Graff : impose ton blase

Transcription

Graff : impose ton blase
#47
Ne pas jeter sur la voie publique
magazine gratuit
fev. - mars 2013
Graff : impose ton blase
Fripes, vide dressing, vive l'occasion
Les mains dans le compost
Vibrato 05 49 52 26 09 - Crédits photos : Shutterstock
ÉDITO
5. À défaut de pouvoir hiberner,
faisons l'amour
NEWS
6. L'actu en bref
T'ES PAS NET
10. Mème pas peur !
ACTU
12
12. Impose ton blase
FOKUS
16. Trocs, vide dressing, fripes :
20
la chasse aux trésors est ouverte !
18. Les Québécoises prennent
les choses en main
PEOPLE
20. À sang pour sang pour le don
22. L’incroyable envol de Libellud
16
24. Étudiants, les mains dans le compost
POITIERS JEUNES
26. Carnaval 2013 :
22
le diable s’empare de la ville
AMPHI-TAMINE
28. L’ENT à la loupe
T'AS PAS L'OEIL
30. L'image qu'il ne fallait pas rater !
26
30
+ couverture
Illustration d'Anaïs Roussel
▲Illustration de Naïade extrait du jeu
Seasons avec l'aimable accord de Libellud.
À défaut de pouvoir hiberner,
faisons l'amour
L'hiver et le froid s'installent. Pourtant, vous rêvez déjà du printemps, des oiseaux qui gazouillent, de
marguerites et des premiers coups de soleil ? Un climat toujours propice aux échanges amoureux...
Il faut bien le reconnaître, l'arrivée des beaux jours nous fait à tous son petit effet hormonal. Oserezvous nous dire le contraire ?
Seulement, études, boulot, stage, voyage et autres occupations nous empêchent d'hiberner en
attendant la fin du mois de mars. La solution pour se réchauffer, décompresser ou encore brûler des
calories : faire l'amour. Oui à Pulsar on est comme ça.
Sur les sites et différents blogs, il n'est pas rare de tomber sur un article intitulé "Les 10 bonnes raisons
de faire l'amour". Rongés par la curiosité, nous avons étudié ces arguments pour vous livrer les plus
convaincants. Au-delà du plaisir que cela procure, évidemment, les relations sexuelles auraient le pouvoir
de déstresser. Une récente étude menée à Scotland démontre même que les personnes sexuellement
actives sont plus aptes à garder leur sang froid et à gérer des situations de stress.
Et si frissons, désir, excitation et plaisir vous donnent parfois l'impression que votre cœur s'emballe et
qu'il va littéralement lâcher, il n'en est rien. Au contraire. Une autre étude, réalisée à l'Université Queen
de Belfast montre que faire l'amour trois fois par semaine réduit de moitié le risque d'attaque cardiaque ou
d'AVC. Que dire de plus ? Cette célèbre phrase : faisons l'amour pas la guerre. ■
C.Prot
Radio Pulsar - Maison des étudiants - Bât A6 - 1, rue N. F. Borges - 86000 Poitiers. Tel. : 05 49 88 33 04 - E-mail : [email protected]
Directeur de la publication : Nicolas Ragot. Rédactrice en chef : Danièle Tisserand. Coordinatrice de rédaction : Célia Prot. Graphiste : Anaïs Roussel.
Rédacteurs : Bénédicte Didier, Manon Bahuaud, Justine Pelleray, Suzanne Shojaei, Bastien Lion, Gwendoline Le Bouil, Antoine Sanchez-Opériol, Agathe Girard,
Chloé Larmignat, Dorian Antuna-Castillo, Nicolas Gaillard, Mathieu Hazevis. Crédits photos et illustrations : Anaïs Roussel, Anne-sophie Crocquevielle (édito),
Agathe Girard, Dorian Antuna-Castillo, Marine Guiot, Nicolas Mahu, Libellud, Poitiers jeunes, Sciences Po et Compost'âge . Publicité : Tel. : 05 49 88 33 04 [email protected]. ISSN : 1763-1459 - Dépôt légal : à parution. Imprimé par : Imprimerie Megatop - rue du Cerisier noir - 86530 Naintré - Tel. : 06 09 59 54 90.
Magazine tiré à 7000 ex. - Imprimé en France. Les manuscrits et documents non insérés ne seront pas rendus. Radio Pulsar est une association de loi 1901.
Radio Pulsar remercie la mairie de Poitiers, Poitiers Jeunes, la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale et l’Université de Poitiers pour
leur soutien actif dans la réalisation de ce magazine.
3()&
Edito - 5
news
Quand les arts
s’en mêlent
sexualité et
handicap
C'est quoi ?
Les Arts s’en Mêlent, c’est un évènement
artistique et culturel devenu incontournable
sur le campus. Une journée de festival
pour faire découvrir aux spectateurs des
pratiques artistiques de manière ludique
et rassembler différents artistes tout en
mélangeant les arts autour d’un fil conducteur. Cette année : l’expérience futuriste.
C’est quand ?
Le 14 février, de 14h à 23h30.
À partir de 14h30 : ateliers de mapping
(inscription sur le site internet).
À 20h30 : Plusieurs spectacles vous
projetteront dans une dimension nouvelle.
C’est qui ?
Ce festival est porté depuis 2009, par
l’association Les Arts s’en Mêlent,
entièrement constituée d’étudiants de
l’Institut de communication de Poitiers.
C’est où ?
À la Maison des Étudiants, bâtiment A6, sur le campus.
Plus d’informations :
www.lesartsenmelent.fr
6 - News
Participez dès aujourd’hui à la reconnaissance de
la sexualité des personnes en situation de handicap. Comment procéder ? Rendez-vous sur le site
de financement participatif Ulule pour soutenir la
finalisation du film « Vos désirs » porté par sa réalisatrice et Réel Factory, jeune société de production
documentaire poitevine. Pour chaque don supérieur
à 10 euros vous recevrez une contrepartie : affiches, dvds, places pour l'avant première, nom au
générique du film…
fr.ulule.com/vos-desirs
Trouver sonnette à
son pied revient
Le festival Trouver Sonnette à son pied fait son
retour les 27 et 28 avril prochain. Le quartier du
pont Joubert va prendre des allures de fête. Quant
à vous public, vous serez
invité à voyager entre
arts de la rue, danse,
musique, théâtre, cirque
grâce à des spectacles
qui auront lieu chez
l'habitant. Mais pour que
cette édition 2013 soit
un succès, l’association
a besoin de bénévoles.
Il suffit de s'inscrire à [email protected]
Plus d'infos sur www.trouversonnette.org
La rédaction de Bouge vous livre
trois des dernières actualités de
Radio Pulsar. Nouvelles émissions,
évènements, partenariats, ateliers...
rien ne vous échappera.
