Exploitation des hydrocarbures et électrification des transports
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Exploitation des hydrocarbures et électrification des transports
Exploitation des hydrocarbures et électrification des transports : Les modèles norvégien et suédois Mémoire présenté à titre personnel à la Commission de consultation itinérante sur les orientations du Québec en matière de développement énergétique Marc Dean Québec Septembre 2013 « Il est des points où le courage et l’audace tranquilles deviennent pour un peuple, aux moments clés de son existence, la seule forme de prudence convenable. (…) Les peuples sont comme les individus : seuls réussissent ceux qui n’ont pas peur de la vie. » (René Lévesque, Option Québec, 1968) Il y a 50 ans, le gouvernement de Jean Lesage nationalisait l’électricité. Cette formidable aventure avec à la tête René Lévesque, ministre des Ressources naturelles, et Jacques Parizeau, conseiller économique du gouvernement, mettait au premier plan le courage politique. L’affirmation politique et économique du peuple québécois passait nécessairement par la maîtrise pleine et entière de ses ressources naturelles. Le débat qui faisait rage au Québec à l’époque en ébranlait plusieurs. Lévesque se faisait traiter de « méchant socialiste ». Aux dires des détracteurs du projet, l’État québécois était incapable de s’occuper de l’hydroélectricité. L’entreprise privée le faisait mieux, mais à quel prix? L’entreprise privée investissait là où c’était facile, là où le retour sur l’investissement était le meilleur. Ce « système de broches à foin », comme disait Lévesque, faisait en sorte que des pans entiers de nos campagnes étaient laissés à eux-mêmes, avec un réseau de transport déficient, des infrastructures désuètes et des prix exorbitants exigés des usagers. Les profits, par contre, étaient largement au rendezvous. René Lévesque et d’autres décidèrent que cela avait assez duré. Il fallait prendre le contrôle des différentes sociétés privées par la nationalisation et commencer un immense chantier qui allait permettre à tous les Québécois de pouvoir compter sur un réseau fiable de distribution et de production d’électricité. Il fallait également bâtir une expertise typiquement québécoise en ce qui a trait au développement de l’énergie hydroélectrique. Les Québécois allaient devenir des dompteurs de rivières, des constructeurs de barrages, des concepteurs de turbines, des ingénieurs chevronnés de renommée internationale, des monteurs de ligne, des chercheurs en transport d’électricité de haute tension adapté au climat rigoureux ou de piles rechargeables performantes, etc. Les grands chantiers de la Mauricie, de la Côte-Nord et de la BaieJames donnaient du travail à des milliers de Québécois. Le « maître chez nous » était en action. Le Québec se mettait enfin à créer de ses mains une richesse bien à lui qu’il allait choisir de répartir entre tous par la mise en place d’un ensemble de mesures de protection sociale (accès universel à une éducation et à des services de santé, aide sociale, santé et sécurité au travail, etc.) À peu près au même moment, en Norvège, le développement hydroélectrique bat aussi son plein. On fait également la découverte du pétrole dans la Mer du Nord. Des « René Lévesque » norvégiens nationalisent le pétrole, se mettent au travail et créent, en 1972, la société Statoil qui aura le mandat de bâtir une expertise, typiquement norvégienne, d’exploration, d’exploitation et de transport du pétrole. On y construit aussi une société égalitaire basée sur les mêmes principes et protections sociales, quoique plus élaborés. Les peuples nordiques québécois et norvégiens pouvaient compter sur un leadership politique visionnaire qui avait compris que la meilleure façon de retirer le maximum de rente sur la ressource était d’en prendre le plein contrôle. Les objectifs de la nouvelle politique énergétique Le gouvernement du Québec poursuit six objectifs stratégiques dans sa nouvelle politique énergétique : 1. Réduire les émissions de gaz à effet de serre; 2. Utiliser