Rapport activité SC ARP 2007
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Rapport activité SC ARP 2007
1 RAPPORT D'ACTIVITE SOCIETE CIVILE L’ARP ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE DU MARDI 19 JUIN 2007 L'objet de ce rapport est de vous faire part des activités de la société civile L'ARP en matière de gestion de droits, d’action culturelle et d’action d’intérêt général depuis la dernière réunion de notre Assemblée Générale Ordinaire. L’ARP n’est en effet pas une société de perception et de répartition de droits comme les autres, cette activité première devant plutôt être appréhendée comme un moyen que comme une fin en soi. L’activité de gestion de droits nous permet en effet de financer des actions culturelles et de développer au sein de l’ensemble de la filière cinématographique une représentation des auteurs-réalisateurs-producteurs conforme à l’intérêt général. I. ACTIVITE DE GESTION DE DROITS Au cours de l'exercice 2006, L'ARP a reversé à ses membres au titre de leurs activités de producteur : - 729 094 Euros de rémunération pour Copie Privée France et Etranger, 197 942 Euros de droits de retransmission simultanée et intégrale par câble. En 2005, les répartitions de L’ARP à ses membres étaient en nette augmentation, contrairement au contexte de baisse des collectes de la PROCIREP. Ce phénomène était lié, en ce qui concerne la Copie Privée à l’augmentation de la collecte due au titre de la copie privée étrangère, surtout sur le territoire belge, pour lequel les rémunérations avait été particulièrement importantes et à un décalage de répartition (sommes encaissées fin décembre 2004 et réparties début janvier 2005). La collecte 2006 est revenue, malheureusement, à un niveau plus normal et s’inscrit cette fois-ci dans le contexte de baisse des collectes de la PROCIREP. A. REMUNERATION POUR COPIE PRIVEE Contrairement au discours véhiculé par les fabricants et les consommateurs souhaitant remettre en cause la rémunération pour copie privée, on constate aisément que le niveau de collecte des droits pour copie privée audiovisuelle reste encore très éloigné des plus hauts niveaux historiques connus dans l’environnement analogique. 2 Rémunération Producteur Copie Privée France 1991 (répartition 1992) 1992 (répartition 1993) 1993 (répartition 1994) 1994 (répartition 1995) 1995 (répartition 1996) 1996 (répartition 1997) 1997 (répartition 1998) 1998 (répartition 1999) 1999 (répartition 2000) 2000 (répartition 2001) 2001 (répartition 2002) 2002 (répartition 2003) 2003 (répartition 2004) 2004 (répartition 2005) 2005 (répartition 2006) 173 M.F. 215 M.F. 213 M.F. 229 M.F. 195 M.F. 180 M.F. 169 M.F. 173 M.F. 151 M.F. 149 M.F. 127 M.F. 19.8 ME. 19.4 ME. 25.5 ME. 23.2 ME. + 15 % + 24 % - 0,9 % + 7,3 % - 15 % -8% - 5,6% + 2,4% - 12.8% - 1.17% - 15.11% + 2.2% - 1.63% + 31.16 % - 8.98% Alors que la collecte des droits avaient connu une forte progression (plus de 30%) en 2004 et semblait rompre avec la tendance à la baisse constatée depuis 1995, l’année 2005 s’inscrit pourtant de nouveau en baisse (- 8.98%) par rapport à 2004 (23.2 ME contre 25.5 en 2004), et ce pour 3 raisons : - Le marché du DVD enregistrable s’est moins développé que prévu. Alors que le marché avait triplé en 2004, il n’a progressé que de 33% en 2005, à 36 millions de pièces. Ce ralentissement est notamment imputable à des comportements attentistes de la grande distribution dans le cadre de la mise en application de la décision de baisse de la rémunération applicable au DVD, intervenue en juin 2005 (cf. chapitre suivant), qui ont stoppé la progression du marché pendant un trimestre. Il s’explique également par une modification des pratiques de copies, comme l’illustre le succès grandissant des enregistreurs numériques à disque dur auprès du public. - Alors qu’il avait bien résisté en 2004, et comme nous l’avions déjà évoqué l’en dernier, le marché de la VHS vierge est à nouveau reparti fortement à la baisse, ce support étant désormais en fin de cycle de vie. - Enfin, Copie France a rencontré en 2005 quelques difficultés de recouvrement auprès de certains redevables : difficultés économiques de certains fabricants et importateurs de supports vierges en France et dans le monde (TDK, MPO, DocData et surtout EMTEC) et importations illégales en franchise de rémunération pour copie privée. L’enjeu des mois à venir en matière de Copie Privée réside à la fois dans l’absolue nécessité de résister aux pressions des industriels qui tant au niveau européen que national, souhaitent par le développement des technologies de DRM (digital Right Management), restreindre le champ de la Copie Privée et dans notre capacité à assujettir les nouveaux décodeurs à mémoire à la redevance pour Copie Privée. 3 La répartition par type de support de copiage a connu l’évolution suivante : 2001 2002 2003 2004 2005 Cassettes vierges 97.0% 91.6% 75.7% 49.8% 35.8% DVD enregistrables 0.4% 2.5% 12.3% 41.0% 53.2% CD-R/RW Data 2.6% 5.9% 8.6% 6.2% 5.6% - - 3.4% 3.0% 5.4% Décodeurs à disque durs Pour mémoire, les sources de collecte de droits Copie Privée pour le répertoire audiovisuel sont, à ce jour, les suivantes : - la rémunération applicable aux cassettes VHS (0.428 €/heure) - la part de rémunération du CD-R/RW Data revenant à l’audiovisuel (6.7% de 0.35 € par support de 700 Mo) - la part de rémunération du DVD enregistrable revenant à l’audiovisuel (83% de 1.27 € par support de 4,7 Go) - la rémunération instituée en juillet 2002 sur les décodeurs à disque dur (15 € pour un appareil de 80 Go) Il faudra à l’avenir rester vigilants afin d’obtenir la pleine application des rémunérations pour copie privée aux appareils électronique grand public (décodeurs et enregistreurs à disque dur intégré) dont le marché est en pleine expansion. Taux de copiage cinéma-télévision 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 Taux copiage cinéma de 37% 37% 38% 38% 33% 31% 31% 32% 30% 25% Taux copiage télévision de 63% 63% 62% 62% 67% 69% 69% 68% 70% 75% 4 Par rapport aux taux de copiage constatés en 2004, la part du cinéma est en très nette baisse soit 75% en 2005 contre 70% en 2004. L’écart entre taux de copiage Cinéma et Télévision continue donc de se creuser, et ce de plus en plus rapidement, principalement du fait d’une réduction progressive de l’offre de films diffusés sur les grandes chaînes hertziennes au profit des séries de fiction TV américaines en prime time. Frais de gestion Pour l’année 2006, les frais de gestion de la PROCIREP s’élevaient à 5.2% et ceux de L’ARP à 4.8%. Les frais de gestion des membres de L’ARP s’élevaient donc toujours à 10%. Nous vous rappelons que les droits copie privée des membres de L'ARP en leur qualité d’auteur-réalisateur leur sont versés directement par la SACD. L'ARP bénéficie d'un reversement par la SACD de la totalité des 25% de la rémunération qui doit être obligatoirement affectée à