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DISCOURS PROGRAMME
DE MAITRE MARIE-ELISE GBEDO, CANDIDATE A L’ELECTION PRESIDENTIELLE
DE FEVRIER 2016.
LIMINAIRE :
CONTEXTE DU PAYS
La République du Bénin est un pays d’Afrique de l’Ouest, situé en bordure du Golfe de
Guinée. La superficie du Bénin est de 114.763 km². Le pays partage une frontière commune
avec le Togo à l’ouest (620 km), avec le Nigéria à l’est (750 km), avec le Burkina-Faso (270
km) et le Niger (190 km) au nord. Il est bordé au sud par l’océan Atlantique (120 km de
côtes).
Les deux villes principales du pays sont Porto-Novo (la capitale nationale, 276 000 habitants)
et Cotonou (capitale économique et siège du gouvernement 815 000 habitants). La population
urbaine représentait 42 % en 2010 et croit de 4% par an.
Indicateurs sociodémographiques du Bénin
Population
Population masculine
Population féminine
Taux de mortalité infanto-juvénile (2012)
Taux brut de scolarisation (2012)
Taux de croissance (2014)
PIB par tête (2014)
Taux d’inflation (2013)
Indice de pauvreté (2011)
Importation (2014)
Exportation nationale (2014)
Réexportation (2014)
10 008 749 habitants
4 887 820 habitants (48,83 %)
5 120 929 habitants (51,16 %)
75 %
119,72 %
6,5%
456 922 FCFA
1%
36,2%
1 653 984 millions FCFA contre 1 391 023 millions
FCFA en 2013
232 749 millions FCFA contre 199 173 millions FCFA en
2013 (Commerce spécial)
131 043 millions FCFA contre 36 971 millions FCFA en
2013 (Commerce spécial)
Hausse de la production industrielle de 4,9%
au 4ème trimestre 2014
Indice synthétique de fécondité
4,9 enfants/femme
Fécondité des adolescentes (15-19 ans)
21,5%. Un quart des naissances est le fait des filles de
moins de 20 ans
Proportion de femmes dans les sphères de Gouvernement : 6 femmes sur 28 ministres, 28%
décision
Parlement : 6 femmes sur 83 parlementaires, 7,2%
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Collectivités locales : 66 femmes sur
conseillères, 4,56%
Mortalité maternelle
410 décès pour 100 000 naissances vivantes
Espérance de vie ajustée à la naissance
56,1 ans
Taux d’alphabétisation (2011)
44,6%
Taux de chômage élargi des jeunes 15-25 ans 14,3 %
(2012)
Taux net de scolarisation 6 -11 ans (2011)
74, 4%
Taux d’activité des jeunes de 15 -24 ans au 30,4%
sens élargi
Pourcentage des jeunes de 15 à 24 ans 89,7%
exerçant dans le secteur informel
2
1445
élus
Le Bénin est membre de plusieurs organisations régionales africaines : Union africaine (UA),
Union Economique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), Communauté Economique des
Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Conseil de l’Entente, Autorité du Bassin du fleuve
Niger, etc. L’Etat béninois est associé à l’Union Européenne (UE) par la convention de Lomé
du 28 février 1975, renouvelée par l’accord de Cotonou de 2000. Enfin, notons que le Bénin a
ratifié les principales conventions internationales concernant les Droits de la personne.
CONTEXTE DES DONATEURS ET AIDE PUBLIQUE AU DEVELOPPEMENT
Bien que le montant nominal de l’Aide Publique au Développement (APD) évolue à la hausse
pour le Bénin au cours de la décennie 90 (de 10% dans les années 90 à 36,4% en 2000), on
observe à partir des années 2000 une rationalisation de l’aide marquée par une diminution de
son volume, l’aide publique au développement oscille autour du seuil des 20% du PIB. Ceci
est dû au fait qu’entre les années 2000 et 2008, les Aides Publiques au Développement (APD)
ont été multipliées par 3 (238 millions USD en 2000 à 641 millions en 2008) alors que le
Produit Intérieur Brut (PIB) au cours de la même période était multiplié par 5. Les secteurs de
concentration de l’aide sont principalement le transport (18,1%), le développement social
(14,9%), la santé (14,6%), l’administration du développement (11%), la mise en valeur des
ressources humaines (10,7%).
La sécurité politique est essentiellement menacée par la corruption, le surpeuplement des
prisons et les tensions politiques. (PNUD dans son Rapport national sur le développement
humain 2010-2011 pour le Bénin)
La sécurité économique est confrontée principalement à quatre types de menaces : le faible
taux de salarisation (faiblesse des emplois rémunérés), le sous-emploi, le faible accès au
financement et les chocs économiques.
La sécurité alimentaire porte sur les risques environnementaux (sécheresse, inondations, feux
de brousse, maladies des cultures et du bétail, criquets pèlerins), la hausse des prix des
produits alimentaires, la croissance démographique et l’exode rural.
Pour ceux qui se posent la question de savoir pourquoi Marie-Elise GBEDO se présente-elle
encore à l’élection présidentielle de 2016, Marie-Elise GBEDO leur répond par la voix de
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Roosevelt qui a dit ceci : « Dans la vie, s’il y a quelque chose de pire que de n’avoir pas
réussi, c’est de n’avoir pas essayé. » Thomas Edison, inventeur a dit ceci : « Beaucoup de
ceux qui ont vraiment échoué, sont des personnes qui ne se sont pas rendues compte de
combien elles étaient si proches de la réussite, lorsqu’elles ont décidé d’abandonner. » C’est
pourquoi dans la perspective d’une « Aube Nouvelle » au Bénin, je réponds Oui, je suis
candidate à l’élection présidentielle de février 2016. Dans la perspective d’une « Aube
Nouvelle » au Bénin, j’envisage de placer mon mandat de cinq (05) ans sous la bannière des
grandes réformes.
« Le génie, c’est un pour cent d’inspiration et 99 % de transpiration. Travailler, retravailler et
ne jamais abandonner. » Honneur et dignité nous sont acquis par le travail au quotidien pour
renforcer notre richesse et notre réussite dans la vie.
Le monde serait beaucoup plus sombre sans les ampoules de Thomas Edison. C’est lui qui les
a inventées, mais il n’en est pas resté là, car on lui doit plus de 1000 inventions dont sa
préférée, la phonographie, mise au point en 1877 avec la construction du premier véritable
phonographe capable d’enregistrer et de réécouter la voix humaine et du son.
Mes chers jeunes frères et sœurs,
Oui, chers invités, mesdames, messieurs, chers militants et militantes, chers compatriotes,
chers sympathisants de Hwenusu,
Je m’engage à placer mon mandat sous le sceaux des cinq (05) "E" qui englobent des
réformes urgentes relativement à l’Energie, l’Emploi des jeunes, l’Education, l’Entreprise ou
l’Entreprenariat et l’Environnement (eau et assainissement). Je voudrais avant toute chose,
dire au peuple béninois que je leur parlerai toujours le langage de la vérité afin de trouver des
solutions aux maux qui minent le développement de notre pays, le Bénin. Mon projet de
société mise également sur ce que j’appelle les priorités nécessaires à stabiliser notre
économie.
I.
LES URGENCES : LES 5 "E" DE MARIE-ELISE GBEDO
► DE L’ENERGIE
Comme vous le savez bien,
-
l’une des faiblesses de l’économie béninoise reste l’insuffisance de l’énergie
électrique. Par conséquent, je m’engage :
o à renforcer la politique énergétique, nationale, régionale et sous régionale, il
faut qu’on arrive à être autosuffisant à hauteur de 100 % ;
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o à explorer d’autres énergies renouvelables : le solaire, les éoliennes ;
la mise en valeur des potentialités hydroélectriques du Bénin, avec notamment la
construction du barrage d’Adjarrala pour réduire notre forte dépendance en énergie
électrique vis-à-vis des pays voisins, et contribuer ainsi au développement industriel et à
l’essor économique de notre pays.
+ D’énergie = + de productivité = réduction de la pauvreté.
Je propose un plan d'électrification des communautés rurales à travers la mise en place
d’infrastructures hybrides solaire-biomasse afin de produire de l'électricité pour permettre
ainsi une croissance rapide de l'agro-industrie locale.
L’accès à l’électricité pour un usage domestique, agricole, industriel ou commercial pour
accélérer la croissance économique et la compétitivité du Béninafind’améliorer le confort
de vie de la population.
► DE L’EMPLOI DES JEUNES
SITUATION DE L’EMPLOI POUR LES JEUNES
Parmi la population béninoise, 44,7 % des individus sont âgés de moins de 15 ans. Cela
présage d’une entrée massive des jeunes dans le marché de l’emploi d’ici 2025 au Bénin. Les
réseaux informels (parents, amis, etc.) jouent un rôle capital dans le processus de recherche
d’emploi et dans la décision d’embauche des employeurs. Ceci est dû en partie au poids très
important du secteur informel.
Les jeunes qui travaillent ont rarement un emploi décent : en 2010, les jeunes de 15 à 24 ans
représentaient environ un quart des travailleurs pauvres dans le monde. La crise de l’emploi
est d’autant plus préoccupante que c’est la majorité des forces vives qui est touchée : les
jeunes.
Le chômage persiste et aujourd’hui, environ 4 000.000 jeunes sont au chômage selon
l’INSAE qui conclut que c’est plus du sous-emploi dont souffrent les jeunes béninois. Le taux
de chômage des jeunes de moins de 35 ans est de 72%.
Plusieurs vivent un chômage de première insertion qui dure en moyenne quatre ans, dû à la
faible capacité de l’économie béninoise à répondre à la forte demande d’emploi des jeunes. Le
risque à craindre est la déqualification des jeunes et donc leur non employabilité.
Pour les besoins du marché du travail, je propose :
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PLAN QUINQUENNAL POUR LA PROMOTION DE L’EMPLOI DES JEUNES
L'emploi des jeunes, c'est le cœur de la vie nationale et comme vous le savez, un cœur malade
équivaut à un corps malade. Le soulèvement populaire en Tunisie nous montre s'il en était
encore besoin comment l'emploi des jeunes peut être source de menace à la paix sociale d'une
