le compte rendu - La Ferme du Chant des Cailles

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le compte rendu - La Ferme du Chant des Cailles
Le Champ des Cailles (du curé) – nouvellement appelé « La ferme du chant des cailles »
Dimanche 12 août 2012 de 18h30 à 21h30
Compte­rendu de la première réunion d'information ouverte à tous les habitants
Ordre du jour / Déroulement de la réunion
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Présentations des porteurs de projet
Introduction sur l'agriculture paysanne à petite échelle & le projet par Maarten
Partenariat avec Le Logis ­ La parole à Mr Soumillion
Un petit mot sur l'agroécologie Les 3 axes / pôles du projet
Ligne du temps ­ prochaines étapes
Divers / questions­réponses
Le outils de communication
Prochaine réunion 1. Présentations des porteurs de projet
Maarten Roels – Chercheur au UGent au dept. de Géographie, porteur de projet du mouvement Terre­en­Vue, membre du CA du réseau des CSA, GASAP, Le Début des Haricots. Antoine Sterling – Boitsfortois, biologiste, chargé de mission « potagers collectifs » au Début des Haricots ASBL
Filippo Dattola ­ italien & porteur du projet du potager sur le toit de la bibliothèque royale cette année, passionné pour le maraîchage
Laurence Van Belle ­ chargée de mission sur le projet de la ferme urbaine à Neder­Over­
Heembeek et animatrice nature passionnée
Thomas Vercruysse ­ membre du CA du Début des haricots et soutien au montage financier du projet
Magda Swinarska ­ habitante du quartier & maraichère bénévole passionnée
Anja ­ biologiste herboriste ­ projet de sensibilisation et d'éducation autour de la thématique des plantes sauvages médicinales et de petite commercialisation de plantes séchées (tisanes)
Caroline Grégoire ­ habitante du quartier passionnée par l'Agroforesterie & engagée professionnellement dans l'accompagnement de projets éco­systémiques
Mathieu Dohmen ­ formateur en maraichage en voyage
2. A l'heure actuelle, un nombre important de fermes disparaissent en Belgique et, en comparaison, peu de jeunes reprennent ou créent de nouveaux projets. Suite à l'information transmise par Magda, habitante du quartier et investie dans différents projets locaux & agricoles, que le champ semblait abandonné, un petit collectif de personnes intéressées ­ liées à l'asbl Le Début des haricots pour la majorité d'entre elles ­ s'est constitué et un dossier a été transmis au Logis dans la perspective de soutenir le développement d'un projet pilote et modulable d'installation d'agriculture paysanne agro­écologique en milieu urbain.
3. La société Le Logis compte 1045 logements sociaux (ou sociétaires) sur 60 hectares d'espaces verts. Il y a aussi un centre culturel (Studio Logis), une bibliothèque, des ateliers, et quelques surfaces dédiées au commerce de proximité. Pendant l'entre­deux guerres, Le Logis a vendu 216 maisons pour auto­financer l'aménagement de voiries et autres équipements collectifs. La Cité­jardin englobe donc plus de 1.250 logements.
Le « champ des Cailles » a été vendu au Logis en 1964 par le CPAS de Bruxelles (anciennement appelé CAP). L'acte de vente impose au Logis d'y construire des logements à l'usage de familles à revenus modestes, sans toutefois préciser un délai de réalisation. Le terrain est situé dans le périmètre de classement de la Cité­jardin. Son affectation actuelle le le définit comme terrain agricole. Dans l'attente des partenariats éventuels et de moyens financiers nécessaires à la réalisation d'un projet construction de logements, le terrain a été cultivé depuis son acquisition sur base d'un bail à ferme. Le dernier agriculteur exploitant du champ a cessé ses activités. Parmi différents projets proposés, le Conseil d'Administration du Logis, a retenu celui proposé par « le collectif de la ferme du chant des cailles » et soutenu par l'association « Le Début des Haricots », sur base d'une évaluation multi­critères, parmi lesquels : la faisabilité technique et économique, le degré d'intégration dans le tissu social environnant, les garanties quant à la préservation de la qualité des sols, la fiabilité des partenaires.
4. L'agroécologie représente une vraie alternative aux systèmes de production dit « conventionnels ». En France, Pierre Rabhi est un représentant de ce mouvement qui prône le respect des écosystèmes et intègre les dimensions économiques, sociales et politiques de la vie humaine. Il s'agit d'une démarche qui vise à associer le développement agricole à la protection de l’environnement. L'agroécologie comme pratique agricole veille, notamment à ce que :
­ le travail du sol respecte sa structure, son ordre naturel et ne bouleverse pas le siège des divers micro­organismes dans les strates de la terre. ­ la fertilisation se fasse au moyen des engrais verts et du compostage. Il s'agit d'une véritable nourriture écologique pour les sols, pas besoins d'engrais chimiques ni de pesticides.
