Être un leader à l`ère du numérique Un chantier d`Entreprise et

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Être un leader à l`ère du numérique Un chantier d`Entreprise et
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Être un leader à l’ère du numérique
Un chantier d’Entreprise et Progrès 2015
COMPTE RENDU DE L’ATELIER DU 7 JUILLET 2015
CONFERENCIER – Christian Monjou, Agrégé de l’Université, enseignant chercheur à Oxford, ancien lauréat de
la Fondation Besse et conférencier professionnel. A travers ses conférences, Christian Monjou analyse les
liens entre management et les œuvres d’art et leurs auteurs.
Postulat : les jardins sont des machines à produire du sens. Une des manières les plus subtiles des sociétés
d’incarner leurs spécificités, ce sont par les jardins.
2 « modèles » de jardins : Le jardin à la française – modèle dominant de 1661 à 1763 (1763 marque la fin de
la guerre de 7 ans, perte de l’empire colonial) et le jardin à l’anglaise – modèle dominant à compter de 1763,
période à partir de laquelle l’Angleterre devient une puissance hégémonique.
Entreprise et Progrès – 41 boulevard Malesherbes – 75008 Paris
Tel : 09 83 72 80 25 - Site internet : www.entrepriseprogres.com
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I)
LE JARDIN A LA FRANCAISE
1) le château de Versailles et son jardin.
« Le jardin est une réorganisation microcosmique de la nation. Le jardin est une métaphore
microcosmique du macrocosme du royaume ».
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Description :
 primauté de la ligne droite (la ligne naturelle étant la courbe). La ligne droite est une ligne
abstraite car il y a une prise de recul par rapport au réel. Un schéma intellectuel est imposé au
réel.
 En amont du château, tout converge vers le château et en aval tout diverge à partir du château.
Dans le jardin à la française, il y a une mono-polarité (rôle de centre et de sommet du centre).
 Du salon, sur la marche la plus haute et au centre - ou se situe le roi - la vision est globale. Dans
l’œil du roi se reflète tout le jardin.
Le seul autre endroit d’où vous voyez aussi la totalité du jardin, c’est l’endroit qui est
symétriquement opposé à celui de l’œil du roi.
Parallèle avec le recrutement dans l’entreprise : si vous ne savez pas recruter des gens qui en
symétrie ont un œil qui voit autre chose que vous, c’est problématique.
Exemples des ministres sous la monarchie : Richelieu, Mazarin.
 L’oreiller du roi est situé exactement dans la médiatrice par définition centrale du miroir central
de la galerie (axe est-ouest). Quand le roi lève la tête le matin pour le petit levé, le soleil se lève et
toute action devient légitime ; quand le roi dépose la tête au grand coucher le soir, le soleil se
couche, tout action devient alors illégitime.
PS : en Angleterre, il n’existe pas de jardins royaux puisque dès 1689 le pouvoir du roi est subordonné à celui
du parlement. Le Roi n’a donc pas l’initiative de la mise en scène du territoire national.
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considérations :
 Le jardin à la française met en image de manière très claire l’idée que la France ne s’est jamais
libérée du modèle absolutiste qui est un modèle pervers et destructeur. Méfiance totale à l’égard
de toute initiative - en particulier économique - qui ne viendrait pas du centre et du sommet.
Ce modèle absolutiste a sauté à la révolution française avec les girondins mais est revenu avec
l’instauration de l’Empire.
 Le jardin est organisé totalement et entouré d’un mur. Ce mur sépare le monde lisible du monde
illisible. Le monde de la raison est distinct du monde des instincts.
 Aucune illusion d’optique ne figure à Versailles ; il n’est pas question que l’œil du roi soit floué par
l’organisation de l’espace. Si le roi est dans l’illusion par rapport à l’organisation de l’espace alors
ce n’est plus le roi.
 La grande figure du jardin à la française c’est Descartes.
 Différence entre la conscience cartésienne (jardin à la française) et la conscience lockéenne
(jardin à l’anglaise) :
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--- La conscience cartésienne c’est quand vous achetez un ordinateur dans lequel
figure déjà des téléchargements, donc vous allez faire fonctionnez votre ordinateur en
fonction de « choses » existantes.
--- Chez Locke quand vous achetez votre ordinateur, il n’y a aucun logiciel téléchargé.
