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MC Consultants enr. Tourisme et communautés
de langue
officielle en situation minoritaire
(CLOSM) Rapport final pour Industrie Canada 9 novembre 2011 Coordonnées de l’auteur : Maurice Chiasson MC Consultants enr. 114, Franklin Beaconsfield (Québec) H9W 5P7 Tél. : (514) 426­4408 Cell. : (514) 926­4004 [email protected] MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 2 Table des matières SOMMAIRE EXÉCUTIF…………………………...………………………………………………….……………... 06 INTRODUCTION………………………………………………….…………………………………………….…....... 11 ­ Mandat……………………………………………………………………………..……………………............... 11 ­ Méthodologie…………………………………………………………………………………………….…….. 12 ­ Limites de l’étude………………………………………………………………………….……………….. 12 ­ Sections du rapport …………………………………………………………..…………………………… 13 1 ­ INDUSTRIE TOURISTIQUE : QUELQUES CHIFFRES…………….………………….…………… 14 2 ­ TENDANCES DE L’INDUSTRIE…………………………………...……………………………………….. 20 3 ­ POTENTIEL TOURISTIQUE DES CLOSM……………………………...……………………………… 22 4 ­ ENJEUX………………………………………………………………….………………………………………….… 24 4.1 ­ Enjeu : Reconnaissance de l’industrie……………………………………………………….. 24 4.1.1 ­ Problématique…………………………………….…………………………………...……… 24 4.1.2 ­ Action gouvernementale……………………………………………..……..…………… 25 4.1.3 ­ Recommandation……………………………….…………………………………….…...… 26 4.2 ­ Enjeu : Recherche et collecte de données……………………………………….……….. 27 4.2.1 ­ Problématique…………………………………….…………………….……………………. 27 4.2.2 ­ Action gouvernementale……..………………….………………………………….…... 28 4.2.3 ­ Recommandation………………………….…….…………………………………….…… 29 4.3 ­ Enjeu : Réseautage……………………………………….……………………………………….….. 30 4.3.1 ­ Problématique……………………………….…………………….…………………………. 30 4.3.2 ­ Action gouvernementale………………………….……………………………………... 31 4.3.3 ­ Recommandation ………..………………………………….……………………………… 32 4.4 ­ Enjeu : Produits touristiques………………………………………………………………...…. 33 4.4.1 ­ Problématique……………………………………………….…………………….…………. 33 4.4.2 ­ Action gouvernementale……………………….……….…………………….…………. 34 4.4.3 ­ Recommandation…………..………………….…………………….…….…………….….. 35 MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 3 4.5 ­ Enjeu : Promotion……………………………………………...……………………………….…….. 36 4.5.1 ­ Problématique…………………………………...…………….…………………….…….…. 36 4.5.2 ­ Action gouvernementale……………………….……….…………………….…………. 37 4.5.3 ­ Recommandation……….……..…………………….…….……….…….….………….…... 38 4.6 ­ Enjeu : Ressources humaines………………………………………………………………….. 39 4.6.1 ­ Problématique…………………………………...…………….…………………….…….…. 39 4.6.2 ­ Action gouvernementale……………………….……….…………………….…………. 40 4.6.3 ­ Recommandation……....……..……………………...…………….…….……….…….…... 41 4.7 ­ Enjeu : Financement………………………………………………………………………..……….. 42 4.7.1 ­ Problématique…………………………………...…………….…………………….…….…. 42 4.7.2 ­ Action gouvernementale……………………….……….…………………….…………. 42 4.7.3 ­ Recommandation…..…..…..…………….….…………………….…….……….…….…... 43 4.8 ­ Enjeu : Technologies………………………………………………………………………….….….. 43 4.8.1 ­ Problématique…………………………………...…………….…………………….…….…. 43 4.8.2 ­ Action gouvernementale……………………….……….…………………….…………. 44 4.8.3 ­ Recommandation.…..…..………...………….…………………….…….……….…….…... 44 4.9 ­ Enjeu : Transport……………………………………………………………………………………... 44 4.9.1 ­ Problématique…………………………………...…………….…………………….…….…. 44 4.9.2 ­ Action gouvernementale……………………….……….…………………….…………. 46 4.9.3 ­ Recommandation…..…..…..………..……….…………………….…….……….…….…... 46 4.10 ­ Enjeu : Ruralité………………..…………………………………………….................................... 47 4.10.1 ­ Problématique………………………………...…………….…………………….…….…. 47 4.10.2 ­ Action gouvernementale…………………….……….…………………….…………. 48 4.10.3 ­ Recommandation…..…..…..…..………….…………………….…….……….…….…... 49 4.11 ­ Enjeu : Services et langues officielles ………………………………………...………….. 50 4.11.1 ­ Problématique………………………………...…………….…………………….…….….. 50 4.11.2 ­ Action gouvernementale…………………….……….…………………….………….. 50 MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 4 4.11.3 ­ Recommandation……………..……….……….…………….…………………………... 51 CONCLUSION……………………………………………………………………………………………………….…… 52 ANNEXE : PROFIL DES INTERVENANTS CONSULTÉS……………………..……………….……..… 53 BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………………………….……………… 54 WEBOGRAPHIE……………………………………………………………………….……………………………….. 58 * Il est à noter que des hyperliens pourraient ne plus fonctionner à la lecture du rapport. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 5 SOMMAIRE EXÉCUTIF L’objet de ce mandat est de formuler des recommandations à l’intention d’Industrie Canada et des agences fédérales de développement régional (ADR) afin de favoriser le développement touristique dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) au Canada. Les CLOSM sont composées des communautés francophones et acadiennes (CFA), retrouvées à l’extérieur du Québec, et de la communauté anglophone québécoise. Ces recommandations contribueront particulièrement à alimenter la réflexion d’Industrie Canada et des ADR concernant le développement de l’industrie touristique en milieu minoritaire dans le cadre du suivi à la Feuille de route pour la dualité canadienne 2008­2013 adoptée par le gouvernement fédéral pour les CLOSM. Nous tenons à préciser que certaines recommandations de ce rapport interpellent d’autres acteurs gouvernementaux, au sein de l’appareil fédéral ainsi qu’à l’échelle provinciale et territoriale, voire municipale. Il nous est apparu en effet nécessaire de répertorier l’ensemble des enjeux communs exprimés, en raison de leur importance pour le développement touristique en milieu minoritaire, et de formuler des recommandations à leur sujet, même si certaines de celles‐ci ne s’adressaient pas à Industrie Canada et aux ADR. 1 ­ Enjeu : Reconnaissance de l’industrie Recommandation  Adopter et mettre en œuvre une stratégie nationale en tourisme pour les CLOSM La reconnaissance de l’industrie par les partenaires gouvernementaux se mesure par l’importance des actions et des investissements. Afin d’en maximiser les retombées, les actions et les investissements doivent s’inscrire dans une vision commune se réalisant dans le cadre d’une stratégie cohérente d’ensemble en tourisme pour les CLOSM, engageant les acteurs au gouvernement fédéral œuvrant ou ayant un intérêt en tourisme. Les principaux intervenants au sein des gouvernements provinciaux et territoriaux et des communautés doivent également être associés à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une telle stratégie; ceci s’avère nécessaire afin d’y inscrire les particularités régionales et d’y insuffler une certaine flexibilité dans la mise en œuvre des orientations. Nous croyons que cette stratégie propre aux communautés minoritaires doit s’articuler dans un esprit de complémentarité avec, entre autres, La Stratégie fédérale en matière de tourisme du Canada – Accueillir le monde nouvellement adoptée. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 6 2 ­ Enjeu : Recherche et collecte de données Recommandation  Créer un observatoire en tourisme pour les CLOSM La recherche et la collecte de données sont intimement liées à la reconnaissance de l’industrie au sein des CLOSM. Il faut pouvoir démontrer le potentiel économique de l’industrie touristique dans les communautés minoritaires afin que cette industrie puisse être davantage reconnue par les acteurs économiques et gouvernementaux. Les intervenants interrogés ont certes semblé reconnaître le potentiel du tourisme dans les CLOSM en raison notamment de leurs spécificités culturelles. Par contre, il semble exister très peu de données précises à cet égard. La recherche s’avère également nécessaire afin de connaître les tendances, les besoins ainsi que les bonnes pratiques et les histoires à succès nécessaires pour alimenter la créativité des chefs de file et des entrepreneurs en tourisme au sein des communautés. L’établissement d’un profil des entreprises touristiques en milieu minoritaire et d’un inventaire des produits retrouvés dans les communautés s’avère, au préalable, essentiel. 3 ­ Enjeu : Réseautage Recommandation  Favoriser le réseautage à l’échelle régionale, provinciale/territoriale, nationale et internationale C’est sur la base de collaborations et de partenariats multiples que les initiatives et projets touristiques dans les CLOSM pourront davantage se développer et répondre aux besoins des touristes. Des collaborations et des partenariats, stimulés dans le cadre d’activités de réseautage, peuvent se nouer pour favoriser l’échange d’information et de bonnes pratiques, mais aussi pour développer en commun des produits et des services répondant aux attentes des visiteurs à l’échelle des provinces, des territoires, du pays et à l’international. Par ailleurs, afin d’appuyer le réseautage, des actions pour encourager les associations touristiques s’avèrent nécessaires. 4 ­ Enjeu : Produits touristiques Recommandation  Appuyer le développement d’« expériences touristiques » répondant aux normes de l’industrie dans les communautés minoritaires Un appui et un accompagnement au développement de produits dans l’ensemble des communautés sont essentiels. Les efforts doivent être mis non seulement en matière de qualité et d’accessibilité, mais aussi dans le choix des produits à mettre en valeur. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 7 Ces produits doivent s’inscrire dans les tendances de l’industrie. Les touristes veulent vivre des « expériences » et « goûter » à la culture locale. Par ailleurs, en raison de leur capacité parfois limitée d’attirer la clientèle, il s’avère nécessaire pour bon nombre d’entreprises touristiques en milieu minoritaire de se renouveler et d’innover dans les produits et services qu’elles offrent. 5 ­ Enjeu : Promotion Recommandation  Appuyer les efforts de promotion des CLOSM au sein du marché intérieur et à l’international Les entreprises et les communautés en milieu minoritaire ne sont pas assez connues auprès des touristes, que ce soit à l’échelle canadienne ou à l’international. Le volume de visiteurs doit être au rendez‐vous afin qu’une entreprise ou une attraction touristique puisse être rentable. Ces efforts ne doivent pas uniquement viser le marché francophone pour les communautés francophones et acadiennes ou le marché anglophone pour les communautés minoritaires anglophones. Dans l’optique de « vivre une expérience unique », le touriste britannique ou américain serait peut‐être davantage subjugué par une expérience touristique vécue en milieu minoritaire francophone, tout comme le Français qui, à l’inverse, séjournerait dans une communauté anglophone. Ceci étant dit, les CLOSM devraient avoir davantage de place dans les efforts de marketing et de promotion menés, entre autres, par l’ensemble des ministères provinciaux et territoriaux responsables du tourisme. 6 ­ Enjeu : Ressources humaines Recommandation  Appuyer le recrutement, l’acquisition des compétences et la rétention du personnel au sein des entreprises touristiques des CLOSM La problématique des ressources humaines touche plusieurs aspects. Premièrement, l’ensemble du pays et les CLOSM sont aux prises avec une pénurie de main‐d'œuvre. Deuxièmement, le personnel œuvrant en tourisme dans les communautés ne semble pas suffisamment qualifié. Troisièmement, la marge de profit limitée de plusieurs entreprises touristiques dans les CLOSM fait en sorte que les employeurs n’ont pas les moyens d’offrir des salaires compétitifs comparativement aux autres secteurs de l’économie. C’est un défi pour les employeurs, qui se répercute non seulement sur le recrutement, mais également sur la rétention du personnel. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 8 7 ­ Enjeu : Financement Recommandation  Adapter l’ensemble des programmes gouvernementaux de financement à la réalité des communautés et des entreprises touristiques en milieu minoritaire De façon générale, en raison de leur caractère saisonnier, de leur dépendance aux conditions météorologiques et de leur exposition aux fluctuations du dollar canadien et du prix de l’essence, les entreprises touristiques font face à des défis en matière de financement. Les institutions financières sont très hésitantes à les financer. Leurs plans d’affaires doivent être particulièrement bien documentés et de solides garanties doivent accompagner leurs demandes. Les programmes existants doivent être adaptés à la réalité et aux défis des communautés et des entrepreneurs souhaitant s’investir dans le tourisme. 8 ­ Enjeu : Technologies Recommandation  Augmenter l’accessibilité aux TIC et appuyer l’acquisition des compétences en la matière dans l’ensemble des milieux minoritaires au pays L’évolution de l’industrie touristique au cours des dernières années a été particulièrement marquée par l’avènement des technologies de l’information et des communications (TIC). D’une part, les stratégies de promotion se sont passablement transformées en raison de l’évolution des technologies. D’autre part, les touristes peuvent réserver eux‐mêmes leur mode de transport et leur hébergement sans passer par des intermédiaires. Les communautés et les entreprises touristiques en milieu minoritaire, pour être compétitives, doivent se mettre au diapason des nouvelles réalités technologiques et doivent acquérir les connaissances suffisantes pour pouvoir les utiliser à bon escient. 9 ­ Enjeu : Transport Recommandation  Améliorer l’accès aux réseaux de transport routier, ferroviaire, maritime et aérien aux touristes canadiens et à ceux en provenance de l’international Une entreprise en tourisme ne peut croître et prospérer sans un minimum d’infrastructures en matière de transport. Nous réalisons que les défis reliés au transport sont grands en raison de la géographie du pays, de la faible densité de la population canadienne et du climat. Par contre, la réglementation pourrait être révisée afin, par exemple, de donner aux transporteurs internationaux un meilleur accès à l’espace aérien canadien. Certaines signalisations le long des routes pourraient également être améliorées dans diverses régions du pays, en consultation avec les entrepreneurs et les communautés. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 9 10 ­ Enjeu : Ruralité Recommandation  Poursuivre les initiatives d’appui au milieu rural et adopter des actions spécifiques pour les CLOSM Le développement touristique dans un ensemble de CLOSM est tributaire de la vitalité du milieu rural. Plusieurs projets porteurs semblent être menés pour y stimuler l’innovation, contrer l’exode des jeunes, appuyer les entreprises et dynamiser la vitalité communautaire. Par contre, les partenaires gouvernementaux des CLOSM doivent leur adresser une attention particulière, en raison de la réalité démographique et du dynamisme des CLOSM en milieu rural. Il faudra innover pour soutenir le développement touristique basé non seulement sur la spécificité culturelle des CLOSM, mais aussi sur les attraits naturels qu’offre le milieu rural. 