nation. Au Bénin tout le monde parle de l'emploi des jeunes mais personne n'a jusqu'ici
fait une proposition qui tienne compte des vrais leviers de création d'emploi. Avec la
volonté et le courage qui me caractérisent, et comptant sur le génie créateur de
chaque Béninois et chaque Béninoise, je vous propose un quinquennat qui établit les
fondements du plein emploi. Osons prendre des initiatives ensemble, osons gagner ensemble.
Afin d’apporter une solution durable au problème d’emploi des jeunes, il faut :
A- FAIRE
TOURNER LE NIVEAU DE PRODUCTION ET DE TRANSFORMATION DU PAYS À
UNE PLUS GRANDE VITESSE (EN FAIRE UNE PRÉOCCUPATION NATIONALE).
1. Décréter 2017 comme année de mobilisation nationale pour la production avec
pour objectif de faire plus de 50% de production que la moyenne annuelle dans
les secteurs cités ci-dessous.
Ainsi, l’année 2016 sera mise à profit pour préparer la réalisation de cet objectif.
-
-
Rencontrer les producteurs et les cadres dans chaque secteur d’activité et faire
approprier le projet ;
Définir les niveaux de productions à atteindre dans chaque secteur ;
Définir dans chaque secteur les besoins (en moyen financier, matériel et technique et
en ressources humaines) pour l’atteinte de l’objectif, les atouts du pays, les défis et
comment les surmonter ;
Traduire les objectifs dans le budget 2017 ;
Faire prendre les lois nécessaires à l’atteinte de l’objectif ;
Mobiliser les ressources nécessaires à la mise en chantier du projet ;
Créer une agence nationale d’étude et d’exploration des marchés régionaux et
internationaux afin d’identifier les besoins et comment mieux les satisfaire ;
Rendre publique les résultats obtenus dans le cadre de ce projet.
2. Décréter 2018 comme année de mobilisation nationale pour la transformation et
le développement industriel avec le double objectif de lancer des industries
locales (à capital majoritairement privé) de transformation agro-alimentaire
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Pendant que la mobilisation nationale pour la production serait en cours en 2017, on préparera
la transformation et le développement industriel.
-
-
-
Rencontrer les acteurs de la transformation et de l’industrie et les cadres dans chaque
secteur d’activité et faire approprier le projet
Définir les objectifs à atteindre en tenant compte de la croissance du niveau de
production, des données produites par l’agence nationale d’étude et d’exploration des
marchés
Définir dans chaque secteur les besoins (en moyen financier, matériel et technique et
en ressources humaines) pour l’atteinte de l’objectif, les atouts du pays, les défis et
comment les surmonter
Traduire les objectifs dans le budget 2018
Faire prendre les lois nécessaires à l’atteinte de l’objectif
Mobiliser les ressources nécessaires à la mise en chantier du projet
Rendre publique les résultats obtenus dans le cadre de ce projet
L’accent peut être mis sur les secteurs suivants :
-
L’Agriculture
L’industrie agro-alimentaire
L’industrie de la culture (cinéma, danse, théâtre, sport)
L’industrie du tourisme
Les TIC
L’industrie artisanale
Les transports
Les services en général
Envisager l’organisation cyclique des années de mobilisations nationales de sorte que chaque
année ainsi décrétée permette d’atteindre des objectifs et des résultats définis.
La croissance du niveau de la production permettra de créer des emplois nouveaux aussi bien
dans les secteurs primaires et secondaires que dans le secteur tertiaire.
3. Décréter 2019 comme année de mobilisation nationale pour la compétitivité de
nos unités de production
En ce qui concerne les unités de production déjà existantes, il s’agit de les rendre compétitives
afin qu’elles accroissent leur chiffre d’affaires de façon remarquable. Pour cela, il faut
démocratiser l’information sur la performance de nos entreprises. Par exemple, il y a quelques
années MTN nous a annoncé le chiffre d’un million d’abonnés ; en 2010, MTNnous annonce
2 millions d’abonnés ; 2013, 3.300.000 abonnés ; 2014, 3.800.000 et 2015, 4.000.000
d’abonnés. Quel est le nombre d’abonnés de Libercom et de BBCom ? Quelle est la
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progression des nombres d’abonnés de ces opérateurs nationaux ? La démocratisation de
l’information obligera à la performance et donc à la création d’emploi.
Ce saut de 4.000.000 d’abonnés par MTN en 2015 se traduit par un sauten nombre d’emplois
directs et indirects créés, 700 emplois. C’est pourquoi il faut :
-
Rencontrer les acteurs des unités de production concernés et faire approprier le projet
-
Définir les objectifs à atteindre par chaque unité de production
-
Définir dans chaque unité les besoins (en moyen financier, matériel et technique et en
ressources humaines) pour l’atteinte de l’objectif, les atouts du pays, les défis et
comment les surmonter
-
Traduire les objectifs dans le budget 2019
-
Faire prendre les lois nécessaires à l’atteinte de l’objectif
-
Mobiliser les ressources nécessaires à la mise en chantier du projet
-
Rendre publique les résultats obtenus dans le cadre de ce projet
4. Décréter l’année 2020 comme année de mobilisation nationale pour la recherche
et l’innovation
B- FAIRE DES RÉFORMES STRUCTURELLES ET ÉCONOMIQUES
-
Professionnaliser les métiers de l’exploitation agricole
Professionnaliser les métiers de l’industrie de divertissement
Faire le toilettage des lois en matière d’économie
1. Option économique de développement : accroissement des investissements
agricoles au Bénin
Bien que le secteur agricole représente plus de 35 % du Produit Intérieur Brut (PIB), les
investissements publics dont il bénéficie demeurent très faibles : en moyenne 6,3 % des
dépenses budgétaires et 17,1% du total des investissements publics du Bénin. Cette faiblesse
est relativement grave au regard de l’inexistence d’un secteur manufacturier considérable,
caractéristique d’un secteur tertiaire dont la valeur ajoutée nationale reste dérisoire.
De multiples programmes ont inondé le secteur agricole au Bénin sans que l’autosuffisance
alimentaire ne soit garantie depuis les indépendances de 1960. L’investissement de ce
secteur ne bénéficie que de 7% à peine du budget de l’Etat exercice 2009 alors qu’à Maputo,
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il a été retenu que les Etats Africains puissent accorder 10 % de leur budget à l’agriculture. Le
Bénin qui possède des terres et des eaux veut-il réellement se développer ?
L’agriculture béninoise est toujours dominée par une seule spéculation à l’exportation, une
faible productivité et une structure sous sectorielle qui n’a presque pas changé depuis les
années 1990, on se demande alors l’importance et l’efficacité des concours financiers dont le
secteur a bénéficié. Au vu de tout ceci, je m’engage à investir effectivement au moins les 10%
du budget de l’Etat au secteur agricole. Cela pourra permettre d’obtenir des résultats concrets
pouvant mettre le pays à l’abri de l’insécurité alimentaire. La population estimée en 2014 à
10 008.759 habitants selon l’INSAE pourra donc manger à sa faim et pouvoir aussi diversifier
les filières agricoles au lieu de s’accrocher au coton qui tend à ne plus faire la fierté du Bénin.
Face à tout ceci, on constate que les investissements proposés pour la phase initiale de mise en
œuvre du Programme National d’Investissement Agricole (PNIA) à travers ces axes
stratégiques devront permettre de mener des actions de promotion des filières maïs, riz,
cultures maraîchères, volailles, aquaculture et ananas. Ceci constitue un grand pas qui doit
vraiment se concrétiser quand on sait que ces filières, pour la plupart, entrent dans la sécurité
alimentaire et nutritionnelle. L’inquiétude majeure est que le Bénin continue de s’adonner à
des importations massives de riz, des poissons, des œufs et de la viande qui font sortir assez
de devises. Or, le Bénin peut bien produire en quantités suffisantes toutes ces denrées parce
que disposant de potentiels et atouts importants.
Les aménagements des vallées de l’Ouémé, de la Pendjari, du Mono, de la Sota et la
restauration des anciens périmètres rizicoles dans les vallées du Niger etc. permettront
d’augmenter plus significativement ces investissements à plus de 1 106 milliards f CFA
comme prévu. Cette nouvelle donne pourrait alors améliorer l’efficacité de la contribution du
secteur à la croissance économique nationale.
Quelles seront les sources de financement ?
C- SOURCES DE FINANCEMENT DU PLAN POUR L’ENTREPRENARIAT DES JEUNES
-
Le secteur privé participera étroitement à la formation professionnelle des ressources
humaines que constitue la jeunesse. Avec le Conseil National du Patronat et la
Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, un système de formation
professionnelle du secteur privé sera mis sur pied comme principal mécanisme de
qualification des ressources pour l’industrie, l’agriculture et le commerce en général.
-
Nous favoriserons l’existence de ces écoles en exonérant les entreprises qui les
soutiennent du paiement d’une partie des impôts qui devraient être versés à l’Etat.
-
Mobilisation des fonds des béninois de l’extérieur, estimés à 120 milliards de francs
CFA en 2009, soit 3,6 pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB), ces fonds constituent
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la deuxième source de financement extérieur du pays. L’intérêt porté aux transferts de
fonds vient du fait que contrairement à l’Aide Publique au Développement (APD) et
l’Investissement Direct Etranger (IDE), ils ont la particularité d’être des transferts
privés sans contrepartie, moins volatiles, donc plus stables et fiables.
-
Budget National : 20%




