Quelle relation entre banques, marchés financiers et
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Quelle relation entre banques, marchés financiers et
Quelle relation entre banques, marchés financiers et croissance économique dans la région MENA ? HAKIMI Abdelaziz*a, KHAZRI Bilel*b et DJELASSI Mouldi*c Résumé Le débat sur la relation entre la sphère financière et la sphère économique réelle était fortement ambigu. Certaines études ont montré une association positive entre ces deux sphères alors que d’autres ont présenté la thèse parfaitement opposée. Sur la base des données relatives à 11 pays MENA, observés durant la période 1995-2010 et en utilisant la méthode GMM de panel dynamique, nous avons pu monter qu’il existe une relation positive entre le développement bancaire, le developpement financier et la croissance économique. Cette relation et de plus en plus intense pour le rôle du développement bancaire et elle renvoie à un effort d’innovation et de modernisation du système financier des pays MENA. Mots clés : banques, marchés financiers, croissance économique, MENA, GMM données de panel dynamique Classification JEL: E44, C33 What’s the relationship between Banks, Financial Market and economic growth in MENA countries Abstract The debate on the relation between the financial development and the growth economic was strongly ambiguous. Many studies showed a positive association between these two spheres whereas others presented the perfectly opposed thesis. On the basis of data relating to 11 MENA countries, observed during the period 1995-2010 and by using the GMM method of the dynamic panel, the result showed that there is a positive relation between the banking and financial development and economic growth. This relation is more important for the role of the banking development and it encourages an effort of innovation and modernization of the financial system of the MENA countries. Key words: banks, financial Market, growth economic, MENA countries, GMM dynamic panel. JEL Classification : E44, C33 *a Faculté des sciences juridiques, économiques et de gestion de Jendouba. Adresse : Poste Essanabel BP 554. E-mail : [email protected] *b Faculté des sciences juridiques, économiques et de gestion de Jendouba. Adresse : Poste Essanabel BP 634. E-mail : [email protected] *c Ecole supérieure des sciences économiques et commerciale. E-mail : [email protected] 1 Introduction Les années récentes ont été marquées par une avancée significative dans l’étude de la relation entre le système financier et la sphère économique réelle. Deux courants de la littérature viennent s’interposer : l’un montre l’effet favorable du développement du secteur bancaire et du marché financier sur la croissance économique, alors que l’autre soutient la thèse parfaitement opposée. Les actions d’ouvertures et de dynamisation du système financier en générale et du système bancaire en particulier sont à l’origine d’une instabilité financière et d’une propagation des crises bancaires qui se sont traduites par un déclin de la croissance économique qui est dû à l’importance des coûts envisagés. L’effet positif du développement financier sur la croissance économique a été initialement étudié par les auteurs de l’école de répression financière à savoir Mc Kinnon. RI (1973) et Shaw.E (1973) et les auteurs de l’école libérale à savoir Keynes et Hicks. Ces auteurs ont montré qu’un système financier efficace, dynamique et modernisé est à l’origine d’une accumulation de capital, d’une stimulation de l’investissement et par ensuite d’un développement économique. L’effet néfaste du développement du système bancaire et du marché financier sur la croissance économique a été tiré à partir des crises bancaires et financières récentes dans le cadre d’une politique de libéralisation financière. D’une part, la forte asymétrie d’information caractérisant les marchés financiers, peut être à l’origine d’un échoue dans la coordination de l’allocation de l’épargne à l’investissement. Cette compagne d’asymétrie informationnelle peut fausser les anticipations des investisseurs qui préfèrent investir dans un univers moins risqué que dans un autre incertain et plus risqué. Ceci en tenant compte le degré d’aversion au risque des investisseurs, l’imperfection des marchés financiers et du niveau élevé des coûts de transactions. Ce dysfonctionnement du marché financier et cette intermédiation inefficace ne peuvent que ralentir la croissance économique. D’autre part, les récentes crises d’insolvabilité bancaire ont plongé les économies dans des périodes de récession. Cette expérience nous a donné un exemple de l’influence négative du développement du secteur bancaire sur la performance macroéconomique. Ces dysfonctionnements bancaires peuvent se transformer en crises bancaires ou financières générant des énormes coûts à toute l’économie. L’absence d’un consensus en ce qui concerne l’effet du développement du secteur bancaire et celui du marché financier sur la croissance économique nous amène à vérifier cette relation dans un contexte des pays MENA. Pour répondre à cette problématique, une étude théorique et une validation empirique paraissent être utiles. Pour ce faire, nous nous proposons d’étudier dans ce papier et dans une première partie : une revue de la littérature théorique et empirique de la relation entre banques, marché financier et développement économique. Dans une deuxième partie on tentera d’étudier la relation ambiguë entre