construction Marilyne neMoz
Transcription
construction Marilyne neMoz
L’invité Francis Briest, commissaire-priseur, passionné d’art contemporain et de patrimoine, nous livre ses coups de cœur et ses réflexions sur l’architecture moderne. CONSTRUCTION n°28 bimestriel - janv.-fév. 2012 Une journée avec… Marilyne Nemoz, coffreuse-bancheuse La métamorphose des gares Musée du Louvre un diamant noir numéro 28 janvier-février 2012 4 à 5 La cérémonie des vœux 6 à 13 C’est dans l’actu ouvrages Verdun-sur-Garonne : un nouvel ouvrage d’art s’élance. Port de Gennevilliers : une plate-forme logistique sur Seine. infos Tour Eiffel : premier étage avec vue. Nord : des parapluies de bois s’ouvrent sur le Marché d’intérêt national de Lomme. Lyon : Charpente d’acier pour le musée des Confluences. Morangis : maisons de retraite, un vrai service public. Bron : un nouvel hôpital psychiatrique. Paris XVIIe : un conservatoire haut de gamme. Raid Amazone : retour de nos trois aventurières. GROUPE Remise du Prix de l’Innovation VINCI. 14 à 18 La saga du mois Cour visconti du louvre : écrin pour diamant noir Imaginés par les architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini, les 7 000 m2 en sous-sol de la cour Visconti abriteront les arts de l’Islam, tout en béton noir. 19 C’est 20 La la pause ! trace des bâtisseurs Campenon Bernard : les ouvrages d’art ont trouvé leurs maîtres. 22 C’est essentiel Cellule ergonomie et développement 3D Utiliser les outils de demain pour préserver la santé aujourd’hui. 23 à 25 C’est Direction de la communication : 61, avenue JulesQuentin, 92730 Nanterre. Tél. 01 46 95 70 00 /// Directeur de la publication : Manuel Saez-Prieto /// Rédactrice en chef : Karine Demenat /// Conception-réalisation : 41, rue Greneta, 75002 Paris /// Responsable éditorial : Jérôme Rousselle /// Secrétariat de rédaction : Michèle Cohen /// Direction artistique et maquette : Agnès Lalle, Isabelle Tho /// Iconographie : Marion Capéra, Emmanuelle Jouan /// Ont participé à ce numéro : Eric Allermoz, Sophie Caux-Lourié, Anne Fellmann, Bruno Schwab et Marc Wilmann /// Diffusion : Josiane Bennier /// Tirage : 33 000 exemplaires /// Impression : Imprimerie Vincent. Ce document utilise du papier Condat Silk garantissant la gestion durable des forêts. Il a été imprimé par un imprimeur Imprim’Vert qui n’utilise pas de produits toxiques et sécurise le stockage des produits et déchets dangereux, et organise leurs collectes /// ISSN : 1957-5696. Crédits photographiques : Couverture : © Xavier Boymond ; Invité : © Art Curial. Pages 2-3 : © Luc Benevello ; © DR Vinci Construction France ; © Benoît Voisin ; © Augusto Da Silva/Graphix Images ; © Xavier Boymond. Pages 4-5 : © Augusto Da Silva/Graphix Images ; © Fondation Louis Vuitton pour la Création/Nicolas Borel. Pages 6-7 : © DR Vinci Construction France ; © David Aubert. Pages 7-9 : © DR Vinci Construction France ; © IGN – Géoportail. Pages 10-13 : © Agence Moatti-Rivière ; © DR Vinci Construction France ; © Balloïde Photos ; © PCA Architecture ; © Vous êtes ici Architectes ; © DR Vinci. Pages 14-18 : © agence Rudy Riciotti, © Guillaume Maucuit-Lecomte ; © Augusto Da Silva/Graphix Images ; © 2011 Musée du Louvre/Hélène Bendejacq ; © Jean-Paul Viguier SA. Page 19 : ©Youngtae/Leemage ; © Leemage ; © Josse/Leemage ; © Lee/Leemage ; © Electa/Leemage ; © Jean Bernard/Leemage ; © Raffael/Leemage ; © Éric Herchaft/Reporters-REA ; © Thinkstock 2012. Pages 20-21 : © DR Vinci Construction France. Page 22 : © Frédéric Stucin / Myop ; © Cellule ergonomie et développement 3D de Chantiers Modernes Construction. Pages 23-25 : © Benoît Voisin ; © DR Vinci Construction France ; © Guillaume Maucuit-Lecomte. Pages 26-27 : © DR Vinci Construction France ; © Olivier Noirfalise/ VTC ; ©Agence Maes ; © Edmond Boyeldieu. Pages 28-29 : © Luc Benevello. Pages 30-31 : © Xavier Boymond. 4e de couv : © Luc Benevello. 2 ⁄ Passion construction N° 28 dans l’air La métamorphose des gares De simples espaces de transit, de nombreuses gares se muent aujourd’hui, en pôles d’échanges multimodaux, en centres de commerces et de services… 26 à 27 C’est essentiel 28 savoir-faire : Injections et pylônes Décryptage Au plus près des habitants du faubourg Duchateau, à Denain (59). 28 à 31 C’est le métier Injections et Pylônes : Le forage n’est pas leur seul métier Botte Fondations se diversifie sur des chantiers de plus en plus complexes. Une journée avec… Marilyne Nemoz, coffreuse-bancheuse. 20 La trace des Bâtisseurs L’invité Francis Briest « Ressentir un objet s’apprend et se transmet. Mais c’est aussi le fruit d’une curiosité insatiable pour l’architecture, la peinture, la sculpture… Même s’il faut rester à l’écoute de la théorie, rien ne remplace le contact direct avec les œuvres que notre métier permet quotidiennement. » Commissaire-priseur est en effet un métier qui, au-delà de la formation académique, s’apprend aussi grâce à des maîtres. Coprésident d’Artcurial, première maison française de ventes aux enchères, qu’il a fondée en 2002, François Briest est une personnalité incontournable de l’art moderne et contemporain. En 2011, deux des plus importants tableaux jamais vendus en France se sont adjugés sous son marteau : un Nu couché de Nicolas de Staël vendu 7 M€ et un tableau de Lyonel Feininger, vendu, lui, 5,7 M€. « J’ai toujours été partisan de l’alliance du contemporain avec le classique. » C’est ainsi qu’ayant acquis et restauré le donjon de Vez, dans l’Oise, il organise chaque année dans le cadre de ce monument historique classé une exposition de sculptures modernes et contemporaines, parmi lesquelles des œuvres de Dubuffet, Buren, Calder, Miró ou Giacometti. 23 14 musée du Louvre un diamant noir la métamorphose des gares 31 maryline Nemoz, coffreuse-bancheuse Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 3 Sécurité, méthodes, synergies, des conditions pour réussir La traditionnelle cérémonie des vœux de VINCI Construction France s’est déroulée le 13 janvier dernier au jardin d’Acclimatation à Paris, au pied du chantier de l’audacieuse Fondation Louis-Vuitton pour la création. Gérard Bienfait a com- menté les bons résultats de 2011. Les perspectives restent d’ailleurs solides pour 2012, tant en ce qui concerne les projets d’importance que pour les milliers d’opérations plus modestes réalisées quotidiennement. Des progrès significatifs ont été réalisés dans l’organisation, les processus, les bonnes pratiques ainsi que dans la définition du modèle d’entreprise générale qui doit devenir une véritable marque de fabrique du Groupe. 4 ⁄ Passion construction N° 28 Sur le plan économique, le bilan 2011 est très bon. Nous avons réalisé 6 080 M€ d’activité, soit une augmentation de 13 % par rapport à 2010 ; notre résultat opérationnel sur activité – Ropa – est de 4 % ; notre carnet de commande atteint 9 400 M€, ce qui représente dix-neuf mois d’activité, et notre trésorerie est de 1 100 M€. Ces très bons résultats sont le fruit aussi bien des grandes opérations que des 9 000 chantiers réalisés dans nos 450 agences réparties sur tout le territoire. Je souhaite tout particulièrement saluer et féliciter nos 450 responsables de centres de profits et leurs équipes spécialisées dans le génie civil, le bâtiment, les TP, les monuments historiques, le bois, le désamiantage, les travaux fluviaux… et tous les métiers qui font la richesse de notre Groupe. C’est notre cœur et cela représente les trois quarts de notre activité. Mais je ne résiste pas aussi, bien sûr, au plaisir de rappeler quelques-uns de ces beaux chantiers sur lesquels on communique plus souvent : les tours Descartes, D2 et Odéon, le pont Bacalan, la Canopée, le Musée des conf luences, la Fondation Louis-Vuitton pour la création, Pierres-Vives, les stades du Havre et de Valenciennes, les Terrasses du Port à Marseille, des usines de traitement de déchets en France, en Angleterre, les hôpitaux de Chambéry, Toulon, Koutio en Nouvelle-Calédonie et beaucoup d’autres encore comme la superbe opération SFR avec VINCI Immobilier, les stades de Nice, Bordeaux et bientôt Lyon avec VINCI Concessions, et bien sûr la formidable aventure de SEA : la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux… 2011 a aussi permis d’avancer de façon significative sur les principaux dossiers structurants de VINCI Construction France. Notre organisation décentralisée constitue notre principale force, mais elle exige en revanche un cadre commun sur les principaux sujets que sont les ressources humaines, les finances et toutes les fonctions supports. Le socle VINCI Construction France est ce La Fondation Louis-Vuitton pour la création, imaginée par Frank Gehry, commence à émerger du bois de Boulogne. Les équipes de Petit, Dodin Campenon Bernard et GTM Bâtiment sont à pied d’œuvre depuis bientôt deux ans, en totale synergie. cadre commun. Il a été défini par le Codir et est désormais décliné dans toutes les directions déléguées. Tout au long de l’année 2011, douze Groupes de réflexion et de progrès – les Grep – ont redéfini les processus, procédures et bonnes pratiques de VINCI Construction France. Leurs propositions, qui sont en cours de validation, sont le fruit d’une remarquable démarche d’échange et de transversalité entre nos équipes. Enfin, nous avons défini notre modèle d’entreprise générale qui doit devenir un enjeu stratégique pour VINCI Construction France dans les années à venir. Ce modèle s’articule autour de trois axes : garantir l’excellence pour nos clients, développer les talents de nos équipes et valoriser la réussite collective avec nos sous-traitants. Notre ambition est en effet de créer un modèle d’entreprise générale performant et durable qui devienne une véritable marque de fabrique partagée en interne et reconnue de nos clients. Nos excellents résultats 2011 sont cependant assombris par les chiffres de la sécurité qui ne sont pas à la hauteur de nos exigences. Nous avons le devoir de nous mobiliser, c’est pourquoi j’ai demandé à Denis Gauthier de prendre en charge la sécurité au niveau de la direction générale et de s’en occuper à pleintemps afin de mettre en place une véritable culture de la prévention au sein de VINCI Construction France. 