fermes-château

Transcription

fermes-château
Le Château et la ferme du Château.
Le château d’Erquelinnes fut construit vers 950 par Reignier II comte de Hainaut, abbé (laïc)
de Maubeuge, seigneur d’Erquelinnes, en vue de protéger l’abbaye de Maubeuge contre les
Pannoniens (Hongrois) qui remontaient le cours de la Sambre en pillant et détruisant tout sur
leur passage (dont l’abbaye de Lobbes, où ils furent stoppés).
La première structure, probablement en bois, fut rapidement remplacée par une construction
en pierres.
Il s’agit alors d’un château-résidence, et non à proprement parler d’un château-fort, encore
qu’il ait été doté de moyens de défense (douves).
Il appartint successivement à la famille d’Avesnes (1071), de Barbençon (1224), à nouveau
d’Avesnes (1253), à nouveau de Barbençon (1321), de Rainsars (vers 1590), de Namur
(1622), de la Barre (1644).
La demeure présente sa belle façade au sud, vers la Sambre, avec une grande terrasse dallée,
tandis que des jardins à la française s’étendent vers l’ouest. Au nord, elle est protégée par une
vaste zone marécageuse formée par les ruisseaux du Sérus et des Viviers, au pied de la butte
du village.
Malheureusement, le passage régulier des troupes françaises, espagnoles puis autrichiennes
laissent le château, pillé à de nombreuses reprises, en très mauvais état. Il en est ainsi,
notamment, en 1622 (Autrichiens, Maréchal Mansfield), en 1626 (Français), en 1663
(Français), en 1672 (Français), en 1690-1691 (Français), en 1692 (Français), en 1693
(Français) et en 1709 (Autrichiens).
En 1722, la Seigneurie d’Erquelinnes est érigée en Comté au profit de François-Léonard de la
Barre qui, en 1725, restaure le château et la chapelle castrale, refait les jardins et termine la
maison du jardinier.
Le château est à nouveau pillé en 1793 (Autrichiens), puis occupé par les Français en mai
1794, les troupes bivouaquent dans la cour et les jardins, tandis que les officiers logent dans la
maison du jardinier, le château étant déjà inhabitable.
En 1809, Charles François Albert Joseph de la Barre, comte d’Erquelinnes, est mis sous
curatelle en raison de sa situation financière, Les curateurs établissent de 1810 à 1812
l’inventaire détaillé de ses biens en vue de leur vente.
Un dernier pillage par les prussiens, en 1814 et 1815, anéantit le château qui est totalement
incendié, de sorte qu’en 1817 la vente organisée par le notaire Morreo à Bruxelles impose la
démolition de la bâtisse, qui est en ruines, à l’acquéreur, ce dernier s’empressant d’annoncer
la vente des matériaux de récupération.
C’en est définitivement terminé du château, dont il ne subsiste que les communs (écuries,
remises à carrosses, greniers à foin, logement des domestiques…) utilisés par la suite à usage
agricole, et connus sous le nom de ‘ferme du Château.
Subsiste également une partie du mur d’enceinte vers les jardins, ainsi que la maison du
jardinier (fin XVIIe, début XVIIIe).
Le site du château lui-même disparaîtra lors de la prolongation de la ligne de chemin de fer,
en 1857.
La seule représentation connue du château d’Erquelinnes est l’aquarelle d’Adrien de
Montigny, peinte vers 1620 pour Charles de Croÿ, prince de Chimay et gouverneur du
Hainaut, tandis de que plan le plus ancien date de 1776 (carte de Ferrare).
Les fermes.
1.- La ferme de la Cour.
Située au n° 18 de la rue Notre-Dame, elle faisait autrefois partie de l’ensemble du château,
dont elle était la basse-cour.
Splendide corps de ferme en carré, construite entre 1700 et 1760 (datation de la grange :
1758).
Le corps de logis occupe toute la longueur du côté est, tandis que les ailes sud et ouest
contiennent les étables, écuries, et divers locaux techniques.
La grange, très imposante, occupe le côté nord. Son volume a été augmenté lors de sa
réfection, après 1815, le rehaussement en briques étant très visible ; côté cour, s’adossent les
porcheries.
La partie habitation renferme quelques fresques du 18e siècle, et une cave totalement inondée.
Les charpentes sont de toute beauté, sommiers, poutres et chevrons étant en chêne du pays, et
assemblés par tenons, mortaises et chevilles.
Faisait également partie de cet ensemble le petit bâtiment (bergerie et réserve de foin,
colombier) se trouvant dans le parc de l’autre côté de la rue, ainsi que la métairie à l’angle de
la rue et de la place.
2.- La ferme Molord.
Au n° 6 de la rue Notre-Dame, autre ferme en carré, au corps de logis imposant.
Sa base, en moellons et pierres de taille, date également du 18e siècle, mais l’étage en briques
date du 19e, de même que les dépendances.
Remarquable, l’harmonie des fenêtres donnant sur la cour.
3.- La ferme d’En-bas.
Rue de Bougnies, n° 11 : la ferme sans doute la
plus ancienne du village après celle du château.
Son corps de logis, modeste, adopte une structure
basse, de type flamand, et a su conserver une
homogénéité parfaite, malgré les restaurations.
Elle est toujours le siège d’une exploitation
agricole, l’une des deux encore en activité au cœur
du village.
4.- La ferme d’En-Haut.
Située sur la butte entre la rue de Bougnies, et la rue Bon, où elle porte le n° 6, sa façade sud
est la plus belle dans sa simplicité ; elle remonte au 18e siècle.
Elle conserve dans sa cour, par ailleurs assez abîmée par des constructions nouvelles un peu
anarchiques, une splendide fenêtre à croisée de pierre, que l’on peut dater du 17e s.
Au fond du jardin, en ancien fournil également du 17e siècle.
5.- La ferme Dauchot.
Au bout de la rue de Bougnies, en bordure du ruisseau du Sérus, une ferme un peu plus
récente (1817), la ferme Dauchot, constituant elle aussi un ensemble fermé homogène.
6.- La ferme Christiaens.
A l’angle de la rue du Conroye et de la rue des Viviers, (n°1) la seconde ferme toujours
active du centre d’Erquelinnes, occupée par la famille Christiaens depuis plus de cent ans.
Le bâtiment principal, actuelle habitation, date des années 1870-1875, mais la partie ouest
porte un cartouche où l’on peut lire (deviner) la date de 1710. Cette partie constituait l’ancien
corps de logis, transformé en étable et laiterie.
L’aile qui lui fait face (écuries et grange) date également de la fin du 19e siècle.