Cessons de lutter contre le chômage et favorisons le plein emploi ;
Le plein emploi passe par la croissance ;
La croissance passe par l’investissement ;
L’investissement passe par la compétitivité et la confiance des entreprises et des
investisseurs.
-
Je fais le choix de la politique de l’offre et de l’investissement, choix vital pour notre
économie.
-
Je m’engage à protéger l’entreprise, accepter l’économie de marché qui n’est ni une
affaire de mouvance ni de l’opposition et ce dans la mondialisation.
-
Je fais appel à tous les investisseurs du monde entier pour investir au Bénin.
► DE L’ENTREPRISE OU DE L’ENTREPRENARIAT
Les chefs d’entreprise, les opérateurs économiques sont les seuls vecteurs de création de
richesse pour notre pays par les impôts et les taxes payés. Les entreprises sont les seuls
moteurs de croissance et d’exportation, les seuls acteurs à créer de l’emploi marchand et
surtout l’emploi pour la jeunesse en désarroi.
L’emploi marchand ne coûte rien à la collectivité au contraire il rapporte car il baisse le
chômage et donne un Salaire et de la Fierté à un homme ou à une femme ainsi qu’à toute sa
famille.
Les seuls emplois durables sont les seuls emplois rentables. Mon pays doit cesser de chasser
ou de faire fuir les opérateurs économiques, ses classes productives et dirigeantes.
-
Moi Marie-Elise GBEDO, je suis cette Présidente de la République suffisamment
consciente et lucide au Bénin pour faire appliquer les privilèges fiscaux (exonération
ou réduction d’impôt) dont doivent bénéficier les jeunes opérateurs économiques et
entreprenants ou les entreprises nouvelles régulièrement créées.
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Les tracasseries cesseront au niveau du trésor public pour la délivrance des documents
(attestations) à fournir au fournisseur avant toute opération.
-
Moi Marie-Elise GBEDO, je suis cette Présidente de la République suffisamment
consciente et lucide pour faire une bonne fois pour toutes, au Bénin, le choix des
entreprises, des entrepreneurs, les opérateurs économiques et des investisseurs, pour
développer le Bénin et créer des emplois durables pour les jeunes.
-
Moi Marie-Elise GBEDO, je suis cette Présidente de la République suffisamment
consciente et lucide pour dire aux chefs d’entreprises, aux opérateurs économiques,
qu’ils sont des héros de la nation, qu’ils soient artisans, commerçants professionnels,
libéraux, agriculteurs ou patrons de petites et moyennes entreprises, de petites et
moyennes industries, de micro entreprises, ou de grands groupes, pour favoriser le
plein emploi des jeunes.
Parce que je veux ainsi contribuer au redressement de notre pays, pour le bien de nos enfants
et nos petits enfants. Sinon, que va-t-on leur laisser ?
Comment une entreprise peut-elle créer de l’emploi au Bénin ?
Par la croissance ! Et comment génère-t-on la croissance ?
-
En premier lieu par la qualité intrinsèque des entreprises et des forces vives du pays.
-
Ensuite par un environnement compétitif avec une fiscalité et un coût du travail
propices à l’investissement et à la création d’emplois.
Ces deux conditions réunies devraient restaurer la confiance indispensable au retour de la
croissance.
La croissance et l’emploi pourront amener les entreprises à investir, innover, former, se
développer, embaucher, exporter et les entreprises retrouveront le chemin de la croissance et
de l’emploi.
-
L’emploi ne peut être créé durablement que par l’entreprise, les opérateurs
économiques.
-
L’entreprise a besoin de croissance, donc de marchés, de commandes et de clients
pour se développer et embaucher.
Nous avons encore beaucoup de progrès à faire dans le champ de l’exportation qui est pour
nous une grande faiblesse.
Nous devons faire des progrès dans le domaine du management (investir dans les activités qui
demain seront porteuses d’emploi et de croissance, formation permanente…)
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Nous devons apporter un appui sans faille à nos entrepreneurs, opérateurs économiques et
plus particulièrement aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) – Petites et Moyennes
Industries (PMI), aux micros entreprises où les besoins sont nombreux et où le potentiel de
croissance et d’embauche est des plus importants.
Encourageons les entreprises, nos entrepreneurs, nos opérateurs économiques pour favoriser
le plein emploi des jeunes !
-
Mon gouvernement soutenu par une administration publique performante doit
accompagner le secteur privé créateur d’emplois et de richesses.
-
Mon gouvernement doit aider le secteur privé à booster les cinq (05) pôles prioritaires
de développement à savoir :

