t K A 4

Transcription

t K A 4
S, rue de Rocroy» 3
PÉRILLEUSE
:——
RECONNAISSANCE
Seine et
Selne-et-Oise. 3 francs SE
Province.
3 fr. SO —.
Étranger....... ïï francs —
-mm
— N'ayez pas peur, messieurs, souriait Calumet en sortant de son placard, je suis Célina, la fil!e ds 3a fermière,
et je voulais vous faire une surprise. (Voir pag-e 2.)
t
K
A
4
L'EPATANT
PÉRILLEUSE
Le commandant, ayanï besoin d'un
type débrouillard pour aller reconnaître
ies avant-postes ennemis, confia cette
mission périlleuse à Calumet, Celui-ci
se mit aussitôt en route, muni des
instructions de sou chef. Rampant
dans les broussailles, tel un PeauRouge sur fe sentier de la guerre, il
arriva devant une cabane rustique...
L'EPATANT
POUR FAIRE
RECONNAISSANCE
... et apercevant des fusils formés en faisceaux il profita d'un instant où la
sentinelle montant la faction devant ce poste allemand avait le dos tourné pour
soulager les fusils de leurs cartouches. La maison villageoise servait d'abri à nit
officier d'état-major. Calumet, né malin, risqua un coup d'œil par une fenêtre
et, ayant aperçu des boches jouant aux cartes en attendant leur tour de garde il
poussa un cri qui les fit quitter précipitamment la pièce où ils se trouvaient.
Calumet avait prévu ce mouvement de retraite. 11 en profita pour enjamber avec
i'agilité d'un écureuil la barre d'appui de la fenêtre et sautant à pieds joints
dans la pièce vide, il grimpa quatre à quatre l'escalier qui se trouvait...
l1
I
DU
j
« Moi je ne connais qu'une chose, disait
Krouttmoll, la consigne c'est la consigne...
etçtîMà qui viendrait m'dire : « Bouffe la consigne!
moi j'y boufferais le nez...
I
BRAVES INVISIBLES (Suite)
RESUME DE CE QUI
I
ko
r
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à(à)
i
h.
(2)
W
\
K Ah I mais ! ! et pis pour me la faire bouffer la consigne, faudrait pas qu'il insiste,
parce, qu'il perdrait son temps d'abord...
pour ça y perdrait son temps...
Î
(?)
... devant lui. Poussant ensuite une
porte, il se trouva dans une chambre
dont il fît l'inventaire d'un coup d'œil.
Sur une table se trouvaient un casque
d'officier et an revolver servant de
presse-papier a des ordres de service
et autres...
... documents précieux dont il
s'empara ainsi que du revolver. Cependant qu'il faisait main basse sur
l'arme et les papiers, il entendit les
soldats furieux d'avoir été dérangés
pour rien qui rentraient dans la maison et se répandaient en vociférations.
Aussitôt il se blottit dans une armoire.
Au bout d'un instant, n'entendant
plus de bruit, il poussa un des battants
de l'armoire dans laquelle il se trouvait plutôt à l'étroit et constata qu'elle
contenait jambonneau, pain, fromage et
vin. C'était le menu du colonel...
1
Î... Et pis, j'vous l'jure, aussi vrai que
-j'm'appelle Krouttmoll de père en fils depuis
ma naissance, non seulement y perdrait son
temps, mais aussi y se fourrerait le doigt dans
l'œil...
,. allemaad. Calumet, dont tes
émotions avaient creusé l'appétit,
s'adjugea le déjeuner de l'officier.
II avalait la dernière bouchée quand
un bruit de bottes se fit entendre
dans l'escalier. Vivement il s'enferma dans son armoire tandis que
la porte de ht chambre s'ouvrait,
livrant...
... passade au colonel accompagné
d'un capitaine. Calumet, familiarisé
avec l'obscurité, s'affubla des vêtements de femme qu'il venait de découvrir dans sa cachette et s'étonna
d'y trouver aussi deux vessies de
cochon gonflées oubliées là par le fermier. Quand il eut revêtu son travesti
il sortit- brusquement de...
... jeune fine étaient singulièrement louches. Il voulut s'emparer de sa personne.
Calumet, se sentant perdu, s'esquiva et, marchant involontairement sur lesdeux
vessies gonflées les fit éclater. Profitant de la stupeur provoquée par cette
explosion, il dégringola l'escalier et, troussant son cotillon se lança à toute vitesse
sur la route. Ixs boches du ro3te, dont il avait pris soin de décharger les fusils,tirèrent
sur lui en pure perte et se lancèrent ensuite àsa poursuite. Calumet avait brusquement pris ûo l'avance sur eux et pour la course à pied il était un peu là! Les
boche? s'étauf obstinés à le poursuivre, il entraîna cette meute jusque dans les...
... l'armoire en criant « coucou! »
et expliqua aux deux officiers ahuris
qui le questionnaient au sujet de sa
présence dans ce meuble : « Je suis
Célina, la fille de la fermière. » Le
colonel, s'apercevant que son revolver
et ses documents avaient disparu,
fut pris de soupçons et trouva que
les explications de la pseudo...
... lignes françaises où l'on ne manqua point de la faire prisonnière, cependant que le commandant adressait à Calumet les félicitations que
celui-ci avait si justement méritées
par la bravoure, la ruse et l'audace
dont II avait fait preu ,e dans l'accomplissement de sa périlleuse mit' "on.
3
Strobbins, le détective-cambrioleur
SERVïCE
Ç>
;
366
« Pardon, excuse, herr
lieu tuant, c'est
pas d'votre œil que j'parlais... faut pas m'en
vouloir... j'disais seulement en dedans de
moi-même que çui-Ià qui voudrait m'faire
bouffer la consigne, faudrait vraiment que,
pour s'adresser à moi, y manque salement
de nez..."
t Pardon, excuse, herr hauptmann, c'est
pas de votre nez que je parlais... et pis j'savais pas que vous êtes par derrière... parti n,
excuse... j'erois que c'est Pmien qui prend...
sauf erreur... •
A PARU
Le bandit rusée André Tourki a dérobé
trois linqols de platine. Réfugié à San-Franeiseo, il partage son butin avec A-Mao, ehe[
de la Société des .« Praves Invisibles », et
Hourtg-Tsien, patron du restaurant du « Lotus Bleu ». Les trois hommes, pour mieux
caehar le platine, en font faire des barreaux
de soupirail, un Bouddha, des candélabres
et une baignoire.
<ii;
'àuhq-'J's en est trouvé assassiné «Dec,
près de lui, A-Mao ligoté. Ce dernier, arrêté, se suicide. André Tourki, également
arrêté, et que le détective russe Wladimir
Tripoif doit ramener en Russie, avoue le
vol du piatine. et son partage avec les Chinois.
Qui a assassiné Houng-Tsien ? Que sont
devenus les barreaux, le Bouddha et les candélabres, qui ont d.sparu? il ne le sait. Il
déclare que c'est le plombier chinois Larnkoun qui a fondu ces objets. Le fuge Géo
Zeller veut f::ire arrêter Lamkoun : celui-ci,
qui vient d'être cambriolé par deux inconnus, reste introuvable.
Le lendemain, au Palais de Justice, M.
Géo Zeller entend du bruit devant son cabinet.
VI
M. Géo Zeller aimait le calme et le silence,
Cfi-n-io homme et comme-magistrat.
De plus,
l'état d'énèrvement dans lequel l'avaient plonge ., s eûarantes péripéties de l'affaire du
Lotus Bleu n'était pas pour le rendre patient.
Il se dressa, d'une saccade, de son fauteuil,
bouscula le greffier qui, lui aussi, voulait
voir Ce qui se passait, et ouvrit la porte.
Dans le couloir, entre deux détectives en
uniforme qui s'efforçaient de le maintenir,
un colosse * barbe noire, les vêtements en
lambeaux, tète nue, les cheveux hirsutes, se
débattait comme un beau diable tout en hurlant d'une voix rauque des imprécations
fi rieuses :
— Qu'y a-t-il? s'écria M. Géo Zeller, les
sourcils froncés. Qu'est-ce que ce tapage?
—■ C'est ... c'est un vagabond ... un vagabond !.. répondit un des deux détectives.
Il ... s'est introduit ici ... ncus ... ne savons
comment ... il ... veut ...
— Oui ! Oui ! hurla l'énergumène en mauvais angla's. Je veux voir le juge Zeller !
Je veux voir le juge Zeller !.. Je suis Wladimir Tripoff ! Wladimir Tripoff !
En entendant ce nom, M. Géo Zeller tressaillit et, sans répondre, s'approcha, car il
ne lui semblait pas reconnaître la voix du
policier russe.
Sa stupeur fut immense : l'homme qui se.
débridait en errant
qu'il élaii
Wladimir
Tripoff n'était pas celui avee lequel, il était
en relations !
Ouel était ce nouveau mystère?
— Je suis le juge Geo Zeller ! dit-il, furieux. Calmez-vous !... Vous autres, s'adro
sa-t-il aux détectives, ne brutalisez uas ce
gentleman !...
— Vous
vous êtes le juge Zeller?
Fiancisco, et, ayant appris qu'elle n'était pas
hoqueta l'homme.
grande, je me rendis ici à pied ... J'allais
— Oui !... Que me voulez-vous?
tout droit au Palais de Justice, où je demandai à parler au juge pour déposer une
— Faites-moi lâcher ! C'est abominable...
plainte. On me, conduisit au Greffe, où je me
abominable
! Je suis
Wladimir
Tripoff,
nommai. On me traita d'imposteur. Moi ! On
Wladimir Tripoff ! Je suis un homme honome déclara que je n'étais pas Wladimir
rable, moi !... Qu'on aille prévenir le consul
Tripoff, que Wladimir Tripoff était connu,
de Russie i I.e consul de Russie 1 II me
et que ce n'était pas moi, et que M. le juge,
connaît !
M. Géo Zeller pressentit qu'il avait devant ' Géo Zeller avait le matin même entendu le
viai Wladimir Tripoff !
lui la clé du mystère.
« Je me récriai ! Je demandai à être mis en
— Que me voulez-vous, monsieur Tripoff?
présence
de... de. vous ! Deux détectives
queslionna-t-il.
voulurent
m'expulser du palais ! Je leur
— D'abord, faites-snoi îfichier ! Je porte
échappai. Ils me rejoignirent
au moment
plainte ! Je porte plainte! ! Depuis huit jours
où j'arrivai devant la porte de votre cabinet.
je... j'ai été séquestré !... Faites-moi lâcher !
., « Voilà mon histoire !
M. Géo Zeller ne répondit pas. 11 se deM. Géo
Zeller ne répondit pas.
mandait s'il n'avait pas affaire à un fou,
Avant toute autre cliose, il voulut se rentant les paroles de l'inconnu, qui gesticulait
seigner
sur
l'identité de ce deuxième Wlatoujours malgré les efforts des deux détecdimir Tripoff, et, après l'avoir invité à -o,
tives, étaient incohérentes.
reposer, il téléphona au Consulat de Russie
— Passez-lui Tes" menottes ! commanda-t il
afin que quelqu'un vînt identifier le prisonen'in aux deux policiers, e,t amenez-le dans
nier.
mon cabinet !
Moins d'une demi-heure
plus
lard,
le
Il fut, obéi. L'énergumène, sans doute un
consul de Russie en personne pénétrait
peu calmé, ou comprenant que c'était son
dans
le
cabinet
du
magistrat
et
reconnaissait
seul espoir d'être entendu, se laissa passer
formellement Wladimir Tripoff '
les menottes et pousser dans le cabinet de
Mais... dais ce cas... le premier Tripoff
travail du magistrat.
était un imposteur!... Que voulait dire ce
— Qu'avez-vous. à me dire,
Monsieur?
nouveau mystère?
commença-t-il.