banques, marchés financiers et croissance économique. La troisième partie fait l’œuvre d’une validation empirique de l’effet combiné des banques et du marché financier sur la croissance économique pour le cas des pays MENA. 2 1. La tendance du développement bancaire, financier et la croissance économique Pour donner un aperçu sur la nature de la relation entre le développement financier, bancaire et de la croissance économique dans la région MENA, nous avons choisi trois indicateurs bancaires et financiers des 11 pays et qui permettent de mieux renseigner la tendance de l’évolution du développement financier, bancaire et économique. Les deux graphiques cidessus permettent de donner une illustration pour les 11 pays MENA (graphique 1) et une autre annuelle 1995-2010 (graphique 2). Graphique 1: Evolution du taux de croissance de PIB par habitant (%), capitalisation boursière et crédit privé 11 pays MENA 140,00 120,00 100,00 80,00 GDP 60,00 MARKET CAP 40,00 PCREDT 20,00 OMAN MAROC LIBAN KOW JORD IRAN EAU EGY BAH ARABS TUN 0,00 D’après ce graphique, nous constatons que la plupart des pays de la région MENA connaissent un faible taux de croissance annuel moyen de PIB par habitant. Ce taux varie entre 3% et 5% respectivement pour l’Arabie Saoudite et l’Émirats arabes unis. Nous constatons ainsi qu’il existe des niveaux différents de développement des marchés financiers dans les 11 pays MENA de notre étude. Certains pays connaissent un marché financier plus développé et plus dynamique alors que d’autres se caractérisent par un faible marché financier. La Jordanie paraît comme le pays ayant le plus dynamique marché financier avec un niveau moyen de capitalisations boursières rapportées ou PIB réel par habitant de 121,53. Ce pays a été suivi par le Bahreïn avec un niveau de 102,89. Par contre la Tunisie et le Liban connaissent des marchés financiers le moins développés avec respectivement un niveau moyen de capitalisations boursières rapportées ou PIB réel par habitant de 14,73 et 18,62. Le niveau des crédits bancaires fourni pour le secteur privé paraît satisfaisant dans la majorité des pays MENA. Ceci argumente l’importance du secteur bancaire dans les économies des pays MENA comme étant la source la plus dominante pour le financement de l’économie en général et de l’investissement en particulier. Nous trouvons le Liban en première rangée en matière de distribution de crédit rapporté au PIB réel par habitant avec un niveau moyen de 99,45. Cet important niveau de développement bancaire dans ce pays justifie le faible marché financier et le recours à la finance intermédiée comme source de financement. Même conclusion pour la Tunisie (70,84 crédit privé par rapport à 14,73 capitalisations boursières) 3 qui connaît une dominance du secteur bancaire pour le financement des entreprises par rapport à la finance direct. Graphique 2: Evolution annuelle du taux de croissance de PIB par habitant (%), capitalisation boursière et crédit privé 11 pays MENA durant la période 1995 to 2010 Evolution annuelle de taux de croissance de PIB, capitalisation boursière et crédits privés durant la période 1995 to 2010 19 95 19 96 19 97 19 98 19 99 20 00 20 01 20 02 20 03 20 04 20 05 20 06 20 07 20 08 20 09 20 10 200,00 180,00 160,00 140,00 120,00 100,00 80,00 60,00 40,00 20,00 0,00 GDP MARKET CAP PCREDT Le plus remarquable de ce graphique est la même tendance de ces trois courbes que ce soit à la hausse ou à la baisse pendant les mêmes périodes. La conclusion que nous pouvons tirer est la relation de dépendance ou de causalité des trois indicateurs observés. En d’autres termes, et en se référant à la problématique étudiée, nous pouvons constater que la croissance économique mesurée par la croissance de PIB réel par tête est significativement influencé par l’évolution des indicateurs du système bancaire et ceux de marché financier. Dans notre graphique, nous avons choisi les crédits bancaires aux secteurs privés par rapport au PIB et la capitalisation boursière par rapport au PIB comme indicateurs respectivement du développement bancaire et celui financier. L’interprétation de ce graphique peut être menée sur quatre phases. La première phase s’étale de 1995 jusqu’au 2002. Durant cette phase, nous remarquons une stabilité et une même tendance des trois indicateurs (GDP, MARKETCAP et PCREDT). A partir des années 2003 et jusqu’à 2005, période de la deuxième phase, nous assistons à une tendance à la hausse des trois indicateurs. Il y a eu un développement et une modernisation du système bancaire et financier impulsés par la création des nouveaux produits financiers et par la libéralisation des taux qui ont induit à une relance économique. La troisième phase se situe dans l’intervalle de temps 2006-2008, nous avons enregistré une chute remarquable des trois indicateurs à savoir la croissance économique (GDP), le développement bancaire (PCREDT) et le développement financier (MARKETCAP). Les systèmes financiers des pays de la région MENA n’ont pas été, jusqu’à présent, particulièrement exposés à la crise en raison de leur intégration limitée au sein des institutions financières mondiales. Toutefois, les effets de la récession mondiale sur l’économie réelle se font fortement ressentir dans de nombreux pays de la région MENA. En fait, des signes précurseurs indiquent, dans certains nombre de pays, une réduction des taux de croissance au cours du dernier trimestre de l’année 2008. 