Renforcement du savoir et du savoir-faire dans les entreprises.

La mise à niveau des entreprises.

La certification des produits.

La professionnalisation des différents acteurs du secteur.

Le financement de la recherche – développement.
Principal moteur de la croissance économique du Bénin, le secteur privé a contribué en
moyenne à 90 % de la création de la richesse entre 1999 et 2007, selon l’Institut National de
Statistique et d’Analyse Economique (INSAE).
Pour un produit intérieur brut (PIB) réel exprimé à 768,2 milliards de f CFA en 1999, le PIB
privé réel est évalué à 669 milliards de f CFA.
En 2000, pour un PIB de 805, 6 milliards, le secteur privé fournit 733 milliards de nos francs.
Il en est de même de l’investissement intérieur brut. Selon l’INSAE, le taux d’investissement
privé a représenté en moyenne 12 % du PIB, entre 1999 et 2007 contre un taux
d’investissement moyen de 6% pour le secteur public.
C’est bien de former les jeunes, c’est encore mieux de leur donner du travail. D’où la
problématique de l’orientation à la base, l’insertion professionnelle en fonction de la demande
sur le marché.
Les statistiques de création d’entreprises au lendemain de la transformation institutionnelle du
CFE jusqu’en 2014 se présente comme suit :
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Tableau N°1 : Evolution du nombre d’entreprises créées de 2009 à 2014
Années
2009
2010
2011
2012
2013
2014
total
Nombres d’entreprises créées
5.128
4.365
5.675
6.080
6.144
9.324
36.716
Source : Direction de la formation des Entreprises (GUFE, 2014)
Sur la période 2009 à fin décembre 2014, on remarque globalement un accroissement
considérable du nombre d’entreprises créées dues à la mise en œuvre des réformes initiées
depuis la prise du décret N°2009-542 portant création du GUFE et qui a été modifié par celui
N°194-2014 pour tenir compte des nouvelles exigences en matières d’amélioration de
l’environnement des affaires au Bénin.
Dans toute économie performante, le rythme de création d’entreprise influence positivement
le rythme de création d’emplois. La recherche de cette corrélation nous amène à rapporter le
nombre d’entreprises créées au Bénin depuis 2009 à l’évolution du taux de chômage au Bénin
pour apprécier la contribution du GUFE à la création d’emplois. L’évolution statistique est
présentée dans le tableau ci-joint :
Tableau N°2 : Evolution comparée du nombre d’entreprises créées de 2009 à 2013 à
l’évolution du taux de chômage au Bénin.
Années
2009
2010
2011
2012
2013
total
Nombres d’Entreprises créées
5.128
4.365
5.675
6.080
6.144
27.392
Evolution du chômage des jeunes (en point)
0,9
1
2,7
3,2
3,4
Source : GUFE, INSEA (EMICOVM)
Evolution du chômage au Bénin de 2009 à 2013
L’analyse du graphique et du tableau ci-dessus nous amène à comprendre que ces réformes
engagées par le Bénin pour la facilitation de la création d’entreprises ont augmenté certes ces
dernières années le nombre d’entreprises créées, mais cette évolution n’est pas
proportionnelle au rythme de création d’emploi donc par ricochet de réduction du taux de
chômage au Bénin.
Pour mieux appréhender cette situation le GUFE a décidé d’étudier la viabilité des entreprises
créées au Bénin. Pour ce faire, une étude sur l’évolution des entreprises créées au GUFE à été
réalisée en 2014 et a porté sur un échantillon de 500 entreprises créées en 2011 et 2012.
Aux termes de cette étude, il est apparu que sur les 500 entreprises enquêtées, 70% ont
déclaré n’être plus en activité. Sur les raisons ayant conduit à la cessation d’activités, en
moyenne :
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-
13
67,9% des entreprises en cessation d’activité ont identifié le manque de financement
comme raison fondamentale de la fermeture de leurs entreprises ;
-
3,6% pour des raisons fiscales ;
-
1,2% pour des raisons administratives
Recherche des raisons ayant conduit à l’arrêt d’activités des entreprises enquêtées.
En généralisant cette enquête au nombre total d’entreprises créées depuis la mise en place du
CFE, on peut estimer que sur les 52.318 entreprises créées depuis 1997 au Bénin, 36.622 sont
en cessation d’activités et :
-
24.866 d’entres elles n’ont pas pu survivre à ce jour pour des raisons liées aux
difficultés de financement de leurs activités ;
-
1.883 pour raisons fiscales et 627 pour des raisons administratives.
D- ORGANISER LE SECTEUR INFORMEL
-
Retenir que toutes les activités informelles ne sont pas nuisibles à l’économie. Elles
paient des taxes aux impôts et aux mairies. Ces taxes portent sur le droit de place, la
patente et le BIC (Impôts sur les Bénéfices Industriels, Commerciaux, agricoles).
-
C’est un "élément" stabilisateur du chômage.
-
Crée des emplois : 269.000 emplois en 2002, pendant que la fonction publique offre à
peine 2900 emplois enregistrés et que le secteur privé moderne procure
approximativement 3400 services enregistrés, selon une étude réalisée par l’INSAE.
-
Renforcer les mesures et politiques en vue de sa formalisation.
-
Mettre en place une structure d’appui et de fonds de passage de l’informel au formel et
d’une fiscalité de développement pour assurer la prospérité des entreprises
nouvellement créées.
-
Mettre en place un cadre réglementaire et fiscal le plus simple possible.
-
Susciter et aider à la mise en place d’une administration de développement.
-
Diversifier les relations Etat-Secteur informel.
-
Faciliter l’accès au crédit et à l’information.
-
Au besoin susciter la création de banques ou d’institutions de crédits spécialement
tournées vers les entreprises du secteur informel à l’instar des banques de l’habitat.
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-
14
Généraliser le cadastre (qui est un moyen de gestion financière efficace, pour une
identification physique des entreprises). Cette orientation vise à moyen terme à
évaluer la contribution des entreprises créées à la production du PIB.
► DE L’EDUCATION
UNE ÉDUCATION POUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN ET SOCIAL
La clé de la prospérité du Bénin réside entre les mains des jeunes, hommes et femmes. Ils
seront les dynamiques conducteurs de la réduction de la pauvreté à condition qu’il y ait une
vision de croissance économique à long terme qui crée des emplois. Mais tout ceci demande
une planification orientée vers le développement souhaité et défini par nous-mêmes. Il nous
faudra alors préparer nos jeunes à intégrer la vie professionnelle et sociale dans une
perspective de réalisation de soi.
Pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement 2015, il est crucial de créer
à la jeunesse des conditions d’études et d’apprentissage devant faciliter leur insertion dans la
vie professionnelle au regard des défis que représentent le développement économique et la
croissance démographique.
Or le système éducatif du Bénin s’inscrit dans un contexte de forte pression démographique
où la pauvreté s’accroît et la population demeure majoritairement rurale. Malgré ces
difficultés, le système éducatif a fait montre d’amélioration dans de nombreux domaines.
C’est pourquoi il n’est nul doute que l’on ne devra pas réinventer la roue mais plutôt tresser la
nouvelle corde au bout de l’ancienne afin de capitaliser les efforts réalisés jusqu’ici par les
gouvernements successifs.
Si le système éducatif béninois a enregistré, depuis plus d’une décennie, d’importantes
avancées, ce système éducatif est néanmoins confronté à des urgences qui constituent des
axes d’action devant contribuer à la consolidation des performances relevées ci-dessus :

une mise en œuvre perfectible des programmes d’études à savoir :
correction des dysfonctionnements, notamment le contenu de certains champs de
formation, la qualité des enseignants, le problème de matériel et de manuels à tous les
niveaux, etc. Il est prévu par exemple dans le plan décennal (2006-2015) un manuel pour
deux apprenants dans quatre disciplines fondamentales au premier cycle de
l’enseignement secondaire et cela doit devenir une réalité ; nous devons créer et
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dynamiser des Comités de gestion du livre en vue d’une répartition rationnelle et
transparente des matériels, manuels et guides pédagogiques à la disposition des
établissements scolaires, enseignants et apprenants. Le livre joue un rôle très important
dans l’acquisition des compétences, c’est pourquoi les élèves doivent en disposer pour
étudier aussi bien à l’école qu’à la maison ;

une gestion claire des flux des élèves avec les possibilités de passerelles entre les
ordres au niveau de l’enseignement secondaire en corrélation avec les besoins de
l’économie et les opportunités d’emploi ; en raison de la gratuité de l’école et des
progrès réalisés à l’enseignement primaire, on note une forte pression démographique
au niveau de l’enseignement secondaire et paradoxalement la baisse des effectifs dans
le secteur public de la Formation Technique et Professionnelle (moins de 10% du total
des effectifs de l’enseignement secondaire). Nous devons nous préparer pour créer des
conditions d’études et de formations professionnelles en arrimage avec les besoins du
marché de travail et les qualifications nécessaires pour le développement de notre
économie, économie qui repose sur le secteur informel, grand pourvoyeur d’emplois,
et qui a besoin de compétences de base pour la gestion des petites et moyennes
entreprises ;

une amélioration du système de répartition des admis au baccalauréat dans les
établissements universitaires : on observe une inscription massive dans les universités
nationales où les conditions d’études restent encore rudes (80 000 étudiants pour une
population d’environ 8 millions d’habitants, bien que sur une cohorte de 100 enfants
inscrits à l’école le taux d’achèvement de l’enseignement primaire soit environ 68%,
le taux d’achèvement du premier cycle de l’enseignement secondaire soit 26% et celui
de second cycle soit 12%) ; il en résulte un faible taux de rétention à l’enseignement
supérieur et un chômage grandissant des diplômés de l’enseignement supérieur, du fait
de l’inadéquation des filières de formation avec les besoins du marché du travail ;

