Mode d`allocation des ressources
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Mode d`allocation des ressources
Mode d’allocation des ressources financières 2006-2007 aux hôpitaux du Québec pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour par le ministère de la santé et des services sociaux Gaétan Lévesque Coordonnateur Service de la recherche Service de la recherche Janvier 2007 Sommaire Ce document porte sur l’équité du financement des activités des établissements hospitaliers de soins de courte durée des patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour. Un financement équitable signifie qu’un établissement est financé à un niveau équivalent à celui d’un autre établissement pour une charge équivalente. L’équité du financement des établissements hospitaliers est essentielle au développement du réseau. L’iniquité du financement entre les établissements ou la perception même erronée d’un manque d’équité est contreproductive. Le nombre de patients québécois hospitalisés et en chirurgie d’un jour concernés est d’environ 685 000 pour l’année 2004-2005. Les dépenses des centres hospitaliers considérées sont d’environ 2,4 milliards de dollars soit environ 55 % des dépenses totales pour la santé physique au Québec en 2004-2005. L’augmentation moyenne annuelle de l’ensemble des dépenses entre 2001-2002 et 20032004 a été de 5,8 %. La croissance des dépenses pour la santé physique a été nettement plus élevée que la moyenne avec 8,1 %. La croissance des dépenses des dernières années tranche par rapport à la tendance observée dans les années 1990 dans un rapport de trois pour un. En effet, la croissance annuelle moyenne observée entre 1993-1994 et 2001-2002 des dépenses de la santé physique a été de 2,5 % comparativement à 2,7 % pour l’ensemble des dépenses. On constate que le nombre d’hospitalisations est passé de 782 000 en 1982-1983 à 705 000 en 2003-2004, atteignant un maximum de 866 000 en 1994-1995. Le total du nombre de journées d’hospitalisation a suivi une tendance identique à celle du nombre d’hospitalisations en passant de 6,7 millions en 1982-1983 à 5,2 millions de journées d’hospitalisation en 2003-2004, atteignant un maximum de 7 millions de jours d’hospitalisation en 1987-1988. En 2003-2004, le patient moyen a passé 7,31 jours à l’hôpital soit 1,2 jour de moins que le patient de 1982-1983. La durée moyenne de séjour (DMS) est de 8,4 jours au Québec comparativement à 6,9 jours dans le reste du Canada. Il s’agit de la DMS la plus élevée de toutes les provinces canadiennes après celle du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse. Un financement équitable des activités hospitalières passe obligatoirement par la prise en compte et la mesure de la lourdeur de la clientèle. La plupart des pays industrialisés ont procédé à cet exercice même si son application dans le mode de financement des hôpitaux tend lentement à se généraliser. Les divers systèmes visent à comparer entre eux les cas des patients qui n’ont pas tous besoin des mêmes ressources. On peut donc exprimer en cas pondérés la composition de la clientèle (casemix) d’un hôpital. 2 Ces systèmes s’appuient sur la Classification internationale des maladies (CIM) qui catégorisent les patients selon des catégories cliniques principales (CCP). Le CCP est basé sur le diagnostic le plus apte à définir l’épisode de soins du patient. Les diagnostics regroupés pour la gestion (DRG) ont été utilisés pour la première fois en octobre 1983 aux Etats-Unis. Dans le milieu des années 1980, le Health Care Financing Administration (HCFA), organisme du gouvernement fédéral américain, mandata l’Université Yale pour intégrer dans le système de DRG l’utilisation des complications et des comorbidités (CC) d’un patient souffrant d’une maladie principale. On l’appela le Refined DRGs (R-DRGs). Le All-Patient Refined DRGs (APR-DRG) est le plus récent système. Il tient compte de nouvelles catégories qui captent le degré de sévérité de la maladie du patient ainsi que le risque de mortalité qui y est associé. Quatre niveaux de sévérité et de risque de mortalité sont assignés. L’assignation d’un patient dans l’un ou l’autre de ces quatre sous-groupes repose sur plusieurs facteurs. Les 382 APR-DRG de base combinés aux quatre niveaux de sévérité et aux quatre risques de mortalité résulte en 1 530 APR-DRG (incluant deux cas additionnels). Le APR-DRG est mis à jour aux deux ans. Le APR-DRG est le plus performant dans la mesure où sa capacité de prédiction du coût réel est supérieure de 30 % à celle du système initial. On constate que la plupart des pays industrialisés utilisent les divers DRG développés aux États-unis dans les 25 dernières années. Par contre, certains pays dont le Canada ont développé leur propre DRG pour mieux rendre compte de la spécificité de leur population et de leur système hospitalier. Tous ces pays utilisent les DRG pour financer en tout ou en partie leurs hôpitaux. Comment peut-on comparer entre elles les activités des hôpitaux prises dans leur ensemble? La première étape consiste à utiliser un étalon de valeur : le coût des activités est le plus simple et le plus pratique. Il faut tout d’abord s’assurer de ne considérer que les cas typiques, c’est-à-dire ceux qui reflètent des clientèles homogènes qui présentent des coûts sensiblement équivalents. Le principe conducteur de l’assignation d’un cas dans un DRG est le diagnostic principal tandis que l’assignation d’un cas dans un groupe de maladies analogues (CMG) passe par le diagnostic le plus significatif sur le plan du coût de l’épisode de soins. Le diagnostic principal est celui qui est responsable de l’admission du patient dans un hôpital tandis que le diagnostic le plus significatif au moment du congé du patient est celui qui explique le mieux la durée du séjour du patient. Le CMG peut s’illustrer comme étant une cellule qui prend diverses valeurs, 12 en tout pour 3 niveaux d’âge (0-17 ans, 18-69 ans et 70 ans et plus) et 4 niveaux de complexité. La DMS est généralement différente selon le groupe d’âge et le niveau de complexité. 3 Le concept RIW de l’ICIS est utilisé pour <<standardiser>> la composition de la clientèle d’un hôpital. Après pondération par l’utilisation des CMG, on obtient un volume pondéré de cas (weighted cases en anglais). Le RIW exprime la relation entre l’intensité des ressources utilisées pour des cas particuliers par rapport au coût moyen d’un épisode de soins standardisé. Le système québécois emploie le NIRRU. Les données de base du NIRRU proviennent des coûts observés au Maryland et les DRG sont ceux de la CIM-9. Le Québec utilise l’indice de coût du Maryland correspondant au APR-DRG dans lequel est classé le patient pour le pondérer par rapport aux autres. Chaque patient est ainsi présenté sur une base comparable. Étant donné que la DMS au Québec est systématiquement plus élevée qu’au Maryland (30 % en moyenne), on procède à un ajustement sur la base du principe du coût marginal, c’est-à-dire du coût additionnel généré par un patient en fin de séjour à l’hôpital. Le NIRRU, tout comme le RIW, reflète à la fois la lourdeur (exprimée par le coût) du cas traité et la durée de séjour. Pour cerner la lourdeur réelle d’un cas, il faut pondérer le NIRRU sur une base quotidienne. Deux valeurs équivalentes de NIRRU peuvent ainsi exprimer des situations complètement différentes. Les travaux du Groupe de travail sur l’allocation des ressources (rapport Bédard) ont permis de tracer le premier sentier permettant à partir d’une méthodologie de standardiser les coûts hospitaliers et conséquemment d’évaluer l’équité du niveau de financement des hôpitaux en tenant compte des spécificités du réseau telles que la taille, l’éloignement et le statut d’enseignement. On estimait ainsi le niveau de l’inéquité du financement accordé à certains établissements par rapport à d’autres établissements du réseau. La méthodologie actuelle de l’allocation des ressources pour le redressement des bases de financement des hôpitaux a permis de consentir 175 millions de dollars de plus parmi les établissements de soins de courte durée au Québec en 2004-2005 et 2005-2006. La méthode générale de l’allocation des ressources utilisée par le MSSS est basée sur l’approche populationnelle. Elle est axée sur les besoins de la population en conjonction avec les caractéristiques régionales. Elle est calculée sur une base globale pour chaque région par programme-services et programme-soutien. L’enveloppe globale par région est ensuite répartie par établissement. Par contre, le financement du programme-service de la santé physique incluant les activités de courte durée des hôpitaux au Québec ne passe pas encore par la méthode populationnelle. Les écarts sont établis à partir d’une analyse comparable à la méthodologie employée dans le rapport Bédard. Les centres hospitaliers de la région de l’Estrie ont des niveaux de dépenses particulièrement plus faibles (10,4 %) que la moyenne du réseau hospitalier. Dans le cas de l’Estrie, ce différentiel de dépenses est essentiellement attribuable au CHUS. Par contre, les régions de l’Outaouais (15,9 %) et de la Côte-Nord (9,8 %) vivent des situations plus favorables que la moyenne du réseau hospitalier. Pour les autres régions, les écarts se situent entre ± 5 %. 