La Gazette de La Rue de Lorraine

Transcription

La Gazette de La Rue de Lorraine
La gazette
de la Rue de Lorraine
Dossier
Spécial:
Arbres
Remarquables
Numéro 5 : Janvier 2015
Deux photographies d’Alexandre Tremblot
prises Dimanche 15 juin 2014, lors de la fête
Reportage
Exclusif :
Un dimanche à
la campagne
rue de Lorraine
Sommaire
Numéro du 1er janvier 2015
EN COUVERTURE
Ambiance campagnarde pour la fête
Biennale de la rue
8
4
21
26
3. QUELLE ANNEE !
4. Retour sur la fête de nos campagnes
13.100 ans Rue de Pontoise
15. L’origine du mot Gazette
18. DES MAISONS ET DES HOMMES: le petit hôtel de Noailles
21. ART Enquête sur la collection Alphonse Kann
26. HISTOIRE Les Trois duchesses du Quartier Lorraine
34 . L’élue de la gazette Jennifer Tavé arrive première à la foulée royale
38 . LE MONDE de la rue de Lorraine EN VUE
39. LES PETITES ANNONCES DE LA GAZETTE
SUPPLEMENT Découverte des arbres remarquables du quartier
2
Retour en images sur les mots clés
de l’année 2014
Réjouissances et réunions
Fin janvier, le
quartier s’est réuni autour de la traditionnelle
galette dans les caves de l’hôtel de Courtomer,
- le 15 juin, la grande fête biennale du quartier
s’est tenue dans une ambiance champêtre, sur le
thème « un dimanche dans nos campagnes »,
- le 21 juin, un petit orchestre mené par un bon
musicien habitant notre rue s’est placé sous la
statue d’Henri IV pour nous faire profiter (dans
des transats!) de l’ambiance animée de la fête de
la musique.
Patrimoine et restauration
Le 25 janvier
2014, le clocheton du château visible depuis
notre rue a achevé sa restauration et a été
officiellement inauguré. Un carillon sonne
maintenant les heures.
Espoirs et déceptions
Notre aventure
urbano-historique a été riche en rebondissements
tout au long de l’année. La mobilisation pour
défendre l’ancien hôtel de Richelieu, qui a
accueilli la Banque de France de 1918 à 2005 n’a
pas permis d’aboutir à un engagement de
conservation et mise en valeur des vieux murs
mais cette aventure n’est pas encore terminée.
Concertations
et
Décisions
Notre
association s’est réunie deux fois cette année, le
9 Mars pour une Assemblée générale ordinaire et
le 16 Octobre pour une Assemblée générale
extraordinaire .
Effort et Victoire
La « foulée royale » a été
remportée par Jenny Tavé qui habite notre rue.
L’événement n’a pas reçu l’écho qu’il méritait car
il a eu lieu le 15 juin, journée de grande
animation dans le quartier. Elle sera l’élue de la
gazette cette année.
DIMANCHE 15 JUIN 2014
UN DIMANCHE DANS NOS CAMPAGNE RUE DE LORRAINE!
Poules, lapins, coq, et pie,
Arrosoir, brouette, cageots, bûches, paniers, fourche,
Epouvantail, fermiers, fermières,
La campagne s’est invitée rue de Lorraine pour un dimanche
exceptionnel .
2
3
Les Alsaciens au cœur de la fête
La Chanson dU DIMANCHE A LA CAMPAGNE
Sur l’air de « CERISIERS
roses ET POMMIERS blancs »
PAR RENE SLIOSBERG
-1- Pour un dimanche à la campagne
Pas de raison d'aller bien loin
Foin de la mer et la montagne
Y a que Saint Germain.
En habitant l' quartier Lorraine
Suffit de mettre son nez dehors
Vous voyez bien qu 'c'est pas la peine
De faire un effort.
Y a plein d 'charrettes qui stationnent
Au bord des chemins encombrés
Et de faux arbres qui lumignonnent
Lorsque la nuit elle est tombée.
Le garde champêtre qui papillonne
Il est trop occupé ailleurs,
Les bonnes odeurs qui tourbillonnent
Sont celles des chevaux vapeur.
2. La présidente joue les paysannes
Faisant claquer ses blonds sabots
L 'notaire dans sa carriole à âne
Il est fort beau.
Les voisins de la présidente
Se donnent des allures de péquenots
Même Henri IV qui présente
Sa poule au pot.
Les notables dans le village
Essayent de se prendre au sérieux
Et quelques ruraux au grand âge
Se taillent une bavette entre eux.
Cultivateurs du paradoxe
Cancanant à tout bout de champ,
Leur pré carré c'est bien l’intox
Que l'on leur sert à tout moment.
-3 -Pour un dimanche à la campagne
Y a eu celui des élections
Mais à ce jeu de qui perd gagne
Fleurit l'abstention
Fleurs de prairies, flore agricole,
C'est le teint de nos habitants
S'il vire au rose c'est qu'ils picolent
De temps en temps ;
Pour la gazette on s' réunit,
Tirage des Rois ça s'organise
Et on se tape un petit whisky
La présidente sort un peu grise.
Et puis le jour d' la fête de juin
Pour jouer les gens de la cambrousse
Tous costumés on fait du foin
En espérant qu'un jour ça pousse
4. Citoyens du quartier Lorraine
Cerisiers roses et pommiers blancs
Vous avez vraiment de la veine
D'être de faux paysans.
Pas besoin de traire les vaches
Y a tout ce qui faut à Monoprix .
Pas à Bruxelles de taux qui fâchent
Pour fixer les prix.
Tout près de chez vous y a la forêt,
Les rues piétonnes et la terrasse,
Trois fois par semaine il y a l' marché
Tout ça ça fait beaucoup d'espace.
Toutes nos commères servent de basse cour,
Il y a même des quadrupèdes :
Chiens pour pisser faisant leur tour
Et des pouliches pas trop laides .
Conclusion :
Sachez, Madame Bassompierre
Je vous dédie cette chanson.
J'avais bien d'autres choses à faire
A la maison.
Cet hommage à votre (agri)culture
C'est parce que nous partageons
Ce besoin d'atmosphère pure
Dont nous rêvons.
4
Regard impressionniste sur une journée peu ordinaire
Il y a 100 ans Quartier Lorraine …
la rue de Pontoise
A droite au rez de chaussée, le magasin Félix Potin, devenu aujourd’hui 8 à 8.
A gauche, un ensemble de vieilles maisons , dont l’hôtel de la Chancellerie, qui a été démoli dans les
années 1950 pour permettre la construction d’un immeuble appartenant à la société 3F. Une plaque
discrète rappelle l’emplacement de l’ancienne maison du chancelier Séguier. Seul subsiste encore le
passage sous l’immeuble à l’emplacement de l’ancienne rue aux prêtres.
6
Au 4 place de la paroisse, derrière
l’église, se trouvait le chocolatier
Lecestre, fondé en 1830. Il était
célèbre pour ses spécialités dont le
«Disque d’Or» présenté dans de
magnifiques boites (photos ci-dessous).
Quelle est l’origine du mot « gazette » ? Par Chantal Grandclerc
Bien que cela soit parfois controversé, il est généralement admis que le mot « gazette » provient de l’italien
gazzetta et plus précisément du vénitien gazetta.