La formation professionnelle et technique
Le défi le plus important pour l’économie béninoise demeure le relèvement de la
productivité, lui-même relié avec le niveau d’instruction et de formation des
producteurs. Or les secteurs principaux de création de la richesse au Bénin, à savoir
l’agriculture et le commerce, sont dominés par une majorité d’analphabètes
(respectivement 85% et 74%). Améliorer la croissance pour augmenter la richesse et
réduire la pauvreté, vaincre la faim passent certainement par le relèvement du défi de
l’accès de ces acteurs de la vie économique et sociale à la formation professionnelle et
technique.
Il y a lieu de rappeler que 2015 est une année charnière pour le système éducatif béninois
compte tenu des changements et réformes en vue. En effet, il sera mis en place un nouveau
plan décennal du secteur de l’éducation. De même, les stratégies de mise en œuvre des
recommandations du 2e Forum de l’Education tenu en 2014 sont attendues.
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Face à ces objectifs le système éducatif sera davantage confronté au défi de la massification
des effectifs.
L’Agence Française du Développement étant chef de file des partenaires techniques et
financiers, nous espérons que l’accompagnement soutenu des partenairestechniques et
financiers nous permettra de relever les grands défis de l’éducation au Bénin et la mise en
œuvre effective des recommandations du 2e forum de l’éducation.
► DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’ASSAINISSEMENT
La sécurité environnementale est menacée par les pratiques inappropriées des ménages en
termes d’évacuation des ordures, des eaux usées et de cuisson (mauvaises conditions
hygiéniques), la pollution, plus précisément la pollution liée aux taxis-motos, aux véhicules
d’occasion et à la vente d’essence dite frelatée, la croissance démographique, la non maîtrise
de l’urbanisation et les catastrophes naturelles, en particulier les inondations. Les mauvaises
conditions hygiéniques et la pollution constituent également des menaces à la sécurité
sanitaire. (PNUD dans son rapport national sur le développement humain 2010-2011 pour le
Bénin).
Le Bénin présente en effet des écosystèmes variés, comportant des formations littorales, des
systèmes forestiers, des savanes dégradées. La Réserve de Biosphère de la Pendjari (RBP),
située à l’extrême Nord-Ouest du Bénin, fait partie du WAP (Ecosystème W-Arli-Pendjari)
qui est l’un des plus grands ensembles d’aires protégées de l’Afrique de l’Ouest. Cet
ensemble regroupe la RBP, la Réserve de Biosphère Transfrontalière du W Niger (partagée
entre le Bénin, le Niger et le Burkina-Faso) et les aires protégées du Burkina-Faso (Pama,
Réserve Totale de Arli, Singou). Des forêts protégées réparties sur le territoire complètent ce
réseau, dont 58 forêts sacrées.
L’urbanisation en forte croissance constitue une des causes de la dégradation de la zone du
littoral : érosion côtière, rejets des eaux usées, prélèvement de sable. Les planifications et
schéma directeur d’aménagement n’ont pas réussi à freiner ces tendances. En effet, c’est dans
les grandes villes du Bénin (Grand Cotonou, Porto-Novo, Parakou) que se concentrent les
problèmes environnementaux qui ont de fortes répercussions sur les conditions sanitaires de la
population.
De plus, certaines techniques agricoles ont de graves impacts sur l’environnement :
diminution de la couverture arborée et arbustive, perte de fertilité, pollution des eaux à cause
d’un mauvais usage des intrants chimiques.
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Il reste des efforts à faire pour tendre vers une agriculture plus responsable. Dans cette
optique, une approche intégrée et durable doit miser notamment sur la restauration et la
protection des écosystèmes dégradés, mais aussi sur la sensibilisation et l’éducation à
l’environnement pour assurer le bien-être des populations les plus vulnérables et de
générations futures. La préservation des écosystèmes nécessite l’intégration de politiques et
de stratégies environnementales au développement local aussi bien que national. Ainsi, la
promotion d’une meilleure gestion des ressources naturelles et le développement de
techniques agraires et piscicoles améliorées adaptées aux conditions locales permettraient aux
agriculteurs, pêcheurs et éleveurs béninois d’accroître leurs rendements et passer à une
exploitation familiale permettant de dégager des surplus et de générer des revenus.
1. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET LES CATASTROPHES NATURELLES
Au cours des deux dernières décennies, les phénomènes de catastrophes naturelles semblent
survenir à un rythme accéléré et sont potentiellement plus dangereux et plus dévastateurs.
L’aggravation des conséquences des catastrophes est due à deux facteurs majeurs : les
changements climatiques (pour l’augmentation de l’occurrence des phénomènes) et
l’expansion urbaine, conséquence de la croissance démographique et de l’exode rural (pour
l’augmentation de personnes affectées par ces phénomènes).
Les catastrophes et crises naturelles les plus récurrentes auxquelles sont exposées les
communautés au Bénin se traduisent essentiellement par les inondations, la sécheresse, la
désertification et l’érosion côtière. D’un côté, au Nord du pays, la désertification menace. Il
est maintenant reconnu par des experts que la forêt du Bénin recule au rythme annuel moyen
de 1000 km² et que l’érosion des sols dépasse les 30 millions d’hectare de terre par an.
Les inondations de 2010 ont affecté près de 68.000 personnes et ont occasionné 127,1
milliards de F CFA en termes de pertes et dommages causés auprès des populations déjà
confrontées à des problèmes de pauvreté (Rapport Evaluation des dégâts PNUD Bénin)
L’impact des changements climatiques est considérable à la fois à l’échelle micro (baisse du
rendement agricole, accentuation de la pauvreté, destruction des habitats de fortune) qu’à
l’échelle macro (diminution des ressources en eau, inondations plus fréquentes, augmentation
du taux de prévalence des maladies hydriques). L’impact de ces changements est ressenti plus
fortement par les populations les plus vulnérables, notamment celles vivant en milieu rural,
qui dépendent essentiellement des ressources naturelles pour vivre et se développer.
En 2010, le Bénin a vu son PIB croître de 2,8 % à peine. Cette piètre performance est
imputable à plusieurs facteurs dont les ravages occasionnés par les inondations. Les études
ont démontré que Cotonou est en voie de disparition dès 2015 si nous ne faisons rien. Pire
encore, l’évènement qui guette la survie de Cotonou c’est le relèvement des niveaux de mer
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lié au changement climatique. Et là, les études ont démontré que ce phénomène va
commencer à partir de 2015.
En conséquence, je m’engage dès ma prise de fonction présidentielle :
-
à mettre sur pied une agence nationale pour la gestion de risques au Bénin
-
la mise à contribution des climatologues pour faire des prévisions du climat sur 30 ans
au moins.
-
Je prendrai des mesures appropriées pour occuper les eaux en amont ; utiliser l’eau
pour faire l’irrigation, l’agriculture ; réglementer la descente de l’eau vers la mer.
-
Dès que la situation se présente, il faut agir. Etre en état de veille pour prendre les
dispositions idoines qui permettront de déplacer la population et de l’accompagner des
autres mesures comme les moustiquaires imprégnées.
-
Ensuite, gérer l’issue d’écoulement, relativement aux collecteurs d’eau et aux
caniveaux.
C’est pour dire que techniquement, un accent particulier sera mis sur :

la meilleure connaissance de la problématique afin de pouvoir mieux anticiper sur ses
effets, d’où la nécessité d’investir davantage dans la recherche en mettant à la
disposition de nos Universités et de nos Centres de recherche les ressources humaines
compétentes et les moyens requis ;

la mise en place des mesures d’adaptation adéquates aux futures conditions hydriques,
telles que la mise en place des ouvrages de mobilisation des ressources en eau et des
dispositifs de prévention et d’alerte aux crues et aux inondations aux niveaux des
espaces géographiques appropriés ;

la mise en place de certaines infrastructures urbaines de base, notamment les systèmes
de drainage des eaux pluviales sur tout le territoire national, en veillant à leur entretien
fréquent et régulier ;


la création d’une Agence nationale pour la gestion des risques au Bénin.
la collaboration de l’Etat avec les climatologues afin de tenir compte des résultats de
leur étude par rapport à la montée des eaux.

l’application des textes en vigueur pour la planification spatiale et l'implantation des
habitations.
J’inscrirai l’ensemble de ces urgences décrites ci-dessus dans le cadre du processus de mise
en œuvre de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau, en cours dans notre pays depuis
bientôt douze ans. Ainsi, je compte m’investir dans la mise en place des conditions favorables
pour la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau adoptée en juillet 2009, la mise en
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19
application de la loi sur l’eau adoptée par l’Assemblée Nationale le 21 octobre 2010 en
veillant à la mise en place diligente de ces textes et décrets d’application, et enfin l’adoption
du Plan d’Action National de Gestion Intégrée des Ressources qui bénéficiera des ressources
humaines et financières nécessaires pour sa mise en œuvre.
Je mesure mes responsabilités dans l’opérationnalisation de l’ensemble de ces urgences, et
vous rassure de ma volonté politique, qui restera forte et déterminante tout au long de mon
mandat pour la mise en œuvre effective et harmonieuse des actions inscrites dans notre projet
de société.
Ces urgences doivent amener mon gouvernement et moi-même à repenser l’option
économique pour le développement.
2. L’EAU, L’HYGIÈNE ET L’ASSAINISSEMENT (EHA)
Le Bénin enregistre un faible taux de population ayant accès aux conditions d’hygiène et
d’assainissement de base. Environ 78% des ménages jettent leurs ordures dans la nature et
moins de 8% de la population utilise les services d’une voirie pour évacuer les ordures. Mis à
part Cotonou et quelques centres urbains de l’Atlantique où la proportion de la population
utilisant une toilette à chasse ou des latrines hygiéniques se situe entre 57% et 72%, le reste
des communes du pays affiche des taux ne dépassant pas 16% d’utilisation.
L’accès à l’assainissement est de :