4 Si l’on ne considère que les hôpitaux qui ont des écarts négatifs de dépenses par rapport aux dépenses attendues par le modèle du MSSS, on s’aperçoit que la somme de ces écarts négatifs est de 32 millions de dollars (72 millions de dollars en 2003-2004) dont presque la moitié de ce montant est attribuable au CHUS et au CHUQ. L’écart de dépenses est de 1,3 % par rapport aux dépenses totales en diminution appréciable sur l’année antérieure où on avait 3,0%. Les hôpitaux universitaires avec un NIRRU de 1,33 n’ont dépensé que un million de dollars de plus que les dépenses générées par le modèle. Le CHUM est pratiquement à son niveau d’équilibre avec un léger surplus correspondant à 0,7 % de ses dépenses. Par contre, le CUSM dépense 18 millions de plus que son niveau de dépenses attendues, soit 9,1 % de ses dépenses. Par ailleurs, l’ensemble des hôpitaux excluant les hôpitaux universitaires ramène le NIRRU à 1,13 avec un écart positif de un million de dollars, soit une différente négligeable par rapport à leurs dépenses attendues. On peut conclure que l’équité financière du réseau hospitalier québécois est maintenant réalisée à l’exception du cas des hôpitaux universitaires (excepté le CHUM et dans une moindre mesure le CHUQ) où une correction positive serait souhaitable selon le principe d’équité financière dans le cas du CHUS. L’approche méthodologique pour s’assurer que les résultats sont perçus comme étant réalistes par les établissements est essentielle au succès de la démarche. Cette méthode est laborieuse et parfois ingrate. Elle nécessite une masse de données considérables. Ces données doivent être homogènes et se mouler le plus possible à la réalité telle que perçue par les intervenants du milieu. 5 Table des matières Sommaire ............................................................................................................................ 2 Table des matières............................................................................................................... 6 Liste des tableaux et des graphiques................................................................................... 7 Introduction......................................................................................................................... 8 Contexte .............................................................................................................................. 9 Dépenses du réseau sociosanitaire .................................................................................... 10 Durée moyenne de séjour (DMS) ..................................................................................... 14 Modes de financement ...................................................................................................... 16 Comparaisons interprovinciales........................................................................................ 20 Lourdeur de la clientèle .................................................................................................... 21 Classification des maladies et des diagnostics.................................................................. 22 Diagnostics regroupés pour la gestion (DRG) ................................................................. 24 Composition de la clientèle [casemix groups (CMG)] ..................................................... 27 Assignation dans un DRG................................................................................................. 28 NIRRU .............................................................................................................................. 31 CMG et financement des hôpitaux ................................................................................... 32 Le DRG et son application au Québec.............................................................................. 34 Écarts de coûts : résultats par région................................................................................. 36 Lourdeur de la clientèle : qu’elle en fut l’évolution dans les derniers dix ans ................. 38 Conclusion ........................................................................................................................ 41 ANNEXES........................................................................................................................ 42 6 Liste des tableaux et des graphiques Tableau 1 : dépenses réelles nettes des programmes-services et des programmes-soutien des établissements de santé de 2001-2002 à 2003-2004 Tableau 2 : Méthodes et mécanismes de financement des hôpitaux de courte durée au Canada en 2001 Tableau 3 : Hospitalisations et DMS par province 2005-2006 Tableau 4 : Caractéristiques des divers systèmes DRGs Tableau 5 : Pays qui utilisent un système de classification des patients dans le financement de leurs hôpitaux Tableau 6 : Niveau des écarts par région du Québec pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour et des activités en santé physique 2004-2005 Tableau 7 : Niveau des écarts par région du Québec pour les patients hospitalisés et ambulatoires et des activités en santé physique 2004-2005 des hôpitaux universitaires avec et sans le CHUS et le CHUQ et les autres centres hospitaliers Tableau 8 : Évolution de la répartition réelle et pondérée de 1995-1997 et de 2004-2005 des patients hospitalisés ------------------------------------------Graphique 1 : Évolution des dépenses des établissements de santé et des dépenses de la mission santé et des services sociaux de 2000-2001 à 2005-2006 (,000$) Graphique 2 : Répartition des dépenses réelles nettes par programme 2003-2004 Graphique 3 : Dépenses d’exploitation des CHSGS et CHSP et du réseau des établissements du Québec de 1997-1998 à 2004-2005 (,000$) Graphique 4 : Évolution du nombre d’hospitalisations pour soins de courte durée dans les CHSGS, le nombre de jours d’hospitalisations et la durée moyenne de séjour (DMS) 1982-1983 à 2003-2004 7 Introduction Dans ce texte, on commencera par situer le champ d’étude dans le contexte plus général de la mission gouvernementale santé et services sociaux. On se penchera par la suite sur les différents modes de financement des hôpitaux de courte durée au Canada. On procédera par la suite à une brève comparaison du Québec avec le reste du Canada sur le plan des hospitalisations et de la durée moyenne de séjour des patients hospitalisés. On touchera aussi aux systèmes de classification des pathologies et des diagnostics. Nous aborderons la méthode d’élaboration de la composition de la clientèle hospitalisée et la technique par laquelle on élabore l’outil de standardisation pour comparer les divers diagnostics. On continuera par la présentation des approches canadienne et québécoise, le RIW et le NIRRU. Nous terminerons par l’estimation des dépenses des hôpitaux québécois à partir du NIRRU et des écarts observés entre leurs dépenses attendues et réelles. 8 Contexte L’une des plaintes que l’on entend le plus fréquemment concernant le fonctionnement des institutions publiques et tout particulièrement celles de la santé porte sur le sousfinancement de leurs activités. Le sous-financement est de deux ordres : généralisé à l’ensemble des établissements ou spécifique à un ou plusieurs établissements d’un même secteur d’activités. Le sous-financement généralisé s’établit par rapport à des objectifs sociétaux. Il réfère ainsi à la perception que l’on se fait des services requis par la population. Le niveau de services requis doit être relié à la capacité de payer de la société car, si ce n’est pas le cas, les attentes seront irréalistes et non réalisables. Le sous-financement spécifique réfère, quant à lui, à des normes objectives, c’est-à-dire qu’un établissement doit obtenir un niveau de financement équivalent à celui d’un autre établissement pour une charge équivalente. Par exemple, deux patients présentant la même pathologie et nécessitant les mêmes soins pour recouvrer la santé ( donc, générant les mêmes coûts) doivent être financés au même niveau. Si le coût moyen pour le traitement de cette pathologie est de 10 000 $ et que les établissements A et B sont financés l’un à 8 000 $ et l’autre à 10 000 $, on dira alors que l’établissement A est sousfinancé de 2 000 $ par rapport à l’établissement B. Donc, dans un tel cas, on dira que l’établissement A souffre d’iniquité sur le plan du financement. Dans ce document, nous traiterons de l’équité du financement, de sa mesure et des différentes techniques pour l’évaluer et le corriger. Il est entendu que l’on peut assurer l’équité du financement sans pour autant assurer un financement global satisfaisant ou répondant aux attentes de la société. Nous vivons dans un monde où les ressources sont rares et où les attentes sont sans limites de sorte que le niveau de financement global peut difficilement être atteint même dans les pays les plus riches. Ce texte de vulgarisation sur l’équité du financement porte sur les activités des établissements hospitaliers de soins de courte durée pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour. Le nombre de patients québécois hospitalisés et en chirurgie d’un jour concernés dans ce rapport est d’environ 685 000 pour l’année 2004-2005. Les dépenses des centres hospitaliers considérées dans le cadre de ce texte sont d’environ 2,4 milliards de dollars soit environ 55 % des dépenses totales pour la santé physique au Québec en 2004-2005. 9 Dépenses du réseau sociosanitaire Le budget de dépenses de la mission gouvernementale de la santé et des services sociaux est établi à 20,9 milliards de dollars pour l’année 2005-2006 dont 12,4 milliards (59,5 %) sont consentis pour le fonctionnement des établissements de santé. Le graphique 1 nous montre que la part des dépenses des établissements sur l’ensemble des dépenses a chuté de 61,1 % en 2000-2001 à 59,5 % en 2005-2006 en passant par un minimum de 59,0 % en 2004-2005. Graphique 1 Évolution des dépenses des établissem ents de santé et des dépenses de la m ission santé et services sociaux de 2000-2001 à 2005-2006 (,000$) 61,5% 25 000 000 61,0% 20 000 000 60,5% 15 000 000 10 000 000 60,0% Ét ablissement s 59,5% M ission SSS 59,0% Ét ab/ mission 58,5% 5 000 000 58,0% 57,5% 0 2000- 2001- 2002- 2003- 2004- 20052001 2002 2003 2004 2005 2006 Sources : annexe 1 et OIIAQ La croissance moyenne annuelle des dépenses des établissements de santé entre 20002001 et 2005-2006 a connu un rythme inférieur à celui de l’ensemble de la mission santé et services sociaux (4,8 % vs 5,3 % 1). Ce sont les programmes budgétaires relevant de la Régie de l’assurance-maladie du Québec qui ont crû le plus rapidement avec une augmentation annuelle moyenne de 6,4 % dont 9,7 % pour les services pharmaceutiques et les médicaments (voir annexe 1). Les programmes-services et les programmes-soutien 2 cernent plus précisément les dépenses des établissements de santé. Ces appellations ont remplacé celle des programmes-clientèles utilisée jusqu’en 2001-2002. Fondamentalement on retrouve le même niveau de dépenses 3 qu’antérieurement, que le MSSS appelle le contour financier, dépenses réparties différemment dans la mesure où les huit programmes-clientèles utilisés jusqu'alors ont été divisés en neuf programmes-services et deux programmessoutien dont trois portent spécifiquement sur les dépenses de gestion et de soutien aux 1 Voir annexe 1. Voir annexe 2, définitions. 