P1 - Synthèse des concours 93 à 98
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P1 - Synthèse des concours 93 à 98
1 Synthèses des acquis de l’étude des concours de PCEM1 de 1993 à 1998 à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2 __ Plusieurs années d’analyses sur certains aspects du PCEM1, la population des étudiants du PCEM1, le concours et ses résultats, ont permis de mieux approcher cette lourde machine universitaire dans laquelle s’engagent chaque année autour de 1800 étudiants et près d’une centaine d’enseignants (1-6). La reproductibilité de nombreuses observations, la stabilité de l’environnement du PCEM1, permettent de faire une synthèse que nous présenterons en dix points: 1 - Population des inscrits au PCEM1. 2 - Objectifs et programme du PCEM1. 3 - Modalités d’enseignement. 4 - Les épreuves du concours. 5 - Analyse docimologique des résultats. 6 - Les valeurs prédictives des classements aux partiels 7- Les facteurs de réussite au concours. 8 - Le tutorat - Les écoles privées - Santé Navale. 9 - Les concours de kinésithérapie, psychomotricité, ergothérapie. 10 - Les étudiants admis en médecine et dentaire. 1 - Population des inscrits Le nombre d’inscrits au PCEM1 est, et restera, important et les enseignants du PCEM1 resteront confrontés à un enseignement de masse. Le nombre d’inscrits diminue avec les années mais reste néanmoins trop important (1658 pour les trois UFR à la rentrée 97) pour qu’un enseignement puisse être dispensé dans de bonnes conditions. Il est illusoire d’imaginer que ce nombre puisse être sensiblement réduit. Les efforts d’information des lycéens sur les conditions de niveau scolaire pour réussir n’arrivent pas à réduire l’attrait des perspectives ouvertes par un succès au concours, et le battage des écoles privées vantant leurs préparations. L’exemple des succès “hors normes”, en forme de défi aux statistiques, d’étudiants aux résultats scolaires modestes, entretiennent d’autant plus l’espoir de la réussite qu’il est impossible de donner la mesure de la motivation qui a mobilisé les réserves de capacité de travail inutilisées dans le secondaire. La population des primants est celle des étudiants attirés au PCEM1. La plupart (90 %) sont aquitains, 40 % de Bordeaux ou de la Gironde. Une grande part des inscrits des autres départements sont à l’Ecole de Santé Navale. Les étrangers ne représentent que 4 à 5 % des inscrits. 2 Les parents des primants appartiennent aux différentes catégories socio-professionnelles : un quart cadres, 20 % professions libérales, 20 % professions intermédiaires, 10 % ouvriersemployés, 7 à 8 % artisans-commerçants, 2 à 3 % agriculteurs. La baisse des effectifs d’inscrits entre les années 93 et 98 a porté sur toutes les catégories socio-professionnelles mais de façon plus marquée pour les catégories “professions intermédiaires” et “ouvriers-employés” témoignant de la moindre démocratisation du PCEM1. 97 % des étudiants sont titulaires d’un baccalauréat scientifique. Le pourcentage d’inscrits ayant eu une mention au baccalauréat diminue régulièrement depuis 4 ans, passant de 39 % à la rentrée 95 à 14 % à celle de 97. La population des redoublants est une population sélectionnée par le concours. Les études sur les concours 96, 97 et 98 ont montré que dans une cohorte d’étudiants inscrits à une rentrée de PCEM1, environ 10 % étaient reçus à leur premier coucours, 30 à 40 % abondonnaient et 50 à 60 % redoublaient. Une étude menée en 96 avait montré que les résultats de la première tentative avaient un rôle dans la décision de redoubler puisque, suivant l’UFR, 75 à 80 % des étudiants ayant eu la moyenne redoublaient; néanmoins le résultat n’était pas déterminant car 42 à 66 %, suivant l’UFR, de ceux n’ayant pas eu la moyenne redoublaient aussi (4). 2 - Objectifs et programme du PCEM1. Les objectifs d’enseignement du PCEM1 à Bordeaux devraient faire l’objet d’une réflexion. Un cadre législatif (7-10) impose le programme du premier cycle mais les textes laissent toute latitude sur le volume et la complexité des connaissances à exiger des étudiants. L’étude des annales du concours 1996 dans les différences facultés de médecine en France (11) a montré les diversités des objectifs. Alors que responsables universitaires (12-13), cliniciens, et bien des enseignants du PCEM1, émettent des doutes sur la pertinence du contenu des enseignements du PCEM1, une réflexion doit être menée pour redéfinir les objectifs et modifier les contenus. 