11 ­ Enjeu : Services et langues officielles Recommandation  Inciter les institutions publiques, particulièrement à l’échelle des provinces/territoires et des municipalités, à promouvoir et à offrir des services dans les deux langues officielles Les Canadiens sont en droit d’obtenir les services du gouvernement fédéral dans la langue officielle de leur choix. Ce n’est cependant pas le cas en ce qui concerne les services offerts par la majorité des gouvernements provinciaux/territoriaux et municipaux. Les ministères responsables du tourisme et du développement économique à l’échelle des provinces et des territoires sont des acteurs essentiels afin d’appuyer les initiatives et les projets touristiques. Le peu de services et d’expertise en français dans certaines régions canadiennes et en anglais dans certains milieux au Québec constitue, pour des chefs de file et des entrepreneurs en tourisme au sein des CLOSM, un défi supplémentaire à la réussite de leurs projets et initiatives touristiques. Nous n’avons pas la prétention d’avoir identifié dans le cadre de cette étude tous les enjeux et les pistes de solution relatifs à l’industrie touristique dans les CLOSM. Néanmoins, nous estimons que le développement de l’industrie du tourisme au sein des communautés en milieu minoritaire passe prioritairement par une plus grande « reconnaissance » et « connaissance » du secteur ‐ (enjeux 1 et 2). Il faut que les acteurs gouvernementaux et le secteur privé, à l’aide de recherches et de données exhaustives sur le tourisme en milieu minoritaire, prennent réellement conscience de son potentiel afin d’être davantage incités à y investir au bénéfice des communautés et de l’économie canadienne dans son ensemble. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 10 INTRODUCTION Les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) au Canada sont composées des communautés francophones et acadiennes (CFA), retrouvées à l’extérieur du Québec, et de la communauté anglophone québécoise. Lors du Recensement 2006, les CFA comptaient 1 012 530 francophones de langue maternelle1 et le nombre de Canadiens de langue maternelle anglaise était de 575 000 au Québec.2 Le développement économique des CLOSM repose sur divers secteurs. Un certain nombre de ces communautés tirent leur subsistance de l’exploitation des ressources naturelles. D’autres ont su s’intégrer dans la nouvelle économie basée sur le savoir. Cependant, depuis quelques années, des efforts particuliers ont été faits afin de mettre en valeur l’industrie touristique. Des communautés minoritaires francophones et anglophones au pays, par souci de diversification et afin d’être moins dépendantes de l’exploitation des ressources naturelles ou d’un secteur en particulier3, misent effectivement de plus en plus sur le tourisme. Cependant, pour qu’elle puisse contribuer de façon significative et à long terme à l’épanouissement des communautés minoritaires, l’industrie touristique au sein des CLOSM doit faire l’objet d’un appui soutenu et ciblé de la part des acteurs gouvernementaux. ­ Mandat L’objet de ce mandat est essentiellement de formuler des recommandations à l’intention d’Industrie Canada et des agences fédérales de développement régional (ADR) afin de favoriser le développement touristique dans les communautés minoritaires au Canada. Ces recommandations suggéreront des actions gouvernementales visant à appuyer le développement du tourisme au sein des communautés. Ces recommandations contribueront également à alimenter la réflexion d’Industrie Canada et des ADR concernant le développement de l’industrie touristique en milieu minoritaire dans le cadre du suivi à la Feuille de route pour la dualité canadienne 2008­2013 adoptée par le gouvernement fédéral pour les CLOSM. 1 http://www.profils.fcfa.ca/fr/Vitalite_Demographique_200 2 http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/quebecdemo.htm 3 À titre d’exemple, la crise qui secoue le domaine des pêches sur la côte de l’Atlantique, avec le moratoire sur la pêche à la morue en vigueur depuis plusieurs années, les importantes fluctuations du prix du homard et la baisse des quotas du crabe des neiges, a poussé certaines communautés à diversifier leur économie. La crise forestière a également eu un impact important sur l’économie de plusieurs régions rurales au pays. Des communautés tirant principalement leur subsistance d’une seule industrie ont dû se réinventer et mettre en valeur d’autres secteurs de l’économie. Le tourisme semble avoir été, pour plusieurs d’entre elles, une option à considérer. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 11 Nous tenons à préciser d’emblée que certaines des recommandations retrouvées dans ce rapport ne sont pas du ressort d’Industrie Canada et des ADR. Un certain nombre interpelle davantage d’autres acteurs gouvernementaux au sein de l’appareil fédéral ainsi qu’à l’échelle des provinces, des territoires et des municipalités. Même si certaines problématiques s’adressent à d’autres acteurs gouvernementaux ou les mettent davantage à contribution, il nous est apparu nécessaire, dans le cadre de cette réflexion, de répertorier l’ensemble des enjeux exprimés étant communs aux communautés, en raison de leur importance sur le développement touristique en milieu minoritaire, et de formuler des recommandations à leur sujet. Pour accomplir ce mandat, Industrie Canada a retenu les services de la firme d’experts‐
conseils MC Consultants enr., de Beaconsfield, Québec. ­ Méthodologie Nous avons d’abord procédé à une recherche documentaire ayant trait à l’état de l’industrie touristique au Canada et dans les CLOSM (voir la Bibliographie et la Webographie). Nous avons ensuite mené, à l’aide d’un questionnaire, une consultation auprès d’une cinquantaine d’intervenants dans divers milieux minoritaires francophones et anglophones au pays afin d’identifier essentiellement le potentiel de développement du secteur touristique et les principaux enjeux liés au tourisme auxquels font face les communautés, et de recommander des pistes d’action susceptibles d’y répondre (voir le Profil des intervenants consultés en annexe). ­ Limites de l’étude Les ressources octroyées dans le cadre de cette étude nous ont permis de faire un survol de l’industrie touristique au sein de CLOSM et d’identifier, à l’aide d’une recherche documentaire et d’entrevues, un ensemble d’enjeux communs à l’ensemble des CLOSM. La recherche et la démarche consultative doivent néanmoins se poursuivre afin de se pencher sur des enjeux communs à l’ensemble des communautés et d’y proposer des solutions. Des enjeux propres à chaque région pourraient également être davantage explorés. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 12 ­ Sections du rapport La première section du présent rapport brosse un tableau de la situation du tourisme au pays, particulièrement dans le contexte international. La seconde section traite des tendances actuelles et nouvelles caractérisant l’industrie touristique. En troisième lieu, nous nous penchons sur le potentiel touristique au sein des CLOSM en lien avec les tendances de l’industrie. Quatrièmement, nous nous attardons aux principaux enjeux de l’industrie touristique dans les communautés. Pour chaque enjeu, nous y décrivons la problématique, ainsi que des exemples d’actions et de programmes gouvernementaux s’y référant, et nous formulons des recommandations. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 13 1 ­ INDUSTRIE TOURISTIQUE : QUELQUES CHIFFRES Au cours des six dernières décennies, le tourisme est devenu l'un des secteurs à la croissance économique la plus importante et la plus rapide au monde.4 Le nombre d’arrivées de touristes internationaux était de 940 millions en 2010, soit 6,6 % de plus qu’en 2009. Les régions touristiques émergentes du monde ont enregistré de fortes augmentations de visiteurs et le pourcentage d’arrivées de touristes internationaux reçus par les pays en développement est passé de 31 % en 1990 à 45 % en 2008.5 L’amélioration des moyens de transport et leur accessibilité accrue contribuent grandement à la croissance de cette industrie dans plusieurs pays. L’industrie touristique emploie des centaines de milliers de personnes et génère annuellement des revenus de plusieurs milliards de dollars. Le tourisme représente en effet plus de 10 % du PIB mondial et génère 1 emploi sur 12 dans le monde. En 2010, selon les estimations, les recettes du tourisme international se sont chiffrées à 919 milliards de dollars américains, contre 851 milliards de dollars en 2009, ce qui correspond à une progression en valeur réelle de 4,7 % sur un an.6 Le tourisme est un moteur économique important au Canada. Le tourisme contribue autant à la richesse de notre pays que l'agriculture, les pêches et la foresterie combinées. En 2008, l'activité touristique a généré plus de 74 milliards de dollars de recettes pour représenter 2 % du produit intérieur brut (PIB) du Canada, et l'industrie touristique employait directement plus de 660 000 Canadiens.7 Le tourisme est indispensable à la santé économique de secteurs industriels importants, constituant la principale source de revenus des lignes aériennes et des établissements hôteliers. Le tourisme appuie aussi les secteurs de la restauration et du divertissement, y compris les arts du spectacle, les activités culturelles et les manifestations sportives, ainsi que de nombreuses petites et moyennes entreprises.8 Par contre, les données recueillies au cours des dernières années révèlent que l’industrie canadienne du tourisme dans son ensemble connaît une baisse du nombre de touristes en provenance de l’international. 4 http://unwto.org/fr 5 Ibid. 6 Ibid. 7 http://www.ic.gc.ca/eic/site/dsib‐tour.nsf/fra/accueil 8 Ibid. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 14 Tableau 1 ­ Arrivées touristiques internationales9 Les 15 meilleurs pays ‐ en millions Rang 2002 2010 1 France 77.0 France 76.8 2 Espagne 51.7 États‐Unis 59.7 3 États‐Unis 41.9 Chine 55.7 4 Italie 39.8 Espagne 52.7 5 Chine 36.8 Italie 43.6 6 Royaume‐Uni 24.2 Royaume‐Uni 28.1 7 Canada 20.1 Turquie 27.0 8 Mexique 19.7 Allemagne 26.9 9 Autriche 18.6 Malaysie 24.6 10 Allemagne 18.0 Mexique 22.4 11 Hong Kong 16.6 Autriche 22.0 12 Hongrie 15.9 Ukraine 21.2 13 Grèce 14.2 Hong Kong 20.1 14 Pologne 14.0 Russie ‐ 15 Malaysie 13.3 Canada 16.1 À la lecture du Tableau 1, nous constatons que le Canada a essuyé un recul de 20 % du nombre de touristes étrangers depuis 2002. Le pays, qui figurait auparavant au 7e rang des destinations favorites, se situait au 15e rang en 2010.10 9 http://www.tiac.travel/francais/advocacy_situation.htm 10 Ibid. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 15 Tableau 2 ­ Recettes touristiques internationales dans le monde11 Les 15 meilleurs pays ‐ en milliards de dollars américains Rang 2000 2010 1 États‐Unis 82.4 États‐Unis 103.1 2 France 33.0 Espagne 52.5 3 Espagne 30.0 France 46.3 4 Italie 27.5 Chine 45.8 5 Royaume‐Uni 21.9 Italie 38.8 6 Allemagne 18.7 Allemagne 34.7 7 Chine 16.2 Royaume‐Uni 30.4 8 Canada 10.8 Australie 30.1 9 Autriche 9.8 Hong Kong 23.0 10 Australie 9.3 Turquie 20.8 11 Turquie 7.6 Thaïlande 19.8 12 Thaïlande 7.5 Autriche 18.7 13 Pays‐Bas 7.2 Malaisie 17.8 14 Suisse 6.6 Macao 17.6 15 Hong Kong 5.9 Canada 15.8 En matière de recettes touristiques internationales, le Canada a également été devancé par d’autres pays au cours des dernières années. Les États‐Unis occupaient la première position en 2000 et en 2010, avec une solide longueur d’avance. Le Canada, qui était au 8e rang en 2000, se retrouvait au 15e rang en 2010, derrière Macao et la Malaisie.12
11 http://veilletourisme.ca/2011/06/20/classement‐mondial‐des‐destinations‐et‐des‐marches‐emetteurs/ 12 Ibid. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 16 Il est pertinent de souligner que le Canada se classe au 106e rang, sur 130 pays, pour ce qui est de la compétitivité des prix, selon les données compilées par le Forum économique mondial; ceci ne semble pas être sans conséquence sur la performance canadienne dans le secteur du tourisme.13 Bref, alors que l'assiette touristique mondiale ne cesse de s'élargir, la part du Canada s'amoindrit. En effet, entre 2002 et 2008, la plupart des pays ont constaté une hausse des arrivées de touristes internationaux, à l'exception du Canada.14 Par ailleurs, les recettes touristiques internationales au Canada n’ont pas augmenté au même rythme que celles de plusieurs autres destinations.15
Pourtant, le Canada a beaucoup à offrir : le pays ne manque pas d’attraits naturels; plusieurs régions sont dotées d’infrastructures d’accueil adéquates; les villes sont hospitalières et sécuritaires; des manifestations culturelles d’envergure et de renom sont tenues annuellement. Or, dans un monde de plus en plus compétitif, de tels atouts ne suffisent tout simplement plus.16 L’offre, plus abordable dans certains cas en raison des coûts des transports au Canada et de la force de la devise canadienne, ainsi que les efforts de promotion de bien d’autres pays semblent davantage porter fruit. Quand nous regardons le succès des destinations qui ont réussi, nous constatons qu'il y a eu une réelle volonté gouvernementale. « On ne parle pas d'un ministère du Tourisme, mais du gouvernement. » C'est le cas de la Turquie, devenue 8e destination dans le monde en faisant passer le nombre de touristes qu'elle accueille de 5 à 27 millions en moins de 20 ans. La Turquie a choisi de développer une offre distinctive, de calibre international et répondant à une tendance de fond.17 13 www.ledevoir.com/economie/actualites‐economiques/291953/chute‐brutale‐du‐tourisme Le Forum économique mondial (World Economic Forum) est une fondation à but non lucratif qui réunit annuellement à Davos, en Suisse, les leaders économiques et politiques du monde entier afin de débattre des problèmes de l’heure. Parallèlement aux réunions, le Forum publie des rapports économiques liés à des secteurs spécifiques. www.weforum.org (en anglais seulement) 14 http://www.tiac.travel/francais/advocacy_situation.htm 15 www.veilletourisme.ca/2011/06/20/classement‐mondial‐des‐destinations‐et‐des‐marches‐emetteurs 16 Ibid. 17 www.ledevoir.com/economie/actualites‐economiques/291953/chute‐brutale‐du‐tourisme MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 17 Si le Canada parvenait à se classer de nouveau dans les 10 premiers au niveau des arrivées internationales, le pays pourrait bénéficier : ‐