Dans son Encyclopédie méthodique, Voltaire écrit au mot Gazette : « Relation des affaires publiques. Ce
fut au commencement du XVIIe siècle que cet usage utile fut inventé à Venise, dans le temps que l’Italie
était encore le centre des négociations de l’Europe, et que Venise était toujours l’asile de la liberté. On
appela ces feuilles, qu’on donnait une fois par semaine, gazettes, du nom de gazetta, petite monnaie 1,
revenant à un de nos demi-sous, qui avait cours alors à Venise ».
Le titre de Gazette - qui désigne un écrit périodique donnant des nouvelles politiques, littéraires, artistiques
etc. – fut donné à de nombreuses publications, dont les plus célèbres étaient la Gazette d’Amsterdam, la
Gazette de Leyde, la Gazette d’Utrecht etc., pamphlets publiés par des réfugiés français pendant le
XVIIème siècle. Ces feuilles vivaient surtout de médisances et de calomnies.
Le 30 mai 1631, Théophraste Renaudot qui
était alors, conseiller et médecin de Louis XIII,
maître et intendant général des bureaux
d'adresse de France et historiographe de Sa
Majesté, fondait la Gazette 2. Son privilège lui
donnait le droit exclusif de faire imprimer et
vendre les gazettes, nouvelles et récits de tout
ce qui se passait tant dedans que dehors le
royaume.
Paraissant tous les vendredis, La Gazette, de
petit format (23 x 15 cm), comportait quatre
pages. Elle avait pour rôle d’informer les
lecteurs sur les nouvelles provenant de
l’étranger et de la Cour. Non seulement
Richelieu la protégeait, mais il y collaborait en
faisant insérer ce qu'il avait intérêt à faire
connaître ou à faire croire à l'Europe. Il
envoyait à Renaudot des articles entiers, Louis
XIII faisait de même… Dès la seconde année,
elle changea de titre pour celui de Gazette de
France et compta huit pages. Quelques années
après, elle était tirée à 8 000 exemplaires dans
la capitale et diffusée en province. A partir du
1er mai 1792, elle parut quotidiennement et prit
le nom de Gazette nationale de France après
l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793.
Le ton de ses articles changera en fonction
des régimes en place. Rebaptisée la Gazette de
France sous la IIIe République, elle cessera de
paraître en 1915.
1 Correspondant
2
au prix du numéro
Si Théophraste. Renaudot n'est pas le créateur de la presse en France - Le Mercure français, recueil annuel qui résumait les
événements de l'année écoulée, remonte à 1611 - il reste bien le fondateur du premier grand journal périodique français.
Depuis, chez nos voisins flamands et en
France, de nombreux journaux portent le
nom de gazette. Une gazette, c’est
simplement un journal 3 (et au sens figuré
une personne qui rapporte tout ce qu’elle
entend dire : « cet homme est une gazette
vivante », cette femme est la « gazette du
quartier »).
On en trouve de toutes sortes : la Gazette du
palais, organe d’information juridique de
référence et de publication d’annonces
légales, la Gazette des communes, qui se
consacre à l'actualité de la fonction publique
territoriale et des collectivités locales, la
Gazette de l’Hôtel Drouot, bien connue des
amateurs de ventes aux enchères… et la
Gazette de la Rue de Lorraine, chère aux
habitants du quartier.
Publication annuelle, son premier numéro
daté de janvier 2011, de format analogue à
celui des premières Gazettes de France,
comptait 13 pages. Dès l’année suivante le
format de ses pages avait doublé. Quant à
son volume, il n’a cessé de croître avec un
record en 2013 : 46 pages, en raison du
dossier spécial sur les oiseaux ! Elle se
propose de vous raconter l’histoire du
quartier et de son environnement, de suivre
son actualité, de vous informer sur les
réunions et évènements organisés par
l’association, tels que la fête biennale ou la
Gazette des rois, pardon ! la Galette des rois.
Elle fait appel à toutes les « plumes » du
quartier et, comme nous ne sommes plus au
temps des diligences, elle est diffusée sur
www.lagazettedelaruedelorraine.sitew.fr.
3
En wallon journal se dit gazette
Patrimoine
• De bonnes nouvelles…
Le pavillon de la Muette a été acheté par des amateurs
de vieilles pierres en mai dernier.
La restauration commence. Il devrait ouvrir au public au printemps
lorsque la restauration sera suffisamment avancée pour sécuriser
le bâtiment. Pour plus de photographies et pour suivre l’avance-ment des travaux par internet consultez:
www.pavillondelamuette.fr
• De moins bonnes nouvelles…
L’hôtel de Richelieu (18 rue de la République) reste menacé de démolition. Le 5 septembre
dernier, le préfet des Yvelines a homologué la modification du PSMV* qui permet la
démolition de ces vieux murs et la construction au même emplacement de nouveaux
bâtiments d’une hauteur pouvant atteindre 18 mètres.
L’association des amis du quartier Lorraine a donné mandat à l’association Patrimoine
Environnement fédérant diverses associations de défense de l’environnement et du
patrimoine, dont notre association fait partie, pour agir contre ce projet. Un recours a été
formé.
*Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur
Deux locataires
du petit hôtel de Noailles
par Arlette Millard
Au n° 25 de la rue de Lorraine, une très jolie maison du
XVIIIème siècle intrigue les saint-germanois par son
nom qui est le même que celui du château de Noailles,
rue d’Alsace. Il y a certes un rapport entre les deux
demeures, le château a été la propriété du duc et
maréchal de Noailles (1743-1793), gouverneur de SaintGermain-en-Laye, le Petit hôtel a été loué au marquis
Louis de Noailles (1743-1872), fils du maréchal et
locataire illustre puisqu’il a donné son nom à cette
demeure. En 1754, un menuisier des bâtiments du Roi,
Louis Dennebecq avait acheté rue de Lorraine,
(anciennement lieu dit de la Lorine) une habitation en
très mauvais état qu’il avait fait démolir pour la
remplacer par une maison de rapport, celle qui fut
louée en 1779, à Louis de Noailles. On ne connait pas le
temps que le marquis passa dans cette demeure mais
on sait qu’il était encore dans les lieux en 1784 lors de
sa vente à Jean-Joseph Lesbros, maître de pension.
Louis de Noailles, duc d’Ayen puis duc de
Noailles, marquis de Montclar et de Maintenon,
né à Versailles le 21 avril 1713 et mort à SaintGermain-en-Laye le 22 août 1793
Le marquis Louis de Noailles et de Maintenon
fut successivement gouverneur de Vannes et
d’Auray, ministre plénipotentiaire en Allemagne,
puis ambassadeur en Hollande, à Londres et à
Vienne. Emprisonné pendant la Terreur,
l’arrestation de Robespierre sauva sa tête de
l’échafaud. Il avait un frère, Jean-François,
connu à la Cour de Louis XV pour son esprit et
sa drôlerie, et, en tant que général, soucieux du
bien-être de ses soldats : il avait fait abolir cette
fâcheuse habitude qu’avait l’armée de ce temps
de les faire coucher trois par lit.