3 Le MSSS utilise le concept de dépenses nettes qui sont les dépenses brutes moins celles attribuables aux activités autofinancées telles que les stationnements, la restauration, etc. 2 10 activités. On peut concilier les dépenses selon les deux approches pour l’année 20012002 seulement. On ne peut donc pas comparer celles des années 2002-2003 et 20032004 à celles des années antérieures à 2001-2002 à l’exception des dépenses nettes totales. L’encadré illustre l’impact du changement sur les données financières de la santé physique pour l’année 2001-2002. Programme-services (santé physique) Programmes-clientèle (,000$) Programmes-service (,000$) 5 398 273 3 747 387 On observe une différence de 1,6 milliard de dollars entre les 5,4 milliards de dollars du programme-clientèle de la santé physique et les 3,7 milliards de dollars du programmeservice de la santé physique. Les 1,6 milliard de dollars, qui représentaient les coûts de gestion et de soutien, soit environ 30 % des dépenses totales du programme de santé physique, sont maintenant englobés dans les trois éléments suivants qui forment les dépenses de gestion de l’ensemble des activités des établissements. Les dépenses de gestion des activités concernant la santé physique représentent 46,5 % des dépenses totales de services généraux et des dépenses administratives, de soutien aux services et de gestion des bâtiments et des équipements. Programme-service (services généraux - activités cliniques et 375 604 d’aide) Programme-soutien (administration et soutien aux 2 028 739 services) Programme-soutien (gestion des 1 144 021 bâtiments et des équipements) Les données de dépenses des programmes-services s’apparentent, sans être exactement identiques, à celles du cadre budgétaire gouvernemental telles que présentées au graphique 1. Le graphique 2 présente la répartition en pourcentage des dépenses nettes par programme-services et programme-soutien des établissements de santé qui sont de 13 milliards de dollars en 2003-2004. 11 Graphique 2 Répartition des dépenses réelles nettes par program me 2003-2004 Gestion équip. 9,3% Adm. et soutien 16,9% Serv. Gén. 3,3% Jeunes 6,3% Dépendances 0,5% Déficience phy. Déficience intell. 2,7% 4,5% Santé physique 33,6% Santé mentale 6,1% PAPA 15,3% Santé publique 1,5% Sources : MSSS-SDI et OIIAQ On constate que les dépenses réelles nettes du programme de la santé physique représentent près de 34 % des dépenses totales, suivi du programme PAPA avec 15,3 % et de celui de la santé mentale avec 6,1 %. Les programmes dédiés à l’administration et au soutien et à la gestion des bâtiments et de l’équipement comptent pour 16,9 % et 9,3 % du total des dépenses réelles nettes des programmes-services et des programmessoutien. L’augmentation moyenne annuelle de l’ensemble des dépenses réelles nettes entre 20012002 et 2003-2004 a été de 5,8 %. La croissance des dépenses pour la santé physique a été nettement plus élevée que la moyenne avec 8,1 %, n’étant dépassé que par les dépenses rattachées à la santé publique qui ont connu une croissance de 14,5 %. Pour leur part, les dépenses pour la santé mentale ont crû à un rythme inférieur à la moyenne avec 5,4 %. La croissance des dépenses des dernières années tranche par rapport à la tendance observée dans les années 1990 dans un rapport de trois pour un. En effet, la croissance annuelle moyenne observée entre 1993-1994 et 2001-2002 des dépenses nettes réelles de la santé physique a été de 2,5 % comparativement à 2,7 % pour l’ensemble des dépenses (voir annexe 3). 12 Tableau 1 : dépenses réelles nettes des programmes-services et des programmessoutien des établissements de santé de 2001-2002 à 2003-2004 2001-2002 2002-2003 2003-2004 Taux d’accroissement annuel moyen (taam) de 20012002 à 2003-2004 Santé physique 3 747 387 4 067 325 4 376 838 8,1% Santé mentale 715 606 757 121 794 630 5,4% Santé publique 145 393 163 612 190 750 14,5% 1 841 716 1 880 588 1 994 996 4,1% Déficience intellectuelle 507 446 535 332 584 716 7,3% Déficience physique 345 090 317 787 355 145 1,4% Dépendances 57 226 60 683 64 953 6,5% Jeunes 720 282 760 933 823 748 6,9% Serv. Gén. 375 604 400 403 423 420 6,2% Administration et soutien 2 028 739 2 087 582 2 204 166 4,2% Gestion des bâtiments et des équipements 1 144 021 1 169 626 12 052 51 2,6% Total 1 1628 510 12 200 992 13 018 613 5,8% Programme PAPA Sources : MSSS-DSI et OIIAQ Le graphique 3 nous présente l’évolution des dépenses d’exploitation 4 des centres hospitaliers incluant les CHSGS et les hôpitaux psychiatriques de 1997-1998 à 20042005. Les dépenses d’exploitation des centres hospitaliers sont de 7,3 milliards de dollars comparativement à 13,3 milliards pour l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux pour l’année 2004-2005. La part relative des dépenses d’exploitation des centres hospitaliers depuis 1997-1998 a connu une légère diminution. . 4 Les dépenses d’exploitation représentent les coûts directs bruts pour les activités principales déclarées par les établissements. Les dépenses d’exploitation excluent les dépenses pour les activités accessoires, les immobilisations et les charges non réparties par centre d’activités. Cependant, les charges pour les centres de services, les recouvrements et les transferts pour les frais généraux sont incluses dans les dépenses d’exploitation. 13 Graphique 3 Dépenses d'explotation des CHSGS et CHSP et du réseau des établissem ents du Québec de 1997-1998 à 2004-2005 (,000$) 56,0% 55,5% 55,0% 54,5% 54,0% CHSGS/CHSP Réseau CH/réseau 53,5% 19 9 19 7 -1 98 99 19 -1 8 9 99 20 9 -2 9 00 00 20 -2 0 0 00 20 1 -2 1 0 00 20 2 -2 2 0 00 20 3 -2 3 04 00 -2 4 00 5 16000000 14000000 12000000 10000000 8000000 6000000 4000000 2000000 0 Sources : MSSS-SDI et OIIAQ Le graphique 3 nous indique que les dépenses d’exploitation de l’ensemble du réseau sont passées de 9,5 milliards de dollars en 1997-1998 à 13,3 milliards de dollars en 20042005, soit une variation de dépenses de 3,8 milliards de dollars pour une croissance annuelle moyenne de 5 %. Pour leur part, les dépenses des centres hospitaliers sont passées de 5,3 milliards de dollars en 1997-1998 à 7,3 milliards de dollars en 2004-2005 (variation de dépenses de 2 milliards de dollars) pour une croissance annuelle moyenne de 4,8 %. Durée moyenne de séjour (DMS) Le graphique 4 nous montre l’évolution du nombre d’hospitalisations de courte durée dans les centres hospitaliers du Québec de 1982-1983 à 2003-2004. On constate que le nombre d’hospitalisations est passé de 782 000 en 1982-1983 à 705 000 en 2003-2004, atteignant un maximum de 866 000 en 1994-1995. L’année 20032004 tranche par rapport aux années précédentes avec un augmentation du nombre d’hospitalisations par rapport à l’année antérieure brisant ainsi une séquence de diminutions successives depuis le maximum observé en 1994-1995. La décroissance du nombre d’hospitalisations pour l’ensemble de la période a été de 0,7 % et de 2,2 % si l’on regarde l’évolution depuis le maximum atteint en 1994-1995. Le total du nombre de journées d’hospitalisation (nombre de patients multiplié par la durée de leur séjour à l’hôpital) a suivi une tendance identique à celle du nombre d’hospitalisations en passant de 6,7 millions en 1982-1983 à 5,2 millions de journées d’hospitalisation en 2003-2004, atteignant un maximum de 7 millions de jours d’hospitalisation en 1987-1988. On constate en 2003-2004 une croissance du nombre de jours d’hospitalisation par rapport à l’année antérieure tout comme on l’a observée pour 14 le nombre d’hospitalisations. La décroissance annuelle moyenne est de 1,7 % pour l’ensemble de la période et de 2,3 % depuis le maximum atteint en 1987-1988. Graphique 4 Évolution du nom bre d'hospitalisations pour soins de courte durée dans les CHSGS, le nom bre de jours d'hospitalisations et la durée m oyenne du séjour (DMS) 1982-1983 à 2003-2004 8 000 000 9,00 7 000 000 6 000 000 5 000 000 8,50 Nombre 8,00 Journées 7,50 DMS 4 000 000 3 000 000 2 000 000 7,00 1 000 000 0 6,50 Sources : annexe 5 et OIIAQ La durée moyenne de séjour (DMS), qui est le rapport entre le nombre total de jours d’hospitalisation sur le nombre d’hospitalisations, se compare à ce qui a été observé plus haut. En 2003-2004, le patient moyen a passé 7,31 jours à l’hôpital soit 1,2 jour de moins que le patient de 1982-1983. La DMS a chuté de 1982-1983 à 2002-2003 à un rythme moyen annuel de 0,7 % et de 1,1 % depuis le maximum atteint en 1985-1986. Notons que la DMS qui avait chuté année après année depuis 1985-1986 a recommencé à augmenter à compter de 2002-2003 suivant ainsi une tendance observée dans plusieurs pays. La DMS est un indicateur traditionnel de la lourdeur de la clientèle hospitalière. On reconnaît généralement que plus l’épisode de soins est long, plus élevée est l’intensité des ressources hospitalières utilisées. Cela est vrai dans une situation de statu quo où les connaissances scientifiques (médicales en l’occurrence) et technologiques demeurent les mêmes. Les nouvelles techniques d’intervention chirurgicales, les nouveaux médicaments, en somme les nouvelles connaissances combinées à de nouveaux modes de prestation de services, impliquent des changements qui ont un impact sur le retour à la santé des patients, c’est-à-dire que la DMS décroît. Le vieillissement de la population a aussi un impact sur la DMS mais, à la hausse, car plus on est âgé, plus élevée est la probabilité d’être malade et d’avoir besoin de soins médicaux et chirurgicaux. L’évolution de la DMS est l’effet