Depuis le commencement de cette maudite,
— Ce que j'ai ! Ah ! ah !... Je suis Wlaaffaire du Lotus Bleu. M. Géo Zeller n'en
dimir Tripoff, monsieur ! Wladimir Tripoff,
était plus à compter les mystères !
officier de police de Sa Majesté Nicolas II.
Après avoir
fait
débarrasser Je
vrai
— Avcz-vous dos papiers prouvant vos
Wladimir Tripoff de ses menottes et lui
dires?
»
avoir présenté ses excuses, il l'interrogea
— Des papiers? On me les a volés, monminutieusement sur l'agression dont il avait
sieur ! Volés ! Mais vous n'avez qu'à prier le
été l'objet.
consul de Russie de venir ici ! II me reconBien que n'oubliant pas les moindres dénaîtra, lui !
tails, le policier russe ne put fournir le
— Nous verrons !... Mais, qui vous a volé ?
plus
petit renseignement sur ceux qui l'a— Je ... je n'en sais rien ! !... Je suis
vaient séquestré, il avoua n'avoir pas eu le
arrivé de Russie, il y a quelques jours...
temps de voir leurs visages et être impuisSur le port, près de Cliff-House, où j'allai
sant à les reconnaître...
me promener le soir même de mon arrivée,
Evidemment, le faux Tripoff était un comje fus accosté par deux .... deux gentlemen,
plice d'André Tourki ou, plutôt, un des comqui, avant que j'aie pu comprendre leurs
plices,
sinon l'auteur du crimo de Chinatov.n.
intentions, me rabattirent sur la tête une
Oui, mais où était-il passé?
st rte de capuchon, m'assommèrent à demi,
Après deux mois de recherches sans réet nie transportèrent je ne sais où ... dans
sultat, M. Géo Zeller se le demandait; il se
une cabane en planches, je crois .... enfin,
le demanderait encore si, la veille du jour
pas loin de Cliff-House ... je restai là je ne
fixé, par la justice pour la comnanitlon
sais combien de temps, car ma prison , qui ded'André Tourki devant la cour d'assises
vait être souterraine, ne voyait jamais le
pour l'assassinat d'Houhg Tsien (lu polie ■
soleil.
n'ayant pas réussi à trouver les autres cna. De temps en temps, un nègre m'apportait
iririels, et tout démontrant qu'elle n'y parà manger .... Oh ! une nourriture succulente !
viendrait jamais, il avait bien Tallii en finir !)
Du caviar, du poulet, des prunes ! Mais,
M. Géo Zeller n'avait reçu, la veille du proc'est en vain que je cherchai à l'interroger !
cès, la lettre qui suit.
Il ne répondit pas !
Il aurait bien voulu en garder le contenu
« Enfin, je m'endormis, il y a de cela quelsecret. Mais, ainsi qu'on va le voir. le signaques heures : hier s DÎI-, sans doute... et je
taire avait pris ses précautions pour évite/
me réveillai ce matin à l'aube dans un creux
que le magistrat ne lût trop discret.
de. rocher, près de la plage d'une j-.'litc
Cette leUre, que les journaux de San-Franville pas loin d'ici, qui s'appelle, je crois,
cisco devaient publier le lendemain, était
San Diego !... Comme mes poches claiciu
courte, mais éloquente.
complètement vides, je m'informai de la dis(A suivre.)
JOSÉ MOSFIJ-I.
lance à laquelle " je me trouvais de ' San-
4 306
LES PIRATES OU L'ÉGUAIEUR DE L'OCÉAN
Vomirai Grévigny, le lieutenant de SênarU Henri Frontignan et Roh,nd
Maillebois se sont associés aux Corsaires bleus pour détruire les pirates qui inf&tentl 'Océan. Dans un premier engagement, Henri et Roland tombent entre les
Henri Frontignan et Roland Maillebois
furent sur pied aux premières lueurs du
jour. 11 leur tardait de descendre près du
navire-trésor; mais auparavant, ils se mirent en devoir de retrouver leurs camarades
du <t Corsaire Bleu . Pendant plus d'une heure
ils les cherchèrent en vain. Ils cédèrent donc
à leur impatience et retournèrent vers le lac
du Paradis En s'accrochant aux buissons,
aux arbustes qui garnissaient les anfractuosités des rochers, ils vinrent à bout de
leur périlleuse aventure et se trouvèrent sur
une plate-forme naturelle surplombant les eaux
du lac. Elles devaient être très profondes...
... car il n'y avait pour ainsi dire pas de
plage tout autour. A une centaine de mètres
du bord, les deux jeunes gens voyaient très
distinctement, sous le radieux soleil du matin, tous les détails du vaisseau-trésor : la
haute poupe dorée, une bannière en loques,
les gueules des canons. Et tout cela les attirait, les fascinait. Mais, comment y atteindre? dit Henri.— A la nage, pardi 1 répliqua
Roland. Ateis son camarade hésitait : une
crainte instinctive, irraisonnée se mêlait, en
lui, au charme de ce lac. Roland avait posé
à terre le poignard de Dent de Requin et
s'apprêtait à se dépouiller de ses vêtements.
Ils y retrouvèrent le cadavre du pirate,
l'attrapèrent par les pieds et les épaules et
le lancèrent dans l'espace; puis, se jetant
à plat ventre au bord du rocher, ils regardèrent ce qui allait advenir du corps de Dent
de Requin. Ils avaient choisi un endroit où
il n'y avait ni buissons, ni obstacles quelconques qui puissent entraver la descente et,
en effet, ils virent le corps tournoyer jusqu'à
ce qu'il tombât à l'eau avec un énorme plouf.
< — C'est fait 1 s'exclama Roland. Mais aussitôt, 11 poussa un cri. a — Ciel, Henri I tu as vu?
Oui, Henri avait vu, lui aussi; et il était
glacé d'effroi, car une chose énorme, une sorte
d'immense bras blanc était sorti de l'eau et
avait saisi le corps de Dent de Requin,
qui avait disparu, happé par cet horrible
tentacule. L'eau tranquille avait eu un remous puis une grande flaque d'écume et,
en une seconde, le calme était revenu à la
surface de l'onde. Qu'était-il arrivé? Le lac
du Paradis était-il le refuge d'un terrible
démon?— Henri, dit Maillebois en serrant la
main de son ami...
—
mains des bandits, mais leur échappent et découvrent le bateau-trésor. Au bord
du lac mystérieux, Ralph le Serpent le découvre lui aussi et tue Dent de Requin,
ïuais Henri et Roland se précipitent sur lui, et il tombe du haut de la falaise.
* Attends un peu, lui dit Henri. Peut-être
pourrions-nous couper quelques arbrisseaux et
nous faire un radeau, puisque nous avons
maintenant des coutelas. Ce ne sera pas facile
d'attacher les morceaux de bols ensemble,
mais essayons tout de même. — Bah 1 fitRoland, stupéfait de cette hésitation dont
il ne discernait pas la cause. Nous sommes
de bons nageurs, tous les deux. Cent
mètres ne sont rien pour nous 1 — Je ne
suis pas lâche, tu le sais; cependant je ne
sais pas, je n'oserais nager dans ce lac...
— C'est bien I j'irai seul I prononça Roland.
Et si je découvre un canot à bord du navire...
«... je reviendrai-te chercher I — Non, reprit Henri. Attends, cela vaut mieux. Une
idée me vient. Nous avons oublié Dent de
Requin, là-haut. Nous aurions dû lancer son
corps par-dessus la falaise. Si Jim les Deux
Doigts ou quelque autre boucanier a suivi
la trace du Serpent, ce cadavre l'aidera à
nous découvrir! — En effet, tu as raison.
— Avant toute chose, donc, remontons sur
la falaise et faisons disparaître Dent de
Requin. Quelle imprudence de n'y avoir pas
pensé plus tôt 1 » Ils se mirent à grimper et il
ne leur fallut pas moins d'une heure pour
atteindre le sommet de la falaise.
«... sans toi, cet horrible démon m'ai mit saisi comme il a saisi Dent de Requin 1 Quelle
peut bien être cette affreuse bête? — Je ne sais... — Mais alors... alors... le vaisseautrésor est inaccessible ! — Il faut essayer, pourtant Nous essayerons, Roland.—Ouï,
nous essaierons , dit une voix tout près d'eux. Ils se retournèrent,surpris; et une joie infinie
se peignit sur leur visage: ils venaient de reconnaître l'amiral Grévigny et le lieutenant
de Sénart. lis étaient arrivés sans bruit, leurs épées tirées, jusqu'auprès des jeunes
gens; ils croyaient avoir affaire à des pirates et non à leurs amis. Ce furent d'interminables serrements de mains; ils étaient heureux de se retrouver tous les quatre en
vie. Vous avez vu le navire-trésor? interrogea vivement Henri, après ces touchantes effusions.— Parfaitement, dit l'amiral. C'est Luc de Sénart qui, le premier, l'a découvert...
— Et le « Corsaire-Bleu » ? Que vous est-il arrivé?
— Asseyons-nous à l'ombre de cet arbre, reprit l'amiral. Je vais vous conter cela.
Le « Corsaire-Bleu s'est heurté aux récifs de la côte par une nuit de brume épaisse.
On crut d'abord qu'il allait couler et l'on détacha les bateaux pour gagner la terre,
mais le lendemain matin, on constata que le navire était fortement ancré dans l'écueil et
que, seule, une tempête pourrait l'en détacher. Il fut décidé que nous resterions sur
la côte, dissimulés à tous les regards. Nous espérions que la flotte-pirate passerait sous
les falaises, verrait le « Corsaire-Bleu
et s'imaginerait qu'il était naufragé, abandonné. Nous savions qu'aucun de leurs vaisseaux n'oserait s'aventurer assez près du
« Corsaire-Bleu pour l'anéantir car une bande de récifs l'entoure.— Les pirates peuvent,
par contre, envoyer un canot pour tenter de faire sauter le « Corsaire Bleu ! •—C'était
le seul risque à envisager reprit l'amiral; mais il n'est pas vraisemblable qu'ils dépenseraient
ainsi leur poudre, et celle qui est à bord du « Corsaire-Bleu
est mouillée et hors d'usage,
du moins le supposent-ils. Votre plan est de disparaître pendant quelque temps et, quand
les pirates auront quitté ces parages, nous renflouerons, nous réparerons le « CorsaireBleu
et, de nouveau, nous leur donnerons la chasse... » A leur tour, Frontignan
et Maillebois narrèrent.,.
<... leurs aventures. Quand ils eurent terminé, le lieutenant exécuta une danse de joie.
« —Ah ! quand on pense que ces bandits Ralph
le Serpent et Dent de Requin sont morts!
Quelle chance 1 Pendant ce temps-là et alors
que vous nous cherchiez, poursuivit le jeune
homme, nous étions au pied de la falaise,
nous nous efforcions de creuser, dans fa
côte, un espace assez large pour y admettre
un bateau à marée basse, car il n'y a aucun
autre moyen d'atteindre le navire-trésor.
Nos hommes ont creusé et élargi la fente qui
fait communiquer la mer avec le lac; mais
je crains que nous soyons obligés d'user
de la poudre, et de grandes quantités de
poudre même, avant que le passage...
«...soîtassezlarge pour l'un de nos bateaux.»
Henri et Roland entretinrent alors leurs
compagnons du monstre qui leur était apparu.
« — C'est un poisson diable, la terreur des mers,
leur expliqua l'amiral. Sans doute a-t-il
choisi le lac comme lieu de retraite et il est
possible qu'il n'y soit pas seul! » Ils s'étaient
levés et tout en causant, arrivèrent à la grotte
creusée dans la falaise où étaient campés
les Corsaires bleus. Le capitaine, Jacques et
ses camarades, y compris Davy Yard, témoignèrent à Maillebois et à Frontignan
leur joie de les retrouver sains et saufs.
On fêta gaiement leur retour et la rriort des
deux plus puissants pirates de l'Océan.
