Les BRICS en difficulté : le cas indien

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Les BRICS en difficulté : le cas indien
2013/16
Les BRICS en difficulté :
le cas indien
par Pascal de Gendt
Analyses &
Études
Économie
1
Siréas asbl
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sont rédigées à partir de recherches menées par le Comité de rédaction de
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Ces publications s’articulent autour de cinq thèmes
Monde et droits de l’homme
Notre société à la chance de vivre une époque où les principes des Droits de l’Homme
protègent ou devraient protéger les citoyens contre tout abus. Dans de nombreux pays ces
principes ne sont pas respectés.
Économie
La presse autant que les publications officielles de l’Union Européenne et de certains
organismes internationaux s’interrogent sur la manière d’arrêter les flux migratoires. Mais
ceux-ci sont provoqués principalement par les politiques économiques des pays riches qui
génèrent de la misère dans une grande partie du monde.
Culture et cultures
La Belgique, dont 10% de la population est d’origine étrangère, est caractérisée, notamment,
par une importante diversité culturelle
Migrations
La réglementation en matière d’immigration change en permanence et SIREAS est
confronté à un public désorienté, qui est souvent victime d’interprétations erronées des
lois par les administrations publiques, voire de pratiques arbitraires.
Société
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Avec le soutien
de la Fédération
Wallonie-Bruxelles
A
pparue au tout début du XXIe siècle, l’abréviation BRIC – pour
Brazil, Russia, India, China – est rapidement entrée dans le langage
économique usuel pour désigner ces nouvelles superpuissances
économiques, appelés aussi « économies émergentes ». En 2011, l’Afrique
du sud rejoignait ce club qui devenait ainsi les BRICS. Jusqu’il y a peu,
l’avenir semblait leur appartenir : ensemble, ces pays contiennent 40%
de la population mondiale et, selon, le FMI, devraient assurer 61% de
la croissance mondiale en 2015 (1). Jusqu’il y a peu, leurs économies en
forte croissance contrastaient avec celles des puissances occidentales
traditionnelles empêtrées dans la crise. La crise économique planétaire ne
les a cependant pas épargnés et aujourd’hui plusieurs de ces pays font face à
des difficultés qui ont quelque peu entaché cet optimisme. Le Brésil et l’Inde
semblent être les deux membres du BRICS dont la situation économique
est la moins reluisante. Attardons-nous sur la deuxième nommée, dont les
difficultés sont moins médiatisées que celles du Brésil, pour faire un petit
état des lieux et cerner les problèmes.
Le malaise en chiffres
L’économie indienne est toujours en croissance mais entre avril-juin
2012 et avril-juin 2013, celle-ci n’était plus que de 4,4%. Son plus bas niveau
depuis 2009 (2). Une situation notamment due à la baisse des exportations en
direction des États-Unis et de l’Europe dont les économies sont également
au mieux convalescentes, au pire, pour certains pays, à l’agonie.
La population du pays est, pour sa part, surtout inquiète de l’inflation.
La hausse des prix a atteint 11% en un an (3) et touche surtout les produits
alimentaires (+18,4%) dont les légumes. L’envolée du prix de l’oignon,
ingrédient de base dans la cuisine indienne, a d’ailleurs donné son nom à ce
qu’on appelle « la crise de l’oignon ».
3
D’autres indices révèlent la gravité de la situation. À commencer par la
baisse de valeur de la roupie. Début mai, un dollar valait 55 roupies, deux
mois plus tard, il en valait 68. Soit une perte de valeur de 26% pour la monnaie
indienne (3). Une conséquence du gros problème que rencontre l’Inde : la
fuite des investissements venant de l’étranger : entre juin et août de cette
année, ce sont près de 11 milliards d’euros qui ont été retirés des marchés
financiers indiens (4). Ce manque d’argent assèche l’économie indienne et
rend plus difficile le financement d’infrastructures et d’unités de production.