les surplus d’électricité pour accentuer l’électrification des transports et développer l’industrie; 3. Favoriser l’efficacité énergétique dans tous les secteurs et pour toutes les sources d’énergie pour le développement des régions; 4. Miser sur la production d’énergies renouvelables (hydroélectricité et éoliens) et développer les énergies renouvelables émergentes (hydrolienne, solaire passif, géothermique, etc.) en favorisant le développement et l’innovation; 5. Explorer et exploiter de façon responsable les réserves d’hydrocarbures du territoire et valoriser cette ressource afin d’enrichir tous les Québécois; 6. Assurer à long terme la sécurité et la diversité des approvisionnements énergétiques du Québec. Ce mémoire présenté dans le cadre de la consultation itinérante sur les orientations du Québec en matière de développement énergétique traitera donc essentiellement de deux choses : l’exploitation des réserves d’hydrocarbures (objectifs 5) et l’électrification des transports (objectif 2). 1 Exploiter de façon responsable les réserves d’hydrocarbures afin d’enrichir tous les Québécois : s’inspirer du modèle norvégien Avec la découverte de gisements pétroliers et gaziers sur son territoire, le gouvernement du Québec a décidé d’aller de l’avant dans l’exploitation des ressources d’hydrocarbures dans un contexte où l’acceptabilité sociale et environnementale est fortement compromise. De là l’intérêt que représente la Norvège qui a mis en place au cours des 40 dernières années un modèle de développement durable et sécuritaire des ressources pétrolières et gazières qui a permis au pays de s’enrichir. Le Québec pourrait s’en inspirer. Par différents outils étatiques et fiscaux, la Norvège s’est construit un fonds de pension public tiré de l’exploitation du pétrole évalué à plus de 700 milliards $ CA. Le pétrole a ajouté 1560 milliards $ US1 au PIB de la Norvège au cours des 40 dernières années. Si on examine de plus près ce qui fait la force du modèle norvégien, on y constate tout d’abord que l’exploitation pétrolière et gazière se fait principalement par le biais d’une société d’État, Statoil. Cette société possède une expertise complète en la matière, que ce soit l’exploration, l’exploitation ou le transport du pétrole et du gaz (réseau d’oléoducs). Le gouvernement norvégien est détenteur de 67 % des actions de la compagnie. Les dividendes annuels versés au détenteur principal (le gouvernement) sont versés directement dans le Fonds de pension gouvernemental. Depuis son inscription à la bourse en 2001, Statoil a versé 18,9 milliards $ CA au gouvernement, 2,36 milliards $ CA seulement pour 2011. Au fil des ans, Statoil est devenue une entreprise internationale présente dans 36 pays, dont le Canada (en Alberta et à TerreNeuve). Elle compte 21 000 employés. L’État norvégien s’est doté d’un deuxième joueur tout aussi important que Statoil. Il s’agit du State Direct Financial Interest (SDFI) qui est un instrument financier du gouvernement pour participer à des projets privés d’exploration et d’exploitation pétrolière et gazière. Le SDFI investit comme actionnaire de projets privés et recueille ses revenus au même titre que les autres actionnaires. Depuis 1989, le SDFI a contribué pour 210 milliards $ CA aux coffres de l’État. Le SDFI a un portefeuille d’investissement très diversifié. Il est composé de licences de production dans les phases d’exploration, dans les champs pétrolifères et gaziers en développement et ceux en production. De plus, SDFI est actionnaire majoritaire de pipelines et d’infrastructures pétrolières et gazières terrestres. La valeur des investissements de SDFI a été évaluée à près de 200 milliards $ CA en 2012. Il avait des intérêts dans 146 licences de production en plus de 14 coentreprises de pipelines et d’infrastructures terrestres (onshore) au 1er janvier 2012. Depuis 2001, c’est la compagnie Petoro SA qui administre le SDFI au nom du gouvernement. L’objectif est de s’assurer de la meilleure gestion de la ressource et d’une création de valeur maximale pour l’État norvégien. Comme