Être une lettre de Christ
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Être une lettre de Christ
Fiche de Formation n° 8 9 - Souligner que, ce qui a amené un changement, c’est d’avoir accueilli Jésus. C’est Lui qui fait la différence. - Rester vrai sans chercher à être palpitant, original… LA MISSION 1em par tie - Être réaliste : le Christ n’élimine pas tous les problèmes (il nous rend capables de les affronter). Éviter les exagérations (tout n’était pas forcément noir avant, tout n’est pas génial maintenant !) ANNE SCHWEITZER-MEYNIER - Être positif. Le témoignage doit expliquer sa démarche vers Jésus et rendre compte de l’Évangile. Être une lettre de Christ Mais éviter : - De faire des réflexions négatives sur une Église, une organisation… au risque de blesser involontairement. - De « prêcher ». Parler sur le ton de la conversation. - D’utiliser des termes religieux incompréhensibles pour quiconque ne baigne pas dans cette ambiance (« salut », « conversion », « né de nouveau », « Alléluia »…). Si on en utilise, les expliquer (trouver par exemple des équivalents à « pécher » : « manquer la cible », « se couper de Dieu »…). - De raconter des anecdotes inutiles et interminables ; encore une fois, j’annonce Jésus et je ne fais pas mousser mon moi avec ma petite histoire. C’est Lui qui doit être au centre ! Un bon témoignage doit pouvoir être dit en 3 minutes (4 maximum). C’est une manière de respecter le temps de celui qui m’écoute, de ne pas s’imposer. B. Une fois rédigé : tester et pratiquer le témoignage. On peut, dans le cadre de la rencontre, reconstituer le binôme précédent et soumettre son texte à l’évaluation d’un frère, d’une sœur. Si la rédaction « définitive » est sortie de ce cadre, et a été menée ultérieurement, il est bon de trouver quelqu’un d’autre qui écoutera le témoignage et qui essaiera de se mettre dans la peau d’un non chrétien pour vérifier s’il est compréhensible. Réajuster éventuellement. Le but est que celui qui m’écoute puisse comprendre comment il pourrait accueillir Jésus dans sa vie au moment où il sera prêt. Apprendre son témoignage par cœur : cela permet d’être libre quand on parle (même si on ne va pas le « débiter » comme une leçon) et d’écouter l’Esprit. On pourra accentuer l’un ou l’autre aspect et l’adapter à notre interlocuteur. Comment donner son témoignage ? - En tout ou partie, lors d’une conversation, à un groupe comme à une personne, en saisissant « les perches » qui nous sont parfois tendues. Le fait d’avoir en tête un texte tout prêt nous évite d’être pris au dépourvu par certaines interpellations. - Avec naturel et sourire, dans une attitude d’amour (2 Co 5,14), accompagné du témoignage des actes. Sur le ton de la conversation, le plus naturellement possible même si on est tendu à l’intérieur ?. - Mais surtout, avec persévérance, dans un esprit de prière (Col 3,16) et rempli de l’Esprit, en s’attendant à voir Dieu agir ! Prions que Dieu nous aide à discerner les occasions qu’il donne au quotidien de partager ce qu’il a fait pour nous, en nous souvenant que : « Le succès dans le témoignage, c’est d’annoncer Jésus-Christ dans la puissance du Saint Esprit, en laissant les résultats au Père » ! Page 4 Remarques préliminaires Cette fiche est le fruit d’une « expérience pédagogique » menée depuis plusieurs années par Anne Schweitzer-Meynier, permanente de la mission évangélique Agapé, qui a une vocation de témoignage et de formation des chrétiens. Elle a été mise en œuvre, entre autres, lors de la session de 2006 à St-Laurent-sur-Sèvre, « Annoncer le salut en Jésus-Christ ». Elle comporte une partie théorique et une partie « travaux pratiques » ; comme les autres fiches de formation, elle peut être utilisée individuellement, mais on aura plutôt intérêt à en tirer parti lors d’une demi-journée de travail au sein d’un groupe, car il doit se créer un va-et-vient entre la rédaction d’un témoignage personnel, et l’évaluation de celui-ci par des auditeurs. Il faut donc prévoir des temps d’isolement et des temps de regroupement ; des lieux propices à la fois à l’écriture et au partage, en binôme et en grand groupe. On peut compter un temps global de 3 heures, mais chaque animateur adaptera aux circonstances cette estimation. Si on dispose de plus d’une demi-journée, la partie I,1 par exemple pourra faire l’objet d’un enseignement développé, avant qu’on ne passe aux applications pratiques. Et il faut tenir compte de tout ce qui doit contribuer à créer un climat de prière favorable pour que l’Esprit inspire vraiment chaque participant. I. Pourquoi écrire son témoignage ? 