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De 5,7 millions de visiteurs additionnels; De dépenses supplémentaires de l'ordre de 5,2 milliards de dollars injectées dans l'économie canadienne; De 46 900 emplois de plus; De revenus annuels additionnels de quelque 720 millions de dollars dans les coffres du gouvernement fédéral; De revenus annuels additionnels de quelque 797 millions de dollars du côté des gouvernements provinciaux et territoriaux.18 L’industrie canadienne du tourisme, en partenariat avec les intervenants gouvernementaux, semble devoir reconsidérer certaines de ses stratégies. Dans cette veine, il est pertinent de mentionner La Stratégie fédérale en matière de tourisme du Canada – Accueillir le monde, rendue publique le 6 octobre dernier. Celle‐ci, fruit de la collaboration de quelque 15 ministères et organismes fédéraux, vise à rendre plus compétitive l’industrie canadienne du tourisme. Elle comprend une trentaine d’initiatives distinctes dans les domaines prioritaires suivants19 : ‐ Mieux faire connaître le Canada comme principale destination touristique; ‐ Faciliter l’accès et les déplacements des touristes, tout en assurant la sûreté et l’intégrité des frontières du Canada; ‐ Favoriser le développement de produits et les investissements dans les actifs et les produits touristiques canadiens; et, ‐ Favoriser un apport suffisant de travailleurs qualifiés afin d’offrir aux visiteurs un accueil et des services de qualité, et de bonifier ainsi leur expérience touristique. Cette stratégie semble démontrer une réelle volonté de la part du gouvernement fédéral de renforcer le positionnement du Canada à titre de destination touristique de choix sur la scène internationale. En raison de leur potentiel touristique, les principaux acteurs en tourisme au pays et à l’échelle des provinces et des territoires auraient avantage à inclure les communautés en milieu minoritaire de façon plus importante dans leurs stratégies respectives. Nous souhaitons que cette nouvelle stratégie nationale en tourisme, tout en n’étant pas élaborée spécifiquement à l’intention des communautés minoritaires, puisse contribuer au développement du tourisme dans les CLOSM. Nous verrons d’ailleurs que certains enjeux identifiés au sein des communautés, qui figurent à la section 4 de ce rapport, sont en lien avec les domaines prioritaires d’intervention identifiés dans la stratégie fédérale. Seule la 18 http://www.tiac.travel/francais/advocacy_situation.htm 19 http://www.tourisme.gc.ca/eic/site/034.nsf/fra/h_00079.html MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 18 mise en œuvre de cette stratégie démontrera si elle répond, du moins en partie, à certains des enjeux touristiques caractérisant les CLOSM. En somme, avec de l’appui, les communautés sont susceptibles d’offrir davantage, non seulement aux touristes canadiens, mais également à ceux en provenance de l’international, et de contribuer ainsi à réduire l’écart qui sépare le Canada des pays qui réussissent le mieux actuellement dans le secteur du tourisme. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 19 2 ­ TENDANCES DE L’INDUSTRIE Le tourisme expérientiel semble constituer la tendance dominante au sein de l’industrie touristique. Ce tourisme découle d’un mouvement global des voyageurs qui recherchent un « apprentissage expérientiel ». Le touriste d’aujourd’hui aime vivre des « expériences ». Il recherche le dépaysement. Il veut être en relation et échanger avec les gens du milieu. Il veut connaître les habitudes de vie et les mœurs locales. Les produits touristiques s’inscrivant dans cette tendance permettent aux visiteurs, par des expériences uniques et pratiques, de se créer des souvenirs. On leur fait vivre des « expériences culturelles authentiques et mémorables qui sont personnelles, stimulent les sens et établissent des liens sur le plan émotionnel, spirituel ou intellectuel. »20 Par ailleurs, l’écotourisme est une forme de tourisme centré sur la découverte de la nature. « Il privilégie l’observation, l’interprétation, l’éducation et l’étude des milieux naturels. On part non seulement à la découverte des paysages, de la faune et de la flore d’une région, mais aussi à celle de ses habitants. »21 La dimension humaine de l’écotourisme rejoint, à bien des égards, le tourisme expérientiel. Parmi les nouvelles tendances, on parle aussi de tourisme solidaire, de tourisme équitable ou de tourisme responsable. Cette nouvelle conception du tourisme est en train de révolutionner la façon dont nous partons à la découverte du monde. Cette forme de tourisme mise sur un plus grand sens de responsabilité et d’équité des visiteurs envers les milieux et les populations qu’ils découvrent. Concrètement, les touristes peuvent être engagés dans un projet communautaire bénéfique à la collectivité locale. Les touristes s’intéressent aux questions environnementales et tentent de minimiser la pollution, tout en étant sensibles à la répartition des bénéfices de l’industrie touristique.22 Cette conception du tourisme semble davantage s’appliquer dans les pays en émergence et en voie de développement. Cependant, certaines composantes de cette approche, notamment au niveau de l’environnement, pourraient très bien s’appliquer, par exemple, aux régions canadiennes rurales et éloignées. L’arrivée à la retraite d’un grand nombre de baby‐boomers a un impact sur la façon d’offrir les services dans le cadre des tendances actuelles de l’industrie. De plus en plus de jeunes retraités préfèrent les voyages en véhicules récréatifs (VR) aux voyages organisés en autocars. Plus d’un million de VR sillonneraient les routes au Canada.23 Les baby‐boomers aiment découvrir et recherchent des activités qui les stimulent. 20 http://www.tourismpei.com/experiences‐criteres 21 www.ecotourisme‐magazine.com/ecotourisme 22 http://youthink.banquemondiale.org/sujets/environnement/le‐tourisme‐responsable 23 www.rvda.ca/RVDA_fre/default.asp?action=government_relations_fre MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 20 Le vieillissement de la population est également un facteur à prendre en considération. Nous constatons en effet un nombre de plus en plus grand de touristes en perte d’autonomie en raison de leur âge. Les organisateurs de voyages et les intervenants touristiques qui accueillent ces touristes avides d’expériences uniques et enrichissantes doivent s’adapter. Ceci étant dit, le touriste plus traditionnel, qui préfère suivre les sentiers battus, recherche le confort et aime visiter des attractions comme les musées et les centres d’interprétation, a toujours sa place. Cependant, les intervenants en tourisme doivent répondre aux besoins évolutifs et grandissants de la clientèle s’inscrivant dans ces nouvelles tendances. L’Internet est aussi un facteur à prendre en considération dans toute cette évolution. Les touristes peuvent réserver, à l’aide des technologies, leur mode de transport et leur hébergement. Les entreprises doivent se mettre au diapason des nouvelles réalités technologiques. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 21 3 ­ POTENTIEL TOURISTIQUE DES CLOSM Les communautés minoritaires au Canada ont une histoire et une culture qui leur sont propres. Le peuple métis des Prairies et l’histoire de Louis Riel; l’odyssée des Acadiens qui explique aujourd’hui l’éparpillement de ce peuple et son enracinement dans les régions côtières des provinces de l’Atlantique; la fierté des Franco‐Ontariens constituant la plus importante minorité de langue française au Canada, enrichie par une présence de plus en plus grande de communautés multiculturelles; l’exploration du capitaine Bernier dans le Grand Nord canadien et la possibilité pour les touristes de découvrir aujourd’hui « en français » ces grands espaces; la présence francophone sur la côte Ouest, avec sa gastronomie et ses vignobles; la minorité anglophone du Québec, d’origine britannique, irlandaise et écossaise, si riche en traditions, sont autant d’attraits culturels pour les touristes. Il faut se rappeler que les touristes cherchent à vivre de nouvelles expériences. Ils recherchent le dépaysement. Ils veulent que des souvenirs restent imprégnés dans leur mémoire. Pêcher des coques sur la grève avec un Acadien de la Nouvelle‐Écosse ou apprendre à pêcher le homard est une expérience qu’un touriste américain de New York n’est pas prêt à oublier. Un touriste britannique initié au kayak par un guide franco‐ontarien sur un cours d’eau emprunté jadis par des explorateurs européens peut avoir tout un charme. Des visiteurs allemands ou japonais admirant les aurores boréales en train de siroter des boissons locales, puis assistant à un spectacle de musique inuit et francophone voudront peut‐être revivre l’expérience avec des amis. Vivre au rythme du Festival du Voyageur de Saint‐Boniface24 permet à des visiteurs de l’étranger ou d’autres régions canadiennes d’apprécier une expérience unique. Assister à une soirée de musique irlandaise dans les Cantons de l’Est ou remonter dans l’histoire de la communauté anglophone des Îles‐de‐la‐Madeleine peut vraisemblablement constituer une première pour un touriste étranger. En principe, le visiteur n’étant pas de la même langue maternelle que la communauté qui l’accueille aura davantage l’impression de vivre une expérience hors du commun. D’un autre côté, la communauté minoritaire anglophone du Québec parle la même langue que la majorité des Nord‐Américains, constituant en soi un potentiel énorme pour les Anglo‐
Québécois œuvrant en tourisme. Il est pertinent d’ajouter que le caractère rural de bon nombre de communautés minoritaires au Canada fait en sorte que celles‐ci bénéficient d’un « avantage concurrentiel. » Dans sa quête de vouloir vivre des expériences mémorables, le contact humain est essentiel pour le touriste. Le milieu rural, par définition, favorise le 24 http://festivalvoyageur.mb.ca/ MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 22 rapprochement entre les touristes et la population locale. Les gens sont beaucoup plus distants en milieu urbain. En terminant, tout en reconnaissant le potentiel touristique des CLOSM, en raison notamment de leur réalité culturelle, il serait pertinent d’avoir accès à davantage de données afin de circonscrire ce potentiel et d’en mesurer avec plus d’exactitude ses retombées économiques. C’est d’ailleurs un des principaux enjeux que nous avons identifiés dans ce rapport. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 23 4 ­ ENJEUX Les CLOSM, par leur diversité et leur caractère unique, possèdent, dans bien des milieux, un potentiel touristique inexploité. Un certain nombre d’enjeux explique cette réalité, qui a d’ailleurs été identifiée par les intervenants touristiques interrogés dans le cadre de cette étude. Nous décrivons d’abord la problématique propre à chaque enjeu afin d’en saisir les diverses composantes. Nous nous attardons par la suite à des actions et des programmes gouvernementaux en lien avec chaque enjeu répertorié dans le cadre de la recherche documentaire et des entrevues. Enfin, vous retrouvez, toujours pour chaque enjeu, des recommandations susceptibles d’améliorer l’action gouvernementale en matière de développement touristique dans les CLOSM. Ces recommandations ont été principalement formulées par les intervenants interrogés. 4.1 ­ Enjeu : Reconnaissance de l’industrie 4.1.1 ­ Problématique L’industrie touristique ne semble pas être reconnue à sa juste valeur dans l’ensemble du Canada. C’est un secteur qui se trouve, en quelque sorte, « en concurrence » avec les autres secteurs de l’économie canadienne. Les retombées lucratives de l’exploitation des ressources naturelles dans les provinces de l’Ouest, par exemple, font en sorte que les décideurs sont peut‐être moins sensibles au potentiel et aux besoins de l’industrie touristique. Il s’avère intéressant de noter que le tourisme représentait 4,2 % du PIB de la région de l’Atlantique25 en 2010, comparativement à la moyenne nationale oscillant autour de 2 %. La crise qui secoue le domaine des pêches depuis plusieurs années a incité les acteurs économiques à chercher des solutions pour combler les pertes d’emplois. Ce contexte semble avoir favorisé l’appui au tourisme et la croissance de cette industrie au Canada Atlantique26, mais aussi dans certaines régions côtières du Québec. À l’image des provinces 25 En 2010, l’industrie du tourisme représentait 8,8 % du PIB de l’Île‐du‐Prince‐Édouard, 5,3 % du PIB en Nouvelle‐Écosse, 3,4 % du PIB au Nouveau‐Brunswick et 3,1 % du PIB de Terre‐Neuve‐et‐Labrador. Sources : ministères provinciaux du Tourisme. 26 À titre d’exemple, il est pertinent de mentionner que huit des dix‐neuf projets financés par l’Initiative de développement économique (IDE) au cours de la dernière année en Atlantique ont une composante touristique. L'IDE prévue à la Feuille de route 2008­2013 a pour objectif de tenir compte des défis économiques propres à chaque région et de miser sur les réussites régionales pour faciliter la croissance durable des CLOSM. www.ic.gc.ca/eic/site/ic1.nsf/fra/04742.html MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 24 de l’Est, la crise dans l’industrie de l’automobile en Ontario semble aussi avoir favorisé la valorisation du secteur touristique dans certaines régions.27 L’importance relative de l’industrie touristique, comparativement à d’autres secteurs de l’économie dans un certain nombre de régions canadiennes, n’est pas sans incidence sur la volonté et la capacité des acteurs gouvernementaux à l’échelle du gouvernement fédéral d’adopter des orientations communes en matière de développement touristique au sein des CLOSM. La reconnaissance et la mise en valeur de l’industrie passent par une démarche cohérente de la part de l’ensemble des acteurs. 4.1.2 ­ Action gouvernementale La reconnaissance de l’industrie par les partenaires gouvernementaux se mesure par l’importance des actions et des investissements déployés. À cet effet, des acteurs du gouvernement fédéral et les ministères responsables du tourisme dans chaque province et territoire adoptent des stratégies et des programmes appuyant l’industrie pour le développement de produits, la promotion et l’acquisition des compétences. Par contre, ces stratégies et ces programmes ne sont pas toujours articulés afin de répondre de façon spécifique aux besoins des CLOSM en matière de développement touristique. Certaines communautés sont isolées et éloignées des marchés. Par ailleurs, bon nombre de PME œuvrant en tourisme dans les CLOSM sont, selon l’avis d’intervenants interrogés, de petites entreprises créant quelques emplois saisonniers. Une majorité des stratégies touristiques, comme celle fédérale adoptée récemment28, ne s’adresse pas à une tranche de la population canadienne en particulier. Nous avons vu néanmoins au cours des années une foule d’activités et de projets en tourisme spécifiquement appuyés au sein des CLOSM par les paliers gouvernementaux. Nous pouvons citer, à titre d'exemple, le Circuit Champlain29 en Ontario; la création du Village Historique Acadien30 à Caraquet et du Pays de la Sagouine31 à Bouctouche au 27 Dans le cadre des efforts de diversification économique en Ontario, le tourisme a été identifié comme secteur prometteur. Une commission présidée par le ministre des Finances de la province, Greg Sorbara, a notamment déposé en 2009 une étude sur la compétitivité de l’industrie ontarienne du tourisme. Des stratégies y sont proposées, tout en soulignant l’importance des marchés francophones pour l’industrie touristique de l’Ontario. GOUVERNEMENT DE L’ONTARIO, (ÉTUDE SUR LA COMPÉTITIVITÉ DE L’INDUSTRIE DU TOURISME DE L’ONTARIO, Greg Sorbara, président) (2009). À la découverte de l’Ontario : Rapport sur l’avenir du tourisme. © Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2009, 85 pages. 