­ le maraîcher choisisse et privilégie des variétés adaptées aux terres cultivées, des espèces locales (indigènes) reproductibles localement & qui permettent une véritable autonomie. ­ l'irrigation soit rationnelle, économe et réfléchie dans un contexte d'une meilleure compréhension de l’équilibre terre/eau. ­ le projet privilégie les sources d'énergie mécaniques ou animales pour éviter le gaspillage des énergies fossiles et les équipements coûteux, sans nier le progrès mais en l'ajustant aux réalités. ­ on réhabilite des savoir­faire traditionnels dans la perspective d'une meilleure gestion & d'un meilleur équilibre socio ­ éco ­ écologique ­ etc ...
5. Nous avons structuré nos nombreuses envies et projets en 3 pôles d'activités :
1. Le pôle production : ­ le maraîchage
Le projet de maraîchage se développerait sur un espace de 1,5 ha. Ceci semble le minimum pour faire vivre un maraîcher (2 " mi­temps " pour la saison 2013) de ses activités. A cette fin, nous nous inspirons du projet de Tom Troonbeeckx qui se trouve dans la périphérie urbaine de Leuven. Tom cultive sur 1ha50 et nourrit ainsi en légumes frais 220 personnes et en tire un revenu décent. Ses clients récoltent leurs légumes eux­mêmes et profitent des agréments que procurent l'espace de culture. La production se fera selon les principes de l'agroécologie et de l'agriculture biologique avec une très haute diversité d'espèces cultivées qui seront en partie choisie par les participants du CSA (Community Supported Agriculture, c'­à­d un système de vente directe avec pré­paiement contrat solidaire en début de saison). Actuellement dans la Région de Bruxelles Capitale il n'y pas encore de projet de maraîchage de ce style. Les anciennes fermes encore existantes sont en voie de fermeture et il serait pertinent d'y développer de nouveaux projets / modèles agricoles. Un de ces nouveaux projets est la ferme urbaine agroécologique de Neder­Over­Heembeek, mais c'est un projet de réinsertion socio­professionnelle qui se distingue du projet que nous proposons. Le projet de maraîchage s'inscrit dans la dynamique des circuits courts comme le Réseau des GASAP, également impulsé par Le Début des Haricots en 2007 et qui implique maintenant plus de 3000 individus à Bruxelles. Nous chercherons des membres dans le quartier directement à coté du champ. La production alimentaire génèrera ainsi une économie locale. ­ l'élevage : l'idée actuelle serait d'installer un poulailler avec +/­ 30 poules pondeuses et éventuellement un ou deux coqs mais nous sommes conscients du fait que le chant des coqs peut incommoder certaines personnes (3 personnes ici présentes émettent des réserves) et nous ne mettrons aucun animal sans le consentement des habitants. Nous avons aussi le souhait d'installer des moutons (toute l'assemblée est enthousiaste à cette idée). Ce pôle permettra d'entretenir facilement les espaces non occupés par les autres activités de la ferme et permettra peut­être de faire du fromage, de la viande, du compost,... ­ les céréales : dans la mesure du possible, nous aimerions mener quelques expériences de cultures de céréales ... et qui sait, nous accueillerons peut­être un boulanger !
­ le verger : nous pensons qu'il pourrait être intéressant d'intégrer des arbres fruitiers ainsi que des petits fruits (groseilles, framboises, cassis, fraises,...) sur le terrain. Nous sommes actuellement dans le début d'une collaboration avec Marc Lateur, du centre de recherche agronomique de Gembloux afin de favoriser l'implantation de vergers conservatoires de variétés anciennes dans la Région de Bruxelles­Capitale. Ces vergers seront participatifs c­à­
d qu'ils favoriseront l'implication des habitants dans les activités de plantation, entretien, récolte,... L'espace alloué aux arbres fruitiers devra être bien réfléchi afin de permettre à un futur projet immobilier de prendre place (par exemple en bordure du terrain et/ou intégrés au pôle de maraîchage).
2. Le pôle éducation / sensibilisation : La demande d'activités qui s'inscrivent dans la sensibilisation à l'environnement ne fait qu'augmenter, dans le milieu urbain et à Bruxelles en particulier. Une ferme urbaine agroécologique offre un cadre idéal pour ceci. Néanmoins il est irréaliste d'attendre d'un ou plusieurs maraîchers professionnels de dédier une grande partie de leur temps à cette activité. Pour cette raison, nous prévoyons un pôle animation qui espère vivement pouvoir collaborer avec les écoles & associations locales.
3. Le pôle participatif : c'est l'idée qu'une zone du terrain (+­ 1000 mètres carrés intégrant les petits potagers actuels) soit gérée par un collectif d'habitants qui déterminera, avec le soutien du début des haricots ­ si un dossier est rentré dans le cadre de l'appel à projets ­ le fonctionnement du jardin, le partage de la surface en parcelles individuelles ou non ou en partie. Une charte faisant mention des droits et devoirs de chacun sera co­écrite.
L'idée est bien de privilégier une négociation, une écoute des besoins et envies de chacun mais il s'agira, pour toute personne intéressée, de participer au processus de construction du projet et de maintenir, dans la durée, une participation à la dynamique collective (chantiers d'installation, gestion du compost, prises de décisions, ...)