combiné de deux tendances ayant des directions opposées. La DMS ne peut être à elle seule un indicateur fiable de la lourdeur de la clientèle d’un hôpital. Si la méthode de financement des activités hospitalières ne prend appui que sur la DMS, il y a de grandes probabilités qu’il s’ensuive peu à peu des 15 iniquités de financement entre les établissements. Or, la plupart des provinces canadiennes ne sont même pas à un niveau de financement basé sur la DMS mais encore à l’état d’un financement selon la méthode dite historique. Modes de financement Il existe diverses méthodes de financement des établissements de santé 5. On peut les décrire selon leur portée et selon les mécanismes qui déterminent la répartition des fonds entre eux. La portée de la méthode désigne l’étendue à travers le réseau sociosanitaire de l’affectation des fonds. La portée peut être étendue ou restreinte. Par exemple, la méthode dite historique est généralement d’une portée étendue dans la mesure où la détermination des fonds consentis aux établissements se fait à partir de paramètres (exprimés en pourcentage) appliqués de façon identique quel que soit l’établissement. Cette méthode de financement prend appui sur les dépenses admissibles de l’année précédente auxquelles s’ajoutent un mécanisme général d’indexation pour inflation et un coût de système généré par le cheminement des salariés dans les échelles de traitement qui sont déterminées par les clauses de convention collective. Certaines années, on appliquera une somme pour financer le développement du réseau ou une compression budgétaire qui s’applique habituellement aux dépenses admissibles de l’année antérieure. La plupart des provinces canadiennes utilisent une formule de financement à portée étendue à l’exception de la province de l’Ontario qui finance spécifiquement les hôpitaux publics selon des mécanismes de financement qui sont différents de ceux qui sont appliqués pour les autres établissements de son réseau sociosanitaire. Plusieurs mécanismes de financement sont apparents dans les formules de financement. • • • • Populationnelle : par l’utilisation de données démographiques et de leurs caractéristiques (âge, sexe, statut socioéconomique, morbidité, mortalité, etc.) qui permettent de déterminer les besoins en santé des groupes de la population. Établissements : par les caractéristiques d’un établissement tels la taille, l’éloignement géographique, le statut universitaire ou non, etc., on évalue son coût de fonctionnement. Volume de cas : on détermine le volume de cas (patients) ou le niveau de services dispensés antérieurement pour en calculer le coût (nous reviendrons sur ce point plus bas); Globale : on applique un facteur incrémental (indexation par exemple) pour établir un niveau prévisionnel de dépenses. 5 Cette section s’inspire des travaux de McKillop et coll., La gestion financière des soins de courte durée au Canada : une revue du financement, du suivi du rendement et des pratiques de communication de l’information, ICIS, mars 2001. 16 • • • • Unité par unité : on applique aux dépenses d’une unité (chirurgie cardiaque par exemple) un facteur incrémental, qui peut être différent d’une unité à l’autre. Politiques ministérielles : on applique à une unité ou à un établissement ou un groupe d’établissements une politique visant certains programmes établis par le ministère de la Santé. Projets : on finance un ou des projets à la suite de l’évaluation d’une proposition faite par un ou plusieurs établissements. Décisions politiques : le ministre de la Santé détermine le montant qui sera versé aux établissements. Le tableau 2 présente une synthèse de la portée et des mécanismes de financement des établissements hospitaliers de courte durée au Canada en 2001. On retrouve dans ce tableau le type et le nombre d’unités organisationnelles, la portée de la méthode de financement, le ou les mécanismes de financement principal et secondaire et ce que les provinces entendent implanter dans un proche avenir. • • • • • Unités organisationnelles : on entend par unité organisationnelle l’entité qui a la responsabilité de répartir les fonds consentis par le gouvernement entre les établissements de santé de sa juridiction administrative. Par exemple, au Québec, le ministère confie les sommes d’argent aux agences de santé et de services sociaux qui ont par la suite la responsabilité de les allouer selon les mécanismes de financement aux centres de santé et de services sociaux (CSSS) de son territoire et aux établissements non intégrés aux CSSS. Dans le cas de l’Ontario, le ministère transfère directement les fonds aux hôpitaux publics sans les faire transiter par les agences régionales de santé de la province. Portée : on entend par ce terme l’étendue de l’application de la méthode de financement dans le réseau sociosanitaire de la province. Mécanisme de financement principal : on entend par cette expression le mode principal de financement qui est généralement basé sur le niveau des dépenses. Mécanisme de financement secondaire : on entend par cette expression le mode d’affectation des fonds moins importants qui sont liés à des projets exceptionnels non récurrents ou qui seront intégrés au mécanisme de financement principal lorsque le projet aura démontré son efficacité et sa pertinence dans le système de santé. Mécanisme de financement visé pour le proche avenir : plusieurs provinces projettent de modifier le mode d’allocation des ressources allouées aux établissements de santé. Les principaux travaux portent sur l’implantation de la méthode populationnelle et sur le financement des hôpitaux à partir d’un casemix. Les provinces de l’Ontario, de l’Alberta et du Québec sont les plus engagées dans cette voie au Canada. Par exemple, au Québec, le réajustement des bases budgétaires des hôpitaux que l’on juge être sous-financés par rapport à la moyenne des établissements a été revu en 2004-2005 et 2005-2006 à partir d’une méthodologie axée, entre autres facteurs, sur le volume pondéré de cas, les caractéristiques de l’établissement et son éloignement géographique, etc. 17 Tableau 2 Méthodes et mécanismes de financement des hôpitaux de courte durée au Canada en 2001 Provinces Colombiebritannique Unités organisationnelles Conseils régionaux de la santé Conseils de santé communautaire Nombre Portée 17 ---34 Étendue Yukon Hôpitaux 2 Alberta Autorités sanitaires régionales 17 Conseils de santé de Saskatchewan districts Manitoba Ontario Québec Autorités sanitaires régionales 32 12 Hôpitaux publics 163 Agence de santé et de services sociaux 18 Institutionnelle Étendue Étendue Étendue Institutionnelle Étendue Mécanisme de financement principal Mécanisme de financement secondaire Mécanisme de financement visé pour le proche avenir Unité par unité Populationnelle Décision ministérielle Populationnelle Décision ministérielle Globale Aucun Populationnelle Décision ministérielle Populationnelle Aucun Décision ministérielle Aucun Globale Globale Décision Populationnelle ministérielle Caractéristiques de Populationnelle l’hôpital Caractéristiques de Volume pondéré de l’hôpital cas Volume pondéré de cas Populationnelle Populationnelle Caractéristiques de l’hôpital Décision ministérielle Volume pondéré de cas 18 Provinces NouveauBrunswick NouvelleÉcosse Î.-P.-É. Terre-Neuve Unités organisationnelles Corporations régionales d’hôpitaux Conseils de santé de districts Autorités sanitaires régionales Conseils régionaux de la santé Nombre Portée 8 Étendue 9 5 9 Étendue Étendue Étendue Mécanisme de financement principal Mécanisme de financement secondaire Unité par unité Populationnelle Aucun Décision ministérielle Décision ministérielle Décision ministérielle Mécanisme de financement visé pour le proche avenir Aucun Aucun Aucun Populationnelle Sources : McKilllop et coll.; tableaux 1.1, 3.2, 3.3 et 3.5 Rapport Kirby, Volume 6, tableau 2.2 19 Comparaisons interprovinciales Le tableau 3 présente des données sur les hospitalisations et la DMS au Canada pour l’année 2005-2006 6. Tableau 3 Hospitalisations et DMS par province 2005-2006 Province Terre-Neuve Île-du-Prince-Édouard Nouvelle-Écosse Nouveau-Brunswick Québec (estimé par extrapolation) Ontario Manitoba Saskatchewan Alberta Colombie-Britannique Yukon T.-N.-O. Nunavut Canada Canada excluant le Québec 55 15 87 92 DMS jours 7,8 8,3 8,5 7,3 633 8,4 999 119 127 309 358 2,8 5 1,5 2 803 2 170 6,4 9,3 6,1 6,9 7,2 4,8 4,1 2,9 7,2 6,9 Hospitalisations (,000) Notes : les données du tableau sont tirées de la Base de données sur les congés des patients (DAD) et de la Base de données sur la morbidité hospitalière (BDMH) de l’ICIS. Le Québec participe à la BDMH mais pas à la DAD. Les données du tableau excluent les hospitalisations pour les nouveau-nés, pour les mortnés et pour les donneurs cadavériques. Source : ICIS, Tendances relatives aux hospitalisations en soins de courte durée et aux chirurgies d’un jour au Canada, 1995-1996 à 2005-2006, Analyse en bref - À l’avantgarde de l’information sur le santé, 10 janvier 2007, tableaux 1 et 4. La DMS est de 8,4 jours au Québec comparativement à 6,9 jours dans le reste du Canada. Il s’agit de la DMS la plus élevée de toutes les provinces canadiennes après celle du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse. Cet écart de la DMS québécoise est visible également avec celle observée aux États-Unis. Cet écart entre la DMS québécoise et celle du reste de l’Amérique du Nord a été peu exploré 7. On note que sur le plan de la 6 Le lecteur trouvera à l’annexe 7 un glossaire de termes français avec leurs correspondances en anglais qui facilitera la compréhension du texte dans la section actuelle et les suivantes. 