Locataire du Petit Hôtel de Noailles au XIXème siècle,
Robert Mac Cormick (1807-1873), est le père de mon
arrière grand-mère. Il est né à St-Croix, une des Iles
Vierges des Caraïbes, d’une mère métisse et esclave que
son père, Ecossais, né à Fort-William, a achetée avec
une plantation de canne à sucre. Il l’affranchit mais ne
l’épouse pas, cela est interdit par le «Code noir [1]»,
aucun blanc ne pouvant contracter mariage avec une
femme qui a du sang noir et cela jusqu’à la sixième
génération. Il en a six enfants, dont Robert qu’il envoie
faire ses études au Danemark (St.-Croix appartient alors
aux Danois). Il ne reverra jamais sa belle et douce
maman.
Anne Smith, 1772-1855 née à Christiansted, Saint
Croix, Iles vierges. Mère de Robert Mac Cormick.
Dessin d’après un daguerréotype
Ile Saint-Croix des Antilles Cette ile appartient aux USA
depuis 1917.
En 1827, Robert Mac Cormick, bachelier ès lettres du Collège Royal de Schleswig, part faire
des études de médecine à l’Université Frédéric-Guillaume de Berlin. Il y est fait « Doctor
medicinae et chirurgicae » après la thèse qu’il a défendue devant ses maîtres berlinois
« Cholera non solum miasmatica sed etiam contagiosa ». Mais qu’est-ce qui le pousse à
quitter Berlin pour Paris ? C’est la Révolution de Juillet : son cœur s’enflamme pour la
liberté - ce sont ses propres paroles - et il décide de partir à Paris.
Corroborant sa thèse, le choléra arrive à Paris en 1831 en même temps que lui. A Berlin,
Hegel, qu’il a connu, en est mort. Il apprend le français et s’inscrit à la faculté de médecine, (il
n’existe pas d’équivalence) où les étrangers sont nombreux, deux cent sur deux mille. Mais à
cause des études déjà faites à Berlin, il n’y reste que quatre ans. Il a pour maîtres les anciens
médecins militaires des armées napoléoniennes : Broussais, Desgenettes, Rostan …« Etudier
à Paris, c’est naître à Paris », dit Victor Hugo. Epouser une parisienne, c’est devenir parisien.
Elle s’appelle Désirée Guillot, elle est née à Naples pendant la royauté éphémère de Murat
dont son père était le grand argentier. La famille est rentrée en France sans argent car les
Anglais ont arraisonné le navire où Guillot et Murat transportaient leurs économies.
[1]
Le Code noir est un ensemble de textes juridiques réglant la vie des esclaves noirs. Il est sanctionné par
Louis XIV en 1685. Article 13 : « Si le père est libre et la mère esclave, les enfants seront esclaves ».
Il a beau être deux fois médecin en allemand et en français, la clientèle boude cet
étranger à l’accent prononcé et à la peau plus bronzée que les Parisiens. Il vend son
piano et fait des dettes mais il a le bonheur de marier sa fille Anne avec un médecin
Suisse, le docteur Charles Gauthey.
Le docteur Gauthey s’installe à Saint-Germain, ville qu’il a connue en accompagnant
son père, pasteur, faire des remplacements le dimanche au culte protestant de la rue
aux Miettes. Il y entraine Mac Cormick, qui loue un moment un appartement à l’Hôtel
du Petit Noailles. Le pasteur Napoléon Peyrat dans ses mémoires, souligne l’arrivée
dans sa paroisse des deux médecins, le gendre Helvète et le beau-père des Caraïbes.
D’ailleurs Robert et Napoléon qui ont le même âge, deviennent de très fidèles amis et
font campagne pour la construction du Temple protestant de Saint-Germain, inauguré
en 1862 *.
Mac Cormick dont les origines étrangères sont mieux tolérées à Saint-Germain qu’à
Paris, peut racheter un piano. Il ne fait pas payer les pauvres « clientèle que Dieu lui
réserve ». Il est aussi le médecin des maisons de tolérance. Il y en a quatre à SaintGermain dans le quartier chaud, rue des Joueries, rue Danès, cour des Sirènes …
L’occupation prussienne assombrit ses dernières années mais sa fille Anne lui donne
deux petits enfants, Thérèse et Louis, mon grand-père.
Il meurt le 15 mars 1873. Le pasteur Peyrat raconte qu’il y a foule à son enterrement,
suivie de « tous les clochards de la ville amenés par leur chef, le fameux Trompette ».
* A Saint-Germain-en-Laye, le culte protestant a d’abord été célébré (à partir de 1829)
au Château, dans la salle de réception de Jacques II, puis dans sa chapelle. En 1834, le
lieu de culte a été transféré dans une ancienne salle de danse ou de bal rue aux
Miettes, rue qui n’existe plus aujourd’hui et qui était en bordure de la façade nord de
la Mairie. Le temple actuel a été inauguré en 1862.
Art …
Enquête sur la Collection Kann
rue de Lorraine Par Vincent Lidsky
Il a semblé intéressant de compléter les informations déjà
publiées en 2011 dans La Gazette sur l’ancienne demeure
d’Alphonse Kann*, au regard de l’actualité l’an dernier, qui a
conduit à l’évocation de cette maison dans la presse nationale;
en outre, nous avons découvert d’autres informations, toujours
l’an dernier, à l’occasion des recherches sur l’ex-Banque de
France.
2014 a vu la sortie du film de George Clooney « Monuments men » qu’on pourrait tra-duire « les sauve(te)urs du patrimoine », sur les experts en art envoyés par les Etats-Unis
pour sauver les trésors volés par les Nazis (critiqué au demeurant par les ayants-droits
européens comme réécrivant l’histoire au bénéfice des Américains alors que souvent ces
agents ont été tentés de placer ces œuvres aux Etats Unis. A cette occasion, plusieurs
journaux nationaux ont évoqué Alphonse Kann et sa maison à St-Germain-en-Laye.
Ainsi, Le Parisien magazine indiquait (mars 2014) : « A l’instar des Rothschild, de Paul
Rosenberg (le grand-père de la journaliste Anne Sinclair) ou de David David-Weill,
Alphonse Kann fait partie de ces grands collectionneurs israélites dépouillés par
l’occupant. Né à Vienne en 1870, ce dernier a déjà gagné Londres quand les nazis forcent
la porte de son hôtel particulier de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Ils ont occupé les
lieux et emporté la plus grande partie des œuvres en novembre 1940. Le reste de la
collection a été vendu à Drouot, en 1942 » raconte Francis Warin, 83 ans, son petit-neveu
et dernier de ses héritiers à l’avoir connu. Le butin ? Des tableaux de Picasso, Klee,
Matisse, Braque, Miro. Au total, 1.100 objets volés : des toiles, des masques africains, des
sculptures ou encore des dessins. Les plus belles peintures sont réparties entre
l’ambassade d’Allemagne et le Jeu de Paume ». (photographie ci-dessous du salon de la maison)
On pourra noter que la presse locale et
le journal de la municipalité de StGermain (même dans sa rubrique « Vu,
lu, entendu » qui reprend des extraits
de presse) n’ont pas évoqué le lien
entre la sortie du film et St-Germain.