La rédaction de Bouge vous livre trois bonnes
raisons
de na
Pulsar,
30pas
ansrater l'édition 2012 de la
journée
des
associations
de pour
Poitiers,
le 23
2013 : année symbolique
Pulsar
qui
septembre
allées du parc
de Blossac.
fête ses dans
trentelesprintemps.
Trente
années
d'échanges, de partage, de découverte,
Un
rendez-voUs
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jeunes
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Cet
évènement
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mélangent. Alors
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du parc
Blossac,
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venez
découvrir,
ce 23 des
septembre,
assobientôt
le top départ
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14 villages
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vous serez
tous dans
conviés.
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différentes.
Cette envoyez-nous
année, deux nouveaua compté
pour vous,
vos plus
tés
: un village
services
aux associations et un
belles
anecdotes
!
autre, développement durable et responsable.
SiFriday
vous ratez
cette occasion
de découvrir la
Night
Live
vie
associative
poitevine
vous
devrez de
attendre
C'est le tout nouveau programme
Pulsar.
deux
avant
la prochaine
édition
Tousansles
vendredis
de 23h
à ! minuit, la
Resto - Bistro - Expo
What's up
on the 95.9 ?
Crédit photo : Alain Montaufier / Mairie de Poitiers
News
LA S ER RU R E R I E
20ème journée
des associations
musique électronique est mise à l'honneur.
troUver
Une
activité
originale
Le concept,
votre
radio préférée
laisse carte
sur votre radio
deUx
radios
co-animent
Depuis
la rentrée
de janvier, le
du podiUm
mardi au
Radio
Pulsar Pulsar
et Radio
Accords
se retrouvent
dimanche,
vous
propose
une nouvelle
pour
animer :leça
podium
culturel
chronique fourmille
prèsdedecette
chez vous.
journée
des associations.
De 13h à 18h,
les
Au programme : la découverte
d'initiatives
deux
stations
poitevines
présenteront
vertes
en région.
Cette vous
chronique
est réalisée
des
groupes
de musique,
des clubs
de
chaque
semaine
par Kurioz,
Compost'âge,
danse,
des troupes
de théâtre
et beaucoup
Les Petits
Débrouillards
et Cycleum
Conseil.
d'autres
culturelles.
L'occasion
de de
Quatre activités
associations
du réseau
des acteurs
vous
plonger dans
l'univers de ces
l'éducation
à l'environnement
et assoau dévelopciations
de faireen
connaissance
avec les
pementetdurable
Poitou-Charentes.
équipes de Radio Pulsar et Radio Accords.
© [email protected]
Cette
journée
vous permettre
de découvrir
blanche
à unvaartiste
électronique
de renom :
des
loisirs
tous
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une
heure
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voulez
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sport, vous le
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oreilles
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veinard(e).
initier
à une avec
pratique
musicale,
vous investir
week-end
de bonnes
vibrations
en vous
pour
la planète,
et votre
branchant
surapporter
le 95.9 votre
avec aide
le Friday
Night
soutien
Live ! à des personnes en difficulté... cette
journée est faite pour trouver l'activité qui
vous
et faire des rencontres.
De correspond
l'environnement
Ouvert 7 j / 7 jusqu’à 2h00
Nombreux cocktails
Formule du midi
Brunch le week-end
Cuisine traditionnelle & du monde
28 rue des Grandes écoles - Poitiers
www.laserrurerie.com - [email protected]
05 49 41 05 41
news
Environnement et
courts métrages.
Du 11 au 13 mars, les étudiants de l’École
Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Poitiers
(ENSIP) vous attendent à la quatrième édition
du Festival du Film Environnemental. Au programme : une compétition de courts métrages
réalisés par des étudiants soucieux de l’environnement. À la clef : un prix du jury et un prix
du public de 500 euros chacun.
Encore plus proche
de l'Europe...
L’Europe vous intrigue, vous attire ? Venez approfondir vos connaissances, débattre et échanger
au Centre régional information jeunesse (CRIJ).
Ce lieu incontournable vous propose un nouveau
service dans le département : le Centre d’Information Europe Direct (CIED), pour répondre à
toutes vos questions et vous informer sur les programmes, les stratégies et les possibilités d’aides
aux projets ou à la mobilité existants en Europe.
64, rue Gambetta. 05 16 39 10 32. [email protected]
L'actu de
Festival
Le Jardin Électrique
Formations
cherchent bénévoles
Poitiers Jeunes
et Animafac
s'associent pour
vous proposer
des formations
gratuites
destinées
aux bénévoles associatifs. Au programme :
une journée, le 16 mars de 10h à 17h,
intitulée bénévolat et compétences. Et
pour poursuivre en beauté, deux soirées en
mars sur les thèmes : recruter/fidéliser des
bénévoles et prendre la parole en public.
Les 15 et 16 mars, plongez dans l'univers
électro de ce nouveau festival de musiques
actuelles poitevin. Le Jardin Électrique va vous
ravir avec un vendredi placé sous le signe
du fanzine et d'une soirée « concerts instru »
au Meteo, le bar du Théâtre auditorium de
Poitiers (TAP). Le lendemain à partir de 14h,
venez découvrir un village urbain, au Meteo
toujours, avant de déménager vers Le Plan B
pour une soirée électro à partir de 21h.
www.lejardinelectrique.fr
Informations et inscriptions : 05 49 50 73 49
et/ou www.poitiers-jeunes.com
L'oreille externe
L'oreille externe est un cycle de rencontres proposé par Poitiers Jeunes, le Confort
moderne et la médiathèque François Mitterrand. Leurs objectifs : présenter des
esthétiques musicales diffusées et défendues par ces structures. Rendez-vous
dans les locaux de Poitiers Jeunes les mardis 5 et 26 mars à 18h30 pour en
apprendre plus sur le rap et ses origines puis sur le rock et ses extrêmes.
8 - News
..
ALLO OUiE,
J'eCOUTE ?
Trois albums incontournables sélectionnés
pour vous par le programmateur de
Pulsar. Après des heures d'écoute
intensive et de saignements d'oreilles, il
vous a déniché le meilleur.
Rédaction : M. Hazevis
La Gale – La Gale
La Gale est une
demoiselle au CV bien
rempli : comédienne,
organisatrice de concerts,
animatrice d'ateliers
d'écriture, ancienne
chanteuse de punk et
surtout rappeuse. Largement influencée par
ses amis Hamé et Ekoué de La Rumeur, son
premier album donne une bonne grosse claque
au rap français. Pourtant La Gale est suisse. À
ne pas manquer le 7 Mars au Confort moderne.
Brice Et Sa Pute– Amour
Brice Et Sa Pute est un
duo de cabaret punk.
Sur leur album Amour,
on trouve des titres
comme Barbitrique
ou Johnny Vagina.
Vous l'aurez compris, amateurs de bon
goût, passez votre chemin ! Par contre,
si l'humour trash et irrévérencieux vous
parle, cet album est pour vous.