Les hommes se remirent avec plus de courage que jamais.le lendemain matin.à 1 attaque
du rocher qui obstruait l'entrée du lac. Tout
l'équipage connaissait l'existence du trésor.
Le lieutenant de Sénart en avait promis une
part à chacun et il fut enfin décidé qu'à marée basse un premier essai pourrait être tenté
pour faire passer un petit bateau sous le
rocher. Cette tentative devait avoir lieu à
l'aurore, au moment du reflux par le lieutenant de Sénart, l'amiral Grévigny, le capitaine Jaccutes Aléry, Henri Frontignan...
« ... ici... ou ne sait ce qui peut arriver. »
Et il conseilla à ses amis de prendre leurs
armes, par prudence. Chargés d'épées, de
pistolets, de mousquets, de haches,ils partirent
donc, au premier rayon de soleil. Le flot
était très bas. C'était le moment d'agir. Le
bateau se glissa sous le rocher et disparut
dans l'obscurité. De Sénart alluma alors une
bouteille d'huile dont ils avaient eu la précaution de se munir; et les six hardis compagnons purent voir, au-dessus de leur tête,
le plafond noir et ruisselant de la voûte
Soudain, celle-ci s'élargit et ils se trouvèrent
dans une sorte de caverne beaucoup plus
haute et plus spacieuse. « Nous serons
bientôt au lac! » dit Luc de Sénart, dont
la voix fut répercutée par l'écho. Au même
instant, il y eut, dans l'eau, un remous fantastique. Un long tentacule blanchâtre
émergea des profondeurs de l'onde -mystérieuse. Avant même que le capitaine Jacques ait eu le temps de frapper, le bras mous*
trueux d'un gigantesque poisson-diable
s'enroula autour de lui,,*
(A suivre.)
... Roland Maillebois, et Davy Yard. « — Il
serait préférable de prendre trois bateaux
et quelques matelots, » dit Cutthard. Le lieutenant de Sénart secoua négativement la
tête. «—'Nous avons risqué notre vie plusieurs fois déjà pour ce trésor ! dit-il. Une fois
de plus ou de moins, tant pis! Et je ne crois
pas me tromper en affirmant que, vous aussi,
mon cher Cutthard, vous êtes tout disposé
à courir ce risque. » — En effet, mais on ne
peut cependant laisser sans chef l'équipage
du « Corsaire-Bleu . Je resterai donc...
L'EPATANT
XHI. Le poisson-diable.
RESUME DE CE QUI A PARU .
trouvant à Mascale, au moment de la mobilisation, le. jeune
mécanicien français Marcel Dunol, qui est doué d'une force prodigieuse, cherche à regagner la France, pour s'engager. Après d'extraordinaires aventures à travers l'Autriche, l'Allemagne et la Belgique, il s'embarque à Oslende, au moment où les Boches arrivent,
dans un canot automobile, en compagnie du journaliste américain
Stilltwan. Dans fa mer du Nord, les deux hommes aperçoivent un
sous-marin stoppé dont le canot est accoté le long d'un grand
vapeur anglais. Marcel et Sullivan projettent de s'emparer du sousmarin. Us se jettent à la mer et nagent vers le canot des Boches..
Mmcnl arrive le premier, monte à bord. Les deux matelot1 bt cher,
qui y sont restés tandis, que leur officier montait avec des bombes
à bord du navire anglais, se précipitent sur Marcel Dunot, qu ils
vont percer de leurs baïonnettes. Marcel chancelle.
TROISIÈME PARTIE
XXXVIII
Un double! cri clc triomphe retentit, qui se termina en râle d'agonie ; Marcel Dunot, à demi renversé sur ses genoux, s'était soudain
redressé d'un effort puissant, avait arraché'des mains du premier
Boche la baïonnette dont celui-ci tentait de l'éventrcr, et la lui avait
enfoncé 'dans l'estomac, puis, se retournant, le jeune Français
s'était légèrement effacé et avait ainsi évité la baïonnette du second
Boche, cependant qu'à la même seconde son poing d'acier s'était
abattu sur le Teuton. Ce 'dernier, le crâne effondré, tomba en
arrière, bascula contre le plat-bord de l'embarcation et disparut
dans la mer..
— Voilà, qui est fait ! dit tranquillement Marcel Dunot à Sullivan qui, à ce moment, escaladait le bordage de l'embarcation.
— Quel uppercut, mon cher ami ! On comprend que vous soyez
le chamnion du monde de boxe : vous lui avez brisé la colonne
vertébrale, à ce Boche. Ah ! contre qui que' vous combattiez, je
parierai toujours sur votre chance, vous savez !
— Bien aimable ! Mais assez causé ! Le malheur est que j'ai
balancé un des Boches*ans la mer, cela nous prive, de sa capote...
— Mais, en voici une, là ! fit l'Américain en désignant un imperméable posé à l'arrière du canot.
— Tiens, oui ! C'est la capo'e de l'officier boche. Je la prends !
déclara Marcel qui joignit le geste à la parole;, cependant que Sullivan revêtait la capote et coiffait le bonnet du matelot boche resté
dans l'embarcation et. çu'il bascula ensuite dans les flots.
Le sous-marin allemand se trouvait du côlé Mu navire anglais
jpposô à celui où était accosté le canot, les Boches n'avaient donc
rien pu voir de cette scène. Mais il n'en était pas de môme Aies
marins anglais qui, réunis sur le pont de leur bâtiment, autour des
embarcations do sauvetage qu'ils s'apprêtaient à (lescendre à la
mer, avaient assisté à la lutte, et, sans comprendre ce qui. se
passait, regardaient curieusement.
De son doigt posé sur sa bouche, Marcel Dunot leur fit signe
de rester silencieux.
— Et maintenant, au sous-marin! Ramons! fit Marcel à voix
basse.
Les doux hommes prirent place sur les bancs du canot, et,
aussitôt, ramèrent vigoureusement.. Ils doublèrent la proue d,u
vapeur anglais, dont ils purent lire le nom peint en grosses lettres
jaunes Sainl-Bunstan, et aperçurent le sous-marin allemand, immobile sur l'eau grise.
Deux hommes, un matelot et un officier, se tenaient debout sur le
pont, auprès du kiosque. Ils tenaient des jumelles devant leurs yeux,
avec lesquelles ils examinaient le navire anglais.
-- Dépêchons ! Qu'ils n'aient pas le temps de nous reconnaître !
fit Marcel Dunot à voix basse à son compagnon.
Tons vieux tirèrent plus fort sur les avirons. Le canot redoubla
de vitesse.
Les deux lîochcs, soudain, le remarquèrent. Ils cessèrent de.
366
5
fixer le- Sainl-Dunslan et regardèrent l'embarcation. L'un d'eux
grommela quelques mots que Marcel ne comprit pas. Le canot, au
reste, n'était plus qu'à une dizaine de mètres du sous-mann.
— Hô n'allez pas si vite, brutes ! Vous allez briser quelque
chose ! grogna l'officier.
Il re reçut \pas do réponse, mais le canot ne ralentit pas.
— 'Chargez-vous du matelot, moi j'arrangerai l'officier! souflla
Marcel à Sullivan. El du silence, surtout !
— Yes ! fit laconiquement l'Américain.
D'un dernier coup d'aviron, les deux nommes accélérèrent encoie
la vitesse du canot.
L'officier boche, outré d'une pareille désobéissance, poussa un
beuglement de fureur.
Ce fut son dernier cri !
Le canot heurta brusquement les tôles du sous-marin et, sous le
choc, s'ouvrit en deux !
Ensemble, Marcel Dunot et Sullivan, lâchant tairs rames, avaient
aussitôt sauté sur la plate-forme d'acier. Marcel, de ses. deux mains,
enserra le cou de l'officier qui, comprenant trop tard à qui il avait
affaire, tentait de prendre son revolver accroché à sa ceinture. Les
doigts musclés du roi des Boxeurs se rejoignirent, broyant les cartilages du Boche ; l'officier eut un râle étouffé et s'affaissa comme
un pantin vidé. Marcel, d'une poussée, le fit choir à la mer, çau se
referma sur lui. Sullivan, de son côté, avait rempli le rôle qui lui
était assigné avec le même, succès, quoique d'une autre 'façon :
ayant ouvert le solide bowie-knife (1) qu'il portail toujours sur lui,
il l'avait tout simplement plongé dans le cœur du matelot boche,
qu'il avait en même temps basculé à la mer !
— Tout va bien ! déclara Marcel, satisfait. Continuions !
Il s'élança vers les échelons die 1er fixés au flanc du kiosque et,
les escalada, suivi de Sullivan. Le capot était relevé. Marco] enjamba
l'ouverturo béante et se laissa glisser le long d'une étroite élchèllc
de cuivre.
— Qui va là? Cest vous, Kalzlein? demanda une voix rauque.
Marcel, baissant, la tôle, vit au-dessous de lui un petit homme
revêtu d'un uniforme de lieutenant de vaisseau de la marine allemande. Il devina que c'était le. commandant du soins-marin. Il se
tenait debout, appuyé à un pupitre d'acier au-dessus duquel aboutissait, l'extrémité inférieure du périscope. Marcel Dunot, dégringolant
l'échelle, arriva, on pourrait dire tomba, à ses pieds, comme une
bombe...
— Was ist... commença le, Boché en se reculant.
La fin de sa phrase resta dans son gosier ! Marcel ayant saisi un
compas do cuivre posé sur le pupitre, le lui enfonça dans l'œil. Le
cerveau percé do part on part, te Boche s'effondra.
Marcel, lestement, enjamba son cadavre, courut à la cloison, ofi
des haches étaient suspendues, et en saisit une. Sullivan, q..i arrivait
derrière lui, en prit une autre. Une porte étroite était, percée dans
l'espèce de cabine ronde où aboutissait l'échelle. Marcel y courut,
l'ouvrit et passa. Devant lui, il vit un long compartiment de tôle,
éclairé par dos ampoules électriques. Des volants de cuivre devant
lesquels se tenaient quatre marins'boches, étaient fixés à des montants de fonte : c'était les commandes des gouvernails de profondeur du sods-rharin, ainsi nue Marcel Dunot le devina.
En voyant entrer les deux hommes, les Teutons ne bougèrent
même pas, croyant. Que c'étaient leurs camarades qui revenaient.
Aussi, ce fut vite fait. Sans avoir rien compris à ce qui leur arrivait, les quatre Boches, en moins de dix secondes, furent exterminés.
Les deux amis, passant par-dessus les corps palpitants des
pirates, coururent vers la porte opposée à celle par laquelle, ils
étaient entrés. Marcel Dunot n'en était plus qu'à un mètre, lorsqu'elle s'ouvrit.
Un gros Boche apparut, poussa un ach de surprise et d'épouvante à la vue des cadavres, et. recula précipitamment en refermant
la porte sur lui. Marcel Dunol se précipita à sa suite, mais se heurta
au panneau de tôle. D'un furieux coup de hache, il essaya do l'enfoncer, mais il ne réussit même pas à l'ébranler.
C'était ce qu'on appelle une porte étanche. Ainsi qu'on le sait, les
navires en général et les sous-marins en particulier, sont divisés
par de fortes cloisons — nommées cloisons étanches — en plusieurs
compartiments, de façon à ce eue, si une brèche est faite à la coque, ;
l'eau n'envahisse qu'un.de ces compartiments cl, que le navire continue à flotter. Pour les besoins du, service. Içs cloisons sont
munies d'ouvertures qui peuvent, en cas de sinistre, être instantanément fermées afin d'isnler aussitôt chaque compartiment.. Tes
porl.es, faites de tôles très épaisses pour résister à la pression de
l'eau, sont'excessivement solides. C'était contre une d'entre elles que
Marcel Dunot venait de se heurter.
Furieux do la résistance rencontrée, il asséna contre le fer un
coup si formidable que le manche de sa hache se brisa net et qu'un
simple morceau de bois lui resta dans la main tandis que le fer do
la hache roulait sur le plancher d'acier.
