Exécution de travaux en France
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Exécution de travaux en France
Exécution de travaux en France 1.1. Imposition indirecte Les travaux (montage1 et entretien, travaux de construction, nombreuses autres prestations de services) exécutés en France par une entreprise allemande sont soumis à la TVA française. Le taux normal de TVA en France s’élève à 19,6%. Les relations commerciales entre la France et l'Allemagne sont traditionnellement très étroites. Le volume des échanges s'élève à quelque 120 milliards d'euro. Dans la région frontalière notamment, l'exécution de travaux de construction et de montage est très appréciée de nos voisins français. Les entreprises allemandes non encore assujetties à la TVA en France peuvent avoir recours au mécanisme dit de « reverse charge » selon lequel la redevance fiscale est transposée au destinataire français de la prestation. Celui-ci devient alors redevable de la TVA. La condition préalable à l’application de ce mécanisme étant que le destinataire de la prestation doit lui-même être une entreprise assujettie à la TVA en détention d’un numéro d’identification de la TVA. Ce mécanisme ne s’applique cependant pas aux personnes privées ni aux services administratifs ou autres entreprises non redevables de la TVA. Cependant, le bon déroulement de ces travaux suppose le respect non seulement de contraintes relevant du droit fiscal, du travail et de la sécurité sociale mais aussi des dispositions légales particulières au secteur de la construction ainsi que des prescriptions en matière de garantie légale. Pour éviter que les coopérations commerciales aboutissent dans une impasse administrative, la présente fiche donne un aperçu des plus importants aspects juridiques et fiscaux à prendre en compte pour les travaux de construction et de montage exécutés dans le pays voisin. Les entreprises identifiées au fisc français avant le 31 décembre 2001 par un représentant fiscal restent inscrites auprès de l'autorité fiscale jusque-là compétente. La représentation par un représentant fiscal n'est plus obligatoire depuis le 1er janvier 2002. Les déclarations concernant la TVA et son acquittement peuvent être effectués soit par les entreprises ellesmêmes soit par un représentant fiscal. Pour l’enregistrement à la TVA et l'attribution d'un numéro SIRET et d'un Bien que les renseignements aient été rassemblés avec la plus grande attention, nous ne pouvons garantir leur validité. 1. Fiscalité L’exécution prolongée de travaux de construction en France et une affectation répétée de salariés peuvent générer une obligation fiscale en France. Par conséquent, il est nécessaire de se renseigner sur les conditions d'assujettissement à la TVA en vigueur. 1 Si le montage d’une machine ou installation est considéré comme une prestation accessoire à la livraison de la machine ou de l’installation, alors elle « partage le sort de la prestation principale » et n’est pas soumise à la TVA française. L’existence d’une prestation accessoire suppose toujours la même relation de prestation de service que celle de la prestation principale, qu’elle soit subordonnée et étroitement liée à la prestation principale et qu’elle en dépende. 1 Les prestataires suivants également ces services : - www.eurodroit.com - www.intergest.com - www.intertax.org numéro d'identification à la TVA, prière de s'adresser au Centre des impôts des non-résidents (CINR) Inspection TVA 9, rue d´Uzès TSA 39203 F-75094 Paris cedex 02 Tél : 0033/1/ 44.76.19.07 (08, 09) Fax : 0033/1/44.76.18.33 e-mail : [email protected] proposent Des contrôles pouvant être effectués, il est fortement conseillé d'avoir à disposition les justificatifs sur l'enregistrement à la TVA conforme à la réglementation. Pour plus de renseignements sur la fiscalité en France, prière de se référer à www.impots.gouv.fr. L'enregistrement à la TVA doit contenir une description des activités que le demandeur souhaite effectuer en France. 1.2. Imposition directe La déclaration de TVA est également à rendre aux services centraux sis à Paris : L’imposition directe concerne, d’une part, les bénéfices réalisés en France par des entreprises allemandes et, d’autre part, les salaires que les travailleurs détachés perçoivent pour des travaux effectués en France. Direction des résidents à l´étranger et des services généraux (DRESG) 9, rue d´Uzès TSA 19201 F-75094 Paris cedex 02 Tél. : 0033/1/44.76.19.35 (34) Fax : 0033/1/44.76.18.31 1.2.1. Imposition des entreprises Les bénéfices que réalisent les entreprises avec siège social en Allemagne par des prestations de services ne sont, en règle générale, pas soumis à l’impôt sur les bénéfices en France. Ce principe ne s’applique cependant plus à des projets de longue durée. Conformément à l'Accord