partie intégrante de la stratégie étatique de propriété conjointe (Statoil, SDFI, Petoro SA, entreprises privées du secteur pétrolier), Statoil fait la commercialisation et la vente de son pétrole et de celui produit sous la gouverne de SDFI. Statoil est responsable de favoriser également la création de la valeur maximale pour l’État tout en ne ménageant rien pour assurer une exploitation sécuritaire et durable de la ressource (renouvellement de ses équipements, recherche et développement, application des principes de développement durable, etc.). Les licences de production sont octroyées lors de rondes organisées par le ministère du Pétrole et de l’Énergie. Il est considéré normal pour l’État de garder directement pour lui la propriété des licences avec le plus de potentiel de profitabilité. Dans la dernière ronde, Statoil a gardé pour elle entre 13 et 26 % des licences de production octroyées et SDFI autour de 29 %. Pour ce qui est de la fiscalité, on note tout d’abord que l’activité pétrolière est taxée de la même façon qu’une entreprise ordinaire, soit une taxe sur les profits de 28 %. À cause de la profitabilité extraordinaire de cette industrie, une taxe spéciale sur les profits de 1 Discours du ministre norvégien 2013 : http://www.regjeringen.no/en/dep/oed/whats-new/speeches-andarticles/the_minister/speeches-and-articles-by-the-minister-of-2/the-norwegian-model-evolutionperformanc.html?id=726975 ; présentation Power Point : http://www.regjeringen.no/upload/OED/pdf%20filer/Taler%20og%20artikler/20130508PresentationMexico.pdf ; Excellent document pour comprendre le modèle norvégien : http://npd.no/en/Publications/Facts/Facts-2013/ 2 50 % s’ajoute à la taxe ordinaire, pour un total de 78 %. Des taxes sur le carbone et l’oxyde d’azote viennent compléter le tout. Les investissements en équipement (amortissement limité sur 6 ans), en exploration, en recherche et développement et en financement (intérêts sur les dettes) peuvent être déduits. Une entreprise n’est pas taxée si elle n’a pas atteint un certain niveau de rentabilité. Ceci a favorisé l’éclosion de petites et moyennes entreprises norvégiennes dans les secteurs pétroliers et gaziers. Vous allez dire qu’avec un tel niveau d’imposition, comment se fait-il que les entreprises privées se bousculent pour obtenir des licences d’exploration et d’exploitation? Parce qu’elles font des profits élevés quand même. Tous les profits, les dividendes et les taxes issus de l’exploitation du pétrole et du gaz sont versés dans un fonds souverain, le Government Pension Fund Global (GPFG). C’est la Norges Bank Investment Management (NBIM), une unité administrative de la Banque centrale norvégienne, qui administre le GPFG. Le capital est investi à l’étranger pour éviter la surchauffe de l’économie norvégienne et la protéger des effets des fluctuations du prix du pétrole. Le but recherché est d’avoir des investissements diversifiés pour un rendement le plus élevé possible avec peu de risques à l’intérieur des lignes directrices édictées par le ministère des Finances. Le fonds a été mis en place pour donner au gouvernement une marge de manœuvre dans sa politique fiscale en cas de baisse des cours du pétrole ou de contraction de l’économie nationale. Il sert également à faire face aux défis du vieillissement de la population et d’une baisse future des revenus pétroliers. Le fonds est une partie intégrante du budget annuel de l’État. Son afflux en capital est constitué de tous les revenus pétroliers gouvernementaux et les transactions financières nettes reliées aux activités pétrolières. Ces dernières servent à financer le déficit budgétaire. La politique fiscale du gouvernement est donc basée sur un déficit annuel ne devant pas dépasser le rendement annuel moyen du fonds (4 %) pour maintenir l’équilibre budgétaire. La Norvège utilise une partie des fonds générés dans des projets internationaux de reforestation sous l’égide des Nations Unies et de recherche et développement de sources d’énergie renouvelable chez eux. Les Norvégiens sont conscients que les ressources