Par deux fois donc, la banque centrale indienne est intervenue en injectant
de la monnaie avec comme objectif de maintenir les taux d’intérêts à un
bas niveau afin que les banques puissent continuer à octroyer des crédits
aux entrepreneurs et consommateurs. Cette fuite des capitaux occidentaux
a d’ailleurs touché l’ensemble des économies émergentes. Par quoi est-elle
motivée ?
Le rôle de la Fed
Prenons le 22 mai 2013 comme date symbolique. Ce jour-là, Ben
Bernanke, le président de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed)1 évoque
la fin progressive de la politique monétaire qu’elle mène depuis l’éclatement
de la crise financière. Depuis 2009, pour soutenir l’économie américaine, la
Fed fait tourner la planche à billets et injecte massivement des dollars sur
les marchés financiers. Une politique qui a plusieurs effets : vu l’abondance
de dollars sur le marché, celui-ci baisse de valeur et reste compétitif sur le
marché des changes lui permettant ainsi de rester la valeur de référence.
De plus, cette arrivée d’argent frais permet aux financiers de continuer à
investir. Cela contribue également au maintien de taux d’intérêt bas et les
banques peuvent donc continuer à octroyer des crédits. Cela revient en
quelque sorte à placer l’activité économique, et donc la croissance, sous
respiration artificielle en attendant qu’elle se rétablisse.
Cet argent frais a été massivement investi dans les pays émergents où
les taux d’intérêts en vigueur et la croissance rapide promettaient des
rendements très intéressants (5). Lorsque la Fed a commencé à parler d’une
politique plus restrictive, signe que l’économie américaine commençait à se
redresser, les investisseurs se sont retirés des marchés des pays émergents
pour se tourner vers des placements plus traditionnels aux États-Unis et en
Europe. Dans les faits, la Réserve Fédérale continue à injecter de l’argent, 85
milliards de dollars par mois depuis septembre (6), et ne devrait pas arrêter à
court terme. La dernière crise politique américaine, suscitée par l’importance
de leur dette publique et qui a notamment conduit la première puissance du
1. Le nom donné à la banque centrale des États-Unis
4
monde à devoir fermer partiellement une partie de ses administrations, est
venue rappeler que l’économie de la première puissance mondiale est encore
loin de la guérison. Mais le mal est fait. La Fed a lancé un signal qui a conduit
les marchés financiers à se rendre compte que les économies émergentes
souffraient de certains maux qu’elles devront guérir si elles veulent vraiment
rivaliser avec les États-Unis, l’Allemagne, le Canada ou encore la GrandeBretagne.
Des raisons structurelles
Les obstacles sont économiques, géopolitiques et sociétaux. En ce qui
concerne l’Inde, ses deux principaux maux économiques sont le déficit
budgétaire du pays et le déficit de la balance des paiements courants, ce
qui signifie que le coût des importations est plus important que ce que
lui rapportent les exportations. C’est une situation de fragilité qui a pour
résultat d’affaiblir la monnaie indienne, et donc son économie au moindre
choc. L’un de ces chocs a été causé par la décision des autorités de restreindre
la sortie du pays des capitaux pour les entreprises et particuliers indiens.
Une manœuvre qui a pour objectif d’éviter un « bank run », soit des retraits
massifs d’argent des banques indiennes vers des banques étrangères, ce
qui assécherait encore un peu plus l’économie indienne. Une partie des
investisseurs étrangers se sont dit qu’ils seraient les suivants sur la liste et
ont préféré partir avant d’être captifs (7).
Ceci constitue un problème pour plusieurs raisons. En effet, attirer les
capitaux internationaux est une obligation pour financer le déficit de l’État.
D’autant que la politique de relance de la consommation intérieure, mise en
place en 2009, s’est heurtée à un obstacle de poids : le manque d’infrastructures
de l’industrie indienne qui la rend incapable de répondre seule à la demande.
Les importations sont donc restées à un haut niveau. Certains produits
importés ayant augmenté de prix ont creusé le déficit commercial du pays
(4) et entretenu l’inflation. Pour lutter contre celle-ci, la banque centrale a
tendance à relever les taux d’intérêts pour justement restreindre la demande,
en rendant plus difficile les crédits, et donc limiter la hausse des prix. De
plus, cela soutient le cours de la monnaie et l’image internationale de celle-ci.