— Gare ! cria Sullivan, derrière lui.
Avertis sans doule par téléphone par le Boçhe qui avait fermé la
porle au nez de Marcel Dunot, une douzaine, do marins venaient
de faire irruption par la porte faisant communiquer le compartiment
avec la chambre du périscope.
Huit d'entre eux, armés de haches, se précipitèrent sur Marcel et
Cl) Couteau américain ;\ large lame
3G6
L'EPATANT
6
son compagnon, cependant que les quatre autres couraient aux
grands volants rivés aux bâtis verticaux longeant la coque.
Presque aussitôt, une sonnerie électrique tinta, en même temps
qu'un sifflement caractéristique se faisait entendre ; les Boches,
s'étant aperçu» du petit nombre de leurs assaillants, ouvraient les
ballasts (1) pour faire immerger le sous-marin, afin d'être certains
que les deux hommes ne pourraient leur échapper.
Marcel Dunot et Sullivan le comprirent. Il leur fallait vaincre ou
mourir !
La bataille s'engagea, furieuse.
Marcel Dunot, en voyant les Boches apparaître, avait saisi un
levier de fer posé contre la cloison. Tête baissée, en homme qui a
fait le sacrifice de sa vie, il se rua parmi les Teutons, tandis que
Sullivan, sa hache sanglante au poing, s'élançait à son côté. Pendant
quelques instants, ce fut une mêlée effroyable. La hache de Sullivan, le levier de Marcel Dunot s'abaissaient, se levaient, fendaient,
Il avait plonge dans le cou d'un matelot..
fauchaient, écrasaient têtes torses bras et jambes. Bien qu'ils
fussent, eux aussi, armés de haches, les Boches, stupéfaits, terrifiés
par cette attaque furibonde, reculèrent laissant trois d'entre eux sur
le parquet d'acier. Marcel Dunot et Sullivan, encouragés par le succès, redoublèrent d'ardeur. Les Boches, au reste, ne pouvaient
aller bien loin ; derrière eux, c'était la cloison séparant le compartiment où ils se trouvaient de celui du périscope, et dont la porte
étroite ne leur permettait pas de se déployér.
Le combat, après un bref ralentissement, reprit avec une fureur
plus grande, parmi les cris des blessés, les hurlements de rage
des Boches, et le fracas de l'acier se choquant.
Marcel Dunot, haletant, les yeux brillants do colère, le .visage
êcarlale, dont les veines saillaient, était partout ! Sa barre repoussait les haches, fracassait têtes et bras.
Sullivan, debout entre deux cadavres pantelants, faisait décrire
à sa hache un si terrible moulinet que les Boches, frémissants à la
fois de colère et de peur, n'osaient s'approcher. Bientôt, il ne resta
plus debout que les quatre Teutons qui avaient pria place devant les
volants de fer.
— Grâce ! Pas capout 1 fit l'un d'eux en se jetant à genoux sur
le cadavre d'un de ses compagnons.
Marcel Dunol, hésitant, allait répondre, lorsque la porte étanche
contre laquelle il s'était vainement acharné, s'ouvrit brusquement.
Trois Boches, armés de carabines apparurent.' Une quadruple détonation retentit. Un cri d'agonie y répondit : atteint à la tête, Sullivan
tomba !
— Ah ! les bandits ! gTonda Marcel Dunot, qui s'était instantané(1) Réservoirs d'eau.
ment baissé. Il se releva, en proie à une inexprimable fureur.
Avant que les trois Boches aient pu une seconde lois taire usage
de leurs carabines, il fut sur eux. Sa barre du 1er s'aoaissa et se
releva trois l'ois, et les trois Teutons, te crâne en bouillie, tombèrent.
Les quatre qui restaient encore vivants — ceux ûebuul devant les
leviers'— se jetèrent à genoux.
— Boun Frunzose ! ciama l'un d'eux, grâce ! Moi, j'ai des enfants.
— La ferme ! gronda Marcel qui, vivement, i amassa une carabine
et fit signe aux Boches de passer devant lui, et do gagner la chambre
du périscope.
11 les y suivit, et, levant la tête, constata que le capot était ferme.
Il allait ordonner de l'ouvrir, lorsqu'il aperçut un manomètre fixé
à un montant, au-dessous du périscope, et qui indiquait que le sousmarin ,se trouvait immergé à la profondeur de quinze mètres.
— En haut, tout de suite! cria Marcel Dunot, à qui son maigre
bagage d'allemand ne permettait pas de s'expliquer plus longuement.
Ces mots, d'ailleurs, étaient accompagnés d'un geste significatif.
Un des quatre Boches se précipita vers une petite roue do cuivre
qu'il dévissa ; un ronflement strident retentit : les pompes électriques,
mises en action, vidaient les ballasts.
Marcel Dunot vit l'aiguille du manomètre osciller légèrement,
puis indiquer que la profondeur diminuait. Quelques _ inslal ts
après, elle marqua zéro ;. le sous-marin eut un léger frémissement.
Il était arrivé à la surface.
— Ouvrez le capot ! commanda Marcel aux quatre Boches qu il
n'avait cessjé de tenir sous la menace de sa carabine.
Deux d'entre eux escaladèrent l'échelle de fer conduisant au
sommet du kiosque et eurent tôt fait de dévisser les écrous maintenant le couvercle de fonte qu'ils soulevèrent. _ Un flot de clarté
blanche entra, faisant pâlir les ampoules électriques.
— Maintenant, montez ! ordonna Marcel. „
Les Boches, après une brève hésitation, obéirent. Marcel Dunot,
tandis qu'ils gravissaient l'échelle de fer, étendit la main vers une
petite roue,de commande au-dessus de laquelle, sur une plaque de
cuivre, ces mots étaient écrits en allemand : Immersion.
D'un geste rapide, Marcel la dévissa ; presque aussitôt il entendit
un léger gargouillement et sentit que le souis-marin s'enfonçait.
— Ça va ! murmura-t-il.
II bondit dans le compartiment voisin et s'approcha de John
Sullivan ; l'Américain était bien mort. Marcel Dunot, d'une brève
inclinaison de tête, salua ce brave et vaillant garçon.
— Au moins, il est vengé ! murmura-t-il.
En trois bonds, il eut regagné l'échelle, l'escaladait sauta sur
le pont du sous-marin, qui, déjà, effleurait l'eau.
Les quatre Boches, encore terrifies par ce qu'ils venaient de voir,
poussaient de grands cris accompagnés do force gesticulations à
l'adresse du Sain'-Dnnstan, dont les" matelots, rangés sur le pont,
auprès des embarcations suspendues à leurs norte-manleaux, prêtes
à être amenées, regardaient sans comprendre, cependant que, sur
la passerelle du navire anglais, l'officier du sous-marin, pournre de
fureur et de rage, dévidait à leur adresse un chapelet d'ignobles
invectives :
— Pourceaux, voleurs, mendiants ! Où est le canot ! Je vous ferai
pourrir en prison, moi! Voulez-vous vous hâter! Heinrich, Karl,
P'etcrs ! Le canot ! Où est le canot ! Entendez-vous, chiens galeux !
Prévenez le commandant. ! Prévenez-le, vous entendez !
Marcel Dunot ne put s'empêcher de rire.
— Allez, ouste ! A l'eau ! cra-l-il aux quatre Boches. A l'eau !
— Le sous-marin coule ! fil l'un d'eux. C'est vous... '
— A l'eau, hein ! Et, vite ! gronda Marcel Dunot qui coucha en
joue les Teutons.
Ceux-ci n'hésité!ent plus. Ils n'avaient pas le choix, du reste : le
pont du sous-marin disparaissait maintenant .sous deux pieds d'eau
et s'enfonçait avec une rapidité de p'us en plus srrande
L'un après l'autre, les quatres Boches piquèrent une tête et
nagèrent vers le Saint-Dunsîan.
Marcel Dunot attendit quelques instants, jusqu'à ce qu'il eût de
l'eau jusqu'à la ceinture et qu'il fût bien convaincu que. rien no
pouvait plus sauver le sous-marin. Craignant, s'il restait P'US longtemps, d'être entraîné par le remous produit par le submersible en
s'engloutissant, il jeta sa carabine et plongea.
A bord du Saint-Dunstén, l'officier boche avait enfin compris la
situation, et, les bras croisés, regardait le sous-marin s'enfoncer.
Les marins anglais, groupés devant les porte-manteaux des embarcations de leur navire, étaient si intéressés qu'ils restaient immobiles et muets à contempler le drame se jouant sous -leurs yeux.
Soudain, tous ensemble, ils poussèrent îwi kiirrah' formidable.
Marcel Dunot, qui nageait vigoureusement, en devina la cause. Il se
retourna et constata que le sous-marin venait de disparaître. A. la
place qu'il occupait quelques in s! an! s auparavant, une nappe
d'écume blanche mêlée d'huile minérale s'apercevait seule.
Les quatre mateio's boches, atterrés, avaient ralenti leur nage et
regardaient d'un air stupide la- seule trace qui restât encore de leur
navire de pirates.
Marcel Dunot, nageant avec vigueur, les dépassa et atteignit
l'échelle do corde pendant le long'des flancs dm Saint-Dunslan. Il
s'y accrocha et la gravit le plus vite qu'il put.
Mais Jx peine eut-il escaladé la rambarde que deux marins anglais
se précipitèrent sur lui. Comme il n'avait, pas eu le temps do se
débarrasser de la capote do l'officier du sous-marin, ils lo prenaient
pour un Boche.
7
Le capitaine anglais était ébranlé. Lorsque Marcel Dunot, très
calme, lui eut raconté par le menu son extraordinaire exploit, l'officier ne douta plus.
Les quatre Boches survivants, et qui, pendant qu'il parlait, furent
recueillis, confirmèrent son récit.
Alors, ce fut du délire !
L'Anglais, hors de lui, saisit les deux mains de Marcel Dunot et
les serra vigoureusement dans les siennes.
— Splendid ! Marvellous ! s_'écria-t-il. 11 n'y a qu'un Français* pour
exécuter une chose pareille
Ho ! Johnn_y, Michaol, Hopkiris, Cox,
Jim ! Arrivez ici! C'est ce gentleman qui, avec un do ses amis, a
coulé le pirate ! Apportez une bouteille de whisky !... Non ! Apporlez-cn doux ! Aôh ! mister... Comment est votre nom? Dites un peu?
— Marcel Dunot !
— Mister Marcel Dunot, vous êtes vraiment un héros. El je signalerai votre conduite à l'Amirauté ! Sans vous, mon navire était coulé
par ces damnés pirates !
« Yes, je dis damnés, stupides et sanglants pirates ! répéta
l'Anglais en brandissant le poing Vers les Boches qui. Pâles de. rage,
le regardaient. Yes ! pirates et assassins, c'est moi, capita ne Jobns-on
qui vous lo dis, on attendant de vous faire mettre, à fond do cale, !
Plusieurs matelots arrivaient sur la passerelle. L'un d'eux portait
sur un plateau deux bouteilles de whisky entourées de gobelets de
cristal de dimensions respectables !
— Nous allons trinquer, maintenant ! déclara le capitaine
Johnson on saisissant une des bouteilles. Trinquer à la France et à
la vieille Angleterre ! El à voire santé, mister Dunot !
— Avec joie, capitaine, mais je vous demanderai, auparavant, do
bien vouloir faire recueillir le brave homme (pie j'ai laissé dans
le canot sur lequel j'ai quitté O tende ! C'est, un excellent Belge...
(1) Serrer.
Et il doit s'ennuyer, iout seul, lo pauvre vieux !
— Mais tout de suite, je n'y pensais
1
—-—.—■■ -■';î plus vraiment., à cause de ces damnés
pirates du diable !
Quelques instants plus lard le paEXÉCRABLE PLAISANTERIE
tron Célcstin, qu'un canot du SaintDunslan, aussitôt amené, avait été
chercher montait à bord du vapeur
anglais.