Gablé – Murded
Quand la folk, le post-rock
et la musique électronique
se mêlent, ça peut faire
peur. Sauf dans le cas
présent. Murded, le nouvel
album de nos amis de
Gablé arrive même à flirter
avec l'expérimental sans jamais être pédant.
Certainement grâce à l'humour dont le trio sait
faire preuve. L'album sort le 18 mars et vous
pourrez les voir le 23 au Confort moderne.
t'es pas net
Mème pas peur !
Sur le net, quand on traîne un peu hors des publications officielles, sur les blogs ou les
forums, on aperçoit des visuels étranges, des chats sur des tartines ou des images de films
détournées qui semblent hors contexte mais qui amusent les autres internautes. À quoi
font-elles référence ? D'où viennent-elles ?
Rédaction : B. Didier - Illustration : Florilège d'images-mèmes
R
ickroll, Nyan Cat, mèmes... Si parmi
vous quelqu'un connaît ces termes,
alors sachez que vous faites partie
de la communauté des geeks ou
amateurs éclairés du net ! « Au départ, on qualifie
de mème tout ce qui relève d’une transmission
culturelle, comme un écrit ou une chanson »,
indique Yannis Delmas, enseignant-chercheur et
directeur du Master Web Editorial de l’Université
de Poitiers. « Wikipédia est par exemple une version pédagogique de la notion de mème » dans le
sens où cette banque de données s'appuie sur la
transmission et le partage.
Un des exemples les plus significatifs et sans
doute les plus connus de la sphère mème est le
Nyan Cat. Il s’agit d’un gif* animé qui représente
un chat volant au corps en " Pop-Tart ", un gâteau sucré vendu aux USA avec un arc-en-ciel en
arrière-plan.
Le principe du mème est qu’il se propage d’utilisateur en utilisateur. Ainsi vous pouvez retrouver
cette image, ce son ou cette vidéo à peu près
n’importe où sur la toile, voire même dans une
présentation numérique à la fac. Chacun peut s’en
emparer et le transformer selon son envie et son
inventivité. Ce qui retient notre attention avec ce
phénomène, c’est son aspect humoristique voire
10 - T'es pas net
ironique, évident et assumé. Autrement dit, dans
la mesure où le mème se prête à merveille au
canular, gare aux internautes qui manqueraient de
discernement pour le reconnaître ou le décrypter.
« Il nécessite souvent de fortes références culturelles, c’est une sorte d’humour pour initiés »,
admet Yannis Delmas.
Et le rickroll dans tout ça ?
Parmi les mèmes les plus célèbres, impossible
de ne pas citer le rickroll qui a connu son heure
de gloire avec le clip vidéo de la chanson Never
Gonna Give You Up , interprétée par Rick Astley. Le
principe : alors qu'un internaute pense cliquer sur
le lien d'un site de cinéma par exemple, il va en fait
être renvoyé vers le célèbre clip en question.
S’intéresser aux mèmes, c’est entrer dans la
culture de la création anonyme. « Les créateurs de
mèmes ne sont pas tous des geeks » ajoute Yannis
Delmas, « ce sont plutôt des amateurs du web, qui
considèrent ce dernier comme un medium et pas
juste comme un outil ». ■
Reconnaître et comprendre un mème :
knowyourmeme.com
*gif : C’est un format d’image utilisé sur la toile. L’image
peut être animée et ressembler à un mini-clip.
© [email protected]
Resto - Bistro - Expo
LA S ER RU R E R I E
Ouvert 7 j / 7 jusqu’à 2h00
Nombreux cocktails
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Brunch le week-end
Cuisine traditionnelle & du monde
28 rue des Grandes écoles - Poitiers
www.laserrurerie.com - [email protected]
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Impose ton blase
12 - Actu
actu
Depuis une quinzaine d'années, Poitiers
favorise l'activité des graffeurs et assure la
pérennité de leur art. Coup de projecteur
sur la situation actuelle du graff à Poitiers
Rédaction : S. Shojaei et M. Bahuaud
Photos : M. Guiot, A. Roussel
C
hacun a pu observer en flânant dans
les rues de Poitiers que les graffs
font partie intégrante du paysage
urbain. Mais cette profusion a bien
une origine, celle d'un accord trouvé entre la
Mairie et les artistes. L'idée consiste en la mise à
disposition de murs d'expression libre permettant
aux graffeurs de proposer leurs œuvres et ainsi
de les exposer au regard de tous. Aujourd'hui, une
douzaine de murs, dont le fonctionnement est
régi par une organisation interne entre graffeurs,
reste disponible (Ganterie, Beaulieu, Feuillants,
Montbernage...) Lorsqu'il s'agit de commandes,
la Mairie finance le matériel, tel que les échafaudages et les bombes de peinture, pour assurer les
bonnes conditions de production de cet art de la
rue.
Des accords...
Depuis une dizaine d'années, l'association
Pictav'art, en collaboration avec la ville, s'efforce
de développer la culture du graffiti à Poitiers et
dans toute la région. Il s'agit aussi de tenter d'obtenir une certaine reconnaissance. Jean-Marie
Ezzamari, président de Pictav'art et lui-même
graffeur, explique le fonctionnement qu'a adopté
l'association avec le temps : « Très rapidement,
des professionnels et des particuliers nous ont fait
des commandes d'oeuvres. On a donc envisagé de
pouvoir en vivre, même si ce n'est pas simple tous
les jours ». À l'époque, Poitiers était la première
ville à proposer un nombre si important de murs
d'expression libre, une cinquantaine environ, ce
qui permettait aux graffeurs de développer leur
esthétique sur de grandes et belles fresques.
… et désaccords
Pictav'art a aussi son festival. Sous pression regroupe chaque année des dizaines de graffeurs
venus des quatre coins de la France. Ceux de
◄ Pilier de la pénétrante, stade des Feuillants (2011)
Actu - 13
actu
Définitions :
• Tag : inscription calligraphique sur
murs (ou autres supports) et ce, depuis
l'Antiquité. Dans le monde du graff, il
permet d'exposer sa signature ou des
revendications. Mais aujourd'hui, il est peu
accepté.
• Graff (ou graffiti) : art pictural à base
calligraphique, et avec peinture en bombes.
Tout comme le tag, il peut être vecteur
d'idées ou de messages.
• Blase : terme argotique désignant le
nom (ou pseudonyme) d'une personne
(graffeurs, militants politiques, etc...) C'est
la signature présentant son identité.
Un peu de culture :
2008 : L'artiste Fred Calmets, de renommée
internationale et d'origine poitevine,
vient présenter sa série de vanités. Les
Poitevins ont donc pu voir de nombreuses
représentations de crânes sur tous les
murs d'expression libre, toujours visibles
sous la pénétrante côté Montbernage.
Et ailleurs ? Tout dernièrement, la Mairie
d'Angoulême a mis à disposition trois murs
de plus pour les célèbres fresques d'artistes
auteurs de BD. La ville compte déjà une
vingtaine de murs.
Les chiffres à
Poitiers :
• Murs d'expression libre : une douzaine
aujourd'hui, contre une cinquantaine il y a
dix ans.