4 Les effets de la crise financière mondiale sur les marchés boursiers de la région MENA varient considérablement d’un pays à l’autre. Les premiers effets se sont fait sentir dans les pays ayant des liens étroits avec les marchés financiers mondiaux. De manière générale, les indices boursiers régionaux ont chuté d’environ 50 %. Ceux des pays membres du CCG ont baissé de 30 à 60 % au cours du dernier trimestre 2008. La quatrième et la dernière phase se situe entre les années 2008-2009, ou on constate un retour à la situation de stabilité (économique, financière et bancaire). La question posée ainsi est la suivante : pourquoi il y a eu une déstabilisation économique, financière et bancaire avant a date de la crise financière et les analystes, les financiers et les économistes n’ont pas prévu la crise à la limite pour la région MENA ? 2. Revue de la littérature La théorie économique a été toujours partagée entre deux courants concernant l’importance du système financier et le développement économique. D’un coté, il y a ceux qui, dans la lignée de Bagehot et Hicks, parlent de son rôle actif dans le démarrage de l’industrialisation. Schumpeter (1911), dans son ouvrage « La théorie de l’évolution économique », précise l’importance du secteur bancaire dans le développement économique. Il montre que le crédit sert le développement économique et qu’il est une condition préalable à la création et au développement de l’innovation et donc de la croissance économique. Le lien « finance- croissance économique » a été étudié avec plus de détail, notamment avec les travaux de Goldsmith (1969) et Mc Kinnon (1973), auteurs de l’école de répression financière. Selon ces deux auteurs, le secteur financier joue un rôle important dans la croissance économique. Les principales suggestions de cette école se résument à la libéralisation du secteur financier dont l’objectif est de soutenir la croissance des taux d’épargne et d’investissement ainsi que d’améliorer l’efficacité du capital. Plus récemment, de nombreuses études ont été intéressées par vérifier la nature de la relation existante entre sphère financière et sphère réelle. Les travaux les plus marquants sont ceux de R. King et R.Levine (1993). Ces deux auteurs ont mis en évidence le rôle important du système bancaire et du marché financier dans le développement de la croissance économique. Ils ont démontré une forte corrélation entre le PIB, comme indicateur de croissance économique, et la taille du système financier. L’étude faite par T.Beck et R.Levine (2002), constitue le bon exemple qui a centré ces axes sur la relation entre banques, marchés financiers et développement économique. Ils montrent également qu’un développement du système bancaire et du marché financier peut entraîner un développement de la croissance économique à moins que quelques conditions doivent être réunies. Il s’agit d’un bon fonctionnement du système financier, une faible asymétrie d’information, un faible coût de transaction et une allocation optimale des ressources. G. M Caporale, P. G. A Howells, A. M. Soliman (2004), dans leur article ont essayé de répondre à la question suivante: le développement du marché financier conduit-il au développement économique ? Les résultats pour les quels ils aboutissent convergent avec ceux trouvés dans d’autres études théoriques. Un bon fonctionnement du marché financier peut promouvoir le développement économique. 5 J. Shan, Q.Jianhong (2006), de leur tour, ont essayé d’examiner la relation entre développement financier et croissance économique pour le cas de la Chine. Ils ont trouvé que la contribution du développement financier dans la croissance économique vient comme la deuxième force après la contribution des revenus des ouvriers. La relation entre sphère financière et sphère économique a un double sens de causalité. Le développement du système financier (développement du système bancaire : distribution des crédits pour financer les investissements) contribut à la croissance du PIB nominal. De même, ils ont également aboutit à ce que la forte croissance économique enregistrée pendant les vingt dernières années a un impact significatif sur le développement du système financier. Dans ce qui suit, on présentera une revue de la littérature sur quelques études empiriques qui ont traité l’effet de développement du système bancaire et du marché financier sur le développement économique. Les travaux les plus marquants, qui ont été fondés sur la nature de la relation entre le développement financier et la croissance économique sont ceux de R.King et R.Levine (1993a). Ces deux auteurs ont développé un modèle estimé sur la base d’un échantillon de 80 pays développés sur la période (1960 – 1989). Comme mesures du développement bancaire, King et Levine ont utilisé le ratio M3 / PIB, les crédits bancaires alloués au secteur privé par rapport au PIB nominal, les dépôts auprès des banques commerciales par rapport aux dépôts bancaires et les dépôts de la banque centrale. Les travaux de Levine (1998; 1999) et de Levine, Loayza et Beck (2000), viennent critiquer le modèle de R.King et R.Levine qui tient compte comme mesure du développement bancaire uniquement les crédits distribués vers le secteur privé et exclut le secteur public. De même, dans leur modèle, ces deux auteurs n’ont pas introduit une mesure du développement du marché financier du fait que les données sont disponibles uniquement pour 40 pays sur un total de 80 pays. L’absence des variables représentant le marché financier et la limitation