde, qui rendit
un beau son, semblable au cri de l’hirondelle. Les prétendants éprouvèrent une vive douleur et tous changèrent
de couleur. Zeus tonna2 violemment ; ses signes étaient clairs. Le divin Ulysse qui avait enduré mille
souffrances se réjouit qu’enfin le fils de Cronos3 aux conseils tortueux4 lui ait envoyé un présage5. Il saisit une
flèche rapide, posée près de lui sur la table […] puis, visant tout droit et sans quitter son siège, il la décocha.
Elle ne manqua aucune des haches, du premier trou jusqu’au dernier, et ressortit après les avoir traversées
toutes.
Homère, L’Odyssée.
Mots expliqués
1 Donner pour justifier
2 Gronder, en parlant du tonnerre
3 Zeus
4 Difficiles à comprendre
5 Message d’un dieu afin de faire connaître l’avenir
Compréhension et langue
1- D’après le chapeau, que représente Ithaque pour Ulysse ?
2- Pourquoi Ulysse se déguise-t-il en mendiant ?
3- a) Que faisaient les prétendants avant l’arrivée d’Ulysse ?
b) Quels sentiments Pénélope éprouve-t-elle à leur égard ? Justifiez.
4- Quelle épreuve Pénélope inflige-t-elle à ses prétendants ?
5- Quelle est la réaction des prétendants quand Ulysse demande à essayer l’arc ? Pourquoi?
6- a) Quel signe montre que Zeus est du côté d’Ulysse ?
b) Quelle réaction cela provoque-t-il chez Ulysse ?
7- Soulignez quatre épithètes dans le dernier paragraphe du texte.
8- a-Relevez un COS contenu dans le premier paragraphe et indiquez sa classe grammaticale.
b- Relevez un complément circonstanciel de manière et un complément circonstanciel de lieu.
9- Indiquez la classe grammaticale et la fonction du mot « la » dans « Il la décocha ».
10- Mettez les phrases suivantes au pluriel.
« Il saisit une flèche rapide, posée près de lui sur la table […] puis, visant tout droit et sans quitter son siège, il
la décocha. Elle ne manqua aucune des haches, du premier trou jusqu’au dernier, et ressortit après les avoir
traversées toutes. »
Production écrite
Écrivez la suite du texte : Ulysse dévoile sa véritable identité et se venge des prétendants. N’oubliez pas de
décrire les réactions des prétendants et proposez des passages d’action.
Date :------------------------------Semaine 6
Énée fuit Troie
Grâce à la ruse du cheval de Troie, les Grecs sont entrés dans la ville. Ils tuent, pillent, saccagent, mettent le
feu. Le fantôme d’Hector prévient Énée, dernier héros troyen encore vivant, qu’il ne pourra pas sauver Troie.
Son destin est de fuir pour fonder une nouvelle ville, de l’autre côté des mers. Énée quitte donc Troie avec sa
femme Créuse, son jeune fils Iule et son père Anchise.
Déjà à travers la ville enfle le bruit du feu et les tourbillons de l’incendie roulent plus près de nous : « Allons,
cher père, place-toi sur mon cou ; mes épaules te porteront et cette charge ne me sera pas lourde. Ainsi, quoi
qu’il arrive, nous affronterons les mêmes dangers et connaîtrons le même sort. Que le petit Iule m’accompagne
et que ma femme nous suive à quelque distance sans nous perdre de vue. […] Toi, mon père, prends dans tes
mains les objets sacrés et les Pénates1 de la patrie. Pour moi qui sors à peine de cette guerre, de ce carnage, il
m’est interdit de les toucher avant de m’être lavé les mains dans une eau pure. »
À ces mots, j’étends sur mes larges épaules et sur mon cou baissé une couverture, la peau d’un lion fauve, et je
prends mon père sur mon dos. Le petit Iule s’est cramponné à ma main et suit son père d’un pas inégal. Ma
femme vient derrière. Nous avançons à travers l’obscurité ; et moi qui tout à l’heure n’avais peur ni de la pluie
des flèches et des lances ni des rangs serrés de l’armée grecque, maintenant chaque souffle d’air m’épouvante,
chaque bruit me glace et me fait trembler tant pour mon fils que pour mon père.
Déjà j’approchais des portes de la ville et je nous pensais hors de danger, quand soudain je crus entendre
derrière nous un bruit de pas précipités, et mon père qui scrutait l’obscurité s’écria : « Fuis, mon fils, fuis ! Ils
approchent. Je vois les lueurs des boucliers et des armes qui brillent. »
[Soudain, Énée se rend compte que sa femme n’est plus derrière eux. Paniqué, il retourne seul vers la ville en
flammes.]
