Expérimentation de séquences d`enseignement en escalade
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Expérimentation de séquences d`enseignement en escalade
Intervention et Gestion en Activités physique et sportives Département des Sciences de la Motricité Allée des Sports, 4 Bât. B-21 B-4000 LIEGE Tél.: 04/366.38.80 Fax.: 04/366.29.01 Prof. Marc CLOES: [email protected] Formation en cours de carrière Recyclage Education physique 2010-2011 (Fo 260 - module 1) Expérimentation de séquences d’enseignement en escalade, renforcement musculaire, activités d’opposition, jeux collectif et audace Mardi 22 mars 2011 Escalade Serge MIESSE 1 20 ANS D’ESCALADE SCOLAIRE OU COMMENT ELIMINER TOUT RISQUE D’ACCIDENT EN ESCALADE I. L’escalade en milieu scolaire Historique Il y a 20 ans quand j’ai ouvert la 5ème salle d’escalade de Belgique, il n’existait pratiquement pas de structures d’escalade dans les écoles ou dans leurs environs. Quelques enseignants connaissaient vaguement l’escalade et ils rêvaient de faire découvrir ce magnifique sport à leurs élèves. Depuis cette époque des dizaines de milliers d’élèves sont passés dans le centre de sport d’aventure ‘Blueberry-hill’ à Courtrai. Grâce à ce flux, j’ai pu améliorer les techniques d’apprentissage de l’escalade, de la spéléo et d’autres sports d’aventure. Du classique descendeur ‘huit’ par groupe de 6 élèves par moniteur, je me suis efforcé de diminuer les risques de chute tout en rentabilisant l’activité par la réduction du nombre de moniteurs nécessaire et en profitant des innovations techniques. Le centre ‘Blueberry-hill’ est complété par un magasin ‘online’ et un show room de matériel technique d’escalade qui nous permet d’être en ligne directe avec l’industrie et les fabricants de matériel d’escalade. Avec ou sans tapis ? Quelque soit la hauteur des salles, une chute entraine souvent des blessures au grimpeur qui tombe mais aussi et c’est particulier à la salle d’escalade, aux assureurs qui se trouvent généralement en dessous du grimpeur. L’apport de tapis de chute sur le sol des murs d’escalade n’a pas réduit ce risque. Bien au contraire car il donne un sentiment de sécurité fallacieux et augmente l’irresponsabilité des assureurs et des grimpeurs. Synergie J’ai pu aussi remarquer que bien que ce soit le professeur d’EP qui était l’instigateur de l’activité, il se limitait à ce rôle en se déchargeant totalement sur le moniteur d’escalade. Les quelques professeurs d’EP qui restaient actifs pendant la séance m’ont montré à quel point une synergie entre les deux encadrants était bénéfique aux élèves et permettait d’amplifier les résultats de la classe pour autant, bien entendu, que ces professeurs appliquent les consignes du moniteur. Dans ce cadre, j’ai pu initier régulièrement des groupes de 2 classes (50 élèves) simultanément sans renoncer à faire grimper/assurer tous les participants en même temps, sans file d’attende, tout en contrôlant absolument tous les risques. Folie ou irresponsabilité diront certains, surtout quand on sait que la hauteur du mur en question est de 16 m (5 étages). Le formation vise à partager cette expérience et à permettre aux enseignants en EP d’éviter les fautes classiques constatées dans beaucoup de centres d’escalade. II. L’idée principale Tout comme beaucoup de sports d’aventure, l’escalade a comme principale caractéristique que la sécurité passe AVANT l’activité. Ceci engendre généralement des files d’attente et 2 réduit tout simplement le temps d’activité des élèves. Mon idée est de limiter quasi totalement les risques et de mettre tous les élèves en action. Le matériel C’est justement grâce à la grande capacité d’essai du centre ‘Blueberry-hill’ que différents descendeurs, baudriers et cordes ont pu être testés sur une large échelle. Les tests ont été effectués sur toutes les catégories d’enseignement à partir de 6 ans, dans les enseignements professionnel, technique, général, secondaire supérieur, inférieur, et primaire. Les écoles issues de l’enseignement spécial ont aussi fréquenté régulièrement le centre. La durée des tests a toujours été d’un mois minimum. Le yoyo (Camp) Le smart (Mammut) Le descendeur. Le classique ‘8’ a été relégué à l’atelier ‘descendre en rappel’ où il peut encore rendre de bons services. L’arrivé des auto-bloqueurs (gri-gri, logic, yoyo, cinch, smart,…) a considérablement enrichi le choix de dispositifs d’assurage permettant des choix sélectifs suivant la pratique (moulinette, ‘en tête’, rocher, salle,…). Suivant l’objectif de faire grimper le plus de monde en moulinette avec un risque nul, j’ai directement opté pour les systèmes auto-bloquant qui s’accommodent facilement d’un nœud de queue de cheval (voir plus loin). La simplicité d’utilisation et son prix ont dirigé mon choix vers le yoyo (Camp) et le smart (Mammut). Le mousqueton d’accrochage est un HMS en acier (Kong) à vis. Il s’agit du moins cher et du plus solide. Mousqueton acier HMS (Kong) Baudrier ‘collectivité’ joker (Edelrid) 3 Le baudrier. Il est réglable à boucles fermées (aucune partie, ceinture, jambes