pétrolières vont s’épuiser et ils veulent être à l’avant-garde du remplacement du pétrole par d’autres sources d’énergie. Ils se servent des fonds générés par le pétrole pour financer la transition vers une économie libre du pétrole. Enfin, la Norvège peut compter sur l’une des règlementations les plus sévères au monde concernant la sécurité liée à l’exploration, à l’exploitation et au transport du pétrole et du gaz. Elle a également développé une expertise dans la prévention et dans la réponse rapide aux accidents pétroliers terrestres, côtiers et en haute mer. NOFO est une entreprise à but non lucratif mise en place par plus de 30 entreprises du secteur pétrolier (dont Statoil et Eni Norge) qui a tout l’équipement nécessaire pour faire face à tout type d’accident2. Elle a établi 5 bases d’opération sur le littoral norvégien bien équipées en machinerie et en personnel compétent. Des exercices d’urgence ont lieu plusieurs fois par année. Elle fait également de la recherche et développement dans le domaine. L’histoire récente au Québec Tel que mentionné précédemment, le gouvernement du Québec a décidé d’aller de l’avant dans l’exploitation des ressources d’hydrocarbure dans un contexte où l’acceptabilité sociale et environnementale est fortement compromise. De plus, les scandales de corruption et de collusion dans l’industrie de la construction révélés par la Commission Charbonneau ont ébranlé la confiance des Québécois envers leurs institutions. Il semble pour plusieurs que ce n’est pas seulement le secteur de la construction où des situations de corruption, de collusion et de copinage font rage. En effet, le document de consultation3 sur la politique énergétique en page 77 nous rappelle l’histoire récente des activités d’Hydro-Québec dans le domaine du pétrole et du gaz naturel : « En août 2002, Hydro-Québec dépose son Plan d’exploration pétrole et gaz naturel au 2 3 http://oljevern.no/en/ http://consultationenergie.gouv.qc.ca/pdf/politique-energetique-document-consultation.pdf 3 Québec 2002-2010 qui propose d’investir 330 millions de dollars sur dix ans afin de valoriser les ressources potentielles en hydrocarbures dans l’est du Québec. Elle suggère d’attirer au Québec de grandes entreprises d’exploration pour mettre en valeur le potentiel en hydrocarbures de l’est du Québec, notamment en milieu marin. Elle suggère également de soutenir de plus petites entreprises d’exploration afin de renforcer la sécurité des approvisionnements énergétiques du Québec. Hydro-Québec crée la division Pétrole et gaz qui devra notamment établir des partenariats avec ces sociétés privées. De 2002 à 2004, Hydro-Québec Pétrole et gaz procède à des travaux d’exploration pétrolière et gazière en Gaspésie et sur l’île d’Anticosti. En 2003, la division signe une entente de partenariat avec Corridor Resources pour la valorisation de la structure géologique Old Harry. En 2005, l’intérêt gouvernemental pour les activités d’Hydro-Québec Pétrole et gaz diminue et l’entreprise ne dispose que de 3 millions de dollars pour ses activités d’exploration. En 2006, le gouvernement met fin aux activités d’Hydro-Québec Pétrole et gaz qui vend ses permis d’exploration à des entreprises privées. En 2008, Hydro-Québec signe avec Pétrolia une entente de redevance prioritaire pour la mise en exploitation d’hydrocarbures, une entente liée aux permis d’exploration détenus sur le territoire de l’île d’Anticosti. » Il faut également se rappeler qu’en 2002, c’est M. Bernard Landry, alors premier ministre du Québec et M. André Caillé, alors président du conseil d'Hydro-Québec, qui développent ensemble cette division pétrolière et gazière au sein d’Hydro-Québec. Le changement de gouvernement en 2003 va modifier substantiellement la donne. M. George Tombs, auteur et cinéaste montréalais, écrit dans le journal Le Monde du 19 mars 20134 que le but recherché par le gouvernement Landry était « d’atteindre l'indépendance énergétique du Québec, tout en prévoyant de se garder "un bas de laine " (un fonds d'investissement) à l'exemple de la Norvège. Cinq ans plus