franco-allemand sur la double Imposition2, les chantiers de construction ou de montage dont la durée excède douze mois sont considérés comme des établissements stables, avec pour conséquence la soumission à l'impôt sur les bénéfices en France des bénéfices réalisés dans le cadre de ces travaux. Des interventions répétées à intervalles Les entreprises qui ne souhaitent pas effectuer la démarche d'enregistrement à la TVA ni de son acquittement, peuvent faire appel aux services de prestataires externes. La Chambre du commerce franco-allemande à Paris propose, elle aussi, ces services. Chambre Franco-Allemande de Commerce Service Juridique et Fiscal, Remboursement 18, rue Balard F-75015 Paris Tél. : 0033/1/ 40.58.35.67 Fax : 003/1/45.75.47.39 Internet : www.deutschfranzoesisch.com 2 Les textes des accords franco-allemands sur la double imposition sont disponibles sur le site www.bundesfinanzministerium.de (Cliquer sur « Steuern » > « Veröffentlichungen zu Steuerarten » > « Internationales Steuerrecht » > « DBA ») 2 à savoir que rapprochés peuvent également engendrer la création d'un établissement stable soumis à des règles comptables et de déclaration fiscale pour autant qu'elles excèdent douze mois. - 1.2.2. Imposition des salariés Conformément aux accords francoallemands sur la double imposition en vigueur3, les revenus issus d’activités dépendantes sont imposables dans l’Etat contractant dans lequel s'exerce l’activité personnelle source de revenus. - le salarié séjourne dans l'autre Etat pendant une période n'excédant pas au total 183 jours au cours de l'année fiscale considérée ; les rémunérations sont payées pour un employeur ou pour le compte d'un employeur qui n'est pas résident de l’autre Etat ; la charge des rémunérations n'est pas supportée par un établissement stable ou une installation permanente que l’employeur a dans un autre Etat. Une entreprise avec siège social en Allemagne détachant ses salariés sur une durée inférieure à 183 jours pour exécuter des travaux en France, n’est donc pas tenue d’identifier ses travailleurs détachés au fisc du marché cible ni d’y verser l’impôt sur les traitements et salaires. Toutefois, cette règle est abrogée dès lors que les conditions stipulées dans les prescriptions sur les 183 jours deviennent applicables, 3 Accord franco-allemand sur la double imposition, article 13 (Revenus provenant d'un travail dépendant) : (1) Sous réserve des dispositions des paragraphes ciaprès, les revenus provenant d'un travail dépendant ne sont imposables que dans l'Etat contractant où s'exerce l'activité personnelle source de ces revenus. Sont considérés comme revenus provenant d'un travail dépendant, les appointements, traitements, salaires, gratifications ou autres émoluments, ainsi que tous les avantages analogues payés ou alloués par des personnes autres que celles visées à l'article 14. (…) (4) nonobstant les dispositions du paragraphe (1), les rémunérations qu'un résident d'un Etat contractant reçoit au titre d'un emploi salarié exercé dans l'autre Etat contractant ne sont imposables que dans le premier Etat si : 1. le bénéficiaire séjourne dans l'autre Etat pendant une période ou des périodes n'excédant pas au total 183 jours au cours de l'année fiscale considérée, et 2. les rémunérations sont payées pour un employeur ou pour le compte d'un employeur qui n'est pas un résident de l'autre Etat, et 3. la charge des rémunérations n'est pas supportée par un établissement stable ou une installation permanente que l'employeur a dans un autre Etat. (5) a) Par dérogation aux paragraphes (1), (3) et (4), les revenus provenant du travail dépendant de personnes qui travaillent dans la zone frontalière d'un Etat contractant et qui ont leur foyer d'habitation permanent dans la zone frontalière de l'autre Etat contractant où elle rentrent normalement chaque jour ne sont imposables que dans cet autre Etat; b) la zone frontalière de chaque Etat contractant comprend les communes dont tout ou partie du territoire est situé à une distance de la frontière n'excédant pas 20 km ; c) le régime prévu au a) est également applicable à l'ensemble des personnes qui ont leur foyer d'habitation permanent dans les départements français limitrophes de la frontière et qui travaillent dans les communes allemandes dont tout ou partie du territoire est situé à une distance de la frontière n'excédant pas 30 km. (…) Les conditions stipulées dans les prescriptions sur les 183 jours sont toujours de nature cumulative. La base du calcul des 183 jours repose sur le nombre de journées passées dans l’autre pays et non pas sur le nombre de journées de travail. 2. Obligations déclaratives Les entreprises allemandes doivent respecter certaines obligations déclaratives avant de pouvoir commencer des travaux en France. 