28 www.tourisme.gc.ca/eic/site/034.nsf/fra/h_00079.html 29 www.circuitchamplain.com/fr/index.htm 30 www.villagehistoriqueacadien.com 31 www.sagouine.com MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 25 Nouveau‐Brunswick; l’initiative de l’Ouest canadien en français. Cette dernière initiative vise la promotion du tourisme en français dans l’Ouest canadien, en collaboration avec les quatre organismes provinciaux de développement économique œuvrant en milieu minoritaire : la Société de développement économique de la Colombie‐Britannique (SDÉCB), le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), le Conseil de la coopération de la Saskatchewan (CCS) et le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM).32 De plus en plus de municipalités, à la mesure de leurs moyens, sont également engagées en tourisme. Nous pouvons citer les efforts déployés par des municipalités en milieu minoritaire pour aménager des infrastructures adéquates pour y recevoir des véhicules récréatifs (VR). Au Canada, l’association GO RVing évalue à plus d’un million le nombre de véhicules récréatifs (VR) sur la route.33 Des communautés et des entrepreneurs en milieu minoritaire dans le Nord de l’Ontario ont su notamment tirer avantage de cette réalité caractérisant l’industrie touristique. Il nous semble pertinent de mentionner, même si cela n’est pas en lien avec une action gouvernementale s’adressant aux CLOSM, l’appui des gouvernements au cours des dernières années afin de mettre en valeur le tourisme autochtone dans les diverses régions canadiennes.34 C’est un modèle d’intervention gouvernementale en tourisme susceptible d’être intéressant à explorer pour les CLOSM. Les acteurs gouvernementaux et communautaires en tourisme pourraient s’en inspirer. 4.1.3 ­ Recommandation  Adopter et mettre en œuvre une stratégie nationale en tourisme pour les CLOSM La reconnaissance de l’industrie par les partenaires gouvernementaux se mesure, comme nous l’avons mentionné, par l’importance des actions et des investissements. Par contre, afin d’en maximiser les retombées, les actions et les investissements doivent s’inscrire dans une vision commune réalisée dans le cadre d’une stratégie cohérente d’ensemble en 32 www.ouestcanadien.ca 33 http://veilletourisme.ca/2010/04/21/le‐tourisme‐lie‐aux‐vehicules‐recreatifs/ 34www.aboriginalcanada.gc.ca/abdt/apps/VTAC.nsf/vAllMPageByFormName/fmainpage?OpenDocument&lang
=fr www.canada.travelall.com/promos/aboriginal.htm (en anglais seulement) www.aboriginalbc.com (en anglais seulement) www.albertaaboriginaltourism.com (en anglais seulement) http://www.staq.net/index.php?lang=fr MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 26 tourisme pour les CLOSM, engageant les acteurs au gouvernement fédéral qui œuvrent ou ont un intérêt en tourisme. Nous croyons que les principaux intervenants au sein des gouvernements provinciaux et territoriaux et des CLOSM doivent également être associés à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une telle stratégie, tout en étant conscients du défi que celle‐ci représente en matière de coordination et de concertation. Nous soutenons que leur participation s’avère nécessaire afin d’y inscrire les particularités régionales et d’y insuffler une certaine flexibilité dans la mise en œuvre des orientations. Une telle stratégie devra prendre en considération les stratégies existantes actuellement mises en œuvre. Elle devra s’articuler autour d’orientations répondant aux besoins spécifiques et prioritaires des CLOSM, semblables à celles qu’on en retrouve, par exemple, dans la nouvelle stratégie fédérale en tourisme, et s’y arrimer, dans une certaine mesure. Nous soutenons que cette stratégie propre aux communautés minoritaires doit s’articuler autour de la stratégie fédérale, dans un esprit de complémentarité. Dans une certaine perspective, nous nous permettons de mentionner que les enjeux suivants pourraient constituer la base d’une réflexion en vue d’élaborer une stratégie en tourisme s’adressant spécifiquement aux CLOSM. 4.2 ­ Enjeu : Recherche et collecte de données 4.2.1 ­ Problématique La recherche et la collecte de données sont intimement liées à la reconnaissance de l’industrie au sein des CLOSM. Il faut pouvoir démontrer le potentiel économique de l’industrie touristique dans les communautés minoritaires afin que celle‐ci puisse être davantage reconnue par les acteurs économiques et gouvernementaux. Les intervenants interrogés ont certes semblé reconnaître le potentiel du tourisme dans les CLOSM en raison notamment de leurs spécificités culturelles. Par contre, il semble exister très peu de données précises à cet égard. Par ailleurs, le caractère isolé de certaines communautés fait en sorte qu’elles ont accès à un bassin limité de visiteurs. Par conséquent, le produit touristique doit sans cesse se renouveler. Pour ce faire, les entrepreneurs et intervenants touristiques au sein des CLOSM doivent être à l’affût des tendances nouvelles et des produits et services recherchés. Dans cette perspective, la recherche s’avère essentielle afin de connaître ces tendances et ces besoins ainsi que les bonnes pratiques et les histoires à succès nécessaires à alimenter la réflexion et la créativité. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 27 4.2.2 ­ Action gouvernementale Le gouvernement fédéral, par l’entremise notamment de la Commission canadienne du tourisme (CCT), et les ministères provinciaux et territoriaux responsables du tourisme répertorient régulièrement des données sur la provenance des touristes. Des études sont également réalisées pour connaître et évaluer le potentiel de l’industrie de façon générale dans les diverses régions canadiennes. Il est pertinent de mentionner que le gouvernement canadien et ceux de certaines provinces et territoires semblent avoir investi de manière substantielle, comme nous l’avons mentionné, dans le développement du tourisme autochtone. Ce qui fait en sorte que la recherche et les publications ayant trait au développement touristique autochtone semblent être plus abondantes que celles portant sur les CLOSM.35 Des études ont néanmoins été menées de façon ponctuelle afin de connaître le potentiel du tourisme dans les communautés minoritaires. Par exemple, une étude récente a été réalisée dans le Nord‐Est de l’Alberta. Le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), en collaboration avec Alberta’s Lakeland Destination Marketing Organisation (DMO) et Alberta Tourism, Parks and Recreation, a réalisé une étude afin de cerner, entre autres, le potentiel touristique francophone du Nord‐Est de la province. Mettre davantage en valeur la culture et l’héritage historique des Franco‐Albertains ainsi qu’augmenter l’offre de services aux visiteurs dans les deux langues dans la région sont parmi les objectifs à atteindre.36 Nous citons également l’étude menée pour le compte et avec l’appui du Carrefour Nunavut, du Conseil de développement économique des Territoires du Nord‐Ouest (CDÉTNO) et du RDÉE Yukon, ayant trait au tourisme francophone dans le Nord canadien. Cette étude, rendue possible grâce à un appui financier de CanNor, donne notamment de l’information sur les attraits et l’offre touristique dans les trois territoires, sur les services en français 35www.aboriginalcanada.gc.ca/abdt/apps/VTAC.nsf/vAllMPageByFormName/fmainpage?OpenDocument&lang
=fr www.canada.travelall.com/promos/aboriginal.htm (en anglais seulement) www.aboriginalbc.com (en anglais seulement) www.albertaaboriginaltourism.com (en anglais seulement) http://www.staq.net/index.php?lang=fr 36 STRATEGEM PLUS CONSULTING, WESTERN MANAGEMENT CONSULTANTS (ALBERTA TOURISM, PARKS AND RECREATION, CONSEIL DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE D’ALBERTA, ALBERTA’S LAKELAND DESTINATION MARKETING ORGANIZATION) (2011). Themed Tourism Product Gap Analysis for Northeat Alberta / « Analyse de déficience, produits touristiques thématiques pour le Nord­Est de l’Alberta ». Alberta, 92 pages. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 28 retrouvés au sein de l’industrie et sur le profil des touristes francophones au Canada et à l’international, et suggère des pistes afin de les attirer dans le Nord.37 4.2.3 ­ Recommandation  Créer un observatoire en tourisme pour les CLOSM Les communautés en milieu minoritaire au Canada ont accès à des institutions postsecondaires de qualité dans leur langue. Les institutions du Réseau universitaire de la francophonie canadienne38 ainsi que les établissements d’enseignement postsecondaires anglophones au Québec sont dotés d’instituts et de chaires de recherche. Il serait pertinent d’explorer la possibilité de créer un observatoire de recherche en tourisme consacrant ses efforts au milieu minoritaire et mettant à contribution certaines des institutions d’enseignement et de recherche implantées dans les communautés. Des partenariats pourraient être réalisés avec des observatoires ou des chaires de recherche existantes en tourisme œuvrant auprès de la majorité. Nous citons, à titre de partenaires potentiels, le Tourism Research Center de l’Université de l’Île‐du‐Prince‐Édouard39 et la Chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).40 Dans le cadre d’activités de recherche visant à identifier le potentiel du tourisme francophone dans les CLOSM et les tendances, des volets pourraient porter, au préalable, sur un profil des entreprises touristiques en milieu minoritaire et sur un inventaire des produits retrouvés dans les communautés. Nous croyons que l’ensemble des données obtenues contribuerait au développement du tourisme dans les CLOSM et favoriserait l’engagement, au risque de se répéter, des acteurs économiques et gouvernementaux. 37 CARON, M. (CARREFOUR NUNAVUT, CONSEIL DE DÉVELOPPEMENT DES TERRITOIRES DU NORD‐OUEST, RÉSEAU DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET D’EMPLOYABILITÉ YUKON) (2011). Rapport : Le tourisme francophone dans les territoires. 50 pages. 38 www.aufc.ca 39 www.universityisland.ca/project/research/tourism‐research‐centre (en anglais seulement) 40 www.chairedetourisme.uqam.ca MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 29 4.3 ­ Enjeu : Réseautage 4.3.1 ­ Problématique L’industrie touristique est de plus en plus compétitive. Les quelques données recueillies au niveau de la perte des parts de marché à l’international de l’industrie canadienne au cours des années en font foi (voir la section 1). De plus, le faible taux de rentabilité des entreprises en tourisme en milieu minoritaire, en raison de la saisonnalité de l’industrie pour la plupart d’entre elles, fait en sorte que les intervenants en tourisme doivent collaborer davantage entre eux, notamment par l’entremise d’associations ou d’activités de réseautage, pour permettre une croissance de l’industrie dans les CLOSM. Des acteurs touristiques interrogés dans le cadre de cette étude croient d’ailleurs qu’une vision d’ensemble de l’industrie au sein des communautés minoritaires doit reposer sur la réalisation de collaborations et de partenariats stimulée par un plus grand réseautage. Ce réseautage doit se faire à plusieurs niveaux, soit à l’échelle locale, régionale, nationale et internationale. Les touristes veulent vivre des expériences et sont toujours à la recherche d’activités. Afin de les voir allonger leur séjour et de répondre à leurs besoins, les acteurs touristiques dans une communauté ont tout avantage à leur fournir le plus d’information possible sur les infrastructures et les activités proposées dans la région. Par contre, les acteurs touristiques ne sont pas toujours au courant de l’ensemble des activités proposées aux visiteurs dans une région donnée. Afin de combler cette lacune, des activités de réseautage éclair (Speed Networking) entre des intervenants touristiques sont réalisées dans certains milieux.41 Des liens doivent non seulement se tisser entre les intervenants francophones, mais aussi avec les autres Canadiens. Le principe de l’« inclusivité » doit prévaloir. En Saskatchewan, par exemple, des collaborations se sont tissées entre des Fransaskois et des Métis afin de mettre en valeur l’histoire et le patrimoine de cette province canadienne. Il faut également que les communautés s’ouvrent et se donnent les moyens pour établir davantage de ponts avec les acteurs touristiques à l’international. Nous n’avons qu’à penser aux relations qui se sont tissées entre la communauté francophone de Terre‐Neuve‐et‐
Labrador et celle des îles de Saint‐Pierre et Miquelon dans leurs efforts de promotion 41 Au printemps 2011, une activité de Speed Networking a été réalisée à Tracadie‐Sheila au Nouveau‐Brunswick. Chaque intervenant avait trois minutes pour expliquer à son vis‐à‐vis ses services et activités. On a pu y apprendre qu’on pouvait louer des vélos et des kayacs à la Maison touristique Dugas, que le Camping de Pokemouche s’est doté de nouveaux jeux gonflables, que les touristes résidant à l’Hôtel Paulin peuvent se faire cuisiner les champignons qu’ils ont cueillis. Un meilleur réseautage permet aussi de mieux coordonner les dates des activités dans les diverses régions touristiques et d’éviter les « conflits d’horaire » des événements d’importance. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 30 touristique.42 Nous pouvons également citer le potentiel de partenariats entre les francophones du Nunavut, en collaboration avec les acteurs touristiques anglophones et inuits de ce territoire canadien, et des intervenants touristiques groenlandais. Bref, c’est sur la base de collaborations et de partenariats multiples que les initiatives et les projets touristiques dans les CLOSM pourront davantage se développer et répondre aux besoins des touristes. Par le biais d’activités de réseautage, des collaborations et des partenariats peuvent se nouer pour favoriser l’échange d’information et de bonnes pratiques, mais aussi pour développer en commun des produits et des services répondant aux attentes des visiteurs, autant à l’international qu’à l’échelle des régions, des provinces et territoires, et du pays. 4.3.2 ­ Action gouvernementale Les instances gouvernementales appuient des initiatives favorisant les échanges entre les acteurs touristiques. L’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC)43 et les associations touristiques provinciales et territoriales organisent régulièrement des événements pour leurs membres réunissant des acteurs économiques et gouvernementaux de l’industrie. Ces initiatives, favorisant les collaborations et les partenariats, sont appuyées par diverses contributions gouvernementales. Dans une perspective plus large de réseautage d’affaires, des entrepreneurs et des chefs de file au sein des communautés minoritaires francophones ont pu participer dans le cadre de l’initiative de l’Espace économique francophone au Canada44 à des missions dans diverses régions du Québec. Un certain nombre de ces participants œuvraient ou étaient en lien avec 42 Le RDÉE TNL coordonne notamment la production du Guide touristique de Terre­Neuve­et­Labrador & Saint­