24% de la population en zone urbaine

4% en zone rurale
La gestion des déchets solides ménagers est une préoccupation majeure des grandes villes
béninoises. Des tonnes de déchets produits par les ménages, et qui est en constante
augmentation avec l’accroissement de la population, constituent non seulement une
problématique environnementale, mais un réel problème de santé publique et de
développement durable.
Conformément aux dispositions de la Loi n°97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation
des communes en République du Bénin, l’exercice des compétences en matière de
l’environnement, de l’hygiène et de la salubrité est dévolu aux communes. Depuis 2011, un
comité technique est chargé de la mise en œuvre des recommandations issues du Symposium
International sur la gestion durable et la valorisation des déchets dans les pays en
développement. Il vise à :

Assurer la promotion de la recherche et l’identification des besoins en
modélisation adaptée au contexte africain ;
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
20
Inventorier et développer des scénarii de gestion et de valorisation nationale des
déchets en vue de la prise des décisions appropriées par le Gouvernement pour
faire face de façon adéquate aux problèmes de gestion des déchets ;

Vulgariser au niveau des communes du Bénin les recommandations issues du
Symposium et contribuer à leur mise en œuvre effective ;

Evaluer
et
assurer
la
mobilisation
des
ressources
nécessaires
à
l’opérationnalisation du Projet d’Appui à la Gestion Intégrée et Décentralisée des
Déchets par filière (PAGIDF) ;

Solliciter l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF) du Bénin pour la
mise en œuvre des recommandations issues du Symposium.
Si les problèmes d’assainissement sont énormes au Bénin, l’accès à l’eau potable devient
progressivement une réalité pour les populations. Dans l’hypothèse d’un maintien des
politiques publiques actuelles, la cible fixée pour 2015 dans les OMD devrait être atteinte. En
2010, le taux d’accès à l’eau potable est estimé à près de 64% pour l’ensemble du pays, avec
toutefois de fortes disparités selon les milieux sociaux. Le manque d’accès à l’eau potable est
étroitement en corrélation avec le niveau de pauvreté aussi bien en ville que dans les
campagnes. En ville, les ménages trop pauvres pour payer le branchement paient l’eau chez le
voisin à un prix plus cher que les autres. En milieu rural, l’eau coûte environ cinq fois plus
cher que l’eau vendue en ville.
L’eau, conditionne manifestement la vie sous toutes ses formes. Elle intervient d’une manière
ou d’une autre dans pratiquement tous les domaines du développement dont la santé,
l’épuration des eaux usées, l’éducation, l’agriculture, l’artisanat, la production de l’énergie
électrique, l’industrie… L’eau s’identifie de ce fait comme la clé de réduction de la pauvreté,
donc un facteur de création de richesse et de développement économique de toute nation.
Mais force est de constater qu’après cinquante cinq années d’indépendance, la situation de
cette ressource vitale reste peu reluisante dans notre pays le Bénin. Ainsi, sur le potentiel en
ressources en eau estimé à une quinzaine de milliards de m3, qui reste inégalement réparti
dans l’espace et dans le temps, notre pays utiliserait encore moins de 3% de ses ressources en
eau renouvelables et les 97% restants sont perdus par évaporation et par ruissellement et
déversement dans la mer. Et pourtant, près de la moitié de la population béninoise reste privée
d’une source d’eau potable et notre agriculture demeure presque exclusivement pluviale, ce
qui place plusieurs régions du pays dans une situation d’insécurité alimentaire chronique.
Cette situation critique des ressources en eau au Bénin se trouve exacerbée, ces dernières
années, par les perturbations du cycle global de l’eau et des changements climatiques qui
rendent imprévisible la disponibilité de la ressource et occasionnent des retards dans
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21
l’installation des pluies d’une part, ainsi que des sécheresses et des inondations plus
fréquentes et plus étendues d’autre part. Cet ensemble de facteurs constituent de réelles
menaces pour les ressources en eau, et inhibent le développement des secteurs d’activités qui
en dépendent à savoir entre autres l’agriculture, l’énergie, la pêche, le transport, le tourisme,
l’industrie. Les inondations de l’année 2010, qui ont affecté dans notre pays 680.000
personnes, ont fait 15.000 sans abris et occasionné 46 pertes en vies humaines, avec des
dégâts estimés à 46.847.399 Dollars américains illustrent bien cette situation. Il faudra encore
du temps avant que des centaines de milliers de sans abris renouent avec leurs activités
économiques.
De ce qui précède, il se dégage que les défis liés à l’eau sont énormes dans notre pays. Ainsi,
‘‘assurer les ressources en eau indispensables aux besoins croissants des populations
humaines, à la protection des écosystèmes fragiles et à la préservation de la prospérité
économique de notre pays’’ constitue l’une des priorités les plus sérieuses et urgentes de
mon projet de société.
Une fois élue Présidente de notre pays le Bénin, je m’emploierai à la mise en place des
ressources humaines compétentes dotées des moyens matériels et ressources financières
nécessaires pour :
-
une amélioration de la connaissance des ressources en eau de notre pays d’une part ; et
l’organisation du suivi permanent de leur évolution qualitative et quantitative dans
l’espace et dans le temps ;
-
la mise en place des investissements subséquents pour la mobilisation, à travers la
construction intelligente d’infrastructures hydrauliques, et la mise en valeur des
ressources en eau aux fins : i) de satisfaire, de façon durable, les différentes demandes
en eau en tenant compte de la disponibilité de la ressource ; et ii) de soutenir le
développement socio-économique de notre pays ;
-
la mise en place d’une politique efficace et efficiente d’adaptation aux impacts de la
variabilité et du changement climatiques sur les ressources en eau ;
-
la gestion durable des écosystèmes aquatiques et la prévention contre les effets
négatifs de l’eau, aussi bien physiques (inondations) que sanitaires (maladies liées à
l'eau) ;
II.
DES AUTRES DEFIS ET PRIORITES
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► LA JUSTICE
Tout développement économique doit avoir pour fondement une justice qui sécurise les
populations et les investissements nationaux et internationaux.
Pour ce faire, il faut des institutions judiciaires, crédibles et efficaces.
Pour y arriver, il faut éloigner la justice de l’Etat c’est-à-dire assurer l’indépendance de la
justice vis-à-vis de l’Etat.
Il y a lieu, en temps opportun de demander la révision de la Constitution du 11 décembre
1990 en son titre IV consacré au Pouvoir judiciaire.
Lorsque je serai Président de la République, je vais procéder en priorité au recrutement
suffisant de magistrats de toutes les disciplines, à leur formation, et surtout pour la Cour des
Comptes à la formation de magistrats rompus au droit des affaires, aux finances, à la maîtrise
de la vérification des comptes…
Mieux, j’ai un projet global non seulement de recrutement de magistrats mais de construction
de Cour d’Appel, de Tribunaux, d’archives pour les greffes et de locaux suffisants pour les
magistrats. Je ne manquerai pas non plus de me battre pour leur assurer une meilleure
rémunération. La consolidation d’un développement économique durable est à ce prix là.
Je pense qu’il est important et salutaire que le Président de la Cour Suprême soit élu par ses
pairs et non plus nommé par l’exécutif afin de garantir l’impartialité, dans les affaires qui
seront déférées devant la dite Cour et dans lesquelles seront impliqués les membres de
l’exécutif et leurs amis.
L’article 125 de notre Constitution indique bien que le pouvoir judiciaire est indépendant du
pouvoir exécutif.
Paradoxalement, l’article 129 de la même Constitution dispose que « Les magistrats sont
nommés par le Président de la République sur proposition du Garde des Sceaux, Ministre de
la Justice après avis du Conseil Supérieur de la Magistrature ».
La justice est le socle de toute démocratie et de tout développement économique. Pour y
arriver, il faudrait prendre des mesures pour éviter l’ingérence des hommes politiques dans
l’exercice de la justice. Les affaires Sonacop et tant d’autres en sont une illustration.
C’est dans cet ordre d’idée que nous préconisons le réaménagement de la composition du
Conseil Supérieur de la Magistrature, dont ses membres ne seront plus désignés par l’exécutif,
mais élus par les magistrats eux-mêmes ; leur avancement et leur affectation se faisant avec
l’accord du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Tous les acteurs de notre justice sont en effet les premiers garants des investissements
nationaux et internationaux destinés à faire du Bénin un pays à forte croissance économique.
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23
Il leur appartient de protéger et améliorer le pouvoir d’achat des populations en restant
indépendant et en rendant de bon jugement. C’est pourquoi, j’insiste sur la création d’une
vraie Cour des Comptes, laquelle permettra de contrôler véritablement la gestion des biens par
l’Etat et l’administration publique afin de combattre la mauvaise gestion, le détournement,
l’impunité et la corruption et créer des richesses.
Enfin, les faiblesses du pouvoir judiciaire au Bénin ont des répercussions sur les droits
humains. Il en résulte une faible protection des groupes vulnérables, les pauvres, les femmes
et les enfants. Ce problème se manifeste notamment à travers la persistance des violences
envers les femmes et les enfants, le trafic des enfants et l’aggravation des inégalités entre les
plus riches et les pauvres. Cette inefficacité du système judiciaire est imputable, entre autres, à
la faiblesse des moyens de fonctionnement qui lui sont octroyés, ce qui altère son
indépendance.
Plus spécifiquement, les grèves qui deviennent récurrentes dans le secteur de la justice, font
payer un lourd tribut aux paisibles citoyens et notamment aux justiciables qui sont ainsi privés
de leur droit sacro-saint d’accès à la justice.
De ce point de vue, il est à souhaiter que les magistrats en grève pensent à concilier leurs
revendications légitimes avec le respect du droit des citoyens à l’accès à la justice, un droit
fondamental prévu et protégé par les instruments internationaux et nationaux de protection
des droits de l’homme.
► LA CORRUPTION
La corruption est un mal insidieux dont les effets sont aussi multiples que délétères. Elle sape
la démocratie et l’Etat de droit, entraîne les violations des droits de l’homme, fausse le jeu des
marchés, nuit à la qualité de la vie et crée un terrain propice à la criminalité organisée, au
terrorisme et à d’autres phénomènes qui menacent l’humanité.
Par rapport à cette corruption, des médecins m’ont dit que des enfants meurent dans nos
hôpitaux, faute de trouver 500 FCFA (- de 1dollar us) pour acheter des médicaments prescrits
dans notre pays où des autorités gaspillent de l’argent dans des futilités et surtout dans des
campagnes électorales qui coûtent le milliard (8 milliards, 12 milliards).
Pour éradiquer la corruption, il suffit d’appliquer et de sanctionner conformément à la loi n°
2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes
en République du Bénin donc abolir l’impunité et que l’exemple vienne d’en haut.
Il y a 8 ans, le Président de la République le Docteur Yayi Boni a lancé la marche verte contre
la corruption. Depuis beaucoup d'eau a coulé sous les ponts.
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24
Il est temps de cesser de lutter contre la corruption et d'appliquer les textes dont nous
disposons.
Il est temps de se dire que la corruption n'est pas une fatalité mais une gangrène qui ronge les
nouvelles générations qui sont nées dans ce système et qui n'en connaissent pas d'autre.
J'ai eu la chance d'être en ma qualité de Garde des Sceaux, Ministre de la Justice de la
Législation et des Droits de l'Homme, signataire de la loi portant lutte contre la corruption.
Les solutions pour combattre ce fléau s'y trouvent.
Il est temps de se poser la vraie question par rapport à la corruption. Pour combattre la
corruption au Bénin, il faut commencer à sanctionner les élites délinquantes en cols blancs,
mains sales et casiers judiciaires vierges. Cela aura plus d'effet que de réprimer la petite
délinquance qui fait son lit de l'impunité qu'elle observe au plus haut sommet de l'Etat.
Pourquoi personne n'en a le courage?
Suite à mon dernier poste sur la nécessité de donner une impulsion réelle au combat que nous
avons l'obligation de mener contre la corruption, laquelle malheureusement est déjà devenue
la norme à tous les niveaux de notre société, j'ai pu relever dans différentes réactions:

du découragement et du pessimisme: car c'est une lutte dans laquelle on se retrouve
souvent bien seul. "La Corruption, tout le monde la dénonce mais au moment de poser
des actes, personne ne veut se mouiller et ceux qui osent aller au bout de leur
conviction voient tout le monde leur tourner le dos."

de la peur : des gens honnêtes suite à mon poste m'ont confié: " Nous avons peur pour
notre fonction, notre emploi si nous dénonçons nos pairs corrompus". Que peut-on
faire si ceux qui sont chargés d'appliquer les lois ont eux-mêmes les mains sales?
C'est clair que ce n'est pas un combat facile, mais que faire? Baisser les bras n'est pas une
option! Nous nous retrouverons responsables devant l'Histoire sur l'héritage que nous sommes
en train de léguer à nos enfants. Imaginez un pays où tous les rapports entre citoyens sont
régis par la corruption. Nous n'en sommes pas loin.
Pour conclure je voudrais partager cette citation de Georges Orwell qui dit « Un peuple qui
élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime !
Il est complice. »
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► DE L’AMENDEMENT A LA CONSTITUTION DU 11
DECEMBRE 1990 ET L’APPROCHE GENRE
Je demanderai au peuple béninois qu’un amendement soit porté à la Constitution du 11
décembre 1990 relativement au genre masculin et au genre féminin. Je rappelle qu’une
commission d’experts présidée par le Professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè a déjà déposé un
rapport le 30 janvier 2009 au Chef de l’Etat. Après le dépôt du rapport par la commission,
l’AFJB que je préside en partenariat avec d’autres associations et acteurs de la justice, ont
décidé du 21 au 23 juillet 2009 de procéder à la relecture du rapport de la commission
d’experts déposé au Président de la République. Le rapport de la relecture de la constitution
béninoise du 11 décembre 1990 par l’Association des Femmes Juristes du Bénin a été déposé
au Président de l’Assemblée Nationale le 26 Novembre 2009. A l’issue des travaux, l’AFJB a
spécifié dans son rapport des modifications et ajouts au préambule et à 38 articles : les articles
5, 6, 10 et surtout l’art 26 pour ne citer que ceux là.
Cela facilitera une politique gouvernementale et l’engagement de l’état pour l’égalité d’accès
et l’égalité de traitement entre le genre masculin et le genre féminin et de la participation
effective des femmes dans les instances de prise de décisions.
Il faudrait repenser la Haute Cour de justice qui tourne à vide soit pour alléger les procédures
soit pour sa suppression pure et simple.
► LA SANTÉ POUR TOUS
La sécurité sanitaire est affectée, d’une part, par les menaces concernant la sécurité
économique et la sécurité alimentaire et, d’autre part, par des facteurs spécifiques, dont les
principaux sont : l’insuffisance des infrastructures sanitaires, le faible taux de fréquentation
des centres de santé, le faible accès à l’eau potable et le faible taux de protection sanitaire.
(PNUD dans son Rapport national sur le développement humain 2010-2011 pour le Bénin).
Si l’on interroge la population pour connaître les facteurs qui limitent leur accès à la santé, on
constate, au niveau national, que l’accessibilité aux établissements de santé constitue le
problème principal, cité en premier lieu dans 45 % des cas, que ce soit du fait de l’inexistence
d’établissements (30%) ou de leur éloignement (15%). La cherté des médicaments ou des
consultations arrive en deuxième position (25%). L’état de l’établissement de santé est
également un problème qui a été fréquemment cité en première position (17% dont 7% pour
le mauvais équipement et 5% pour le mauvais accueil). Plus de 76% des femmes habitent à
moins de 5 km d’un établissement de santé. Cependant, 20% des femmes doivent parcourir 5
km ou plus pour y accéder.
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Selon les statistiques sanitaires nationales de 2008, le paludisme se situe toujours au premier
rang des maladies et constitue la première cause d’hospitalisation, tant pour l’ensemble de la
population (20,1%) que pour les enfants de moins de 5 ans (34,6%). La tuberculose et le VIH
Sida constituent les autres principaux problèmes de santé publique au Bénin, suivis de
maladies comme le choléra, les anémies, la fièvre jaune, la malnutrition, etc. La lutte contre
les autres maladies prioritaires comme la tuberculose a connu un certain succès du fait de sa
prise en charge par l’Etat.
-
Faire de l’accès à l’eau potable pour tous, de l’hygiène et de l’assainissement une
priorité de santé publique et d’hygiène pour tous.
-
Mettre en place dans tous les hôpitaux un système de sécurité des biens et
médicaments des malades (réfléchir sur la formation et le recrutement de jeunes à cet
effet).
-
Création d’une pharmacie nationale pour assurer l’approvisionnement des hôpitaux.
-
Mise en place d’un plan de retour des médecins de la diaspora pour éviter les
évacuations sanitaires coûteuses pour l’Etat.
-
Sécurité sociale pour tous par un financement tripartite :
1) Etat et collectivités décentralisées ;
2) Secteur privé (mutuelles, assurances, entreprises commerciales) ;
3) Prélèvements salariaux
En tout état de cause,
Instaurer un régime d’assurance maladie universelle au Bénin qui est un système de
couverture sociale maladie destiné à terme à protéger l’ensemble des populations béninoises
contre les conséquences financières du risque maladie.
PROMOUVOIR LA MEDECINE TRADITIONNELLE POUR AMELIORER
L’ACCES A DES SOINS DE QUALITE.
Selon les statistiques, on dénombre un guérisseur pour 800 habitants contre un médecin pour
10000 habitants au Bénin. Aujourd’hui, 7500 guérisseurs déjà formés sont reconnus par le
ministère de la Santé. Nous allons explorer de nouvelles pistes de renforcement de la
collaboration entre les praticiens de la médecine traditionnelle et les professionnels de la
médecine moderne.
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► PROMOTION ECONOMIQUE ET SOCIALE DE L’HOMME
ET DE LA FEMME
1. PROMOUVOIR L’ÉGALITÉ DES SEXES ET L’AUTONOMISATION DES FEMMES
L’objectif 3 de l’objectif de millénaire pour le développement fera partie intégrante de la
politique économique et sociale de mon mandat présidentiel. Je m’engage à éliminer les
disparités entres les sexes. Les indicateurs politiques et ceux d’occupation d’emploi dans le
secteur public ne sont point reluisants. La proportion des femmes au Gouvernement, elle
connaît une évolution erratique. La proportion des femmes salariées dans le secteur public a
peu varié passant de 25,4 % en 1992 à 26,9 % en 2002.
Pour l’autonomisation effective des femmes de la classe dite pauvre,
-
-
Changer le visage de la microfinance aux plus pauvres : faire obligation juridique aux
assureurs classiques de développer de la micro-assurance pour protéger les plus
pauvres.
Pérenniser le programme et associer la micro assurance au microcrédit, afin de couvrir
les risques subis par les individus les plus démunis que sont les femmes.
-
L’octroi de microcrédit aux femmes fera l’objet d’une étude au cas par cas en tenant
compte de leur secteur d’activités pour pouvoir définir le montant de crédit relatif à
chaque cas.
-
Les bénéficiaires doivent accéder impérativement à l’assurance leur permettant de
mieux faire face aux aléas.
Comment ?
-
Négocier et faire une obligation juridique aux assureurs classiques de développer la
micro assurance.