Son embarcation fut également hissée
sur lo pont du Saint-Dunslan qui,
aussitôt, se remit ' en roule.
— Sur la passerelle, les toasts se
succédaient à la barbe .des pirates
boches ligotés.
— A la sanlé du glorieux roi Georges ! commença Marcel Dunot.
— Et de l'émincnt président Poincaré ! reprit le capitaine Johnson.
Ce jeune homme, tel que vous te voyez, . ^ « Tenez, mes pauvres amis, dit-il
... qui a reçu les cent sous^répendent
— El du général Joflïe !■
est en quête d'une bonne blague à faire.
à haute voix, voici cent sous pour vous
d'une seule voix : « Merci bien, mon bon
— Et du maréchal Fronch !
Sur qui va-t-il jeter son dévolu, exercer
deux .< Bien entendu, il ne donne la pièce
monsieur t i Le jeune homme s'éloigne
— Et, du roi des Belges !
sa verve, escrimer sa fantaisie? II aperde cinq francs ni à l'un ni à l'autre, mais
en se tordant, tandis que ïe premier
— Et du Tzar de Russie !
çoit, tout à coup, deux aveugles... H
les deux aveugles, pensant que c'est le
aveugle dit à l'autre : « Bonne affaire!
—
Mort à Guillaume cl à ses pirates!
s'approche.
camarade...
On peut bien se payer un petit...
clama Johnson.
—: Mort à tous les Boche ! conclu!,
Marcel, souhait qui fut i ipété en
chœur par tout l'équipage du Saint-
— Hé là t Pas de blague, cria en anglais Marcel qui se dégagea
d'une secousse. Je suis Français, hein ! Et c'est moi qui ai coulé le
sous-marin ! Où est le capitaine?
— Sur la passerelle ! On va vous mener à lui ! Vous vous expliquerez !
— Volontiers. Mais, en attendant, je vous signale les quatre
matelots allemands qui nagent là-bas, pour que vous les fassiez
prisonniers.
— On les attend ! fit un des Anglais.
Escorté des deux marins, Marcel Dunot. ruisselant, grimpa sur
la passerelle.
Un agréable spectacle l'y attendait. En voyant le sous marin disparaître, le capitaine anglais avait deviné qu'il coulait pour jamais,
et, ne craignant plus rien, avait fait appréhender l'officier boche et
ses deux matelots, ot les avait, fait attacher à la rampe de la passerelle. A leurs pieds étaient déposées, désamorcées, les bombes
apportées par les pirates, et avec lesquelles ils avaient voulu détruire
le vapeur.
— Hallo, garçons! C'en est encore un? s'écria joyeusement le
capitaine du Saint-Dansian en apercevant Marcel ; attachez-le avec
les autres, et solidement. Nayez pas peur de souquer (1) les nœuds !
— Ile, pas si vile, capitaine ! observa Marcel Dunol. C'est moi
qui, au contraire, ai fait sombrer le pirate ! Du reste, vous n'avez
qu'à, le demander au vieux bonhomme qui est dans le canot automobile en panne, là-bas ! J'étais dedans avec un ami. Noms venons
d'Ostende. A nous deux, nous avons profité de ce que les Boches ne
se méfiaient de rien pour nous emparer de leur canot et aller couler
leur sous-marin du diable. Malheureusement, au cours du combat
que nous avons dû soutenir, mon ami a été tué !
Dunslan.
(A suivre.)
CEUX QUE L'ON NE PEUT
PAS MOBILISER
r5^—> s
f-... coup de vin ! — Tu parles î réplique
l'autre, on l'a bieiî mérité! Ce passant
e.t vraiment un chic type! Et les deux
aveugîes se dirigent vers un cabaret,
à tâtons. Us s'installent à une table...
Non, tout de même...
« Jamais de la vie! beugle le premier.
Je n'ai rien reçu 1 — Ah ! voleur 1 hurle
l'autre. Tu veux me filouter! » Les deux
aveugles, exaspérés, se tombent dessus
à bras raccourcis, .a Messieurs! Messieurs!... »
« Cent sous! Ça, c'est épafant!... Patron ! commande un aveugle, donneznous un litre de blanc, et du bon ! s Le
litre sur la tab!e, les deux aveugles
trinquent joyeusement à la santé du
monsieur qui n'est pas regardant.
Un type daus leur genre, quoi! Au
litre de blanc, succède un titre de rouge
et un de gris 1 « Font s'en aïler, dit enfin
l'un des aveugles.. Allez I allonge la
thune! — Tu plaisantes? répliqua
'autre... C'est à toi au'il l'a donnée!
« ... intervint le patron, du calme!
Veuillez rre régler \os consommations!
— C'est lui qui a l'argent! dit l'un. —
Menteur ! C'est toi ! rugit 1 autre. On
n'est pas voleur à ce poù»t-!A !... Ça ne
fait pas.,.
... l'affaire du patron... Il galape cher,
cher les agents, et, dix miuwi s après,
les deux aveugles, enfermés au violon,
comprennent enfin qu'ils ont été victimes d'un odieux fumiste ! ! !
LE GENDARME BOCHE. — Bande de fainéants,
vous voilà encore à la distribution ! Allez vous
faire pendre ailleurs, ici, nous n'avons pas besoin
^ de « boches Inutiles ! »
NOUVELLES AVENTURES DES piEDS-^ICKELÉS (Suite.)
NOUVELLES AVENTURES DES piEDS-^ICKELÉS (Suite.)
!
1
les Pieds-Nickelés, faits prisonniers, avaient été emmenés en arrière des
lignes allemandes dans un camp où ils se trouvaient enfermés et placés
sous la vigilante surveillance des sentinelles. * Mince! qu'on se fait vieux
bougonnait Filochard. D'être parqués ici, kif-kif des bestiaux, ça me donne
la bougeotte... Je me sens des fourmis dans les pinces... — Patience I mon
pote, conseillait Croquignol: Ribouldingue et moi nous sommes dans le
même cas et nous n'avons pas l'intention de nous...
«... éterniser dans cette villégiature. Aussitôt qu'il y aura plan pour jouer la fille de l'air eu leur
pilant-du poivre, nous serons un peu là. En attendant, demeurons pénards, car ils'agit avant tout
de ne pas éveiller leur méfiance.
Le lendemain de leur arrivée au camp, un sergent suivi de son
escouade vint les chercher et leur dit: « Chiens de Français que vous êtes, il ne faut pas vous imaginer
que nous allons vous garder à ne rien faire. Si vous voulez avoir votre gamelle, il faut la gagner...
Je viens vous chercher pour...
Actionné par son puissant moteur, le zeppelin s'était rapidement élevé dans les airs et filait maintenant à toute vitesse dans une direction inconnue des Pieds- Nicklées qui ne connaissaient point
davantage le motif de ce raid nocturne. Était-ce une simple sortie d'essai ou bien le dirigeable se
dirigeait-il vers un but déterminé afin'de laisser tomber, suivant sa lâche habitude, ses bombes incendiaires sur quelque ville ouverte, sans souci de tuer des femmes, des enfants, des vieillards?...
m:
... vous emmener à la corvée. » Croquignol, Ribouldingue et Filochard avaient docilement suivi le sous-officier. Sous sa surveillance et celle d'autres gardiens ils creusaient des tranchées et suaient
à grosses gouttes. Ce genre de travail forcé ne leur convenait...
... que très médiocrement. C'était le soir, la nuit arrivait rapidement et les trois amis, tout en accomplissant à contre-cœur leur besogne, s'étaient aperçus qu'un zeppelin se disposait à quitter son hangar.
Profitant alors d'un court instant pendant lequel les sentinelles préposées à leur surveillance ne
faisaient point...
^
!
i
i
i
i
V
>r?^iie le? Piedï* Nickelh Jugèrent le moment venu, sans faire de
bruit, ils quittèrent leur cachette, pendant que les officiers aéronaufes
s'occupaient de la manœuvre du dirigeableet ne soupçonnaient guère leur
présence à bord. C'était l'instant qui allait décider de leur sort et il?
étaient plus que jamais résolus à jouer le tout pour le tout...
i *
1
Avec un ensemble parfait ils sautèrent sur les trois officiers et, par l'emploi d'un
swing bien placé, d'une passe de jhi-jitsu et le coup classique du père François, en moins
de temps qu'il n'en faut pour gober une portugaise ou sécher un chambéry fraisette,
leurs trois adversaires, savamment maîtrisés, étaient mis dans l'impuissance de tenter
la moindre résistance. « Danton avait raison, ricanait Ribouldingue, pour réussir il
faut de l'audace...
«...et toujours de l'audace, — A présent, décidait Croquignol, occupons-nous de délester le navire aérien de son supplément de bagages." Joignant le geste à la parole, il
donnait l'exemple en faisant pa3ser par dessus bord l'officier dont il s'était chargé.
Ribouldingue et Filochard, l'imitant, précipitèrent chacun dans le vide le boche qu'ils
avaient lijioté. Le dirigeable, allégé de ces trois passagers, monta de cent mètres plus
haut dans les airs...
S
... attention à eux, les trois amis, à la faveur de l'obscurilé,
coururent jusqu'au hangar du dirigeable afin de s'y cacher.
Leur fuite était passée inaperçue car la sentinelle, ayant soif,
s'était relâchée dans sa surveillance pour aller chercher une bouteille de vin et, en l'absence du sous-officier, le boche s'arrosait consciencieusement le gosier en buvant à même le...
111
•
k
!
... goulot. « Mein gott ! se disait-il, le
jus de la treille est encore plus agréable
à boire que l'eau de l'Yser aussi indigeste
que le pain K. K.
Tandis qu'il prenait
un plaisir évident à vider sa bouteille, les
trois amis...
... sans être découverts, avaient réussi à se cacher dans la
nacelle du zeppelin.» Le dirigeable doit sans doute partir au
milieu de la nuit, déclarait Filochard à ses deux copains. Si
nous avons la chance qu'il ne nous arrive rien de fâcheux nous
allons pouvoir brûler la politesse à ces cochons de boches et
leur faire payer cher le temps qu'ils nous auront gardés...
... tandis que les trois officiers faisaient dans l'eau un plongeon aussi imprévu que phénoménal.
Le zeppelin survolait précisément une grande rivière. Les plongeurs malgré eux ne savaient point
nager et avant de s'installer da is la nacelle ils avaient copieusement bu et dîné. Pour ces trois rai' sons ils se noyèrent et les poissons, dégoûtés d'une telle compagnie, remontèrent précipitamment;
le courant afin d'éviter l'empoisonnement qui Ie3 menaçait. Quant aux Pieds-Nickelés qui...
...jubilaient d!avoir pris cette belle et légitime revanche sur les
boches, leur premier soin, après avoir envoyé les officiers prendre mi
bain forcé, fut do fouiller aussitôt dans les papiers du bord et de s'emparer de tous les documents qui s'y trouvaient et dont ils avaient pris
préalablement connaissance.» EU I eh I gouaillait Ribouldingue, nous..*
i.
;;
1
« ... prisonniers » Croquignol, Ribouldingue et Filochard
jubilaient. La première partie de leur plan d'éyasion
avait réussi, et leur donnait l'espoir de pouvoir en menerà
bien l'exécution jusqu'au bout. Ils se trouvaient depuis une
heure, environ, tans leur cachette quand lin bruit de
pas leur fil subitement dresser l'oreille,..
... et se tapir rapidement au fond de la
nacelle. D'après les paroles échangées par
les trois arrivants, les Pieds-Nickelés
apprirent que tout était prêt pour l'appareillage et que les trois officiers dont lis
surprenaient la cuuversatiou se.,.