uniquement sur des variables bancaires peuvent perturber l’effet du développement du secteur bancaire sur la croissance économique du fait que d’autres facteurs peuvent influencer la croissance économique. Levine et Zervos (1998) ont essayé de tester empiriquement la relation entre développement économique, marchés financiers et banques. Pour mesurer le développement bancaire, ils ont utilisé le ratio des crédits alloués au secteur privé par rapport au PIB. Comme mesure de développement du marché financier Levine et Zervos ont utilisé la taille du marché (capitalisation boursière, rotation de l’actif), activité du marché financier (valeur du commerce par rapport au PIB) et la liquidité du marché (valeur du commerce par rapport à la capitalisation boursière). Le modèle développé par Levine et Zervos (1998), présente quelques faiblesses économétriques. Il ne tient pas compte l’effet fixe et spécifique pour chaque pays. Des travaux récents viennent résoudre les faiblesses reconnues dans le modèle de Levine et Zervos. Il s’agit notamment de Demetriade et Luintel (2000). Ils ont développé la méthode des séries temporelles pour cinq développés avec des données trimestrielles. Ils ont trouvé que le développement du secteur bancaire et le développement du marché financier, expliquent positivement et consécutivement la croissance économique avec plus d’importance accordée au secteur bancaire. Ce privilège accordé à ce secteur est expliqué par le fait que ce dernier constitue la première source de financement classique et entraîne par ensuite la création de richesse économique. 6 Toutefois, quelques problèmes se posent à l’étude de Demetriade et Luintel (2000). La taille de l’échantillon est très limitée (uniquement 5 pays) et l’utilisation des données trimestrielles pour le modèle de Johanson (1988) “vector error correction” s’avère incompatible. Rosseau et watchel (2000), ont enrichi la littérature empirique par l’utilisation de la technique de panel avec des données annuelles pour vérifier la relation existante entre marché financier, banque et développement et croissance économique. Torsten, Beck et Levine (2002), ont utilisé une nouvelle technique en données de panel et qui tient compte l’ensemble des insuffisances économétriques et l’ensemble des négligences de quelques variables importantes, qui permettent d’expliquer la croissance économique, dans les travaux antérieurs. Leur modèle peut s’écrit comme suit : y i,t – y it-1 = y it-1 +’ X i,t + η i + ε i,t (1) Avec; y i,t est un Indicateur de croissance économique. X i,t est L’ensemble des variables explicatives. η i est l’effet spécifique de chaque pays. ε i, t est un Terme d’erreur. Pour éliminer l’effet spécifique pour chaque pays, ces deux auteurs ont utilisé la technique d’Arrelano et Bond (1991) qui consiste à différencier l’équation (a). (y i, t – y it-1) – ( y i,t-1 – y it-2 ) = ( y i, t – y it-1)+ ’ (X i, t – X i,t-1) + ε i, t - ε i,t-1 ( 2) Pour tester la relation entre banque, marché financier et développement économique, Thorsten, Beck et Levine ont développé trois méthodes d’estimation : la méthode des moindres carrées ordinaires (OLS), la méthode des moments généralisés (GMM) et la méthode alternative des moments généralisés (AGMM). Les résultats de ces estimations montrent une corrélation significative et positive entre développement bancaire, développement du marché financier et développement économique. Comme synthèse de la revue de la littérature empirique, nous pouvons dire que la plupart des travaux empiriques qui ont traité la relation entre développement financier et la sphère réelle ont aboutit aux résultats suivants : le développement bancaire et le développement des marchés financier favorisent la croissance économique. La question qui se pose à ce niveau : quelle est l’utilité d’étudier un sujet dont la majorité des résultats trouvés ne présentent aucune contradiction? La réponse est la suivante : la plupart des recherches qui ont été fondé sur la nature de la relation entre banques, marchés financiers et développement économique, ont été effectuées sur des échantillons appartenant à des pays développés. Les systèmes bancaires et les marchés financiers de ce pays se caractérisent par : - Une asymétrie d’information moins importante que celle reconnues dans les pays MENA. - Des coûts de transactions relativement moins élevés par rapport aux pays en développement. - Une réglementation et une supervision bancaire plus efficace que celle des pays MENA. - La structure elle-même du système bancaire et des marchés financiers n’est pas identique. C’est pour cette raison que la plupart des essais de modernisation des systèmes bancaires et de développement des marchés financiers adoptés par plusieurs pays MENA, dans le cadre d’une politique de libéralisation financière, n’ont pas aboutit ni le développement de l’intermédiation bancaire ni la croissance économique. Au contraire, cette politique et à l’origine d’une accentuation des risques bancaires, de la concurrence bancaire et de la naissance des nouveaux comportements bancaires. Ces conséquences sont de nature à créer une forte instabilité financière et une fragilisation bancaire qui sont suivis souvent par des 7 crises bancaires et financières. Les coûts élevés des ces crises sont susceptibles de ralentir la croissance économique. 