Pierre et Miquelon. Ce guide de langue française est un excellent complément au guide de langue anglaise produit par le gouvernement de Terre‐Neuve‐et‐Labrador. Cet outil de promotion permet de rejoindre les francophones du Canada et de quelques pays d’Europe, dont la France par l’entremise de l’archipel français de Saint‐Pierre et Miquelon. La publication de ce guide est financée par le ministère du Tourisme, de la Culture et des Loisirs de Terre‐Neuve‐et‐Labrador, par l’APÉCA et par le Comité régional du tourisme (CRT) de Saint‐Pierre et Miquelon. www.francotnl.ca/info.php?noPage=282 www.rdee.ca/fr/map/terre‐neuve‐et‐labrador.php 43 www.tiac.travel/francais/default.htm 44 L’Espace économique francophone au Canada a pour objectif de stimuler les relations d’affaires entre les francophones au pays. Cet espace vise de façon plus particulière à aider les entrepreneurs francophones dans les CLOSM et au Québec à profiter d’occasions d’affaires ainsi qu’à accéder à des marchés et à des réseaux d’affaires au Canada et même à l’étranger. Bref, la francophonie canadienne n’est pas qu’une communauté linguistique. C’est aussi une communauté d’affaires composée de plusieurs milliers d’entreprises et de partenaires potentiels. L’Espace économique francophone au Canada est une initiative conjointe du RDÉE Canada (Réseau de développement économique et d’employabilité) et du Réseau des SADC et des CAE au Québec. www.rdee.ca/images/UserFiles/File/initiatives/408rdeecommunique2_v4.pdf MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 31 le tourisme. Des gens d’affaires du Manitoba, par exemple, ont été mis en relation avec des acteurs économiques de la Haute‐Yamaska; des entrepreneurs de la Mauricie ont pu explorer des occasions d’affaires dans les Territoires du Nord‐Ouest; des intervenants économiques de la Saskatchewan ont été en relation avec des entrepreneurs de la région de Gaspé‐Nord; des Acadiens du Nouveau‐Brunswick ont eu des échanges avec des intervenants et des gens d’affaires de l’Abitibi‐Témiscamingue; des entrepreneurs acadiens de l’Île‐du‐Prince‐Édouard ont tissé des liens avec des insulaires des Îles‐de‐la‐Madeleine. Ces échanges ont été rendus possibles grâce à un appui financier du Secrétariat des Affaires intergouvernementales (SAIC) du gouvernement du Québec.45 Les gouvernements appuient également les échanges d’affaires à l’international et déploient des efforts, notamment par l’entremise des ministères à vocation économique, pour établir des relations d’affaires entre des entreprises canadiennes et des entreprises étrangères. Un certain nombre d’entre elles œuvrent dans l’industrie touristique. 4.3.3 ­ Recommandation  Favoriser le réseautage à l’échelle régionale, provinciale/territoriale, nationale et internationale Les gouvernements devraient appuyer davantage les initiatives de réseautage au sein de l’industrie. Ils devraient également appuyer davantage les associations touristiques, notamment en contribuant financièrement à l’embauche d’employés permanents46. C’est sur la base du réseautage que se créent des liens entre les intervenants. Ce réseautage doit être favorisé à l’échelle des régions, du pays et à l’international. Ce réseautage peut certes se faire par une plus grande utilisation de moyens technologiques, mais aussi par un appui financier visant à assumer une part des coûts de participation aux événements. Un appui dans l’organisation même des événements de réseautage à l’échelle régionale, provinciale/territoriale et nationale est également à considérer. À l’instar de l’initiative de l’Espace économique francophone au Canada, un appui est aussi à envisager afin de permettre à des acteurs touristiques dans une communauté minoritaire d’être mis en relation avec des intervenants dans une autre province ou un autre territoire. Il a d’ailleurs été mentionné lors des entrevues qu’il serait intéressant d’appuyer des activités de réseautage en tourisme entre des communautés minoritaires anglophones du 45www.saic.gouv.qc.ca/francophonie_et_cooperation/soutien_financier/projets/SD2008Developpement+econo
mique3.htm 46 La cotisation des membres de la plupart des associations touristiques, particulièrement à l’échelle locale et régionale, n’est pas suffisante pour embaucher du personnel permanent, même à temps partiel. Ces associations, selon des intervenants interrogés, pourraient contribuer davantage au réseautage, mais ne bénéficient pas de suffisamment de moyens. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 32 Québec et des communautés minoritaires francophones. Ces communautés minoritaires vivent des défis similaires. Leur synergie pourrait sûrement amener des actions en matière de développement économique profitables pour ces communautés et pour la population majoritaire au Québec et ailleurs au Canada. Encourager les touristes québécois à visiter les autres régions canadiennes par l’entremise des communautés francophones et acadiennes ainsi qu’inciter les Canadiens anglais à visiter les régions du Québec serait sûrement bénéfique pour l’ensemble de l’économie canadienne. Un appui au réseautage à l’international afin de développer des collaborations et des partenariats constitue également une avenue à explorer. L’appui à des événements internationaux d’envergure dans les CLOSM mettant en présence des acteurs de l’industrie pourrait être bénéfique. 4.4 ­ Enjeu : Produits touristiques 4.4.1 ­ Problématique Le produit touristique au sein des CLOSM n’est pas toujours à la hauteur des attentes des touristes. C’est un défi pour les entrepreneurs et les communautés de satisfaire les divers critères relatifs à la mise en marché des produits et services destinés aux touristes. En somme, tout produit ou service doit être de qualité adéquate afin de répondre aux exigences de l’industrie touristique en matière de « normes et d’accessibilité. »47 Ces critères visent à s’assurer que les entreprises œuvrant en tourisme demeurent compétitives en offrant des produits de qualité et un service professionnel. À titre d’exemple, nous nous sommes attardés aux critères développés par BC Tourism en collaboration avec l’industrie touristique de cette province. En Colombie‐Britannique, une entreprise cherchant à se qualifier Market Ready doit :
‐ Détenir les permis et les assurances requis pour son exploitation ainsi que respecter la législation la concernant; ‐ Avoir une adresse d’affaires avec des heures d’ouverture; ‐ Fournir des coordonnées téléphoniques et une adresse courriel qui soient accessibles à longueur d’année. Dans le cas d’une entreprise saisonnière, s’assurer d’activer un message d’absence dans la boite vocale téléphonique et une réponse automatique par courriel; ‐ Faire connaître ses tarifs, ses modes de paiement et sa politique relative aux annulations; ‐ Adopter une image de marque avec une identité visuelle; ‐ Développer des outils de marketing (par exemple, brochures et site Web); ‐ Avoir accès à une aire de stationnement suffisante à proximité du lieu d’affaires; 47 www.gnb.ca/0397/index‐f.asp MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 33 ‐
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Disposer des ressources nécessaires durant la saison touristique afin de répondre aux clients en quête d’information dans un délai maximal de 24 à 48 heures. En ce qui concerne les réservations, répondre aux touristes dans un délai maximal de 24 heures; Accepter des réservations par téléphone, par télécopieur ou par courriel; Former adéquatement ses employés, et particulièrement ceux de première ligne, en matière de service à la clientèle; Être engagée dans la communauté, notamment auprès de l’association touristique locale.48 Par ailleurs, pour être qualifiée Export Ready, une entreprise de Colombie‐Britannique, en plus de répondre aux critères Market Ready, doit : ‐ Être en affaires depuis au moins une année, avec une feuille de route démontrant ses opérations; ‐ Avoir un plan marketing, prenant en considération les organisateurs de voyage à l’international, associé à un budget; ‐ Comprendre le rôle des organisateurs de voyage des marchés récepteurs, des voyagistes et des autres intermédiaires, et connaître les coûts et les commissions associés à chaque niveau; ‐ Pouvoir répondre aux besoins de la clientèle d’affaires, le cas échéant (ex. : offrir les services dans la langue du marché visé); ‐ Offrir, gratuitement ou à moindre coût, un soutien aux journalistes et chroniqueurs à l’emploi de médias étrangers dans le cadre de voyages d’information; ‐ Etc. 49 Les CLOSM, toujours en matière de développement de produits, doivent non seulement répondre à des standards de qualité et d’accessibilité, mais aussi savoir se renouveler, particulièrement dans les régions canadiennes où la masse de visiteurs canadiens et internationaux est limitée. Les exigences de mise en marché et l’importance de se renouveler demandent d’importants investissements de la part des entrepreneurs et des intervenants en tourisme. Le volume de visiteurs doit être suffisamment important pour qu’une entreprise décide de devenir Market Ready – voire Export Ready – ou encore de complètement se renouveler. 4.4.2 ­ Action gouvernementale Les gouvernements appuient le développement de produits par l’entremise de divers programmes. À titre d’exemple, nous citons le programme Collection d’expériences mis sur 48 http://www.jti.gov.bc.ca/industryresources/Documents/planningresources/Market_Ready_Standards.pdf (en anglais seulement) 49 Ibid. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 34 pied au Nouveau‐Brunswick, qui permet aux communautés et aux entrepreneurs d’obtenir l’accompagnement et les conseils nécessaires dans le développement de leurs produits. On compte 143 expériences Market Ready publicisées en 2011 par le ministère provincial du Tourisme et des Parcs. Parmi ces expériences, 34 se trouvent le long de la Route du littoral acadien.50 Nous pouvons également souligner les initiatives menées par la Commission du tourisme acadien du Canada atlantique (CTACA). La Commission est essentiellement financée par l’Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APÉCA) et les ministères responsables du tourisme des trois provinces maritimes.51 La CTACA regroupe les exploitants d’entreprises et les intervenants de l’industrie du tourisme qui offrent un produit acadien ou sont en activité dans les régions acadiennes du Nouveau‐Brunswick, de la Nouvelle‐Écosse et de l’Île‐du‐Prince‐Édouard. Ses axes d’intervention reposent sur le Marketing et la communication ainsi que sur le Développement de produits. L’organisme a créé un « Club de produits acadiens » reconnu par la CCT. Les entreprises acadiennes accréditées qui en font partie doivent répondre à un ensemble de critères.52 Par ailleurs, la CCT a réalisé une deuxième édition de sa boîte à outils Expériences à l’intention de l’industrie canadienne du tourisme. Cette nouvelle édition déborde de conseils pratiques destinés aux exploitants touristiques sur la façon dont ils peuvent appliquer l’information contenue dans cette boîte à outils directement à leur entreprise. De plus, la Collection d'expériences distinctives élaborée par la Commission met en vedette des entreprises qui offrent le genre d’expériences invitantes et de qualité que recherchent les voyageurs d'aujourd'hui.53 4.4.3 ­ Recommandation  Appuyer le développement d’« expériences touristiques » répondant aux normes de l’industrie dans les communautés minoritaires Nous somme d’avis qu’il est essentiel d’appuyer le développement de produits dans l’ensemble des communautés. L’importance de l’accompagnement peut varier en fonction 50 Nous citons parmi ces 34 expériences l’Initiation au cerf­volant de traction avec le Club Wind & Kite de Petite‐
Lamèque; Biologiste d’un jour à l’Aquarium et Centre Marin de Shippagan; H2Ohhh! – Circuit d’interprétation des marais et de l’environnement de Beresford; Souper au Homard avec les secrets du chef au Gîte L’Isle‐du‐
Randonneur de Caraquet. 51 SYNERGIE MARKETING (COMMISSION DU TOURISME ACADIEN DU CANADA ATLANTIQUE) (2007). Vision stratégique ­ Horizon 2007­2012 : Vers le développement d’un modèle de marketing d’expérience. 52 Ibid. 53 fr‐corporate.canada.travel/content/ctc_news/experiences‐toolkit‐second‐edition MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 35 de la capacité du milieu et des marchés visés. Des efforts doivent se faire non seulement pour répondre aux normes de qualité et d’accessibilité préconisées par l’industrie54, mais aussi dans le choix des produits à mettre en valeur. Ces produits doivent s’inscrire dans les tendances de l’industrie. Les touristes veulent vivre des « expériences » et « goûter » à la culture locale. Par ailleurs, il s’avère nécessaire pour bon nombre d’entreprises touristiques en milieu minoritaire, en raison leur capacité limitée d’attraction de la clientèle, de se renouveler et d’innover dans les produits et services qu’elles offrent. Nous nous permettons d’ajouter que des activités n’étant pas nécessairement basées sur des critères de développement de produits élaborés par l’industrie peuvent être proposées afin d’attirer des visiteurs dans les communautés. Certaines de ces activités visent davantage une clientèle de proximité. L’organisation de tournois régionaux de hockey ou de balle molle, ou la tenue de rallyes de motocyclettes sont des exemples des manifestations susceptibles de générer des retombées intéressantes. De plus, nous assistons depuis plusieurs années à un intérêt pour la généalogie. Les gens veulent en connaître davantage sur leurs origines. Des rencontres de familles sont de plus en plus fréquentes et intéressent des visiteurs pouvant provenir de divers horizons. Les communautés, en fonction de leur capacité d’accueil, peuvent se proposer pour répondre aux besoins de cette clientèle. Les propriétaires de restaurants, de terrains de camping et d’hôtels ne peuvent qu’en bénéficier.55 4.5 ­ Enjeu : Promotion 4.5.1 ­ Problématique Les entreprises et les communautés en milieu minoritaire ne sont pas assez connues, dans bien des cas, auprès des touristes, que ce soit à l’échelle canadienne ou internationale. Le volume de visiteurs doit être au rendez‐vous afin qu’une entreprise ou une attraction touristique puisse être rentable. 