Deux lettres de Philippe II, roi d`Espagne, adressées au Magistrat de

Transcription

Deux lettres de Philippe II, roi d`Espagne, adressées au Magistrat de
Deux lettres de Philippe II, roi d’Espagne, adressées au Magistrat de Saint-Omer, par
lesquelles il lui témoigne sa satisfaction des services qu’il a rendu à la chrétienté en chassant de
l’Artois tous les hérétiques et séditieux.
Le Roy.
Chiers et bien amez, nous avons volontiers entendu les bons [2] debvoirs et
offices que vous avez faict pour le bien et salut en général [3] de la chrétienté, et
particulièrement de notre pays et conté d’Arthois [4] en chassant et expulsant tous
les hérétiques et séditieux, et pour ce nous [5] voulons bien que vous entendez
que l’occasion quy nous a meu à prendre [6] les armes n’a esté aultre que pour
parvenir à cest effect et maintenir [7] inviolablement la foy et religion catholicque
romaine, et vous voyant [8] oppressez par les forces du prince d’Orenges, vous
ayder à oster ce [9] joug de dessus les espaules et conserver aultant votre estat que
notre [10] jurisdiction et seigneurie, et puis que de vous mesmes vous estes [11]
affectionnez à votre prouffict et souhaitez votre délivrance, vous nous [12]
trouverez disposé et prest à vous ayder et conserver ce que vous est [13] deu, et
sert à votre salut, avecq les moyens que Dieu nous a presté en ce [14] monde. Et
pour desraciner toute dissidence de voz espritz, voulons que [15] soyez francqs,
quictes et exemptz de toute garnison d’Espaignolz et aultres [16] estrangers quel
que ce soit, vous asseurant en parolle de Roy que [17] aussy tost que par les forces
du pays, vous vous pourrez conserver [18] et guarantir contre les invasions dudit
prince d’Orenges et ses adherens [19] ferons incontinent retirer les Espaignolz et
aultres estrangers de [20] par-delà. Car ne desirons aultre chose de vous que le
seul exercice [21] de la foy et religion catholicque romaine, et l’accomplissement
de notre [22] obéissance en la mesme façon et manière que voz prédecesseurs, et
[23] vous souliez rendre à feu l’Empereur mon très honnoré seigneur et père [24]
et surtout que vous scachez veoir et congnoistre votre bien et [25] congnoissez de
quelle affection nous procedons. Nous scavons bien qu’il [26] y en a aulcuns es
aultres provinces quy cherchent les moyens de [27] nous endommaiger, et que la
fin et intencion des François ne tend point [28] ailleurs, sur en vous tenant
asservis soubz leur main et puissance [29, au dos] amoindrir notre jurisdiction et
seigneurie mais sy obstinement il y [30] a quelq’ung quy se veuille perdre et ruyner
soy mesme, nous [31] protestons d’ici en avant que sy on endure quelque perte,
ruyne et dommaige [32] que la coulpe en sera seullement à eux et non à nous quy
faisons [33] par force la guerre et que ce débat n’est point selon notre volunté. Et
[34] d’aultant que vous avez fort bien encommancé, n’estant aultre notre [35]
désir que de vous veoir remis en repos et tranquillité perpetuelle [36] nous vous
prions de continuer en notre party que vous avez [lacune] [37] se comme meilleur
et plus prouffictable vous et amentevant [38] toutes fois que vous avez souvent
laissé couller les occasions que [39] ne reviennent point à la main toutes les fois
qu’on les souhaicte [40] en ne condescendant à accepter ce que vous avons offert,
ainsy [41] que scavent plusieurs bons personnaiges des votres, quy sont tesmoings
[42] de l’amour et bonne affection que vous portons comme à present les [43]
effects à voz affaires en conformité de ce que de notre part [44] vous a faict
entendre le Sieur de la Motte. A tant chiers [45] et bien amez notre seigneur vous
ait en sa sainte garde. De Madrid le IIIe de Janvier 1579.
[Signé :] Philippe.
[Plus bas, signé :] Dennetières.
[Au dos :] Nos chiers et bien amez les mayeurs, eschevins et communaulté de notre
ville de Saint Omer.
[Au dos, d’une autre main :] Le XIIIe de mars 79.
BASO, Archives communales de Saint-Omer, Layette BB CXL n°1, pièce 1
Le Roy.
Chiers et bien amez, nous avons entendu par lettres des [2] sieurs de la Mote,
d’Helfaut, et d’aultres et par le rapport [3] du sieur de Blangerval à notre grand
contentement avecq quelle [4] voulenté et affection vous vous entretendre en
notre devotion et [5] obeissance contre les malheureux offices que l’on a intenté
pour [6] vous seduyre et forcompter comme l’on a faict aulcunes aultres [7] villes,
et avons a service fort aggreable les bons et constans [8] termes que de votre
conseil vous avez tenu nous faict [9] entierement confier de veus et ne vous
donnez peyne de regne [10] aulcuns pervers quelquesfois sement pour donner
ombre [11] contre votre vertu et constance dont ne devez faire cas puisque [12]
vous pouvez confier que pendant que vous persevererez comme [13] nous
esperons sera tousjours chose que l’on die contre vous [13] ne nous mouvra que
nous demeurans bons et obeissans subjetz [14] comme nous confions et esperons
de vous jusques au bout, nous [15] ne vous soyons bon prince, seigneur et père. Et
sera bien que [16] pour votre plus grande asseurance vous teniez tousjours [17]
toute bonne correspondance avecq les supplians sieurs de la Motte [18] et
d’Helfauct. A tant chiers et bien amez notre seigneur [19] vous ont en sa sainte
garde de St Laurens le Royal [20] le 12 de septembre 1579.
[Signé :] Philippe
[Plus bas, signé :] Dennetières
[Au dos :] Nos chiers et bien amez les mayeurs et eschevins de notre ville de Saint
Omer.
[Au dos, d’une autre main :] Deux lettres de Philippe, Roy d’Espagne signé de le main,
escrite au magistrat de St Omer. 1579.
BASO, Archives communales de Saint-Omer, Layette BB CXL n°1, pièce 2