• Les graffeurs : une dizaine aujourd'hui,
contre une trentaine il y a dix ans.
• 2008 : nouvelle politique de limitation
des tags .
Contact : [email protected] et retrouvez
Pictav'art sur sa page facebook.
14 - Actu
Poitiers ne font pas tous partie de l'association,
à l'image de Richard : « C'est un bon moment
entre graffeurs. Mais on ne peut pas nier qu'on
ne partage pas tous la même chose ». Les commandes d'œuvres ne répondent pas à sa définition
du graff. « Je déteste lier graff et argent, c'est
vraiment dommage, poursuit Richard, même si
je peux comprendre pourquoi les membres de
Pictav'art ont fini par évoluer dans leur pratique :
avec l'expérience, quand on a fondé une famille,
on est peut-être moins prêt à prendre le risque des
arrestations et des amendes. »
« le nombre de murs
libres se réduit » Car au départ, le graff est une entreprise illégale,
à l'image du tag qui impose le blase du graffeur
partout où il passe, dans l'urgence et la rapidité.
Témoignant d'une certaine recherche artistique,
il représente aussi l'occasion de braver l'interdit.
Ainsi, Richard préfère aller graffer dans la rue et
sur les voies ferrées que sur les murs autorisés.
« Le but est que mon blase soit vu par le plus de
gens possible, même hors de Poitiers. Bien sûr,
chaque inscription trouve une nouvelle esthétique,
mais l'essentiel est la diffusion du moi en tant que
graffeur. »
Seulement, la Mairie garde encore le contrôle et
gère ce qu'elle considère comme des "débordements". « Chaque semaine, le service propreté
part à la recherche des tags laissés un peu partout
dans la ville, hors murs d'expression libre, pour les
effacer » explique Eliane Rousseau, déléguée à
la propreté de l'espace public. Malgré tout, l'élue
▲ Piliers de la pénétrante, stade des Feuillants (2012)
différencie les tagueurs des graffeurs. « Sur les
murs d'expression, nous acceptons tout, du moment que ce n'est pas insultant et que chacun
est respecté. »
Un véritable débat
Les graffeurs indépendants, quant à eux, se
sentent parfois découragés, comme le confirme
Richard, « à Poitiers, on est vite remarqué, la
Mairie fait tout nettoyer au bout de 24 heures,
qu'il s'agisse de tags ou de véritables graffs. À
force, je trouve cela lassant. De plus, le nombre
de murs libres se réduit de plus en plus ».
D'après le jeune homme, « la suppression de
nombreux murs d'expression trouve son origine
dans la volonté de la municipalité de forger une
meilleure image de la ville, évitant alors toute
apparence d'agressivité. La ville doit avoir un
côté apaisé. Mais une ville trop propre ne seraitelle pas une ville morte ? », ajoute-t-il.
Pour Jean-Marie Ezzamari, tout le problème réside en la vision que l'on a du graff : «La mairie
aimerait développer l'art au sein de la ville, mais
elle ne semble pas inclure le graff ». Pour lui,
c'est une double image qui définit aujourd'hui
cet art, d'un côté, des œuvres très prisées, vendues chères et exposées dans le monde entier,
et de l'autre, l'idée de violence qui persiste.
« Les jeunes ont le droit d'être révoltés, et nous
sommes là pour les motiver. C'est dommage
de s'arrêter en si bon chemin, alors que la ville
dispose d'infrastructures dignes d'une galerie
d'art. Tous les plus grands graffeurs ont débuté
dans la rue ; car évoluer dans ce milieu, c'est se
sentir vivant. » ■
fokus
Troc, vide dressing, fripes :
la chasse aux trésors est ouverte !
Qui n’a jamais craqué pour un vêtement d’occasion sur Internet, dans une friperie ou au
cours d'un vide dressing ? Le temps où nos grands parents gardaient précieusement leurs
vêtements toute une vie est bel et bien révolu. Nos penderies, victimes de la mode et de la
consommation de masse, se font et se défont à l’infini. Petit tour d’horizon des bons plans
mode à petits prix à Poitiers.
Rédaction : G. Le Bouil - Illustration : A. Roussel
16 - Fokus
Un remède contre la crise ?
« Le mot d’ordre aujourd’hui, c’est de faire de
bonnes affaires. Les gens viennent ici en espérant débusquer un trésor », affirme-t-elle en riant.
Réservé autrefois à ceux qui n’avaient pas les
moyens, les dépôts ventes attirent aujourd'hui
tous les publics sans distinction. « C’est un phénomène de mode », analyse Justine organisatrice
depuis plusieurs années de vide dressing, qui
consistent à proposer des échanges ou ventes
de vêtements qu'on ne veut plus voir dans nos
armoires. « C’est aussi un moyen de passer des
moments conviviaux entre amis et de faire des
rencontres. Le Bazar des Poitevines est parfait
pour cela » poursuit-elle. Comptant plus de 6000
membres sur Facebook, ce vide dressing original permet de changer de garde robe en un clic.
Vendre, acheter, troquer : le concept est simple.
Un acte de solidarité
Les vides dressings prolifèrent un peu partout en
France et Poitiers ne fait pas exception. C’est au
bar Le Plan B, qu’a eu lieu l’année dernière un
événement semblable, organisé par l’association
Les Jeunes Normals. Ce collectif poitevin élabore
des projets variés dans le domaine de la culture
urbaine notamment. Pour Clotilde Toulier, présidente de l’association, l’engouement pour les
vêtements d’occasion est avant tout « la conséquence de la conjoncture actuelle, les gens achètent moins de neuf ».
« Le concept deuxième main est très important
pour moi, la surconsommation forcée me dégoûte,
maintenant j’achète de la qualité davantage que
de la quantité », clame Justine. Cette jeune diplô-
fokus
L
a friperie, pour moi, ce n’est ni
plus ni moins qu’un mode de vie.
Dénicher des vêtements insolites,
effleurer les tissus, ressentir les
matières… je serais incapable d’acheter des vêtements sur internet, sans les toucher », raconte
Sylvie Champalloux. Responsable du dépôt vente
Roberte et Lucienne, elle a fait de sa passion
son métier. Chaque semaine, elle récupère de
nouveaux articles, vêtements et accessoires, apportés par des personnes souhaitant donner une
seconde vie à leurs objets.
mée, passionnée de mode, tient aussi à donner
des vêtements presque neufs à Emmaüs : « je préfère donner ou vendre très peu cher mes habits
ou accessoires, pour que cela puisse réellement
profiter à quelqu’un. C’est un engagement solidaire pour moi ».
Jean Claude Expert, secrétaire général du Secours
populaire, nous explique que les vêtements donnés sont triés, et redistribués selon leur état.