54 Il est pertinent de mentionner que les normes préconisées par l’industrie se transforment en fonction de l’évolution de la clientèle et des besoins. Nous pouvons citer, à titre d’exemple, l’importance grandissante du cyclotourisme et de la clientèle à mobilité réduite. Les entreprises touristiques ont dû prévoir, par exemple, des aires de stationnement pour les cyclistes ainsi que des rampes d’accès pour les visiteurs en chaises roulantes. Les entreprises se conformant aux normes prescrites pour ces catégories de visiteurs peuvent alors le signifier dans leur promotion. 55 À titre d’exemple, la communauté d’Earlton en Ontario a accueilli l’été dernier quelque 1 500 personnes de la famille Léveillée. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 36 Une entreprise qui voit son achalandage diminuer d’une année à l’autre n’aura tout simplement pas les moyens d’investir dans son produit ou ses services pour demeurer à la hauteur des normes de l’industrie. Bon nombre de communautés minoritaires francophones et anglophones au pays se trouvent en milieu rural et éloigné. Attirer des visiteurs en nombre suffisant sur la Côte Nord au Québec, dans la péninsule de Port‐au‐Port à Terre‐Neuve‐et‐Labrador ou dans le Nord‐Est de l’Alberta demande non seulement une offre de produits et de services répondant aux attentes, mais aussi des efforts continus de promotion auprès des marchés cibles. Bref, faire connaître une destination, ses produits et ses services dans une industrie de plus en plus compétitive est un réel défi. 4.5.2 ­ Action gouvernementale Des activités innovatrices ont été appuyées au cours des années afin de faire connaître les attraits du milieu minoritaire aux touristes. Nous pouvons citer l’appui du ministère Diversification de l’économie de l’Ouest Canada (DÉO) au Corridor touristique francophone de l’Ouest (CTFO). L’initiative a évolué pour aujourd’hui devenir l’Ouest canadien en français. Cette initiative met à contribution, comme nous l’avons mentionné précédemment, les quatre organismes provinciaux de développement économique œuvrant auprès des communautés minoritaires de l’Ouest.56 Au Nunavut, l’Association des francophones du Nunavut, de concert avec RDÉE Nunavut, a organisé durant quelques années les Soirées Boréales au Biodôme de Montréal afin de faire connaître les beautés du Nord canadien aux Québécois et de les inciter à s’y rendre. Ils ont également coordonné l’Exposition du Capitaine Bernier, explorateur francophone qui a navigué et parcouru le Nord au tournant du vingtième siècle. Cette exposition itinérante, appuyée notamment par des bailleurs de fonds gouvernementaux du Nunavut, s’est notamment retrouvée en Italie. Par ailleurs, bien qu’ils ne concernent pas spécifiquement les CLOSM, il nous semble pertinent de souligner les efforts de promotion touristique menés par Tourisme Atlantique au cours des dernières années. Tourisme Atlantique fait partie intégrante de l’APÉCA. Il soutient, entre autres, le Partenariat du tourisme du Canada atlantique (PTCA), qui fait avec succès la promotion des provinces de l’Atlantique depuis 1994. Cette initiative réunit l’APÉCA, les ministères provinciaux responsables du tourisme du Nouveau‐Brunswick, de la 56 www.ouestcanadien.ca MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 37 Nouvelle‐Écosse, de l’Île‐du‐Prince‐Édouard, de Terre‐Neuve‐et‐Labrador ainsi que les quatre associations provinciales de l’industrie touristique.57 Dans les premières années du PTCA, des actions promotionnelles étaient notamment menées en Nouvelle‐Angleterre, en Californie, en Allemagne, en France et au Royaume‐Uni. Le PTCA consacre actuellement 80 % de ses efforts et ressources aux États‐Unis et 20 % au Royaume‐Uni. Aux États‐Unis, près des trois quarts du budget sont investis dans les États du centre du littoral de l’Atlantique, soit les États de New York, du New Jersey et de la Pennsylvanie.58 Enfin, des entrepreneurs peuvent également bénéficier directement de financement pour participer à des salons touristiques afin de faire connaître leurs produits ou services. À titre d’exemple, le gouvernement albertain offre de l’aide financière sur une période pouvant s’échelonner jusqu’à trois ans afin de développer un marché spécifique. Après cette période, l’entreprise peut continuer à faire des demandes de financement. Par contre, l’aide financière qui pourrait lui être à nouveau accordée, pouvant représenter jusqu’à 50 % des dépenses pour participer à un salon, devra servir à développer un autre marché. 4.5.3 ­ Recommandation  Appuyer les efforts de promotion des CLOSM au sein du marché intérieur et à l’international La concurrence actuelle fait en sorte que le Canada doit redoubler d’efforts afin de reprendre ses parts de marché à l’international. L’originalité des produits offerts et susceptibles d’être proposés dans le milieu minoritaire constitue, de l’avis des intervenants interrogés, une valeur ajoutée qui devrait avoir davantage de place dans les efforts de marketing et de promotion menés, entre autres, par l’ensemble des ministères provinciaux et territoriaux responsables du tourisme. Nous présumons qu’une plus grande connaissance du potentiel touristique au sein des CLOSM tirée de données statistiques appuierait cette affirmation. Ceci étant dit, les CLOSM devraient être soutenues davantage dans leurs efforts visant à attirer les visiteurs provenant du marché intérieur. Ces efforts ne doivent pas uniquement 57 Le PTCA produit des résultats concrets. De 2006 à 2009, ce partenariat a généré des revenus de 280,8 millions de dollars pour l’industrie du tourisme du Canada atlantique. Cela représente un rendement de 18,1 dollar pour chaque dollar investi dans ses campagnes de commercialisation. Le financement de l’initiative 2009‐2012 du PTCA, évalué à 19,95 millions de dollars, est partagé entre les partenaires : 50 % des coûts sont absorbés par l’APÉCA (10 millions), 33 % par les quatre provinces de l’Atlantique (6 millions) et 17 % par les quatre associations touristiques du Canada atlantique (4 millions). http://www.actp‐ptca.ca/french/index.html 58 Tourisme Atlantique, APÉCA MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 38 viser le marché francophone pour les communautés francophones et acadiennes ou le marché anglophone pour les communautés minoritaires anglophones. Dans l’optique de « vivre une expérience unique », un touriste canadien‐anglais serait peut‐être davantage subjugué par une expérience touristique en milieu minoritaire francophone à Plamondon en Alberta ou dans Prescott‐Russell dans l’Est de l’Ontario, et à l’inverse pour un touriste canadien‐français se retrouvant dans la communauté anglophone de Grosse Île aux Îles‐de‐
la‐Madeleine. Par ailleurs, les divers cas de figure en matière de promotion touristique, à l’instar des quelques exemples cités, doivent être explorés afin d’augmenter l’achalandage touristique dans les CLOSM. Des ententes potentielles avec des ministères fédéraux et provinciaux/territoriaux doivent faire l’objet de discussions. 4.6 ­ Enjeu : Ressources humaines 4.6.1 ­ Problématique La problématique des ressources humaines touche plusieurs aspects. Premièrement, l’ensemble du pays et les CLOSM sont aux prises avec une pénurie de main‐d'œuvre, qui se fait de plus en plus sentir. Deuxièmement, le personnel œuvrant en tourisme dans les communautés n’est pas suffisamment qualifié, du moins dans certains milieux. Troisièmement, la marge de profit limitée de plusieurs entreprises touristiques dans les CLOSM fait en sorte que les employeurs n’ont pas les moyens d’offrir des salaires compétitifs comparativement aux autres secteurs de l’économie. C’est un défi pour les employeurs, qui se répercute non seulement sur le recrutement, mais également sur la rétention du personnel. La corrélation entre l’acquisition des compétences et les salaires est également un aspect qu’il faut prendre en considération. Des employés qui ont fait les efforts pour acquérir de nouvelles compétences sont légitimement en droit de demander un salaire plus élevé et de meilleures conditions de travail. Les employeurs doivent donc trouver des moyens pour récompenser ce personnel. Nous tenons à mentionner que la recherche et les entrevues effectuées ont révélé que certaines communautés francophones et anglophones minoritaires ont peu d’entrepreneurs œuvrant directement dans l’industrie touristique, ou n’en ont tout simplement pas.59 Cependant, des francophones au sein des CFA et des anglophones au Québec travaillent dans l’industrie touristique et leurs employeurs, de langue maternelle différente, semblent y voir une valeur ajoutée au niveau du service à la clientèle. 59 Des données probantes sur le profil des entreprises en milieu minoritaire permettraient de vérifier une telle affirmation. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 39 4.6.2 ­ Action gouvernementale Le gouvernement du Canada et les instances provinciales et territoriales mettent en œuvre, depuis quelques années déjà, des stratégies pour attirer des travailleurs qualifiés au pays. L’initiative Destination Canada, par exemple, fait connaître les occasions d’emploi et d’affaires aux Européens désirant immigrer au Canada. Les organismes porte‐paroles de la francophonie canadienne sont très actifs dans le cadre des rencontres qui se tiennent à Paris et à Bruxelles.60 Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme (CCRHT) travaille en collaboration avec des entreprises, des enseignants, des organismes gouvernementaux et d’autres partenaires afin d’améliorer les pratiques en ressources humaines dans le secteur du tourisme. Depuis près de vingt ans, le CCRHT conclut des ententes stratégiques qui favorisent la coopération sectorielle et intersectorielle en matière de perfectionnement professionnel.61 Le CCRHT et ses partenaires de l’industrie dans l’ensemble des provinces et territoires offrent un éventail de programmes de formation aux employés de l’industrie. Le Conseil reçoit du financement du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada (RHDCC). En matière de compétences, la connaissance des langues est de plus en plus recherchée au sein des entreprises. Depuis plus d’une quarantaine d’années, la politique canadienne ayant trait aux langues officielles a permis à des milliers de Canadiens de devenir bilingues. Le nombre de Canadiens ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation en français et en anglais était de 5,5 millions, soit 17,4 % des quelques 31,6 millions d’habitants recensés au Canada en 2006. Parmi les 575 000 anglophones vivant au Québec62, 68,9 % ont déclaré être bilingues, comparativement à 7,5 % des anglophones vivant à l'extérieur du Québec. Quant aux Canadiens de langue maternelle française, leur taux de bilinguisme est de 35,8 % au Québec, comparativement à 83,6 % chez le million de francophones63 habitant le reste du pays.64 Ce taux de bilinguisme constitue un avantage concurrentiel pour l’industrie touristique dans les CLOSM et au Canada. Par ailleurs, dans le but d’alléger la charge des salaires, des ministères fédéraux, provinciaux et territoriaux offrent des programmes d’appui aux entreprises. À titre d’exemple, nous citons le programme Rural Jobs Initiative, de l’Agence du développement de l’emploi de l’Île‐du‐Prince‐Édouard, qui appuie l’embauche d’employés durant la saison 60 www.destination‐canada‐forum‐emploi.ca/accueil.php 61 www.cthrc.ca/fr/about_cthrc/partnerships 62 www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/quebecdemo.htm 63 www.profils.fcfa.ca/fr/Vitalite_Demographique_200 64 www12.statcan.ca/census‐recensement/2006/as‐sa/97‐555/p1‐fra.cfm MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 40 estivale. Ce programme défraie jusqu’à 100 % du salaire.65 Dans cette même province, le programme Job for Youth permet l’embauche d’étudiants pour l’été et défraie 50 % du salaire.66 L’initiative Emplois d’été Canada de Service Canada appuie également l’embauche d’étudiants durant la saison estivale.67 4.6.3 ­ Recommandation  Appuyer le recrutement, l’acquisition des compétences et la rétention du personnel au sein des entreprises touristiques des CLOSM Les efforts de recrutement pour augmenter le bassin de travailleurs au Canada doivent se poursuivre. Il est intéressant de mentionner qu’une main‐d'œuvre étrangère peut constituer un atout, comme cela a été souligné dans le cadre d’entrevues auprès d’intervenants touristiques en Ontario, afin d’inciter des touristes d’un même pays d’origine et de même culture de venir au Canada et dans les CLOSM.68 L’offre de formation et de perfectionnement professionnel doit également se poursuivre, la qualité du service étant tributaire, dans une large mesure, du niveau de compétence des employés. Ceci étant dit, un personnel plus qualifié peut légitimement revendiquer, comme nous l’avons mentionné, de meilleurs salaires et conditions de travail. L’offre de ces meilleurs salaires et conditions de travail, combinée à la pénurie de main‐d’œuvre, a un impact sur la rétention du personnel. Les entreprises obtiennent de l’appui financier par le biais de programmes gouvernementaux ayant trait aux salaires. Ils devraient également en obtenir pour financer des services‐conseils visant à favoriser la rétention de leurs employées. En plus du salaire, d’autres incitatifs pourraient être envisagés, comme le travail partagé, les journées de congé, etc. Nous reconnaissons par ailleurs qu’une majorité des entreprises touristiques en milieu minoritaire sont de petites tailles et saisonnières. Par conséquent, elles bénéficient de peu de marge de manœuvre pour répondre aux préoccupations de leurs employés en quête de 65 http://www.entreprisescanada.ca/fra/summary/2603 66 www.gov.pe.ca/fard/index.php3?number=20076&lang=E (en anglais seulement) 67 Emplois d’été Canada vise à encourager les organismes sans but lucratif, les employeurs du secteur public ainsi que les petites entreprises comptant 50 employés ou moins. Les emplois créés doivent répondre aux besoins des employeurs tout en étant profitables aux étudiants cherchant à acquérir une expérience de travail enrichissante. www.servicecanada.gc.ca/fra/dgpe/ij/pej/programme/pce.shtml 68 Le Recensement 2006 a dénombré 6 293 000 allophones, soit environ 20 % de la population canadienne. Les allophones sont des Canadiens n’étant pas de langue maternelle française ou anglaise. Ceux‐ci proviennent de tous les continents et leur proportion est en augmentation au pays. Ils constituaient 80 % des 1,1 million d’immigrants reçus au Canada entre 2001 et 2006. www12.statcan.ca/census‐recensement/2006/as‐sa/97‐555/p1‐fra.cfm MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 41 meilleures conditions d’emploi. 