Mais des crédits plus chers freinent également les investissements intérieurs
et empêchent l’industrie indienne de se développer. Il est très difficile pour
l’Inde de sortir de ce cercle vicieux.
D’autant que la fuite des capitaux étrangers est également due à des raisons
sur lesquelles elle n’a pas vraiment prise. La corruption, en premier lieu.
Dans le classement annuel de l’ONG Transparency International, l’Inde
apparaît en 94e position sur 176 pays étudiés (le 176e étant le plus corrompu)
5
avec un score de 36/100 (100 étant la note attribuée au pays le moins
corrompu) (8). Ce fléau touche tous les secteurs de la société, seuls les
magistrats semblent y échapper, et chacun peut se retrouver à la fois
corrupteur et corrompu. Que ce soit pour toucher sa retraite, obtenir
son permis de conduire, trouver une place à l’école pour son enfant,
accomplir un acte administratif ou obtenir une promotion à l’armée,
il faut allonger les billets. Le monde économique n’échappe pas à
cette manière de faire qui a pris une ampleur considérable depuis le
début de ce siècle et l’émergence dans le jeu politique de formations
régionales à la recherche de financement (9). Des scandales éclatent au
grand jour tous les jours et les personnalités politiques de haut rang
ne sont pas épargnées. Ce qui donne lieu à une instabilité politique
certaine. Haut niveau de corruption et instabilité politique, il n’en
faut pas plus pour décourager les investisseurs extérieurs les plus
scrupuleux ou les moins bien nantis pour, en permanence, « graisser
des pattes », manière la plus sûre d’obtenir sa place au soleil indien.
La situation sociale dans le pays représente un autre frein pour les
investissements étrangers. Malgré un recul de la misère ces dernières
années, un tiers d’Indiens vit toujours sous le seuil de la pauvreté,
qui est fixé à 28 roupies (0,43€) de dépenses par jour (10) et la crise
dans laquelle se retrouve actuellement le pays rappelle que le boum
économique du pays n’a pas profité à tout le monde. Des pans
entiers de l’industrie sont aux mains de quelques grandes familles,
Bollywood en est le meilleur exemple, et le système des castes
entraîne toujours des discriminations socio-professionnelles même
si celles-ci sont interdites par la Constitution du pays (11). La santé
économique des entreprises indiennes est également très inégale selon
qu’elles sont branchées ou non sur le juteux circuit de l’exportation.
Profitant de sa forte croissance, l’État avait ouvert les vannes de
l’aide sociale et se retrouve maintenant contraint de couper dans les
budgets sociaux laissant une partie de la population sur le carreau.
Cela pourrait mener à des troubles sociaux. D’autant, qu’outre les
castes les plus basses, les musulmans sont également les plus touchés
par la pauvreté (10) et qu’une partie de ceux-ci pourraient se tourner
vers un extrémisme religieux notamment nourri par une question du
Cachemire2 toujours non-résolue.
2 À très forte majorité musulmane, le Cachemire est divisé entre l’Inde et le
Pakistan qui sont plusieurs fois entrés en conflit pour prendre le contrôle
de la totalité du territoire. Un cessez-le-feu est signé et respecté depuis le 25
novembre 2003 mais n’empêche pas l’apparition de mouvements islamistes qui
ont déjà signé plusieurs attentats sur le sol indien.
6
Faire entendre sa voix
Les difficultés rencontrées actuellement sont venues rappeler à l’Inde, et
aux autres pays émergents, que malgré leur statut de nouvelles puissances
mondiales, ils sont toujours dépendants de la politique économique et
financière des États-Unis. Et que, finalement, ils n’ont pratiquement
aucun poids sur les décisions de la Fed et des autres institutions financières
internationales basées à Washington et New-York, Banque mondiale et
FMI en tête.