Les plus usés finissent dans l’atelier d’insertion
Valoris à Buxerolles, où ils sont transformés en
chiffons ou serviettes. Les autres sont vendus
entre dix centimes et trois euros à des personnes
en grande difficulté, orientées vers le Secours
populaire par des assistantes sociales. « Une
participation, même minime est demandée, elle
sert à financer de nouveaux projets d’aides aux
personnes démunies. Nous ne voulons pas que
ces gens deviennent des assistés », précise Jean
Claude Expert.
les dépôts ventes
attirent aujourd'hui
tous les publics Cette volonté de solidarité, nous la retrouvons
chez Sylvie Champalloux, qui essaye de maintenir
un rapport qualité prix optimal. « La plupart des
vêtements de marque du magasin sont vendus
cinquante pour cent moins cher que leur prix
d’origine ». S’attachant à proposer des produits
de qualité, elle choisit avec soin les vêtements
déposés par les particuliers qui seront ensuite
destinés à la clientèle. « Le phénomène n’est pas
près de s’inverser, avec le succès du premier vide
dressing, nous avons décidé de renouveler l’expérience », s'enthousiasme Clotilde Touvier. Rendez
vous au Plan B le 2 mars. ■
À savoir
• Roberte et Lucienne : 1bis Rue Bourcani.
Du lundi au vendredi 10h-12h30/15h-19h.
• Friperie Emmaüs : 75 rue des
Rataudes 05 49 57 25 87.
Mercredi et samedi 9h-12h/14h-17h30.
• Plan B : 30-32 boulevard du Grand Cerf.
Fokus - 17
fokus
Québécoises
Les
prennent les choses en main
Ah février... La Saint-Valentin pointe le bout de son nez avec son réjouissant lot de questions. Petites attentions pour les uns, soirées romantiques pour les autres et calvaire pour
les célibataires. Pas de panique, vous êtes loin d’être seul(e) au monde. Profitez de cette
soirée pour draguer encore plus que d'habitude. En panne d’idées ? Bouge est allé voir,
pour vous, comment se débrouillent les Français d’Amérique."Tabarnak"... Les Québécois !
Rédaction : A.Sanchez-Opériol - Photomontage : A.Roussel
E
nvoyé spécial au Canada, me voilà
parti arpenter deux des plus grosses
villes de la province afin d’interroger
les Québécois sur leurs relations
sentimentales. Puisque tout commence par la
drague, direction les rues animées de Montréal.
Rue Saint-Denis, nous entrons au café-bar “Le
Saint-Sulpice”, une imposante maison de ville sur
quatre étages. Première impression : les hommes
ne ressemblent pas à des chasseurs de cœurs.
Ici, les femmes approchent, sans faux-semblant et
avec un large sourire, les beaux Canadiens musclés. Non ce n'est pas un mythe.
Curieux, je questionne Camélia, Québécoise de 21
ans. « Nous n'aimons ni la galanterie ni les beaux
parleurs. Pourquoi attendre qu'ils nous draguent ?
Nous préférons les choisir et entamer la discussion. Ils n'ont pas à se vendre. » Indépendantes
et féministes ces Québécoises. Et les Québécois
dans tout ça ? Profitent-ils de la situation en se
laissant désirer ? Rassurez-vous, je ne vois aucun
groupe de mecs au regard vitreux. Les deux sexes
discutent en toute complicité. « C’est correct »
comme ils disent.
Peur de l'échec pour les hommes ?
À Sherbrooke, plus grosse ville étudiante de la
province française, j'en apprends un peu plus.
Apparemment, la difficile étape du premier pas
étant généralement franchie par la gent féminine,
les hommes en oublient le goût de la séduction.
18 - Fokus
« Dans le fond (comprenez en gros) les mecs ne
sont pas assez entreprenants. Nous aimerions
qu’ils soient un plus comme les Français. Ils ont
trop peur de l'échec et ne se livrent pas. » Ces
solides gaillards n'ont pas l'air de s'en inquiéter.
Peut-être le devraient-ils.
Qu'en est-il des couples ? Les gars semblent attentionnés à l'égard de leurs "blondes". Pourtant
lorsque j'aborde la question de la Saint-Valentin,
seules les filles sont vraiment motivées. Pour elles
rien de cliché dans cette petite fête, au contraire,
elles n’hésitent pas à mettre un peu de folie pour
plaire a leurs “chums”. Lingerie coquine, soirées
en amoureux... Finalement, même en couple, ce
sont elles qui mènent la danse, elles veulent du
piment sans débordement de testostérone. Une bonne leçon pour nous Français : ne snobons
pas la Saint-Valentin. Que nous soyons en couple
ou célibataire, en ce 14 février, laissons toute sa
place au doux jeu de la séduction ! ■
people
À
sang pour sang pour le don
En France, seuls quatre pour cent des personnes en âge de donner leur sang le font. Pour
participer à mon échelle à cette chaîne de solidarité, je me suis rendue à l'Établissement
Français du Sang (EFS) sur le site du CHU de la Milétrie.
Rédaction et photos : A. Girard et D. Antuna-Castillo
C
inq jours à peine après avoir célébré
mes 18 ans, je franchis le seuil de
l’Établissement Français du Sang.
L’ambiance y est chaleureuse, le
personnel souriant et un groupe d’amis est déjà
en train de remplir le formulaire. La secrétaire
me tend le même questionnaire qu’il me faut
renseigner à mon tour. Ai-je fait un piercing ou
un tatouage dans les quatre derniers mois ? Ai-je
changé de partenaire sexuel récemment ? Ai-je
vécu en Angleterre entre 1980 et 1996 ? Suis-je
enceinte ? Les infirmiers veulent des réponses sincères car derrière toutes ces questions se cachent
des contre-indications au don. Une fois toutes les
cases cochées, un entretien doit avoir lieu afin
qu’un médecin de l’EFS s’assure de mon aptitude
à donner mon sang. Malgré mon appréhension,
elle trouve les mots pour me rassurer. Elle vérifie
mon formulaire, prend ma tension, contrôle mon
anémie et me fait monter sur la balance Objectif :
s'assurer que je pèse bien au moins 50 kilos. Tout
est en règle, le don peut alors commencer.
« Je venais pour donner mon sang mais j’ai appris
qu’ayant reçu du sang suite à la malaria, je ne
peux en donner », raconte Jeanne, déçue. Pour
Dorian même désillusion, son dernier don remontant à moins de deux mois. « Je n'ai pas pu donner
mon sang mais j'ai pu faire un don de plasma qui
peut s'effectuer toutes les deux semaines », lui
apprend Pauline une autre donneuse régulière.
Après vingt minutes de repos obligatoire, les
infirmiers me prodiguent leurs derniers conseils
et recommandations : pas d’effort intense pendant 48 heures et surtout bien s’hydrater. Me
voilà prête à quitter le service avec les briques
de jus de fruits qui m’ont été offertes en guise
de remontant. Entre les attentions prodiguées
par le personnel et les échanges avec les autres
donneurs, j'ai finalement reçu plus que je n'ai
donné. ■
Le grand moment
En plus du don de sang total qui peut se faire tous
les deux mois, d’autres possibilités s’offrent à
vous : don de plaquettes (tous les mois) et don de
plasma (toutes les deux semaines). Un rendezvous est obligatoire pour ces deux derniers.