4.7 ­ Enjeu : Financement 4.7.1 ­ Problématique De façon générale, en raison de leur caractère saisonnier, de leur dépendance aux conditions météorologiques et de leur exposition aux fluctuations du dollar canadien et du prix de l’essence, les entreprises touristiques font face à des défis en matière de financement. Les institutions financières sont très hésitantes à les financer. Leurs plans d’affaires doivent être particulièrement bien documentés et de solides garanties doivent accompagner leurs demandes. En ce qui concerne les bailleurs de fonds gouvernementaux, les exigences sont généralement moindres. Par contre, bien des programmes ne sont pas adaptés à la réalité des entreprises touristiques en milieu minoritaire. Selon la définition d'Industrie Canada, une « petite entreprise » est une entreprise comptant moins de 100 employés.69 Selon les intervenants interrogés, pour la quasi‐totalité des entreprises retrouvées dans les CLOSM, la main‐d’œuvre oscille entre deux et une dizaine d’employés. 4.7.2 ­ Action gouvernementale Les SADC (Sociétés de développement des collectivités) retrouvées dans l’ensemble des régions rurales au Canada offrent divers programmes de financement aux entreprises. Elles sont généralement sensibles à la réalité du milieu et disposent de fonds d’investissement et de capital de risque. Les ADR au Canada ont également des programmes de financement à l’intention des entreprises. À titre d’exemple, les programmes de l’APÉCA offrent des prêts à 0 % d’intérêt comme mesure de dernier recours. Les entreprises doivent néanmoins démontrer qu’elles ont des garanties suffisantes. Par ailleurs, Développement économique Canada pour les régions du Québec (DÉC) dispose de divers programmes lui permettant d'accorder des contributions remboursables ou non remboursables et, de façon exceptionnelle, des subventions à sa clientèle. Celle‐ci est composée d'organismes appuyant la mission de DÉC, de collectivités et de PME. Le type et le niveau d’aide allouée sont basés sur un ensemble de critères définis.70 Des programmes sont également disponibles par l’intermédiaire d’organismes de développement économique financés par les gouvernements provinciaux et territoriaux. 69 www.ic.gc.ca/eic/site/sbrp‐rppe.nsf/fra/rd02491.html 70 www.dec‐ced.gc.ca/fra/programmes/demande/aide.html MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 42 Les quelque 120 CLD (Centres locaux de développement) du Québec, par exemple, appuient les entrepreneurs dans leurs projets d’affaires, et ce, à chaque étape de la vie de l’entreprise, de sa naissance jusqu'à sa transmission à la relève, en passant par ses étapes de croissance.71 4.7.3 ­ Recommandation  Adapter l’ensemble des programmes gouvernementaux de financement à la réalité des communautés et des entreprises touristiques en milieu minoritaire Le financement est un défi pour les entreprises touristiques en milieu minoritaire. Certaines communautés, comme nous l’avons mentionné, sont isolées et éloignées des marchés. Par ailleurs, bon nombre de PME œuvrant en tourisme dans les CLOSM sont, de l’avis d’intervenants interrogés, de petites entreprises créant quelques emplois saisonniers. Les programmes existants doivent donc être adaptés à la réalité et aux défis des communautés et des entrepreneurs souhaitant s’investir dans le tourisme. Une analyse approfondie des programmes et des besoins permettrait de mieux cerner les améliorations à apporter. 4.8 ­ Enjeu : Technologies 4.8.1 ­ Problématique L’évolution de l’industrie touristique au cours des dernières années a été particulièrement marquée par l’avènement des technologies de l’information et des communications. La popularité des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) est en train de révolutionner de façon exponentielle tous les secteurs de l’économie; le tourisme est un secteur particulièrement touché par la transformation découlant de ces avancées technologiques. D’une part, les stratégies de promotion ont beaucoup évolué en raison des technologies. D’autre part, les touristes peuvent réserver eux‐mêmes leur mode de transport et leur hébergement sans passer par des intermédiaires. Par conséquent, si elles veulent demeurer compétitives, les communautés et les entreprises touristiques en milieu minoritaire doivent se mettre au diapason des nouvelles réalités technologiques et doivent acquérir les connaissances suffisantes pour pouvoir les utiliser à bon escient. Cependant, l’accès limité ou quasi inexistant à une connexion Internet dans certaines régions du pays est une contrainte constituant un défi de taille pour des entreprises œuvrant en tourisme. Affirmer que toutes les régions canadiennes ont accès à l’Internet est un « mythe. » Ce ne sont pas uniquement les communautés éloignées qui font face à cette réalité. La communauté anglophone de la région de Pontiac au Québec est située à proximité 71 www.acldq.qc.ca/fr/entrepreneur‐a‐propos.php MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 43 de la capitale fédérale. Par contre, certains citoyens de cette région n’ont pas encore accès à une connexion Internet haute vitesse. Un certain nombre de régions au pays semblent dans la même situation. Une connexion par satellite pour un GPS et l’exactitude des coordonnées sont également problématiques dans certains milieux ruraux. 4.8.2 ­ Action gouvernementale Le gouvernement canadien semble avoir fait des efforts significatifs au cours des dernières années afin de rendre disponible l’accès à Internet sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement du Canada, en collaboration avec les provinces, les territoires, les municipalités ainsi que les Premières Nations et le secteur privé, a notamment mis en œuvre des programmes conjoints d'infrastructure à l'échelle nationale. Parmi ces programmes, on retrouvait un programme destiné à donner accès à la large bande à l’ensemble des communautés au pays.72 Par ailleurs, des initiatives ont été menées notamment pour permettre spécifiquement aux communautés minoritaires de s’inscrire dans l’aire technologique. Nous citons le programme Francommunautés virtuelles, qui a permis d’entreprendre un ensemble d’initiatives dans les communautés francophones et acadiennes.73 4.8.3 ­ Recommandation  Augmenter l’accessibilité aux TIC et appuyer l’acquisition des compétences en la matière dans l’ensemble des milieux minoritaires au pays Les outils technologiques sont sans nul doute un facteur à prendre en considération dans l’évolution de l’industrie touristique. Les gouvernements et les fournisseurs de service doivent tout mettre en œuvre pour desservir adéquatement l’ensemble du territoire. Certes, il faut posséder la technologie, mais il faut également savoir l’utiliser au profit des initiatives touristiques. 4.9 ­ Enjeu : Transport 4.9.1 ­ Problématique Une entreprise en tourisme ne peut croître et prospérer sans un minimum d’infrastructures de transport. Des routes en bon état sont essentielles au développement de l’industrie. Elles sont particulièrement négligées dans les milieux ruraux. 72 http://www.infrastructure.gc.ca/index‐fra.html 73 www.ic.gc.ca/eic/site/ae‐ve.nsf/fra/02972.html
MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 44 Le concept des routes thématiques semble prendre de plus en plus d’ampleur. À titre d’exemple, nous citons la Route des vins dans la vallée du Niagara74, le Chemin des Cantons dans les Cantons de l’Est au Québec75, la Route des navigateurs le long du fleuve Saint‐
Laurent76, la Route du littoral acadien au Nouveau‐Brunswick77. En Saskatchewan, des intervenants discutent de concepts similaires : la Route des Géants, en lien notamment avec le Géant Beaupré né à Willow Bunch, ou encore la Route des Métis entre Régina et le lieu historique national de Batoche78. La poursuite de ces initiatives passe par contre par des efforts continus d’entretien et d’amélioration du réseau routier. De plus, une signalisation adéquate est nécessaire afin d’informer les touristes. La réglementation en matière de signalisation retrouvée par exemple dans la province du Manitoba ne permet pas aux entrepreneurs d’installer des enseignes à proximité des routes; celles‐ci doivent plutôt être installées à plusieurs mètres des voies routières. Les entrepreneurs doivent donc investir des sommes importantes pour se doter d’enseignes de grandes dimensions qui soient visibles par les automobilistes. Cette réglementation du ministère des Transports du Manitoba, tout en ayant sa raison d’être en matière de sécurité routière ou de « pollution visuelle », constitue un irritant pour des entrepreneurs en tourisme. Les liens maritimes sont aussi nécessaires à certains endroits afin de favoriser un achalandage de visiteurs. Nous pouvons citer à cet égard le traversier reliant Yarmouth, au Sud‐Ouest de la Nouvelle‐Écosse, et Portland, en Nouvelle‐Angleterre; l’arrêt de ses opérations en 2004 n’a pas été sans conséquence sur l’industrie touristique. Au niveau du transport aérien, ce n’est pas nécessairement l’état des infrastructures qui pose problème, mais plutôt la réglementation limitant l’accès à l’espace aérien canadien. En vertu de cette réglementation, les transporteurs étrangers ont le choix entre une ou deux portes d’entrée au Canada. La plupart décident d’atterrir à Toronto ou à Montréal. L’accès limité à l’espace aérien canadien aux transporteurs étrangers confère, dans une certaine mesure, un statut de quasi‐monopole à Air Canada. Nous nous permettons d’ajouter que ce nombre limité de portes d’entrée au Canada pour les voyageurs provenant de l’international 74 www.bonjourniagara.com/vins_gastronomie 75 www.bonjourquebec.com/qc‐fr/chemincantons.html 76 www.bonjourquebec.com/qc‐fr/routenavigateurs.html 77 www.tourismenouveaubrunswick.ca/Routedulittoralacadien.aspx 78 Ce lieu historique commémore l'histoire de la communauté métisse de Batoche, haut lieu de la culture et du patrimoine métis. Au milieu du XVIIIe siècle, les voyageurs canadiens‐français portèrent la traite des fourrures profondément à l'intérieur des terres, vers l'Ouest canadien. Ces Canadiens français épousèrent, à la façon du pays, des femmes autochtones. Ce sont les enfants nés de ces unions qui formèrent le peuple Métis. www.pc.gc.ca/fra/lhn‐nhs/sk/batoche/natcul/histo.aspx
MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 45 rend encore plus difficile la collecte de données ayant trait aux régions réellement visitées par ces touristes durant leur séjour en sol canadien. Des pays comme la Suisse et l’Australie ont ouvert leur « ciel » à la concurrence. Ils ont abandonné cette forme de protectionnisme. Ceci n’a pas nécessairement signifié la faillite des compagnies aériennes nationales et leur a même été favorable dans bien des cas. Cela étant dit, ce quasi‐monopole d’Air Canada a un impact sur le prix des voyages et, de surcroit, sur la compétitivité de notre industrie touristique. Il faut se rappeler que le Canada se classe, comme nous l’avons déjà mentionné, au 106e rang sur 130 pays pour ce qui est de la compétitivité des prix selon les données compilées par le Forum économique mondial.79 Enfin, nous notons que les régions rurales et isolées sont particulièrement moins bien desservies de façon générale par les réseaux de transport, que ce soit routier, ferroviaire, maritime ou aérien. Ceci n’est pas sans conséquence sur le nombre de visiteurs qui se rendent dans les CLOSM. 4.9.2 ­ Action gouvernementale Les gouvernements fédéral et provinciaux/territoriaux investissent considérablement dans les réseaux de transport au Canada. Les routes, les installations aéroportuaires, les liens maritimes et le transport ferroviaire ont connu d’importants investissements. Au cours des dernières années, le gouvernement du Canada, en collaboration avec les gouvernements provinciaux/territoriaux, les gouvernements municipaux, les Premières Nations et le secteur privé, a notamment mis en œuvre, comme nous l’avons mentionné, des programmes conjoints d'infrastructure à l'échelle nationale. Ces programmes visent notamment à améliorer, en plus de l’infrastructure en matière de large bande, les axes routiers nationaux, les lignes ferroviaires sur courtes distances, le transport maritime à courte distance et les aéroports locaux et régionaux.80 4.9.3 ­ Recommandation  Améliorer l’accès aux réseaux de transport routier, ferroviaire, maritime et aérien aux touristes canadiens et à ceux en provenance de l’international Nous réalisons que les défis reliés au transport sont grands en raison de la géographie du pays, de la faible densité de la population canadienne et du climat. Par contre, la réglementation pourrait être révisée afin, par exemple, de donner un meilleur accès à l’espace aérien canadien aux transporteurs internationaux. Certaines signalisations le long 79 www.ledevoir.com/economie/actualites‐economiques/291953/chute‐brutale‐du‐tourisme 80 http://www.infrastructure.gc.ca/index‐fra.html MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 46 des routes pourraient également être améliorées dans diverses régions du pays, en consultation avec les entrepreneurs et les communautés, au bénéfice du développement touristique. Plusieurs facteurs font néanmoins en sorte que les régions rurales sont particulièrement moins bien desservies en matière de réseaux de transport. 4.10 ­ Enjeu : Ruralité 4.10.1 ­ Problématique Les résultats du Recensement 2006 semblent confirmer la conclusion que les régions rurales du Canada sont en difficulté. En effet, la population de ces régions et des petites villes s’est accrue de seulement 1 % entre 2001 et 200681, pourcentage bien inférieur à la moyenne nationale de 5,4 %. Bref, l’urbanisation se poursuit, puisque moins de 20 % de notre population vit dans des collectivités rassemblant au plus 10 000 personnes, et la croissance, si croissance il y a, survient le plus souvent dans les régions rurales situées à proximité de centres urbains.82 En effet, parmi les 25 petites villes et communautés rurales ayant connu, entre 2001 et 2006, les plus fortes croissances de population, 14 sont situées à moins de 50 kilomètres de Montréal, de Toronto ou de Vancouver. Six autres sont situées à proximité d'une autre région métropolitaine de recensement (RMR).83 Suite à l’exode des jeunes vers les centres urbains, au faible taux de natalité et au vieillissement de la population, le monde rural au Canada est à la recherche de solutions. En milieu rural, la situation des francophones est encore plus problématique. L’effet combiné de la dénatalité et de l’exode rural fait en sorte que certaines communautés 81 Cette croissance n'était cependant pas observée dans toutes les régions canadiennes, puisque la population rurale de la Saskatchewan et des quatre provinces de l'Atlantique a décru depuis 2001. À Terre‐Neuve‐et‐