...disposaient i monter anus le dirigeable.Effectivement le trio
boche prit place dans la nacelle et le zeppelin, dans l'assourdissant
rnm'ivineut ilu moteur, prit son vol cil pleine unit dans l'espace. Il
emportait trois rassaters supplc'nirjrtaires: les l'ieds-Nickelés, qui
devaient aux ténèbres propices de n'avoir pas encore été surpris
au fond de la nacelle où il» s'étaient biotris.
«...venons de mettre la main sur des papiers d'une grande importance et dont
nos chefs feront ci. îamemeni leur profit. — Ce n'est pas tout ça, intervenait Croquignol; maintenant que nous ne craignons plus les oreilles indiscrètes, nous allons
pouvoir palabrer tout à loisir et j'en profiterai
pour vous soumettre- l'idée qui
vient de me passer par la. tête. Vous me direz ce que vous en pensez. » Après leur
avoir exposé son plan qui fui approuvé à l'unanimité, Croquignol...
... lit prendre au zeppelin une direction diamétralement opposée à celle qu'il avait
suivie jusqu'alors. Pourquoi le dirigeable reprenait-il la route conduisant A son point
de départ et quel était le projet que les Pieds-Nickelées, après en
avoir arrêté les
plans, se proposaient de mettre séance tenante à exécution? c'est ce que voua apprendrez, amis lecteurs, dans le prochain chapitre,
(A suivre.)
io
lui indiquant un siège.
T- Veuillez prendre la peine...
CHABOULIN. -— Je ne vous dérange pas trop?
LOBINET. — Vous ne me dérangez pas du tout... Le représentant
de mon propriétaire est toujours le
bienvenu chez moi... car moi, contrairement à bon nombre de mes
contemporains, je ne suis pas
l'adversaire des propriétaires!...
(Souriant.) Mais je n'ai aucun mérite à avoir des sentiments pareils...
J'ai le ferme espoir d'être un jour
propriétaire !
CHABOULIN. ■—■ Ah ! très bien...
Je m'explique la cordialité de votre
accueil.
LOBINET. — Qu'est-ce qui me
vaut 1= plaisir?
CHABOULIN. —Hum! Ma visité
ne sera peut-être pas un plaisir
pour vous, quand vous en connaîtrez les raisons !...
LOBINET.— Dites... dites...
CHABOULIN. — D'abord, procédons par ordre! Avez-vous quelques réparations à demander?
LOBINET. — Sapristi ! Voilà une
question bien imprudente !... Vous
n'êtes pas un gérant comme les
autres, monsieur Chaboulin !
CHABOULIN. — Je m'en flatte !
LOBINET, à part. — C'est lui !...
(Haut.) Eh bien! moi aussi, je ne
suis pas lia locataire comme les
autres, et vous allez être surpris de
ma réponse!... Je n'ai rien à demander à mon propriétaire... rien !
CHABOULIN.— Très bien...
LOBINET. — Hein?... Ça vous
épate? En général, les gens ne sont
pas consciencieux. Il suffit qu'ils
sachent qu'ils peuvent obtenir
quelque chose, pour qu'aussitôt ils
réclament, se plaignent... C'est un
peu une affaire de caractère... Eh
monDieu ! je ne crois pas me faire
illusion quand je dis que j'ai un
caractère excellent...
CHABOULIN.
— Au premier
abord, je l'ai senti.
LOBINET. — N'est-ce pas?
CHABOULIN.— Oui... Vous avez
la figure d'un~ monsieur qui est
satisfait de l'existence...
LOBINET. —
Comment ne le
serais-je pas? Je suis fiancé à une
jeune fille exquise... adorable... qui
est d'une famille... Ah ! Ah ! c'est
une joie pour un homme d'entrer
dans une famille pareille !...
CHABOULIN.
—• Mes compliments !... Je m'explique tout à fait
votre bonne humeur... (Un temps.)
Ele est peut-être aussi la conséquence de... la bonne marche de
vos affaires?...
LOBINET. — «Ça, je suis bien
obligé de le reconnaître... J'ai lieu
en effet d'être content...
CHABOULIN. ■—■ Alors; la clientèle?
LOBINET.— La clientèle donne...
beaucoup ! beaucoup !...
CHABOULIN.— Tant mieux !LOBINET. — Je vois même approcher le moment où je serai forcé
de prendre un secrétaire !...
CHABOULIN.—■ Vraiment?
LOBINETJ— Oui...
CHABOULIN. — Oh ! Oh ! mais
voici une confidence qui va faciliter
ma mission...
LOBINET. — Ah !
CHABOULIN. — Elle est difficile,
ma mission !... Et me vaut bien des
ennuis, je ne vous le cache pas... Le
propriétaire, en effet, m'a chargé
d'obtenir, de tous les locataires,
LOBINET,
PERSONNAGES
ERNEST LOBINET, 25
CHABOULIN, 50 ans.
LES EXCENTRICITÉS DE GOURBOUlLiiON
L'EPATANT
3bfc>
ans.
UN DOMESTIQUE.
Le cabinet de maître Lobinet, avocat à la Cota' d'appel.
LOBINET, parlant au téléphone.
— Oui, ma chère fiancée... Ah!
quelle joie c'est pour moi de pouvoir enfin prononcer ces mots : ma
fiancée!... (Un temps.) Si vous ne
percevez pas nettement ma voix,
c'est à cause de la friture !... Ah !
quelle friture il y a dans ce satané
téléphone!... (Un temps.) Oui!
J'ai compris.,. J'ai bien compris...
(Un temps.) Vous voulez que je
répète... Comme les demoiselles du
téléphone, lorsqu'on leur dicte un
message !...Bien ! Bien !... J'obéis...
Votre oncle, votre oncle, qui est
aussi riche qu'original, est arrivé ce
matin de Tours... Il désire faire ma
connaissance, sans que je sache à
qui j'ai affaire... Il va, d'un instant
à l'autre, venir chez moi... afin de
vérifier si je suis le charmant garçon que vous lui avez annoncé !...
Je dois me garder de laisser voir
que j'ai deviné son identité... lui
démontrer que j'ai un caractère
parfait, et que votre affection pour
moi est absolument justifiée... Là !
Ai-jebien compris?... (Un temps.)
Mais oui ! Je suis très intelligent...
(Un temps.) A bientôt !... (Il raccroche le récepteur.)
Lobinet s'installe à son bureau,
prend un dossier et se met à l'étudier.
Silène pendant quelques mi-
nutes. Puis, on frappe a la porte.
LOBINET. — Entrez !
LE DOMESTIQUE, paraissant. —
Il y a là un monsieur qui désire
parler à monsieur... Il dit qu'il est
le nouveau gérant du propriétaire...
LOBINET.— Le nouveau gérant?
(A lui-même.) Si c'était?... (Au
domestique.) Faites entrer...
Le domestique sort. Lobinet donne
un tour vainqueur à sa moustache,
rectifie sa cravate... Entre Chaboulin.
CHABOULIN. — Maître Lobinet?
LOBINET.— C'est moi.
CHABOULIN. — Je suis M, Chaboulin, le nouveau gérant de votre
propriétaire
une légère augmentation...
LOBINET. — Et quelle augmentation compte m'infliger monsieur
mon propriétaire?... Je paye dix
sept cents francs un appartement
qui, en somme... (On frappe.) Entrez !
LE DOMESTIQUE, paraissant. —■
Monsieur, c'est un monsieur qu
vient quêter pour le bureau de
bienfaisance...
LOBINET. — Le bureau de bienfaisance?... (Mettant la main à la
poche.) C'est inouï, le nombre...
CHABOULIN, vivement.— Si vous"
m'en croyez, vous garderez votre
aumône pour une occasion meilleure...
LOBINET. — Vous croyez?
CHABOULIN. — Oui !
Écoutezmoi!... Il vaut mieux donner directement...
LOBINET, au domestique.— Alors,
dites à ce monsieur que j'ai mes
pauvres. (Le domestique sort.)
CHABOULIN.
— Parfaitement,
vous avez vos pauvres !... et votre
propriétaire !.. ;
LOPINET, souriant. — Et vous
vous dites que, si je suis trop généreux avec les pauvres, je serai forcé
de prêter une oreille moins complaisante aux demandes de mon
propriétaire.
CHABOULIN.— Vous avez deviné !
LOBINET.
•— Vous êtes un
homme perspicace, vous !
CHABOULIN. — On me l'a toujours dit...
LOBINET, allant ouvrir un placard et sortant une bouteille de porto
et deux verres. — Voulez-vous me
permettre de vous offrir?...
CHAEOULIN. — Oh ! je suis confus...
LOBINET. — Laissez-vous faire !
Mon porto est très bon...
CHABOULIN. — Je ne vais plus
oser vous parler d'augmentation...
LOBINET. — Mais si ! Mais.si !...
(Il emplit les deux verres et lui en
tend un.) Vous allez me faire des
compliments...
CHABOULIN. — A votre santé...
et à celle de mademoiselle votre
fiancée...
LOBINET. ■— Merci... (Ils'trinquent.)
CHABOULIN, après avoir bu. —
Oh ! Il est excellent !
LOBINET.— N'est-ce pas?
CHABOULIN. — Véritablement,
je ne sais comment vous exprimer
ma... ma reconnaissance pour
votre accueil si cordial.
LOBINET. — Là! Là!... N'exagérez pas !
CHABOULIN. —
Ah ! je vous
jure...
LOBINET. — Voyons ! De combien allez-vous m'augmenter?
CHABOULIN.
— Ah ! je suis em-
barrassé...
-11
théâtre des FoVes-Drolatiques afin d'épater son copain Lafisselle qui iui fit, le jour
même, un accueil plutôt glacial.
— Ne faites donc pas
LOBINET.
de façon !
Le bohème Courbouillon, devenu millionnaire, a résolu de se distraire au
àé'rimenl de ceux de ses amis qui l'ont d daign'i lorsqu'il était dans la dèche. Se
gardant de révéler sa nouvelle situation, il loue pour lui tout seid la salle de
(Suite.)
.
CHABOULIN. — Le propriétaire
voudrait porter votre loyer à deux
mille francs.
LOBINET. — Eh! Eh!... II. va
bien, ce bon proprio ! Trois cents
francs d'augmentation...
CHABOULIN. — Je sais bien que
c'est beaucoup...
LOBINET, avec insouciance. —
Bah!... (La sonnerie du téléphone
retentit.) Vous permettez?
CHABOULIN.— Comment donc?
LOBINET. —
Allo!... Allô!...
A.h ! c'est vous, ma chère Lucienne... (A Chaboulin.) C'est ma
fiancée !..., (Téléphonant.) Allô !...
Comment?... (L'air ahuri.) Quoi?
Mais c'est impossible ! (Consterné.)
Oh !.. . Le monsieur qui venait quêter pour le bureau de bienfaisance
c'é<ai t votre oncle?... Mais alors...
(Lâchant le récepteur, et s'avançant,
furieux vers Chaboulin qui se lève
effaré. — Mais alors ! Vous êtes
bien le gérant du propriétaire, vous ?
CHABOULIN. — J'ai eu l'honneur
de vous le dire, en entrant !
LOBINET. — Oh! Oh!..'.
Ça,
c'est trop fort!... Voulez-vous me
ficher le camp de suite !
CHABOULIN, stupéfait. — 'Comment ?
LOBINET. — Voulez-vous bien
filer!... Sale individu!
.
CHABOULIN, se rebiffant. —. Monsieur !
LOBINET.— Parfaitement ! Vous
êtes un sale individu!... Vous
m'avez empêché, de faire la charité !... Dehors !... Dehors !
CHABOULIN, s'en allant. — Ma
parole ! Il est fou !
LOBINET. — Oui ! Je suis for. !...
Fou de colère d'avoir écouté vos
sornettes et de vous avoir fait
boire mon porto!... Disparaissez,
mille tonnerres !'.'.. Triple idict !...
CHABOU: IN, furieux. — Monsieur !