des actions d’intérêt général (article L. 321-9 du code de la propriété intellectuelle). Cet accord qui est entré en application en 1998 se poursuit sans aucune difficulté depuis. B. REMUNERATION CABLE L’année 2005 avait bénéficié d’un certain nombre de rattrapages des années antérieures, retards dus en particulier à une restructuration de l’ANGOA depuis sa scission avec l’AGICOA. L’année 2006 est donc revenue à un rythme de croisière. Rémunération Producteur au titre des droits câble répartie par L’ARP 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 1 622 426 Francs 1 860 649 Francs 2 186 986 Francs 1 879 335 Francs 119 514 Francs 451 169 Francs 265 876 Euros 73 437 Euros 91 367 Euros 249 550 Euros 197 942 Euros Comme nous vous l’avons indiqué dans bon nombre de courriers et rapports d’activité depuis plusieurs années, nous vous rappelons vivement qu’il ne peut pas y avoir de rémunération câble sans avoir fait de déclaration au préalable. L’ARP, n’étant pas ayant droit, ne peut pas le faire pour vous. Nous attirons votre attention sur le fait que les sommes en jeu peuvent être importantes et qu’il est fort dommage de laisser ces sommes censées vous revenir, au mieux rester dans les comptes de l’AGICOA et donner lieu à des prescriptions au bout de 10 ans, au pire être revendiquées et versées à tord par d’autres ayants droit. Nous insistons également sur l’importance de régler vos conflits avec vos contre déclarants ou, au moins, de donner de signe de vie à l’ANGOA. En effet, nous vous 5 rappelons que, depuis mars 2003, la procédure de règlement des conflits indique qu'une absence de réponse de votre part entraîne automatiquement le renoncement de vos revendications et la perte de vos droits. Nombre d’entre vous perdent peu à peu les droits câble de leur catalogue simplement en ne répondant pas aux fax de l’ANGOA !!! N’hésitez pas à contacter Sylvie Monin pour toute information (Tél : 01 53 42 40 06 ou [email protected]). Frais de gestion Les frais de gestion qui vous sont prélevés sont de 5% (dont 3% pour l’ANGOA) pour le câble étranger et 15% (dont 13% pour l’ANGOA) pour le câble France. Les frais de gestion de L’ARP ne s’élèvent, quoi qu’il arrive, qu’à hauteur de 2%. II. ACTIONS CULTURELLES Financées par les 25% générés par la répartition Copie Privée Producteur et par l'accord avec la SACD, les actions culturelles de la société civile L’ARP prennent trois formes : - tout d’abord, d’associations, L’ARP subventionne directement un certain nombre - L'ARP apporte également son soutien à plusieurs manifestations culturelles, - enfin, L’ARP organise directement ou co-organise des manifestations culturelles en France comme à l’étranger (Cf. détail ci-dessous). Pour ces dernières, le personnel de L’ARP (Délégué Général, Responsable du Développement, Chargée des Actions Culturelles, Secrétariat Général …) et ses infrastructures (locaux, téléphone, déplacements, réceptions,…) sont directement sollicités. A. SUBVENTIONS DIRECTES AUX ASSOCIATIONS - Soutien financier à hauteur de 15 246 Euros à Eurocinéma, - Soutien financier à hauteur de 10 000 Euros à la Fédération Européenne des Réalisateurs Audiovisuels (FERA), - Soutien Financier à hauteur de 600 € à l’Association pour les Deuxièmes Rencontres Internationales des Organisations Professionnelles de la Culture (ADRIC), - Soutien financier à l’ALPA (Association Audiovisuelle) à hauteur de 10 000 Euros, - Soutien financier au 14ème VCU French Film Festival de Richmond (31 mars au 2 avril 2006). Ce festival exclusivement consacré à la promotion du cinéma français est soutenu depuis sa création par L’ARP, car au-delà de son succès public, il constitue un extraordinaire point d’ancrage au sein de la communauté universitaire américaine. Ce festival a présenté 14 longs métrages et 11 courts métrages et a accueilli une délégation de réalisateurs et d’acteurs français tels que Bertrand Tavernier, Philippe Torreton, Stéphane Brizé, Patrick Braoudé, etc … L’ARP a soutenu ce festival à hauteur de 5 000 €. de Lutte contre la Piraterie 6 - Soutien financier au Festival France Cinéma de Florence : L’ARP soutenu le 21ème anniversaire de ce festival qui s’est tenu à Florence du 30 octobre au 5 novembre 2006. A l’occasion de cette édition, un hommage a été rendu à Philippe Noiret au travers d’une rétrospective de 24 films consacrée à cet acteur franco-italien. Cette rétrospective circulera dans 7 autres villes italiennes, notamment Rome, Milan et Turin. Ce festival a accueilli une délégation de cinéastes et d’acteurs tels que Lucas Belvaux, Jean-Paul Rappeneau, Jean-Pierre Marielle, Sabine Azéma, etc. L’ARP a soutenu ce festival à hauteur de 6 000 € B. MANIFESTATIONS SOUTENUES PAR L'ARP - Dotation d’un prix dans le cadre du palmarès de la 11ème édition du festival Fenêtres sur Courts organisé par le Cinéma l'Eldorado de Dijon (6 au 9 octobre 2006) : intervention d’un auteur de l’ARP dans le cadre d’un stage d’écriture de scénario. - Forum des Industries culturelles d’Arles : la 3è édition s’est tenue du 1er au 3 mars 2006. Cette manifestation qui a réunit des professionnels de l’industrie du cinéma, mais également du monde de l’édition sur les thèmes suivants : 1. L'accès au marché des produits des industries culturelles 2. "de l'art à l'industrie" - 10ème Université d’été du cinéma du Fonds Culturel Franco Américain à Rochefort (en partenariat avec le festival international du film de la Rochelle) s’est tenue du 24 juin au 1er juillet 2006. L’objectif de cette manifestation est de réunir des étudiants en cinéma, pour les faire travailler sur la ré-écriture de leur scénario de court métrage et la réalisation basée sur la direction d'acteurs et la mise en scène. Ces travaux ont été dirigés par quatre intervenants, français et américains, scénaristes et réalisateurs : Philippe Le Guay et Jérôme Beaujour, F. Gary. Gray et Jeff Stockwell. Par ailleurs, une intervention sur la musique de film a été assurée par Stéphane Lerouge. - Autumn Stories. La 1ère édition de cette manifestation s’est déroulée à Royaumont, du 1er octobre au 12 novembre 2006. Ces 6 semaines de résidences sont offertes à 4 scénaristes américains, pour achever leur projet de long métrage, se nourrir des influences extérieures offertes par la région, rencontrer les professionnels français (techniciens, acteurs, producteurs …), découvrir des sites exceptionnels. Pour cette édition 2006, les 4 scénaristes suivants ont été sélectionnés : 1. 2. 3. 4. - Nngest Likké (avec son film « Un garçon nommé Louis ») David Marconi (avec son film « Kaléidoscope ») Darryl Ponicsan (avec son film « Pied à terre ») Eric Axel Weiss (avec un thriller sur fond d’espionnage et de terrorisme) La 2ère édition du Festival France Cinema Miami, organisée par l'Alliance Française de Miami et French Feeling Films et soutenue par l’ARP, s’est déroulée du 10 au 12 novembre 2006 à l’AMC Theater de Cocowalk de Miami. CE festival a proposé une sélection de films français, pour la plupart sortis en France dans les 6 derniers mois et ayant atteint un million d’entrées. 