ne peut s’ouvrir totalement (joker - Edelrid). C’est un baudrier pour les collectivités muni d’une seule boucle d’encordement (partie rouge) et un porte-matériel renforcé. Les cordes dynamiques de 10,5 mm sont des cordes spécialement conçues pour les surfaces artificielles d’escalade (SAE) (Beal ; Edelrid, Cousin,…). III. La mise en place et déroulement Disposition des élèves et de l’encadrant Mur d’escalade (vue du haut) Champ de vision Mur d’escalade (vue du haut) M° Champ de vision M° Encadrant Grimpeur Assureur Figure 1 : Une des meilleures dispositions pour montrer et contrôler en escalade Placez les élèves de même poids 2 par 2 à chaque corde. Un des 2 élèves (le grimpeur) s’encorde avec un double nœud de huit ou enfile un baudrier fixé par un double nœud de huit à la corde, préparé au préalable par l’encadrant. L’autre élève (l’assureur) qui a aussi enfilé un baudrier, suit le professeur pas à pas pour placer l’appareil (le descendeur (yoyo, gri-gri, smart,…) ou enfile un baudrier déjà préparé au préalable. Le double nœud de huit sur baudrier 4 étapes primordiales (Tendre-Bloquer-Rappel-Descendre) 4 1. Une fois le matériel placé, commencez immédiatement l’avalage de la corde, ensemble avec tous les ‘assureurs’, d’abord avec les 2 mains en dessous du descendeur puis avec une main au dessous et une en dessous du descendeur (tendre la corde). Attention le grimpeur reste au sol ! (risque zéro). 2. Tendez encore une fois la corde et demandez aux ‘grimpeurs’ de se placer face contre le mur les mains derrière le dos, les jambes écartées. 3. Quand la corde est tendue, montrez et faites prendre connaissance du mécanisme de blocage (yoyo, …). Le grimpeur est toujours au sol. 4. Assurez vous qu’aucun ‘assureur’ ne touche ni le descendeur ni la corde. Le descendeur va bloquer la corde (bloc). 5. Faites plier les genoux des ‘grimpeurs’ pour qu’ils s’assoient sur le sol et prennent la position du ‘rappel’ (les épaules en arrière jambes horizontales, …). 6. Laisser tous les grimpeurs se stabiliser en position de rappel ; profitez même de la situation pour laisser pendre les ‘grimpeurs’ récalcitrants qui découvrent une nouvelle sensation. 7. Commencez la démonstration de ‘descende’ du grimpeur en plaçant la main du bas en dessous du descendeur et expliquant qu’elle ne doit surtout pas monter au dessus du descendeur, supprimant ainsi la courbe de la corde. Placez la main du haut sur le levier du descendeur en expliquant que la manipulation doit être progressive et maintenue sans à coup (descendre). Gérer les risques La hauteur du grimpeur est proportionnelle à l’expérience de l’assureur. Le risque zéro à ce moment est atteint si le grimpeur reste au sol pendant tout l’apprentissage de l’assureur. 1. Maximalisez l’expérience dans un environnement ‘inoffensif’, c'est-à-dire à une hauteur minimale (0 m, 0,5 m, 1 m), demandez un maximum de répétition (10x) à ces hauteurs et faites passer un test (test de la plume). 5 2. Mettre un ou des ‘crans d’arrêt’ en scindant la longueur de descende. Il ne sera plus possible de descendre les 16 m sans un arrêt obligatoire 5 m avant le sol. Une des clefs du risque zéro est la mise en place sur la corde juste après le descendeur quand le grimpeur est à 5 m de haut d’un nœud de ‘queue de cheval’. Ce nœud empêchera la corde de laisser le grimpeur descendre plus bas que la hauteur choisie à l’ascension (voir ci-dessus). Si tout se passe normalement l’assureur enlèvera ce nœud lorsque le grimpeur reviendra à 5 m, la manœuvre est simple et sans effet sur le coulissement de la corde car le nœud disparaît lorsque l’assureur tire de ses 2 mains la corde en dessous du nœud vers le bas. Le nœud peut être mis soit par l’assureur soit par l’encadrant. Jouez sur la collaboration du grimpeur pour qu’il réclame le nœud quand il a atteint les 5 m, c’est sa sécurité. Nœud de queue de cheval ou faux nœud Avantages 1. Les élèves sensibles à la peur du vide auront l’occasion de participer (ils seront d’accord à ces hauteurs (0 m), il n’y a pas de laissé pour compte ou d’abandonné, toute la classe participe. C’est peut être l’occasion de diminuer cette peur. 2. Les élèves sensibles à la peur du vide pourront s’habituer à la sensation (inconnue ou jugée désagréable) de pendre à une corde, toujours grâce à votre option de travailler à basse hauteur. 3. De plus tout en étant opposé à l’idée de grimper, ils se sentiront utiles car ils le sont vraiment pour ceux et celles qui apprennent à ‘assurer’. En effet sans le poids de ces grimpeurs récalcitrants les appareils d’assurage ne fonctionnent pas (un peu comme des freins à l’arrêt). 4. Malgré l’aspect répétitif et peu glorieux (0 m), les élèves sont très attentifs et soucieux d’expérimenter leurs nouveaux acquis. Il n’y a pas de files d’attente. 5. En cas de mauvaise utilisation du matériel, il n’y a pas d’accident, même pas une entorse. IV. Références 6 Pour les photos de matériel : http://blueberry-hill.be/ Pour le maniement du smart : (Mammut)http://www.mammut.ch/en/belaydevices_product_handling_smart.html 7