Fais-moi la tendresse (J.F. Fortin)
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Fais-moi la tendresse (J.F. Fortin)
FAIS-MOI LA TENDRESSE : ANALYSE D’UN « HIT » AU QUÉBEC Par Jean-François Fortin Travail présenté à André Lambert Analyse populaire 1 MUS 3810-30 Université du Québec à Montréal 25 novembre 2009 Informations relatives au matériel analysé Nom de la pièce : Fais-moi la tendresse Auteur/compositeur : Didier Barbelivin/Didier Barbelivin Exécutante : Ginette Reno Musiciens : Samuel Joly (batterie), Rémi-Jean Leblanc (basse), Michel Dupiré (percussions), Jean-Benoit Lasanté et Alain Bertrand (guitares), Ron Di Lauro (trompette), Dave Groth (trombonne), Patrick Bourgoin (saxophonne), Jean-Pierre Zanella (saxophone, flûte, arrangements de cuivres), Élizabeth Blouin Brathwaite, Kim Richardson, Frank Julian (chœurs). Orchestrations, arrangements, réalisation et mixage : Pascalin Charbonneau Pochette : Pierre Raiche Catégorie : Francophone Numéro de disque : MMCD-524 Cie de Disque : Production et Distribution Melon-Miel Tempo de la pièce : 74 à la noire Métrique : 4/4 Tonalité principale : Ré bémol majeur Table des matières Introduction…………………………………………………………………..1 Partie 1 : Pourquoi un « hit »?..........................................................................2 Partie 2 : Comme ma chanson mal entendue………………………. ………..4 Conclusion générale…………………………………………………............. 9 Bibliographie………………………………………………………. ……….11 Annexes…………………………………………………………………... ...12 J’étais sur la route, au volant de ma rutilante Mazda 1998, avec pour unique compagnie Mathilde, ma contrebasse, soigneusement installée côté passager, lorsque pour la première fois j’entendis « Fais-moi la tendresse », de Ginette Reno. Ça a été pour le moins marquant, et j’exagère à peine en affirmant qu’il s’en est fallu de peu pour que nous terminions, moi, Mathilde et mon Mazda, dans le fossé ou même pire, en sens inverse face à une autre voiture… Je ne pouvais concevoir comment l’erreur monumentale contenue dans cette pièce avait pu échapper aux oreilles des équipes de réalisation, de production, de musiciens, etc.… Je me rappelle alors m’être dit que cette chanson se ferait démolir, et que jamais elle ne parviendrait à se tailler une place dans le cœur de ce cher public québécois. Quelques mois ont passé et je suis obligé d’avouer ma faute. Voici le topo : 80 000 exemplaires de vendus après seulement trois mois de parution de l’album (plus de 220 000 aujourd’hui), pas moins de quatre Félix (chanson populaire, interprète féminine, meilleur vendeur, album de l’année – populaire), série de spectacles à guichets fermés ainsi qu’une diffusion radiophonique à grande échelle et toujours grandissante. Cette chanson est un véritable « hit », qui restera sans doute dans la mémoire de tous ceux et celles qui la chérissent, ainsi que ceux et celles qui la subissent (!). Voici les deux questions qui me viennent à l’esprit et auxquelles je tenterai de répondre à travers cette analyse : 1- Pourquoi « Fais-moi la tendresse » est-elle au sommet des palmarès? 2- Le grand public est-il sensible à l’erreur contenue dans la pièce? 