Lors du premier don, des échantillons de sang
destinés à être analysés sont prélevés. Toute une
éthique est développée au nom de la sécurité du
donneur comme du receveur.
Je détourne le regard lorsque l’aiguille pénètre
dans mon bras. Comme c’est mon premier don,
l'infirmier est d’autant plus présent pour me
conseiller et éviter tout risque de malaise. Les dix
minutes nécessaires au prélèvement des 480 millilitres de sang me permettent de lui poser des
questions sur les différentes actions menées par
l’EFS à Poitiers. Visites dans les lycées et les facs,
collectes ambulantes un peu partout en ville…
Après l’effort, le réconfort. Je me dirige donc vers
la salle de collation où je rejoins plusieurs donneurs, ainsi que les pâtes de fruits et les boissons.
Je choisis une table où plusieurs jeunes discutent.
20 - People
Le premier don d'Agathe ►
À savoir
Où donner son sang ?
EFS, CHU Milétrie 350 av. Jacques Cœur à Poitiers
et pour trouver une collecte près de chez vous,
rendez-vous sur www.dondusang.net
people
L’incroyable envol de
Libellud
Aujourd’hui récompensé par de nombreux prix à travers le monde et écoulé à un million
d’exemplaires, c'est en 2008 que le jeu de société Dixit a vu le jour. Un succès fou qui a
amorcé le début de l’aventure pictavienne Libellud. Plongeons ensemble dans l'univers de
la création d'un jeu.
Rédaction : C. Larmignat - Crédit Photo Libellud
L
ibellud a élu domicile en centre-ville
de Poitiers, un cadre auquel tient
Régis Bonnessée, le créateur de cette
société d’édition. Lancé dans cette
aventure en 2008, il semble aujourd’hui avoir
tout réussi. Dixit, son premier jeu est mondialement connu et reconnu, les projets se multiplient
et surtout, la passion est toujours là. Il n’avait
pourtant jamais imaginé vivre de son amour pour
les jeux de société, né de son enfance dans une
petite ville deux-sévrienne, théâtre du Festival
Ludique International de Parthenay, le fameux
FLIP. Après avoir travaillé environ huit ans au sein
de l'association Poitiers Jeunes, il finit par choisir
de voler de ses propres ailes en créant sa société,
sans formation particulière, ni moyens financiers,
mais avec un moteur : l’envie. Comme il l’indique
22 - People
L'équipe de Libellud▲
si bien, pour apprendre, « la meilleure école, c’est
celle de la vie ».
Tout commence au début des années 2000 quand
Régis rencontre Jean-Louis Roubira, le créateur
du désormais célèbre jeu Dixit. Ce pédopsychiatre
cherche alors des subventions pour son prototype.
Personne ne s’y intéresse. Pourtant, l’idée est
excellente puisqu’il s’agit de travailler avec l’imaginaire des joueurs, leur donnant à réfléchir sur
leur univers avec des cartes aux visuels épatants.
Régis croit en ce projet et c’est avec une illustratrice, Marie Cardouat, sélectionnée parmi des
centaines d’autres, que l’aventure prend forme.
Grâce à un long travail de conception, Dixit pointe
finalement le bout de son nez, en même temps
que se crée Libellud. D’autres jeux vont suivre
leur aîné et s’affirmer comme des références dans
ce monde de passionnés. Même s’il ne sait pas
dessiner et le regrette beaucoup, Régis attache
énormément d’importance aux illustrations et à
la nécessité que chaque projet soit porté par un
graphiste. La condition pour parvenir à créer un
monde visuel particulier qui donne envie de jouer,
encore et encore.
L’univers, c’est la clef
Comment créer un jeu ? Régis fait le lien entre le
monde ludique et celui du livre. Tout est une question d’inspiration même si l’idée est innovante. La
force d’un jeu, c’est son univers et bien sûr, le petit
coup de génie d’un créateur. Régis précise que
tous les jeux n’ont pas les mêmes finalités. Dans
leur gamme, Sticky Stickz a un but uniquement
distractif, à la manière d’un Jungle Speed. D’autres
comme Seasons, sorti en septembre 2012, ont
des univers plus profonds et des identités propres.
Pour Seasons, le monde fantastique touche les
"gamers" déjà immergés dans des manières de
jouer plus complexes. Pas de doute, la magie
opère. Ces différentes approches visent plusieurs
publics, mais là est la force de Libellud : il y en a
pour tous les goûts. Combler toutes les envies est
d’ailleurs une caractéristique de Dixit qui, même
s’il ne s’adresse pas aux tout petits, peut ravir
n’importe quelle génération et devient même encore plus captivant quand les joueurs partagent
leur passion.
« Ces différentes approches
visent plusieurs publics »
Aujourd’hui, Libellud a déjà sorti une quinzaine de
jeux et cette année, quatre ou cinq autres viendront s’ajouter à la liste. Si de par sa célébrité, Dixit
trouve de plus en plus sa place dans les grands
magasins de jeux et jouets, la commercialisation
n’a jamais été et ne sera jamais la principale
préoccupation de l’équipe. Par choix des éditeurs,
ces jeux sont disponibles uniquement dans les
petites structures ou boutiques spécialisées dans
le centre-ville de Poitiers. Alors inutile de les chercher dans les supermarchés, vous ne les trouverez
pas. Le but est de continuer à divertir les gens et
à développer leur sens du jeu, en respectant toujours un leitmotiv : les faire rêver. ■
Le magazine d'information et d'échanges sur la
santé des jeunes, sans langue de bois et sans tabou
Sur Radio Pulsar, un jeudi sur deux de 18 à 19h
14 février : Tatouage, piercing
14 mars : Les dangers de la pornographie
29 mars : L'interruption volontaire de grossesse
Pour poser toutes les questions qui vous passent par la tête
rendez-vous sur la page facebook À ta Santé
people
Étudiants, les
mains dans le
compost
Faire du compost quand on habite une
chambre de 9m², c’est possible ! Je devine
vos mines dubitatives quant aux soucis
d’espaces et d’odeurs mais il n’en est rien.
Place à une initiative collective étudiante,
encadrée par l’association poitevine
Compost’âge.
Rédaction : J. Pelleray
Crédit photo : Sciences Po et Compost'âge
en plein centre-ville. « Le groupe environnement
des étudiants de Sciences Po s’est rapproché
de nous et nous les avons orientés vers la
communauté d'agglomération », explique Fanny
Jean, salariée de l’association Compost'âge. En
effet, Grand Poitiers a financé deux formations à
Michelle et Santiago pour qu’ils deviennent des
relais-composteurs auprès de leurs camarades
étudiants. « Quand on est étudiant, dans un petit
appartement, avoir plusieurs poubelles prend
beaucoup de place. Puisque leur idée était la
réduction des déchets, le compostage collectif
était un bon moyen pour gérer de gros volumes
d'ordures », précise Fanny.