Vous allez devoir prendre le risque de partir à la découverte de l’univers et à partir de vos
sensations constituer votre conscience. De la sensation vous passez à la valeur puis à la
mémoire….. Mais tout ça ne peut venir que de l’expérience faite de la réalité.
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Historique :
 Organisation des jardins confiés à Louis Le Vau, Charles Le Brun et André Le Nôtre.
 Convoqués le 18 aout 1661 à Versailles, Louis XIV dira à ces 3 architectes « vous allez faire Vaux le
Vicomte mais en mieux ».
2) Vaux le Vicomte
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Description / considérations :
 en amont tout converge et à partir du château tout diverge. Idée que le château attire à lui toutes
les forces de la nature et redistribue toutes ses forces sous forme de sens.
Architecte : Louis Le Vau
 le Grand salon est en forme d’Ellipse.
En effet, Copernic a démontré que finalement la terre n’est pas au centre du monde, elle n’est
pas immobile - les orbites circulaires des planètes se frottant les unes aux autres en tournant sur
elles-mêmes produisait par ce mouvement tendanciel la musique des sphères – ainsi le cercle, qui
avait l’avantage d’avoir été décrit comme figure de perfection par Platon est remplacé par
l’ellipse. Si la Terre n’est pas au centre du monde, elle n’est plus dans une organisation parfaite ;
la signature de Dieu dans l’univers n’est plus présente.
 En se situant au niveau des cascades de Vaux le Vicomte, on ne voit pas le reste du jardin. Cela
serait inconcevable à Versailles car cela signifierait le roi peut se situer dans une partie du
royaume sans voir la totalité du royaume, ce qui est absolument impensable.
3) Château de Condé
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Description / considérations :
 Constructions d’eau / reflets dans l’eau des différentes structures architecturales.
Il suffit d’un courant d’air pour que le reflet des constructions disparaisse. Méditation sur la
fragilité des structures humaines et du pouvoir.
 Condé étant en disgrâce à cette période, l’architecte André Le Nôtre a alors représenté l’illusion
du pouvoir par cette organisation du jardin.
Transition : Passage de la composition d’un jardin théâtral (jardin français) a une composition de jardin
romanesque (tableau vivant du jardin à l’anglaise).
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II)
LE JARDIN A L’ANGLAISE
1) Le jardin à l’anglaise : exemple de Stourhead
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Description :
 Lignes courbes prédominantes - Suggestion d’une multipolarité, c’est à dire qu’il n’y a pas un
centre et un sommet ; la responsabilité de la production du sens est distribuée de manière
transverse entre un certain nombre de pôles.
Gestion du temps extraordinairement fine dans le jardin - au cours de la marche, expérience de la
plongée dans la pénombre… sous terre, dans la froid. Et dans le mur de la grotte, par une
échancrure, le temple d’apollon apparait.
Pour information, à la fin du règne de Louis XVI, un certain nombre d’éléments multipolaires
apparaissent, notamment le hameau de Marie-Antoinette.
 Le jardin anglais n’est pas dans l’axe du château.
 Des petites fabriques (constructions) sont présentes dans le jardin.
Message d’une Fabrique penchée - sentiment de déstabilisation complète entrainé par la
révolution copernicienne.
 Les divinités président les lieux (statues). Hercules, le Dieu du commerce et Hermès, le Dieu des
échanges.
Pour rappel, à la différence des aristocrates français au 18ème, l’aristocratie anglaise est
totalement engagée dans la révolution agricole et industrielle.
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La seule légitimité de l’aristocratie française, ce n’est plus la corrélation de la richesse nationale,
c’est d’être vu et de voir le roi.
En Angleterre, nous sommes dans un royaume ou le pouvoir est à ceux qui crée de la richesse et
qui font circuler cette richesse.
 Statue d’Hercule, le modèle de l’homme héroïque au 18ème siècle. C’est le choix entre le plaisir et
la vertu. Le jardin dit : « si vous êtes Hercule, faites attention, vous serez constamment tenté par le
désir alors qu’il faudra choisir la vertu ».
 Temple des vertus anciennes - 3 personnes représentées sur un grand mur, un militaire, un juriste
et un philosophe et sur le petit mur face, une personne, Homère le Poète.