1. Le grand appartement, de Pascal Thomas 2. Le temps des portes-plumes, de Daniel Duval 3. Le cœur des hommes, de Marc Esposito 7 4. La maison d u bonheur, de Dany Boon 5. L’horloge biologique, de Ricardo Trogi 6. Quatre étoiles, de Christian Vincent 7. Le tour d’Uderzo, de Patrick Gimenez 8. Asterix et les Vikings, de Stephan Fjeldmark et Jesper Moller 9. Jean-Philippe, de Laurent Tuel 10.Mauvaise foi, de Roschdy Zem 11.Qui m’aime me suive, de Benoit Cohen C. MANIFESTATIONS CULTURELLES ORGANISEES OU CO-ORGANISEES PAR L'ARP - Organisation de déjeuners professionnels à l’occasion du Festival International du Film de Cannes. Ces déjeuners ont pour objectif de réunir les interlocuteurs de L'ARP, du monde du cinéma (réalisateurs, producteurs, distributeurs, comédiens, institutionnels, politiques, etc.) dans un cadre convivial et professionnel. Ils s’organisent autour de thématiques européennes réunissant les membres de la Commission Européenne et du Parlement Européen, américaines réunissant les responsables des studios américains membres de la Motion Picture Association, artistique réunissant les jeunes comédiens participant à l’opération « Jeunes Talents » de l’ADAMI. A l’occasion du 59ème festival de Cannes (17 au 28 mai 2006), les déjeuners ont été organisés en partenariat avec les autres sociétés d'auteurs. 1. Le déjeuner organisé avec la SACD s'est déroulé le lundi 22 mai 2006 : Francis Girod, Président de la SACD et Claude Zidi, Président de l'ARP ont accueilli les ministres de la culture présents à Cannes pour la Journée de l'Europe, en présence de la Commissaire Européenne Viviane Reding et de nombreux auteurs, réalisateurs et professionnels du cinéma. 2. L'ARP a réuni le samedi 20 mai les élus et responsables des politiques de soutien à la production cinématographique en région. Parmi ces régions représentées à cette occasion : l'Aquitaine, la Bretagne, le Centre, la Corse, les régions PACA et Midi-Pyrenées, Poitou Charente, Picardie, Rhône Alpes, Ile de France, Nord Pas de Calais. Lors de cette rencontre avec les réalisateurs de l'ARP et suite à la présentation des grandes tendances des aides régionales en 2005, les points suivants ont été abordés : - • le dispositif 1 euros CNC pour 2 euros région du point de vue des collectivités, • la territorialisation des aides, • la diffusion culturelle et l'arrivée du numérique. Organisation des 1ères Rencontres Cinématographiques de Dijon (26-29 octobre 2006), sous la présidence de Costa Gavras, dont les thèmes étaient : 1. Impératifs économiques et liberté de création 2. Le développement de la vidéo à la demande en Europe, point d’ancrage d’un bouleversement des modes de diffusion du cinéma ? 3. Quelles règles dans la nouvelle économie du cinéma ? 4. -Quoi de neuf du côté de la technologie ? Définir la haute définition. 8 A cette occasion, plusieurs films ont été proposés en avant-première : 1. 2. 3. 4. 5. 6. Entre adultes, de Stéphane Brizé Le dernier des fous, de Laurent Achard Je m’appelle Elisabeth, de Jean-Pierre Améris Les fragments d’Antonin, de Gabriel Le Bommin Cœurs, d’Alain Resnais Piccolo Saxo et Compagnie, de Marco Villamizar et Eric Gutierez Par ailleurs, Patrick Braoudé a rencontré un groupe de jeunes de la maison de quartier de Fontaine d’Ouche ; il a également présenté son film « Deuxième vie » au théâtre des Grésilles. Une exposition « Les costumes de cinéma s’exposent … » a été présentée au sein des collections permanentes du musée des Beaux Arts de Dijon ; la salle d’exposition temporaire a accueilli les gouaches de costumes d’Yvonne Sassinot de Nesles. Un livret jeu a été spécialement réalisé pour les 7-9 ans, permettant d’accueillir de nombreux groupes de scolaires. - Festival City of Lights City of Angels (3 au 9 avril 2007) : L’objectif de ce festival est avant tout la promotion du cinéma français aux Etats-Unis, mais aussi le développement des échanges entre les réalisateurs et les auteurs français avec leurs homologues américains. 18 longs métrages et 18 courts métrages ont été projetés lors de cette 10è édition, la plupart d’entre eux étant suivis d'une rencontre entre le réalisateur et/ou le scénariste et le public. 1. 18 Longs Métrages : • • • • • • • • • • • • • • • • • La Doublure de Francis Veber (Film D'ouverture Du Festival), Entre Ses Mains d'Anne Fontaine Les Chevaliers Du Ciel de Gérard Pirès, Travaux, On Sait Quand Ça Commence … de Brigitte Roüan, La Fille Du Juge de William Carrel Je Ne Suis Pas Là Pour Etre Aimé de Stéphane Brizé, Papa de Maurice Barthélémy, Palais Royal de Valérie Lemercier Enfermés Dehors d'Albert Dupontel La Boîte Noire de Richard Berry Edy de Stephan Guérin-Tillié Vers Le Sud de Laurent Cantet Gabrielle de Patrice Chéreau Combien Tu M'aimes ? de Bertrand Blier Les Ames Grises d'Yves Angelo, Ma Vie En L'air de Rémi Bezancon Ces Jours Heureux d'Olivier Nakache Et Eric Tolédano (Film De Clôture Du Festival), Fauteuils D'orchestre De Danièle Thompson (Pour Une Séance « Spéciale 10ème Anniversaire »), 2. 18 Courts Métrages : • • • • Au Petit Matin de Xavier Gens Soyons Attentifs de Thierry Sebban Bhaï-Bhaï d'Olivier Klein La Bourde de Mathieu Demy 9 • • • • • • • • • • • • • • Comme Un Air de Yohann Gloaguen Le Baiser de Stéphan Le Lay Kitchen d'Alice Winocour Comme James Dean de Jonathan Zaccaï Mort A L'écran d'Alexis Ferrebeuf Le Serment de Virgina Bach Overtime d'Oury Atlan, Thibault Berland et Damien Ferrié La Petite Flamme d'Elisabeth Marre Et Olivier Pont Play The Game de Stéphane Barbato Undo de Jean-Gabriel Périot Suzanne de Mona Achache T'as d'beaux Yeux Tu Sais de Jean-Pierre Malignon A Bras Le Corps de Katell Ouillévéré Les Volets de Lyèce Boukhitine Yves Angelo, Maurice Barthélémy, Gad Elmaleh, Stéphane Brizé, Judith Godrèche, Olivier Nakache, Gérard Pirès, Brigitte Roüan, Danièle Thompson, Eric Tolédano et Francis Veber ont fait partie de la délégation de cette 10ème édition. - Opérations "Enseignement et Cinéma" dans le cadre des classes à PAC (Projet Artistique et Culturel) à Dijon et dans la Région Bourgogne : en 2006, l’ARP a souhaité plus que jamais poursuivre cette fructueuse collaboration avec l’Education Nationale, en continuant à offrir aux établissements intéressés un ensemble de projets aussi variés que la projection de films européens, l’organisation de débats à l’attention des enseignants (axés cet année sur le thème musique et cinéma) la formation des enseignants au travers de stages, l’intervention de professionnels du cinéma (scénaristes, réalisateurs, compositeurs de musique de films, etc) - Un cinéma pour Kaboul : Suite à son inauguration en mai 2004, la salle de cinéma offre à son public, de plus en plus nombreux, une programmation de films français populaires