2.1. Inscription à l'Inspection du travail et des mines (ITM) Conformément à l'article D 341-5-7 du Code du travail, les entreprises doivent procéder à une déclaration préalable du détachement temporaire auprès de 3 l'inspection du travail compétente. Cette déclaration doit être effectuée avant le début de l'activité en France. Seuls les travailleurs effectuant, en France, des travaux de démontage à des fins propres ne sont pas soumis à cette obligation déclarative. L'inscription n'est soumise à aucune prescription de forme particulière. L'inspection du travail locale compétente met les formulaires de déclaration à la disposition des entreprises détachantes. Une liste des ITM locales en France est disponible sur www.travail.gouv.fr (Cliquer sur adresses utiles > vos interlocuteurs en régions). Les déclarations doivent mentionner le nom et l'adresse de l'entreprise, la date du début ainsi que la durée prévue de l'activité et les données personnelles des salariés détachés. La déclaration doit être effectuée en langue française. Un spécimen de la déclaration relative au détachement de salariés est disponible sur le site www.travail.gouv.fr (Cliquer sur fiches pratiques > détachement de salariés > le détachement temporaire en France d'un salarié d'une entreprise étrangère ; paragraphe : Déclaration préalable obligatoire). 2.2. Autres obligations déclaratives Les salariés détachés pour une durée inférieure à douze mois ne sont pas soumis à l'affiliation à la sécurité sociale en France. Cette exemption peut être prolongée d'une année supplémentaire. Les salariés doivent garder sur eux le justificatif d'affiliation à la sécurité sociale4 de leur pays d'origine et le présenter en cas de contrôle. Pour plus de renseignements sur la sécurité sociale en relation avec le détachement de salariés, prière de se référer à la Caisse centrale des assurances invalidité-vieillesse allemande (Bundesversicherungsanstalt www.bfa.de). Aucune autorisation de travail n'est nécessaire pour les ressortissants de l'Union européenne. Conformément à la loi Sarkozy du 26 novembre 2003, il n'existe plus d'obligation de demande de carte de séjour pour les ressortissants de l'Union européenne depuis le 1er janvier 2004. Cependant, les étrangers non ressortissants de l'Union européenne ne bénéficient pas de ces allègements. Ils doivent faire une demande de permis de travail auprès de l’Inspection du travail ainsi qu’une demande pour une carte de séjour auprès de la préfecture compétente. La déclaration préalable doit être adressée par télécopie ou lettre recommandée avec avis de réception à l'Inspection du travail. Sa remise tient lieu de permis de travail. L'Inspection du travail ne délivre aucun autre permis et ne confirme pas la réception de la déclaration. Des contrôles pouvant être effectués, les salariés doivent garder le formulaire de déclaration ainsi que le justificatif d'envoi du télécopieur ou l'avis de réception pour justifier la conformité à la réglementation. 3. Droit du travail L’exécution de travaux en France est également soumise à certaines prescriptions stipulées dans le droit du travail français qu’il importe de respecter. Pour des missions temporaires à l’étranger, le droit du travail applicable 4 Formulaire UE E 101 disponible auprès des caisses de maladie ; Formulaire UE E 102 en cas de prolongation du séjour d'un an´. 4 reste en principe le droit allemand. La raison en est que le lieu de travail habituel du salarié reste l’entreprise détachante allemande. En revanche, pour des missions permanentes (de longue durée), le droit français devient alors applicable. Le taux de majoration ne peut être inférieur à 10 %. Le montant du SMIC (salaire minimum de croissance) horaire brut est fixé, depuis juillet 2006 à 8,27 €, soit 1.254,28 € mensuels. Le SMIC est revalorisé chaque année au 1er juillet. Un abattement de 10 % peut être pratiqué lorsque le jeune salarié est âgé de 17 à 18 ans et dispose de moins de six mois d'expériences professionnelles et de 20 % lorsque le jeune salarié est âgé de moins de 17 ans et dispose de moins de six mois d'expériences professionnelles. Certaines exceptions existent cependant pour les personnes handicapées et les blessés de guerre. Les prescriptions administratives et prescriptions contenues dans les conventions tarifaires générales françaises les plus favorables pour les salariés doivent toujours être appliquées. Ainsi, il importe de toujours5 respecter les prescriptions françaises en vigueur en matière de permis de travail, rémunération, travail de nuit et du dimanche, jours fériés, congés payés annuels, protection des femmes enceintes et des jeunes ainsi que sécurité du travail et hygiène. Les jours fériés légaux français doivent être pris en compte lors de l’exécution de travaux