Pour être un leader, il faut être un soldat, un juriste et un philosophe et que plus que la cette
combinaison, vous avez la vision, l’aspiration poétique.
 Buste du fondateur de la bourse de Londres : idée qu’il n’y a pas de réalité sans Mercure, le Dieu
du commerce et des Echanges.
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considérations :
 « mélange de naturel et de culturel ». Un grand leader c’est quelqu’un qui fait la synthèse en lui
entre nature et culture.
Idée que l’artificialité règne dans les communautés humaines (Rousseau) et qu’il faut laver cette
artificialité dans un bain de nature à intervalles réguliers.
 le jardin n’est pas une anti nature, le jardin n’est qu’une sorte de synthèse de la nature portée à
son plus haut niveau alors qu’en apparence l’on peut croire que par exemple, la prolifération des
fabrique démontre un désordre apparent. En fait, c’est organisé pour la marche.
 Alors tout le jardin est fondé la dessus c’est à dire sur la prolifération des fabriques dans un
désordre apparent mais en fait évidemment organisé pour la marche.
Idée : organiser des points de vue, c’est-à-dire que d’une fabrique, vous apercevez la fabrique
suivante et ainsi de suite. Donc au lieu d’avoir un jardin théâtre, vous ne pouvez pas voir la totalité
du jardin donc vous êtes obligés de prendre le risque d’aller marcher dans le jardin.
 Le roi en Angleterre n’existe que par le consentement des gouvernés.
Deux autres considérations dans un autre jardin (proche de Londres) :
 Figure un petit réservoir d’eau alimenté par un ruisseau : notre expérience du temps est faite de 2
choses, le flux et l’immobilité de l’instant. Nous passons notre temps à essayer d’immobiliser
l’instant pour échapper au flux mais l’instant est toujours repris par le flux.
L’Homme n’est pas un être de l’instant, même si ce qui nous constitue en tant qu’homme c’est
cette volonté d’arrêter le temps.
 Figure un obélisque : l’obélisque, c’est l’Homme debout dans la nature, l’Homme mesure de toute
chose.
 Est construit une fabrique représentant un lion attaquant un cheval. Le cheval c’est la plus noble
conquête de l’homme, le lion c’est la force et le désordre. Par métaphore, cela représente la
révolution industrielle, la révolution industrielle étant le surgissement de l’énergie qui s’attaque à
un ordre dépassé mais qui devra parvenir elle-même à constituer une nouvelle visibilité.
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III)
L’anamorphose de la Trinité du Mont (à Rome).
Grande peinture sur un mur. En entrant dans la pièce, vous avez l’impression de voir un moine en prière dans
sa grotte, le Père François de Paule. En avançant le long de la perspective, l’image se défait et lorsque vous
arrivez au bout de la pièce, vous voyez l’itinéraire de la vie de François de Paule.
Par une technique parfaire des lois de l’optique et de la géométrie, l’anamorphose fonctionne parfaitement.
Parallèle avec le leader : le regard du leader est un regard anamorphique. Le regard du leader, c’est celui qui
est capable de se décaler suffisamment pour faire apparaitre le dessin/dessein d’opportunité qui est toujours
contenu à l’intérieur d’un dessin d’obstacle. Ça, seul le leader sait le faire…. C’est ce qui en définitive
construit sa légitimité.
Conclusion : l’entreprise c’est une manière de réorganiser de façon signifiante et visible la partie du monde
dont on se sent responsable. Pour reprendre, Francis Mayer, ancien Directeur de la Caisse des dépôts, « la
Caisse des Dépôts doit être constituée un peu comme un jardin à l’Anglaise, c’est-à-dire que si son grand plan
organisateur ne réintroduit pas continuellement de la circulation transverse et cette idée qu’au fond chaque
fabrique, chaque élément constitutif du jardin contribue un élément de sens qui n’est jamais le même et qui
est tout aussi essentiel que les autres, jamais on ne comprendra comment ça peut fonctionner ».
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QUESTIONS
Jean-Luc Obin - Les entreprises n’ont-elles pas pris le pouvoir dans la construction des jardins alors qu’avant
les Etats en avait le monopole ?
Christian Monjou - Déjà oui l’Etat n’a plus d’argent. De plus, concernant la fondation LVMH, je pense que
Bernard Arnault n’a pas choisi son architecte par hasard. En choisissant un architecte qui est le pape de
l’architecture déconstructiviste - le refus du modèle du taylorisme internationale de mise, (ex : immeubles de
Chicago) – Bernard Arnault veut faire « sauter la boite ».
