DÉCLARATION SNES
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DÉCLARATION SNES
DÉCLARATION SNES-FSU FPMA MOUVEMENT INTRA DU 17 JUIN. Les personnels du second degré sont attachés à un service public de qualité, à l’ambition éducative, au paritarisme. De ce point de vue, la participation des personnels aux élections professionnelles de décembre 2014, tant aux CAP, CCP qu’aux CT, sera déterminante : nous savons que nous sommes ici tous attachés à ce que ces taux de participation retrouvent les niveaux coutumiers qui étaient ceux d’avant 2011. Est en jeu non seulement la qualité du dialogue qui doit, à notre sens, présider aux relations sociales au sein de notre administration, mais aussi le degré d’implication et de participation des personnels dans le bon fonctionnement du service public de l’Éducation Nationale. Est en jeu enfin le poids légitime et la place incontournable que notre administration avec tous ses personnels doit retrouver au sein de la fonction publique de l’État, dont nous constituons à nous seuls la moitié des effectifs. Les CAP représentent directement les personnels dans leur métier et leur professionnalité, permettent le contrôle démocratique de la gestion individuelle et collective des carrières et des mutations, obligent l’État-employeur à communiquer aux élus à l’avance ses projets, à justifier a priori de ses choix et à les confronter contradictoirement et préalablement à l’expertise des personnels eux-mêmes avant décision. Nous tenons donc à ces commissions qui sont une des formes du « dialogue social ». Les mutations et les premières affectations sont pour les personnels un moment important qui a des conséquences fortes sur les conditions de vie professionnelles et personnelles des agents concernés. Ils sont très attachés à ce que soient strictement respectés leurs droits, la transparence des décisions et la capacité de leurs représentants, élus par l’ensemble de nos professions, à pouvoir tout à la fois s’assurer de l’égalité de traitement et garantir l’équité, mais aussi à disposer des moyens permettant de corriger les erreurs et d’améliorer la qualité du mouvement proposé par notre administration. Nos FPMA sont réunies dans un contexte où les dossiers d’actualité sont lourds de conséquences pour nos métiers, la vie professionnelle de nos collègues et l’avenir du service public de l’Éducation nationale. Les choix économiques et sociaux du gouvernement doivent être réorientés. Dans le champ de l’éducation, la rentrée 2014 sera marquée par des difficultés persistantes. Malgré les efforts budgétaires accomplis en terme de recrutements, et pour lesquels nous avons bataillé durant de longues années, de trop nombreux indicateurs restent au rouge : en effet, les recrutements ne font pas le plein. Par voie de conséquence : dotations aux établissements encore insuffisantes ne permettant pas de réduire significativement le nombre d’élèves par classe, conditions de travail aggravées particulièrement pour les TZR et les collègues dont le service est à cheval sur plusieurs établissements... Notre analyse est la suivante : sans un plan de revalorisation d’ensemble de nos professions qui les rendent plus attractives, sans un plan de pré-recrutement ambitieux permettant de reconstituer dans l’enseignement supérieur les viviers de candidats nécessaires, on ne pourra pas pourvoir correctement les besoins du second degré à moyen terme. Il faut donc sortir radicalement de la situation héritée des politiques éducatives précédentes et s’atteler à trouver les voies pour y parvenir. Concernant la refonte des décrets statutaires dits « de 1950 », si nous notons des avancées, une meilleure prise en compte des situations d’exercice, telles celles des TZR ou des collègues de l’éducation prioritaire, le résultat arrêté par le gouvernement ne nous convient pas en ce qu’il n’offre pas de revalorisation pour l’ensemble de la profession mais il maintient néanmoins l’essentiel, le caractère dérogatoire de notre statut lié à la teneur des missions, et il reconnaît l’ampleur de notre tâche ouvrant la voie à une extension des dispositifs de diminution des maxima de service. Pour les syndicats de la FSU, la revalorisation du métier d’enseignant doit être un point essentiel de la politique de tout gouvernement. Elle doit passer par une amélioration des conditions de travail et d’emploi. La diminution du nombre d’élèves par classe en est un des éléments. Un autre point consistera en l’amélioration des conditions d’affectation tant sur poste fixe (en limitant les postes à compléments de service, tout particulièrement lorsqu’il y a des heures supplémentaires dans l’établissement) que sur poste en ZR (en évitant les affectations sur plus de deux établissements et en améliorant les modalités d'affectation). La revalorisation du métier ne saurait exister sans une réelle revalorisation salariale, qui doit s’articuler autour de deux axes : l’agrégation revalorisée comme corps de référence pour tous les enseignants du second