et accueille des festivals de films étrangers. Afin de prolonger, au-delà de Kaboul et du cinéma l'Ariana, notre coopération à la reconstruction culturelle de l'Afghanistan, nous avons décidé de soutenir la chaîne de télévision Tolo TV, chaîne privée, totalement gérée et conçue par de jeunes Afghans de retour dans leur pays et d'une tonalité très « libérale » et « moderne ». Ce projet, associant étroitement l'USPA (Union Syndicale des Producteurs Audiovisuels), TVFI (Télévision France International) et CFI (Canal France International), devra à terme permettre à cette chaîne de diffuser des œuvres audiovisuelles françaises destinées aux enfants mais également des programmes musicaux, des documentaires et des fictions. Le Directeur de la chaine Tolo, Saad Mohseni, et Massoud Qiam, journaliste de la chaîne et lauréat du prix Reporter Sans Frontière, ont été reçus au Ministère de la Culture et de la Communication par Renaud Donnedieu de Vabres le 8 décembre 2005. Le Ministre leur a proposé de prendre en charge la venue et la formation en France de 2 personnes de l'équipe de Tolo TV. Deux journalistes de la chaîne (Monsieur Akmal Khaliqi et Madame Wajma Mohseni) ont été accueillis du 21 au 29 septembre 2006, par les Directeurs artistiques de TF1 (Laurent Armillei et François Bénichou) et l'équipe de 10 production et d'exploitation technique (Armelle Phaëton), afin de réaliser un stage. - Les Rencontres Cinématographiques de Bamako (12 et 13 décembre 2006) : ces rencontres professionnelles réunissant les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel de la majorité des pays de l’Afrique de l’Ouest se dérouleront cette année conjointement avec le Festival International de Nyamina. Les thèmes abordés seront les suivants : projet de construction de la « maison du cinéma africain », la conservation de la mémoire cinématographique, la lutte contre la liquidation des salles de cinéma, le cinéma au service de l’environnement. François Margolin y a représenté L’ARP. - Service d’information à l’attention des réalisateurs producteurs membres de L’ARP : 1. lettre d’information mensuelle 2. développement d’un service en ligne réservé aux membres de l’ARP sur le site www.larp.fr III. DOSSIERS EN COURS L’année 2006 a été essentiellement marquée par la fusion Canal + / TPS et le projet de loi sur les droits d’auteurs. A. FUSION CANALSATELLITE/TPS L’ARP a été particulièrement attentive à cette opération car cette fusion renforce encore la double intégration du groupe Canal + : son intégration verticale (de la gestion de catalogue à l’édition vidéo en passant par la production et la distribution cinématographique …) et surtout son intégration horizontale puisque Canal + va devenir de fait le seul opérateur de télévision payante avec la fusion des deux plateformes. L’exemple de la fusion en Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne des deux bouquets nous met en garde contre les risques « immédiats » qui peuvent naître lors la « période de transition » et sur la situation de monopole. L’ARP n’a donc eu de cesse en 2006 de tenter de « sécuriser » les obligations d’investissement, la clause de diversité et de créer les conditions pour, d’une part, apposer des « garde fous » à l’intégration verticale du groupe et, d’autre part, assurer la pérennité des achats de droits auprès des acteurs indépendants, ou autrement dit s’assurer que le groupe Canal + continue à se fournir en dehors de son catalogue. Il s’agissait plus particulièrement de se montrer très vigilant face à plusieurs risques majeurs, tels que : - La disparition probable de certaines chaînes thématiques, - Le risque d’auto-alimentation, avec la diffusion d’œuvres dont les droits de diffusion sont détenus par Studio Canal, - Le risque d’une baisse globale du préfinancement des films, - La disparition de la seconde fenêtre. C’est pourquoi L’ARP s’était fixé deux lignes directrices : 11 - d’une part la nécessité au travers d’une logique de cliquet de faire en sorte que la nouvelle entité ait des niveaux d’obligation identiques aux obligations actuelles de Canal + (pourcentage d’investissement par rapport au chiffre d’affaire, niveau des préachats, clause de diversité…) et qu’un plancher d’investissement valeur soit défini, l’objectif étant que le cinéma ne « finance » pas les gains de la fusion en terme de recomposition des chaines thématiques (deuxième guichet, deuxième fenêtre…). - d’autre part, la nécessité d’établir une relative étanchéité entre le Studio Canal et les chaines Canal +. Elle devait s’exprimer à la fois par l’interdiction du Studio Canal d’être producteur délégué et par la limitation de l’approvisionnement des chaines Canal par le catalogue du Studio Canal. L’ARP a donc engagé, aux côtés des organisations professionnelles du cinéma, les discussions avec Canal + dès le mois de mai 2006, à l’occasion du Festival de Cannes. Après audition des parties (4 juillet) et avis du Conseil de la Concurrence (13 juillet), le Ministre de l’Economie et des Finances a finalement annoncé le jeudi 31 aout l’autorisation de fusion entre les deux plateformes satellites. Cette autorisation était assortie d’une liste de 59 engagements, qui concernaient à la fois les relations entre les éditeurs de chaines et la nouvelle plateforme satellitaire, les relations entre les chaines éditées par la nouvelle entité et les distributeurs de chaines (câble et ADSL), les évènements sportifs … Concernant plus précisément le cinéma, une partie des engagements unilatéraux pris par Canal+ à l’égard du BLIC, du BLOC et de L’ARP à la fin du mois de juillet, avait été intégrée dans cette liste d’engagements (par exemple la non exclusivité de la VoD). La seconde phase de négociation avec Canal + a donc porté sur 2 sujets : Nouvelles conventions chaînes thématiques (CSA) La Fusion Canalsatellite / TPS et son échéance effective à la fin de l’année 2006 ou au début de l’année 2007 coïncidaient avec la nécessité d’établir de nouvelles conventions pour les chaines Ciné Cinémas et pour TPS Star. Dans le cadre de ces discussions et du fait de l’obligation (direction de la concurrence) faite au groupe Canal + France de mettre à disposition la chaîne TPS Star, en dehors de tout groupement de services cinéma, la commercialisation des déclinaisons de TPS Star (Ciné Star et TPS Home Cinéma) s’arrête. - En ce qui concerne la clause de diversité, les services TPS STAR, d’une part, et CINECINEMA, d’autre part, s’engageront à consacrer 25% (« Taux de diversité ») de leur obligation d’acquisition d’œuvres cinématographiques de long métrage d’expression originale française à des acquisitions d’œuvres cinématographiques de long métrage d’expression originale française de devis inférieurs à 5,34M€ (« Seuil »). Cette obligation se traduira essentiellement en préachats, mais à titre exceptionnel des achats pourront être pris en compte. - Pour sa part, TPS