et ne correspondent pas tous aux jours fériés en Allemagne. Jours fériés légaux valables en France : La durée hebdomadaire légale du travail en France est de 35 heures. Les cadresdirigeants sont exclus de la semaine des 35 heures. Le nombre maximal d'heures supplémentaires annuelles est fixé à 180 heures. La durée de travail ne doit pas excéder 10 heures par jour, 48 heures par semaine ou une moyenne de 44 heures hebdomadaires réparties sur une durée de 12 semaines. - En l'absence de dispositions dérogatoires contenues dans un accord d'entreprise ou une convention collective, la majoration de salaire accordée en contrepartie des heures supplémentaires est fixée aux taux suivants : - 1er janvier (Jour de l’An) Lundi de Pâques 1er mai (Fête du Travail) 8 mai (Victoire 1945) Ascension 14 juillet (Fête Nationale) 15 août Assomption Novembre (Toussaint) 11 novembre (Armistice 1918) 25 décembre (Noël) En Alsace et en Lorraine, Vendredi Saint et le Lendemain de Noël (26 décembre) sont également fériés. 25 % pour les huit premières heures, 50 % au-delà. Pour plus de renseignements sur le droit du travail français, prière de se référer au site http://vosdroits.service-public.fr (site en français). De plus, des informations sur le droit du travail français sont également 5 Exception : Hormis le cas où le détachement de salariés s'effectue dans le secteur de la construction, les dispositions françaises concernant les congés payés annuels et le salaire minimum ne s'appliquent pas aux salariés détachés pour une durée qui n'est pas supérieure à huit jours en vue d'effectuer des travaux de montage initial ou de première installation d'un bien. Ces travaux doivent faire partie intégrante d'un contrat de fourniture de biens. 5 de l'immeuble ou qui le rende impropre à sa destination. Les désordres purement esthétiques en sont cependant exclus. Le droit de garantie décennale est applicable sans avoir à démontrer la faute du constructeur. Les victimes de dommages ont comme voies de recours la remise en état de l'ouvrage, le paiement de dommages et intérêts ou le cumul de ces deux voies de recours. Cependant, une assurance obligatoire (assurance R.C. décennale) est prévue par la loi française pour couvrir les droits de garantie des maîtres d'ouvrage. Cette assurance obligatoire s'applique à la construction de bâtiments et non pas aux travaux publics ou de construction d'infrastructures. Le Groupe CAMACTE6 ( www.camacte.com) ainsi que MAAF Assurances ( www.maaf.fr), entre autres, proposent des assurances R.C. décennales. A l'heure actuelle, il n'existe vraisemblablement pas encore d'assureurs proposant cette assurance obligatoire. La plupart des prestataires d'assurance français n'assurent que les entreprises ayant une succursale en France. Au cas où une entreprise allemande connaîtrait des problèmes pour conclure une assurance en France (refus opposé par le prestataire français d'assurer une entreprise allemande ; aucune réponse en l'espace de 45 jours suivant la réception de la demande), elle peut saisir le Bureau Central de tarification (BCT) sis à Paris (tél. 0033 /1/ 53.32.24.80 ; fax 0033/1/53.32.24.74 ; email [email protected]). disponibles sur le site du Service Info Emploi du Ministère de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale www.travail.gouv.fr. 4. Garantie et assurance R.C. Les entreprises allemandes sont responsables, en règle générale, pour les prestations qu'elles fournissent en France. C'est pourquoi il est nécessaire de vérifier avant le début des activités en France si la police d'assurance R.C. allemande souscrite par l'entreprise couvre également des dommages causés à l'étranger. Des règles spécifiques régissent le secteur de la construction. Le Code Civil prévoit trois catégories de responsabilités. L'entreprise répond du parfait achèvement de l'ouvrage pendant l'année qui suit sa réception. Sont comprises dans cette garantie les obligations de supprimer les défauts altérant la qualité assurée fixée dans le procès-verbal de réception sauf s'ils sont dus à l'usure normale. La garantie biennale se réfère à la responsabilité des constructeurs pour une durée de deux ans du bon fonctionnement des éléments d'équipement du bâtiment, à savoir des composantes mobiles et dissociables de la construction. Cette garantie couvre le bon fonctionnement de l'ouvrage. La garantie légale la plus importante sur la durée, qui court sur dix ans, s'applique aux malfaçons affectant la construction ainsi qu'aux éléments porteurs et indissociables du bâtiment. Sont également comprises dans cette garantie les installations solaires. Cette garantie s'applique aux dommages qui compromettent la solidité 6 Prière de s'adresser à Mme Hoffmann pour les demandes en langue allemande, Tel.: 00 33/ 3/ 88 37 69 54. 6 7