D’une certaine façon, je crois qu’on assiste à un transfert de la légitimité culturelle de l’Etat. Précédemment,
le monopole de la nouveauté culturelle ne pouvait venir que du centre et du sommet, c’est-à-dire de l’Etat.
Déplacement de la commande de l’Etat souverain sur des gens qui ayant créée de la richesse et s’étant
enrichis par cette création de richesse veulent rendre une partie de cette richesse à la communauté….
Américanisation de l’origine du mécénat culturel.
La 2ème chose c’est Google. Le numérique, c’est le déplacement du pouvoir du producteur au distributeur sur
le consommateur. Actuellement, nous sommes en plein dedans, nous sommes vraiment au centre de la
révolution copernicienne de notre époque.
Lors d’un show-room du smart électric - réseau intelligent connecté – en conclusion le présentateur a fait la
prédiction suivante : « Dites-vous bien que ce qu’on met en place ici c’est notre propre mort mais c’est peutêtre le seul moyen que nous avons de renaitre, c’est d’avoir consenti à notre propre mort ». Nous mettons
actuellement en place un système par lequel ce n’est plus le producteur et distributeur qui impose ses choix
au consommateur, c’est le producteur ou distributeur qui met à la disposition du consommateur, le
consommateur étant constitué en instance ultime de vérité.
Frédéric Duverger - dans le jardin chinois on ne voit que ce que l’architecte a voulu montrer. Quel regard
avez-vous là-dessus ?
Christian Monjou - Effectivement, c’est apparemment un jardin libre mais c’est un jardin dans lequel on
cadre constamment notre regard sur le monde, c’est peut-être pour ça que les chinois auront à réconcilier
expansion économique et pouvoir politique autoritaire. En effet, le jardin chinois a l’aspect d’un itinéraire de
découverte mais est dans les faits constamment cadré ; cela correspond à cet espèce de dialectique entre
l’initiative économique et transformatrice du monde et son ordonnancement politique qui reste
autoritariste.
Vincent Prolongeau - vous avez fait référence à trois types de jardins : italienne, française et anglaise, il
n’existe pas de culture américaine ; que cela traduit-il ?
Christian Monjou - le 19ème, c’est le siècle de la démocratisation et l’entrée « dans le jeu » des masses.
Central Park représente ainsi le typique parc public urbain (exemple des buttes-Chaumont à Paris).
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La dimension américaine c’est d’une certaine manière la préservation d’un espace naturel dans la ville et
deuxièmement le passage de la sphère privé à l’ordre public.
Autre question - n’y a-t-il pas un parallèle à faire entre la symbolique d’une part du roi qui organise le pouvoir
et puis dans l’entreprise l’organisation des bureaux ?
Christian Monjou - Le jardin français est organisé de manière top down ; ce n’est pas un lieu du transverse.
Malheureusement, l’entreprise française en particulier l’entreprise privé a cru bon pour se légitimer d’imiter
ce qui est la source de toute entreprise en France, c’est à dire la manufacture d’origine étatique qui a été relégitimé en 1945 avec la grande mission de remettre évidemment la France sur pied au point de vue
économique avec le fantasme de la nationalisation ; c’est à dire qu’il n’y a de gestes industriels économiques
légitimes autres que ceux de l’Etat ou garantis par celui de l’Etat. Cela se reflète donc dans une
hiérarchisation et dans une organisation de l’espace. Un des gestes qui peut effectivement amener à un
autre fonctionnement relationnel dans l’entreprise, c’est de faire sauter cette structure qui semble se
concentrer toute entière vers un pôle unique… par et vers lequel revienne toutes les énergies de l’entreprise
elle-même.
Autre question - qu’en est-il de l’éducation nationale ?
Christian Monjou - le système anglo-saxon c’est de promouvoir les talents et de consolider les vulnérabilités
de l’individu ; la communauté n’étant forte que si les individus sont forts…, nous on fait une communauté
forte au détriment des individus faibles. Pourtant il n’y a de circulation du sens qu’à partir du moment où on
laisse l’initiative de création de sens. Les français ont une forte créativité mais très souvent ont du mal à
passer à l’objet.