Les livres sur l’histoire de notre ville
n’évoquent pas non plus le fait que,
jusqu’en 1940, y était installée l’une
des plus belles collections d’art
contemporain au monde (Kann avait
vendu dès 1927 l’essentiel de sa
collection de Bruegel, Fragonard,
Rubens ou encore Le Tintoret pour se
concentrer sur des œuvres modernes).
* Au 2 rue de Lorraine, hôtel de
Mennevillette, ancien hôtel de Chevreuse,
cité dans l’article suivant.
Pourtant, la « redécouverte » de Kann par la presse (en même temps que de l’histoire des
collections d’art volées à leurs propriétaires juifs) date de la fin des années 90 . En 1997, Le
Monde écrivait : « C'était, vers 1930, un privilège d'être reçu chez Alphonse Kann, 7, rue des
Bûcherons, à Saint-Germain-en-Laye. L'écrivain Maurice Sachs y fut invité. « Chez lui, observe-t-il,
tout est parfait : le whisky, l'Ingres, la miniature, la statue grecque, le cigare, le Cézanne et le chien
qui vous accueille. L'hôte est un homme qui sait, ce qui ne veut pas dire qu'il ne se trompe pas. Il a
mieux compris les peintres de sa jeunesse que ceux de la nôtre.»
Phrase contestable. Kann a réuni l'une des plus belles collections d'art contemporain de France »
.
L’année suivante, Libération publiait deux articles :
« Le musée national d'Art moderne vient de clore
son enquête sur deux oeuvres volées par les nazis
et revendiquées par les héritiers du collectionneur
Alphonse Kann: un Francis Picabia et surtout un
Picasso de 1921, Tête de femme (à gauche) … C'est
maintenant au ministère des Affaires étrangères de
décider si l'Etat restitue ces oeuvres à la famille
Kann. L'Etat a déjà rendu en moins d'un an à cette
famille un paysage d'Albert Gleizes et un dessin de
François Granet, qui se trouvaient respectivement
au Mnam et au Louvre … L'ensemble, saisi, en
1940, par les nazis dans la villa d'Alphonse Kann à
Saint-Germain-en-Laye, pourrait former un musée.
La liste… compte en effet 1 202 objets. La plupart
ont pu être rendus après la guerre. Mais beaucoup
manquent, dont des chefs-d'œuvre... D'autres ont
été retrouvés un demi-siècle plus tard… ». L’autre
article indique : « plus de 35 Picasso à la fois, une
quinzaine de Juan Gris et autant de Van Gogh … il
est passionné par toutes les formes d’expression,
du gothique aux Papous. Dans sa villa de SaintGermain-en-Laye, Goya voisine avec des tapisseries
d’Aubusson, et les statuettes africaines sont posées
sur des meubles XVIIIe ».
Quant au Figaro, il écrivait en 2008 : « …plusieurs affaires ont fait grand bruit. C'est le cas du
procès Alphonse Kann. Quelles oeuvres d'art trouvait-on chez lui, dans sa maison de SaintGermain-en-Laye, quand les employés du service nazi des confiscations des biens juifs (ERR) s'y
rendirent en octobre 1940 et la vidèrent de son contenu ? Immensément riche, d'une famille de
financiers, Alphonse Kann achetait beaucoup. Très tôt, il avait acquis des Renoir, des Degas,
des Monet, des Cézanne. Il ne se convertit à l'art contemporain que plus tard, vers 1920, et
rassembla alors des Matisse dont le pedigree laisse rêveur, des Picasso historiques, des Braque
essentiels pour l'histoire du cubisme. Et encore des Léger, des Klee, des Juan Gris, des La
Fresnaye, des Masson... Tout cela avait disparu. Après la guerre, certaines oeuvres volées et
entreposées dans des caches en Allemagne furent restituées à leur propriétaire, mais pas
toutes, loin de là. Les héritiers d'Alphonse Kann poursuivent aujourd'hui la traque. Des oeuvres,
mises sur le marché en 1940, réapparaissent : la Nature morte au papier Job de Picasso au
MoMa de New York, Fumées sur les toits de Léger au Minneapolis Institute of Arts, L'Homme à
la guitare de Braque au musée national d'Art moderne à Paris, Les Aloès de Matisse à la
fondation de Menil à Houston. Au total, c'est une centaine de toiles que réclament ainsi les
héritiers ».
Peut-être cet oubli à St-Germain est-il en partie lié au fait que, si Alphonse Kann
a pu être considéré comme l’inspirateur de Proust (condisciple au lycée
Condorcet) pour le personnage de Swann, il était installé à St-Germain semblet-il pour y trouver la tranquillité et y est resté discret (son neveu ne détient
d’ailleurs qu’une seule photographie de lui).
Le quartier a en outre subi d’importantes transformations : les bâtiments
anciens et leurs jardins qui lui faisaient face, de l’autre côté de la rue des
Bûcherons, n’avaient pas encore été remplacés par la tour de la « Résidence
des Bûcherons » et son parking aérien (souhaitons que des arbres soient
plantés pour les masquer au moins en partie). L’immeuble voisin du 5 rue des
Bûcherons avait encore sans doute gardé son caractère et n’avait pas ouvert
des ouvertures peu harmonieuses sur la cour. La rue était pavée, de beaux
pavés que, toujours l’an dernier, nous avons pu redécouvrir pendant quelques
jours, le service de la voirie les ayant fait réapparaître à l’occasion d’une
réfection de la rue (ils ne s’y attendaient d’ailleurs pas car ils n’ont pas la
connaissance des rues qui avaient été pavées et de celles qui ne l’étaient pas),
avant de les faire disparaître pour une réutilisation inconnue.
Les recherches des héritiers
d’Alphonse Kann sont dirigées,
depuis 20 ans, par M. Francis
Warin (qui a fondé une
association en la mémoire
d’Alphonse Kann en 1996),
aidé notamment par une
galeriste qui s’est spécialisée
dans ce type de recherches,
Mme Elizabeth Royer-Grimblat
(photographiés ci-contre - AFP).
M. Warin a été alerté par la lecture en 1995 d’un article du « Monde » illustré
par une photo du tableau « Tête de femme » de Picasso, portant la mention
Alphonse Kann. (Ce tableau a été restitué par un musée régional français aux
héritiers en 2003.) Il indiquait l’an dernier à la presse, évoquant les œuvres
récupérées en 1948 : « cette première restitution a été suivie d’un silence de
quarante-cinq ans. Quand la Commission a cessé ses activités, les archives ont
été remisées au ministère des Affaires étrangères, sans que les familles puissent y
avoir accès ». Un rapport parlementaire publié en décembre 2014 appelle à plus
de volonté : « Cent deux œuvres seulement ont été rendues, sur les 2.143
récupérées en Allemagne gardées par les musées nationaux, appelées Musées
nationaux récupération (MNR) ».
La presse a par exemple indiqué que le Centre
Pompidou avait fini par admettre en 2005 que
« L’homme à la guitare » de Braque (photo de
droite) provenait de la collection Kann (il a dû
dédommager les ayants droit), ou que Francis
Warin et sa famille avaient pu récupérer en
2008 un tableau de Léger exposé au musée de
Minneapolis.