7 David Dranove mentionne que la recherche excessive de la réduction de la durée de séjour est un effet combiné du système de Managed Care américain et du calcul inapproprié des coûts réels par séquence ou par jour d’un patient à l’hôpital. Il poursuit en disant qu’une journée additionnelle à l’hôpital entraîne des 20 DMS de grandes différences existent entre les pays développés : en 2000, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse avaient une DMS supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (6,9 jours) et que les États-Unis, la France, les pays scandinaves, l’Australie et la Nouvelle-Zélande avaient une DMS plus faible que la moyenne 8. Lourdeur de la clientèle Un financement équitable des activités hospitalières passe obligatoirement par la prise en compte et la mesure de la lourdeur de la clientèle. La plupart des pays industrialisés ont procédé à cet exercice même si son application dans le mode de financement des hôpitaux tend lentement à se généraliser. Au Québec, on utilise la notion de NIRRU (Niveau d’intensité relative des ressources utilisées) pour évaluer la lourdeur de la clientèle d’un hôpital par rapport à celle d’un autre hôpital. Au Canada anglais, on utilise le terme Pondération de la consommation des ressources et durée prévue du séjour (en anglais Resource Intensity Weights and Expected Length of Stay [RIW & ELOS]). Le RIW & ELOS estime les coûts générés par les patients hospitalisés en soins de courte durée et en chirurgie d’un jour. Le RIW & ELOS permet de comparer entre eux les cas des patients qui n’ont pas tous besoin des mêmes ressources. On peut donc exprimer en cas pondérés la composition de la clientèle 9 (casemix) d’un hôpital. Les RIW sont basés <<sur les méthodologies initiales de regroupement (DPG, CMG et Plx 10) et tiennent compte des coûts par cas et de la durée prévue, qui varient selon les CMG, le degré de complexité et l’âge>> 11. Les DPG, CMG et PIx s’appuient sur la Classification internationale des maladies (CIM) qui catégorisent les patients selon des catégories cliniques principales (CCP). Le CCP est basé sur le diagnostic le plus apte à définir l’épisode de soins du patient. Les cas sont répartis en deux catégories : avec opération en chirurgie ou sans opération en médecine. Une liste de codes diagnostiques qui expriment les similitudes entre la durée du séjour et coûts excédentaires minimes qui sont plus assimilables à des frais d’hôtellerie qu’à des coûts diagnostiques et de nursing. Il ajoute que la sortie trop rapide du patient de l’hôpital peut générer des coûts induits pour le système de santé en accroissant la demande dans les urgences, dans les cliniques médicales ainsi que dans les soins à domicile, dans The Economic Evolution of American Health Care, From Marcus Welb to Managed care, Princeton University Press, 2000, p. 112. On a évalué que les coûts de la dernière journée du séjour à l’hôpital ne représenteraient en moyenne que 2,4 % du coût moyen total des patients au University of Michigan Medical Centre selon les travaux de Paul A. Taheri et coll., Length of Stay Has Minimal Impact on the Cost of Hospital Admission, Journal of American College of Surgeons, août 2000. 8 OCDE, OECD Health Data, 2003. 9 On définit la composition de la clientèle comme étant l’ensemble des profils de patients correspondant à divers programmes de soins en établissement de santé (cité de l’OLF, GDT) 10 DPG : Day Procedure Groups ou Groupes de chirurgie d’un jour; CMG : Case Mix Groups ou Groupes de maladies analogues et PIx : Complexity Overlay ou Degré de complexité) 11 Tiré du site WEB de l’ICIS. 21 les besoins en ressources permet d’assigner un cas à un Groupe de maladies analogues (GMA). La section suivante explore plus avant les CIM et les DRG. Classification des maladies et des diagnostics Le français J. Bertillon publia en 1893 la Nomenclature internationale des causes de décès. En 1900, paraît une première édition dont l’objectif est de mettre la nomenclature à jour sur une base décennale. La 6e édition publiée en 1948 est adoptée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 1993, une 10e édition est adoptée (CIM10). L’CIM-10 (comme les précédentes versions) a pour but de permettre l’analyse systématique, l’interprétation et la comparaison des données de mortalité et de morbidité recueillies dans différents pays et à différentes époques. Le passage d’une édition à l’autre amène plus de précisions (par exemple, la CIM-10 est plus précise que la CIM-9) mais pose naturellement des problèmes de comparabilité entre elles. La CIM-10 comporte 22 chapitres relativement à 17 dans la 9e version. Le classement est établi par système (par exemple, les maladies cardiovasculaires) ou par étiologie (par exemple, les maladies infectieuses, les tumeurs, etc.). Les chapitres se divisent en catégories et sous-catégories. Le code est alphanumérique avec une lettre et le plus souvent avec trois chiffres (catégorie plus sous-catégorie). On compte au total 2 036 sous-catégories de maladies. La CIM-10 est utilisée au Canada dans une version adaptée au contexte canadien; la Classification canadienne des interventions en santé (CCI) désignée par CIM-10-CACCI. La CIM-10-CA-CCI a été utilisée pour la première fois en 2001-2002 dans les provinces de la Colombie-Britannique, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-PrinceÉdouard, du Yukon et partiellement en Saskatchewan. En 2006-2007, toutes les provinces canadiennes l’utiliseront dont le Québec pour la première fois 12. 12 ICIS, Qualité de données de 2003-2004 de la Base de données sur la morbidité hospitalière (BDMH), novembre 2005, tableau 3. 22 CIM-10 de l’OMS Chapitre Lettre(s) Certaines maladies infectieuses et parasitaires (A00-B99) Tumeurs (C00-D48) Maladies du sang et des organes hématopoïétiques et certains troubles du système immunitaire (D50-D89) Maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques (E00-E90) Troubles mentaux et du comportement (F00-F99) Maladies du système nerveux (G00-G99) Maladies de l'oeil et de ses annexes (H00-H59) Maladies de l'oreille et de l'apophyse mastoïde (H60-H95) Maladies de l'appareil circulatoire (I00-l99) Maladies de l'appareil respiratoire (J00-J99) Maladies de l'appareil digestif (K00-K93) Maladies de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané (L00-L99) Maladies du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif (M00-M99) Maladies de l'appareil génito-urinaire (N00 à N99) Grossesse, accouchement et puerpéralité (O00-O99) Certaines affections dont l'origine se situe dans la période périnatale (P00P96) Malformations congénitales et anomalies chromosomiques (Q00-Q99) Symptômes, signes et résultats anormaux d'examens cliniques et de laboratoire, non classés ailleurs (R00-R99) Lésions traumatiques, empoisonnements et certaines autres conséquences de causes externes (S00-T98) A,B C,D Nombre de catégories à 3 caractères 171 136 D 34 E F G H H I J K L 73 78 67 47 24 77 63 71 72 M 79 N O 82 75 P 59 Q 87 R 90 S,T 195 V, W, X, Y 372 Z 84 Causes externes de morbidité et de mortalité (V01-Y98) Facteurs influant sur l'état de santé et motifs de recours aux services de santé (Z00-Z99) Codes pour des applications spéciales U00-U99 Source : http://www.spieao.uhp-nancy.fr/~kohler/CIM10/CIM10Stru.htm Le schéma suivant présente un exemple de la hiérarchisation type de la CIM pour les tumeurs de la vessie. 23 CHAPITRE II Tumeurs (C00-D48) Groupes C50_ Sein (blocs) C60-C63 Organes génitaux de l'homme C64-C68 Voies urinaires Catégories C64_ Tumeur maligne du rein, à l'exception du bassinet C65_ Tumeur maligne du bassinet C66_ Tumeur maligne de l'uretère C67_ Tumeur maligne de la vessie Sous-Catégories C67.0 Trigone de la vessie C67.1 Dôme de la vessie C67.2 Paroi latérale de la vessie Tiré de: http://www.spieao.uhp-nancy.fr/~kohler/CIM10/CIM10Stru.htm Diagnostics regroupés pour la gestion (DRG) Les DRG (en anglais Diagnosis Related Groups Systems (DRGs)) ont été utilisés pour la première fois en octobre 1983 aux États-Unis 13. Ils touchaient les patients hospitalisés âgés de 65 ans et plus ainsi que les nouveau-nés, les patients pédiatriques et les populations adultes. Le Health Care Financing Administration (HCFA) prit le contrôle des DRG afin d’introduire un système anticipé de paiement des patients hospitalisés , le Prospective Payment System (PPS 14). Compte tenu de la mission du HCFA qui était d’administrer le programme Medicare 15, les mises à jour des DRG touchèrent principalement les personnes âgées. Le HCFA mit à jour les DRGs sur une base annuelle. La version 12.0 de Medicare a été effective jusqu’en septembre 1995 et comptait 492 DRG. Dans le milieu des années 1980, le HCFA mandata l’Université Yale pour intégrer dans le système de DRG l’utilisation des complications et des comorbidités (CC) d’un patient souffrant d’une maladie principale. On l’appela le Refined DRGs (R-DRGs). Par exemple, à une personne ayant des troubles cardiovasculaires nécessitant un ou des 13 Les informations contenues dans cette section sont principalement tirées de Richard L. Averill et coll., The Evolution of Casemix Measurement Using Diagnosics Related Groups (DRGs), 3M HUS Working Paper, 5-98. 