STAR consacrera un minimum de 60% de l’obligation d’acquisition d’œuvres cinématographiques de long métrage d’expression originale française à des préachats de films EOF (ci-après « Engagement de Préachat ») - Minimum Garanti : le montant des obligations d’acquisition d’œuvres cinématographiques de long métrage européennes et d’expression originale 12 française à des préachats ne doit pas être inférieur au montant le plus élevé entre : • la somme résultante de ces obligations exprimées en pourcentage des Ressources Totales Annuelles, • au moins 2,01€ Hors TVA par mois et par abonné à TPS STAR et 1,00€ Hors TVA par mois et par abonné à CINECINEMA pour les œuvres cinématographiques de long métrage européennes, dont au moins 1,70€ Hors TVA par mois et par abonné à TPS STAR et 0,85€ Hors TVA par mois et par abonné à CINECINEMA pour les œuvres cinématographiques de long métrage d’expression originale française. et : Eclaircissements du courrier de Bertrand Méheut du 28 juillet 2006 Les discussions ont permis d’obtenir les précisions ou les avancées suivantes : - Le Groupe Canal + s’engage à limiter les acquisitions d’œuvres cinématographiques de long métrage de catalogue (i.e. tout film sortis en salles depuis de 5 ans), auprès de Studiocanal, à 30% du nombre total de films diffusés sur les chaînes de la nouvelle entité, sans distinction de nationalités. - Studiocanal s’interdit d’être le Producteur Délégué ou un Coproducteur Délégué (tel que celui-ci est défini dans la réglementation) de films EOF et de films européens au sens de la réglementation française). Cet engagement ne concerne pas les films produits par une structure établie hors de France dès lors que Studiocanal n’intervient pas en qualité de producteur délégué ou de coproducteur délégué au sens de la règlementation française lui permettant d’être éligible à ce titre au compte de soutien. - Sous réserve que TPS STAR conserve son autorisation en TNT, le montant global d’acquisitions que le Groupe Canal+ s’engage à maintenir sur les premières et deuxièmes fenêtres d’œuvres cinématographiques de long métrage d’expression originale française effectué en 2005 par TPS Cinema et CINECINEMA est de 39,5M€. Ce point constitue en fait une clause de non recul des acquisitions en première et seconde fenêtre. - Le maximum de 30 sorties en salles en France de films cinématographiques par année civile concerne Studiocanal et toute entité contrôlée par le Groupe Canal +. Dans ce contexte, Canal + a obtenu des assouplissements à propos de la diffusion de films le samedi soir et la possibilité de créer une déclinaison numérique supplémentaire autour d’un positionnement « famille ». Cette déclinaison supplémentaire (7 passages possibles) risquant d’affecter la rémunération des auteurs, L’ARP et la SRF ont demandé à Canal + : - d’une part, qu’une clause de rendez-vous permette, après une année pleine d’exploitation de cette déclinaison, d’apprécier la rémunération des auteurs et de vérifier qu’elle ne soit pas affectée, - d’autre part, qu’à l’avenir, aucune déclinaison supplémentaire, quelle qu’en soit la forme et la technologie, ne prenne en compte dès le départ la rémunération des auteurs. 13 B. PROJET DE LOI DROITS D’AUTEUR, LICENCE LEGALE, REPONSE GRADUEE Tout débute lorsque deux amendements adoptés fin décembre 2005 dans le cadre de l’examen du projet de loi sur les droits d’auteur ouvrent la voie à une légalisation des échanges de contenus protégés sur Internet. Ces amendements déposés par Alain Suguenot (député maire de Beaune) et Didier Mathus (parti Socialiste) assimilent le téléchargement d’une œuvre (musicale ou cinématographique) depuis Internet à de la copie privée. Le concept de « licence globale » proposée remet en cause les droits d’auteur dans l’univers numérique, puisqu’un auteur ne pourra plus s’opposer dans ce dispositif au téléchargement de son œuvre sur un réseau P2P, dès lors que sera acquittée une rémunération forfaitaire. La licence légale est devenue ici une licence globale « optionnelle » (car acquittée de manière optionnelle par l’internaute !) et « sélective » (puisqu’elle ne concerne théoriquement pas le cinéma). Le calendrier très défavorable avec un accord sur les offres légales en ligne et la réponse graduée conclu la veille de l’examen du projet de loi et les divisions, voire clivages, au sein des groupes politiques avec des parlementaires sensibles aux arguments des groupes de défense des consommateurs ont joué en faveur de l’adoption d’une licence légale et contre la solution de « réponse graduée », élaborée avec les fournisseurs d’accès internet et soutenu par le gouvernement. La réaction de L’ARP a été immédiate : dès le lendemain de l’adoption de ces deux amendements, L’ARP a en effet organisé une conférence de presse avec l’ensemble de la profession au Café Bourbon en face du Palais Bourbon, en présence de Brigitte Roüan, Claude Zidi, Pierre Jolivet et Philippe Muyl. Dans sa nouvelle mouture simplifiée examinée au mois de mars 2006 par l’Assemblée Nationale, la loi permettait d’exclure toute licence globale en matière de musique ou de cinéma, un certain nombre de sujets exigeant tout particulièrement notre vigilance : - le principe de la « riposte graduée » devait être abandonné au profit de la mise en place de « sanctions graduées », avec d’une part, une sanction pour la mise à disposition (assimilable au délit de contrefaçon), et, de l’autre, des sanctions pour le téléchargement illégal (pratiqué par la majorité des internautes). - en matière de mesures techniques de contrefaçon, le projet de loi devait effectivement comprendre des sanctions en cas de contournement des mesures techniques de protection - le champ de la copie privée devait être maintenu. Les discussions ont été particulièrement difficiles car les arguments des tenants du « logiciel libre », très organisés et très actifs dans les sphères politiques, mettaient en avant un point de vue quasi-philosophique en faveur de la gratuité, tout en accusant les producteurs et les artistes de défendre avant tout les « intérêts corporatistes » d’une « industrie » puissante. Par ailleurs, certains de leurs arguments étaient parfaitement recevables : - d’une part, un argument en termes de prix, avec des prix à l’achat très élevés des billets de cinéma, des DVD, - d’autre part, un argument en termes d’interopérabilité, puisque le consommateur peut paradoxalement moins facilement « copier » une œuvre à 14 l’ère du numérique qu’à l’ère de l’analogique. Ces entraves à la copie privée créent chez les consommateurs un sentiment justifié de « retour en arrière ». A la veille de l’examen de la loi par le Sénat en mai 2006, L’ARP s’interrogeait de nouveau sur les moyens de maintenir un équilibre entre le droit à la copie privée (pour les consommateurs) et la protection des contenus (pour les ayants droit). Il s’agit en effet de pouvoir