2012 Jean Rossi a insisté, notamment, sur les remarquables oppor tunités offertes au Groupe par l’Afrique qui connaît une croissance annuelle de son PIB de 6 % avec de formidables besoins en infrastructures. « Mettre en place une véritable culture de la prévention au sein de VINCI Construction France. » Crise financière, dette publique, élections… Tous les observateurs économiques s’accordent pour annoncer une année 2012 difficile. Cependant, même si nous constatons que la situation est plus tendue dans certaines régions, la nouvelle année s’annonce bien et nous prévoyons de nous maintenir au niveau de 2011. L’inconnue principale est la qualité de la commande que nous réaliserons, c’est pourquoi nous devons être particulièrement vigilants en restant sélectifs : nous devons savoir dire NON pour éviter l’affaire de trop qui ruine les espoirs de marge d’une région et use tout le monde. Nous devrons aussi réagir rapidement pour ajuster nos structures si cela devient nécessaire. Tout en étant prudents, nous devons rester des entrepreneurs et agir. Je vous propose donc de travailler prioritairement sur cinq thèmes. Le chantier pour lequel le Grep Méthodes et Production a établi notre nouveau référentiel d’engagement et de suivi Orchestra ; l’ingénierie afin d’atteindre nos objectifs en entreprise générale ; le commercial et les produits innovants qui nous permettront de rester une force de proposition ; le développement du montage et la professionnalisation de notre démarche avec Adim pour allonger nos carnets de commandes et améliorer nos marges ; les synergies VINCI pour travailler plus et mieux avec nos amis du contracting et des concessions. Ensemble, organisés, solidaires, nous sommes très forts. Je souhaite vous exprimer le plaisir et l’honneur que j’ai à travailler avec chacun d’entre vous. Gérard Bienfait, président de VINCI Construction France Après avoir félicité tous les collaborateurs de VINCI Construction France pour les résultats de l’année écoulée, aussi bien en termes d’activité que de marge ou de carnet de commandes, Jean Rossi a insisté sur les indispensables progrès à réaliser en matière de sécurité. « Nous devons nous indigner de cette situation difficile et considérer qu’elle est d’abord de notre faute. Le management, à commencer par moi-même, doit se montrer exemplaire dans son engagement pour pousser la réflexion et franchir de nouvelles étapes dans ce domaine. » Quant aux résultats économiques de VINCI Construction, ils sont très positifs avec une activité en progression de 7,5 % et un carnet qui n’a jamais été aussi élevé. Les trois piliers de VINCI Construction – ses filiales locales, ses métiers de spécialités et ses grands projets – sont concernés, avec 53 % d’activité réalisés hors de France et 30 % hors d’Europe. Après avoir cité quelques exemples de synergies réussies – le port de Cotonou au Bénin, Codelco au Chili, l’environnement au Royaum-Uni – Jean Rossi s’est notamment appuyé sur l’Afrique pour illustrer la stratégie de développement à poursuivre : « La croissance du PIB du continent africain atteint aujourd’hui 6 % par an. Nous connaissons bien l’Afrique, nous y sommes implantés depuis très longtemps, et il a un grand besoin d’infrastructures. » En Afrique comme dans les autres parties du monde, les clients sont de plus en plus à la recherche d’une offre globale intégrée, en concession, PPP, conceptionconstruction… pour des projets de plus en plus gros et complexes contractuellement, juridiquement, techniquement, financièrement, qui nécessitent des moyens d’études considérables. « C’est une opportunité formidable pour nous et c’est dans cette perspective que nous réfléchissons aux synergies toujours plus fortes entre les entités de VINCI Construction mais aussi avec les autres composantes du groupe VINCI. » Cela passe par cette communauté d’hommes et de femmes qui partagent les mêmes valeurs et ont la même volonté de bien faire leur métier, ensemble : « Par sa taille et son dynamisme, VINCI Construction France est un maillon essentiel de cette démarche. Vous formez un véritable bouillonnement d’idées, de compétences et de dévouement sur lequel je sais pouvoir compter pour partager, vous enrichir et enrichir les autres, pour que nous progressions tous ensemble. Merci pour ce que vous avez fait, pour ce que vous faites et ce que vous allez faire. » Jean Rossi, président de VINCI Construction Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 5 C’est Dans l’actu FICHE D’IdENTITé pont suspendu à Verdun-sur-Garonne Maître d’ouvrage : SPVG (Société de projet du pont de Verdun-sur-Garonne). Maître d’œuvre : Egis. Groupement concepteurs-constructeurs : Sogea Sud-Ouest TP, Dodin Campenon Bernard, Freyssinet. Durée du chantier : de décembre 2010 à octobre 2012. Budget : 16,1 M€. Verdun-sur-Garonne un nouvel ouvrage d’art s’élance D ans moins d’un an, la commune de Verdun-sur-Garonne pourra s’enorgueillir de son nouveau pont suspendu. En remplacement de l’ancien pont datant de 1931, obsolète et limité en charge, un magnifique ouvrage d’art élancé et majestueux permettra aux véhicules lourds et légers, un passage sûr et confortable de 154 m de portée entre les deux rives du fleuve. Conçu dans le cadre d’un PPP (partenariat public-privé), le chantier de conception-construction se déroule dans d’excellentes conditions. « Nous avons reçu l’ordre de service en juin 2010 et près de six mois ont été nécessaires pour la phase préparatoire, 6 ⁄ Passion construction N° 28 raconte Fabien Vigneron, directeur de travaux chez Sogea Sud-Ouest TP, mandataire du groupement. Une attention pointue s’est portée sur les études d’exécution et les méthodes utilisées pour ne rien laisser au hasard. On ne construit pas un pont suspendu tous les jours ! » Cette anticipation a porté ses fruits. À mi-parcours de ce vaste chantier, aucun problème majeur n’est survenu. « Nous avons craint une crue de la Garonne en octobre mais elle n’a eu aucune incidence », glisse le responsable. Après la phase de génie civil, avec création des culées d’ouvrage et des massifs d’ancrage, l’assemblage et la pose de la charpente métallique ont été réalisés cet automne, suivis par le montage des pylônes métalliques inclinés, à plus de 25 mètres de hauteur. Freyssinet a engagé, début décembre, le travail sur les suspensions. Il restera ensuite à finaliser le tablier et les équipements à partir du printemps 2012. « Les entreprises du groupement et les sous-traitants travaillent en bonne intelligence, en parfaite synergie, se réjouit le directeur de travaux. Cette ambiance positive génère une grande sérénité dans l’avancement des travaux qui se déroulent sans difficulté grâce à une excellente préparation en amont. » À tel point que le chantier sera achevé six mois avant la date limite contractuelle. Chapeau ! 154 m de portée entre les deux rives du fleuve. 20,20 m de haut pour les pylônes métalliques, légèrement inclinés vers l’arrière. « Tout s’est parfaitement encastré » Christophe Belgeulle, conducteur de travaux génie civil, Dodin Campenon Bernard Le mot de l’invité : Francis Briest “ Je suis toujours impressionné de voir combien certaines réalisations semblent naturelles, presque évidentes alors qu’en fait elles sont le fruit d’un énorme travail et d’un nombre incroyable de calculs ! Ce que racontent Fabien Vigneron et Christophe Belgeulle le rappelle opportunément. » « Ce chantier nécessite beaucoup d’interfaces différentes d’où l’importance d’une bonne synergie entre les intervenants. La partie génie civil ne présentait pas de complexité particulière, mais exigeait une préparation minutieuse. Pour les culées, par exemple, les tolérances pour l’installation des suspensions s’avéraient très serrées. Un millimètre de décalage au sol aurait provoqué un décalage de 6 à 7 cm en haut du pylône ! Mais grâce à une bonne anticipation, tout s’est parfaitement encastré. Nous avons eu aussi un point critique avec les massifs d’ancrage. Il nous fallait couler 750 m3 de béton en une seule fois. Or couler un tel volume entraînait une hausse de température et un risque d’effritement du béton. Nous avons donc choisi de changer le type de ciment. Le ferraillage des semelles à assembler sur place nous a posé également un problème de délai de réalisation. Une solution a été trouvée avec la livraison de poutres préfabriquées et déposées entre les niveaux inférieur et supérieur. Au final, chaque question a trouvé une réponse, en collaboration avec les sous-traitants et cotraitants. Je suis fier de travailler sur ce chantier pour lequel nous dépensons beaucoup d’énergie. Mais une énergie qui vaut la peine. » Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 7 C’est Dans l’actu FICHE D’IdENTITé Le mot de l’invité : Francis Briest Port de Gennevilliers Maître d’ouvrage : Ports de Paris. Maître d’œuvre : Agence portuaire de Gennevilliers. Entreprise : EMCC (agence Ile-de-France). Port de Gennevilliers Plate-forme logistique SUR SEINE L a rive gauche de la Seine, entre le pont SNCF et le pont routier d’Argenteuil, a changé d’allure. L’ancien site de la centrale thermique EDF, à l’abandon depuis des années, s’est transformé en quai de chargement et déchargement de conteneurs. Responsable de cette métamorphose, l’entreprise EMCC achève la construction du quai pour permettre à la plateforme logistique Paris-Terminal de répondre à la hausse du transport f luvial encouragée par le Grenelle de l’environnement. « Le chantier se découpe en trois tranches, explique Jean-Claude Blanc, chef de secteur, qui aboutiront à un linéaire total de 440 mètres de quai. S’ensuivent deux tranches de 150 et 64 mètres. Nous avons terminé les deux premières, et devrions bientôt signer l’ordre de service pour la dernière. » EMCC a dû faire face à d’importantes contraintes. En raison de la voie ferrée existante à l’arrière du quai, et bloquant l’accès au chantier, les travaux de la première tranche ont dû être réalisés par voie d’eau. Pas facile de manier une pelle de 60 t ou une grue de 80 t positionnées sur des pontons f luviaux ! C’est pourtant dans ces conditions qu’EMCC et Botte Fondations, en sous-traitance, ont réalisé les étapes de démolition des vestiges de la centrale EDF puis l’édification du rideau de palplanches soutenu par des tirants actifs et coiffé d’une poutre de couronnement. Par ailleurs, l’hiver très rigoureux de 2010, avec neige et grand froid, a retardé le chantier. Mais les équipes ont mis les bouchées doubles pour rattraper le maximum de temps perdu. Et au final, la qualité du travail réalisé et la mobilisation de tous les intervenants ont donné satisfaction au client qui a confirmé la deuxième tranche. « Les problèmes rencontrés lors de la tranche ferme nous ont permis de revoir les solutions techniques préconisées pour les suivantes et nous abordons la dernière partie du chantier avec sérénité et confiance », conclut Guillaume Arnault, ingénieur travaux. Vue d’ensemble du port de Gennevilliers. 8 ⁄ Passion construction N° 28 Durée du chantier : de février 2010 à juillet 2012. Budget : 6,6 M€. “ Même si les enchères par téléphone ou Internet augmentent de plus en plus, notre métier est aussi un métier de logistique. Chaque année, nous vendons 30 000 objets. Ça nécessite du stockage ! Nous avons donc une base logistique à Gennevilliers. Mais j’ignorais que ce fût le deuxième port fluvial d’Europe et qu’il eût de telles dimensions ! » Le premier port fluvial de France et le deuxième en Europe. 