3 - Les modalités d’enseignement L’enseignement magistral ne devrait pas rester la modalité majeure d’enseignement. La tension dans l’amphithéatre est forte pour enseignants et étudiants, les chahuts sont fréquents. La rédaction de polycopiés permettrait de soulager les enseignants d’heures de dictée et de réserver leurs interventions en amphithéatre à l’exposé des points difficiles. Les heures de cours libérées seraient utilisées en heures d’enseignement dirigé. 4 - Les épreuves du concours Les épreuves du concours font plus appel à la mémoire et à la compréhension qu’aux capacités de synthèse. La majorité des connaissances que les étudiants doivent acquérir en PCEM1 fait appel à la mémoire et à la compréhension et il n’est pas toujours concevable de réaliser des épreuves qui explorent la réflexion ou l’aptitude à la synthèse (1-6). Néanmoins dans 3 tout domaine, ou sur tout sujet, où cela est possible, il faut tendre à plus explorer l’aptitude à la réflexion que les niveaux cognitifs de base; on peut d’ailleurs noter que de plus en plus des exercices sont demandés dans les épreuves. Le recours aux QCM est incontournable pour le concours de PCEM1, ce d’autant que nous disposons de la correction automatisée. Il est impossible raisonnablement de limiter pendant des semaines l’activité d’enseignants-chercheurs à la correction de copies rédactionnelles. En outre il a été montré par les études docimologiques effectuées au cours de ces dernières années qu’il n’y avait pas de différences de recrutement entre les UFR où les QCM étaient dominantes et les UFR qui laissaient plus de place aux épreuves rédactionnelles, qu’il y avait une corrélation entre les notes des épreuves par QCM et celles des épreuves rédactionnelles. Par contre la qualité des QCM est inégale d’une discipline à l’autre et il serait utile que soient menées dans les UFR des séances de travail entre enseignants des différentes disciplines pour améliorer la qualité intrinsèque des questions. Il est possible de faire des QCM faisant appel à la réflexion à condition d’apprendre cette technique docimologique et de s’inspirer d’exemples utilisés dans d’autres domaines. La loi empêche l’utilisation de QCM en sciences humaines; cet interdit témoigne plus de la méconnaissance des possibilités offertes par les QCM que d’une vérité élémentaire. Des épreuves rédactionnelles doivent être maintenues. Mêmes si les plans sont convenus, même si les connaissances explorées font plus appel à la mémoire qu’à la réflexion, une épreuve rédactionnelle contraint à un plan d’exposition, à la rédaction de phrases, à un effort de mise en page. Dans certaines disciplines il est possible de recourir à des épreuves rédactionnelles nécessitant des efforts de réflexion et de synthèse; néanmoins, pour garder sa pertinence au concours il faut éviter les écueils de questions ambiguës dont le traitement serait l’objet de débats au sein des spécialistes Des épreuves rédactionnelles devraient être maintenues dans toutes les disciplines, mais sur une population réduite, sélectionnée par les partiels de janvier. 5 - Analyse docimologique des résultats. La distribution des notes est gaussienne dans la majorité des épreuves. Le pouvoir discriminant des épreuves est très faible. Les analyses (3-6) montrent dans quelques disciplines un bon pouvoir classant des épreuves pour les meilleurs des reçus; par contre aucune discipline n’a un net pouvoir classant entre les derniers reçus et les premiers “classés-non reçus”. Chacun est convaincu que seul le hasard fait qu’en deçà d’une certaine note un étudiant soit “classé en médecine”, “classé en dentaire” ou dans les premiers “reçus-collés” : le classement se fait sur la deuxième, voir la troisième décimale. Il est impossible de concevoir des épreuves qui creuseraient fortement les écarts entre les derniers reçus et les premiers non reçus. Il n’y a peu de corrélation entre les notes des