Les deux jardins correspondent chacun à un désir essentiel, le désir de toute entreprise, le désir d’être
lisible… car être lisible c’est être achetable. Mais cette lisibilité est inévitablement fossilisée en France, elle ne
bouge pas.
L’entreprise doit être un mélange de ces 2 types de jardins, car une communauté ne peut tout de même pas
fonctionner sans un certain nombre de règles. Nécessité d’une réconciliation. Il faut une lisibilité de
l’entreprise et une mobilité. Le chef d’entreprise sait que le drame de l’entreprise c’est quand les process ne
sont plus ordonnés à l’entreprise mais quand l’entreprise est ordonnée au process.
Corinne Pitavy - à quoi ressemblerait le jardin à l’ère du numérique ? Qui réinvente le collectif, le co-travail ?
Christian Monjou - Une start-up a créé des petits jardins ouvriers à mettre dans les entreprises…. C’est fondé
sur la vision de l’individu à la fois producteur et consommateur, fondé sur la fragmentation de l’espace de
l’entreprise par la réintroduction d’espaces naturels eux même fragmentés à l’intérieur de l’entreprise et ça
recrée un lien social….
Les jardins de chacun deviennent l’objet d’un itinéraire transverse que les gens vont voir « à la pause ».
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ATELIER « Le Jardin d’une organisation à l’ère du numérique »
Promenade dans l’espace d’un jardin vierge pour trouver les positions justes dans la construction de ce jardin
à l’ère du numérique. Cet espace est configuré par 3 pôles, un pôle structure, un pôle confiance et un pôle
connaissance, ce sont 3 ressources clés de l’organisation.
Dans la perspective d’une organisation, quels sont les mots signifiants que vous associez à ces 3 pôles ?
CONFIANCE
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Equilibre, le 1er cadeau, partenariat, empathie, bienveillance, délégation, lâcher prise, stabilité,
liberté, sens, la clé de l’entreprise, partage, culture, droit à l’erreur, relation, franchise.
STRUCTURE
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Techno-vision, agile, exigence, souplesse, clarté, patience, culture, le concept général, efficacité,
contrôle, le temps, statut quo, adapté au projet
CONNAISSANCE
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Culture générale, stimulation, partage, espérance, gratuité, vision, parcours initiatique, faire grandir,
partage, formation, curiosité, spécifique.
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Quelle est votre place juste par rapport à ces 3 pôles de ressources ? Quel est le juste équilibre pour votre
organisation ?
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« Dès que c’est bordélique, les salariés commencent à s’en plaindre donc Ils ont besoin d’une
organisation mais aussi de confiance et c’est à eux de produire la connaissance… le patron doit
donner du sens ».
« Les organisations s’ajustent dans des structures matures. On met trop d’énergie sur les structures,
c’est une vision anglo-saxonne qui nous propose de plus en plus de structures, de process comme
étant plus inhibants que libérateurs d’énergie »
« La structure c’est quelque chose de profondément intellectuel qui a effectivement la forme d’un
organigramme pondu par des gens extérieurs à l’entreprise et très théorique alors que l’organisation
c’est l’incarnation humaine. »
« Mon ressenti, le premier cadeau, c’est la confiance dans l’ère du numérique. Adossé à la confiance
mais avec l’œil sur la connaissance, il faut remettre au centre l’utilisateur. C’est seulement en
commençant par faire confiance et en essayant de comprendre et de connaitre les besoins que l’on
peut mettre en place une organisation structurée ».
« Je pense que ce qui est fondamental dans le numérique, c’est cette déconstruction, il faut accepter
de se projeter. il faut tourner le dos à une certaine forme de structure mais aussi à une forme de
connaissance (acquise par l’éducation nationale) qui pour moi est une sorte de prison. Pour
réinventer de nouveaux usages, pour réinventer, il faut abandonner ses certitudes, il faut arriver à se
libérer de la structure ».
« Je partirai de la connaissance pour construire la confiance. La connaissance n’est pas quelque chose
de figé, au contraire, nos connaissances sont constamment remises en question…. Nous avons besoin
de rentrer dans une dynamique de la connaissance et c’est parce que l’on est bien dans cette
dynamique de la connaissance qu’on peut construire cette confiance dans notre capacité à être
toujours ouvert à la connaissance ».