3. Banques, marchés financiers et développement économique : une relation ambiguë La plupart des économistes considèrent que le développement financier exerce un effet favorable pour le développement économique. Cet aboutissement est fondé sur une réflexion théorique et de nombreux travaux empiriques dont principalement on cite R.Mc Kinnon (1973), Shaw (1973) et R.Levine (1993a-b-c, 1997,1998). Au contraire d’autres travaux ont souligné l’effet néfaste de développement du système bancaire et du marché financier, qui s’inscrit dans le cadre d’une politique de libéralisation financière, sur l’instabilité financière et les crises bancaires et financières. Ces crises sont souvent génératrices des coûts très élevés et qui sont susceptibles de ralentir la croissance économique. 3.1 Un effet favorable de développement du système bancaire et du marché financier sur la croissance économique Le processus de libéralisation financière dans les années 80 (“3D” : déréglementation – désintermédiation – décloisonnement), a été jugé efficace pour le développement économique par les auteurs de l’école libérale (Keynes, Hicks) ainsi que par les auteurs de l’école de répression financière Mc Kinnon (1973) et Shaw (1973). Des justifications théoriques et plus précisément d’origine libérale appuient cette affirmation. Selon ces auteurs, le financement par le marché (développement du marché financier) révèle plus efficace que le financement par l’endettement. Tout d’abord, il est moins coûteux (réduction des coûts d’intermédiation). Ensuite, il permet de gagner en souplesse et en sécurité pour les prêteurs (titrisation, décloisonnement). Enfin, il permet une allocation optimale des ressources. Cette allocation optimale des ressources financières permise par des marchés financiers de plus en plus concurrentiels va alors permettre de se rapprocher de l’optimum, ce qui se traduit par une accélération de taux de croissance. Les essais de modernisation et de dynamisation du système bancaire, qui se résume principalement à la libéralisation des taux d’intérêt, la libéralisation des crédits et la libéralisation de la concurrence bancaire à travers la possibilité d’implantation des banques étrangères, se voient par les auteurs de l’école de répression financière comme le seul moyen efficace pour développer l’intermédiation bancaire et relancer la croissance économique. Une lecture d’inspiration Keynésienne souligne la nécessité d’un accord de crédit préalable à l’investissement pour initier le processus de production et le circuit économique. Dans cette vision, le rôle du système bancaire est décisif, la monnaie est au centre du processus économique et la place des marchés financiers est seconde. Le développement du système bancaire à travers la libéralisation des taux d’intérêt, plus précisément des taux créditeurs, va entraîner une accumulation de l’épargne. Les déposants, en cherchant une forte rémunération de leurs dépôts, vont recourir à épargner leurs argents. Ceci est susceptible de détenir par les banques d’une forte intensité financière qui va être servie comme une source de financement des investissements sous forme de crédits distribués. Le financement optimal des investissements va être récompensé par un niveau satisfaisant de croissance économique. Ce processus peut être représenté comme suit : la libéralisation des taux créditeurs entraîne une augmentation de l’épargne ce qui permet de détenir une forte intensité financière par les 8 banques qui va servir au financement optimal des investissements capables de relancer la croissance économique. H1 : il existe une relation positive entre le développement bancaire et financier et la croissance économique. Deux sous hypothèses se dérivent de cette hypothèse centrale à savoir : H1-1 il existe une relation positive entre le développement bancaire et la croissance économique. H1-2 il existe une relation positive entre le développement financier et la croissance économique 3. 2 Un effet défavorable de développement du système bancaire et du marché financier sur la croissance économique La plupart des travaux qui ont traité la relation entre développement bancaire, développement du marché financier et développement économique, ont insisté sur la relation positive et favorable entre eux. Quelques études divergent de cet aboutissement. On cite principalement S. G Jeanneney et K. R. Kpodar (2004). Ces deux auteurs ont évoqué la relation entre développement financier et l’instabilité financière. Ils ont également montré que la dynamisation du système bancaire et le développement du marché financier dans le cadre d’une politique d’ouverture financière, ont conduit dans la majorité des cas à des crises bancaires et financières suivies par un ralentissement de la croissance économique. Selon D.Plihon et L.Miotti (2001), les politiques d’ouverture financière adoptées par plusieurs pays en développement comme solution pour dynamiser le secteur bancaire et approfondir la structure du marché financier, ont été suivies par une accentuation des risques bancaires de la concurrence bancaire et de la naissance de nouveaux comportements (prise de risque et comportements spéculatifs). L’ouverture sur l’extérieur, la libéralisation du compte capital et la grande liberté laissée à l’abri des banques demeurent les principaux facteurs explicatifs responsables de cette instabilité financière. Cette instabilité financière conduit dans la plupart des cas à des fragilités et des crises bancaires et financières. De même, une forte asymétrie d’information caractérisant les marchés financiers, peut être à l’origine d’un