De nouvelles redécouvertes sont sans doute en
cours : en novembre 2013, juste avant la sortie
du film « Monuments men », a été découverte
à Munich, chez un particulier octogénaire (C.
Gurlitt), fils d’un marchand d’art proche des
nazis, plus de 1.400 tableaux. D’autres encore
ont été trouvés début 2014 dans sa maison près
de Salzbourg. Les journaux (nationaux et non
locaux à nouveau) ont évoqué Alphonse Kann
parmi les collectionneurs concernés. Toutefois,
à ce stade aucune des œuvres n’a été identifiée
comme telle (au total 3 œuvres sont
restituables.
F. Warin (qui a pris l’attache de la mairie de St-Germain) indiquait à « L’Obs » en
mars dernier : « Lorsque je retrouve une œuvre, j’ai toujours ce sentiment de
satisfaction, comme quand on achève un dur labeur, et puis j’ai l’impression
d’avoir, d’une certaine manière, réparé l’exaction des nazis, d’avoir remis les
choses à leur place. En tant que peintre, je suis toujours ému de me retrouver face
à une œuvre, qui plus est, quand elle a appartenu à mon grand-oncle. Je suis
conscient que pour faire une collection d’art, il faut être riche. Ce n’est pas mon
cas, j’ai donc dû me séparer de certaines toiles. Parfois, ce travail est lourd et
fastidieux. Il se passe de long moment où rien n'aboutit, mais il faut le faire. Je ne
suis pas sûr que quelqu’un reprendra le flambeau pour retrouver dans son
intégralité la collection de mon grand-oncle. Quel que soit le nombre d'œuvres
retrouvées, c'est loin d'être fini pour autant. Les recherches font régulièrement
remonter à la surface la trace d'œuvres disparues ».
Toujours la même année, les contacts noués entre voisins du quartier pour la
préservation de l’ex-Banque de France (immeuble dont la situation par rapport
aux rues est très comparable à celle de l’hôtel d’Alphonse Kann, alors même que
le commissaire-enquêteur retient comme argument pour autoriser sa destruction
que « le parti de front bâti sur rue est présent dans tout le Saint-Germain
historique et il serait difficile de justifier, au 18 rue de la République, des
immeubles en retrait …) ont conduit Roger Sillard à m’informer d’un écrit paru
dans la revue « Europe » en 1985.
Alphonse Kann (à gauche)
et un ami
Gertrude Stein, née en
1874 en Pennsylvanie et
morte en 1946 à Neuilly,
était
une
féministe
américaine, poète, écrivain,
dramaturge. Elle vécut en
grande partie en France et
participa au développement
de la littérature et de l’art
moderne. Elle contribua à
la diffusion du cubisme ,
notamment par l’œuvre de
Picasso, Matisse et Cézanne.
Dans ce numéro, consacré à Gertrude Stein (dont la collection
contemporaine de celle d’A. Kann ainsi que celle de ses frères a fait
l’objet d’une exposition au Grand Palais en 2011-2012), Hélène
Bokanowski (née Kann, femme de lettres et épouse de Michel
Maurice-Bokanowski, fils du ministre décédé dans un accident d’avion
en 1928 et qui fut lui-même ministre) relate dans quelques pages
intitulées « Du côté de Fleurus à l’ombre des Bûcherons » ses
souvenirs de l’artiste, très liés à la maison de son oncle. On y lit ainsi :
« A qui voulait savourer les sucs distillés par Gertrude et l’oncle
Alphonse, avoir un pied rue de Fleurus et l’autre rue des Bûcherons …
les circonstances m’amenèrent à passer de longues heures d’été … à
Saint-Germain-en-Laye … Il entreprit à sa manière de faire mon
éducation… Je sentais bien qu’il y avait entre eux des affinités, ne fûtce que dans le choix de certains tableaux : chez Gertrude le portrait de
Mme Cézanne en bleu-gris, chez l’oncle Alphonse son portrait en robe
rouge, chez l’un et chez l’autre des « Baigneurs » de Cézanne, des Juan
Gris, des Picasso, mais pas les mêmes. S’il dédaignait la période rose et
bleue, les cubistes et la suite s’accumulaient, leur nombre augmentant
sans cesse … pourquoi, puisqu’ils avaient tant de goûts communs, ne
trouvait-on pas chez elle comme chez lui d’autres modernes et
pourquoi les Matisse étaient-ils chez son frère à Saint-Cloud alors qu’il
y en avait tant chez mon oncle ? … Parfois l’oncle venait me chercher
pour m’emmener à Varengeville chez le « père Braque ». Traversant
l’Ile-de-France, il m’initiait aux arcanes de la géophysique et de la
géopolitique. Le paysage alors cessait de défiler en aplats colorés, il
prenait corps et s’intégrait à l’histoire des hommes. … Parfois se
retrouvaient rue des Bûcherons, Braque avec Picasso. Comme
Georges, Pablo semblait avoir une vénération pour l’oncle Alphonse.
Tous deux s’attardaient dans l’une ou l’autre des vastes pièces en
enfilade où chaque pas menait vers un meuble, un objet, une toile hors
du commun. Dans cet univers où l’originalité de son goût rassemblait
et disposait un nombre surprenant d’œuvres variées, des plus récentes
aux plus archaïques…, ils s’oubliaient. »
Plus tard : « C’était l’époque où l’on commençait à savoir que les
motivations humaines avaient l’inconscient pour ressort, où le
surréalisme… imprégnait les lettres et les arts. Cocteau, les Noailles,
Eluard, Masson, Balthus et les autres fréquentaient la rue des
Bûcherons et les murs s’y enrichissaient de toiles de Klee, de Masson,
de Balthus. » A propos d’Alphonse Kann : «Tchelitchev … m’inondait
de coupons de tweed conçus… pour Coco Chanel, dans le secret espoir
que je l’introduise chez mon oncle Alphonse… Tirant silencieusement
sur sa pipe, il me fixa d’un regard sans indulgence … « Souvent, je t’ai
dit qu’il fallait se méfier des modes et des idées reçues »… L’article se
termine ainsi : « Je les trouvais changées comme tous ceux qui avaient
subi les angoisses et les duretés de la guerre. … Elle m’ouvrit les bras et
tout de suite me demanda des nouvelles de l’oncle Alphonse, s’il allait
bientôt prendre le chemin du retour. « I miss him », me dit-elle…».
Les Secrets d’Histoire du Quartier Lorraine
Les duchesses de la rue de Lorraine
par Olivier Pascal
Les plus grandes familles de l’ancien régime avaient un pied-à-terre à SaintGermain-en-Laye, dans une géographie locale qui reflétait les jeux de pouvoir
autour du château et de la monarchie.
Au début du 17e siècle, trois grandes figures féminines incarnent le dernier acte
de ces rivalités, avant le prochain triomphe de l’absolutisme. Et chacune porte le
nom d’un des hôtels du quartier Lorraine, qui se trouve ainsi attachée à ce
moment de l’histoire, comme le révèle un plan de 1709.