différentes disciplines. Si chaque enseignant a le sentiments que les meilleurs reçus “savent tout”, le petit nombre de corrélations positives 4 relevés dans l’étude du concours 95 (4) témoignent que peu ou pas de reçus “savent tout sur tout”. Cette absence de corrélation entre les notes des différentes disciplines témoignent probablement de la stratégie des meilleurs étudiants de connaître parfaitement ce qu’ils apprennent aisément. Il y a une forte corrélation entre les sommes des notes obtenues dans les sciences exactes et les sommes des notes obtenues dans les sciences humaines. Statistiquement les meilleurs en sciences exactes sont les meilleurs en sciences humaines et inversement. Une simulation effectuée dans sa thèse par Serge Talfer (2) avait montré, sur les concours 93 et 94, que si le coefficient des sciences humaines (alors culture générale) atteignait 50 % au concours les modifications de classement (en médecine, dentaire, classés et non classés) ne toucheraient que 3,8 % des étudiants; les résultats de cette hypothèse doivent être tempérés par le fait que la stratégie de préparation des étudiants serait certainement différente si le coefficient des sciences humaines avait un tel poids. 6 - Les valeurs prédictives des classements aux partiels Les analyses faites sur les résultats du concours 97 avaient montré une très forte corrélation, hautement significative entre les notes des partiels et les notes finales, entre les sommes des notes des épreuves des partiels sur QCM et les notes finales (14). Ces données avaient contribué à la décision de publier pour le concours 98 les notes des partiels sur les épreuves par QCM. L’analyse du concours 98 confirme la très forte corrélation entre les sommes des notes obtenues dans les épreuves par QCM aux partiels (anatomie-histologie-biophysique et chimie) et les notes finales au concours. La valeur prédictive du classement est importante, plus marquée chez les redoublants que chez les primants ; à titre d’exemple 87 % des 50 premiers au classement de février 98 ont été reçus au concours (80 % s’ils sont primants, 90 % s’ils sont redoublants). Au delà du 50ème la valeur prédictive diminue régulièrement. La publication des résultats des partiels est une mesure impopulaire auprès des étudiants. Sur ce sujet les tuteurs, juste issus du concours, sont véhéments. La publication des partiels doit donc être accompagnée d’explications et d’un soutien. La publication des partiels doit d’abord encourager les étudiants qui sont bien placés. Il est vraisemblable que la plupart continuent à travailler en ajoutant l’enthousiasme à l’acharnement; il n’est peut-être pas impossible que certains, excessivement rassurés par ce classement, ne soutiennent pas leurs efforts. Ensuite il est certain que ceux qui sont classés dans la moyenne sont incités à rassembler toutes leurs capacités d’efforts pour “remonter le peloton”. Le problème est plus difficile pour ceux très mal classés aux partiels. Chacun d’eux doit faire une analyse de sa situation, si nécessaire en se faisant aider. Le primant doit faire des choix: intensifier ses efforts s’il estime avoir les moyens de gagner des places, ou réorganiser sereinement son travail pour avoir une note honorable en juin 5 mais en visant le concours suivant, ou enfin constater qu’il est au maximum de sa motivation et de ses efforts et qu’il devrait renoncer à suivre des études en PCEM1. Cette dernière attitude existe déjà. En 1996 (5) nous avions mené une enquête dans les amphithéâtres du PCEM1 après les partiels et avions noté que 29 % des étudiants des UFR 1 et 2 étaient absents (fait inhabituel en PCEM1 où l’assiduité aux cours est la règle). Or nous avions constaté, après le concours, que parmi les absents seuls 1,6 % dans l’UFR 1 et 1,1 % dans l’UFR 2 avaient été reçus, et surtout que parmi les étudiants susceptibles de redoubler 70 % des absents le jour de l’enquête n’avaient pas redoublé, et qu’inversement 70 % des présents avaient redoublé. Il y a donc des étudiants qui spontanément abandonnent après les partiels, même en l’absence de publication des résultats. Le redoublant doit pouvoir apprécier s’il est capable de fournir l’effort nécessaire pour revenir à un classement “gagnant” ou utile pour une admission en D.E.U.G., ou s’il doit faire porter sa réflexion sur une réorientation, sans plus perdre de temps. L’étude du concours 98 montre qu’avoir un rang de classement au-delà du 200 n’implique pas fatalement l’échec au concours puisque 12 étudiants dans cette situation ont été reçus: mais ils n’étaient que 12 sur 753 (1,6 %). 