14 Le programme Medicare par le système PPS permet le paiement anticipé aux hôpitaux des coûts de traitement d’un patient présentant un DRG quelconque combiné à ses niveaux de complexité. Ce paiement anticipé effectué par le programme Medicare est individualisé. Plusieurs pays ont adopté le système DRG, utilisé originalement aux États-Unis, pour financer leurs hôpitaux mais ils l’appliquent sur l’ensemble de la clientèle (casemix) de leurs hôpitaux et non pas cas par cas comme le fait le programme Medicare aux États-Unis. 15 Le programme Medicare couvre tous les américains âgés de 65 ans et plus ainsi que les personnes souffrant de maladies chroniques ou dégénératives de moins de 65 ans. 24 pontages (diagnostic principal) on peut assigner des diagnostics secondaires si elle souffre de diabète, de haute tension et présente de l’obésité. Pour un patient présentant de telles caractéristiques de santé, les risques de complications et de mortalité sont plus élevés que pour celui qui ne présente pas ces CC. Le coût d’hospitalisation des personnes présentant des CC d’une pathologie quelconque est potentiellement plus élevé que pour celles qui ont la même pathologie sans CC. Le projet Yale résulta en 136 groupes de diagnostics secondaires pour lesquels on assigna un niveau de complexité CC. Pour les patients chirurgicaux, on assigna de un à quatre CC 16 et pour les autres patients, trois catégories de CC (absence de CC, modéré et majeur et CC catastrophique). Dans le R-DRGs, tous les diagnostics secondaires sont assignés au même groupe de diagnostics secondaires. Par exemple, un patient chirurgical présentant deux CC modérés et un CC majeur sera assigné au sous-groupe de CC majeur. Si un patient présente quatre CC modéré, il demeurera dans le sous-groupe du CC modéré. En 1987, l’État de New York vota une législation qui généralisa le R-DRG à tous les patients non couverts par le Medicare. Le législateur requérait que ce système couvre également les nouveau-nés ainsi que les personnes infectées du virus du SIDA. On utilisa les travaux du National Association of Children’s Hospitals and Related Institutions (NACHRI) pour inclure les nouveau-nés et les patients pédiatriques. De plus, certains CC ont plus d’impact sur les ressources hospitalières que d’autres et s’apparentent plus à un CC de type catastrophique. Au total, 60 CC majeurs furent ajoutés dans le système. Il en résulta un nouveau système appelé All Patient DRGs (AP-DRGs) développé par 3M Health Information Systems (3M HIS). Le AP-DRG est mis à jour en janvier de chaque année depuis 1988. La 12e version compte 641 AP-DRG. Le All-Patient Refined DRGs (APR-DRG) est le plus récent système qui prend appui sur le AP-DRG en introduisant de nouvelles catégories qui captent le degré de sévérité de la maladie du patient ainsi que le risque de mortalité qui y est associé. Quatre niveaux de sévérité et de risque de mortalité sont assignés : faible, moyen, élevé et très élevé. L’assignation d’un patient dans l’un ou l’autre de ces quatre sous-groupes tient compte non seulement du diagnostic secondaire mais aussi de l’interaction entre le ou les diagnostics secondaires, l’âge, le diagnostic principal et la présence de certaines procédures chirurgicales mineures non réalisées dans une salle d’opération. L’assignation d’un patient dans un sous-groupe ou un autre est réalisée par les registraires médicaux de façon à séparer la sévérité de la maladie et le risque de mortalité. Les 382 APR-DRG de base combinés aux quatre niveaux de sévérité et aux quatre risques de mortalité résulte en 1 530 APR-DRG (excluant deux erreurs). Le APR-DRG est mis à jour aux deux ans. 16 Non CC; CC modéré; CC majeur et CC catastrophique. 25 Tableau 4 Caractéristiques des divers systèmes DRGs DRG Medicare v. 12.0 338 R-DRG v. 10.0 AP-DRG v. 10.0 APR-DRG v. 12.0 367 nd 384 492 1 170 641 1 530 Infection HIV Limité Limité Complet Complet Multiples traumatismes Limité Limité Complet Complet Poids à la naissance non Limité Complet Complet BACHRI (pédiatrie) non non Limité Complet Majeur et catastrophique CC non oui oui oui Multiples CC reconnus non non non oui Nombre de DRG de base Nombre de DRG Nombre de groupes de CC Structure des sous-groupes CC Risque de mortalité Système DRG de base 3 4 Variable 3 en médecine et 4 en chirurgie Uniforme Variable Uniforme non non non oui Medicare AP-DRG excepté les nouveau-nés (NACHRI) 2 -- Medicare Note: limité (intégration limitée); complet (intégration complète) Source : Richard L. Averill et coll., The evolution of Casemix Measurement Using Diagnosics Related Groups (DRGs), 3M HUS Working Paper, 5-98, tableau 1. Les chercheurs cités plus haut ont testé la valeur prédictive des quatre modèles présentés au tableau 4. Ils ont tout d’abord constaté des différences substantielles entre les systèmes quant à leur capacité à prédire le coût réel des patients. Le APR-DRG est le plus performant dans la mesure où sa capacité de prédiction du coût réel est supérieure de 30 % à celle du DRG Medicare. Pour les diagnostics secondaires, le APR-DRG prédit mieux, dans une proportion de 21 %, le coût réel du patient que ne le fait le DRG Medicare. Le système APR-DRG est nettement le meilleur prédicteur du taux de mortalité. En somme, les améliorations apportées dans le temps permettent de mieux cerner le coût réel des patients et ainsi de financer de façon plus exacte donc plus équitablement les activités des hôpitaux. 26 Composition de la clientèle [casemix groups (CMG)] Comment peut-on comparer entre elles les activités des hôpitaux prises dans leur ensemble? La première étape consiste à utiliser un étalon de valeur : le coût des activités est le plus simple et le plus pratique. La méthodologie pour mesurer le coût des activités doit être solidement documentée; on doit disposer d’un nombre suffisant de cas, les données doivent être disponibles sur une base de temps déterminée et être statistiquement significatives 17. Il faut tout d’abord s’assurer de ne considérer que les cas typiques, c’est-à-dire ceux qui reflètent des clientèles homogènes qui présentent des coûts sensiblement équivalents. On exclut donc les clientèles atypiques, c’est-à-dire celles dont la durée de séjour ou les coûts diffèrent considérablement des cas dits normaux. Ces cas atypiques sont les patients : • • • • • • • à qui on a dispensé des soins de longue durée durant l’épisode de soins, qui sont décédés au cours du séjour, dont le séjour se termine sans autorisation médicale qui sont transférés vers un autre hôpital de courte durée sauf en centre de réadaptation, de convalescence ou de soins psychiatriques; qui sont transférés d’un autre hôpital de courte durée sauf les exceptions mentionnées dans l’élément précédent; qui sont admis et sortis la même journée et dont la durée de séjour excède un seuil maximal 18. La démarche pour évaluer si un séjour excède un seuil maximal (extrême) se fait à l’aide d’une méthode non paramétrique ou paramétrique. • non paramétrique : généralement, on élimine les cas dont la durée de séjour excède un certain seuil évalué par la formule suivante = q3 + c (q3 – q1) où q3 est le 3e quartile de la distribution des durées de séjour q1 est le 1er quartile de la distribution des durées de séjour et c est une constante que l’on détermine arbitrairement, par exemple 2, comme on le fait en Ontario. • 17 18 paramétrique : étant donné que l’analyse statistique des séjours par DRG montre que la variance est fréquemment supérieure à la moyenne ( c.-à-d. que l’on observe que la loi de la distribution normale ne s’applique pas), on utilise la loi du Khi-deux (χ2) de sorte que la loi de probabilité de χ2 tend vers une loi normale ICIS, DAD Resource Intensity Weights and Expected Length of Stay, Case Mix, 2005, p. 15. Environ 3 % des hospitalisations présentent des durées de séjour extrêmes au Québec. 27 avec une variance de deux fois la moyenne. Cette approche est utilisée par le MSSS. On détermine qu’un cas est atypique lorsque sa durée de séjour excède le rapport de la variance sur deux fois la durée moyenne de séjour du DRG. Assignation dans un DRG Le principe conducteur de l’assignation d’un cas dans un DRG est le diagnostic principal tandis que l’assignation d’un cas dans un CMG passe par le diagnostic le plus significatif sur le plan du coût de l’épisode de soins. Le diagnostic principal est celui qui est responsable de l’admission du patient dans un hôpital tandis que le diagnostic le plus significatif au moment du congé du patient est celui qui explique le mieux la durée du séjour du patient. Même si la plupart du temps le diagnostic principal et le diagnostic le plus significatif sont équivalents, l’assignation d’un cas dans un DRG ne peut prendre en compte les complications éventuelles pendant un séjour à l’hôpital 19. Les complications éventuelles au cours d’un épisode de soins, tout comme l’âge d’ailleurs, indiquent le niveau de complexité du cas et est, par conséquent, un indicateur de l’utilisation relative des ressources utilisées dans un hôpital. Lorsqu’on connaît le CMG auquel appartient un cas et son niveau de complexité, on peut donc en prédire la durée de séjour à l’hôpital et conséquemment son coût. Le schéma qui suit nous donne sous sa forme la plus simple possible le processus d’assignation d’un CMG et de la valeur relative d’un épisode de soins. 19 Lindsay Campbell, CIHI Case Mix Tolls, dans Case Mix Tolls for Decision Making in Health Care, ICIS, p. 2. 28 Diagnostic le plus significatif en termes de coût d’un patient CIM Médecine /Chirurgie Processus d'assignation et de la valeur relative d'un épisode de soins CMG Niveau de complexité (comorbidités et complications) Groupe d'âge Cellule CMG par complexité et groupe d'âge (possibilités de 12 valeurs) Le CMG peut s’illustrer comme étant une cellule qui prend diverses valeurs, 12 en tout pour 3 niveaux d’âge (0-17 ans, 18-69 ans et 70 ans et plus) et 4 niveaux de complexité. La quantité de données sous-jacentes nécessaires pour attribuer ces diverses valeurs à la cellule doit être très élevée et significative statistiquement. La DMS sera différente selon 29 le groupe d’âge et le niveau de complexité. C’est ce qu’illustre l’encadré qui suit pour le CMG001, craniotomie. Craniotomie CMG001 Complexité 1 Complexité 2 Complexité 3 Complexité 4 0-17 ans 5,5 8,5 11,1 24,1 18-69 ans 5,6 9,6 11,3 25,7 70 ans et plus 6,7 12,2 13,6 25,9 Source : ICIS, DAD Resource Intensity Weights and Expected Length of Stay, 2005, 2005, annexe A La DMS augmente selon le niveau de complexité du cas traité. Pour un niveau de complexité comparable, on constate également une augmentation de la DMS selon le groupe d’âge. La DMS passe d’un minimum de 5,5 à un maximum de 25,9 jours. La variation de la DMS est particulièrement marquée entre le niveau 3 et le niveau 4 de complexité. Le profil de l’évolution de la DMS diffère selon le CMG. Par exemple, le CMG 010 (tumeurs du système nerveux) passe de 2,4 jours pour les patients de 0-17 ans présentant un niveau 1 de complexité à 22,3 jours chez les 70 ans et plus ayant une pathologie de niveau 4 de complexité, soit une variation de 1 à 10 de la DMS. Tumeur du système nerveux CMG010 Complexité 1 Complexité 2 Complexité 3 Complexité 4 0-17 ans 2,4 5,8 12,9 20,8 18-69 ans 5,4 9,7 12,9 20,8 70 ans et plus 8,1 13,5 14,1 22,3 Source : ICIS, DAD Resource Intensity Weights and Expected Length of Stay, 2005, 2005, annexe A Cette augmentation de la DMS reflète en partie le niveau de coût de l’épisode de soins. Les coûts par CMG utilisé par l’ICIS proviennent du traitement des données hospitalières de la DAD de 2003-2004 des provinces de l’Ontario, de l’Alberta et du Fraser Health Region de la Colombie-Britannique pour 2002-2003. Les coûts sont évalués pour 376 697 épisodes de soins dont 53,4 %, 43,9 %, 2,8 % proviennent des hôpitaux de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique 20 respectivement. 