sécuriser les œuvres (DRM) tout en assurant une certaine opérabilité entre les supports - et ce afin de ne pas pénaliser les consommateurs qui achètent des contenus légaux. La nécessité de soutenir le développement d’une offre légale attractive et l’importance de mettre en place à terme la riposte graduée négociée avec les FAI se faisait de plus en plus évidente. Le Projet de Loi Droit d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’Information a finalement été voté le 30 juin 2006. Cette adoption qui résulte du compromis élaboré par la Commission Mixte Paritaire (Assemblée - Sénat) a permis de prendre en compte les progrès notables réalisés au Sénat (création d’une autorité indépendante sur l’interopérabilité), de traduire en droit français la directive européenne (c’était l’objet initial), de modifier l’échelle des sanctions (contravention pour l’internaute de base), d’introduire dans la loi française la responsabilité de l’abonné et un certain degré de responsabilité des fournisseurs d’accès internet (logiciels d’échanges peer-to-peer). Deux problèmes demeuraient cependant : - un certain nombre de décrets d’applications devaient être pris par le gouvernement afin que la loi puisse être appliquée, en particulier en termes de sanction (le problème est à la fois d’ordre juridique et politique), - le recours déposé au Conseil Constitutionnel par les parlementaires socialistes à la fois sur la forme (déroulement des débats parlementaires, lisibilité du texte) et sur le fond (interopérabilité, nouvelle échelle des sanctions…) empêchait la publication des décrets d’application. Le Conseil Constitutionnel a finalement examiné dans le courant du mois de juillet la loi sur le droit d’auteur. Ses décisions rappelaient à la fois l’obligation pour le gouvernement de transposer en droit français les dispositions adoptées par les directives européennes et affirmaient solennellement les droits de propriété intellectuelle pour les œuvres cinématographiques et audiovisuelles. Si l’on peut se réjouir de ces décisions, il n’en reste pas moins que la suppression d’un échelon contraventionnel en termes de sanction nous prive de fait d’un dispositif adapté à la contrefaçon numérique de masse. En terme de calendrier, il s’agit donc de traduire dans les faits (décret d’application et circulaire) les principales dispositions de la loi sur les mesures de protection technique et l’autorité chargée de l’interopérabilité. Concernant la responsabilité de l’abonné qui est restée dans la loi, il nous faut reprendre contact avec les fournisseurs d’accès et construire une réponse graduée telle que nous l’avons envisagée il y a près d’un an. 15 C. PROJET DE LOI AUDIOVISUELLE Ce projet de loi audiovisuelle se situe dans la perspective du déploiement de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) et plus précisément du développement de la Haute Définition pour les chaines payantes et de l’extinction programmée de la diffusion hertzienne analogique. L’enjeu est le suivant : il s’agit, dans un contexte de très forte évolution technologique, d’une part de maintenir la logique de régulation propre à l’audiovisuel en opposition à la logique télécom (vente de licences) et d’autre part de renforcer la réglementation et en particulier les obligations d’investissement dans le cadre de l’attribution de chaînes bonus et de chaînes en haute définition. Par ailleurs, l’examen du projet de loi au Sénat a permis, grâce au travail de fond effectué par la SACD qu’un amendement soit adopté à l’unanimité sur la définition de l’œuvre, vieux cheval de bataille des auteurs (cf. Popstars). Enfin, à l’occasion de l’examen du texte par l’Assemblée Nationale, un amendement proposé par des parlementaires UMP a permis de faire adopter l’assujettissement des chaînes diffusées par ADSL au compte de soutien. Cette modernisation du compte de soutien est indispensable. L’ARP, au travers de son Délégué Général, a été auditionné par les parlementaires travaillant sur ce texte. D. NOUVEAU ROUND DE NEGOCIATIONS VOD L’accord sur la VOD signé en décembre 2005, à la veille du début de l’examen du projet de loi droits d’auteur, a été signé pour une durée d’un an, étant entendu qu’il devait être renégocié à partir du mois de septembre 2006. L’enjeu de la renégociation à venir porte essentiellement sur 3 sujets : - le raccourcissement des délais VoD, à ce jour 7 mois ½ pour la vente et la location dématérialisées, - le développement exclusivités, - le raccourcissement des fenêtres de protection des chaînes en clair et payantes. d’abonnement ou de package comprenant des Le point de vue défendu par L’ARP depuis plus de deux ans est constant : - d’une part, nous considérons que plus les fournisseurs d’accès internent auront un intérêt économique direct à développer des services de vidéo à la demande, plus ils seront nos alliés pour lutter contre le piratage. - d’autre part, nous considérons que pour sauvegarder l’équilibre de préfinancement du système économique français et, en particulier le rôle des télévisions en clair et payantes, il ne faut pas permettre aux FAI de développer des abonnements et des packages comprenant des exclusivités, ni réduire de façon trop conséquentes des fenêtres de protection. Dès lors, le seul moyen d’augmenter l’attractivité de la VoD est de mettre la VoD et la vidéo physique sur la même ligne de départ à 6 mois, chaque ayant-droit construisant sa propre chronologie. Pour l’instant, les discussions sont bloquées mais à n’en point douter, elles devraient aboutir prochainement et, à terme, poser le problème plus large, plus complexe de l’ensemble de la chronologie des médias. 16 E. FUSION CONSEIL SUPERIEUR DE L’AUDIOVISUEL (CSA) – AUTORITE DE REGULATION DES COMMUNICATIONS ELECTRONIQUES ET DE LA POSTE (ARCEP) Dans le cadre de la convergence entre secteur audiovisuel et secteur des télécommunications, un certain nombre de responsables politiques avaient émis au cours du 1er semestre 2006 l’idée de la fusion des deux autorités de régulation, à l’image de ce qui s’est produit au cours de ces dernières années en Angleterre. En dehors du fait qu’une telle fusion ne nous semblait pas politiquement opportune du fait de l’échéance présidentielle (rôle du CSA sur l‘équité politique), nous avons toujours pensé qu’une telle fusion risquait, si elle n’était pas bien préparée, de conduire à une certaine dérégulation du secteur audiovisuel. C’est pour cette raison que nous nous sommes opposés avec succès, dans le cadre du projet de loi sur l’audiovisuel, aux différentes mesures (vente des fréquences Haute Définition, glissement total d’une logique d’éditeur vers une logique de distributeur de services audiovisuels) qui auraient constituées des signaux forts vers la logique Télécom. Il nous faudra dans les mois à venir à la fois être exigeants sur ce dossier, trouver des moyens spécifiques de réguler les opérateurs