Labrador, la population rurale a diminué de plus de 5 % depuis 2001. Hormis les Territoires du Nord‐Ouest et le Nunavut, c'est en Alberta que la population rurale a crû le plus rapidement entre 2001 et 2006, soit de 3,8 %. Cette croissance demeurait toutefois inférieure à la moyenne nationale. http://www12.statcan.ca/census‐recensement/2006/as‐sa/97‐550/p17‐fra.cfm 82 REIMER, B. (2007). « L’immigration au sein de la nouvelle économie rurale », Nos diverses cités, no 3, Collectivités rurales, p. 3‐8. 83 On peut distinguer deux types de régions rurales : celles qui sont près des centres urbains et celles qui en sont plus éloignées. Dans les régions rurales près des centres urbains, plus de 30 % de la population active fait la navette entre la maison et le centre urbain pour aller travailler. Dans ces régions rurales, la croissance de la population entre 2001 et 2006 (+4,7 %) était proche de la moyenne nationale (+5,4 %). La croissance démographique de ces régions rurales est souvent liée à la présence, sur leurs territoires, de petites villes facilement accessibles par voies rapides depuis un centre urbain. http://www12.statcan.ca/census‐recensement/2006/as‐sa/97‐550/p17‐fra.cfm MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 47 connaissent une forte décroissance démographique.84 La communauté minoritaire anglophone au Québec fait face aux mêmes défis. Cette réalité démographique n’est pas sans conséquence sur le dynamisme communautaire et entrepreneurial requis pour favoriser le développement touristique dans les CLOSM, plusieurs de celles‐ci se retrouvant en milieu rural. 4.10.2 ­ Action gouvernementale En matière d’action gouvernementale visant la valorisation du milieu rural, nous nous sommes notamment attardés à l’initiative du Partenariat rural du Canada s’échelonnant de 2008 à 2013. Cette initiative comporte trois volets85 : ‐ Le développement innovateur de potentiels inexploités; ‐ L'amélioration de la compétitivité des milieux ruraux; et ‐ La réalisation de la valeur des attraits ruraux (le tourisme correspondant à environ 50 % des initiatives de ce volet). Ces attraits peuvent être culturels, naturels ou de « système ». Un certain nombre d’attraits sont directement en lien avec le tourisme. D’autres sont davantage en lien avec des citoyens susceptibles de vouloir venir s’établir en milieu rural. La recherche d’une « qualité de vie » est un facteur de compétitivité pour les régions rurales désirant attirer et assurer la rétention de migrants ou d’immigrants. Par ailleurs, il est pertinent de souligner la politique cadre Cultivons l’avenir du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada (AAC). Cette initiative repose sur une entente quinquennale entre AAC et les gouvernements provinciaux/territoriaux. Cultivons l'avenir est un engagement envers le secteur agricole du Canada. Il s'agit d'une politique reflétant les avis de l'ensemble des acteurs du secteur agricole. Elle offre des programmes adaptés aux besoins locaux, notamment en matière d’innovation, de recherche, d’infrastructures technologiques, de perfectionnement et d’appui à l’entreprise.86 Au cours des années, plusieurs communautés en milieu minoritaire ont entrepris, avec l’appui de bailleurs de fonds gouvernementaux, des actions pour contrer l’exode des jeunes. Certaines des initiatives visaient le rapatriement de jeunes ayant quitté leur milieu d’origine pour les études ou le travail. D’autres actions ont été menées pour favoriser la migration de jeunes provenant de milieu urbain ou d’autres régions canadiennes vers les milieux ruraux ou éloignés. Le Projet PERCÉ à l’Île‐du‐Prince‐Édouard (ouvert par la suite à toute la région 84 ROY, J.‐O., BELKHODJA, C., GALLANT, N. (2007). « Immigration francophone en milieu minoritaire : le défi de la ruralité », Nos diverses cités, no 3, Collectivités rurales, p. 87‐92. 85 www.rural.gc.ca/RURAL/display‐afficher.do?id=1230057084263&lang=fra 86 http://www4.agr.gc.ca/AAFC‐AAC/display‐afficher.do?id=1200339470715&lang=fra MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 48 de l’Atlantique)87, l’initiative J’y reviens! J’y reste! dans la Péninsule acadienne au Nord‐Est du Nouveau‐Brunswick88, la campagne promotionnelle Fierté du Nord en Ontario, le concept Place aux Jeunes au Québec89 et son adaptation au Manitoba et au Yukon sont quelques‐unes des initiatives ayant été réalisées. Nous citons enfin le Programme d'échanges communautaires Premières impressions (First Impression Community Exchange). Cette initiative, qui a vu le jour aux États‐Unis, a pour objectif d’évaluer les attraits d’une communauté afin de les mettre davantage en valeur. Des communautés rurales en Ontario, en Saskatchewan et en Alberta ont notamment fait l’expérience de ce concept particulièrement innovateur.90 En somme, ce programme aide les communautés à prendre conscience de leurs atouts et de leurs faiblesses tels que perçus par des gens qui s'y rendent pour la première fois. L’initiative jumelle des communautés d’importance démographique similaire. Un groupe de visiteurs bénévoles, venant de chacune des deux collectivités participant à l'échange, se rend incognito dans l'autre communauté afin d’examiner les lieux et de noter leurs observations afin de fournir par la suite des commentaires constructifs. L'information recueillie par l'entremise du programme peut aider les communautés concernées à cerner les aspects à améliorer en ce qui touche les attraits visuels, les services, l'infrastructure et l’accueil en général. Divers projets de revitalisation touristique, entre autres, peuvent émerger d’une telle démarche.91 4.10.3 ­ Recommandation  Poursuivre les initiatives d’appui au milieu rural et adopter des actions spécifiques pour les CLOSM Le développement touristique dans un ensemble de CLOSM est tributaire de la vitalité du milieu rural. Plusieurs projets porteurs y sont menés pour stimuler l’innovation, contrer l’exode des jeunes, appuyer les entreprises et dynamiser la vitalité communautaire. Par contre, nous soutenons que les partenaires gouvernementaux doivent accorder une attention particulière aux CLOSM, en raison de leur réalité démographique et de leur dynamisme en milieu rural. Il faudra innover pour soutenir le développement touristique 87 www.rdeetnl.ca/nouvelles/190/projet‐perc%C3%A9‐2011 88 www.ent‐peninsule.ca/formulaire.cfm 89 www.placeauxjeunes.qc.ca
90 www.auma.ca/live/AUMA/Toolkits+%26+Initiatives/First_Impressions_Community_Exchange (en anglais seulement) 91 Nous assistons à divers cas de figure en matière de financement du programme Premières impressions. Des partenaires fédéraux (comme le Secrétariat rural), des ministères provinciaux ainsi que des gouvernements municipaux appuient des échanges dans le cadre de ce programme. Une telle initiative pourrait être entreprise entre des communautés minoritaires francophones et anglophones. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 49 basé non seulement sur la spécificité culturelle des communautés, mais aussi sur les attraits naturels qu’offre le milieu rural. À titre d’exemple, le modèle coopératif est une approche qui pourrait davantage être mise en valeur dans le développement de l’industrie touristique en milieu minoritaire rural. Cette formule permet aux communautés de réaliser divers projets innovateurs à petite échelle. C’est une structure d’affaires qui permet de mieux « résister » aux fluctuations économiques. Le risque est partagé. L’approche coopérative peut aider, dans une certaine mesure, à surmonter le défi de la capitalisation des initiatives touristiques. Il a été démontré que le taux de survie des coopératives est supérieur à celui d’autres types d’entreprises. De plus, le réseau coopératif est bien établi au pays, ce qui favorise un partage de connaissances et d’expertise. Bref, le modèle est nettement sous‐utilisé et les acteurs touristiques auraient intérêt à le privilégier davantage. 4.11 ­ Enjeu : Services et langues officielles 4.11.1 ­ Problématique Les Canadiens sont en droit d’obtenir les services du gouvernement fédéral dans la langue officielle de leur choix. Ce n’est pas le cas en ce qui concerne les services offerts par la majorité des gouvernements provinciaux/territoriaux et municipaux. Les ministères responsables du tourisme et du développement économique à l’échelle des provinces et des territoires sont des acteurs essentiels afin d’appuyer les initiatives et les projets touristiques. Dans bien des régions canadiennes, les francophones ont peine à obtenir des services provinciaux ou territoriaux en français. Il en va de même pour les anglophones dans certaines régions du Québec. Les chefs de file et les entrepreneurs touristiques en milieu minoritaire doivent composer avec cette réalité. Ceci constitue particulièrement un défi lorsque les acteurs communautaires et les entrepreneurs doivent rédiger dans une langue officielle n’étant pas la leur des demandes pour obtenir une expertise ou un appui financier nécessaire à la réalisation de leurs projets d’affaires. 4.11.2 ­ Action gouvernementale Nous constatons que les divers paliers de gouvernement ont fait des efforts au cours des années pour offrir des services dans les deux langues officielles. Un nombre important de postes au sein du gouvernement fédéral sont désignés bilingues. Au Québec, parmi les quelque 57 SADC et 10 CAE (Centres d’aide à l’entreprise) financés par Développement économique Canada (DÉC), les organismes implantés dans les régions à forte concentration anglophone sont désignés bilingues.92 92 www.reseau‐sadc.qc.ca MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 50 Le Nouveau‐Brunswick est officiellement désigné bilingue et la plupart des provinces et territoires ont adopté des lois en matière de livraison de services en français. Les provinces et les territoires à l’extérieur du Québec, de concert avec l’appui du gouvernement fédéral, ont d’ailleurs implanté des bureaux des affaires francophones afin de promouvoir les services en français au sein de leur administration. De plus, plusieurs municipalités au Canada se sont désignées officiellement bilingues. Certes, le cadre juridique, et la réglementation qui en découle, a son importance lorsque des gouvernements ont une volonté d’implanter des services dans les deux langues. Par contre, le défi réside, dans certains milieux très majoritairement anglophones ou francophones, dans le bassin de travailleurs et de professionnels disponibles et ayant les compétences linguistiques recherchées. En ce qui concerne du moins le milieu francophone minoritaire, la création des écoles d’immersion dans les diverses régions du pays depuis plus d’une trentaine d’années a notamment permis à une tranche importante de la majorité anglophone d’apprendre le français. Ces cohortes de francophiles occupent de plus en plus de postes au sein des ministères, des agences et des administrations municipales. 4.11.3 ­ Recommandation  Inciter les institutions publiques, particulièrement à l’échelle des provinces/territoires et des municipalités, à promouvoir et à offrir des services dans les deux langues officielles En somme, le peu de services et d’expertise en français dans certaines régions canadiennes et en anglais dans certains milieux au Québec constitue, pour des chefs de file et des entrepreneurs en tourisme au sein des CLOSM, un défi supplémentaire à la réussite de leurs projets et initiatives touristiques. Bien des communautés et des entrepreneurs, de l’avis de plusieurs intervenants interrogés, requièrent un accompagnement continu afin de réussir leurs initiatives en tourisme, c’est‐à‐
dire de la naissance des projets jusqu'à leur transmission à la relève en passant par les étapes de croissance. Un accompagnement dans leur langue maternelle serait de surcroît apprécié. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 51 CONCLUSION Comme nous avons tenté de le démontrer, l’industrie touristique canadienne au sein des communautés minoritaires fait face à un ensemble d’enjeux. Ceux‐ci nous ont été particulièrement soulignés lors des entrevues effectuées auprès d’entrepreneurs et d’intervenants communautaires œuvrant en tourisme ou ayant un intérêt particulier pour cette industrie. Certaines recommandations, comme vous l’aurez constaté, interpellent non seulement les acteurs fédéraux, mais aussi les intervenants gouvernementaux à l’échelle des provinces et des territoires. Les municipalités sont également concernées à certains égards. Nous croyons que ces recommandations contribueront à la réflexion d’Industrie Canada et des ADR concernant le développement touristique en milieu minoritaire dans le cadre du suivi à la Feuille de route pour la dualité canadienne 2008­2013. Néanmoins, en raison des limites exprimées, nous réitérons que la recherche et la démarche consultative doivent se poursuivre afin de se pencher sur des enjeux communs à l’ensemble des CLOSM et d’y proposer des solutions. Des enjeux propres à chaque région pourraient également être davantage explorés. En terminant, nous nous permettons de souligner qu’à notre avis, le développement de l’industrie du tourisme au sein des CLOSM passe prioritairement par une plus grande « reconnaissance » et « connaissance » du secteur ‐ (enjeux 1 et 2). Il faut que les acteurs gouvernementaux et le secteur privé, à l’aide de recherches et de données exhaustives sur le tourisme en milieu minoritaire, prennent réellement conscience de son potentiel afin d’être davantage incités à y investir au bénéfice des communautés et de l’économie canadienne dans son ensemble. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 52 ANNEXE PROFIL DES INTERVENANTS CONSULTÉS Entrepreneurs touristiques Agents de développement touristique ­ Organismes de développement 1 1 1 1 National Régional ‐ Atlantique ‐ Ouest ‐ Nord Provinces/territoires ‐ Alberta ‐ Colombie­
Britannique ‐ Île­du­Prince­
Édouard ‐ Manitoba ‐ Nouveau­
Brunswick ‐ Nouvelle­
Écosse ‐ Nunavut ‐ Ontario ‐ Québec ‐ Saskatchewan ‐ Terre­Neuve­
et­Labrador ‐ Territoires du Nord­Ouest ‐ Yukon Total Agents de développement économique – Organismes de développement 2 Employés de ministères ou d’agences gouvernementales 4 4 2 1 1 1 1 2 1 1 1 3 1 1 1 2 1 1 2 4 2 1 2 1 1 1 11 1 16 8* 15 Grand total : 50 intervenants ont été interrogés dans le cadre de cette recherche. *Au moins un agent de développement et un fonctionnaire interrogés ont déjà été entrepreneurs en tourisme. Le nombre d’intervenants touristiques interrogés ayant de l’expérience à titre d’entrepreneurs en tourisme serait donc de 10. MC Consultants enr. ‐ 09‐11‐11 Page 53 BIBLIOGRAPHIE 2RISM STRATEGIES INC., MRSB CONSULTING SERVICES, X.O. CONSULTANTS (2000). Rapport d’étude : Les côtes, les rivières et les destinations à visiter « Une stratégie logique pour le développement de produits touristiques dans le Nord­Est du Nouveau­Brunswick », 103 pages. ARSENEAU BUSSIÈRES S. et CHEVRIER H (2008). Profil socio­économique de la communauté anglophone des Îles­de­la­Madeleine. Îles‐de‐la‐Madeleine, Université du Québec à Rimouski, Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes, 83 pages. (Rapport présenté à Industrie Canada) ASSOCIATION DE L’INDUSTRIE TOURISTIQUE DU NOUVEAU‐BRUNSWICK (2009). Rapport annuel 2009. Fredericton, AITNB, 23 pages. ASSOCIATION TOURISTIQUE DE LA PÉNINSULE ACADIENNE (2011). Invitation : Atelier *speed networking* : Mardi 19 avril 2011. Tracadie‐Sheila, Association touristique de la Péninsule acadienne. ASSOCIATION TOURISTIQUE ÉVANGÉLINE (2010). Plan de développement touristique 2010­
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