440 mètres linéaires de quai pour l’extension du terminal à conteneurs. Objectif 2012 : 450 000 conteneurs 3 EVP (équivalent vingt pieds ou 38,5 m environ) tous modes sur Paris-Terminal. « J’ai appris à chaque étape » Destin Nselé, 27 ans, soudeur, EMCC « Je suis arrivé sur le port de Gennevilliers en avril 2010. C’était la première fois que j’intervenais sur un chantier aussi important. Dès la phase de démolition, on a eu besoin de moi, notamment pour la manutention des pieux de stabilité des pontons fluviaux. Après, je suis intervenu sur les différentes phases du chantier pour les travaux de soudure, de la pose du rideau de palplanches jusqu’aux équipements en passant par la mise en place des tirants actifs de la TF (tranche ferme) et de la poutre de couronnement. Les prises d’eau de l’ancienne centrale EDF nous ont causé beaucoup de soucis mais les solutions techniques ont été trouvées et ont été très formatrices. Durant toutes ces étapes, j’ai beaucoup appris. J’étais en binôme avec un soudeur d’expérience qui m’a transmis son savoir. Rapidement, j’ai gagné en autonomie. On m’a confié des responsabilités et j’ai pris de plus en plus confiance en moi. La construction du quai du port de Gennevilliers restera un excellent souvenir professionnel et un tournant dans ma carrière. » Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 9 C’est Dans l’actu Tour Eiffel premier étage avec vue Le mot de l’invité : Francis Briest “ Cette tour, au départ tant décriée pour sa supposée “inélégance”, est devenue l’un des classiques de l’architecture et du patrimoine. Il est remarquable que le maître d’ouvrage ait demandé aux architectes un geste fort et contemporain plutôt qu’un pastiche du style Eiffel. » Nord des parapluies de bois s’ouvrent sur le min Fargeot Lamellé Collé (Arbonis) vient de poser 37 parapluies (420 m² chacun, soit une surface totale de 16 000 m² ) en bois lamellé-collé culminant à 10 m, installés sur des poteaux métalliques. Ces parapluies couvrent les aires de chargement et déchargement du marché d’intérêt national (Min) de Lomme (59). Pour ne pas perturber l’activité du site, qui est le 2e marché de France en fruits, légumes et fleurs, des aires de préassemblage avaient été créées en retrait. Aujourd’hui, les chargements et déchargements se font à l’abri. Les travaux ont duré vingt-deux semaines pour un montant de 3,8 M€. Le premier étage de la tour Eiffel s’offre une nouvelle jeunesse. Bateg, en groupement avec l’agence d’architecture Moatti et Rivière et le bureau d’études Ginger Sechaud Bossuyt, réaménage ce niveau quelque peu délaissé par le public. Le projet, mené en conception-construction, s’étend sur 4 586 m2, et prévoit la reconstruction des pavillons Eiffel et Ferrié, des trois édifices d’accès aux ascenseurs, ainsi que la réhabilitation des façades du restaurant. Un plancher partiellement remplacé par un sol en verre et équipé d’un garde-corps vitré proposera aux visiteurs une “découverte du vide”. La dame de fer sera plus écologique, grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables. Les travaux, d’un montant de 25 M€, seront lancés en mai 2012 pour une durée de dix-huit mois. Charpente d’acier pour le musée des Confluences GTM Bâtiment et Génie Civil Lyon et la direction Grands Projets de la direction déléguée Rhône-Alpes Nord ont achevé le gros œuvre et le hors d’eau du socle du musée des Confluences, à Lyon. Place à présent au montage de la charpente métallique du “nuage” qui abritera les salles d’exposition et flottera à 8 mètres au-dessus du socle. Les 6 000 tonnes d’acier que représente cette structure reposeront sur des piles et poteaux monumentaux. Parallèlement, “le cristal”, entrée du musée entièrement recouverte de verre, dresse ses premières pièces métalliques. L’ouverture au public de l’ouvrage conçu par le cabinet d’architectes autrichien Coop Himmel(b)lau est prévue pour l’été 2014. Mobilisation G.A.P. en Rhône-Alpes G.A.P. pour « G » l’attitude prévention. Les responsables de la direction déléguée Rhône-Alpes Nord ont porté, en binôme, le message sécurité sur 26 chantiers et ont rappelé leurs convictions en matière d’exigence sécurité. Au programme : état général des chantiers, PPSPS (pertinence et conformité aux tâches exécutées), échelles, élingage, conformité et réception des ouvrages provisoires (échafaudages, passerelles, outils, etc.). Un travail de prévention indispensable alors que plusieurs accidents ont marqué l’activité de VINCI Construction France ces derniers mois. 10 ⁄ Passion construction N° 28 Certification Breeam Excellent Aéroville relève le défi Le 7 octobre dernier, la première pierre du futur centre de commerces et de services Aéroville a été posée. Situé sur les communes de Roissy-enFrance (Val-d’Oise) et de Tremblayen- France (Seine-Saint-Denis), ce bâtiment de 110 000 m² accueillera 200 enseignes, 25 restaurants, un multiplexe de douze salles de cinéma et 4 000 places de parking. Il vise la certification Breeam Excellent qui évalue la performance des bâtiments sur le système de management, l’énergie, la santé, le bien-être, la pollution, le transport, l’occupation des sols, la biodiversité, les matériaux et l’eau. Le projet, conçu par PCA Architectes pour Unibail-Rodamco, est entre les mains d’un groupement composé de Bateg, Sicra, Chantiers Modernes Construction, Dumez IdF, avec pour cotraitants l’agence Eurovia d’Aubervilliers et Vulcain. Débuté en juillet 2011, le chantier durera vingt-six mois, pour un montant du contrat de 114 M€. Maisons de retraite un vrai service public Toulouse Îlot Bois Soleil en BBC À Toulouse, le premier programme de logements BBC (Bâtiment basse consommation) à ossature bois du quartier Borderouge sort de terre. Baptisée Îlot Bois Soleil, cette opération expérimentale se compose de 35 maisons de ville (2 606 m² Shab). Leur conception et construction sont confiées à Satob Construction Bois (Arbonis), pour un montant de 4 M€. Les travaux s’achèveront en septembre 2012. À Morangis, le président du conseil général de l’Essonne Jérôme Guedj a posé, le 25 novembre dernier, la première pierre d’une maison de retraite pas comme les autres : ses 97 résidents débourseront 60 € par jour (soit environ 40 % de moins que les tarifs actuels). La résidence de 5 300 m² (Shon) est réalisée par Dumez Ile-de-France, pour un montant de 9,5 M€. Elle ouvrira ses portes en mars 2013. Véritable service public de maison de retraite, ce projet répond à la difficulté financière des familles pour offrir aux personnes âgées des conditions d’hébergement adapté. Le conseil général a prévu d’ouvrir deux autres de ces établissements d’ici trois ans. Kezako ? Le coup de pouce VINCI lance le dispositif CAPITAL Filles chez vinci Construction France et Eurovia. Ce dispositif permet à des “marraines” de l’entreprise d’accompagner des jeunes filles sélectionnées dans des lycées situés en zones urbaines sensibles (ZUS) ou des zones rurales, tout au long de leur scolarité (de la 2e jusqu’au bac + 2). L’objectif est triple : favoriser l’apprentissage ; accompagner des jeunes femmes dans l’accès à l’emploi et les aider dans leurs choix de carrière ; féminiser les métiers du bâtiment. Capital Filles est lancé dans un premier temps en Ile-de-France (chez Bateg, Sicra, Dumez IDF, Petit, Lainé Delau, le pôle Génie civil, Sobéa, le pôle Environnement et travaux de spécialité ou encore au siège), avant d’être déployé dans la direction déléguée Est, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Rhône-Alpes. À terme, l’objectif est que chaque filiale, partout en France, s’investisse dans ce parrainage salvateur à l’heure où le chômage des jeunes atteint des sommets. Pour en savoir plus : www.capitalfilles.fr Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 11 Le Grenat, nouvelle salle de spectacle du Théâtre de l’Archipel, à Perpignan (66). Cofex Littoral a réalisé l’étanchéité en résine de cette coque de 2 600m2. La couleur rouge profond est un tour de force qui fait référence à la pierre précieuse régionale. C’est Dans l’actu Chambéry retrouve ses Halles Mission accomplie pour GTM Bâtiment et Génie Civil Lyon, le 3 décembre 2011, le marché des Halles de Chambéry (Savoie) a été inauguré. D’un montant de 34,5 M€, les travaux ont duré deux ans et demi. Construit dans le cadre de la réhabilitation et de la rénovation du centre-ville historique, ce nouveau marché couvert s’inscrit dans un important îlot commercial, comprenant un cinéma multiplexe de dix salles, diverses enseignes telles que Fnac et H&M et un parking souterrain de 280 places sur cinq niveaux. Paris XVIIe un conservatoire haut de gamme Depuis octobre, Lainé Delau réalise en entreprise générale, pour la Ville de Paris, le nouveau conservatoire du XVIIe arrondissement. Le bâtiment de 2 850 m2 conçu par Basalt Architecture comprendra des locaux d’enseignement de la musique, de la danse et de l’art dramatique ainsi qu’une salle de diffusion d’environ 300 places. Sa façade de 18,50 m de hauteur attirera le regard par sa peau perforée, en cuivre patiné. Il accueillera 1 200 élèves dès la rentrée 2013. Montant des travaux : 13,2 M€. Express u Le Printemps Haussmann se refait une beauté. À Paris, GTIE Tertiaire (division VINCI Energies France du pôle Energies) rénove, avec SRC (VINCI Construction France), les étages 3, 4 et 6 (ce dernier a été livré en novembre dernier) du célèbre magasin. Lancé l’été dernier, les travaux, de 11 M€, s’achèveront en décembre 2012. Raid Amazone retour de nos Trois aventurières Elles l’ont fait ! Hélène, Gaëlle et Bénédicte, nos trois collègues de VINCI Construction France en Rhône-Alpes, ont bouclé l’édition 2011 du Raid Amazone, en Guyane (21-30 novembre). Ce défi sportif, exclusivement réservé aux femmes, alterne course à pied, trek, canoë-kayak, VTT et tir à l’arc. Le tout en bivouac au cœur de la jungle guyanaise, sous 40 °C. Pour être fin prêtes, elles se sont entraînées trois à quatre fois par semaine, plusieurs mois avant le début de l’épreuve. « Ce n’était pas évident de concilier vie professionnelle, personnelle et préparation sportive. Mais nous nous sommes vite prises au jeu », se souvient Gaëlle Burlot, 28 ans. Leurs motivations ? « Le challenge sportif, l’aventure humaine, la découverte d’un nouveau pays », répond Bénédicte Bouilloud, 29 ans, à l’initiative de ce projet. VINCI Construction France et ses filiales* ont sponsorisé le trio, tandis que leurs collègues suivaient leur parcours au quotidien. « Nous recevions des mails chaque soir que nous lisions sous la tente. Nous nous sommes vraiment senties soutenues », se souvient Hélène Vilminot, 32 ans. Après dix jours d’épreuves, la Team VINCI 12 ⁄ Passion construction N° 28 Construction France se classe 59e, sur 75 équipes. « Il a été compliqué de rattraper les 40 minutes perdues à cause d’une crevaison lors de l’épreuve de triathlon », constate Gaëlle Burlot. Mais l’essentiel est ailleurs. « Nous avons vécu une aventure inoubliable, avec un esprit d’équipe très fort. Seules, nous n’aurions jamais pu relever ce défi physique », concluent les trois aventurières, qui pensent déjà à la prochaine édition. * GTM TP Lyon, CBR TP, Chantiers Modernes Rhône-Alpes et Lamy. groupe Prix de l’Innovation 17 inventions récompensées Bègles Rives d’Arcins, acte II Tous les deux ans depuis 1995, VINCI organise ses Prix de l’Innovation. L’ambition affichée est de valoriser les “bonnes pratiques” afin d’en faciliter la diffusion à l’ensemble du Groupe. Le 5 décembre dernier, à la salle Pleyel à Paris, Xavier Huillard, président-directeur général de VINCI, a donc dévoilé les 17 lauréats de l’édition 2011, qui se sont distingués parmi 1 717 dossiers déposés par 5 100 collaborateurs à travers le monde (soit 20 % de plus qu’en 2009). Après avoir réalisé la première phase du centre commercial Rives d’Arcins, à Bègles (33) : création d’un bâtiment de 17 500 m2 et de 347 places de parking, GTM Sud-Ouest Bâtiment a remporté la seconde phase du projet. Cette fois-ci, il s’agit de la démolition d’un bâtiment, de la construction d’une galerie marchande de 16 900 m2 et d’un parking en silo de 803 places. L’ouverture au public est prévue en mai 2013. Montant des travaux : 31,3 M€. Zoom sur… Bron Prix Innovation de rupture Le chantier en 3D Le 5 décembre, la secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, a posé la première pierre du bâtiment “3 pôles de psychiatrie adulte”, situé au sein du centre hospitalier spécialisé le Vinatier, à Bron (69). La construction de ce bâtiment de 35 000 m², qui accueillera 330 lits, est menée en conception-construction par Lamy (mandataire) et Pitance. Les travaux, d’un montant de 66 M€, dureront trente-neuf mois. En 2008, VINCI Construction France s’est vu confier la réalisation de la Fondation Louis-Vuitton pour la création. Un ouvrage complexe, impliquant de nombreux bureaux d’études, aux méthodes et logiciels différents. Quatre filiales* du Groupe ont alors créé un logiciel de conception en 3D, associé au planning des travaux, pour donner naissance à une base de données unique. Celle-ci regroupait toutes