Ce qui ne les empêche pas, à l’occasion, d’assumer leur nouveau rôle
quitte à froisser leurs partenaires commerciaux occidentaux. Cela s’est vu, au
début du mois de septembre, lors d’un sommet du G20. Créé en 1999, alors
qu’une plus grande concertation internationale semblait nécessaire suite à
une succession de crises financières dans les années 90, ce groupe réunit
19 pays plus l’Union européenne3. Alors qu’il devait essentiellement être
question de la Syrie, les BRICS ont obtenu qu’on y parle tout de même de la
situation de crise économique dans laquelle ils se trouvaient et en ont profité
pour protester contre la légèreté avec laquelle les pays occidentaux orientent
leur politique monétaire tout en demandant une meilleure harmonisation
(12). En marge du sommet, ils ont également évoqué la création d’un fonds
de réserve commun de devises de 100 milliards de dollars pour s’aider
mutuellement lors d’une fuite des capitaux. Une somme insignifiante
lorsque les marchés financiers paniquent mais un signal important envoyé
aux pays occidentaux. Ce projet d’une sorte de Banque Mondiale alternative
est encore loin d’être abouti, mais il démontre une volonté de s’organiser
avec d’autres règles que celles imposées par les institutions financières
internationales. Un mois plus tard, lors de la crise budgétaire qui secoua les
États-Unis, le G20-Finances, regroupant les ministres des Finances et les
directeurs des banques centrales des 20 pays, ils ne se privèrent d’ailleurs pas
pour faire la leçon à la première puissance mondiale.
Évidemment tout cela reste des « alliances objectives ». Les pays des
BRICS n’ont pas tous les mêmes intérêts économiques et géostratégiques.
Certains d’entre eux sont même plutôt des concurrents féroces, comme la
Chine et l’Inde. Ils ont toutefois bien compris qu’ils pouvaient faire entendre
une autre voix et, en s’unissant, enliser voire enterrer des négociations dont
le résultat leur paraît défavorable. Cela s’est déjà vu au sein de l’Organisation
Mondiale du commerce (OMC) ou, avec plus de visibilité médiatique, lors
du sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague en 2009 (13). L’inde
avait alors pris le rôle de chef de file des pays en voie de développement
3 Afrique du Sud, Canada, Mexique, USA, Argentine, Brésil, Chine, Japon, Corée du
Sud, Inde, Indonésie, Arabie Saoudite, Russie, Turquie, Union européenne, France,
Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Australie.
7
qui refusaient plusieurs points du projet de traité final. Notamment, ceux
mettant sur le même pied pays développés et pays en voie de développement
s’agissant de la réduction des émissions de CO2 étant donné que les premiers
nommés étaient de bien plus importants émetteurs que les autres.
De même, sur le plan diplomatique, Inde et Afrique du sud, membres
non-permanents du conseil de sécurité de l’ONU, se retrouvent souvent à
soutenir les positions de la Chine et de la Russie, rarement en phase avec la
diplomatie occidentale notamment en ce qui concerne le droit d’ingérence
et l’intervention dans des pays tiers.
Une nouvelle importance
Ce n’est en rien une renaissance des « non-alignés », ces pays qui
refusaient de choisir leur camp durant la guerre froide. Tout d’abord
parce qu’il n’y a plus deux camps, il n’y en a qu’un. Et que ces puissances
émergentes ne représentent pas vraiment une alternative, elles veulent juste
que l’on reconnaisse leur nouvelle importance dans le système économique,
et stratégique, mondial. La crise financière débutée en 2008 leur a donné
cette opportunité. Sans ces économies émergentes à forte croissance, elle
aurait été pire. Leur besoin de croissance a permis aux pays occidentaux de
continuer à exporter. Ces dernières années, l’économie mondiale est devenue
encore plus interconnectée. Tout le monde est devenu client et fournisseur
de tout le monde. Une crise sévère qui toucherait l’Inde et ses compagnons
du BRICS serait donc également dommageable pour les autres pays. Une
bonne raison de penser que les décideurs financiers et économiques ne
laisseront pas la situation se dégrader.