20 Auparavant l’ICIS utilisait les données du Maryland tout comme le fait actuellement le Québec. 30 Le concept RIW de l’ICIS est utilisé pour <<standardiser 21>> la composition de la clientèle d’un hôpital. Après pondération par l’utilisation des CMG, on obtient un volume pondéré de cas (weighted cases en anglais). Le RIW exprime la relation entre l’intensité des ressources utilisées pour des cas particuliers par rapport au coût moyen d’un épisode de soins. L’exemple suivant aidera à mieux comprendre le phénomène. Supposons qu’un hôpital a traité 100 patients pour un coût total de 500 000 $. Le coût moyen est de 5 000 $ par patient. Les 100 patients présentant diverses pathologies et divers niveaux de complexité, le nombre de patients passe de 100 à 120 patients pondérés. Le coût moyen par patient pondéré est de 4 166 $ (500 000 $ / 120). On remarque qu’on est passé d’un coût moyen de 5 000 $ à un coût moyen pondéré de 4 166 $. Le RIW de l’hôpital est donc de 1,2 (5 000 $ / 4 166 $). La méthode de calcul est ainsi faite que le RIW de l’ensemble des hôpitaux est établi à 1 . Ainsi, notre hôpital avec un RIW de 1,2 a une clientèle plus lourde que la moyenne des hôpitaux. Ce constat est important sur le plan du financement car notre hôpital devrait disposer idéalement de 20 % de plus de ressources par patient que la moyenne des hôpitaux. Le RIW synthétise l’information pour un épisode de soins. L’épisode de soins a différentes DMS selon les CMG. Un RIW de 3 pour un épisode de soins dont la DMS est de 10 jours peut nécessiter sur une base quotidienne moins de ressources qu’un épisode de soins avec un RIW de 1,25 et une DMS de 3 [0,33 (3/10)] pour le premier cas et 0,42 (1,25/3) pour le second cas. Donc, on ne peut dissocier le RIW de la DMS pour mesurer l’intensité des ressources utilisées par un hôpital. NIRRU Le Québec utilise un terme différent de celui utilisé par les autres provinces canadiennes, le NIRRU, pour établir la lourdeur relative de la clientèle hospitalière. Le terme est différent mais son contenu méthodologique est pratiquement identique à celui du RIW. Les données de base du NIRRU proviennent des coûts observés au Maryland (tout comme le faisait l’ICIS auparavant) et les DRG sont ceux de la CIM-9. Le Québec entend adopter, tout comme les autres provinces canadiennes l’ont fait jusqu’ici, la CIM10 durant l’année 2006-2007 et possiblement il fera de même pour le RIW s’il juge que les coûts déterminant le RIW au Canada sont plus appropriés que ceux du Maryland. Le Québec utilise l’indice de coût du Maryland correspondant au APR-DRG dans lequel est classé le patient pour le pondérer par rapport aux autres. Chaque patient est ainsi présenté sur une base comparable. Étant donné que la DMS au Québec est systématiquement plus élevée qu’au Maryland (30 % en moyenne), le ministère procède à 21 Un patient standardisé n’est pas un patient réel, mais le résultat d’un calcul (X nombre de dollars est égal à un RIW) qui reconnaît que les patients ne requièrent pas les mêmes ressources et qu`ils entraînent pour un hôpital un fardeau financier différent. Plus un patient nécessite de soins, plus son RIW sera élevé. Si un hôpital traite 100 patients standardisés cela ne voudra pas nécessairement dire 100 patients moyens mais peut-être 75 patients avec un RIW de 1,33 ou 200 patients avec un RIW de 0,5 ou une combinaison de X patients avec des RIW différents dont l’agrégat nous donne 100 patients standardisés ou pondérés. 31 un ajustement sur la base du principe du coût marginal, c’est-à-dire du coût additionnel généré par un patient en fin de séjour à l’hôpital. On utilise le terme de coût marginal pour exprimer que la DMS excédentaire au Québec correspondant à la fin du séjour du patient à l’hôpital coûte moins cher que les premiers jours et s’apparenterait plus à des frais d’hôtellerie et de routine (le MSSS utilise le terme RATIORA). On estime que la DMS excédentaire par rapport au Maryland équivaut à 54 % du coût moyen par jour pour les patients chirurgicaux et à 84 % pour les patients médicaux. L’encadré suivant tiré de la documentation du MSSS de l’annexe 7 intitulée Détermination du NIRRU de la banque de données Performance hospitalière (APR-DRG version 2.HLP), explique par un exemple fictif la méthodologie du calcul du NIRRU à partir de ceux du Maryland. Un exemple permettra de mieux illustrer ce calcul. Prenons un indice de coût par cas de 2,5 au Maryland et un séjour moyen de 5 jours au Maryland et de 6,5 jours au Québec et un Ratiora de 80%. Le NIRRU s'obtient comme suit : NIRRU = 2,5 + ((6,5 - 5) x (2,5/5) x 80%) = 3,1 Le NIRRU pour les cas typiques classés dans ce même APR-DRG auront tous un poids de 3,1. On effectue des calculs analogues pour tous les APR-DRG. On normalise ensuite les NIRRU pour s'assurer que le total de cas pondérés est égal au total des cas réels, c’est-à-dire que le NIRRU moyen du Québec est égal à 1. Le NIRRU, tout comme le RIW, reflète à la fois la lourdeur (exprimée par le coût) du cas traité et la durée de séjour. Pour cerner la lourdeur réelle d’un cas, il faut pondérer le NIRRU sur une base quotidienne. Deux valeurs équivalentes de NIRRU peuvent exprimer des situations complètement différentes. On pourrait conclure à tort qu’un pontage cardiaque et une fracture du fémur sont équivalents car ils entraînent les mêmes coûts (même valeur de NIRRU). La fracture du fémur nécessite un temps de séjour deux fois plus long que le pontage cardiaque. Le pontage cardiaque aurait donc un NIRRU rapporté sur une base quotidienne deux fois supérieure à celui de la fracture du fémur. CMG et financement des hôpitaux Dans les 10 dernières années plusieurs pays industrialisés ont introduit la méthodologie des CMG pour financer les hôpitaux dans leurs activités médicales et chirurgicales auprès des patients. Les pays ne sont pas tous au même degré d’avancement mais tendent tous à financer entièrement leurs hôpitaux sur cette base. Le tableau 5 liste ces pays en précisant le type de classification des patients et l’édition de la CIM retenus par les pays. 32 Tableau 5 Pays qui utilisent un système de classification des patients dans le financement de leurs hôpitaux Pays CIM Allemagne Australie Autriche Belgique Canada (Ontario) Espagne 10 10-AM 10 9-CM 10-CA 9 États-Unis 9-CM Système de classification des patients AR-GRG Australian R-DRG LDF APR-DRG CMG/Plx HCFA-DRG HCFA-DRF, R-DRG, APDRG et APR-DRG DRG-Nordique GHM, EfP HCFA-DRG et APR-DRG DRG-Nordique HCFA-DRG HRG DRG-Nordique AP-DRG Finlande 10 France 10 Italie 9-CM Norvège 10 Portugal 9-CM Royaume-Uni 10 Suède 10 Suisse 10 Note: CM (clinicals modifications). Source : ICIS, Acute Care Grouping Methodologies from Diagnosis Related Groups to Case Mix Groups Redevelopment, février 2004, tableau 2 On constate que la plupart de ces pays utilisent les divers DRG développés aux États-unis dans les 25 dernières années. Par contre, certains pays dont le Canada ont développé leur propre DRG pour mieux rendre compte de la spécificité de leur population et de leur système hospitalier. Tous ces pays utilisent les DRG pour financer en tout ou en partie leurs hôpitaux. Comme on l’a vu précédemment, le Canada a développé son propre système DRG, à l’exception du Québec qui a le sien. Quelques provinces dont l’Ontario et l’Alberta utilisent le système canadien pour financer leurs hôpitaux. Le Québec a fait de même en 2004-2005 et 2005-2006 en utilisant son propre système pour corriger les bases de financement des hôpitaux en relevant le niveau de financement des hôpitaux dont les coûts par cas-équivalent sont sous la moyenne. L’Australie a introduit en 1997 l’Australian Refined-DRG (AR-DRG) pour mieux refléter les conditions hospitalières, les nouvelles technologies médicales ainsi que les nouveaux diagnostics afin de parfaire l’homogénéité des aspects cliniques et de coûts de certains DRG. 33 Le Royaume-Uni utilise le système Health Resource Group (HRG) pour classifier les patients. Il vise principalement à cerner les changements fondamentaux dans la logique de regroupement des DRG. La France utilise également depuis 1988 son propre système qu’elle désigne par l’expression Groupes homogènes de Malades (GHM). À l’origine, il était basé sur le HCFA-DRG. La France a introduit en 1999 une nouvelle version de GHM appelée Effeuillage Progressif (EfP) qui a pour objet d’améliorer la capacité du système d’expliquer les variations de coûts. L’Autriche a mis sur pied son propre système en 1997, soit le Leistungsbezogene Diagnose-Fallgruppen (LDF). Ce système est similaire au DRG mais construit sur une hiérarchisation plus consistante que le DRG à savoir par une catégorisation initiale basée sur les unités de soins intensifs (USI) et non-USI. Le DRG et son application au Québec Le Québec utilise la CIM-9 (bientôt la CIM-10), l’APR-DRG et les coûts hospitaliers observés au Maryland pour l’établissement du NIRRU. Les travaux du Groupe de travail sur l’allocation des ressources (rapport Bédard) ont permis de tracer le premier sentier permettant à partir d’une méthodologie basée sur un système d’équations de régressions de standardiser les coûts hospitaliers et conséquemment d’évaluer l’équité du niveau de financement des hôpitaux en tenant compte des spécificités du réseau telles que la taille, l’éloignement et le statut d’enseignement. On a estimé que 300 millions de dollars était nécessaire pour corriger le déséquilibre financier des hôpitaux québécois. La