échoue dans la coordination de l’allocation de l’épargne à l’investissement Ce dysfonctionnement du marché financier et cette intermédiation inefficace ne peut que ralentir la croissance économique. En absence d’un effort de stabilisation, d’une réglementation prudentielle, d’une supervision efficace et d’un contexte macroéconomique stable, les essais de développement du système bancaire et du marché financier ne conduit pas aux résultats recherchés (développement économique). Au contraire, ils susceptibles d’une forte instabilité financière qui conduit souvent à des crises bancaires et financières générant des coûts énormes à toute l’économie d’où un ralentissement de la croissance économique. H2 : il existe une relation négative entre le développement bancaire et financier et la croissance économique. Deux sous hypothèses se dérivent de cette hypothèse centrale à savoir : H2-1 : il existe une relation négative entre le développement bancaire et la croissance économique. H2-2 : il existe une relation négative entre le développement financier et la croissance économique. 9 4. Banque, marché financier et croissance économique : une validation empirique 4. 1 Données et méthodologie : L’objectif de ce papier est de vérifier empiriquement la relation existante entre banques, marchés financiers et développement économique dans le cadre de pays MENA. Pour ce faire, nous avons choisi 11 pays MENA observés durant la période 1995- 2010. La méthode économétrique utilisée est celle de GMM panel dynamique. Les données relatives au développement du système bancaire, du marché financier et de la croissance économique sont obtenues auprès de la base de données de la banque mondiale. Certaines variables sont obtenues à partir d’autres sources. 1 - Spécification du modèle : En se référant aux travaux de Levine, Zervos et Sara (1998), T.Beck et R.Levine (2002) et Ben Naceur. S et Ghazouani. S (2007), notre modèle peut s’écrire de la forme suivante: GDP i, t = β 0 + β1PCREDTi, t + β2 BEQUITY + β3 MARKETC i, t + β4 TOSH i, t+β5 FLIB i, t + β6 FDI + β7 OPNS i, t + β8 INF i, t, + β9 CRISE t + β10 POLINS i,t + ε i (1) i, t Pour contrôler les effets spécifiques individuels et temporels ainsi que pour pallier le problème d’endogénéité des variables, nous allons utiliser l’estimateur d’Arellano et Bond (1991) qui consiste à prendre pour chaque période la première différence de l’équation à estimer pour éliminer les effets spécifiques de chaque pays ainsi qu’instrumenter les variables explicatives retardées. Dans notre modèle la variable retardée est celle de GDP. Notre modèle peut s’écrire sous la forme suivante : GDP i, t = β 0 + β1 GDP i, t-1 + β2 PCREDTi, t + β3 BEQUITY + β4 MARKETC i, t + β5 TOSH i, t+β6 FLIB (2) i, t + β7 FDI i, t + β8 OPNS i, t + β9 INF i, t, + β9 CRISE t + β10 POLINS i,t + ε i Les définitions, la source de nos variables d’étude et les signes attendus sont données dans le tableau ci-dessous. Tableau 1: Definitions, mesures, source des variables et singes attendues Variables GDPi,t GDPi,t-1 PCREDT BEQUITY MARKETC TOSH FLIB FDI OPNS INF CRISE POLINS 1 Definitions et mesures Taux de croissance de PIB réel par habitant Taux de croissance de PIB réel par habitant retardé Credit bancaire au secteur privé par rapport au PIB Le ratio du capital/ Total actif, le capital englobe les capitaux propres et les réserves La capitalisation boursière par rapport au PIB réel par habitant Rotation des actions = valeur des actions rapportée à la capitalisation boursière variable Dummy, prend 0 avant la LIB et 1 après la LIB IDE mesurée par les IDE rapportés au PIB Taux d’ouverture mesuré par le total des X° et des M° rapporté au PIB. Taux d’inflation Variable dummy prend la valeur 0 avant 2008 et 1 après cette année. Variable dummy prend la valeur en période de stabilité politique et 1 en période d’instabilité politique. : http://www.indexmundi.com http://donnees.banquemondiale.org CIA World Factbook http://perspective.usherbrooke.ca www.amf.org.ae/vEnglish/default.asp 10 S.A (+) (+) (+) (+) (+) (-) (+) (+) (-) (-) (-) Source WDI WDI WDI WDI WDI WDI Auteurs WDI WDI WDI Auteurs Auteurs 4. 2 Résultats et interprétation Les statistiques descriptives2 de notre étude renseignent sur une moyenne de taux de croissance de PIB réel par habitant de 4,45% avec un maximum de 17,3% et un minimum de -6,6%. Pour l’intensité du marché financier nous trouverons que la moyenne de la capitalisation boursière rapportée au PIB par habitant est à l’ordre de 56,43. La valeur moyenne des crédits fournis aux secteurs privés a atteint le niveau de 70,25. Cette valeur indique sur l’importance des crédits fournis dans la région MENA ce qui valorise le rôle du financement intermedié (70,25) par rapport à la finance directe (56,43). Quant à l’investissement direct étranger rapporté au PIB, cet indicateur reste faible pour les 11 pays MENA de notre étude avec une valeur moyenne de 517,25, un maximum de 7062.447 et un minimum de -200.0922. Le niveau de corrélation entre les différentes variables de notre étude est très faible sauf pour la relation GDP et GDP t-1 qui présente un niveau de corrélation à l’ordre de 54,44%. Les résultats de notre estimation en effet aléatoire sont présentés dans le tableau 3 ci-dessus. Table 2: GMM panel dynamique régression de la variable dependent (GDP) Variable Coefficient Std. Error 2.060434 0.509594 0.028334 -0.024493 0.115184 0.011810 6.18E-05 -0.396061 0.037886 0.019797 -0.182172 -0.471022 1.994120 0.050190 