Charlotte
de
Montmorency,
duchesse de Bourbon et princesse
de Condé, est issue de la famille
qui
possédait
l’hôtel
de
Montmorency, actuellement au 18
de la rue de la République. (portrait
de droite)
Marie-Aimée de Rohan était
l’épouse du duc de Chevreuse, un
Guise. L’hôtel de Chevreuse était
sis 2 rue de Lorraine. (portrait de
gauche)
Anne-Geneviève de BourbonCondé, duchesse de Longueville,
fille
de
Charlotte
de
Montmorency et sœur du Grand
Condé, épousa Louis d’Orléans,
duc de Longueville, dont l’hôtel
est situé au 26 rue de la
République. (portrait de droite)
Ces princesses sont issues des grands clans familiaux, qui, sous
Henri IV puis Louis XIII, disposent d'une part majeure du
pouvoir en France, du fait de leur patrimoine terrien et aussi de
leurs positions administratives, titulaires de grands offices tels
que la connétablie, le gouvernement de provinces, ou de placesfortes accordées en "garantie" par le roi lors des tractations des
guerres de religion. Ces guerres ont été la façade de leurs luttes
de pouvoir, luttes qui se poursuivent par de graves soubresauts
aux premiers temps de la dynastie Bourbon.
Le Connétable Anne de
Montmorency (1494-1567)
Par Jean Clouet en 1530
Grand père de Charlotte de
Montmorency, ci-dessous
Au sommet des grandes familles de la faction catholique, la
maison de Lorraine* qui s'est alliée aux Bretons de Rohan (les
hôtels Rohan-Soubise à Paris seront bâtis à la place de l'ancien
hôtel de Guise) et qui reste souveraine en Lorraine. La prise de
pouvoir complète en France de la branche de Guise n'a
toutefois pas abouti.
Issus du parti calviniste et opportunément convertis, les
Bourbon détiennent maintenant le trône de France ; leurs
cousins Bourbon-Condé, potentiels successeurs, ont été
entraînés dans leur abjuration et leur fortune.
Quant aux représentants du parti des Valois, qui cherchèrent
longtemps une voie politique intermédiaire entre les deux clans
religieux, ils sont les grands perdants, au premier rang d'entre
eux la maison de Montmorency. Après la condamnation et
l'exécution du dernier duc de Montmorency, en 1633, leur
immense fortune fut transmise aux Bourbon-Condé.
Sur une période délimitée par les deux régences féminines,
celle de Marie de Médicis et celle d’Anne d’Autriche, les
complots successifs contre Louis XIII, pour le remplacer par
son frère Gaston, supposé plus manipulable, puis la Fronde
forment la trame épique de la vie souvent romanesque de nos
princesses. On en donne ici quelques traits tirés des récits des
historiens classiques et autres bons auteurs, aux couleurs
variées (voir la biblio).
*Rappelons que
la rue de Lorraine ne doit pas son nom à la province mais
au lieu-dit La Lorinne ou La Loranne.
Charlotte de Montmorency,
princesse de Condé au cœur de la tourmente
Portrait de Charlotte de Montmorency
daté de 1625
par Daniel Dumonstier.
Musée du Louvre,
En 1609, Henri de Montmorency, connétable de France, est un
des premiers personnages du royaume, même s’il ne jouit pas
de la même faveur que celle dont bénéficiait son grand-père le
connétable Anne auprès de François Ier. Sa fille Charlotte, née
en 1594, tente le roi Henri, vert-galant sur le retour. L’historien
Heinrich Mann indique qu’en arrière-plan, comme pour bien
des maîtresses de Henri, ce serait la famille de la jeune femme
qui aurait favorisé les choses. Toujours est-il que pour disposer
de la couverture nécessaire, le roi fait rompre les fiançailles de
Charlotte avec Bassompierre pour la marier à Henri de
Bourbon-Condé, son cousin et héritier en second (le futur Louis
XIII et son frère Gaston sont encore très jeunes), supposé de
peu d’inclination pour les femmes et donc potentiellement
complaisant. Las ! le cave se rebiffe et emmène sa femme au
loin, à Bruxelles, chez le vice-roi d’Espagne. Nous sommes en
1610, le roi veut repartir en guerre contre l’Espagnol pour
ramener la dame en France, mais le couteau de Ravaillac arrête
son guerrier et adultère projet…
23 ans plus tard, Louis XIII réprime le soulèvement du
Languedoc. Son instigateur Henri II de Montmorency est
condamné à la décapitation et le roi refuse sa grâce demandée
pour son frère par Charlotte éplorée, et par toute la noblesse.
Les biens du dernier duc de Montmorency sont affectés à Henri
de Bourbon, prince de Condé, et à sa femme Charlotte. Leur
échoient ainsi le château et le domaine de Chantilly, et
accessoirement l’hôtel de Saint-Germain-en-Laye. Ils cèdent
immédiatement ce dernier bien au cardinal de Richelieu en
1633. Ses héritiers fort endettés revendront le bien à la veille de
la Révolution.
Portrait d’Henri de Bourbon,
cousin du roi Louis XIII et mari de
Charlotte de Montmorency
Musée du château de Pau
Epouse du premier prince de sang, qu’elle contribue à
rapprocher du Roi, en possession de la première fortune de
France, Charlotte reste une amie de confiance d’Anne
d’Autriche, y compris quand celle-ci devient régente de France.
Elle symbolise alors la profondeur du lien entre la monarchie et
la haute aristocratie, au-delà des tensions politiques. La fronde
et les choix divisés de ses enfants, le prince de Condé, le prince
de Conti, la duchesse de Longueville la déchirent et elle meurt
à ce moment (1650).
Marie-Aimée de Rohan,
duchesse de Chevreuse,
la chevrette indisciplinée
Marie de Rohan, née en 1600 dans cette famille
princière bretonne, commence par épouser
le duc de Luynes favori de Louis XIII .
Elevé à la dignité de connétable de France en 1620,
Luynes la met en situation de nouer une amitié
avec la jeune Anne d’Autriche.
Son tempérament dissipé a une première conséquence tragique quand elle entraîne Anne à
courir dans les salles du Louvre, d’où il s’ensuit pour la jeune reine une chute et une fausse
couche. De cette date, 1622, et pendant seize années, le trône restera sans héritier.
Eloignée de ce fait de la cour, veuve de surcroît, elle se remarie avec Claude de Lorraine,
duc de Chevreuse. La position de la Maison de Lorraine lui permet de réintégrer la Cour sans
retard.
Elle multiplie les intrigues, comme celle qui permit au duc de Buckingham de faire la cour à
Anne d’Autriche. Elle est ensuite instigatrice de différents complots contre Richelieu, qu’elle
voulait faire remplace par son amant Chateauneuf, ou contre le roi à l’occasion des complots
de Soissons et Cinq-Mars. En concurrence avec Charlotte de Montmorency dans l’amitié
d’Anne d’Autriche, elle se distingue par son style agité et vindicatif.
Richelieu exile la remuante "Chevrette". Elle réapparait pour soutenir la fronde
parlementaire, dans le cadre de son opposition à Condé et sa sœur, fidèles au roi à ce stade.
Et à contre-courant durant la fronde des Princes, elle est une des premières de son rang à se
réconcilier avec Mazarin. Par la suite, sa fréquentation de la cour signe particulièrement la
domestication de l’aristocratie par Louis XIV.