télécoms (débat de Dijon) et bien informer les responsables de l’ARCEP des spécificités de notre secteur. F. FRANCE TELEVISIONS Trois enceintes ont permis au cours de ces derniers mois d’engager des discussions avec le groupe France télévisions : - tout d’abord dans le cadre de la renégociation du COM (Contrat d’Objectifs et de Moyens) la DDM (direction du développement des médias) a réuni à plusieurs reprises la profession afin d’inscrire le cinéma dans ce contrat au travers d’objectifs chiffrés. - Par ailleurs dans le cadre du renouvellement de l’accord entre France télévisions et le BLOC et l’ARP, une réunion de travail a eut lieu à la fin du mois de novembre. Il en est sorti un texte que nous devons amender tant dans la forme que du point de - Enfin de façon plus informelle, le ministre a organisé deux déjeuners, l’un entre « professionnels du cinéma » et l’autre avec France télévision et les mêmes professionnels. Il ressort de ces différents niveaux de discussion que France télévisions souhaite disposer d’une plus grande liberté de diffusion pour continuer à diffuser autant de films, en particulier en ouvrant désormais une case de diffusion en seconde partie de soirée le samedi soir. Les obligations d’investissement pourraient, dans cette perspective, augmenter à hauteur de 3.5% (au lieu de 3.2% aujourd’hui). Pourtant, le bouclage des discussions est difficile du fait de la diversité des positions exprimées par la filière cinématographique. En effet, alors qu’il s’agissait principalement de sécuriser la politique de financement cinématographique de France Télévisions en contrepartie de l’assouplissement des modalités de diffusion, de nouveaux sujets beaucoup plus complexes sont venus se greffer, par exemple, la politique d’acquisition des chaînes du service public. 17 G. RAPPORT SUR LES RELATIONS DISTRIBUTION-EXPLOITATION Publié en juin 2006, le rapport Leclerc sur la distribution ne formulait pas de propositions concrètes afin de mieux exposer les films en salles même si le diagnostic était assez clair et l’analyse des problèmes pertinente. Il est important que des suites concrètes soient données. Afin d’explorer l’univers des possibles dans le cadre des lois régissant la concurrence au sein de la filière, Véronique Cayla a commandé une mission d’expertise. H. UGC ILLIMITE Dans le cadre de la procédure d’agrément des cartes d’abonnement illimité, UGC a de façon unilatérale proposé en janvier 2007 de réduire le prix de référence qui rémunère les distributeurs et les ayants droits à 4.26 €. L’ARP, aux côtés de la SACD, s’est insurgée contre une telle provocation et a interpelé les pouvoirs publics sur cette question. Finalement, le lundi 5 février 2007, UGC a finalement décidé de maintenir pour les deux années à venir le prix de référence des cartes UGC Illimité à 5.03 €. En fait, cette situation a permis de faire prendre conscience aux pouvoirs publics de la nécessité de réguler le système et de démontrer que l’on pouvait régler le problème de la rémunération des ayants droit de manière réglementaire. Ceci nous conforte également dans l’idée que l’établissement d’une parfaite transparence sur les cartes d’abonnement, sans laquelle aucune fixation négociée du prix de référence n’est possible, est indispensable. I. ART ET ESSAI Lors de la dernière commission Chavanne, Véronique Cayla s’était engagée à organiser dès la rentrée 2006 une réflexion sur l’ensemble des mécanismes d’aides du CNC (du développement aux salles, automatique et sélectif) et très rapidement sur l’Art et Essai. Une réunion a donc eu lieu au mois d’octobre 2006 en présence de nombreux membres de L’ARP, réunion qui a donné lieu à un rapport très exhaustif sur les salles Art et Essai et la complexité de leur programmation actuelle mélangeant les films à fort potentiel de téléspectateurs et les films plus fragiles. C’est dans ce contexte que l’on semble se diriger vers une évolution du soutien favorisant les salles qui, au-delà de leur programmation, effectue un véritable travail en profondeur (événements, animations, jeune public …). J. AIDES A L’ECRITURE ET AU DEVELOPPEMENT Lors de notre rendez-vous du 1er septembre 2006, Véronique Cayla s’est déclarée attachée à l’augmentation des aides situées en amont de la production cinématographique (écriture - développement), ce qu’elle a confirmé lors des Rencontres de Dijon. La réunion du mardi 23 janvier 2007 a permis d’explorer un certain nombre de pistes de réforme. Suite à une consultation de l’ensemble des organisations professionnelles dans le courant du mois d’avril 2007, ces projets devraient aboutir dès le mois de juin et se traduire à la fois par une augmentation notable des aides à l’écriture et au développement (augmentation de l’enveloppe globale et augmentation du niveau de chaque aide) et une plus grande compatibilité entre ces aides. 18 K. MODIFICATION SOUTIEN PRODUCTEUR DELEGUE Suite à des demandes pressantes du SPI puis à une déclaration du Ministre de la Culture suivant laquelle le soutien réservé au producteur délégué devait être majoritaire, des discussions se sont engagées depuis 2 ans au CNC. L’ARP a toujours été réservée sur ce sujet dans la mesure où elle considérait qu’une augmentation trop importante risquait de faire fuir les co-producteurs (chaînes de télévision, Rhône Alpes, …) et nuirait donc aux films les plus fragiles. A partir d’un certain nombre de simulations, François Hurard a proposé une évolution qui consisterait à : - réserver 100% du soutien au producteur délégué jusqu’à 50 000 euros 50% de 50 000 euros jusqu’à 200 000 euros Au-delà on resterait sur la base actuelle de 25% Cette réforme compensée pour les diffuseurs par une petite modification du calcul du soutien sur la première diffusion hertzienne, s’inscrit dans un contexte plus large de modernisation de la gestion du compte de soutien (accès par internet des producteurs à leurs comptes) et de simplification (remboursement de l’avance sur recette du compte de soutien (transformation de certaines avances remboursables en subvention et extinction de la créance du CNC sur l’avance sur recette au bout de 8 ans). L. SOFICAS La modification des tranches marginales de l’impôt sur le revenu rendait moins attractif en terme de défiscalisation pour les particulier le produit SOFICA. Cela risquait de nuire à la capacité de collecte des réseaux bancaires. Un très long travail parlementaire nous a permis de « sauver » pour les 2 années à venir les SOFICA, qui par ailleurs ont atteint leur niveau de collecte le plus élevé (56 millions d'euros - contre 51,5 millions d'euros l'année dernière) et 9,7 millions d'euros accordés à Soficapital, SOFICA dont les investissements se dirigeront exclusivement vers les fonds propres des sociétés de production indépendantes. Au total, 13 SOFICA ont collecté 65,7 millions d'euros. Cela représente un montant net de 59,1 millions