les informations du projet, permettant ainsi de maîtriser les coactivités, d’optimiser la gestion des moyens d’accès et d’échafaudages. Cette application du modèle industriel est une première dans la construction ! Une nouvelle psychiatrie adulte Palmarès final Grand Prix > Des boues polymères comme fluides de forage (Soletanche Bachy, Soletanche Bachy Matériel, Soletanche Bachy France GCC and Vibrofoundations Ltd/VINCI Construction) Prix diffusion > Piquet de chantier et rubalise bio (Eurovia Management, Signature Gestion, Signature Industrie/Eurovia) > Soft Mini-perm (VINCI Concessions) * Petit, Campenon Bernard Management, Dodin Campenon Bernard, GTM Bâtiment. Prix sécurité > Arceaux de sécurité pour pelles mécaniques (Emulithe Fosses/Eurovia) > Clip panneau (Cofiroute-Campus Centre d’exploitation d’Ancenis/VINCI Autoroutes) Prix Développement Durable > L’autoroute fait fleurir la solidarité (VINCI, Arcour, Cofiroute/VINCI Autoroutes) > Notil : filet de lutte contre les pollutions marines (Nymphea Environnement Aubagne/ VINCI Construction) PRIX INNOVATION de RUPTURE > 3D : la nouvelle dimension des chantiers (Petit, Campenon Bernard Management, GTM Bâtiment, Dodin Campenon Bernard/VINCI Construction) > Système de voie pour tramway sur rail (ETF-Eurovia Travaux Ferroviaires, Eurovia Management, Eurovia Béton, Interdesco Gevrey-Chambertin/Eurovia) PRIX MATÉRIAUX, PROCÉDÉS ET TECHNIQUES > Outil de pose automatisée de caniveaux (STE Infra-Spé/Pôle Energies) PRIX MARKETING ET SERVICES > Paiement par mobile du stationnement sur voirie (VINCI Park/VINCI Concessions) PRIX MATÉRIELS ET OUTILS > Blindage caisson à tiroirs (SNEC/VINCI Construction) Prix spécial Conditions de travail La chasse aux vibrations Hélène Vilminot, responsable de la coordination QPE et Développement durable, au sein de la direction déléguée Rhône-Alpes Nord. Bénédicte Bouilloud, responsable des ressources humaines au sein de la direction régionale Travaux Public Rhône-Alpes Nord. Gaëlle Burlot, chargée de développement RH au sein de la direction déléguée Rhône-Alpes Sud, Auvergne, Bourgogne, Franche-Comté. Grâce à des équipements innovants (gants munis de capteurs, par exemple), Sogea Est a mesuré les vibrations provoquées par les machines et outils sur un chantier, et responsables de troubles musculosquelettiques (TMS). Les résultats montrent une sous-estimation des données d’exposition fournies par les fabricants. À présent, des fiches indiquent, pour chaque modèle d’outil et d’engin, les vibrations auxquelles sont exposés les utilisateurs, et la durée maximale d’utilisation. Des informations utiles pour comparer les outils, et choisir les plus appropriés. Pour en savoir plus : www.vinci.net rubrique Prix de l’Innovation. PRIX MANAGEMENT > Réseau de femmesVers plus d’égalité (SKE Facility Management GmbH, SKE Support Services GmbH, SKE Bau GmbH, VINCI Facilities GmbH & Co. OHG, G+H Kühllager- und Industriebau GmbH/Pôle Energies) PRIX SPÉCIAL CONDITIONS DE TRAVAIL > La chasse aux vibrations (Sogea Est/VINCI Construction France) PRIX SPÉCIAL ÉMOTION > Films Les Jours d’après et Mon Accident de travail (Eurovia Management CSP Aix, Eurovia Management CSP Bordeaux, Eurovia Management/Eurovia, VINCI Park Marseille/VINCI Concessions) PRIX SPÉCIAL ÉQUIPEMENT > La nouvelle écharpe du Sahel (Sogea-Satom Tchad/VINCI Construction) PRIX SPÉCIAL PERSÉVÉRANCE > Canne d’aiguillage (SDEL Océane/Pôle Energies) Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 13 LA SAGA DU MOIS Le mot de l’invité : Francis Briest “ Il est toujours émouvant de voir comment de tels projets mobilisent des talents qui ne se rencontreraient pas forcément. En l’occurrence, ici, l’architecte Rudy Ricciotti et Mario Bellini, un designer de renom qui, par ses créations, notamment dans le domaine du mobilier, a marqué le cadre de nos vies depuis plus de vingt ans. » 14 ⁄ Passion construction N° 28 Cour Visconti du Louvre écrin pour diamant noir L’architecte Rudy Ricciotti, associé à Mario Bellini, a déposé “un mouchoir de soie” sur la cour Visconti afin d’y abriter les arts de l’Islam. Le béton noir, lisse et graphique, structure l’ensemble des 7 000 m2 souterrains des nouvelles salles du Louvre. Un joyau ciselé par les équipes de Lainé Delau, Degaine, Freyssinet et Soletanche Bachy. Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 15 LA SAGA DU MOIS la verrière. Équipée sur ses deux faces d’une résille métallique mordorée, conçue pour laisser passer la quantité de lumière nécessaire, la verrière repose sur une structure métallique dont les milliers de tubes qui composent les éléments triangulés assemblés sur le site sont tous différents. Le mot de l’invité : Francis Briest “ Artcurial vient justement de créer un département consacré aux arts d’Orient et de l’Islam car nous avons constaté que les collectionneurs s’y intéressent de plus en plus. Je suis convaincu que l’initiative du Louvre va avoir une influence positive sur la connaissance que les gens ont de cet art. Le beau béton, ça vaut tous les marbres ! » « Le Label égalité professionnelle homme-femme a compté dans mon choix » D epuis Philippe Auguste, sous la monarchie comme sous la Révolution et l’Empire, le Louvre fut constamment embelli et agrandi. Au XXe siècle, les travaux décidés par André Malraux puis François Mitterrand semblaient avoir parachevé l’un des plus prestigieux musée du monde. Aujourd’hui, Lainé Delau, Degaine, Freyssinet et Soletanche Bachy écrivent un nouveau chapitre de cette longue saga, ciselant un diamant noir dans les tréfonds de la cour Visconti, nouvel écrin des arts de l’Islam. Après les grands travaux menés dans les années 1980 sous l’égide de l’architecte sino-américain Pei Ieoh Ming, le musée du Louvre conservait une cour disponible pour y créer de nouveaux espaces d’exposition. Située entre la cour Napoléon (où se trouve la fameuse pyramide de verre), la cour Lefuel, celle du Sphinx, et la Seine, la cour Visconti n’abritait que quelques locaux techniques et n’était pas ouverte au public. C’est donc ce lieu-là que, vingt ans plus tard, le musée décide d’exploiter pour y déployer les collections de son département des arts de l’Islam. Rudy Ricciotti a déjà collaboré avec VINCI Construction France au musée Jean-Cocteau à Menton et au Musée des civilisations Europe Méditerranée (MuCEM) à Marseille. Il a imaginé au Louvre un chef-d’œuvre d’intelligence architecturale, à la fois fascinant, magnifique et respectueux du lieu et de son histoire. Dans cette cour de 2 000 m2, son projet réussit à créer 7 000 nouveaux mètres carrés en creusant deux niveaux dans le sous-sol, Pauline Martin, ingénieur travaux, Lainé Delau « Travailler ici, au cœur du Louvre, est un privilège unique : on voit des aspects insolites que personne n’imagine, par exemple tout ce qui a trait à la logistique du musée, les voies souterraines permettant le déplacement des œuvres. Au début du chantier, je suis montée sur le toit du musée pour une visite de contrôle. La vue sur Paris était incroyable ! Lainé Delau fait beaucoup de restructuration lourde, ce qui nous fait côtoyer des bâtiments d’exception. Et j’apprécie l’état d’esprit qui y règne, à la fois un peu familial et laissant beaucoup de responsabilités aux individus. C’est aussi la première entreprise de BTP à avoir le Label égalité professionnelle homme-femme : pas de favoritisme, mais une égalité parfaite. C’est certain que cela a compté dans mon choix. » 16 ⁄ Passion construction N° 28 création d’un bassin de rétention pour les eaux usées et pluviales, en amont, afin d’assainir la cour et ainsi éviter l’inondation du chantier. mais aussi en s’insérant en sous-œuvre des bâtiments historiques. Gérard Le Goff est le représentant sur le chantier de Rudy Ricciotti en tant que directeur général des travaux pour la maîtrise d’œuvre : « La verrière qui couvre le projet est au plus près du sol de la cour, avec des formes fluides. Cela permet de préserver l’intégrité du site et les vues des façades anciennes. Les nouveaux espaces ont ainsi une présence forte mais sans imposer une confrontation inutilement brutale avec les espaces existants où sont exposés d’autres univers culturels. Seule une très grande technicité a permis à ce projet d’exister. Il fallait notamment être capable de creuser sur 12 m de profondeur au droit des fondations des bâtiments existants. Cela semble simple, mais c’était en réalité très “culotté” de le faire au pied de monuments en pierre aussi prestigieux ! » Le projet multiplie en effet les défis techniques mais aussi logistiques au cœur d’un environnement à la fois somptueux et fragile. Ainsi, les cantonnements ont pu être installés dans les douves du Louvre, presque invisibles pour le promeneur. Du fait de l’interdiction de survol de la grue en charge au-dessus des bâtiments du musée, tous les approvisionnements du chantier doivent passer par un porche de seulement 2,70 m de large ouvrant du côté de la Seine. La technicité au pied du mur En amont du chantier, le dévoiement des nombreux réseaux cheminant sous la cour a nécessité un an de travaux préparatoires. Ceux-ci passent désormais dans une galerie technique à l’extérieur du musée, le long de la Galerie du bord de l’eau, quai François-Mitterrand : 70 m de long, 2,30 m de large pour 2,50 m de profondeur… un bel ouvrage. Mais aussi une belle surprise, car les vestiges du premier rempart de Paris – sur lesquels les bâtisseurs du XVIIIe siècle s’étaient appuyés pour élever le palais – débordent de façon inattendue de 70 cm sous le quai… là où justement il est prévu que la galerie technique soit réalisée. Le chantier sera interrompu six mois pour reprendre la conception de la zone. Terrasser à la verticale Le projet du département des arts de l’Islam associe le réaménagement de la cour Visconti, la reprise et l’agrandissement d’un ancien projet sous la galerie des Trois Antiques et la création d’un niveau en sous-œuvre de la galerie Daru. Dans la cour elle-même, il s’agit de créer un niveau d’exposition et un niveau technique en sous-sol, en plus du parterre. Il faut donc terrasser sur la totalité de la surface, tout contre des bâtiments abritant des œuvres exceptionnelles. Une opération plus que délicate, car ces ouvrages en pierre de taille sont parfaitement rigides et le plus petit mouvement de terrain signifierait l’apparition de fissures. Partenaire de Lainé Delau, c’est Soletanche Bachy qui a réalisé le jet grouting permettant de consolider le sol sous les bâtiments anciens et ensuite de terrasser à la verticale, sans risques pour ceux-ci. Le procédé consiste à injecter un coulis de ciment avec une pression si forte (400 bars) que le jet déstructure le terrain pour former autour de la future “boîte” une paroi de béton homogène sol-ciment, capable de supporter les descentes de charges de 400 t/ml au droit des façades, mais aussi de limiter les venues d’eau dans la fouille. Car bien sûr, étant près du fleuve, les niveaux en sous-sol sont à 5 m sous le niveau de la nappe et jusqu’à 10 m en période de crue (pour contrer la poussée d’Archimède, le radier en fond de fouille a une épaisseur de 60 cm, ancré par 114 micropieux). Dans la cour Visconti, les terrassements sont synchronisés avec les travaux de reprise en sous-œuvre de la galerie Daru, classée aux Monuments historiques. Au rez-de-chaussée, des piliers de pierre soutiennent la voûte en briques et arêtes de pierre… Des poutres métalliques sont passées à travers les anciennes fondations Parole à Cristina Haye, responsable de l’immobilier du Louvre, directrice de la maîtrise d’ouvrage « Nous