HISTOIRE DES ARTS – L`Affiche rouge
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Arts de l’espace Arts du son Arts du langage Arts du spectacle vivant HISTOIRE DES ARTS – L’Affiche Arts du quotidien Arts du visuel rouge (Sources : http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=1259) Arts, créations, cultures Arts, espaces, temps Arts, États et pouvoirs Arts, mythes et religions Arts, ruptures, continuités Constitué et organisé entre la fin de l’année 1942 et février 1943, le réseau Manouchian fait partie du groupe de résistance des « Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée » (FTP-MOI). Composé de 23 communistes (dont 20 étrangers : espagnols, italiens, arméniens et juifs d’Europe centrale et de l’est), le réseau effetcue de nombreux attentats et actes de sabotages contre l’occupant nazi. Le réseau Manouchian tient son nom de son dirigeant : Misak Manouchian. Arrêtés en novemre 1943, ses membres sont jugés lors d’un procès qui se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris, du 17 au 21 février 1944. 22 des 23 membres du réseau (Olga Bancic, la seule femme du groupe, étant décapitée le 10 mai) sont condamnés à mort et fusillés le 21 février au fort de Mont-Valérien. Réalisée par les services de propagnade allemands en France, l’affiche (appelée aussi l’Affiche rouge) est placardée à Paris et dasn certaines grandes villes françaises au moment du procès ou juste après l’exécution (le 22 février). Publiée à 15 000 exemplaires et accompagnée de nombreux tracts évoquant l’évènement, elle constitue une opération de propagande d’envergure contre la Résistance. Arts, techniques, expressions Contexte : Une opération de propagande d’envergure Analyse de l’image : L’image est organisée en trois parties. Barrant le haut et le bas de l’affiche, la question (« Des libérateurs ») et la réponse (« La libération par l’armée du crime ! ») délivrent explicitement le message que veulent faire passer ses auteurs. À l’intérieur d’un triangle rouge, figurent les photos, les noms, les origines et les actions menées par dix résistants du groupe Manouchian. La pointe de ce triangle forme une flèche indiquant une direction : le bas de l’affiche. Dans cette troisième partie, six photographies (attentats, armes ou destructions) représentent la menace qu’ils constituent à travers certains des attentats qui leur sont reprochées. Interprétation : L’affiche rouge entend d’abord présenter les membres du réseau Manouchian comme de dangereux terroristes. La couleur rouge, dominante, évoque leur appartenance politique mais aussi le sange qu’ils ont versé. De même, la présentation des photos en médaillons au-dessus de leurs « légendes » évoque des images criminelles. Qualifiée de bande, le réseau Manouchian se voit ainsi refusé toute reconnaissance politique. L’image insiste aussi sur le fait que cette « armée du crime » est constituée d’étrangers. Agressifs, l’air méchant, ces hommes sont en plus des juifs, des communistes (rouges), des étrangers. Aalors que les actes de résistance se multiplient, les autorités allemandes entendent ainsi persuader les citoyens du danger que ces hommes font courir au pays. Loin de libérer la France (pour la rendre aux Français) cette affiche veut faire croire que ces hommes veulent semer le chao. Au final, cette affiche a eu l’effet inverse de celui qui était recherché par les Allemands. Elle a pris une portée symbolique comme la démonstration du sacrifice pour la liberté et de l’engagement d’étrangers pour un pays qui n’est pas le leur à la base. Le groupe de Manouchian, à travers cette affiche, incarne ce sacrifice pour la liberté et pour la France, pays des droits de l’homme avant l’Occupation. C’est en cela que cette affiche a une portée artistique. Portée et influence de l’œuvre : En s’inspirant de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme avant son exécution, Louis Aragon écrit le poème Strophes pour se souvenir en 1955, à l’occasion de l’inauguration de la rue du groupe-Manouchian située dans le 20ème arrondisssement de Paris. Ce poème est mis en musique et chanté par Léo Ferré en 1959. Depuis il a été très souvent repris par d’autres chanteurs. De l’Antiquité au IXème s. Du IXème s. à la fin du XVIème s. XVIIIème s. et XIXe s. Le XXème s. et notre époque Lettre écrite par Michel Manouchian à sa femme Mélinée le 21 février 1944 à la prison de Fresnes quelques heures avant son exécution. Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée, Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais. Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps. Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sour et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération. Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sour et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cour. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari. Manouchian Michel. P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M. Strophes pour se souvenir (poème de Louis Aragon, écrit en 1955 en hommage aux vingt- trois résistants du groupe Manouchian). Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes Ni l'orgue ni la prière aux agonisants Onze ans déjà que cela passe vite onze ans Vous vous étiez servi simplement de vos armes La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants L'affiche qui semblait une tache de sang Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles Y cherchait un effet de peur sur les passants Nul ne semblait vous voir français de préférence Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE Et les mornes matins en étaient différents Tout avait la couleur uniforme du givre À la fin février pour vos derniers moments Et c'est alors que l'un de vous dit calmement Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses Adieu la vie adieu la lumière et le vent Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses Quand tout sera fini plus tard en Erivan Un grand soleil d'hiver éclaire la colline Que la nature est belle et que le coeur me fend La justice viendra sur nos pas triomphants Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant. Lien Youtube pour voir l’interprétation du poème par Léo Ferré : http://www.youtube.com/watch?v=oW9tnZjTjFk
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