tard, cependant, Hydro-Québec ferme discrètement sa division pétrolière et gazière, transférant les concessions d'exploration et d'exploitation au secteur privé. Pendant ce temps-là, plusieurs hauts cadres, dont M. Caillé lui-même, quittent HydroQuébec afin de combler des postes stratégiques dans le secteur pétrolier québécois naissant. » Plus loin, on y lit que : « Ensuite, sur le plan des affaires : le transfert par Hydro-Québec d'actifs publics vers le secteur privé a-t-il réellement été effectué dans l'intérêt public? Pourquoi ces concessions pétrolières n'ont-elles pas été vendues aux enchères publiques, de façon transparente, comme cela arrive partout ailleurs au Canada ? Finalement, sur le plan de possibles conflits d'intérêt : plusieurs hauts cadres et géologues chez Hydro-Québec ont quitté la société pour siéger aux conseils d'administration des deux sociétés pétrolières (Pétrolia et Junex), une fois le transfert des concessions complété. S'agit-il réellement d'une coïncidence ? (…) Or, les citoyens québécois, au nom desquels Hydro-Québec est supposée agir, ont droit à des explications très claires, car il s'agit possiblement de la plus importante privatisation furtive d'actifs publics de toute l'histoire canadienne. » De quoi jeter un sérieux doute dans la tête des Québécois quant à la probité derrière cette privatisation. Peut-on avoir confiance en Pétrolia et Junex? Si l’entente était si avantageuse que ça pour les Québécois, devait-on attendre à septembre 2013 pour en révéler publiquement les détails? Est-ce que 3 % de redevances est suffisant, compte tenu de la description faite précédemment du modèle norvégien et de la richesse incroyable qu’il a créée pour le peuple norvégien? Propositions 4 http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/19/privatisation-furtive-du-petrole-quebecois_1850370_3232.html 4 Si le Québec désire vraiment « explorer et exploiter de façon responsable les réserves d’hydrocarbures du territoire et valoriser cette ressource afin d’enrichir tous les Québécois, » il doit impérativement recréer la branche pétrolière et gazière d’HydroQuébec privatisée par le gouvernement précédent. Il pourrait mettre en place un partenariat public-public international entre Hydro-Québec et Statoil. Ce partenariat exploiterait le pétrole selon les mêmes règles que la Norvège, particulièrement en ce qui a trait au développement de nouveaux outils étatiques et fiscaux visant à tirer le maximum de rente pétrolière pour le Québec et au transfert technologique et de l’expertise. Le Québec pourrait ainsi bâtir sa propre expertise en développement pétrolier et gazier, comme il l’a fait avec l’hydroélectricité. Les revenus du pétrole ainsi maximisés nous permettraient à terme de récupérer les 13,7 milliards $ CA par année que nous perdons avec l’achat de pétrole étranger. Ce pétrole nous l’achetons de toute façon, autant le produire nous-mêmes et en retirer tous les bénéfices. Par des choix judicieux de politiques publiques, nous pourrions ainsi diminuer notre dette, assurer la viabilité de notre fonds de pension public (la Régie des rentes du Québec), financer sur 20 ans une transition vers l’électrification complète des transports, planifier la disparition progressive des hydrocarbures de nos vies et mettre en place une véritable politique d’efficacité énergétique. Une telle initiative irait chercher l’appui de la population. Nous sommes les héritiers de René Lévesque, un homme qui n’a pas eu peur de prendre des risques pour enrichir les Québécois, il y a 50 ans cette année, avec la nationalisation de l’électricité. Ayons le courage du fondateur en nationalisant les hydrocarbures avec l’objectif de s’affranchir collectivement à terme de l’usage du pétrole en permettant une transition en douceur vers l’électrification des transports. Faire de Québec la capitale nord-américaine du transport public durable Volvo a mis en place, avec différents partenaires dans la ville de Göteborg, en Suède, un projet de transport public durable, « City Mobility »5. Le projet « City Mobility » fait de la ville