La récolte
Grand Poitiers a également pris en charge l'achat
de bio-seaux pour permettre aux étudiants de
récolter leurs déchets organiques. « Il s’agit
de tous les déchets qui proviennent du vivant :
épluchures, laine, restes de repas, essuie-tout,
agrumes… », nous confie Fanny. Rassurez-vous,
le bio-seau ne dépasse pas trente centimètres
de haut, il est de couleur verte et orné d’un couvercle pour éviter toutes mauvaises odeurs, objet
de déco qui peut vite devenir tendance dans vos
kitchenettes.
Mobilisation
T
out commence en 2011, quand,
après une longue réflexion sur l'environnement, un groupe d'étudiants de
Sciences Po lance le projet collectif
Naturella. Horacio, aussi étonnant soit-il, est le
petit nom qu’ils ont donné à leur composteur collectif qui trône fièrement dans les jardins de l'école
24 - Poitiers Jeunes
Chaque semaine, c’est entre trente et quarante
étudiants qui apportent leurs déchets pour les
placer dans le composteur. Le compost quant à
lui, est utilisé dans le jardin de Sciences Po et
servira à l’avenir à de nouveaux projets. Michelle
et Santiago rencontrent un salarié de l’association Compost’âge tous les quinze jours pour
s’assurer que le compost est en "bonne santé".
Et puis, comme la vie étudiante a une fin, Fanny
ajoute, « cette année, nous allons former deux
nouveaux étudiants pour que le projet perdure ».
Si vous voulez être à l’initiative de l'installation
d'un composteur collectif, décrochez votre téléphone et contactez votre bailleur. Si vous êtes
un simple curieux, rendez-vous le 4 mai pour la
deuxième édition de Tous au compost . ■
www.compost-age.fr
06 58 95 28 69
poitiers jeunes
le diable
Carnaval 2013 :
s’empare de la ville
Le mardi 12 février, le rouge envahit le centre ville de Poitiers. Révolution ? Coup d’Etat poitevin ? A moins qu'il ne s'agisse de la couleur officielle de cette édition 2013 de notre cher
carnaval citadin.
Rédaction : N. Gaillard - Crédit photos : Poitiers Jeunes
P
ar un mercredi après-midi humide et
pluvieux, aux abords de la route de
Paris, le chemin du quai d’embarquement nous mène jusqu'aux ateliers de
Zo Prod. Ce collectif réputé dans la création artistique faite de matériaux de récupération se charge
cette année de la confection du char du carnaval à
la tête de diable.
L’ambiance est studieuse en ce jour d’inauguration
du chantier. Des plans et des photos décorent le
mur en bois de l’atelier et le vrombissement des
perceuses entoure l’ossature du char.
Après les éditions 2011 et 2012 sous le signe du
26 - Poitiers Jeunes
Le char au début de sa construction▲
bleu puis du blanc, le carnaval peint cette
année la ville en rouge. Ce 12 février, une
nouvelle fois, venez vous réapproprier la ville
et célébrer cette fête participative. « Il manque
une culture carnaval à Poitiers contrairement
à d’autres villes où les habitants s’investissent
plus spontanément. Nous cherchons à ouvrir
cet évènement au plus grand nombre et pas
seulement aux habitués car le carnaval est
avant tout une grande fête populaire », rappelle Anita Moreau, directrice de l'association
Poitiers Jeunes qui porte ce carnaval à bout
de bras. Les ateliers Zo Prod ont donc mis en
poitiers jeunes
place un tableau aux plages horaires étendues
pour que chacun puisse s’inscrire en fonction de
ses disponibilités et ainsi « mettre la main à la
pâte ne serait-ce qu’une fois ».
Se déguiser c’est déjà participer
Toujours dans cet esprit collaboratif, la boîte
à idées est la nouveauté de cette édition 2013.
Chacun peut donc y déposer ses envies et initiatives. Les plus pertinentes et novatrices auront
leur place sur les fiches pratiques mises en ligne
sur le site de Poitiers Jeunes.
De son côté, Vitalis s’associe au carnaval : chaque
personne déguisée le jour du mardi gras se
verra offrir gratuitement sa place de bus. Mais
attention, un simple t-shirt rouge ne sera pas un
argument vestimentaire suffisant. Profitez-en et
lâchez-vous !
« le carnaval est avant tout
une grande fête populaire »
Et si vous manquez de temps pour peaufiner vos
costumes, pas de panique, la place d’Armes accueillera un stand maquillage de dernière minute
à 16h30 avant que le coup d’Etat éphémère du
rouge ne commence à 17 heures précises, heure
à laquelle le maire vous remettra les clefs de la
ville.
Croquis du char dans les ateliers de Zo Prod▲
Infos Pratiques :
Jour J du carnaval :
• Le matin : carnaval de Bellejouanne organisé par le
centre socio-culturel Cap Sud.
• En début d’après-midi : carnaval des Couronneries
organisé par la MJC Aliénor d’Aquitaine.
• 17h : le lancement du carnaval place d’Armes et
déambulation dans les rues du centre-ville.
• 19h30 : crémation du diable rouge.
• 19h30 à 21h : Un Dj set prend les
commandes de la place d’Armes.
• 21h à 2h : Prolongation du carnaval au Plan B
avec l’After Party : « Better red than dead ! » animée
par les Dj’s de l’agence Too Disk. Entrée libre.
300 kilos de confettis
Une fois en possession des clefs, embarquez
pour le grand huit : un parcours qui passera notamment devant l’église Notre Dame et le Palais
de justice. « L’idée est de faire en ce jour de
liberté un clin d’œil aux institutions », explique
Karine Abel, responsable de la programmation de
Poitiers Jeunes. Enfin, après cette balade, chacun
pourra bien évidemment se restaurer avec les
2000 couverts de la traditionnelle potée, mijotée
bénévolement par les cuisiniers et employés de
vingt restaurants. Pour la couleur et la folie, pas
moins de 300 kilos de confettis seront dispersés
pendant cette journée.
Rencontres, bonne humeur, animations, désordre,
le cocktail d’une fête hivernale et carnavalesque
qui réchauffe les cœurs. ■
Vendredi 15 mars :
Carnaval de nuit des Trois-Cités. Pour participer
au chantier de construction des marionnettes
géantes en mousse, 05 49 01 29 97
Poitiers Jeunes recherche également des bénévoles
pour les ateliers de décoration du carnaval. Possibilité
de télécharger sur le site du carnaval une fiche d’inscription à renvoyer à [email protected]
Toutes les infos détaillées sont à retrouver sur le site
dédié au carnaval 2013 :
http://www3.poitiers-jeunes.com/carnaval2013/
Pour toute question, contactez Poitiers Jeunes
au 05 49 50 73 49 ou au 06 82 89 32 71
Poitiers Jeunes - 27
amphi-tamine
L’ENT à la loupe
Véritable outil d’organisation et moyen de communication à la disposition des étudiants
comme des enseignants, lumière sur une plate-forme qui a su ancrer l’université dans
l’ère numérique.