Anne-Geneviève de Bourbon,
Duchesse de Longueville,
égérie des deux Frondes
Anne-Geneviève, fille de Charlotte de
Montmorency et d’Henri de BourbonCondé, nait dans la prison du château de
Vincennes en 1619 ; sa mère y a rejoint son
père emprisonné pour s'être opposé au
maréchal d’Ancre le favori de Marie de
Médicis régente. Elle est la sœur aînée du
Grand Condé et du prince de Conti.
Anne Geneviève épouse Henri d’Orléans, duc de Longueville, qui descend de Louis Ier
d'Orléans, par Dunois compagnon de Jeanne d’Arc. Elle l’accompagne à Munster en 1648
et conquiert les négociateurs du traité de Westphalie - la "déesse de la Paix et la Concorde".
A son retour, avec son frère Conti, mais contre son frère Condé, elle embrasse le parti de la
fronde parlementaire . Elle en est l’inspiratrice avec la duchesse de Chevreuse jusqu’à son
terme en 1651, et elle forme ensuite l’âme de la fronde des Princes derrière Condé. Celui-ci
vient finalement à résipiscence, mais Anne-Geneviève reste irréductible.
A la suite de quoi, elle est assignée pour quelque temps à résidence dans son château de
Montreuil-Bellay au sud de Saumur ( ci-dessous) . Elle se tourne vers la religion et le
jansénisme de Port-Royal jusqu’à sa mort en 1679.
Fréquentation de Saint-Germain
Nos princesses ne furent pas nécessairement très assidues en les hôtels qui portèrent leur
nom à Saint-Germain, car des résidences plus prestigieuses étaient à leur disposition, à
Paris notamment où était leur vie sociale, pour les périodes où elles n’étaient pas en fuite
ou en exil. On peut notamment citer pour la princesse de Condé l’hôtel de Condé dans
l’actuel quartier de l’Odéon et pour Marie de Rohan, connétable de Luynes, l’hôtel de la
Vieuville près du "Palais-Cardinal".
Charlotte de Montmorency et Marie de Rohan participèrent jeunes filles à la vie de cour
qui se tenait plutôt au Louvre, la vie royale à Saint-Germain étant plutôt tournée à cette
époque vers la famille et la chasse.
L’idée que la cour devait former une large
société intégrée, vivant de façon continue
auprès du roi n’est venue que plus tard,
avec le déménagement à Versailles.
Charlotte de Montmorency était fille
d’honneur de Marie de Médicis : cela
signifie peut-être qu’elle pouvait résider
au château quand la reine venait à SaintGermain. Pour Anne-Geneviève de
Bourbon, sa vie de jeune femme fut très
parisienne,
notamment
par
sa
fréquentation de l’hôtel de Rambouillet.
C'est la duchesse de Chevreuse qui fut
probablement la plus saint-germanoise.
Enfant, elle a pu séjourner en famille à
l'hôtel de Rohan (rue des Ursulines) et,
plus tard, quand elle réintégra la cour de
Louis XIV établie à Saint-Germain, elle
pouvait y bénéficier de l'hôtel de
Chevreuse, sa résidence habituelle du
château de Dampierre étant un peu
éloignée.
Ci–dessus: portrait de la duchesse de
Chevreuse
en
Diane
chasseresse.
(Portrait attribué à Claude Deruet)
Les hôtels de Longueville , Montmorency (devenu hôtel de Richelieu), Chevreuse (devenu hôtel de
Mennevillette) figurent sur le plan de Georges Boissaye du Bocage (1709) sous les cotes 19, 17 et
20.
Eléments bibliographiques
Ouvrages de Jean-Christian Petitfils, dont : l’assassinat de Henri IV, mystères d'un crime (Perrin, 2009) –
les tenants et aboutissants du pouvoir autour du premier Bourbon
Ouvrages de Simone Bertière, dont : Condé, le héros fourvoyé (Fallois, 2011) – l’homme héroïque, vis à
vis des femmes romanesques
Arnaud Teyssier : Richelieu l’aigle et la colombe (Perrin, 2014 – les tenants et aboutissants du pouvoir
autour du deuxième Bourbon
Alexandre Dumas : Les trois mousquetaires, vingt ans après, le vicomte de Bragelonne – de cape et
d’épée, pour des lecteurs de 7 à 77 ans…
Philippe Erlanger : Henri III (Gallimard, 1935) un classique qui a résisté à la patine du temps
Heinrich Mann : die Vollendung des Königs Henri Quatre (Querido, Amsterdam, 1938) – un historien se
laisse prendre au piège du roman d’un roi
Deux petites histoires derrière la
grande Histoire …
En 1606, Charlotte de Montmorency était fiancée à
François de Bassompierre (portrait de droite) lorsque
le roi Henri IV imposa de la marier à son cousin,
Henri de Bourbon, espérant ainsi la voir plus
aisément. Le futur maréchal de Bassompierre, fort
épris, s’est incliné après un entretien avec le roi mais
il en a conçu un vif dépit. Il évoque cet épisode dans
ses mémoires .
On désignera longtemps sous l’expression « C’est un
vrai Bassompierre! » , un gentilhomme galant,
élégant, hardi, ayant de la répartie et de l’humour.
En 1633, le cardinal de Richelieu achète à Charlotte
de Montmorency et à son époux Henri de Bourbon,
la maison dite Hôtel de Montmorency de SaintGermain. Quelques années auparavant, en 1628, il
avait négocié les fiançailles de sa nièce, ClaireClémence de Maillé-Brézé (portrait de droite) alors
âgée de 5 ans avec le fils ainé du couple, neveu du
roi. A l’époque, le roi Louis XIII est marié depuis plus
de 10 ans avec Anne d’Autriche et n’a pas d’enfant.
Son héritier est alors son petit cousin Louis de
Bourbon-Condé (qui deviendra plus tard le grand
Condé après s’être illustré sur les champs de
bataille). Le cardinal de Richelieu espère ainsi marier
sa nièce au futur roi de France mais en septembre
1638, la reine Anne d’Autriche donne naissance à
Saint-Germain-en-Laye au futur Louis XIV, après 23
ans de mariage, alors que le roi Louis XIII a 37 ans et
la reine 36. Cette naissance anéantit les rêves de
Richelieu de voir sa famille accéder au pouvoir. Le
mariage est bien célébré en 1641 mais cette union
fut malheureuse. Le futur Grand Condé, épris d’une
autre jeune femme, ne témoigna aucun amour à son
épouse et la traita par le mépris.
L’élue du journal
Une foulée Royale !
Dimanche 15 juin 2014, la fille de
Julie et Alain Tavé, 5 rue de
Lorraine, a remporté la célèbre
course saint-germanoise pour la
deuxième fois. Cette course d’une
longueur de 10 km se termine dans
le parc du château de SaintGermain en Laye.
Jennie s’est confiée à la gazette:
« J'ai parcouru les 10km en 36:24
minutes, battant le record du
parcours que j'avais établi en 2011 de
35 secondes. C‘est la deuxième fois
que je remporte cette course. »
14
Lorsqu’on demande à Jennifer Tave
d’où elle vient, la réponse est un peu
compliquée. Bien que sa mère soit
Californienne et son père Corrézien, Jennie
n’a aucune hésitation en disant qu’elle est
Saint-Germanoise de coeur, et cela non
seulement de naissance. Ses souvenirs les
plus vifs sont ceux de sa vie à Saint-Germain
– de la Maternelle rue d’Alsace, l’école Henri
Dunant, la course à pied et les sorties en vélo
dans la forêt, les promenades avec sa mère
et sa chienne Bella sur la terrasse, les
approvisionnements au marché, et plus
récemment les courses portant le maillot du
club des Foulées de Saint Germain.