-
A contrario, mettre en place une défiscalisation et adopter un décret favorable aux
acteurs de la micro assurance.
Les services d’épargne et de crédit ne permettent pas actuellement aux ménages de faire face
à des risques qui se traduisent par des pertes supérieures à leurs moyens. D’où le besoin de
services complémentaires de protection. Par ailleurs, l’avenir économique d’un individu se
résume en trois mots : besoins – projets – risques. Or actuellement sur le terrain, seule la prise
en compte de la problématique de projets est de mise. Quelle part reste-t-il alors aux projets si
les besoins et les risques accaparent toutes les ressources disponibles ?
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Je m’engage donc à permettre aux bénéficiaires de microcrédits, d’accéder impérativement à
l’assurance pour apporter de la pérennité à leur initiative entrepreneuriale en leur permettant
de mieux faire face aux aléas afin de quitter le cercle vicieux de la pauvreté.
2. Le renforcement du rôle de la femme dans la société
La participation de la femme à la vie publique est nécessaire pour aider les femmes à devenir
des actrices du développement, averties et motivées, capables de participer à la vie publique et
de se prendre en charge de manière autonome. Mais force est de constater que de nombreuses
disparités existent entre femme et homme en matière de la gestion de la vie publique. Si
l’importance du rôle de la femme est d’une évidence indéniable, son faible pouvoir financier
et son accessibilité aux mécanismes de financement de ses Activités Génératrices de Revenu
(AGR) limitent sa participation à la vie familiale et publique et par conséquent ne lui
permettent pas de jouer pleinement son rôle dans la société. D’où la nécessité de rendre
autonomes les femmes. En effet, le gouvernement du Bénin a initié le programme des
microcrédits aux plus pauvres. Cette approche à notre sens présente deux limites notamment à
l’endroit des femmes rurales qui sont les cibles majoritaires. Les intermédiaires que sont les
SFD entre le Fonds National de Microfinance (FNM) et les bénéficiaires et les distances qui
séparent ces SFD et ces bénéficiaires surtout en zones rurales ne facilitent pas l’attente des
résultats car ces vaillantes femmes doivent beaucoup dépenser dans le transport avant d’avoir
les prêts. De même, l’obligation faite aux femmes rurales de fournir des documents d’identité,
exclut une majeure partie de celles-ci ou leur crée trop de préjudices financiers.
La vision actuelle vise à permettre aux femmes d’accéder aux services financiers adéquats
plus proches d’elles et sans un formalisme pesant pour elles. A travers des groupements
autogérés, les femmes vont épargner entre elles et se faire des prêts en leur sein. Ces
groupements sont aussi des espaces pour elles de trouver des solutions à leurs problèmes
spécifiques grâce aux causeries appelées « Discussions d’apprentissage ». Cette approche a
permis ailleurs une solidarité renforcée, une vie coopérative plus nourrie, l’amélioration des
conditions de vie et l’augmentation des capitaux pour les activités génératrices de revenus. La
méthodologie vise en effet, la réduction de l’extrême pauvreté.
Dans la démarche d’autonomisation des femmes, une formation doublée de sensibilisation
permettra d’équilibrer les inégalités sociales basées sur le sexe.
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► LES HANDICAPES
Il est très important de développer une politique pour :
-
Donner à chaque jeune handicapé une orientation validée par une mise en situation
professionnelle.
-
Améliorer le repérage du jeune appelé à devenir un « travailleur handicapé ».
-
Améliorer l’orientation.
-
Développer et valoriser les stages en entreprise.
-
Favoriser l’accès des jeunes handicapés à l’alternance.
-
Favoriser le tutorat pour les travailleurs handicapés.
► LA CULTURE
La culture étant l’un des axes de développement, mon gouvernement s’emploiera à créer aux
acteurs culturels, de bonnes conditions de travail et à leur garantir une vie descente. Il s’agira
alors de créer un cadre formel de lutte contre la piraterie et la contrefaçon, de porter de 1 à 5
milliards le fond d’aide à la culture pour permettre l’exploitation suffisante du riche
patrimoine cultuel béninois, contribuer amplement au rayonnement international des œuvres
artistiques du Bénin en négociant la participation des artistes aux festivals, aux salons et aux
expositions à travers le monde entier avec une entière prise en charge par l’Etat béninois, la
construction d’un grand théâtre national qui sera le haut lieu de l’art béninois et surtout de
l’art africain. Mon gouvernement va promouvoir une industrie culturelle béninoise
pourvoyeuse de devises.
► LES BENINOIS DE L’ETRANGER
"Nous avons des cerveaux dehors"
Les béninois de l’extérieur constituent une force économique certaine. Je pense que la base
doit être en mesure d’élaborer des projets qui puissent susciter leur adhésion. Il faudrait, pour
cela, créer un environnement incitatif à l’investissement des béninois vivants à l’étranger.
Lorsqu’on parle des Affaires étrangères, les affaires en question sont toujours à un niveau qui
n’est pas celui du compatriote béninois moyen.
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Tout se passe au sommet entre protocoles et réceptions, petits fours et discours alors que dans
mon esprit, je vois les béninois vivant à l’étranger, non pas comme de simples aventuriers,
mais comme l’œil et le cœur du Bénin dans le pays d’accueil. Ils sont donc au cœur des
affaires étrangères et j’aspire à les connaître, à les rencontrer, à leur parler et à les écouter.
Sont-ils recensés ? L’avenir de leur pays les intéressent-ils ? Votent-ils ? Les connaître, c’est
donc savoir combien ils sont, dans quels domaines ils excellent. D’où la nécessité de créer une
Maison des béninois de l’étranger (pour faciliter les contacts avec les parents vivant au
Bénin) ; de créer le grand recueil des projets des béninois de l’étranger ; de créer un
magazine, trimestriel solide en contenu et en pagination pour donner des nouvelles et ne pas
faire tout en confidentialité. Je n’aime pas l’opacité qui est l’antichambre des activités
mafieuses.
Les Béninois de l’Extérieur jouent un grand rôle dans le développement de leur pays. Je pense
aussi qu’il faudrait sérieusement redynamiser les institutions chargées des béninois vivants à
l’étranger.
L’apport des béninois vivants à l’étranger dans la stratégie politique gouvernementale du
développement économique du pays sera un recours précieux. Les béninois de l’extérieur en
effet, constituent une force économique disponible en terme de ressources humaines
qualifiées et en tant que source génératrice de devise. On estime à 120 milliards les fonds
envoyés annuellement au pays par les migrants béninois. Ces fonds prennent une part de 3,6%
du PIB et constituent de ce fait la deuxième source de financement extérieur du pays. Dans
une logique de gouvernance concertée, mon gouvernement avec le Haut Conseil des Béninois
de l’Extérieur, sur des bases consensuelles vont définir les conditions pour leur meilleur
intégration aux activités socio économique du pays.
C’est pourquoi, je dis au peuple béninois, à mes chers compatriotes,
Hwenusu, l’heure a sonné !
Ensemble travaillons.
Servir le peuple rien que le peuple !
Je vous remercie.
Maître Marie-Elise GBEDO