Rédaction : B. Lion - Illustration : A.Roussel
B
oîte mail, emploi du temps, service
de mise en ligne des cours, petites
annonces… Les fonctionnalités
proposées par l’Environnement
Numérique de Travail (ENT) sont diverses et variées. Si cet espace paraît unique en son genre
lorsque les étudiants le découvrent, il s’avère en
fait que c’est une petite célébrité, utilisée dans
beaucoup d’autres universités françaises de
Rennes à Nîmes en passant par Bordeaux et Paris.
L'ENT possède même sa propre page Wikipédia
qui en donne cette définition : « dispositif global
fournissant à un usager un point d’accès à travers
les réseaux à l’ensemble des ressources et des
services numériques en rapport avec son activité.
Il est un point d’entrée pour accéder au système
d’information de l’établissement ou de l’école ».
Sous cette définition un peu indigeste, fournie par
l’Éducation nationale, se cache un outil véritable-
28 - Amphi-tamine
ment vivant unifiant la totalité des usagers de
l’université : étudiants, enseignants et personnel
technique et administratif.
La genèse
En 2007, le ministère de l’Éducation nationale
désireux de faire définitivement entrer les universités dans le monde numérique et donc dans
une certaine modernité, leur envoie des appels
à projets. Pourtant, c'est un an auparavant que
l’initiative de la création d’un Environnement
Numérique de Travail a été lancée à Poitiers :
« les premiers embryons de l’ENT remontent à
début 2006 », confie Emmanuel Laizé, directeur
adjoint du service I-Média*, qui coordonne
l’ENT de l'Université poitevine. « Nous avions la
volonté de créer un portail unifiant les nombreux
services numériques proposés jusque là par les
différentes composantes de l’université. Chaque
Un espace fonctionnel
Mais finalement, « l’ENT n’est qu’un emballage »,
affirme Anne-Claire Bordel, conceptrice de sites
web. « Ce qui est réellement intéressant est plutôt
ce que nous pouvons y trouver. » Vitrine de cet
outil, la boîte mail est certainement la fonctionnalité la plus utilisée, voire même la seule pour
certains, « à part la messagerie électronique, je
n’utilise jamais les services de l’ENT », reconnaît
Michel Briand, professeur à l’UFR Lettres et langues. Même restreint à la simple utilisation de sa
messagerie, cette plate-forme permet un dialogue, auparavant moins facile, entre les étudiants
et les enseignants, comme le montre Alexis, en
deuxième année de droit : « Je ne prends pas
beaucoup la parole en cours, car dans un amphi
de 200 personnes, ce n’est jamais facile. L’ENT
me permet d’envoyer des questions et de faire
part de mes incompréhensions aux profs qui, pour
la plupart, répondent ».
L'outil UPdago, qui permet de publier sur le portail
les cours ou résumés de cours, est également
mis à disposition des enseignants et par conséquent des étudiants. Enfin, l’emploi du temps
des étudiants, et l’agenda du personnel et des
enseignants, servent d’organiseur à tout ce petit
monde. De nombreuses autres applications pourraient être évoquées, comme les petites annonces
ou le relevé de notes... « C’est un outil qui sait
s’adapter à son utilisateur », résume Emmanuel
Laizé.
« Les ajouts de nouvelles fonctionnalités sont
très réguliers, presque quotidiens », argue Valérie
Lefeuvre, responsable du pôle service numérique
d’I-Média. « À la demande d’enseignants, nous
avons depuis peu installé un logiciel anti-plagiats,
destiné à assister la correction de mémoires ou
de thèses. » Anne-Claire Bordel renchérit, « tout
le monde, étudiants, professeurs, personnels,
peut nous faire remonter des demandes, idées,
critiques même**. Nous attendons l’avis des utilisateurs pour améliorer cet outil, puisqu’au fond,
les premiers intéressés, ce sont eux ». Toutefois,
les administrateurs refusent parfois des changements ou améliorations qui seraient en désaccord
avec leur politique. « Il est hors de question que
des publicités montrent le bout de leur nez pendant l’écriture d’un mail ou la consultation de son
agenda par exemple », insiste Emmanuel Laizé.
amphi-tamine
Unité de Formation et de Recherche avait son
propre espace, ce qui provoquait une sorte de
séparation. Avec l’ENT, nous avons pu fédérer
toute l’université. » Toutefois, les premières versions de l’outil n’attireront que peu d’utilisateurs
et il faudra attendre une refonte, en 2009, pour le
voir s’épanouir et réunir une grande majorité des
acteurs de la vie universitaire. L’ENT a été créé,
comme la plupart de ses homologues français en
open source, c'est-à-dire libre d’être modifié.
« Nous attendons l’avis
des utilisateurs pour
améliorer cet outil »
Si certains reproches peuvent être faits à l’encontre de ce portail -UPplanning par exemple est
souvent critiqué, par des étudiants comme par
des profs- l’envie de progrès apparaît de façon évidente. « Nous planchons sur une version mobile
du site qui mettrait sûrement encore plus à profit
la participation active des étudiants », conclue
Anne-Claire Bordel.
S'il a pour le moment le vent en poupe, l’ENT va
devoir garder sa vitalité et courir aussi vite que le
temps, voire plus, pour ne pas être tout à coup démodé et dépassé. Gageons que cela ne sera pas
mission impossible. ■
* Bâtiment B21 sur le campus
** [email protected]
Amphi-tamine - 29
t'as pas l'oeil
C
hoc des cultures au-dessus
du portail de la cathédrale
Saint-Pierre ! Depuis des
semaines, la question
taraude les riverains et touristes les
plus observateurs. Comment diable
ce ballon a-t-il bien pu se loger
là ? Fruit d'une performance
artistique, d'un défi bien
orchestré ou d'un coup de pied
maladroit ?
Peut-être s'agit-il simplement
du signe d'un souffle divin,
en vue de réconcilier
modernes et anciens !
Rédaction : D. Tisserand
Photo : N.Mahu
en RÉGIOn POITOU-CHARenTeS
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filamu 1e7 février 2013
POITIERS
dessin
: Thomas Dupuis ·
mise en page
: Lucie Castel · Éditions Flblb · www.flblb.com
du 8
le travail et ses images
CInÉmA, dÉbATS, RenCOnTReS, exPOSITIOnS, AnImATIOnS
eT
COllOqUe
http://2013.filmerletravail.org/
À l’initiative de
Organisé avec
avec le sOutien de
du 11 au 13 février 2013
ImAGeS dU TRAvAIl, TRAvAIl deS ImAGeS :
PRATIqUeS ARTISTIqUeS, dÉmARCHeS SCIenTIFIqUeS