Bella et Jennie
Elle ne vit plus rue de Lorraine, mais
elle rentre de Californie voir ses parents au
numéro 5, de la rue de Lorraine deux fois
par an.
Après sept années d’enfance à Saint
Germain (au 3 rue Gaucher), Jennie a suivi
sa famille à Dubaï, où elle a vécu pendant
huit ans. Bien qu’elle soit contente de ne
plus vivre sous la chaleur et l’humidité
suffocante, elle a adoré y rencontrer des
amis d’un arc en ciel de cultures.
Elle y a aussi vu les effets de
l’extravagance contre le contraste de la
pauvreté extrême – à Dubaï, ainsi que lors de
ses voyages au Népal, en Inde, en Thaïlande,
au Kenya, en Tanzanie, et en Egypte. Elle a
développé un goût pour la découverte de la
nature dans le désert des Emirats, dans les
wadis de l’Oman et lors de ses séjours
rafraichissants
dans
la
campagne
Corrézienne et à la plage du côté de l’Océan
Pacifique.
Jennie et son frère Jérome
Comme un tournesol, elle s’épanouit sous le soleil, une des
raisons pour lesquelles elle a choisi de s’installer en Californie pour
poursuivre ses études en université. Elle a fait quatre ans d’études de
biologie à Scripps College (dans la ville de Claremont, 1 heure à l’est de
Los Angeles). Recevant une bourse pour courir dans une université au
Colorado (Colorado State University), elle a poursuivi ses études pour
obtenir un masters en nutrition et physiologie sportive. Depuis un an et
demi, elle est de retour à Claremont, adorant son travail en tant que
coach de course pour l’équipe de soixante-dix coureurs qui
représentent l’université en athlétisme et en cross. Elle suit également
un cursus pour être certifiée en tant que nutritionniste et donne des
cours de yoga. Elle souhaite continuer à participer à des compétitions
de course à pied, s’entraine pour courir un marathon cette année, et
espère éventuellement être de nouveau sélectionnée en Equipe de
France.
Au jour le jour, sa vie est rythmée par sa foulée qui lui permet de
se tourner vers la lumière du lever du soleil au-dessus des montagnes
en se levant tous les jours à 5 heures, de partager son goût de vivre, de
trouver une vie équilibrée, et de transmettre son expérience et sa
passion pour une vie heureuse et pleine de santé.
La famille Tavé au complet: Jennie, Jérome, Alain et Julie
LeQuestionnaire de la Gazette
Le principal trait de votre caractère : la ténacité
Ce que vous appréciez le plus chez vos amis : l’amitié inconditionnelle
Votre principal défaut : toujours vouloir mettre les autres avant moi-même et ne
jamais vouloir dire non.
Votre occupation préférée : courir dans la forêt de St Germain, dans les montagnes
du Colorado ou sous les séquoias de Californie.
Le pays où vous aimeriez vivre : il y en a encore tant à découvrir! Pour le moment,
j’aime vivre où se trouvent mes amis.
Votre héros/ votre héroïne dans la fiction : Le Petit Prince de Antoine de Saint-
Exupéry et sa sagesse : « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible
pour les yeux. »
Votre héros/votre héroïne dans l’histoire : Gandhi
Votre compositeur préféré : Debussy
Votre plat / gâteau préféré : un bon moutabal (caviar d’aubergine), les clafoutis
que faisaient ma grand-mère
Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence : les fautes dues à
l’expérimentation
Le superpouvoir que vous aimeriez avoir: voler dans les airs…et changer de
perspectives
Le personnage célèbre dont vous auriez aimé être l’amie : Mère Teresa
Les objets que vous emporteriez dans votre valise si vous deviez partir sur une ile
déserte: de quoi écrire, une gourde, un couteau Suisse, mon sac de couchage bien
chaud, ma chienne Bella (!!) pour me tenir compagnie
Le monde de la rue de Lorraine EN VUE
Carnet Rose
22
Estelle d’Audiffret née le 21 octobre 2014
fille de Brigitte et Aymeric d’Audiffret
Arrivées /Départs:
Rue de Lorraine:
31
Arrivée de Fabrice et Kari ODENT et de leurs deux enfants Fanny
et Gabriel (21 et 19 ans)
Rue Brancion
4
Arrivée de Habib et Marie Hélène ARB, de leurs deux enfants
Tiana et Naveen
Rue Henry Bertrand:
52
Arrivée de Julien et Anouck DARGENT , de leurs trois enfants,
Camille 12 ans, Henri 10 ans et Charles 5 ans.
Les Petites Annonces de la Gazette
Offres de Baby Sitting:
-
Clarence Gérard, 17 ans (2 rue Brancion) peut garder vos enfants le vendredi et le samedi
soir. Téléphone: 01 30 61 94 67.
Emma Braulotte, 15 ans (36 rue Henry Bertrand) peut garder vos enfants.
Téléphone: 06 26 17 51 91
Divers:
-
Iris Kamp donne des cours de piano pour débutants. Téléphone: 06 26 17 51 91
-
Roseline, dame de nationalité philippine , anglophone, recherche des heures de ménages
dans le quartier. Sérieuse et discrète. Références.
Pour tout renseignement contacter Claude et Elisabeth Reinhardt au 4 rue Brancion
([email protected]) qui transmettront.
La famille Vock, (6 rue de Lorraine), recherche toujours un motoculteur pour retourner
son potager. Téléphone : 01 39 12 44 50
-
L’association des amis du quartier Lorraine
vous souhaite
une très bonne année 2015
et vous invite à partager galettes des rois et vin chaud
Dimanche 25 janvier 2015 à 17 heures
dans les caves voûtées de l’hôtel de Courtomer
au 34 rue de Lorraine,
chez Florence et Jean-François Massuelle
Cette année , ont participé à la Gazette:
- Jennie Tavé pour l’élue de la gazette,
- Arlette Millard pour l’article sur le petit hôtel de Noailles,
- Vincent Lidsky pour l’article sur la collection Alphonse Kann,
- Olivier Pascal pour l’article sur les duchesses de la rue de Lorraine
- Chantal Grandclerc pour l’article sur les Gazettes,
- Armelle Privat pour la rubrique 100 ans rue de Pontoise,
- Bernard Mouton pour le communiqué sur l’association des amis de la forêt,
- René Sliosberg pour la chanson du 15 juin ,
- Françoise Brissard, Françoise Roidot , Pascal Daviau et Isabelle Gérard pour le
dossier sur les arbres remarquables.
Et nos reporters photographes: Alexandre Tremblot, Julie et Alain Tavé , Bruno et
Pierre Gérard
La gazette est un courrier d’information rédigé par les
adhérents de l’association des amis du quartier Lorraine.
Elle est gratuite et disponible par internet, sur simple
demande, à l’adresse suivante: [email protected]