faisons confiance aux entreprises » Le Louvre ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans les architectes et les entreprises qui s’y sont succédé depuis des siècles. Notre rôle est de veiller à ce que toutes les interventions s’y déroulent dans le respect de ce bâtiment, témoin de notre histoire. C’est la raison pour laquelle nous sélectionnons les entreprises qui peuvent respecter le strict cahier des charges élaboré par le comité scientifique et mis en œuvre par les architectes et les bureaux de contrôle. Une fois choisies, les entreprises deviennent des partenaires à part entière en qui nous plaçons notre confiance, fondement de ces réussites petites ou grandes qui contribuent à faire évoluer Le Louvre. l’escalier noir, le sésame du département des arts de l’Islam. Fait d’un seul bloc de béton noir, l’escalier de 14 m et large de 2,40 m, a demandé une technicité de haute volée. fiche d’identité ■ Maître d’ouvrage : musée du Louvre ■ Maîtres d’œuvre : Mario Bellini et Rudy Ricciotti ■ Groupement gros œuvre : Lainé Delau et Soletanche Bachy (Degaine et Freyssinet en sous-traitance). ■ Durée totale des travaux de gros œuvre, y compris la préparation : trois ans. ■ Montant du marché : 21,2 Me pour le gros œuvre. Galerie Daru. Double vérinage des 16 poteaux avec transfert de charge grâce aux 2 profilés métalliques (en dessous du poteau) et aux 2 poutres béton de 1,40 m de haut (de part et d’autre). « Je suis coffreur et c’est moi qui ai travaillé sur le mur de béton noir ! » Mario Pinto, maçon-coffreur, Lainé Delau « Je préfère travailler sur des chantiers de rénovation plutôt que sur du neuf. Dans le neuf, le travail est souvent répétitif alors que là c’est chaque fois la première fois et il faut s’adapter. Je suis sur le chantier du Louvre depuis le début et j’ai fait du béton noir : non seulement il pousse plus que l’autre car il est autoplaçant, mais il doit être nickel… On fait le maximum. Le métier de coffreur, je pense qu’on l’apprend surtout sur le chantier. On regarde, on commence par faire une poutre, un poteau et, petit à petit, on fait des grandes choses. J’ai fait les panneaux de 5 m par 10 sans trou de banche ni reprise. J’en suis fier. » de chaque pilier avant d’être reprises par des poutres moisantes en béton sous lesquelles il est alors possible de retirer 7 m de sol. Et pour que rien ne bouge pendant ces travaux, Freyssinet assure par vérinage la stabilité de chaque pilier. Les spécialistes de Degaine sont, eux, chargés de déposer et restaurer les fragiles dallages de pierre. Il convient aussi de réaliser une sortie de secours et de permettre la ventilation et l’acheminement des œuvres. La nouvelle salle est donc aussi reliée à la cour Napoléon par un passage de 7 m de long avec une voûte “parapluie” de 8 m de haut sous l’aile Daru. Tous les bétons apparents sont noirs, tel un écrin précieux, sensuel et minéral, intemporel, créant une atmosphère intime et recueillie, propice à la contemplation des œuvres. Patrick Thomas est le directeur d’exploitation de l’agence Marchés publics de Lainé Delau : « Les planchers de la cour sont métalliques, avec des poutres de grande longueur qui ont nécessité un véritable exploit logistique. Mais le béton noir et nu restera pour le visiteur la seule signature témoignant du savoir-faire de Lainé Delau. Non seulement tous les bétons noirs sont visibles, mais les voiles périphériques de 5 m de haut ont été coulés sans trous de banche ni reprise de coulage sur 10 m de long. Aucun accident ne vient ainsi perturber la sérénité du visiteur. » Cette demande de l’architecte constitue à elle seule un défi. Pour le relever, les parois périphériques ont une quadruple épaisseur. Tout d’abord, le jet grouting garni de béton projeté et équipé d’une étanchéité par procédé Volclay. Vient ensuite le voile structurel du nouveau « Dans le béton noir et nu, aucune reprise ne vient perturber la sérénité du visiteur. » Patrick Thomas, directeur d’exploitation de l’agence Marchés publics, Lainé Delau. bâtiment qui reprend les poussées horizontales amenées sur la paroi en jet. Puis enfin, un mur de blocs à bancher formant le fond de coffrage du voile de béton noir autoplaçant de 6 cm d’épaisseur. Ce dernier est réalisé grâce à des banches de 5 x 10 m lourdement étayées puisqu’elles ne pouvaient être maintenues autrement. Les divers tunnels de liaison ont, eux, nécessité un travail d’orfèvre – ou plutôt d’ébéniste – en matière de coffrage. Un escalier monumental Au cœur de ce chantier, un escalier monumental massif, tout de béton noir, relie la cour au premier sous-sol. Coulé en place d’un seul bloc, long de 14 m et large de 2,40 m, il présente une face inférieure dont la forme évoque celle d’une coque de bateau. Réalisation du coffrage, livraison de la structure métallique, ferraillage, pose du caisson, coulage du béton, décoffrage… trois semaines d’un travail intense des équipes de Lainé Delau, mais aussi six mois de préparation ont été nécessaires pour réaliser ce chef-d’œuvre. Le gros œuvre, y compris les charpentes métalliques et leur flocage, est maintenant achevé. Les spécialistes des lots muséographiques et des équipements techniques n’ont pas attendu pour commencer l’installation des planchers, des vitrines et des extraordinaires équipements que comporte un musée moderne : le deuxième niveau de sous-sol est ainsi une immense salle des machines, dédiée au traitement de l’air alimentant les vitrines installées aux niveaux supérieurs. Et au-dessus encore, l’étonnante verrière recouvre la cour tout en douceur, évoquant les ondulations d’une dune ou d’un tapis volant. En septembre, le nouveau département des arts de l’Islam accueillera ses premiers visiteurs. Souhaité en son temps par Jacques Chirac, il n’offre pas seulement au musée du Louvre de nouveaux espaces pour y exposer ses collections, il conforte sa vocation universelle qui en fait le musée le plus visité au monde. prochaine saga Le porche mamelouk ■ Un monumental porche mamelouk datant du XVe siècle dormait en pièces détachées dans les réserves. Haut de 4 m et pesant 5 t, il avait été transporté pierre par pierre depuis le port d’Alexandrie jusqu’à Paris en vue de la reconstitution d’une rue du Caire pour l’Exposition universelle de 1889. Or, devant les difficultés techniques, il n’avait jamais été remonté et était resté réparti depuis dans une cinquantaine de caisses “non inventoriées”. Il sera présenté au public à l’ouverture du nouveau département des arts de l’Islam en septembre 2012, cent-vingt-trois ans après avoir quitté l’Égypte. Cette opération a été financée par le mécénat individuel piloté par le musée du Louvre. 18 ⁄ Passion construction N° 28 le pont Bacalan bastide à Bordeaux Le Lounvtrieers en cha C’est la pause En huit siècles, de nombreux rois et chefs d’État ont contribué à l’embellisement du palais du Louvre. Retrouvez l’extension correspondant à chaque période. Un indice : les légendes colorées des bâtiments sont classées par ordre chronologique. François 1er Ph. Auguste Charles V Henri II IIIe République Henri IV Louis XIV F C B I J Napoléon Ier 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 .… .… .… .… .… .… .… .… .… .… 11 .… Cour Carrée Place du Carrousel Cour Napoléon A Napoléon III F. Mitterrand Cour Visconti Louis XIII Louis XVIII Charles IX Henri III G D K E H Quiz saga o 3,5 millions de visiteurs o 8,5 millions de visiteurs o Tourcoing o Valenciennes o Lens o Arras 4 Rudy Ricciotti, architecte de la cour Visconti, a signé un autre ouvrage réalisé par VINCI o Les Terrasses du Port o Le MuCEM o Les Quais d’Arenc o Le tunnel Prado-Sud 5 Les remparts, qui ont été découverts lors des travaux menés au Louvre, ont été construits sous le règne de o Philippe II Auguste o Philippe III le Bon o Philippe IV le Bel o Le régent Philippe d’Orléans RÉPONSES 2 Le Louvre est l’un des plus grands musées du monde. Il reçoit chaque année 3 Bientôt, en France, un Louvre hors les murs ouvrira à Construction France à Marseille À chaque période sa construction : 1. B – 2. C – 3. H – 4. J – 5. K – 6. I – 7. A – 8. E – 9. G – 10. F – 11. D. o Line Renaud o Annie Cordy o Cora Vaucaire o Juliette Greco o 5 millions de visiteurs o 11 millions de visiteurs Quiz saga : 1. Juliette Greco – 2. 8,5 millions de visiteurs – 3. Lens – 4. Le MuCEM – 5. Philippe II Auguste. 1 Dans le feuilleton Belphégor ou Le fantôme du Louvre, diffusé dans les années 1960 à la télévision, qui tenait le rôle de Belphégor ? Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 19 La trace des bâtisseurs LE COFONDATEUR Edme Campenon, l’entrepreneur qui aimait les ingénieurs Campenon Bernard les ouvrages d’art ont trouvé leurs maîtres C’est en 1920 qu’Edme Campenon et André Bernard se rencontrent et fondent la société qui devient bientôt Campenon Bernard et Cie. L’un est issu de l’ancienne noblesse, dispose de solides relations et d’un remarquable talent d’entrepreneur et de négociateur, l’autre est ingénieur des Arts et Métiers et sera l’homme des grands chantiers. Très vite en effet, c’est la construction des ouvrages d’art – ponts et barrages – qui va constituer le cœur de métier de l’entreprise. Le barrage du Chambon dans l’Isère, dont la construction démarre en 1927 pour s’achever en 1935, sera ainsi le plus haut barrage d’Europe jusqu’en… 1953 ! Mais c’est justement alors qu’il dirige ce chantier exceptionnel, tant par ses dimensions que par ses avancées techniques, qu’André Bernard meurt, en 1928. De son côté un troisième homme – ingénieur et innovateur de génie – tente de faire appliquer ses idées, en particulier la précontrainte du béton : c’est Eugène Freyssinet. Eugène Freyssinet et Edme Campenon se rencontrent en 1935 et créent la Société technique pour l’utilisation de la précontrainte – la STUP - huit ans plus 20 ⁄ Passion construction N° 28 tard : désormais, la révolution de la précontrainte à l’échelle des très grands ouvrages passera par Campenon Bernard. Après la Libération, l’avance technologique de Campenon Bernard lui permet d’être un acteur majeur des Trente Glorieuses et de devenir le leader des grands ouvrages comme, au début des années 1960, la centrale nucléaire de Marcoule ou le pont de Choisy-le-Roi. Jusqu’à l’indépendance en 1962, la société est aussi particulièrement active en Algérie. Mais 1962 est aussi l’année de la mort d’Edme Campenon et d’Eugène Freyssinet. Fortement secouée par ces disparitions, l’entreprise réalise tout de même plus de la moitié des ponts construits en France entre cette date et 1970 ! Après quelqu es années délicates, Campenon Bernard reprend sa progression en préservant le très haut niveau technique qui fait sa spécificité. La tour Montparnasse ou le métro de Montréal renforcent encore son renom international. Plus près de nous le Stade de France, le pont Vasco-de-Gama à Lisbonne. Et l’aventure continue… Son père est officier de marine major de l’École navale, son oncle est général et sera sénateur et ministre de la Guerre, il a des aïeux chevalier ou académicien… Edme Campenon est né en 1872 à Tonnerre (89). Excellent élève, il renonce cependant à poursuivre de longues études, effectue son service militaire comme simple soldat et se lance rapidement dans les affaires en parcourant le monde. Il est en Espagne, en Amérique, en Extrême-Orient avant de revenir en France où il acquiert une solide expérience dans les travaux publics. Dès 1920 quand il s’associe avec André Bernard, en 1935 quand il rencontre Eugène Freyssinet, puis jusqu’à sa mort en 1962, il saura toujours conjuguer son remarquable sens de l’entreprise avec une véritable culture de l’innovation technique qui font aujourd’hui encore la force de Campenon Bernard. SYNE RGI E d e la gare L e sa uvet adgueHavre, mari ti m e so u d e la e n 1934, o n e ntre E d m e c o lla b o ratin et E u g è n e Ca m p e n o . M ais c’e st Freyssin et e n 1943 q u e se ule m e nt u i li e le s d e ux l’ac c o rd q s e st si g n é, faisa nt e ntre p ri se o ntrainte u n ato ut d e la p ré c ur le s gra n d s maje ur p o o uvrag e s. La tour Montpa Paris, 1rnasse, 973. Viaduc d’Oléro Un record à batn tre Inauguré en 19 66, deux ans ap rès le pont de Choisy-le-Roi, le viaduc d’Olér on est alors le plus long viadu c de France av ec son tablier de 2 862 m. Non se ulement il est ré alisé comme le précédent par encorbellemen ts successifs au moyen de 860 voussoirs préf abriqués et co lés à la résine lépox y (innova tions Campeno Bernard), mais n il comprend 46 travées mises place au moyen en d’un portique de lancement de 100 m de long ! La cadence de pose, qui attein 10 voussoirs, so t it 33 m de tablie r en une seule journée, constit ue un record en core inégalé ! Barrage Fodda, d’Oued 1932. Algérie, Lomé, e d é h c r ma Le grand 87. Togo, 19 ur Aménagement de la co86. Carrée du Louvre, 19 Silos de Da 1985-198miette en Égypte, 7. n Tunnel de Chamoise, Ai 1985. Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 21 C’est essentiel Cellule ergonomie et développement 3D Utiliser les outils de demain pour préserver la santé aujourd’hui ! Anticiper les méthodes de son chantier (en 4D), réfléchir sur l’organisation, analyser l’activité des compagnons, zoomer sur les modes opératoires et leurs risques avant la réalisation des travaux grâce à la 3D, autant de sujets pour la cellule ergonomie et développement 3D de Chantiers Modernes Construction. « Une cellule de terrain » Christophe Buzellay, directeur de travaux, Sobéa Environnement, agence d’Émerainville maquettes numériques en 3D en phase d’études (la Canopée des Halles à Paris) ou d’exécution. L a c el lu le er gonom ie e t développement 3D est un bureau d’études atypique pouvant mobiliser jusqu’à vingt collaborateurs – dont plusieurs apprentis – sur des prestations d’ergonomie pour les chantiers, d’imagerie méthodes, de conception d’outils et de synthèse 3D (maquette numérique). Elle trouve des solutions pour de nouveaux process et de nouveaux outils afin de garantir de meilleures conditions de travail au personnel. Au sujet de ses missions d’ergonomie… Sécurité, lutte contre les TMS (troubles musculo-squelettiques), santé au travail, maladies professionnelles, efficacité… la prévention et l’ergonomie constitue le partenariat indissociable pour intervenir sur ces sujets ! « Nous apportons notre soutien aux équipes du Groupe ou d’entreprises externes à la recherche de réponses à des problématiques variées. Notre objectif est d’entrer le plus en amont, de décomposer les modes opératoires futurs grâce à la 3D et d’anticiper les risques pour le compagnon. Il est important de faire collaborer les équipes travaux, le service prévention et les méthodes sur ces problématiques dès la préparation 22 ⁄ Passion construction N° 28 de chantier (cf. Orchestra) et l’outil 3D nous y aide bien », explique Caroline Réminy, responsable de la cellule. À chaque chantier sa solution « Nous collaborons lors des réponses à appels d’offres en lien avec les ingénieurs études de prix. L’objectif est d’améliorer la négociation avec le client, des organisations et méthodes de travail spécifiques. Les bureaux d’études de prix ne peuvent plus chiffrer un projet sans avoir une idée précise de l’organisation future du chantier. La cellule les accompagne et tente d’anticiper avec eux les contraintes futures des projets, mise en situation d’une ‘‘chèvre’’ de levage sur mesure, capable de soulager les compagnons de gestes répétitifs de levage de charges lourdes. via l’outil 3D (organisation, méthodes, synthèse et maquette numérique) », témoigne Sandra Tchinianga, chargée de projet “en phase réponse à appels d’offres”, au sein de la cellule. C’est aussi le cas avec les recherches effectuées au quotidien auprès des équipes de chantier. Les interventions peuvent aller d’une réflexion sur un phasage travaux en amont à l’étude ergonomique d’un poste en particulier. La cellule renforce le lien entre les équipes Travaux, service Méthodes, service Prévention et fabricants d’outils pour concevoir du spécifique. Grâce à une bonne connaissance des fabricants et à leur capacité d’adaptation, de nouvelles organisations de travail ainsi que de nouveaux outils sont élaborés régulièrement. À partir d’avril 2012, un catalogue de ces créations sera d’ailleurs accessible à tous, en ligne ! L’exemple des canalisateurs de Sogea Hydraulique ou encore des asphalteurs d’Eurovia montrent de réelles améliorations des conditions de travail. « Nous sommes ouverts à toutes les activités : bâtiment, travaux publics, routes, etc. L’expertise de notre cellule est bien dans l’analyse des situations de travail afin de projeter au mieux l’activité future en 3D. L’équipe se tient à votre disposition pour tous vos projets », conclut Caroline Réminy. « Nous faisons appel à la Cellule ergonomie et développement 3D au moins une fois par an. Le dernier projet en date était lié à la pose de 600 mètres linéaires (ml) de tuyaux en fonte dans un égout de 2 mètres X 2 mètres. Chaque tube de 6 ml pèse 350 kg. Il fallait quatre ouvriers par tuyau pour les déplacer, les monter à la main et les installer dans des supports, avec tous les risques que cela comporte. J’ai donc fait un cahier des charges avec mes contraintes de coûts et de temps. La cellule nous a conçu des chariots de transport et une “chèvre” de manutention sur mesure ! Résultats ? Aucun risque d’accident et 120 mètres linéaires posés par jour au lieu de 40 ! » C’est dans l’air Pôles d’échanges multimodaux La métamorphose des gares De nombreuses gares se muent aujourd’hui de simples espaces de transit en pôles d’échanges multimodaux, en centres de commerces et de services, et sont parfois le cœur même d’opérations d’aménagement et de développement urbain. Départ immédiat pour quelques destinations emblématiques. L es projets de rénovation et de construction de gares ferroviaires se multiplient depuis quelques années. Tout plaide, aujourd’hui, pour de forts investissements dans le domaine du rail. Les grandes gares plus que centenaires, ou les infrastructures vieillissantes de nombreu ses l ig nes rég ion a les, ne répondent plus aux exigences modernes en termes de confort, d’accessibilité ou d’entretien. Les distances ne cessent de s’allonger, depuis trente ans, entre domicile et lieu de travail. Les villes s’étendent, nécessitant la créat ion de nouvelles liaisons. En Ile-de-France, 70 % des déplacements s’effectuent aujourd’hui de banlieue à banlieue, et 80 % de ceux-ci en voiture, faute d’une offre alternative. La congestion croissante des axes routiers et la volonté de privilégier le développement durable impliquent de rendre plus performante l’offre de transports en commun, et de mieux coordonner le train avec les autres modes de transport, individuels et collectifs. Rénover et développer L es ga res de v ien nent a i n si des zones d’échanges complexes, que les exploitants, au premier rang desquels la SNCF, cherchent à mieux valoriser en les transformant en de véritables espaces de commerces et de services de proximité. La compagnie nationale a créé en avril 2009 sa cinquième branche, Gares & Connexions, dotée de la mission de rénover et développer les 3 000 gares fer rov iai res du réseau. Cel le-ci compte i nvest i r 4 à 5 m i l l iard s d’euros pour moderniser 80 gares d’ici 2020. Parmi ces chantiers les plus emblématiques figure celui de la Gare de Lyon, dont le trafic total s’élève à 90 millions de voyageurs par an. L’ar r ivée du TGV R hi nRhône en 2011 a entraîné une augmentation sensible du traf ic, avec 15 TGV supplémentaires par jour. D’où le lancement, en 2010, d’importants travaux de modernisation, qui doivent s’achever ce printemps – la cinquième grande phase de travaux depuis l’inaug uration de la gare parisienne en 1849. Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 23 C’est dans l’air Le Mans C onstruction d’un parking pour le pôle d’échanges multimodal de la gare, en 2006 et 2007, travaux de gros œuvre réalisés par la société Heulin pour un montant de 4 M€. Construction d’un ensemble de bureaux et résidences de service, gros œuvre réalisé par la société Heulin (2010-2012) pour un montant de 4,6 M€. Besançon Franche-Comté TGV U ne gare nouvelle génération construite au milieu d’une forêt, à 15 km de Besançon, inaugurée le 1er décembre 2011. Campenon Bernard Franche-Comté a réalisé la passerelle franchissant les voies pour un montant de 4,2 M€, Pateu & Robert a mis en œuvre en parement de façade, 180 m3 de pierres de taille, similaires à celles utilisées pour construire Besançon et ses principaux monuments. « Coordonner l’ensemble des travaux sans interrompre le trafic » Nicolas Coquelle, chef de service travaux Chantiers Modernes Construction Ne pas compliquer l’accessibilité « Le premier défi, dans de telles opérations, est de coordonner l’ensemble des travaux, qui font appel à de nombreux corps d’état, sans interruption du trafic et sans compliquer l’accessibilité aux voyageurs », résume Nicolas Coquelle, chef de service travaux Chantiers Modernes Construction. Chantiers Modernes Construction pilote, en entreprise générale, une série de travaux comprenant notamment la création de deux grandes verrières, sur la partie de la gare appelée “plate-forme jaune”, qui passe de 1 000 à 4 400 m² pour accueillir de nouveaux espaces d’attente, des services et des commerces. « Dès l’appel d’offres, nous avons présenté un projet de circulation des voyageurs, avec des plans de niveaux, un projet de balisage, une estimation précise des f lux. Il fallait prévoir le “grand pic” des vacances de février 2011, ce qui supposait notamment d’avoir achevé la construction d’une grande rampe d’accès au réseau RATP. » À Tours, Sogea Centre est confronté à des défis similaires, même si la nature des travaux est différente : il s’agit de réhabiliter entièrement la charpente 24 ⁄ Passion construction N° 28 métallique et la couverture de la gare construite à la fin du XIXe siècle par l’architecte Victor Laloux, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Ce chantier très technique fait intervenir de nombreux sous-traitants spécialisés : décapage des peintures anciennes au plomb, renforcement de la charpente, mise en place d’un système anti-pigeons par électrorépulsion représentant 18 km de câbles… « Nous intervenons dans une gare empruntée par 40 000 voyageurs quotidiens. Il est impossible de franchir les quais en période de trafic. Le montage de l’échafaudage, l’un des plus grands de France (600 tonnes de matériel) a duré plusieurs mois. Le planning d’intervention est gravé dans le marbre : les phases de mise hors tension des caténaires et d’interruption nocturne du trafic ont été programmées jusqu’à deux ans à l’avance », souligne Damien Batiot, conducteur des travaux tous corps d’état pour Sogea Centre. De nouvelles normes Au-delà de ces opérations exceptionnelles par leur prestige, VINCI Construction France gère de très nombreux chantiers plus modestes, gare de tours (2011-2012) Réhabilitation de la charpente métallique et de sa couverture, un ouvrage de 176 m de long et 63 m de large. Un chantier en entreprise générale dirigé par Sogea Centre, pour un budget global de 9,5 M€. mais tout aussi