d'euros à investir dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel en 2007. M. BOUCLAGE VIDEO Le bordereau et le lexique établis par le CNC sont validés depuis plus de 6 mois ainsi que la charte entre éditeurs et producteurs (sans rémunération minimale). Il restait donc, pour que l’ensemble de nos objectifs de transparence et de rémunération des auteurs soient atteints à ce que les discussions entre la SACD et les producteurs aboutissent. Elles prévoyaient un système optionnel entre gestion individuelle et gestion collective. Au début du mois de décembre, les organisations de producteurs, unanimes, ont refusé ce système optionnel, nous conduisant d’une part à remettre en cause l’ensemble de l’édifice, et en particulier le bordereau et d’autre part à revenir, faute d’accord, à la « jurisprudence Gessner » sur le prix public. Il nous reste désormais, en coordination avec la SACD, à exercer une forte pression sur les producteurs individuellement et sur leurs organisations afin qu’ils reviennent à la table de discussion, et ce d’autant qu’un accord du même type vient d’être signé entre la SACD et l’USPA concernant les œuvres audiovisuelles. 19 N. VIDEO : SOURDS ET MALENTENDANTS Dans le cadre de la loi sur le handicap, le CNC a engagé une réflexion sur le sous titrage des œuvres à destination des malentendants. La position de L’ARP a été d’introduire la conception de ce sous titrage en français dans la post production du film afin qu’il puisse être développé avec des coûts marginaux très faibles et une fluidité juridique sur les supports salles, DVD et télévision. Pierre Jolivet et Michel Gomez se sont rendus le jeudi 18 janvier au Congrès de l’UNISDA afin de défendre cette position. Il reste à « la mettre en musique » avec le CNC et à trouver une solution financière pour les films situés dans une petite économie. O. PROJECTION NUMERIQUE A la demande de Véronique Cayla, Daniel Goudineau vient de remettre son rapport sur la projection numérique en salles. Il faudra être extrêmement attentif aux modalités de déploiement de cette nouvelle technologie dans les salles car elle comporte un risque extraordinaire de concentration. Au-delà des débats purement technologiques, nous devons sans doute maintenir la même position, à savoir créer des conditions pour que le déploiement de la projection numérique ne soit pas un outil de concentration et donc de fracture numérique. P. ENJEUX DE LA RENEGOCIATION DE LA CONVENTION COLLECTIVE L’ARP n’étant pas un syndicat de producteurs, elle n’est pas partie prenante de la renégociation en cours de la convention collective. Pour autant il est nécessaire que nous en comprenions les grands enjeux dans la mesure où à partir du 1er janvier 2007, la prochaine convention collective sera étendue à savoir qu’elle deviendra obligatoire pour l’ensemble des producteurs. Afin de mieux comprendre ces enjeux, Michel Gomez est en contact avec Jean Cottin, ex Délégué Général de la Chambre Syndicale, toujours en charge de ce dossier et Stephane Pozderec (Délégué Général du Syndicat des Techniciens) qui comme d’habitude devrait tourner autour des trois thèmes suivants : - la définition des postes, des équipes minimales, du rôle des stagiaires les minimums syndicaux travail de nuit et heures supplémentaires dans le cadre de la loi sur les 35 heures Au début du mois de mai 2007, les négociations sont dans l’impasse. Q. REVISION DIRECTIVE TSF Le principal enjeu de cette directive (largement abordé à l’occasion des dernières Rencontres de Dijon) est de prévoir la possibilité pour les Etats de réguler la vidéo à la demande en particulier en termes d’investissements. Cette directive aborde également un certain nombre de sujets sur la publicité et le parrainage. En termes de calendrier, son adoption est prévue avant la fin de l’année 2006. Nous avons obtenu gain de cause sur la possibilité de réguler les services en ligne. 20 R. DIRECTIVE CONTREFAÇON La transposition en droit français de cette directive qui s’intéresse exclusivement à la contrefaçon physique (par opposition à la contrefaçon numérique) devait dans notre esprit nous permettre de compléter le projet de loi droits d’auteur adopté cet été. Il est fort probable que cette transposition n’ait pas lieu dans l’année à venir ce qui nous laisse le temps de construire une nouvelle réponse graduée (Cf. loi droits d’auteur). S. COPIE PRIVEE C’est la principale ressource de L’ARP et elle est aujourd’hui fragilisée d’une part par une mauvaise volonté des pouvoirs publics français à l’étendre à de nouveaux supports et surtout par une extraordinaire offensive des fabricants de matériels à Bruxelles. C’est la suite du débat sur le projet de loi Droits d’auteur et de l’équilibre complexe dans l’environnement numérique entre Copie Privée et droit exclusif. Au cours d’un rendez vous à Matignon le jeudi 31 aout 2006, le volet français du problème sur la copie privée a été résolu. Au niveau de Bruxelles, grâce à la très importante mobilisation des professionnels (en particulier au travers de la FERA et grâce à l’implication des pouvoirs publics français (c’est la première fois qu’un Premier Ministre français s’implique sur un tel dossier), les nuages se sont éloignés. T. AIDES D’ETAT ET NIVEAU DE SOUTIEN DES ŒUVRES CINEMATOGRAPHIQUES Au cours du 1er semestre 2006 dans le cadre de la Commission d’Agrément, un certain nombre de difficultés sont apparues concernant le niveau de subvention affiché des films français. En effet, la réglementation européenne prévoit qu’un film ne peut avoir un niveau de subvention (CNC + collectivités locales) supérieur à 50%. Des dérogations sont possibles pour les films à économie fragile, jusqu’alors elles étaient systématiques. Or il semble que désormais la libre appréciation du CNC en la matière soit remplacée par des critères « objectifs » ce qui risque de fragiliser de tels films. Une réunion a été organisée le lundi 18 septembre à ce sujet avec François Hurard. Il nous a présenté les principales pistes permettant de gérer au mieux cette contrainte (par exemple en ne comptabilisant pas dans les aides les subventions remboursables ou en valorisant les participations). U. ISAN Aux côtés de la PROCIREP, de la SACD et de la SCAM, L’ARP a participé à la création de la première agence régionale de l’identification numérique des œuvres cinématographiques et audiovisuelles. A terme, cette numérotation constituera un outil indispensable de gestion de la circulation des œuvres dans l’environnement numérique pour l’ensemble des acteurs des filières cinématographiques et audiovisuelles. Vous devez donc IMPERATIVEMENT nous retourner les formulaires de déclaration des œuvres que vous avez reçus récemment dûment complétés et/ou validés. A défaut, vos œuvres ne seront pas répertoriées. Pour toute information complémentaire, vous pouvez joindre Sylvie Monin - 01 53 42 40 06 – [email protected].