7 - Les facteurs de réussite au concours On a la connaissance théorique des facteurs qui interviennent dans la réussite au concours : la motivation, la capacité de travail, les conditions matérielles de travail, le soutien méthodologique dont on peut bénéficier, la santé physique et mentale, être primant ou redoublant, la série du bac et la mention. Parmi tous ces facteurs les moyens dont nous disposons ne nous ont permis d’étudier que les facteurs primant-redoublant, série de bac et mention, catégorie soci-professionnelle des parents en tant qu’approche, probablement lointaine de la réalité, des conditions matérielles, rôle du tutorat et dans une moindre mesure celui des écoles privées. Seules des études psychologiques et/ou sociologiques effectuées par une équipe de chercheurs permettraient d’appréhender la motivation, la capacité de travail, les conditions matérielles de travail, la santé physique et mentale. Pour la même série de baccalauréat et le même niveau de mention les redoublants ont un plus fort taux de réussite que les primants. Nos études ont donné des résultats constants pour les divers concours. Le profil sommaire de l’étudiant qui réussit est “titulaire d’un bac scientifique avec mention”. Contrairement à l’opinion répandue ceci ne signifie pas qu’un étudiant “littéraire“ ne peut réussir le concours de PCEM1; le fait réel est que les quelques “littéraires” inscrits en PCEM1 n’ont que de façon très exceptionnelle une mention. Le PCEM1 n’est pas suivi par les 6 “littéraires” inscrits dans les “prépas” aux grandes écoles; il est probable que si ces étudiants venaient en PCEM1 ils réussiraient le concours…mais ils sont ailleurs. En analysant les taux de réussite des étudiants en les classant en ceux n'ayant pas eu une mention et ceux en ayant eu une, et dans ce cas en tenant compte de son degré, nous avons constamment constaté trois niveaux de taux de réussite. Le premier est celui des titulaires d’une mention “bien” ou “très bien” qui réussissent dans 30 à 50 % des cas comme primants, et dans 75 à 90 % au moins comme redoublants. Le deuxième est celui des titulaires d’une mention “assez bien” qui réussissent dans 12 à 20 % des cas comme primants, dans 50 à 60 % des cas comme redoublants. Le troisième niveau est celui des étudiants qui n’ont pas eu de mention et où les données ont évolué avec le temps. Lorsqu’il s’agissait des séries de bac C et D les taux de réussite étaient très faibles, de l’ordre de 1 à 2 % comme primants et de 8 % comme redoublants (1-4). Avec les nouvelles séries de bac (5-6) si le taux de succès des non titulaires de mention reste faible (autour de 2 %) comme primant, il est entre 15 et 36 % chez les redoublants (option mathématiques 36 % - et taux proches pour les options physique-chimie, 20 %, et option sciences de la vie et de la terre, 20 %). Les étudiants qui, bien que n’ayant pas eu de mention au bac, sont reçus témoignent du fait qu’il n’est pas indispensable d’avoir une mention pour réussir. Différents commentaires sont possibles pour expliquer ce fait. Pour certains leurs résultats modestes au baccalauréat ne reflétaient pas la qualité de leur passé scolaire. D’autres, confrontés au défi, ou stimulés par l’intérêt des études, sont capables de mobiliser une énergie et un appétit de travail dont ils n’avaient pas eu envie de faire preuve au lycée. De bons stratèges ont fait porter leurs efforts sur les matières à fort coefficient où ils étaient à l’aise, portant moins d’attention aux matières à faible coefficient. Les notes obtenues à leur second concours par les redoublants sont étroitement corrélées à celles qu’ils avaient obtenues à leur premier concours. Ce fait a été montré par trois études faites sur les concours 95, 96 et 97 (3-5); la reproductibilité des résultats a été telle que nous n’avons pas refait cette analyse pour le concours 98. La conclusion pratique est qu’avant de redoubler un étudiant doit estimer ses chances de réussite à un second concours, compte tenu des conditions et événements qui ont conduit à son échec et de ceux qui peuvent être des facteurs de réussite à une seconde tentative. 