Je suis décidé à traverser Troie tout entière, à exposer encore ma vie à tous les dangers. Je regagne d’abord les
remparts, franchis la porte par où j’étais sorti et, revenant sur mes pas, j’essaie de retrouver dans la nuit les
traces de notre passage. Partout l’horreur remplit mon âme et le silence même me terrifie. Puis je me rends à
notre maison pour voir si, par hasard, Créuse y serait retournée. Les Grecs l’avaient envahie et l’occupaient
tout entière. À l’instant même le feu dévorateur, activé par le vent, roule jusqu’au sommet du toit. Les flammes
furieuses tourbillonnent dans les airs. Je poursuis mes recherches et passe devant le palais de Priam2 et la
citadelle. Sous les portiques3 déserts, dans le temple de Junon4, Phœnix5 et le détestable Ulysse surveillent
le butin6 des Grecs. […] Autour, debout, la longue file des enfants et des mères épouvantées. J’osai faire
retentir ma voix dans l’ombre, je remplis les rues de mes cris ; dans ma douleur, je ne pouvais cesser d’appeler
Créuse, encore et encore.
Virgile, L’Enéide.
Mots expliqués
1 Les Pénates sont les deux dieux romains de la maison, du foyer, de la famille ; mais aussi, comme ici, les
dieux protecteurs d’une ville. Énée parle des statuettes qui représentent ces dieux
2 Roi de Troie
3 Galeries ouvertes, placées devant les façades, et soutenues par des colonnes
4 Épouse de Jupiter
5 Compagnon d’Ulysse
6 Trésor pris à l’ennemi après une victoire
Compréhension et langue
1- Qui est le narrateur ? À quel camp appartient-il ?
2- a) Que font les personnages au début de l’extrait ?
b) Relevez une parole d’Anchise montrant qu’ils sont en danger.
3- Pourquoi Énée décide-t-il de retraverser Troie malgré tous les dangers ?
4- Pourquoi Énée estime-t-il ne pas avoir le droit de toucher aux objets sacrés ?
5- A quel moment de la journée l’action se passe-t-elle ? Justifiez votre réponse par un indice relevé dans
le texte.
6- Quel sentiment s’est emparé du héros en quittant sa ville avec sa famille ? Relevez un indice qui le
prouve.
7- a-Quelle est la valeur du présent de l’indicatif employé dans le dernier paragraphe du texte ?
b-Quelle est la valeur du futur simple employé au début du texte ?
8- Quelle est la fonction du GN en gras dans « Déjà à travers la ville enfle le bruit du feu » ?
9- Soulignez tous les COD contenus dans le dernier paragraphe du texte.
10- Relevez les épithètes contenues dans le passage suivant et précisez le nom qualifié par chacune.
« À ces mots, j’étends sur mes larges épaules et sur mon cou baissé une couverture, la peau d’un lion
fauve, et je prends mon père sur mon dos. »
Production écrite
Énée retrouve sa femme Créuse et tente de la sauver. Racontez en insérant un petit dialogue entre les
personnages.
Date :------------------------------Semaine 7
Souvenir du pays de France
Combien j'ai douce souvenance
Du joli lieu de ma naissance !
Ma sœur, qu'ils étaient beaux les jours
De France !
Ô mon pays, sois mes amours
Toujours !
Te souvient-il que notre mère,
Au foyer de notre chaumière,
Nous pressait sur son cœur joyeux,
Ma chère ?
Et nous baisions ses blancs cheveux
Tous deux.
[…]
Te souvient-il du lac tranquille
Qu'effleurait l'hirondelle agile,
Du vent qui courbait le roseau
Mobile,
Et du soleil couchant sur l'eau,
Si beau ?
Oh ! qui me rendra mon Hélène,
Et ma montagne et le grand chêne ?
Leur souvenir fait tous les jours
Ma peine :
Mon pays sera mes amours
Toujours !
François-René de Chateaubriand, in Le Dernier Abencérage, 1826
Compréhension et langue
1- Combien de strophes composent ce poème ?
2- Quel est le thème général évoqué par ce poème ?
3- À qui le poète s’adresse-t-il principalement ? Justifiez votre réponse.
4- a-Quel souvenir est évoqué dans la deuxième strophe ?
b-Citez tous les éléments naturels dont le poète se souvient toujours.
5- Quel sentiment éprouve le poète en évoquant ces souvenirs ? Justifiez votre réponse en relevant un
indice dans le poème.
6- Dans la deuxième strophe, relevez une phrase non-verbale et indiquez sa nature.
7- Indiquez la fonction du GN « ses blancs cheveux » (vers 11).
8- Indiquez la fonction du GN « du lac tranquille » (vers 13).
9- Indiquez la fonction du GN « mes amours » (vers 5).
10- Indiquez la fonction des trois adjectifs présents dans la première strophe.
Production écrite
Vous avez maintenant 80 ans. Adressez une lettre à votre meilleur ami afin de lui rappeler les bons moments
vécus ensemble dans votre jeunesse.