de Göteborg une vitrine de solutions innovantes en transport public durable. Un trajet d’autobus appelé « Volvo Bus Line » utilise des autobus complètement électriques ou hybrides sur un circuit de la ville de Göteborg. Plusieurs partenaires sont impliqués dans le projet. Volvo fournit les autobus, les concepts liés à la sécurité des usagers et des véhicules, et les technologies de l’information et des communications. La ville de Göteborg fournit l’infrastructure. La Compagnie d’énergie de Göteborg fournit l’infrastructure énergétique. L’Agence régionale de transport Suède Ouest (Västtrafik) administre le projet. Les parcs scientifiques Lindholmen et Johanneberg travaillent de concert avec des entreprises immobilières pour intégrer l’urbanisme et la conception des édifices en fonction du transport en commun (arrêts de bus intérieurs et extérieurs, et services aux usagers). Pourquoi ne pas positionner Québec comme capitale nord-américaine du transport public durable en s’inspirant de ce projet et d’en faire une vitrine des produits et services développés par les entreprises québécoises en transport électrique? Il s’agirait de mettre en place un projet d’électrification des transports structurant et de création d’un réseau intégré de transport public durable dans la Capitale nationale. Le projet serait lancé par le gouvernement et la ville de Québec et piloté conjointement par le ministère des Transports et le Réseau de transport de la capitale (RTC) qui seraient responsables de l’administration du projet et de la fourniture des infrastructures. Volvo fournirait les autobus et Bombardier, le tramway, ainsi que les concepts liés à la sécurité des usagers et des véhicules, et les technologies de l’information et des communications. Hydro-Québec fournirait l’infrastructure énergétique et son expertise en transport électrique collectif et individuel à travers son Institut de recherche (IREQ). Le Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprises, la logistique et le transport (CIRRELT) fournirait également son expertise. Avec une alliance stratégique constituée du gouvernement du Québec, de la Ville de Québec, de Volvo (propriétaire de NovaBus et Prévost Car), de Bombardier, d’HydroQuébec, de l’IREQ, du CIRRELT, de l’Université Laval, de l’Institut de transport avancé du Québec et d’une panoplie de PME québécoises du domaine du transport, Québec se 5 http://evworld.com/news.cfm?newsid=30539 5 positionnerait comme ville nord-américaine et mondiale du transport durable et comme centre de recherche et développement de nouvelles applications en transport collectif et individuel durable. La Ville de Québec et ses citoyens deviendraient ainsi un centre de test en situation réelle de nouvelles technologies en transport durable. On y viendrait de partout en Amérique et dans le monde pour y observer en situation réelle d’utilisation les dernières applications techniques de la recherche et du développement en transport durable. Résumé des recommandations 1234- Nationaliser le pétrole et le gaz par une loi de l’Assemblée nationale; Recréer la branche Pétrole et gaz d’Hydro-Québec; Mettre en place un partenariat public-public entre Hydro-Québec et Statoil; Mettre en place un ensemble de mesures étatiques et fiscales pour maximiser la rente (société d’État, développement d’un instrument financier de prise de participation, taxe sur les profits, le carbone et l’oxyde d’azote, etc.) et développer le pétrole de façon sécuritaire; 5- Bâtir une expertise québécoise en développement pétrolier et gazier sécuritaire, comme on l’a fait avec l’hydroélectricité, en s’assurant d’un transfert technologique et de l’expertise de Statoil vers Hydro-Québec; 6- Positionner Québec comme ville nord-américaine et mondial du transport durable avec un projet d’électrification du transport public urbain structurant impliquant une alliance stratégique entre des partenaires publics, privés, universitaires et de la recherche diversifiés; 7- Faire de Québec un centre de test en situation réelle de nouvelles technologies en transport durable. 6