D’autres éléments permettent de penser qu’on ne vivra pas une redite
de la crise financière asiatique de la fin des années 90 qui avait mis au tapis
plusieurs économies de cette région. Premièrement la configuration n’est
pas la même : plusieurs de ces pays émergents sont moins endettés qu’à
l’époque et ont des réserves de change plus importantes qu’alors. Leurs
économies tiennent donc mieux le choc. Autre différence : aujourd’hui,
plus de la moitié des flux de capitaux vers ces marchés émergents sont
des investissements directs en capital, et pas uniquement des mouvements
« virtuels » en Bourse (14).
Ensuite, après plusieurs décennies de forte croissance, ces économies sont
désormais assez fortes pour surmonter les conséquences d’un changement
dans la politique monétaire américaine. Celles-ci peuvent être sources de
gros contretemps mais elles n’arrêteront pas le mouvement général de
progrès économique. Les fondations sont plus solides. Cela ne signifie pas
que la crise économique ne fera pas de dégâts en Inde et ailleurs.
8
Bibliographie
(1) Le Monde, « En intégrant l’Afrique du Sud, les BRIC s’affirment
comme un club politique des pays émergents » par Sébastien Hervieu,
le 15/04/2011. Consulté le 14/10/2013.
(2) Les Échos, « Nouvelle hausse des taux en Inde, l’inflation inquiète »
(en ligne) c 2013 (Consulté le 29/10/2013) Disponible sur : http://
www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00560000nouvelle-hausse-de-taux-en-inde-l-inflation-inquiete-623348.php
(3) Marianne, « Début de crise monétaire en Inde, mais une solution en
or » (en ligne) c 2013 (Consulté le 1/10/2013) Disponible sur : http://
www.marianne.net/Debut-de-crise-monetaire-en-Inde-mais-une-solution-en-or-_a231753.html
(4) Le Monde, « Inde : 15 milliards de dollars envolés cet été » (en ligne) c
2013 (Consulté le 28/10/2013) Disponible sur : http://www.lemonde.
fr/economie/article/2013/10/28/inde-15-milliards-de-dollars-envoles-cet-ete_3504120_3234.html
(5) Le Huffington Post, « G20 : pourquoi les pays émergents plongent
quand la croissance revient dans les pays riches) » (en ligne) c 2013
(Consulté le 15/10/2013) Disponible sur : http://www.huffingtonpost.
fr/2013/09/05/g20-inde-russie-bresil-croissance-syrie-turquie-paysemergents_n_3867852.html
(6) Le Figaro, « La crise des émergents sème la zizanie au G20 » (en ligne)
c 2013 (Consulté le 15/10/2013) Disponible sur : http://www.lefigaro.
fr/conjoncture/2013/09/04/20002-20130904ARTFIG00475-la-crisedes-emergents-seme-la-zizanie-au-g20.php
(7) Le Monde, « Subir Gokarn : un prêt du FMI est certainement une
option pour l’Inde » (en ligne) c 2013 (Consulté le 2/10/2013) Disponible sur : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/20/
subir-gokarn-un-pret-du-fmi-est-certainement-une-option-pour-linde_3463716_3234.html
9
(8) Transparency International, « Corruption Perceptions Index 2012 » (en
ligne) c 2012 (Consulté le 16/10/2013) Disponible sur : http://www.
transparency.org/cpi2012/results
(9) Observatoire Mondial des enjeux et des Risques, « La corruption en
Inde, un mal lié à la démocratisation » (en ligne) c 2012, (Consulté le
17/10/2013) Disponible sur : http://omer.sciences-po.fr/?q=ateliers/
la-corruption-en-inde-un-mal-lié-à-la-démocratisation
(10) Le Monde, « Près d’un Indien sur trois vit sous le seuil de la pauvreté » (en ligne) c 2012 (Consulté le 16/10/2013) Disponible sur : http://
www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/22/pres-d-un-indien-surtrois-vit-sous-le-seuil-de-pauvrete_1674221_3244.html
(11) Les Échos, « Vers une répétition de la crise des paiements pour l’Inde »
(en ligne) c 2013 (Consulté le 11/10/2013) disponible sur: http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/autres/221178481/
vers-repetition-crise-paiements-linde
(12) Le Monde, « Au G20, les Brics veulent être entendus » (en ligne) c
2013 (Consulté le 15/10/2013) disponible sur : http://www.lemonde.