1 Pourquoi un « hit » ? Afin de répondre correctement à la première de mes questions (pourquoi « Fais-moi la tendresse » est-elle au sommet des palmarès?), j’ai fait appel à un échantillon 1 de personnes de mon entourage, aimant la musique en général, mais n’ayant pas de formation quelconque en musique, ni même de connaissances trop aiguës sur le sujet. J’ai donc voulu recréer, à petite échelle, un public cible, constitué de personnes ayant un potentiel d’intérêt pour la pièce. Je leur ai fait parvenir un courrier électronique 2 contenant la chanson en mp3, ainsi que la question suivante : Aimez-vous cette chanson? Oui? Non? Pourquoi? Voici mon analyse de leurs réponses : Appréciation du texte La chanson est appréciée d’abord pour son texte, qui vient en quelque sorte rejoindre la sensibilité émotive de la majorité de l’auditoire : « qui peut se vanter de ne pas porter dans son être les traces indélébiles d'un grand amour vécu, mais inachevé? » (J.A.). L’amour, sujet par excellence de textes de ballades, a sur le public un effet attractif, peut-être venant de l’intention de l’interprète qui, en quelque sorte, se confie en nous 1 2 Annexe 1, échantillon Annexe 2, courrier électronique et réponses aux deux questions 2 dévoilant les secrets de sa vie intime et, dans ce cas, la douleur profonde et le besoin de réconfort suivant une rupture. Appréciation de l’interprète Fais-moi la tendresse est aussi grandement appréciée du fait que son interprète est déjà connue et bien établie dans le marché musical québécois : « oui j'aime cette chanson parce qu'elle est douce et vivante et interprétée par une belle voix de femme » (P.F.), « la voix chaude et portante des interprètes apporte une plus value à cette chanson » (M.-C. B.). Ginette Reno, dont le premier succès « J’aime Guy » nous ramène à 1963, a gagné le cœur du public grâce à ses cinquante albums et nombreux succès au palmarès, d’ailleurs récompensé maintes fois à l’occasion des galas annuels. Sa voix est reconnue ici et ailleurs, grâce à son timbre particulier. « L’essentiel », « Je ne suis qu’une chanson » et « Un peu plus haut » sont des exemples de grands succès qui lui ont permis de bien s’établir dans les oreilles et dans le cœur des québécois. Appréciation musicale La facture musicale n’est pas non plus à ignorer quand vient le temps de songer aux raisons justifiant le succès de la chanson : « J'aime la séquence sur le plan musical: ça commence doux, il y a ensuite une montée (…) et ensuite une redescende », « je me demande d'ailleurs si mon ami Freud n'y verrait pas une sorte d'analogie musicale avec l'acte sexuel...! » (M.-C. B.). Cette courbe d’intensité, présente dans d’innombrables pièces à succès, contribue à mettre en évidence la structure du texte et donc du message véhiculé. Le point culminant musical (modulation) est d’abord précédé d’une tension 3 musicale résultante de la ligne de basse chromatique et descendante 1 accompagnant la partie du texte « Fais-moi la tendresse / Si tu m'aimes encore / un peu de désir / Fais-moi la tendresse / Maintenant que nos corps n'ont plus de plaisir ». Pour ce qui est du point culminant de la chanson, deux éléments musicaux nouveaux, jamais utilisés jusque-là dans la chanson, sont mis à contribution : la superposition des deux voix (timbre) et la modulation (harmonie). Ces deux éléments réussissent à faire ressentir le sommet d’intensité de la chanson et à émouvoir le public. Donc, en une phrase, voici pourquoi « Fais-moi la tendresse » est un « hit » : c’est une chanson qui traite d’un sujet universel, interprétée par une chanteuse connue et appréciée et musicalement construite de façon à émouvoir l’auditoire. « Comme ma chanson mal entendue »2 Monstrueusement évidente, la modulation 3 est le point culminant de la chanson. Elle prend l’auditeur par surprise juste avant le dernier refrain, dans la section D3, à 3m. 8 sec. (c’est d’ailleurs le moment exact où moi, ma voiture et ma contrebasse avons failli visiter le terre-plein…). Je considère cette maladresse comme étant le fruit de trois éléments musicaux bien distincts 4 : 1 Annexe 4, chordsheet, mesures 18-19 Annexe 3, texte 3 Annexe 4, chordsheet, mesure 24 4 Annexe 5, analyse