0.008414 0.008373 0.034481 0.000875 0.000275 0.054941 0.023376 0.006904 1.406761 0.806196 t-Statistic Prob. 1.033255 0.3031 10.15124 0.0000*** 3.367458 0.0010*** -2.925337 0.0037** 3.340517 0.0010*** 1.529330 0.0000*** 0.224648 0.8225 -7.208090 0.0000*** 1.620747 0.1071 2.867302 0.0047** -0.129497 0.8981 -0.584252 0.5592 151.06 Wald chi2 (11) 0.0000 Prob chi2 64 Nb of instruments ***,**,* significant respectively at 1%, 5% and 10% Instruments for differenced equation GMM-type: L(2/.).gdp Standard: D.gdplag D.marketc D.tosh D.pcredt D.fdi D.inf D.topns D.flib D.polins Instruments for level equation GMM-type: LD.gdp Standard: _cons C GDP t-1 MARKETC TOSH PCREDT BEQUITY FDI INF TOPNS FLIB CRISE POLINS La variable (GDPt-1) est corrélée positivement et d’une manière significative avec notre variable dépendante. En d’autres termes, le taux de croissance de PIB réel de l’année (t) dépond d’une manière positive et significative de celui de l’année (t-1). Malgré le faible coefficient (2,8%), les résultats de notre estimation montrent la capitalisation boursière agit d’une manière positive et significative sur le taux de croissance de PIB par 2 For more detail of descriptive statistics and correlation matrix see Appendix N° 1 table 1 and 2. 11 habitant. En effet, les demandeurs de fonds sur un marché financier peuvent garantir la liquidité nécessaire pour leur investissement et ce dans des délais plus précis. Le ratio de rotation des actions rapporté à la capitalisation boursière (TOSH) exerce un effet négatif et significatif sur la croissance économique. Ceci renvoie de plus à améliorer le fonctionnement des marchés financiers dans la région MENA pour bien valoriser leurs importance dans la croissance économique. Cette relation entre la rotation des actions et la croissance économique présente un signe négatif et ce malgré l’effet positif de la capitalisation boursière sur le développement économique d’un pays. D’où nous pouvons confirmer l’impact positif de developpement financier sur la croissance économique à condition d’un bon fonctionnement de ces marchés et d’un effort de dynamisation. Contrairement à la littérature théorique et empirique récente admettant l’effet négatif de la libéralisation financière (FLIB) sur la croissance économique, nos résultats rejoignent les recommandations de Mc Kinnon (1973) et Show (1973). Selon ces auteurs, la libéralisation financière et le seul moyen efficace pour assurer le développement économique. Pour argumenter cette relation positive entre la libéralisation financière et la croissance économique dans le cadre des pays MENA, nous pouvons mentionner que presque la moitié des pays de notre étude n’ont pas procédé au processus d’ouverture financière. De plus, ceux qui ont opté pour des programmes de libéralisation, cette politique de libéralisation était partielle et graduelle comme la Tunisie et le Maroc. Cette libéralisation était différente que celle reconnue dans le cadre des pays d’Amérique Latine et de Sud Est Asiatique et qui est caractérisée par un rythme accélérée, un contexte institutionnel et économique défavorables et une séquence mal enchaînée. D’où le déclin de la croissance économique et la propagation des crises. En ce qui concerne l’effet de développement bancaire, la variable (PCREDT) agit d’une manière positive et significative sur le taux de croissance de PIB réel par habitant (GDP). Le financement par des crédits bancaires permet de réduire les coûts de recherche d’information et de réduire les coûts de transaction. Par conséquent le coût de financement se réduit et la performance s’améliore. De ce fait nous pouvons dire que les crédits bancaires permettent de stimuler l’investissement capable de réduire le chômage d’augmenter l’épargne et d’améliorer le revenu des ménages. La variable (EQUITY) est corrélée positivement et largement significative avec le taux de croissance du PIB par habitant. Rappelons que cette variable est mesurée par le rapport du capital et des réserves de la banque sur le total des actifs. Plus que ce rapport est important, plus la banque est couverte du risque de liquidité. Elle est capable à fournir la liquidité nécessaire pour ces client ainsi qu'à financer l'économie via le financement des investissements des entreprises qui contribut bien à la croissance économique. Quant aux autres variables de notre étude, l’effet des investissements directs étrangers (FDI) et du taux d’ouverture économique (TOPNS) reste positif et non significatif. Ceci incite les gouvernement des pays MENA d’attirer de plus les investissement étranger en présentant un environnement stable de point de vie politique et social et en offrant plus des avantages fiscaux aux investisseurs. Tous ces essais d’encouragement remontent à l’importance des investissements directs étrangers dans la création de valeur, la réduction du chômage et par conséquent la croissance économique. 