LOBINET. — Oui, vous êtes un
triple idiot!... Si vous n'étiez pas
un tripleidiot vous n'auriez, pas cru
que j'étais capable d'accueillir
aussi cordialement le représentant de mon. propriétaire!... Un
i
I
1
I
» ... merveilleux I
Le soir, après la représentation, Lafisselle s'empressa de courir au petit café, montmartrois
où il avait l'habitude de rencontrer les amis Tournique,
Vidio, uédéon, Roulotin, etc. Il leur raconta que Cour
bouillon était devenu joueur d'orgue et qu'il gagnait
assez d'argent pour s'offrir des fantaisies princières.
Chacun se montra ébaubl de savoir notre poète devenu
mendigot, mais on douta des bénéfices ...
... extraordinaires annoncés par l'artiste, on les attribua
plutôt à quelque cambriolage! Cependant, le propriétaire de
Courbouillon avait reçu une assignation au sujet des outrages
dont sa concierge s'était rendue coupable à l'égard du bohème.
Un matin, il arriva chez son locataire qui le reçut avec une
certaine désinvolture, les pieds nus, la pipe au bec, vêtu seulement d'un pantalon et d'un gilet de flanelle»
« Vous désirez, monsieur? » fit Courbouillon en feignant
de ne pas reconnaître l'homme auquel il avait fait signer quelques jours auparavant un bail de trois ans. « Il faut que vous
ayez la mémoire courte pour ne pas reconnaître votre pro.
priétaire, fit M. Cocodarl, il paraît que vous vous conduisez
ici d'une façon déplorable, que vous dérangez les locataires
au milieu de la nuit... Courbouillon lui coupa la parole.
« Qu'est-ce que c'est, qu'e3t-ce que c'est? Ne déplacez
pas la question; vous venez m'embêter chez moi, maintenant! Avez-vous reçu l'assignation?— Oui, monsieur,
s'écria M. Cocodart en élevant le son de la voix, et c'est
précisément à cause de l'assignation que je viens. — Oh!
monsieur, repartit Courbouillon, pas si fort, pas si fort,
vous avez reçu l'assignation, c'est tout ce que je voulais
savoir. Nous nous expliquerons devant le tribunal, n
Sur ces mots, Courbouillon poussa M. Cocodart sur le
palier et referma sa porte avec fracas. « Qu'est-ce qui
m'a bâti un polichinelle comme ça, rugissait Courbouillon,,
qui voudrait venir faire la loi ici... Très peu pour moi ce
genre-là!... D Puis Courbouillon entendit le propriétaire
désarmé qui descendait l'escalier en grommelant : « Dir*
que j'aurai toujours des ennuis avec ce drôle! »
Courbouillon se roula sur sou lit, dans une folle crise d'hilarité. * Il m'a assez embêté aussi celuMà, triomphait-il, je
peux bien lui rendre la monnaie de sa pièce. Je m'en fiche,
il ne peut pas me donner congé, j'ai un bail de trois ans...
C'est égal, fiche un « probloc à la porte dans sa propre mai
son c'est encore une petite, satisfaction qu'on peut s'offrir
quand on est riche!...
Dans la soirée, la concierge...
... de Courbouillon appela le locataire récalcitrant.Notre
bohème remarqua qu'elle n'avait plus l'air rébarbatif
des jours précédents. Elle avait, au contraire, un sourire
avenant. « Monsieur Courbouillon fit-elle, si vous vouliez
bien avoir la complaisance de me sacrifier quelques minutes, je vous en serais bien reconnaissante. » Courbouillon
daigna la suivre dans sa loge.
Alors la concierge lui expliqua que le propriétaire furieux
de l'assignation, voulait la flanquer à la porte. « C'est ça,
repartit Courbouillon, comme je l'ai flanqué à la porte, il s'est
vengé sur vous.
Elle le supplia eu termes éplorés de retire
sa plainte et d'accepter toutes ses excuse;. Courbouillon était
bon diable. Devant ce repentir, il s'attendrit et promit de ne
pas donner suite à l'affaire.
Quant à Lafisselle, qui avait reconnu tout de suite dans
l'unique spectateur des Folies-Drolatiques son ami Courbouillon i) s'était demandé un moment s'il ne rêvait pas et s'il de
vait réellement croire à la présence de l'incorrigible bohème
devenu joueur d'orgue. Mais il fut bien forcé de se rendre à
l'évidence en entendant Courbouillon s'exclamer à tout moment : « Bravo, Lafisselle, quel artiste I quel génie 1... Merveilleux...
□
M
monsieur qui veut m'augmenter
mon loyer ! ! !
CHABOULIN.— Mais pourtant, je
vous avais dit...
LOBINET. — Je vous avais pris
pour l'once de ma fiancée !...
CHABOULIN, pouffant. — Ah !
Ah ! .
LOBINET. •—
Ah ! vous osez
rire!... (Il s'empare d'une grossi
règle et se précipite sur lui.)
CHABOULIN, fuyant éperdu. —
Au secours! Au fou! Au fou1.
(Il disparaît.)
LOBINET, seul, consterné. —- Eh
bien ! l'ai fait du propre, moi !
E.-G. GLUCK.
w.
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1
A
Ç ^ " /[ ^>
ï
« Ah! monsieur Courbouillon, comme c'est gentil à vous :
déclara la brave femme; alors je peux annoncer à M. Cocodart
que l'affaire est arrangée?— Oui, oui, vous pouvez le lui annoncer.— Ah! merci, merci.» Et saisissant une brosse : «Monsieur Courbouillon, vous avez un peu de boue à votre pantalon, permettez-moi de vous l'enlever... » Et le bohème se
laissa faire. Quand il sortît, il ne pouvait s'empêcher...
„ —.
... de murmurer : « Enfin, pour la première fois de ma
vie, je sui3 l'ami de ma concierge. Voilà de quoi mettre
en rage mes plus farouches ennemis.
A peine était-il
dehors qu'un mendiant s'approcha de lui. « Ayez pitié,
monsieur d'un pauvre homme qui n'a pas mangé depuis
quarante-huit heures...
Courbouillon sortait déjà de sa
poene un bon de poste de vingt sous quand il reconnut
le mendtanr.,.
... avec lequel il avait eu maille à partir au sjijet du ï)il!c;
de cent francs trop généreusement offert, te mendiant eut
également un soubresaut. Courbouillon s'écria : « Ah 1 c'e3f
vous, espèce de fourneau, qui trouvez que la mariée eît trop
belle! Sortant alors un cure-dents de sa poche: « Tenez, mort
ami, voici un objet utile et pratique. Vous ne trouverez pas
cette fois que je suis trop généreux t s Et il s'éloigna dans w
éclat de rire.
(A suivie.)
)
-
36b
%
L'EPATANT
LA BANDE DES BASQUES-ROUGES.
CHOSES
!
ET
>
AUTRESv,p
II
Depuis de longs mois, on recherche, sans obtenir le moindre résultat, une bande d'assassins qui s*attaque aux
jeunes gens de la noblesse. Devant l'impuissance de ses exempts, La Reynie, le lieutenant de police, songe à faire
revenir Gabar, un fin limier qui fut envoyé aux galères à la suite de démHês avec un noble tout-puissant, le marquis
Conseils
pratiques
Ti
-t
il
Une singulière affiche.
Le train roulait à toute allure,
line jeune voyageuse ayant à côté
d'elle sa fillette regardait de temps
en temps sa montre avec attention,
quand, tout à coup, elle se leva et
tira brusquement la sonnette d'alarme.
Le train stoppa, ce fut un émoi
général.
« La peine prononcée contre Gaharfut commuée en dix ans
de galères. J'eus à ce sujet une très vive altercation avec le
marquis d'Arneville, qui m'accusa d'être l'ennemi de la noblesse. Il ajouta même en me quittant ces mots pleins de
rancune : a Puisque je n'ai pu obtenir la satisfaction que je
désirais j'exercerai ma vengeance d'une autre façon, je
poursuivrai de ma haine l'épouse que Gabar laisse à. Paris.
Voici les faits, sire. Je fais grâce à Votre Majesté des lâches
représailles dont...
'3
ANECDOTES
ANECDOTES
Scrupules exagérés.
d'Arneville.
LES CIGOGNES
On a remarqué avec joie cotte année que les
cigognes sont revenues en Alsace o comme au
temps français ». Chaque année il en manquait
au rendez-vous habituel, si bif-n qu'un seul nid
était encore risible, l'an passi, dans le quartier français de Strasbourg, rue d'Austerlitz, à
deux pas de la cathédrale, alors qu'autrefois on
les voyait revenir par milliers.
Ces grands oiseaux familiers, accueillis avec
tant de joie et d'espérance de bonheur, sur les
vieux toils de tuile brunie, puissent-ils nous revenir toujours alors que leur pays aimé sera
redevenue terre de France !
L'EPATANT
« ... fut victime l'innocente M~e Gabar après le dépari
de son mari dirigé sur Marseille. Un second demes agents, un
brave aussi, celui-là, ne fut pas plus heureux que Gabar en
s'attaquant au farouche, au puissant marquis. C'était la
lutte du pot de terre contre le pot de fer. — Eh bien, interrompit le roi en frappant sur la table, puisque vous pensez
que Gabar soit un homme capable de vous rendre de si
grands services dans l'affaire
des disparitions, faites-le
revenir.
Copié sur une affiche à Ictmaxiie de ta
petite villeâe X.,., en Normandie.
— Je vas m'asseoit. J'crois que
Tunique moyen de me tenir debout.
c'est
i o Les cabaretiers qui donneront
à boire le dimanche sont prévenus
qu'on leur dressera procès-verbal,
pendant les offices, surtout de la
messe, qu'il est défendu d'y aller ;
20 11 est défendu de conduire le
bétail sur le communal, joignant le
pic des avoines, ni avec des brebis,
chèvres ou autres, malgré qu'ils
seraient conduits par des personnes
raisonnables, qui ne doivent pas
être pâturés ;
-uES OISEAUX EN CAGE
Ces charmants compagnons demandent
beaucoup de soins aussi bien pour eux que
pour leur cage.
Celle-ci doit être nettoyée soigneusement
chaque jour, l'eau renouvelée soir et matin;
leur donner peu de graines à la fois afin
qu'elles ne soient pas éventées et qu'ils
ne les souillent pas.
On évite toute contagion entre eux, et
avec ceux qui les soignent, en suspendant
dans la cage un petit sac contenant un mélange de poudre de charbon et de soufre.
Il est bon d'introduire, chaque soir, entre
les barreaux des petits tampons d'ouate.
Ce coton spongieux attire pendant la nuit
les insectes, qui sont friands des graines;
au matin, on prend les tampons et on les
brûle.
Les serins, les bengalis, les pinsons se
nourrissent avec des graines de millet sec
et des grappes de millet vert; peu de chènevis, qui les échauffe, des graines d'alpiste,
du colifichet, de la verdure, salade ou mouron.
Peu ou pas de sucre. Des fruits, selon
3a saison. Pour les pinsons, ajoutez du blé,
de l'avoine, des mouches et moucherons.
Les fauvettes sont peu difficiles,lesrougesgorges non plus; toutes les graines leur conviennent, surtout celles ,des fruits, ainsi
que les vers et les petits insectes.
Les linottes mangent des graines mais
sont folles de graines de lin, d'où leur nom.
Le chardonneret est facile à nourrir.
Comme le serin, son régal est la graine des
chardons, cela a servi à le nommer.
Le bouvreuil s'élève comme le chardonneret dont il a, tous les goûts et les besoins.
Le moineau s'apprivoise facilement, se
nourrit de tout, mais il ne faut pas le mettre'
avec les autres oiseaux: il leur perce le crâne
à coups 4Q bec.
DU
— Cosaque.
— Corsage.
— Meude,
ENIGME.
ses
NUMÉRO
CHARADE.
CASSE-TÊTE.
CAnnÉ
MOTS EN
Lyon.
—
MURAT
U L E M A
RECIT
A M I D 15
T A T E R
—
LOGOGRIPHE.