de l’erreur 2 4 1- Les voix (superposition et ornementation) 1 Les deux interprètes (Ginette Reno, Marc Hervieux) chantent en homophonie (même note, même hauteur) et ornementent à l’aide d’un vibrato très profond (un ton), qui lui ne module pas de façon égale pour chacune des voix. Côté spatialisation, M.H, placé plus à droite, est légèrement « flat » comparativement à G.R., qui elle est placée plus à gauche. La résultante est la suivante : chaque partie s’entrecroise allègrement, créant une sorte de conflit, ce qui à l’écoute rend difficile la captation de la fondamentale visée par les chanteurs. 2- L’harmonie 2 Les deux tonalités (Db et D), bien que séparées par seulement un demi-ton, sont tout de même très éloignées dans le cycle des quintes et ne possède que deux notes communes, par enharmonie (F#-Gb, Db-C#). Lorsque la modulation directe arrive par le IV + ½ ton, une nouvelle triade constituée de nouvelles notes, jamais entendues auparavant dans la pièce, est imposée de façon brutale et sans préparation ni transition. L’effet est évident, cette nouvelle cadence IV-V modulée fait augmenter l’intensité de la pièce en déstabilisant l’auditeur, en le surprenant. 3- La mélodie (rapport à l’accord situé au-dessous) 3 La phrase mélodique à cette section constitue une courbe descendante de tensionsrésolutions, installée sur 2 mesures. Il n’y a aucun problème pour les deux premières mesures (ton original) car la mélodie est rendue intéressante par la présence des tensions 1 Annexe 5, Analyse de l’erreur, tableaux #1 et #2 Annexe 5, Analyse de l’erreur, tableau #3 3 Annexe 5, Analyse de l’erreur, tableau #3 2 5 9 se résolvant à 1 (sur IV) ainsi que 13 allant vers 5 (sur V4 et V). Le problème, selon moi, survient lors de la répétition exacte de ce même motif mélodique (et harmonique) pour les deux mesures qui suivent, qui constituent la modulation. Plus particulièrement, sont problématiques les deux premiers temps de la troisième mesure, sur lesquels la mélodie est en relation de tension (9) avec le nouvel accord imposé de façon brutale. Le fait d’utiliser des tensions afin d’agrémenter la mélodie est très intéressant, mais ce cas précis est problématique du fait que la nouvelle tonalité n’est pas encore établie et qu’elle est présentée à l’aide d’une relation de tension. C’est un peu comme si quelqu’un vous était présenté et vous criait à la figure ses premières paroles. Drôle de première impression, non? La bévue se résume donc ainsi : un mot (une note) est chantée de manière floue et imprécise, en relation de tension dans une tonalité brusquement imposée. Comprenez-moi bien, je crois que c’est bien la mise en commun des trois éléments décrits ci-haut plutôt que seulement l’un d’entre eux qui cause problème. Erreur d’interprétation? Erreur de réalisation? Erreur de composition? À mon humble avis, sans doute les trois! « J'ai réussi sans réussir » 1 C’est avec grande surprise que je recueillis les impressions du public lorsque directement mis en contact avec l’erreur décrite plus haut. En effet, j’ai aussi inclus dans mon courrier électronique/questionnaire un court extrait de vingt secondes isolant la partie modulante, en leur posant la question suivante : 1 Annexe 3, texte 6 Que ressentez-vous vers la 9e seconde de l'extrait? Appréciez-vous ce moment précis? Je voulais ainsi connaître la sensibilité du public à l’esthétisme musical de cette chanson, particulièrement au moment précis de la modulation. Bien entendu, par souci de transparence, je n’ai fourni aucune information concernant l’analyse musicale et technique de l’extrait, ni même concernant mon niveau d’appréciation personnelle. Deux éléments essentiels sont ressortis du lot, les voici : Le malaise Malgré l’appréciation générale de la pièce, plus de la moitié de l’échantillon (la totalité des hommes ainsi qu’une femme sur trois) a ressenti que quelque chose n’allait pas à ce moment précis : « vers la 9e seconde il y a comme un malaise pour moi et on dirait que ça fausse un peu....