8 - Le tutorat - Les écoles privées - Santé Navale. Les étudiants peuvent bénéficier de trois grandes conditions de travail: civil inscrit gratuitement au tutorat, civil inscrit moyennant une somme importante dans une “prépa privée”, être à Santé Navale. Le tutorat (4-6) a été mis en place au cours de l’année 94/95 en réaction à la “sélection par l’argent” créée par les prépas privées. Etudiants de bon niveau et altruistes, menés par des leaders toniques, les tuteurs font depuis plusieurs années un excellent travail. Riches des méthodes qui 7 leurs ont permis de réussir, en contact avec les enseignants du PCEM1, ils apportent aux tutorés leur expérience, leur enthousiasme, leurs conseils et ceux des enseignants. Jusqu’ici les tuteurs ont pu être rétribués, mais cette année leur activité est bénévole. Le nombre d’inscriptions au tutorat a augmenté avec les années; proportionnellement plus de redoublants que de primants sont inscrits au tutorat, gage de confiance d’étudiants “expérimentés”. L’afflux de tutorés est tel que pour la première fois le recrutement des tuteurs pour répondre à la demande a été un peu difficile. Les résultats enregistrés par les tuteurs sont bons, le taux de tutorés reçus rejoignant celui de l’ensemble des étudiants… dont on sait qu’une grande partie, probablement la majorité des nontutorés, sont inscrits dans les écoles privées. La création d’un enseignement complémentaire, “Unité de valeur de didactique liée au tutorat”, a pour objectif de conduire les tuteurs à prolonger leurs réflexions sur l’enseignement et leur rôle de tuteur. Les écoles privées sont nées de l’âpreté du concours. Thierry BEDOURET a analysé le fonctionnement d’une de ces écoles (15) dont l’originalité est de constituer deux groupes de niveau parmi les étudiants en fonction des critères scolaires et d’un entretien ; le taux de reçus dans le groupe des forts serait bon… mais on ne connaît pas le taux de reçus parmi les autres. Les conditions de travail sont souvent décrites comme scolaires et difficiles. On ne dispose pas de données objectives sur les nombres d’inscrits à ces prépas et sur leurs résultats. Il est certain que l’ambiance de travail dans les prépas est favorable à une bonne préparation des concours et que si nous disposions de données on pourrait montrer qu’à série de bac égale et à niveau de mention identique un étudiant qui suit une prépa a plus de probabilité de réussir qu’un étudiant qui ne bénéficie d’aucun encadrement. L'Ecole de Santé Navale recrute ses élèves après un concours national très sélectif et les encadre fermement au cours du PCEM1. Les résultats sont régulièrement bons avec, comme à ce concours 98, la moitié des primants et 90 % des redoublants reçus. Les résultats observés chez les primants sont d’autant plus intéressants que, contrairement aux années précédentes, les élèves de Santé Navale avaient un faible taux de mentions. Le succès des élèves tient probablement à la nature de leur sélection, qui s’effectue avant les résultats du baccalauréat, et à la valeur de l’encadrement. 9 - Les concours de kinésithérapie, psychomotricité, ergothérapie. A Bordeaux la voie d’accès aux études de kinésithérapie, psychomotricité et ergothérapie passe par le PCEM1 ; certaines épreuves sont communes à tous les concours, d’autres sont spécifiques à médecine-ondotologie ou aux concours de kinésithérapie, psychomotricité, ergothérapie. En pratique beaucoup d’étudiants, en particulier les redoublants (5-6) se présentent au concours de médecine-odontologie et à un ou trois concours para-médicaux. Il s’ensuit que la majorité des postes mis au concours en kinésithérapie sont pris par des étudiants qui souhaitaient faire médecine ou odontologie mais n’ont pas été suffisamment bien classés pour y être admis. En 8 corollaire moins d’un pour cent des étudiants qui ne présentent que le concours de kinésithérapie sont reçus. Par contre les concours de psychomotricité et ergothérapie sont moins attractifs pour les étudiants qui désirent faire des études médicales ou dentaires; de ce fait 20 % des candidats exclusivement inscrits au concours para-médicaux accèdent à psychomotricité ou ergothérapie. 