exigeants en termes d’organisation. « Nos interventions les plus courantes concernent la mise aux normes d’accessibilité : nous créons des passages sous les voies, des ascenseurs, des rampes d’accès, notamment pour les personnes à mobilité réduite, le tout sans interruption de la circulation des trains et des voyageurs, résume Gaby Abou Sleiman, directeur Chantiers Modernes Rhône-Alpes. Tout aussi nombreux sont les chantiers liés à la transformation des gares en pôles d’échanges multimodaux : aménagement de nouveaux accès, de parkings, d’espaces de services, de centres de contrôle… La gestion de ces opérations en entreprise générale demande beaucoup de souplesse, de technicité et de réactivité. » En Rhône-Alpes, Chantiers Modernes a récemment géré l’aménagement de la gare de Besançon-Viotte (aménagement et rehaussement des quais, création d’une cage d’ascenseur, pour un budget de 1,2 M€) et de Bourg-enBresse (refonte de l’accessibilité des quais pour un montant de 3,7 M€). L’entreprise vient de construire, en gare de Bellegarde, un centre d’aiguillage des lignes environnantes et de gestion des différents trafics ferroviaires, pour un montant de 2,6 M€. Au-delà de la gare, des enjeux d’aménagement Mais les enjeux liés au rail dépassent le strict cadre des gares : l’ouverture de nouvelles lignes (notamment à grande vitesse) ou de nouvelles connexions entre modes de transport constitue, pour les collectivités, une opportunité unique de favoriser le développement local en créant des Gare de Val-d’Or, Saint-Cloud (2009-2011) ise en accessibilité : 2,2 M€ de travaux pour la démolition et la reconstruction d’une passerelle, M nouvel accès, génie civil pour l’installation d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques. Chantiers Modernes Construction (mandataire) et Lang TP. Le mot de l’invité : Francis Briest Gare de Lyon (2011-2012) odification et extension de la plate-forme jaune, création de M deux nouvelles verrières de 2 500 m² et 1 000 m², dotées d’une charpente métallique. Un chantier mené en entreprise générale par Chantiers Modernes Construction d’un montant de 26,5 M€. “ Gare et art ont partie liée. Il n’est qu’à penser au Musée d’Orsay qui fut initialement une gare. Devant une gare, je pense tout de suite à Monet, avec ses représentations des volutes de fumée des locomotives en gare Saint-Lazare. On peut espérer que les nouvelles gares, avec leurs grandes nefs, auront la même puissance d’inspiration pour les artistes d’aujourd’hui. » Pôle d’échanges multimodal d’Annecy En lieu et place de la gare historique, un pôle entièrement neuf proposera sur 700 m² une multitude de services, fin 2012. Chantiers Modernes Rhône-Alpes (mandataire) construit avec GTM Annecy Pays de Savoie, en groupement avec CMB et Mithieux TP, la nouvelle halle voyageurs en tous corps d’état. Un marché de 4,3 M€. gare de Nancy (2005-2007) L ’ensemble République offre un continuum où la circulation des voyageurs se fait en toute fluidité dans un espace de verre. Les bâtiments de 172 m, dont 45 m pour la halle Train, et 18 m pour la halle Tramway, réalisés par Hallé en entreprise générale, participent au développement urbain de la gare. 72 gares pour le Grand Paris ■ Alléger des réseaux saturés, pôles d’activité attractifs. À Nîmes, Dumez Sud vient ainsi de livrer un ensemble de bureaux et de logements faisant partie de la ZAC Triangle de la gare, constituée dès 1998 pour favoriser le développement d’un nouveau quartier d’affaires autour d’une plateforme multimodale, lors de l’arrivée du TGV, en 2001. Au Mans, Heulin a dirigé une opération similaire, cinq ans après avoir construit le parking du pôle d’échanges multimodal de la gare TGV. Dans le cadre de la reconstruction de la gare d’Orléans, Sogea Centre a réalisé entre 2006 et 2008 d’importants travaux de gros œuvre, pour un montant de 3,1 M€ : création de nouveaux locaux techniques et commerciaux, d’une liaison piétonne reliant la gare et la station tram, d’un parking de 2 200 m², des fondations et de la structure du nouveau hall vitré, spectaculaire par sa forme en double vague (voir photo p. 23). Enfin, les contrats de développement territoriaux sont au cœur du projet du Grand Paris : signés entre l’État et les collectivités locales, ils visent à organiser l’aménagement des quartiers environnant les nombreuses gares à créer pour la réalisation du futur métro régional, Grand Paris Express. Dans l’attente des futurs appels d’offres, le groupe VINCI dans son ensemble s’intéresse à ces enjeux de développement : avec VINCI Construction France, mais aussi ses autres branches, de VINCI Energies et VINCI Concessions à VINCI Immobilier en passant par Eurovia, le groupe dispose d’une expertise globale permettant de gérer et coordonner toutes les étapes de ces grands projets. passant presque tous par le centre de Paris, alors que les déplacements de banlieue à banlieue ne cessent d’augmenter. C’est pour répondre à cet immense défi que le schéma d’ensemble du Grand Paris Express a été approuvé par décret le 26 août 2011. Ce métro automatique sera doté d’environ 200 km de voies nouvelles et de 72 gares, dont 23 entièrement nouvelles, pour un investissement global évalué à plus de 20 milliards d’euros à l’horizon 2025. « Le réseau Grand Paris Express représente trois types de chantiers majeurs : des tunnels (près de 175 km de galeries doivent être creusées), des nouvelles gares, et l’aménagement des gares actuelles qui seront connectées à ce réseau et à d’autres modes de transport », commente Gilbert Letendre, délégué Vinci Construction France. Autour de ces nouvelles gares, l’enjeu est de créer de véritables quartiers de villes offrant logements et emplois. « Certaines communes souhaitent préserver leur caractère résidentiel actuel. D’autres veulent au contraire des gares beaucoup plus élaborées, impliquant la création de nouveaux commerces et services, de bureaux, de parkings et de voies de desserte pour les bus et taxis. » Les premiers appels d’offres doivent être lancés en 2013, pour des mises en chantier à partir de 2014. Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 25 C’est le mÉtier Faubourg Duchateau, Denain au plus près des habitants Rénover, démolir, construire… Rien de plus banal. Mais lorsque cela concerne plusieurs milliers de personnes au sein d’un même quartier, une bonne communication et une collaboration avec les habitants sont indispensables à un fonctionnement optimal du chantier. C’est le cas au faubourg Duchateau, à Denain. DéCRYPTAGE quelques chiffres • Construction de 263 logements : • Chaque habitat rénové 107 logements collectifs sera certifié Cerqual PH&E 156 logements individuels avec un niveau de performance énergétique THPE • Réhabilitation de 329 logements collectifs et pavillonnaires • Chaque habitat neuf sera • Démolition de 251 logements certifié Cerqual Habitat & sociaux collectifs dans trois Environnement et résidences BBC-Effinergie® 26 ⁄ Passion construction N° 28 L e 3 novembre dernier, le projet de rénovation urbaine du faubourg Duchateau de Denain (59) était officiellement lancé. Ce quartier d’habitat social, construit dans les années 1950-1960, fait l’objet d’un projet soutenu par l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Mais les équipes du groupement dont Sogea Caroni est mandataire avaient commencé à entrer en relation avec les habitants bien avant cette date. « Lorsqu’il s’agit de travailler avec les habitants de près de 600 logements (plus de 1 500 locataires), il faut impérativement “préparer” très en amont les esprits et anticiper au maximum, explique Delphine Halle, responsable communication chez Sogea Caroni. Dans le cadre d’un programme de rénovation comprenant la réhabilitation de logements habités, la destruction de trois immeubles et la construction d’immeubles et de pavillons, les gens sont toujours inquiets. Et ceux qui ne le sont pas, souhaitent être informés des projets qui les concernent ! » En quelques semaines, un ensemble “d’événements” de communication ont pris place : réunions d’information, lancement d’un site Internet, participation à la fête des voisins, diffusion d’un journal à l’ensemble des locataires ainsi qu’aux partenaires locaux, création d’un film vidéo illustrant les attentes des habitants vis-à-vis du projet, inauguration de l’espace Projet, un lieu de rencontres au sein du quartier qui propose à tous des permanences, notamment avec les médiateurs de l’Adase (lire l’encadré), création par les habitants d’une fresque murale, galette géante avec les locataires et les enfants du quartier… « Nous sommes aux côtés des locataires en permanence et nous le resterons jusqu’à la fin des travaux, en 2014 », conclut Delphine Halle. L’espace Projet, lieu d’échanges indispensable En réponse au souhait émis par Partenord Habitat, le bailleur du faubourg Duchateau, des permanences ont donc été installées quotidiennement dans les locaux de l’espace Projet. Dans le cadre du chantier, l’Adase, forte de relations de confiance construites avec les habitants, propose deux types de services très différents. Tout d’abord, elle accompagne les locataires dans leur relation avec les équipes Travaux, via une présence quotidienne, aussi à l’ouverture et à la fermeture des chantiers de réhabilitation, ainsi qu’en assurant une permanence à l’espace Projet. Elle accompagnera également L’Adase au quotidien journal, site internet, espace Projet… ont été mis en place pour permettre à tous les habitants de suivre le projet mois après mois. Chacun est convié et peut s’exprimer, que ce soit au niveau de ses attentes ou ses réflexions. Une manière d’apporter sa pierre à l’édifice. Sogea Caroni s’est associé à la Fête des voisins du faubourg Duchateau, en mai 2011. les familles dont les logements seront démolis, dans le processus de déménagement. En outre, elle gère un chantier d’insertion d’une dizaine de personnes en permanence, en charge d’un lot de peinture (plafonds, rénovation cages d’escalier, enduits, etc.). Priorité aux habitants du quartier pour l’emploi Comme sur l’ensemble des chantiers dans lesquels ses filiales interviennent, VINCI Construction France privilégie l’insertion. Sur un projet Anru, les contraintes dans ce domaine sont d’ailleurs plus importantes puisque le volet insertion se double d’une notion spécifique : 90 % des personnes engagées dans le cadre de l’insertion sur le projet doivent habiter le quartier réhabilité. Une gageure ? « Non, une opportunité, explique Sébastien Chovin, lancement officiel, le 3 novembre 2011, des travaux de rénovation urbaine de Denain, lors d’une journée festive réunissant les habitants du faubourg Duchateau. À cette occasion, l’incontournable pose de la première pierre, sur un mur aux briques multicolores, à l’image de la banderole installée à l’entrée du chantier, s’est faite sous la pluie. ■ Travailler avec les populations en difficulté ne s’improvise pas. Cela implique d’instaurer une relation de confiance basée sur une activité de terrain quotidienne et sur le long terme. C’est le choix qu’ont fait les équipes de l’Adase (Association denaisienne d’action socio-éducative) depuis la création de l’association en 1984. « Notre premier axe de travail a été la prévention spécialisée, se souvient Guy Naturel, président de l’Adase. Nos équipes d’éducateurs travaillent chaque jour auprès des jeunes âgés de 13 à 25 ans qui sont en situation délicate et qui, disons-le franchement, accumulent les difficultés. Nous avons étendu notre activité auprès des plus jeunes, dès six ans. Depuis plusieurs années, nous sommes d’ailleurs mandatés par le Conseil général du Nord pour certaines activités de prévention spécialisée. Dans la même logique, nous avons choisi de travailler autour de l’insertion. Nous aidons ainsi les jeunes, mais aussi les adultes en difficulté. Les personnes restent chez nous entre six mois et un an. Nous leur offrons pendant cette période une expérience professionnelle ainsi qu’une formation de 220 heures par un organisme reconnu comme l’Afpa. » coordinateur Insertion Nord-Picardie chez ViE (filiale de VINCI, dédiée à l’insertion). ViE accompagne VINCI Construction France dans la gestion de toutes les heures d’insertion pour l’ensemble du groupement. Au total, plus de 45 000 heures pour l’ensemble du projet ! Nous allons pouvoir faire travailler des entreprises d’insertion locales comme l’Adase, mais aussi engager des personnes en contrat de professionnalisation qui seront formées au centre CESAME de Lallaing, pendant dix mois en alternance, au métier de coffreur-bancheur. Plusieurs salariés sont déjà intégrés sur le chantier mais cela ne fait que commencer. Et notre but est bien sûr qu’ils retrouvent un emploi durable. Deux mois après le début du chantier, nous avons déjà réalisé 2 000 heures d’insertion ! C’est donc une véritable opportunité pour un quartier en difficulté qui va connaître une croissance certaine ! » 45 000 heures C’est le nombre d’heures d’insertion pour l’ensemble du projet. Ces heures seront allouées aux entreprises locales d’insertion, mais aussi aux contrats de professionnalisation. Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 27 C’est le mÉtier Injections et Pylônes Le forage n’est pas leur seul métier l’activité de forage, signature de la marque Botte Fondations, se diversifie sur des chantiers de plus en plus complexes. L’entreprise est reconnue pour apporter des solutions techniques pertinentes et économiques à ses clients. E xpert des travaux dans le sol, Botte Fondations a développé une activité qui a grandement contribué à asseoir sa réputation : les injections et pylônes, ces travaux de petits diamètres baptisés ainsi en référence aux outils de forage inférieurs à 400 mm. « À la base de notre métier, nous sommes effectivement des foreurs », confie Jacques Gero, son directeur. Des foreurs qui maîtrisent de nombreuses techniques : les micropieux, le jet grouting* (voir reportage photo), les tirants d’ancrage provisoires ou définitifs, les traitements de terrain ou encore les comblements de carrières souterraines. Leur savoir-faire a séduit de nombreux clients devenus fidèles. Parmi eux, on compte la RATP, la SNCF, EDF, les donneurs d’ordre que sont les conseils généraux, ainsi que les promoteurs. À chaque appel d’offres, ils se voient systématiquement proposer des variantes sur les implantations, le dimensionnement et la réalisation de leurs travaux. C’est sans doute l’une des raisons du succès rencontré par ces pros du sous-sol qui, après avoir installé les centrales d’injections – du matériel qui peut peser jusqu’à 30 t –, fabriquent sur le terrain leurs propres produits, essentiellement des coulis de ciment, avant d’enchaîner les tâches. Un fontis mis en sécurité La plupart de temps, les chantiers sont de courte durée. Sur la quarantaine qui sont menés chaque année, une bonne moitié n’excède pas trois ou quatre semaines. « À partir de deux mois, c’est du lourd », dit Jacques Gero. Le montant des opérations, lui, varie généralement de 50 000 euros à 80 000 euros. Ce qui assure à l’entreprise un chiffre d’affaires non négligeable. Ainsi, à Malakoff, l’expertise de Botte Fondations en injection a récemment été sollicitée par la municipalité, à la suite d’un fontis dans un parc. « Ce type « Nous travaillons un peu à l’aveugle » Emmanuel Gagnière, directeur de travaux, Botte Fondations « Contrairement à celle du bâtiment, visible et maîtrisable, notre activité est soumise aux aléas du sous-sol que l’on appréhende assez mal, en dépit des sondages de reconnaissance effectués au préalable. De ce fait, nous travaillons un peu à l’aveugle et rencontrons souvent des surprises. Il faut savoir s’adapter, faire ce que l’on sait faire avec les moyens dont on dispose et, lorsque nous détectons une difficulté, proposer des solutions au client et le conseiller afin que le coût de l’opération n’explose pas. Pour la reconversion de l’entrepôt MacDonald dans le XIXe arrondissement de Paris, par exemple, nous avons fait des essais avant travaux pour nous assurer que les caractéristiques de sol avancées par le client étaient conformes. Ces essais ont permis de valider de nombreuses hypothèses et, ainsi, de mieux cerner nos travaux. Sachant toutefois que, chez nous, l’aléa zéro n’existe pas… » 28 ⁄ Passion construction N° 28 d’effondrement dans les carrières souterraines amène des désordres en surface, explique Jacques Gero. Nous sommes donc intervenus pour mettre en sécurité le fontis par traitement et nous avons comblé quelques galeries alentour. » Le tout aura duré à peine un mois pour un montant de 80 000 euros. Plus récemment encore, l’autre spécialité de l’entreprise lui a valu un retour remarqué sur le marché de RTE (le réseau de transport d’électricité), qui lui a confié les fondations spéciales de 25 pylônes à très haute tension sur la ligne Cotentin-Maine, à la sortie de l’usine de Flamanville, dans la Manche. Coût total de l’opération : 700 000 euros. « Ramenées au pylône, ce ne sont pas des sommes énormes », tempère Jacques Gero. L’opération est pourtant exigeante : les pylônes étant séparés de 700 m, il faut à chaque fois se déplacer, réinstaller le matériel, le désinstaller et se déplacer à nouveau. * Procédé de construction utilisant un jet de fluide à haute énergie cinétique pour déstructurer un terrain et le mélanger avec un coulis liquide. Joncherolles : consolider le sol avant la pose des voies ■ À Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis, Botte Fondations réalise actuellement, pour le compte de la SNCF, la remise aux normes des nouvelles voies de stockage des trains au dépôt des Joncherolles. Il s’agit d’un dépôt-atelier d’une trentaine de voies qui alimente le Stade de France : à chaque manifestation, les trains partent toutes les deux minutes. L’entreprise y fait de l’injection de traitement au niveau des marnes infragypseuses, afin de consolider le sol avant que les nouvelles voies et les nouveaux quais soient reposés. L’opération est segmentée en trois tranches de trois mois, pour un montant de 700 000 euros par tranche. « Ce n’est pas un chantier ordinaire, ni par sa durée ni par son montant, relève Jacques Gero. Surtout, à la suite d’une planche d’essai consécutive à l’appel d’offres, nous avons tout modifié en une semaine et présenté notre propre projet, qui a immédiatement été accepté. » 29 C’est LE métier 7 h 45. Préparation C’est l’heure du planning. Une fois les plans de coffrage soigneusement indiqués par le chef d’équipe, Marilyne et ses collègues se dirigent vers le conteneur pour s’équiper du matériel et de l’outillage nécessaires : perceuses, disqueuses, scies circulaires, marteaux-piqueurs… 30 ⁄ Passion construction N° 28 8 h. Décoffrage et traçage Ce jour-là, Marilyne grimpe les 5 étages de l’Ehpad que construit Bourdarios à Toulouse pour aller décoffrer tous les contreplaqués de la veille et nettoie les zones. Elle trace au Cordex les coupes de contreplaqués dont elle aura besoin, puis les taille à la scie circulaire. 9 h. Ferraillage et coffrage Juste après le traçage, et s’il n’y a pas de reprise dans le plancher, Marilyne perce et fait des scellements chimiques pour ancrer solidement le ferraillage autour duquel elle viendra disposer son coffrage. La mise en place finale nécessite de remettre tout d’aplomb. Une journée avec Marilyne Nemoz, coffreuse-bancheuse Le mot de l’invité : Francis Briest “ Moi, la banche, ça m’évoque Tadao Ando, qui en a fait une véritable signature de ses créations architecturales, comme à Venise ou à Naoshima ! Le béton est un véritable travail d’artiste. De sa qualité va dépendre le rendu, le toucher et la sensualité du bâtiment. » 13 h. Réglages et coulage La jeune coffreuse procède aux derniers réglages, vérifie l’aplomb et débute le coulage. Le camion toupie est prêt : le chef d’équipe huile la benne et l’envoie, via une grue, sur le poste de travail de Marilyne qui peut alors couler le béton. Son parcours n’est pas forcément le plus court, mais sans aucun doute le plus volontariste. Titulaire d’un BTS en tourisme et loisirs, spécialisée dans la conception et la commercialisation de voyages, Marilyne Nemoz se projetait très naturellement en voyagiste. Mais cette fille de militaire, ballottée de déménagement en déménagement au gré des affectations paternelles, a vite compris que le nomadisme était un frein à l’emploi. Lorsque la famille quitte Bourges pour Perpignan, la jeune diplômée travaille quelque temps à l’hôtel Mercure de la ville avant de rejoindre son compagnon en Ariège, où elle va multiplier les petits boulots. En 2003, elle décide de changer de vie et de laisser s’exprimer l’envie tapie en elle depuis longtemps : intégrer le monde du bâtiment. « La construction d’un bâtiment m’a toujours fascinée, confie-t-elle. C’est un peu construire le rêve des gens… » Dotée d’une volonté peu commune, Marilyne fait une demande à l’Afpa de Toulouse qui lui propose une formation en maçonnerie de neuf mois, à l’issue de laquelle elle obtient un CAP. Probablement bluffés par son allant et son enthousiasme, les trois membres du jury qui lui font passer l’examen lui proposent chacun un emploi. Elle accepte, multiplie grâce à eux les postes en intérim, et s’éloigne petit à petit de l’Ariège pour s’installer définitivement dans la ville rose. « J’ai tout quitté, mis ma vie personnelle de côté. Mais c’était vraiment un choix. » C’est alors qu’elle postule chez Bourdarios. L’entreprise générale de bâtiment flaire la bonne recrue, lui propose d’abord un intérim de quelques mois, puis la forme au métier de coffrage-banchage avant de l’embaucher en 2008. La jeune femme est aux anges. « J’adore la vie de chantier ! », dit-elle. À la voir déambuler avec aisance sur le terrain, on la croit sans mal. « J’aime l’ambiance, le travail d’équipe, la vie en plein air, et cette solidarité qui n’est pas la même que dans les bureaux. » Elle reconnaît de bonnes grâces que, depuis toujours, elle voulait travailler avec des hommes. « N’oubliez pas que je viens d’un milieu militaire, ça a dû jouer ! », sourit-elle, consciente d’avoir quelque peu bouleversé, à ses débuts, les façons de faire de ses collègues. À 33 ans, Marilyne Nemoz avoue enfin revivre. Et sa fougue est communicative. « J’arrive le matin heureuse, je repars le soir contente de ce que j’ai fait. Ce métier est un dépassement de soi physique et psychologique. J’avais besoin de ces challenges. » Dans un proche avenir, elle espère passer chef d’équipe, ce qui, vu les regards bienveillants de sa hiérarchie, ne semble pas – loin s’en faut – irréaliste. Elle veut surtout continuer à apprendre et à évoluer. « Si mon expérience le permet, j’aimerais pouvoir un jour former les jeunes générations, leur faire partager mon goût pour ce métier. » En réalité, la formation, elle y a toujours pensé sans jamais trop en parler. Pour le moment. 15 h. Replombage et vérification Ultime étape après le coulage, il s’agit ici de vérifier à nouveau si l’aplomb n’a pas bougé. Passé ces derniers contrôles, Marilyne range, nettoie et profite de cette fin de journée pour prendre un peu d’avance. Le magazine de VINCI Construction France ⁄ 31 Injections BTP