à ce moment-là on dirait qu'il y a distorsion en tout.... » (P.F.), « j’ai tout simplement l'impression que le chanteur Hervieux a manqué de voix et que Ginette est venue lui prêter secours » (J.-M. B.). La « distorsion » perçue est fort probablement le résultat du conflit entre les voix de G.R et de M.H., expliqué précédemment. Aussi, la perception recueillie en rapport à M.H. « manqu[ant] de voix » et sûrement lié au fait qu’il soit très légèrement « flat » par rapport à G.R, qui elle vient « lui prêter secours » de sa voix juste et forte… Une personne y est même allée de l’affirmation suivante : « S'il n'avait pas été là (l'extrait), la chanson, à mon avis, aurait été aussi bonne sinon meilleure ». Autrement dit, ce moment précis nuirait peut-être à la qualité de la chanson selon l’avis d’une personne du grand public… 7 Le grandiose L’autre partie de l’échantillon (la majorité des femmes) a plutôt ressenti l’extrait modulant de façon positive, en lui attribuant même des effets sensoriels biens particuliers : « les frissons sont garantis lors de ce passage (…) ça ajoute encore plus de force au désespoir vécu et ça vient me chercher doublement » (J.A.), « Cet extrait donne envie de se lever et de regarder avec positivisme vers l'avenir » (M.-C. B.). C’est le genre d’effet que peut avoir une modulation soudaine, comme si la chanson était soudainement haussée d’un cran au niveau de l’intensité. Cela assure une diversité tout en étant spectaculaire. Je trouve extrêmement intéressant le paradoxe de ces deux éléments, tout à fait contraires. Je ne veux pas tomber dans la psychologie ou dans la comparaison hommes/femmes, mais il me semble que les femmes démontrent un intérêt particulier pour le texte, l’interprétant chacune à leur façon, le ramenant à leur expérience personnelle ou à leur vision des choses, tandis que les hommes ressentent plus directement les effets sensoriels de l’écoute du phénomène audio sans accorder l’importance première au texte. Je ne crois pas que la différence de sexe soit si décisive dans la façon de percevoir une chanson, mais elle est certainement un facteur d’influence observable, à plus grande échelle. Donc, en réponse à mon interrogation initiale (le grand public est-il sensible à l’erreur de réalisation contenue dans la pièce ?), je constate deux phénomènes : 1- Une partie du public réagit de manière négative à cette erreur. 2- L’autre partie considère l’erreur comme un élément tout à fait positif de la pièce. 8 Conclusion générale Donc, première bonne nouvelle : moi, Mathilde et Mazda sommes toujours en vie et fonctionnels. Il est important de savoir apprécier les cadeaux de la vie, en particulier celui de nous la laisser sauve. Deuxième bonne nouvelle : il est possible de théoriser sur les raisons qui influencent l’arrivée d’une chanson au sommet des palmarès. En ce qui concerne « Fais-moi la tendresse », ces raisons sont d’abord le texte, ensuite l’interprète et finalement l’arrangement musical qui contribuent grandement à faire de cette chanson un immense succès, qui sera sûrement considéré dans quelques années comme un « classique » de la chanson francophone québécoise. Troisième bonne nouvelle : malgré la diffusion monstre de la chanson, le battage médiatique entourant les récompenses diverses et la popularité de la pièce, ainsi que la