Fat, Fatal, Fatras, Fatigue
Les arbres, parce
l« CALEMBOUR.
qu'il peideut leurs feuilles.
CALEMBOUR.
Lui donner une
tasse de lait, ti la boira (il aboira).
RÉBUS.
Le temps perdu ne se rattrape jamais.
—
—
2*
—
BEURRE RANCE
On enlève cette odeur par des lavages à
î'eau de chaux ou, mieux encore, en mettant
ïe beurre dans une dissolution de 12 grammes
de bicarbonate de soude par kilogramme do
beurre et par litre d'eau, on le pétrit, on le
lave dans ce liquide et on l'y laisse tremper
deux heures. On le lave ensuite à l'eau
fraîche et on le sale pour le conserver.
SOLUTIONS DES DIVERS AMUSEMENTS
Enigme.
Je suis dans les bals masqués.
Sur les travestis bien frasques.
ICI ..ouvert de petits points noirs,
Je vous disirais le long des soirs.
Charade.
« Dites-lui : « Le roi t'accorde ta liberté, mets-toi tout de
suite en campagne, découvre la bande de forbans qui plonge
tout Paris dans la terreur : non seulement une belle situation
t'est promise, mais encore tu toucheras une indemnité qui t»»
fera oublier ta détention. — Malheureusement, sire, le régime
des galères est un régime atroce qu'on ne peut oublier.
Vais-je retrouver le pauvre Gabar après huit ans de souffrances? — Faites-le revenir, La Reynie, et au plus vite il
faut en finir avec cette situation... » Non loin du golfe de
Porto, dans une des plus pittoresques...
... régions de la Corse, deux hommes à peine vêtus,
(eut ruisselants, les pieds nus et sanguinolents, fuyaient
ce m me des ' criminels. Ils venaient de s'engager dans une
c!e ces forêts magnifiques, où les pins laricics s'élèvent
rarmi les 1 êtres, les chênes et les châtaigniers géants,
tandis que là-bas, au large, le canon d'alarme d'un vaisseau
de guerre français tonnait sans interruption. Mais, en cet
endroit désert de la côte, les avertissements du canon restaient sans effet. Une chaloupe avait
été mise rapidement à la mer.
Le chef de train arrive en toute
hâte et demande ce .qu'il y a.
Très sérieuse et calme, la jeune
dame répond :
— Monsieur, j'ai sonné parce que
i cet instant précis ma fille qui
m'accompagne vient d'atteindre sa
je année. J'aurais scrupule de faire
perdre un centime à la compagnie.
Donnez-moi un billet de place entière; voici le supplément!
Un véhicule est mon premier,
Du canon sort mon se. ond.
A la guerre! les deux sont
Et aussi mon entier.
Casse tête.
(.Trouver deux villes françaises.)
aaacdenprrstx
L'AVEUGLE. — Mon rêve ce serait
d être astronome, d'eempter les étoiles!
LE CUL-DE-JATTE.— Moi, j'voudrais
être coureur à pied, dévorer l'espace,
Une servante « dern ier cri ».
Des marins armés de mousquets y
avaient
pris place.
En
quelques
coups de rames l'embarcation avait
touché terre. Et maintenant commençait une chasse à l'homme tragique, opiniâtre, à travers les arbres. On voyait
les deux fugitifs braver tous les obstacles, s'engager dans les passages les
plus escarpés avec un
admirable
sang-froid, essuyer coups de feu sur
coups de feu...
... sans être atteints. A présent, ils
grimpaient comme des chats sauvages
le long des roches et se seraient laissé
tomber dans quelque gouffre profond
plutôt que de se rendre, fis savaient
quel sort affreux les attendait, quelles
représailles atroces ils avaient encourues. Pendant plus de deux heures,
jusqu'au coucher du soleil, ifs disputèrent chèrement aux soldats leur
liberté..,
... reconquise et réussirent enfin à
les dépister. Se voyant une bonne
fois hors de danger, ils tombèrent en
larmes dans les bras l'un de l'autre.
« Sauvés, dit le plus vieux des deux
fugitifs. — Pour combien de temps,
hélas I » répondit l'autre sceptique.
Un splendide panorama se déroulait
sous leurs yeux. De leur observatoire,
ils pouvaient voir, sans être vus,
l'embarcation des poursuivants gagner le large.
Une dame de l'aristocratie danoise avait engagé, par correspondance, une femme de chambre.
Cette dernière avait écrit à sa future
maîtresse en lui demandant la permission d'apporter sa machine, La
LES CARACTÈRES DROITS
3o Les habitants sont prévenus
que, lundi prochain, on échenillera
deux personnes par maison, le curé
excepté';
40 Dimanche, à Tissue des vêpres,
il sera procédé à l'adjudication au
plus offrant et dernier enchérisseur
des boues du village, en présence
du maire, qu'on devra racler propre ent, assisté du conseil, provenant des égouts de la ville. Les
articles susdits regardent aussi tous
les habita ts de tous les sexes, qui
devront être exécutés.
Le maire.
Mots en triangle syllabique.
1. Chef-lieud'arrondissementdu l.otct-Gai'Oiine.
2. Jardinier de Louis XIV.
3. Celui qui ne prend pas part au
[conflit.
4. Syllabe courante.
Logogriphe.
Les trois premiers pieds ne changent
[pas.
Ajoutez-en deux, je
suis un fruit es[liméAvec six en tout, je suis une houppe.
Avec sept, l'iiomme qui lutte contre le
[feu.
Calembours.
1. _ Quelles sont les trois villes de
France qui font vingt et un î
2. — Quelle est ta. couleur la plus
française du drapeau tricolore?
RÉBUS
Trouver une phrase.
EXPULSION
Là- bas se détachait majestueusement le navire qui pouvait bien avoir
cent cinquante pieds de long avec
ses deux mâts,-ses oriflammes, son
grand pavillon royal et, à l'arrière, le
logement du capitaine appelé carrosse,
t Plutôt la mort que de revenir souf'
frir dans cet enfer doré I » prononça
d'une voix rauque le plus vieux des
fugitifs en brandissant le poing vers
le navire, « Enfin, mon brave Arquel,
nous pouvons...
« ... parler tout à notre aise, voilà
huit ans que les paroles m'ont été
mesurées, car je n'ai jamais eu dans
cette géhenne que des gardes-chiour»
mes intraitables qui ordonnaient le
silence à coups de fouet. Non, tu ne
saurais croire ce que j'ai souffert.
C'est un grand malheur pour toi
que d'avoir été condamné à venir là
mais peut-être la Providence t'a-t-elle
envoyé à mon secours, car, seul, je
n'aurais jamais songé à m'évader...
- ... il me fallait tes encouragements de
toutes les minutes pour me décider. Tu
as vu que notre qualité d'anciens
exempts nous livrait à la merci de
forçats qui avaient la police en horreur. Deux d'entre eux, notamment,
excitaient sans cesse les autres contre nous, et ils auraient bien réussi
à nous tuer. — Vois-tu, Gaïdar, répondit l'autre, plutôt la torture et
le supplice de la roue que cette exis
tence infernale.»
(A suivre.)
— lin honnête homme doit toujours
faire honneur à sa signature.
— Tu dis ça parce que tu ne sais pas
écrire l
dame, pensant qu'il s'agissait d'une
• machine à coudre, acquiesça sans
peine au désir de sa future soubrette.
Mais quel étonnement quand, au
(jour fixé, celle-ci arriva en un coquer
costume sportif et à bicyclette!
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vous déranger, madame
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a ouvert celle du placard, et s'est précipité
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LES JlVENïïOJÇES DÉSOPILANTES DU PRINCE S/lBOULOïï»F (Suite.)
Lorsque Karalapeau XII apprit par ses émissaires le départ
ia prince Saboulott, il fut pris d'un accès de rage inexprimable dunt «a digestion se ressentit. Le homard à l'américaine
et les choux de Bruxelles qui composaient son petit déjeuner lui restèrent sur l'estomac et il se répandit en imprécations sur le compte de...
... celui qu'il considérait comme un usurpateur. Après
avoir donné libre cours à sa colère il fit venir son secrétaire
et ordonna : « Tu vas sans plus tarder me trouver le plus
habile des détectives. 11 aura pour mission d'empêcher
'par tous les moyens possibles le princce Saboulott et
sa suite de rejoindre ses Etats... Tu m'as bien...
... mission de confiance dont il allait se trouver investi. NieNac accepta sans hésiter et se lança aussitôt sur la piste du
prince. Il le rejoignit a Calais et s'arrangea de façon à surprendre ses projet». Un matin, cependant qu'il se trouvait caché
lîans l'encoignure d'une porte, il eut la chance de voir Saboulott
en compagnie...
« ... compris, n'est-ce pas?—Oui, prince, répondit le secrétaire
qui téléphona séance tenante au policier Nie-Mac: « Toute
affaire cessante veuillez donc passer de suite à mon bureau; j'afi
quelque chose de très urgent à vous communiquer. » Le policier
accourut au galop et le secrétaire lui transmit les ordres ce
Karalapeau ainsi que la...
... de son premier ministre, Marins Cassonnade, s'arrêter à
quelques pas de lui. L'oreille aux écoutes, il ne perdit pas un
mot de leurs propos. Le débat était grave. Le premier départ pour l'Amérique devait avoir lieu le soir rnS/n: par
le Havre. II s'agissait de trouver un niDyen de locomotion
très rapide qui leur permettait d'arriver à temps...
H ... monsieur, minaudait
le prince, je suis confus de votre obligeance et
l'accepte voire proposition avec le plus grand plaisir. Tandis qu'il prenait
place dans ta voiture du détective, ses ministres s'occupaient de trouver une
seconde auto et prenaient momentanément congé de leur souverain par un
« A la r'voyure! prince 1
qui n'était pas dans un panier à salade. Sur ce,
l'auto démarra en vitesse. Les premiers cent mètres furent dévorés...
... dans ce dernier port pour prendre le paquetof. Sortant alors de la cachette où il se trouvait embusqué, NicNac s'avança, la casquette à la main, vers le prince et lui
dit : a Monsieur, le hasard vient de me mettre au courant
de votre embarras. Je vais justement au Havre et jemets
mon automobile à votre disposition. — En vérité, cher...
... normalement, mais Nie- Nac ayant eu la fâcheuse
idée de se débarrasser de sa malle qui l'encombrait'
en la hissant sur la capote du cab-auto, la dite malle
insuffisamment attachée fut cahotée par les trépidations de la bagnole et dégringola sur le chauffeur qui
se tenait à l'arrière...
... secondes, l'auto privée de son pilote et n'ayant plus de direction poursuivit sa
coure en donnant des preuves de la plus haute fantaisie;elle suivait la route en dessinai] Ce capricieux méandres et, n'obeissaut qu'à sen caprice s'abandonnait fars réserve
tt r. plus iclles rat.Ccnnccs. Malédiction I proféra Nie-Nac çue ces fantastiques zig7fl£$ ne rassuraient que médiocrement, je parie que mon cochon de cfrauficur a fait son
plein d'alcool chez le bistro avant de prendre sa place au voïant et qu'il est saoul..,
So t la violence du choc,Iewattman. désagréables 11 surpris, s'empressa de céder la place
au colis vadrouilleur et se laissa choir sur ia
route. Ce drame rapide avait déronlé ses brèves
péripéties sans attirer l'attention des deux voyageurs. Mais au bout de quelques...
... comme la Pologne 1 Justement» nous approchons d'une bourgade où il y a un tour
liant dangereux. J'ai comme une vague idée que ce rossard de poivrot va nous culbuter
dans un fessé. Ce disant le détective, sortant la tête par la portière apostropl a sévèrement le chauffeur afcsent en vociférant : Ralentissez donc! bougre d'animal, et tâches
de bien prendre votre virage sans quoi nous allons ramasser une pelle pl ara mineuse» a
Mais le chauffeur ne lui répondit point, et pour cause.
(A suivre.)