6. Lundi 20/08 de 8h à 20h : journée de formation au fauchage pour 8 personnes (participation financière assez élevée ­ 80 € par personne ­ et qui ne peut constituer un frein si 2 habitants souhaitent y participer et devenir des professionnels du fauchage)
Mardi 21/08 de 8h à 17h : suite du fauchage avec l'équipe de la ferme urbaine de Neder Over Hembeek et pour quiconque le souhaite (apporter sa faux ou sa fourche ou son râteau)
Mercredi 22/08 de 15h à ... : retournement de la fauche pour séchage optimal
Vendredi 24/08 de 14h à 18h : constitution d'une meule à l'ancienne (apporter son râteau et/ou sa fourche)
Dans la semaine qui suit : hersage
Semis d'un engrais vert au plus tard mi­septembre
7. Quelques questions­réponses (non exhaustif)
• Pendant l'entre 2 guerres, beaucoup d'habitants avaient des poules et un souci d'évacuation des fientes existait, qu'en sera t'il ici ? Tous les fumiers d'animaux seront valorisés dans le maraîchage et ils ne seront probablement pas suffisants
• Quel avenir pour les petits potagers individuels actuels ? L'idée est de ne pas y toucher mais que les personnes occupant actuellement ces espaces s'investissent dans une dimension plus collective de projet de « potager de quartier ». Leurs savoirs­faire pourraient y être partagés.
• Pourquoi les arbres fruitiers (et les récoltes partagées ou vendues à petits prix) ont­ils disparus du quartier? Ces arbres en bout de vie n'ont pas été remplacés ou ont été remplacés par d'autres espèces plus adaptées à un contexte urbain selon différents critères mais depuis peu, la volonté de restaurer et de faire revivre ce patrimoine, anime Le Logis. • Sera­t­il possible de créer une dynamique participative (mine d'or pour le quartier) avec l'ensemble du tissu social, même les personnes, parfois plus fragilisées, qui ne s'engageraient pas d'elles­mêmes dans ce genre de démarche et qu'il faudrait aller chercher pro­activement ? Nous n'avons pas de financement pour ce faire pour le moment. Nous envisageons davantage de démarrer « un petit projet de cohésion sociale » via la mise en place d'un collectif d'habitants porteur d'une démarche participative. Nous ne pourrons pas être sur tous les fronts et le projet d'installation agricole en CSA est ce que nous souhaitons porter le plus en avant; projet auquel nous souhaitons que tout le monde puisse avoir accès et pour lequel nous tenterons de communiquer efficacement vers un maximum de personnes.
• Qu'en est­il de l'analyse du sol ? Celles­ci n'ont pas encore été réalisées.
• Quelle sera la zone d'accès pour un tracteur / camion? L'accès se fera par l'avenue des Cailles, +­ à mi­hauteur du champ, tel l'ancien fermier.
• Quels financements pour l'installation / le démarrage de tous ces beaux projets ? Actuellement nous sommes tous volontaires (bénévolat) pour le démarrage du projet. Nous y croyons dur comme fer et investissons tous un peu d'argent ­ personnellement, en fonction des possibilités de chacun, ou via les fonds propres & solidaires de l'ASBL Le début des haricots ­ pour les travaux que nous avons décidé de mettre en œuvre rapidement (fauchage, hersage, semis d'engrais vert ...). Durant l'automne­hiver, nous établirons, de manière plus approfondie un plan financier et rechercherons l'une ou l'autre source de financement public d'aide à l'installation. Si d'ores et déjà l'un ou l'une d'entre vous a envie de faire un don pour soutenir au démarrage du projet, nous avons ouvert un compte Triodes, dont nous ferons état, mensuellement, des entrées et dépenses.
8. Les outils de communication sont actuellement :
­ www.chantdescailles.be : un site web qui sera petit à petit alimenté
­ une liste de mails vers laquelle nous communiquons (pour toutes les personnes qui nous ont transmis leur adresse e­mail et qui désirent restées informées des événements à venir, ...)
­ [email protected] : une adresse e­mail à laquelle vous pouvez nous écrire des petits messages. Les messages envoyés à cette adresse sont lus par au moins deux personnes du collectif (actuellement Maarten Roels et Antoine Sterling) et une de ces personnes du collectif devrait pouvoir assez rapidement vous répondre. Progressivement, des adresses de contacts par pôles d'activités seront créées.
­ Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec la technologie informatique ou n'y ont pas accès régulièrement, un panneau d'affichage (valve) sera installé près des groseilliers et framboisiers en bordure du champ ( côté venelle). Les informations importantes liées au projet y seront affichées (activités à venir, comptes­rendus de réunions, ...)
9. PROCHAINE REUNION : VENDREDI 14 SEPTEMBRE A 18H30 sur le champ s'il fait beau / autre lieu (maison de quartier) à confirmer en cas de pluie
Ordre du jour en cours d'élaboration :
­ présentation des étapes futures
­ les voies de participations futures (CSA, Zone Participative, ...) ­ discussion ouverte