réputation déjà acquise de Mme Reno, il reste encore des gens du grand public qui sont sensibles à l’erreur contenue dans la pièce. Tout n’est donc pas vendu d’avance, ce qui est une excellente nouvelle pour quelqu’un comme moi, qui souhaite gagner sa vie en évoluant en orbite autour de la planète musique. Malheureusement, une question me reste encore sans réponse : comment l’erreur monumentale (je ne suis plus le seul à en constater l’existence…) contenue dans cette pièce peut-elle avoir survécu à toutes les étapes de création (pré production, production, post production) ? Je crois simplement que la réponse à cette question se trouve dans l’entourage de Mme Reno, à savoir toute l’équipe de réalisation. Il est, à ce sujet, important de savoir que le réalisateur, M. Pascalin Charbonneau, est le fils de Mme Reno, et que les pistes de l’album ont été enregistrées au studio personnel de Mme Reno, situé dans la résidence familiale. Aussi, le disque est produit par les Disques Melon-Miel, propriété de l’interprète. Ce disque est donc le fruit d’une production « maison ». Est-ce 9 la volonté de l’artiste elle-même qui a fait que ce passage est demeuré sur les pistes finales ? Les objections trop molles du réalisateur ? L’absence d’objection ? (Des musiciens ayant participé à l’enregistrement de l’album font parti de mes amis personnels, et ils m’ont assurés de la compétence du réalisateur, mais surtout de son côté compréhensif et patient, ce qui me laisse croire que peut-être y a-t-il eu négociation au sujet de ce passage précis.) Peut-être aussi, à mon grand désarroi, est-ce l’indifférence générale par rapport à ce passage qui fait qu’il se retrouve diffusé de manières diverses, à la grandeur de la province, maintenant et pour une partie de l’éternité à venir ? En terminant, je crois qu’il est important d’ajouter qu’en aucune façon je ne dénigre la grande chanteuse qu’est Ginette Reno. J’éprouve beaucoup de respect pour elle, pour l’ensemble de son œuvre en général ainsi que pour tout ceux et celles qui la suivent et l’apprécient depuis tant d’années. Ce court passage de deux secondes n’est, selon moi, qu’une simple erreur dans un parcours remarquable. Jean-François Fortin 10 Bibliographie 1- http://www.ginettereno.com/ (Site official de Ginette Reno) 2- http://7jours.canoe.ca/musique/nouvelles/2009/09/24/11102941-7j.html (Article de revue à potins ayant comme sujet le lancement du disque « Fais-moi la tendresse ») 3- http://lcn.canoe.ca/cgi-bin/player/video.cgi?file=/lcn/actualite/arts_spectacles/20040503_pascalin.wmv (Vidéo présentant le fils de Mme Reno, Pascalin Charbonneau) 4- http://www.adisq.com/repertoire.aspx?id=1008&t=et (Informations au sujet de l’entreprise « Production et Distribution Melon-Miel ») 11 Annexe 1: Échantillon 1- Jacynthe Aubé, ma mère. Adulte d’âge moyen. 2- Marie-Claude Blais, belle tante. Adulte d’âge moyen. 3- Jean-Marie Blais, beau grand-papa. Adulte d’âge mûr. 4- Caroline Fortin, sœur. Jeune adulte. 5- Paul Fortin, père. Adulte d’âge moyen. 12 Annexe 2: courrier électronique et réponses au deux questions 13 Réponses à la question 1: - « J'aime beaucoup cette chanson même si elle évoque un cri de détresse incroyable après une rupture. Qui peut se vanter de ne pas porter dans son être les traces indélébiles d'un grand amour vécu mais inachevé ? » J .A. - « J'aime beaucoup cette chanson. Autant la sonorité que les mots me racontent une sorte d'au revoir d'un couple qui se passe dans l'harmonie. J'aime la séquence sur le plan musical: ça commence doux, il y a ensuite une montée (dont l'extrait 2 que tu nous présentes fait partie) et ensuite une redescente; je me demande d'ailleurs si mon ami Freud n'y verrait pas une sorte d'analogie musicale avec l'acte sexuel...! (Bon, la psy qui parle...!). Évidemment, la voix chaude et portante des interprètes apporte une plus value à cette chanson, mais je pense qu'il y a fondamentalement quelque chose dans la composition musicale de cette chanson qui la rend vraiment accrocheuse. » M.