« Je vois que nous sommes plusieurs entre la connaissance et la confiance face à la structure. Cela
démontre que le rôle du dirigeant est de mettre de la cohérence à ce qui est incohérent. Pour cela,
on ne peut se baser que sur la connaissance et la confiance ».
« Moi je mettrai un petit bémol, il faut donner de l’organisation pour donner confiance, nos
organisations aujourd’hui ne donne pas forcement confiance aux gens pour se lâcher et lâcher leur
connaissance »
« Moi je me suis mis dos au mur car comme ça je vois les 3 panneaux… mais c’est vrai la structure est
un peu rigide, je préfère le mot organisation ; c’est ce qu’on fait Google avec leur quart d’heure
créatif ».
« Si on pose la problématique structure = rigidité on s’en sort pas. Les anglais nous propose une autre
organisation du monde, et nous c’est soit la pyramide soit rien et du coup on n’y arrive pas ».
« L’introduction du système matriciel est censé délivré des synergies évidentes là où les organisations
classiques créent des silos. Tant qu’on n’a pas bâti ce pôle-là, le reste n’est que du BCG importé sur
les organisations, c’est du temps perdu dans des pseudo-consensus qui n’existe pas et finalement il y
a énormément de choses qui ne marchent pas. Je trouve que les structures telles que j’ai pu les
expérimenter ont été des cataplasmes posées sur des organisations et au bout du compte pour moi la
problématique c’est comment peut-on arriver aux niveaux de maturité d’une organisation pour que
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la structure ne soit plus quelque chose imposée mais parte d’une conviction profonde que s’il n’y a
pas de collaboration il n’y a pas la pleine productivité ».
« Ces entreprises qui donnent sa plénitude à l’individu, elles fonctionnent car du sens est produit par
le dirigeant ; il montre l’étoile. Je suis capable de m’autoréguler avec les autres car il y a un cadre
attaché au sens. A l’intérieur du cadre je suis autonome et libre de faire vraiment ce que je veux ; et
du coup je peux me mettre en distance par rapport à cette notion de structure ».
« Je me suis éloigné de la structure car je pense justement qu’il faut de la confiance ».
Ce qui relie les gens c’est la culture, la connaissance. Le leader doit amener le sens mais pas
forcément la connaissance.
Qu’est ce qui est fédérateur pour vous dans cet échange de l’entreprise à l’ère numérique ? Sur quoi vous
retrouvez vous à travers tous ces partages de vision sur l’organisation ? Quelle est la question au centre ?
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« Nous devons réfléchir à la structure par la temporalité, c’est à dire que le temps s’étant accéléré, il
faudrait en tant que dirigeant agile faire évoluer nos organisation très vite, c’est peut-être notre
dilemme ».
« Nous avons eu le hiérarchique, le pyramidale, le matriciel, maintenant la 3ème ère c’est le réseau
avec la primauté à accorder à l’acteur qui peut être agile. Du coup pour moi, les questions
d’organisation et de structure passent au second degré ».
« Les gens sont prêts à faire des choses à condition qu’on leur donne les moyens de réaliser leurs
idées ».
« Nous essayons de systématiser un nouvel ordre alors que je crois que dans ce monde du lâcher
prise, nous devons davantage penser le monde de façon modélisé. Comment cette redistribution du
devoir d’agir doit sortir de tout schéma ? comment éviter d’imaginer une structure pour remettre de
l’énergie mais plutôt d’encourager cette déstructuration ? »
« L’organisation est comme un corps. Il faut adopter une organisation semblable au corps, une
organisation vivante. C’est par cette attitude que le cerveau pourra décider de grandes choses. De
plus, les cellules locales – par reflexe - vont réparer certaines choses localement sans faire appel au
cerveau ».
« Ce mode de fonctionnement est déstabilisateur car un individu auquel personne n’avait pensé peut
prendre le pouvoir. Ex Les gens qui créent des blogs ont émergé de la masse et sont devenus des
gens visibles. L’enjeu pour le dirigeant est donc de devenir un animateur, également capable de
protéger les autres car dans ce modelé les faibles deviennent encore plus faibles, rejetés en
périphérie ».
« Dans l’organisation du consensus, le patron doit pas être le chef du projet, il doit faire en sorte de
permettre l’épanouissement, le consensus ».
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