10 - Les étudiants admis en médecine et dentaire. Les étudiants admis sortent d’une épreuve difficile, sont de bon niveau. Un tiers a réussi comme primants, près des deux tiers en redoublant, quelques uns après triplement. Environ la moitié avait eu une mention au baccalauréat. Ils sont bien armés pour commencer réellement des études médicales ou dentaires. L’éventail des choix professionnels qui s’offriront à eux permettra à chacun de trouver sa voie et de s’y épanouir. Il est possible que le concours de PCEM1 écartent des étudiants qui auraient fait de bons médecins ou de bons dentistes, mais il serait injuste de considérer que ceux qui sont reçus n’ont pas les aptitudes intellectuelles et psychologiques qui leurs permettront de s’épanouir dans leur vie professionnelle. Au delà du PCEM1 il leurs reste des années pour acquérir des connaissances, un savoir faire, et les comportements de médecins. Références 1 - Quinton A, Talfer S, Palard N, Demichel P, Boisliveau AM, Franchini B, Bernadou J. - Les concours de PCEM1 en 1993 et 1994 à l’Université de Bordeaux 2. Candidats - Résultats - Analyses docimologiques. Bordeaux, 1995, Imprimerie de Bordeaux 2. 2 - Talfer S. - Les concours de PCEM1 en 1993 et 1994 à l’Université de Bordeaux 2. Candidats - Résultats Analyses docimologiques. Thèse Bordeaux, 1995, n° 58. 3 - Quinton A. - Le concours de PCEM1 en 1995 à l’Université de Bordeaux 2. Candidats - Résultats - Analyses docimologiques. Bordeaux, 1996, Imprimerie de Bordeaux 2. 4 - Quinton A. - Le concours de PCEM1 en 1996 à l’Université de Bordeaux 2. Candidats - Résultats - Analyses docimologiques - Enquête sur le vécu du PCEM1 et les modalités de travail - Tutorat. Bordeaux, 1997, Imprimerie de Bordeaux 2. 5 - Quinton A. - Le concours de PCEM1 en 1997 à l’Université de Bordeaux 2. Candidats - Résultats - Analyses docimologiques - Tutorat. Bordeaux, 1997, Imprimerie de Bordeaux 2. 6 - Quinton A. - Le concours de PCEM1 en 1998 à l’Université de Bordeaux 2. Candidats - Résultats - Analyses docimologiques - Tutorat. Bordeaux, 1998, Imprimerie de Bordeaux 2. 7- Arrêté du 18 mars 1992 relatif à l’organisation du premier cycle et de la première année du deuxième cycle des études médicales. J.O du 27 mas 1992, 4231. 8 - Arrêté du 19 octobre 1993 : orientations thématiques des eneignements du premier cycle et de la première année du deuxième cycle des études médicales. BO n° 41 du 2 décembre 1993. 9 9 - Arrêté du 21 avril 1994 modifiant l’arrêté du 18 mars 1992 relatif à l’organisation du premier cycle et de la première année du deuxième cycle des études médicales.- J.O du 2 juin 1994. 10 - Arrêté du 2 mai 1995 relatif au module de sciences humaines et sociales de la première année de premier cycle des études médicales.- J.O du 11 mai 1995, 7994.. 11 - Quinton A.-Pertinence de l'enseignement du PCEM1 au travers de l'analyse docimologique des épreuves de sélection. Colloque national: passé, présent et futur de la sélection et de la formation des médecins. Paris les 22 et 23 mars 1997. 12 - Guiraud-Chaumeil B. Allocution d’ouverture du colloque.- Colloque national: passé, présent et futur de la sélection et de la formation des médecins. Paris les 22 et 23 mars 1997. 13 - Grolleau JY. - Les objectifs du premier cycle vus par les enseignants du second cycle.- Colloque national: passé, présent et futur de la sélection et de la formation des médecins. Paris les 22 et 23 mars 1997. 14 - Quinton A. - Les résultats des “partiels” de février au concours du PCEM1 sont étroitement corrélés avec les résultats globaux et annoncent pour au moins 75 % des candidats leur classement entre admis et non admis.Rapport en mai 97. 15 - Bedouret T.- Etude d’un organisme privé de préparation au concours de PCEM1 de Bordeaux 2 - Les cours ACCESS. - Mémoire de D.E.A. des Sciences de l’Education. - Université Victor Ségalen Bordeaux 2. 1997.
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