fr/economie/article/2013/09/04/au-g20-les-brics-veulent-etre-entendus_3470941_3234.html
(13) Mediapart, « Les Brics, un club de bric et de broc » (en ligne) c 2013
(Consulté le 8/10/2013) Disponible sur : http://blogs.mediapart.fr/
blog/amnestyinternational/040913/les-brics-un-club-de-bric-et-debroc
(14) Jeune Afrique, « Les marchés émergents dans la tourmente » (en
ligne) c 2013 (Consulté le 9/10/2013) Disponible sur : http://economie.jeuneafrique.com/component/content/article/321-bourse-a-capital-investissement/19134-les-marches-emergents-dans-la-tourmente.
html
(15) Atlantico, « À trop jouer avec leurs monnaies, les Brics se tient une
balle dans le pied » (en ligne) c 2013 (Consulté le 9/10/2013) Disponible sur : http://www.atlantico.fr/decryptage/trop-jouer-avecmonnaies-bric-se-tirent-balle-dans-pied-florent-detroy-837303.
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Analyse et études 2013 (extrait du catalogue)
Qatar : les pirates de la démocratie
Minuscule langue de sable dans le golfe Persique, à peine plus grand que la Corse, c’està-dire moins d’un tiers de la Belgique ! Peuplé de 1,6 millions d’habitants (dont seulement
environ 200 000 qataris), le Qatar joue depuis dix ans dans la cour des grands. Grâce à ses
revenus liés au gaz naturel (3e producteur mondial de gaz naturel liquéfié), l’émirat a réussi
à amasser une fortune colossale qui lui a permis de devenir un acteur incontournable dans
le monde. Mais depuis quelques temps, nombreux sont ceux qui se posent des questions
quant au rôle que joue ce pays dans l’équilibre mondial. Quelle est finalement sa stratégie
et quels sont ses buts ? Ils sont partout : dans l’économie, dans les médias, dans le sport,
dans la culture, dans le caritatif. Ils ont participé à la guerre en Libye et leur diplomatie est
omniprésente dans le monde arabe. On a l’impression que plus rien ne peut se faire sans le
Qatar.
Femen : une nouvelle forme de militantisme ?
À quel prix et avec quelle efficacité ?
Qui n’a jamais entendu parler des Femen ? Présentes dans de nombreux médias et
manifestations largement relayées par ces derniers, la plupart des gens savent qui sont les
Femen, en tous les cas ils savent que ce sont des femmes qui ne sont pas d’accord avec
beaucoup de choses (lesquelles ?) et qui expriment leur désaccord lors de manifestations
coup de poing au cours desquelles elles dénudent leur poitrine.
Réforme des ACS : gare aux effets contreproductifs
Le secteur non-marchand est inquiet. La crise actuelle et les politiques d’austérité qui
les accompagnent ont deux effets : la montée de la précarité, et donc la croissance des
demandes d’intervention à l’adresse des services sociaux, alors que ceux-ci voient leurs
moyens diminuer. De plus le dernier accord institutionnel organise le transfert de toute une
série de compétences, relevant du non-marchand, de l’État fédéral vers des Régions bien
moins pourvues financièrement.
Les naufragés de Choucha
Le 30 juin 2013, le camp de réfugiés de Choucha dans le désert tunisien a été fermé par
le Haut Commissariat des Nations Unie pour les Réfugiés (HCR) avec ces mots de Ursula
Aboubacar, représentante du HCR à Tunis : « C’est toujours une fierté de fermer un camp
». Certes, la fermeture d’un camp peut sembler une bonne nouvelle : cela veut en principe
dire que tous les réfugiés ont trouvé une solution de réinstallation. Mais à cette date, des
réfugiés sont encore présents sur le camp ou dans la nature et diverses solutions ont été
proposées par le HCR pour « se débarrasser » des personnes restantes.