-C. B. - « Oui j'aime cette chanson parce qu'elle est douce et vivante et interprété par une belle voix de femme et une belle voix d'homme... » P.F. - « Ça me rend un peu nostalgique, autant pour ma vie familiale passée et présente. Enfin lorsque j'entends cette chanson, mes émotions sont quelques peu difficile à contrôler » J.-M. B. - « Oui, j'aime cette chanson. Même si c'est (je pense) la première fois que je l'entends, elle est très agréable à écouter. La mélodie est calme et remplie de nostalgie; les paroles évoquent pour moi tristesse et espoir mélangé. Mme Reno a aussi une très belle voix! » C.F. Réponses à la question 2: - « Même si je ne comprends pas ce qui se dit, je sais par contre que ça ajoute encore plus de force au désespoir vécu et ça vient me chercher doublement. Autrement dit, les frissons sont garantis lors de ce passage. » J.A. - « J’apprécie ce moment précis; j'y ressens fondamentalement de l'espoir. Cet extrait me dit: quelque chose se termine, mais nous porte vers autre chose dans notre vie. Cet extrait donne envie de se lever et de regarder avec positivisme vers l'avenir. » M.-C. B. - « Vers la 9vieme seconde il y a comme un malaise pour moi et on dirait que ça fausse un peu.........à ce moment la on dirait qu'il y a distorsion en tout.... » P.F. - « Instinctivement, j’ai tout simplement l'impression que le chanteur Hervieux à manquer de voix et que Ginette est venu lui prêter secours Je suis peut-être complètement dans le champ » J.-M. B. 14 - « Je ne sais pas si je vais répondre correctement, mais il me semble qu'il y a quelque chose qui cloche pour moi dans cet extrait. Je crois que j'apprécie plus le reste de la chanson que cet extrait précis. S'il n'avait pas été là (l'extrait), la chanson, à mon avis, aurait été aussi bonne sinon meilleure » C.F. 15 Annexe 3 : texte Fais-moi la tendresse Paroles: Didier Barbelivien Musique: Didier Barbelivien 2009 On s'est quitté sans être quitte J' n'ai pas eu le temps d'y penser Un peu trop tôt, un peu trop vite Le temps passé nous est passé Toi qui connais de moi l'émoi De ces instants où tout bascule Retiens-moi encore dans tes bras Sans passion et sans ridicule Fais-moi la tendresse L'amour sans chagrin Des mots sans promesses Fais-moi la tendresse Toi qui te souviens de toutes mes faiblesses Fais-moi la tendresse la main dans la main Oublie les caresses Fais-moi la tendresse Aujourd'hui, demain, à la même adresse Je t'ai voulu, tu m'as voulue Mais le destin n'en voulait pas Comme ma chanson mal entendue Malheur à celui qui s'en va J'ai fait ma vie de mon côté J'ai réussi sans réussir On ne sait plus par où commencer Quand on a mille choses à se dire Refrain Fais-moi la tendresse Si tu m'aimes encore un peu de désir Fais-moi la tendresse Maintenant que nos corps n'ont plus de plaisir Refrain 16 Annexe 4: chordsheet 17 Annexe 5: analyse de l’erreur -Voix : Marc Hervieux Ginette Reno Duo (G.R. à gauche, M.H. à droite) Tableau #1 Tableau #2 Éloignement Ginette Reno Marc Hervieux CONFLIT Gauche_____________________________________________________________________________Droite Proximité 18 Tableau #3 Le passage particulièrement problématique est surligné en jaune. C’est à ce moment précis que les voix se doublent et que la mélodie est tension sur un nouvel accord introduisant une nouvelle tonalité. 19