degré et la carrière à un rythme unique, parcourue en vingt ans et intégrant les indices de l’actuelle hors classe dans la classe normale. Ces mesures ne dispensent pas du rattrapage des pertes de pouvoir d’achat subies : il est indispensable de mettre un terme au gel de la valeur du point d’indice. Est en jeu sur l’ensemble de ces dossiers la question de l’attractivité de nos métiers, alors que le gouvernement met en oeuvre d’importants efforts de recrutements supplémentaires. Contrairement aux idées reçues et aux fausses affirmations d’une hypothétique doxa budgétaire, le choix n’est pas entre recrutement ou revalorisation, entre salaire ou emploi. L’exemple de 1989 montre au contraire que : créations d’emploi + augmentation des postes aux concours + aides et primes aux pré-recrutements et aux néo-recrutés + revalorisation des carrières et des traitements permettent de redresser la situation. La question centrale est donc bien celle des moyens et de leur financement. Pour en venir au mouvement 2014, c’est une des plus importantes des opérations de gestion. Politiquement, son but est d’assurer la couverture harmonieuse des besoins du service public et, pour cela, de satisfaire au mieux les voeux des personnels dans l’égalité de traitement, l’équité et la transparence : mieux les personnels sont nommés, mieux ils sont à même de remplir leur mission de service public. Or, la qualité du mouvement dépend de plusieurs facteurs. On est aujourd’hui encore fort loin de l’harmonie, d’autant plus que cette année de nombreuses contraintes se sont greffées : postes bloqués pour les stagiaires, changement du barème... Ainsi sur 961 demandeurs dont 284 obligatoires, il y a 481 mutés, soit 50 %. Par contre, si l’on s’en tient aux mutants volontaires, il n’y a que 196 mutés sur 677 demandeurs, soit un taux de satisfaction de 28.9 %. Nous ne doutons pas qu’avec l’injection des 91 postes bloqués pour les stagiaires, nous aurions eu des résultats nettement supérieurs aux constats. Certaines disciplines restent avec un nombre de postes vacants importants, en Documentation, Lettres Classiques et Technologie, alors même qu’à l’inter tous les demandeurs n’ont pu être satisfaits, en particulier des collègues issus des concours réservés. Pour ce qui est du mouvement spécifique, nous constatons encore que de trop nombreux postes restent vacants dont certains depuis plusieurs années, alors même que l’administration a tendance à multiplier les postes spécifiques. Nous pensons particulièrement aux postes SII qui ont été créés pour « accompagner la mise en place de la réforme SII » : ces postes devaient avoir une « durée de vie » limitée dans le temps mais nous n’arrivons pas à savoir à quelle date ils n’auront plus lieu d’être. De plus, l’absence d’informations concernant les avis des IPR ou chefs d’établissement pour certains postes spécifiques nous pose problème et ne favorise pas la transparence. Originalité cette année : nous avons découvert qu’un poste pouvait être supprimé au motif du changement du complément de service ; c’est le cas du poste d’Allemand du collège Pontfaverger. Ne doutons pas que le TZR qui sera affecté pour effectuer le BMP appréciera que l’administration considère qu’on peut lui confier un complément de service qu’on ne pouvait octroyer au titulaire du poste ! Que dire aussi du poste bloqué en Sciences Physiques au collège de Montier en Der, situation sur laquelle nous vous avons alerté par courrier, quand cela pourrait résoudre la situation d’un collègue en priorité handicap ? Cette année, il y aura 161 nouveaux TZR alors que 73 autres obtiennent satisfaction dans leurs vœux. Nous continuons à rappeler notre demande de respect des textes concernant le lieu de rattachement des TZR : ils sont en droit de le conserver sauf demande expresse de leur part. Une procédure devrait être mise en place. Enfin, nous souhaitons remercier les services du rectorat pour leur disponibilité et leur travail tout au long des différentes étapes du mouvement. Les échanges que nous avons pu avoir devraient permettre la recherche d’une plus grande efficacité de ces opérations dans l’intérêt des collègues, et, partant de là, une plus grande sérénité des débats. Pour terminer, en marge de cette commission, nous rappelons nos demandes concernant l’élaboration d’un barème pour l’affectation des stagiaires 2013-2, mais aussi notre souhait de pouvoir examiner lesdites affectations lors du GT du 18 juillet. Nous notons cependant que la tenue tardive du jury académique de validation risque, cette année encore, de nous amener à ne pouvoir affecter les collègues en renouvellement de stage en même temps que tous les autres stagiaires. Nous nous étonnons du calendrier académique alors que certaines académies s’en affranchissent pour une gestion plus efficace (cf Lille où le jury de validation a déjà eu lieu). Par ailleurs, nous sommes toujours en attente de la communication de la liste définitive des promus hors-classe à la prochaine rentrée scolaire.