La protection des Roms, un défi pour l’Europe
Le 21 juillet dernier, à Cholet (France), le député-maire Gilles Bourdouleix (UDI)
s’énerve devant l’occupation de deux champs par un campement tzigane et y va d’une
phrase digne de Jean-Marie Le Pen dans ses grands jours : « Comme quoi Hitler n’en a peutêtre pas tué assez ». La presse relaye les mots malheureux, l’élu crie au mensonge, dément
11
avoir tenu ces propos (malgré un enregistrement) mais, devant le scandale occasionné,
doit démissionner. Un de ses collègues, le maire de Nice, Christian Estrosi (UMP), ne
l’a sans doute pas condamné. Deux semaines plus tôt, invité dans une émission radio, il
avait expliqué son « mode d’emploi » pour dissuader les gens du voyage de s’installer sur
le territoire de sa ville, utilisant au passage quelques clichés toujours en vigueur sur les
gitans. Pendant ce temps, comme depuis quelques années, des campements sauvages sont
démantelés par la police et les Roms venus de pays de l’Est sont expulsés manu militari.
La réforme de la loi sur L’immigration aux États-Unis :
beaucoup de compromis, pour pas grand-chose…
Ça y est ! Cheval de bataille de Barack Obama lors des élections présidentielles de 2012,
le projet de régularisation des quelques 11,2 millions de clandestins vivant aux États-Unis a
été discuté au Sénat. Petit pas pour ces millions d’individus vivant dans l’ombre et la crainte
d’être expulsés du pays du jour au lendemain, grand pas, en terme de stratégie politique
du moins, pour les démocrates et les républicains. Ceci dit, rien n’est encore joué : cette
proposition de réforme doit encore être soumise à l’aval de la Chambre des représentants,
à majorité républicaine. Cette réforme est-elle vraiment de bon augure pour les personnes
en attente d’un statut ? Pourquoi intervient-elle maintenant ?
L’accaparement des terres agricoles en Europe de l’Est
L’accaparement des terres agricoles dans le monde par des États et des grandes
multinationales agro-alimentaires n’est pas une nouveauté. Le phénomène est bien
connu dans certains pays émergents comme l’Inde ou en voie de développement comme
la Colombie, ou encore dans les pays d’Afrique subsaharienne. D’une part la hausse des
matières premières alimentaires a très vite attiré les investisseurs et les spéculateurs ont vu
là une façon assez simple et rapide de faire des profits. D’autre part, certains pays, comme
la Chine, le Qatar et ses voisins, craignant pour leur sécurité alimentaire, vont faire cultiver
dans ces mêmes pays des denrées pour leur consommation occasionnant des situations
parfois absurdes comme celle qui oblige certains à importer ce que leurs terres produisent
pour d’autres. Cette politique a aussi pour conséquence de créer une nouvelle classe sociale :
les paysans sans terre, travaillant à bas prix pour ces multinationales ou se retrouvant sans
travail et sans revenus dans la misère des villes.
Données à caractère personnel : le pétrole des temps
modernes Qu’ils s’appellent Prism, Tempora, Big Brother ou autre, il est clair que la majorité
des pays s’espionne, et ce, depuis longtemps. Dès lors, l’affaire Snowden, qui défraie la
chronique depuis le mois de juin, n’a fait que confirmer ce dont de nombreuses personnes
se doutaient déjà. Faux scandale ? Pas tout à fait. S’il était évident et de notoriété publique
que certains états (« the rogue states » comme ils sont appelés par les États-Unis) étaient
espionnés, il était moins évident que les états alliés étaient, eux aussi, logés à la même
enseigne. Outre le fait que ce scandale met en lumière le déséquilibre des alliances scellées
entre la puissance nord américaine et les pays qu’elle dit être ses amis ; et donc interroge sur
le rôle que s’octroient les États-Unis sur l’échiquier mondial, cette affaire aura également
eu le mérite de rappeler aux parlementaires européens qu’il y a lieu de se mettre rapidement
d’accord sur le Data Protection Regulation (DPR), projet de règlement visant à améliorer
la protection des données personnelles des Européens.
12