12 Contrairement à l’effet positif et non significatif des (FDI) et de (TOPNS), il existe une relation négative et significative entre le taux d’inflation et la croissance économique. Une inflation peut conduire lorsqu’elle est forte, à un ralentissement de la croissance économique, du produit global, et à une détérioration de l’emploi. Elle perturbe la répartition macroéconomique des revenus, et réduit l’attractivité de l’économie et la compétitivité des entreprises nationales. L’inflation contribue également à rendre l’avenir plus incertain. Pour bien cerner l’effet de l’inflation sur la croissance économique nous devons chercher les origines de l’inflation dans la région MENA. L’inflation est- elle par la monnaie, par la demande, par les coûts ou bien par les taux d’intérêt ? Conclusion Dans ce papier nous avons tenté d’étudier la relation entre le développement bancaire et financier et la croissance économique dans la région MENA. Même si les 11 pays MENA de notre étude ne présentent pas un trait homogène en matière des systèmes bancaires et financiers et le niveau de développement économique, l’analyse descriptive de l’évolution de ces trois indicateur (développement-bancaire-financier et économique) a montré une même tendance que ce soit à la hausse ou à la baisse durant la période 1995-2010. Ceci permet de confirmer l’existence d’une relation de dépendance entre ces trois indicateurs. Pour rendre plus explicite et plus objectif l’effet du développement bancaire et financier sur la croissance économique, nous avons procédé par une étude empirique par le biais de la GMM panel dynamique sur un échantillon de 11 pays MENA pour la période 1995-2010. Les résultats de cette étude montrent qu’il existe une relation positive entre le développement bancaire et la croissance économique en valorisant le rôle des crédits bancaires dans le financement de l’économie et la stimulation de l’investissement. Cette relation est de même pour le développement financier avec un renvoie à un effort de dynamisation et de modernisation des marchés financiers. Cette initiative est dans l’attente d’améliorer le fonctionnement de ces marchés et réduire leurs inefficiences. L’effet de la libéralisation financière sur la croissance économique vient contredire les aboutissements de plusieurs études empiriques qui viennent souligner l’effet néfaste de l’ouverture financière sur le développement économique. Nos résultats montrent une corrélation positive et significative entre ces deux variables. Cette corrélation peut être justifiée comme suit. La plupart des pays MENA de notre étude n’ont pas procédé à des programme de libéralisation financière. Même si certains pays ont adopté des politiques de libéralisation, cette libéralisation n’est que partielle et graduelle. De même, elle est entreprise dans un contexte économique et institutionnel stables. La croissance économique dans la région MENA n’est pas influencée par le niveau d’inflation et le volume des investissements directs étrangers. Malgré l’importance des IDE dans la création de valeur, la réduction de chômage et la relance de croissance économique, leurs effets s’avèrent non significatifs. Ceci incite les gouvernements des pays MENA à encourager les IDE en favorisant un environnement politique, social et fiscal stable. Au bout de ces résultats, nous pouvons conclure que le développement bancaire et financier exerce un effet positif sur la croissance économique dans la région MENA. Ceci permet 13 d’accepter l’hypothèse H1 : il existe une relation positive entre le développement bancaire et financier et la croissance économique. Sous ces deux hypothèses dérivées. 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Kenny (2007 Tableau 2: Statistiques descriptives Variables Obs Mean Std. Dev. Min Max Gdp gdplag marketc tosh pcredt fdi inf topns flib crise polins 176 176 175 176 176 176 176 176 176 176 176 4.462864 .0030282 56.43069 32.74545 70.41648 514.3317 4.865057 86.88193 .5056818 .1875231 .2840909 2.996755 3.866136 48.43989 41.07667 38.03296 1052.663 6.053621 39.44044 .5013942 .3914262 .4522671 -6.6 -14.4 3.4 1.5 -4 -200.0922 -1.3 30 0 0 0 17.3 18.8 299 288.4 191.2 7062.447 49.7 196 1 1 1 Tableau 3: Matrice de corrélation gdp gdp gdpt-1 marketc tosh pcredt fdi inf topns flib crise polins 1.0000 0.5444 0.3328 -0.0597 0.0092 0.1283 -0.0714 0.2661 0.1134 -0.0153 -0.0166 gdpt-1 marketc tosh pcredt fdi 1.0000 -0.0060 -0.0442 -0.0087 0.0051 -0.0123 0.0120 -0.0269 -0.0725 0.0051 1.0000 0.4572 -0.0258 0.1343 -0.1810 0.6023 0.0027 0.0224 -0.1746 1.0000 -0.1698 0.1898 -0.0217 0.0639 0.1232 0.1066 0.0041 1.0000 0.0364 -0.1500 -0.1633 -0.0770 0.0785 0.3459 17 1.0000 0.2355 -0.1426 0.2450 0.1198 -0.0500 inf topns flib crise polins 1.0000 -0.2937 1.0000 -0.1396 -0.2928 1.0000 0.1822 0.1162 0.0382 1.0000 0.3482 -0.3431-0.1867 0.0525 1.0000 Annexe 2: Histograms for continuous and categorical variables Market capitalisation 0 0 .05 .005 Density Density .1 .01 .15 .015 Growth of GDP -5 0 5 GDP 10 0 15 100 200 300 MARKETC Turnover of shares 0 0 .005 .005 .01 Density .015 Density .01 .02 .025 .015 Private credit 0 50 100 PCREDT 150 200 0 100 200 300 TOSH Economic opening 0 0 .005 5.0e-04 Density Density .01 .001 .015 .0015 Foreign direct investment 0 2000 4000 FDI 6000 8000 0 18 50 100 TOPNS 150 200 Annexe 3: Distributional graphs of variables (Distance between median) Market capitalisation Growth of GDP MARKETC 0 0 50 Distance above median 5 10 Distance above median 100 150 200 250 15 GDP 0 10 20 Distance below median 30 40 0 5 Distance below median Private credit foreign direct investment FDI 0 0 Distance above median 50 100 Distance above median 2000 4000 6000 8000 PCREDT 150 10 0 20 40 Distance below median 60 80 0 100 Inflation rate 200 Distance below median 300 Economic opening TOPNS 0 0 10 Distance above median 50 100 Distance above median 20 30 40 50 150 INF 0 1 2 3 Distance below median 4 0 10 Turnover of shares 19 20 30 Distance below median 40 50 0 Distance above median 100 200 300 TOSH 0 5 10 Distance below median 20 15