1. Un cadeau à partager : Le plus beau cadeau que nous ayons jamais reçu, c’est la rencontre avec Jésus-Christ, don de Dieu pour notre salut (Jn 3,16). Il offre la vie en plénitude (Jean 10,10). Le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu’un, c’est donc de lui permettre de faire cette rencontre. Car, au-delà des apparences (richesse, bonheur, ou même une certaine pratique religieuse), sans Jésus, l’homme est « mort spirituellement », déconnecté de la source de la vie : « Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie » (1 Jn 5,12). Jésus a confié aux disciples le soin d’annoncer le salut, la vie nouvelle en lui, et de faire à leur tour des disciples (Mt 28,18-20). Cette tâche nous incombe, à nous, aujourd'hui (Rm 10,14). C’est une dimension essentielle de la vie du chrétien, et un privilège ! Si nous ne nous sentons pas à la hauteur, souvenons-nous de ce que dit la Parole à notre sujet, et qui fait notre identité : J’ai été choisi par le Christ lui-même pour porter du fruit : (Jn 15,16). Je suis une lettre de Christ pour le monde : (2Co 3,2-3). Je suis une nouvelle créature, ambassadeur de la réconciliation avec Dieu : (2Co 5,17-20). Fraternité Pentecôte [email protected] Visitez notre site : http://fraternite-pentecote.cef.fr Fiche de Formation n° 8 Je ne suis pas seul : Jésus promet d’être avec moi tous les jours (Mt 28,18-20), l’Esprit Saint qui vit en moi fait de moi un témoin (Actes 1,8). Notre expérience du Seigneur est unique. Osons nous « laisser lire » et partager notre foi. Nous n’avons pas besoin de tout savoir pour parler de Jésus. La Samaritaine connaissait peu de choses sur lui, mais sa rencontre avec lui est suffisamment marquante pour qu’elle ose en parler à tout le village (Jn 4,29). 2. Un état d’esprit à adopter. « Sanctifiez dans vos cœurs Christ, le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre avec douceur et respect devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (1 Pierre 3,15). Il s’agit de faire une relecture de notre vie et en particulier de notre rencontre avec le Seigneur. Puis, nous travaillerons notre manière d’en rendre compte, pour être compréhensibles pour ceux que Jésus met sur nos routes. N’oublions à aucun moment que nous ne sommes pas là pour nous annoncer nous-mêmes, mais pour annoncer Jésus-Christ. Notre témoignage sera la page d’Évangile écrite dans notre histoire personnelle, une suite aux « actes des apôtres ». Le but est qu’en entendant notre témoignage, la personne qui nous écoute ait une idée de comment faire pour accueillir Jésus dans sa vie, le jour où elle le souhaitera. Mais, pour être « toujours prêt », il faut être préparé. Une priorité : Soigner nos relations et attitudes avec le Seigneur, avec l’autre. « Sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur » : Notre priorité, c’est notre relation à Dieu. Jésus est-il le Seigneur de ma vie ? Demandons lui de nous montrer ce qui peut être obstacle à la relation avec lui et réglons d’abord cela. Soyons remplis de l’Esprit. De la qualité de notre relation avec Dieu dépend la qualité de notre témoignage. « Avec douceur et respect » : Demandons au Seigneur l’amour de l’autre, la capacité de le voir comme il le voit. Portons-le dans la prière. On dit parfois : « Sur 100 personnes, une lira la Bible, 99 liront le chrétien ». Notre attitude ne doit pas être un contre-témoignage ! II. Atelier pratique de rédaction d’un témoignage personnel. Certes, Jésus nous a invités à ne pas nous inquiéter d’avance de ce que nous aurions à dire, et à faire confiance à l’assistance de l’Esprit (Luc 12, 11-12). Mais tous le gens de théâtre vous le diront : pour bien improviser, il faut avoir auparavant beaucoup travaillé ! Préparer son témoignage présente plusieurs avantages : - Cela permet d’être prêt à tout moment, bref et clair ; Fiche de Formation n° 8 un temps d’isolement (mais on peut s’isoler moralement même dans une salle bien remplie !). a) Ma vie avant de connaître le Christ : Mes idées, expériences, engagements … Comment se sont passés mon enfance, mon adolescence, mon mariage, etc. ? Quelles priorités, quels livres ont influencé mes idées ? Comment étaient ma vie spirituelle, mon image de Dieu ? Étais-je heureux, insatisfait ? Pourquoi ? b) Ma rencontre avec Jésus Comment ai-je été amené à considérer la foi chrétienne et la personne de Jésus ? Comment ai-je changé d’avis sur Lui ? Qui était-il auparavant pour moi ? Qu’ai-je ensuite compris ? Comment ? Comment en suis-je arrivé à ressentir le besoin de placer ma confiance en Lui (croire) ? Comment s’est passée ma décision de remettre ma vie à Jésus ? J’essaie de raconter ce moment si important assez précisément. . NB c) Ma vie depuis que je connais Jésus personnellement : Qu’est-ce que Jésus a changé dans ma vie (au moment de cette décision et depuis) dans mes idées, mes perspectives ? Quelle incidence sur les problèmes ou les tensions dans ma vie ? Quels sont les buts actuels de ma vie ? Que veut dire pour moi vivre avec Jésus-Christ dans le quotidien ? etc. 2) Étape 2. Choix d’un fil conducteur et tri des informations Pour cette 2e étape, il faut recourir à l’aide de quelqu'un d’autre à qui je lis ce que j’ai noté ; on peut donc constituer dans le groupe des binômes, si possible entre personnes qui ne se connaissent pas trop bien (ainsi on évite qu’elles ne se comprennent à demi-mot, même si on n’est pas très clair). Grâce à ce premier auditeur qui va réagir à mes propos, je peux repérer le fil conducteur (dans les 3 étapes). Ainsi je peux sélectionner les informations qui s’y rapportent et éliminer les autres. Et je construis mon plan en recopiant les éléments gardés, toujours pour nos 3 parties (avant, pendant, après). 3) Étape 3. Rédaction de mon témoignage personnel à partir des éléments retenus On revient à un temps personnel d’écriture, qui bien sûr pourra être repris et prolongé audelà du temps de la rencontre, à mesure que notre attention à l’essentiel s’affinera, que l’expérience nous éclairera sur ce qui « parle » à autrui. Quelques conseils pratiques pour l’écriture : - De choisir ses mots, d’éviter l’exagération, et le langage d’Église (incompréhensible pour un non-croyant) - Écrire en pensant à celui qui écoutera ; qu’il puisse se sentir associé à mon expérience passée ou présente. - De dire l’essentiel, sans surcharge et sans oublis, de manière à ce que l’autre puisse s’identifier à ce qu’on dit. - Utiliser un style oral avec des phrases courtes, et le style direct pour raconter le temps de la rencontre avec Jésus. Ne pas dire : « je me suis converti », mais plutôt : « Voilà ce que j’ai dit à Jésus : viens dans ma vie… ». Cela fait comprendre que la prière, c’est simple. La méthode est basée sur les témoignages de Paul en Actes 22,1-21 et 26,1-20. Ceux-ci sont construits, et adaptés aux auditoires auxquels il s’adresse. On y retrouve 3 parties : avant, pendant, après la rencontre de Paul avec le Christ. A. Temps de rédaction du témoignage. Nous allons suivre une démarche en 3 étapes en commençant par demander l’inspiration de l’Esprit, préalable indispensable ! Prévoir 3 feuilles, une par étape. Noter en vrac tout ce qui vient, on triera plus tard. 1) Étape 1. La récolte d’informations. La première étape est un travail personnel de remémoration et d’écriture, à conduire dans Page 2 - Parler en « je » et non pas en « nous ». - Mentionner un verset (deux au maximum) qui a été important pour moi (la Parole de Dieu a une grande efficacité !). NB Pour beaucoup, le processus s’est fait peu à peu, sans « conversion radicale ». Il est bon alors d’exprimer ce que j’ai compris de Jésus (son amour, son pardon…) au fil du temps. On peut aussi partager une expérience particulièrement marquante, un renouveau dans sa relation à Lui. Il n’est pas nécessaire d’avoir été retourné à 180° en une soirée pour faire un bon témoignage ! Page 3