méthodologie de l’allocation des ressources pour le redressement des bases de financement des hôpitaux a permis de consentir 175 millions de dollars de plus parmi les établissements de soins de courte durée au Québec en 2004-2005 et 2005-2006. La méthodologie du MSSS présentée sous sa forme la plus succincte est la suivante. La méthode d’allocation des ressources est basée sur l’approche populationnelle. Elle est axée sur les besoins de la population en conjonction avec les caractéristiques régionales. Elle est calculée sur une base globale pour chaque région par programme-services et programme-soutien. L’enveloppe globale par région est ensuite répartie par établissement. Par contre, le financement du programme-service de la santé physique incluant les activités de courte durée des hôpitaux au Québec ne passe pas encore par la méthode populationnelle. Les écarts sont établis à partir de l’analyse de la performance des établissements sur leurs coûts attendus et le volume réel des patients traités durant l’année 34 de référence 2004-2005. Les écarts observés servent ensuite à la répartition des ressources pour l’année 2006-2007. L’analyse présentée ici n’inclut que les patients hospitalisés ainsi que ceux en chirurgie d’un jour. La mesure de l’efficience, qui est basée sur la méthode de la régression multiple 22, ne prend en compte qu’environ 55 % des coûts du programme-service de la santé physique. La prise en compte des patients à l’urgence, les visites en consultations externes spécialisées et l’hémodialyse couvrent les coûts jusqu’à hauteur de 71 % 23. Variables explicatives Quatre variables sont retenues par le MSSS : la lourdeur de la clientèle exprimée par le NIRRU, la prise en compte de l’enseignement et de la recherche, l’éloignement de l’établissement par rapport aux villes centres et la clientèle pédiatrique. • NIRRU La prise en compte de la lourdeur de la clientèle par le NIRRU explique 87 % du coût moyen 2003-2004 d’un DRG donné. • Enseignement et recherche Le statut d’hôpital universitaire entraîne généralement des coûts plus élevés par caséquivalent. On l’estime à environ 10 %. L’indicateur retenu par le MSSS pour tenir compte de ce facteur dans l’équation de coût est le ratio du nombre de résidants pondérés qui reflète l’intensité d’enseignement sur 10 000 cas-équivalents établis à partir des patients admis en santé physique. Cette approche s’apparente à celle de l’Ontario mais pondère le nombre de résidants selon leur niveau de stage et leur spécialité de résidence. 22 La régression multiple est la technique par laquelle on tente d’expliquer la variation d’une variable dite dépendante (par exemple, le coût d’un patient hospitalisé) par l’action de plusieurs variables (par exemple, le CMG, l’éloignement géographique, la taille, le statut universitaire ou non de l’établissement, etc.). L’équation est de la forme suivante y = a1 x1 + a2 x2 + … + an xn + µ où x1 à xn sont les variables explicatives; y, la variable expliquée et µ, la valeur résiduelle. La valeur µ est la variation de la variable expliquée qui n’est pas expliquée par les variables explicatives et qui servent à évaluer l’écart résiduel de y par rapport à la moyenne de sorte que la somme des écarts résiduels µ égale zéro. On peut ainsi dire lorsque µ égale zéro que la droite estimée est la plus représentative de toutes les valeurs qui sont présentes et qui nous apparaissent du premier regard comme étant dispersées et non liées entre elles. 23 On ne tient pas compte de ces clientèles dans ce texte. 35 Cette variable dans le modèle explique 10,2 % du coût moyen total en 2003-2004 et entre 15 et 30 % pour les établissements ou cet aspect est important dans leurs activités. • Éloignement et dispersion Dispenser des services de santé en régions éloignées et nordiques est plus dispendieux que dans les régions centrales. Le prix des fournitures est plus élevé. L’absence de masse critique ne permet pas d’atteindre l’efficience. L’indicateur retenu est la plus petite distance à parcourir à partir d’un point donné vers les villes de Montréal, Québec et Sherbrooke, moins 150 km. Cette variable dans le modèle explique 0,5 % du coût moyen total en 2003-2004. • Pédiatrie tertiaire En pédiatrie tertiaire, on observe que le coût est plus élevé que la moyenne à niveau équivalent. Le MSSS retient le ratio de patients pondérés, de niveau tertiaire, ayant moins de 5 ans, par rapport au nombre total pondéré de patients. Cette variable dans le modèle explique 1,6 % du coût moyen total. L’encadré nous donne les valeurs obtenues du modèle de régression multiple du MSSS pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour pour l’année 2004-2005. • Patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour Coûts attendus = [(NIRRU * 2542,71) + (enseignement * 32,8) + (éloignement *0,79) + (pédiatrie * 108,1)] * nombre de patients * 0,994 Écarts de coûts : résultats par région L’équité de financement entre établissements passe par une méthodologie qui postule que la somme des écarts est nulle. Si le réseau compte deux établissements A et B et que A est sous-financé par rapport à B, l’écart négatif de A doit correspondre à l’écart positif de B. L’effet net est nul. Le tableau 6 dresse le niveau des écarts par région du Québec pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour en 2004-2005 en parallèle avec ceux des activités de santé physique 24. L’annexe 6 présente les résultats par centre hospitalier. 24 Voir annexe 2. 36 Tableau 6 Niveau des écarts par région du Québec pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour et des activités en santé physique 2004-2005 Région Patients hospitalisés et chirurgie d'un jour NIRRU Écart de Écart de dépenses pour les patients dépenses en hospitalisés et santé physique chirurgie d'un jour 1,3% 0,4% 3,7% 2,2% -0,8% -0,1% -0,1% 0,4% -10,4% -8,9% 0,8% 0,3% 15,9% 7,3% -3,8% -3,6% 9,8% 2,8% Bas-Saint-Laurent 17 842 1,0777 Saguenay-Lac-Saint-Jean 31 426 1,0776 Québec 81 494 1,3419 Mauricie-Centre-du-Québec 41 834 1,0728 Estrie 30 307 1,1930 Montréal 221 181 1,3458 Outaouais 21 619 1,0881 Abitibi-Témiscamingue 14 980 0,9606 Côte-Nord 8 878 0,8791 Gaspésie-Îles-de-laMadeleine 8 319 1,0033 -2,7% -0,3% Chaudière-Appalaches 28 367 1,0060 1,9% -0,1% Laval 24 638 0,9405 5,3% 3,0% Lanaudière 25 720 1,0617 7,1% 4,5% Laurentides 38 654 0,9820 -5,0% 2,8% Montérégie 90 417 1,0337 -2,6% -1,1% Total 685676 1,0000 Note : les écarts estimés pour la santé physique proviennent de calculs réalisés à partir de l’approche populationnelle. La corrélation entre les écarts pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour et les activités en santé physique est de 85 %. Source : annexe 6 Le tableau 6 nous indique que les centres hospitaliers de la région de l’Estrie ont des niveaux de dépenses particulièrement plus faibles (10,4 %) que la moyenne du réseau hospitalier. Dans le cas de l’Estrie, ce différentiel de dépenses est essentiellement attribuable au CHUS. Par contre, les régions de l’Outaouais (15,9 %) et de la Côte-Nord (9,8 %) vivent des situations plus favorables que la moyenne du réseau hospitalier. Pour les autres régions, les écarts se situent entre ± 5 %. Si l’on ne considère que les hôpitaux qui ont des écarts négatifs de dépenses par rapport aux dépenses attendues par le modèle du MSSS, on s’aperçoit que la somme de ces écarts négatifs est de 32 millions de dollars (72 millions de dollars en 2003-2004) dont presque la moitié de ce montant est attribuable au CHUS et au CHUQ. L’écart de dépenses est de 1,3 % par rapport aux dépenses totales en diminution appréciable sur l’année antérieure où on avait 3,0%. La clientèle d’un hôpital universitaire est naturellement plus lourde que celle d’un hôpital sans statut universitaire. Les coûts des hôpitaux universitaires sont généralement plus 37 élevés à patient équivalent que ceux d’un hôpital sans statut universitaire. Le tableau 7 explore cette situation en corrigeant les données pour les cas particulier du CHUS et du CHUQ. Tableau 7 Niveau des écarts par région du Québec pour les patients hospitalisés et ambulatoires et des activités en santé physique 2004-2005 des hôpitaux universitaires avec et sans le CHUS et le CHUQ et les autres centres hospitaliers Patients hospitalisés et chirurgie d'un jour NIRRU Coûts attendus (,000) $ Écarts (,000) $ Écart % CHUQ 43 825 1,1099 175 929 -5 761 -3,3% CHUS 30 307 1,1930 128 133 -14 913 -11,6% CHUM 36 762 1,5838 191 858 1 433 0,7% CUSM 37 855 1,4553 200 045 18 124 9,1% Hôpitaux universitaires 148749 1,3319 695965,3 -1116,9 -0,2% 74 617 1,5186 391 903 19 557 5,0% 536927 1,1315 1741837,8 1116,9 0,1% CH Hôpitaux universitaires excluant CHUS et CHUQ Total des hôpitaux excluant les CHU Note : les centres universitaires associés (CAU) et les instituts universitaires sont excluent des CHU. Source : annexe 6 On remarque que les hôpitaux universitaires avec un NIRRU de 1,33 n’ont dépensé que un million de dollars de plus que les dépenses générées par le modèle. Le CHUM est pratiquement à son niveau d’équilibre avec un léger surplus correspondant à 0,7 % de ses dépenses. Par contre, le CUSM dépense 18 millions de plus que son niveau de dépenses attendues. Par ailleurs, l’ensemble des hôpitaux excluant les hôpitaux universitaires ramène le NIRRU à 1,13 avec un écart positif de un million de dollars soit une différente négligeable par rapport à leurs dépenses attendues. On peut conclure que l’équité financière du réseau hospitalier québécois est maintenant réalisée à l’exception du cas des hôpitaux universitaires (excepté le CHUM et dans une moindre mesure le CHUQ) où une correction positive serait souhaitable selon le principe d’équité financière dans le cas du CHUS. Lourdeur de la clientèle : qu’elle en fut l’évolution dans les derniers dix ans On évoque fréquemment une augmentation de la lourdeur de la clientèle hospitalière pour justifier des besoins financiers accrus pour les hôpitaux. Le NIRRU pris dans son 38 ensemble est égal à l’unité. Année après année, sa valeur moyenne est égale à un de sorte que l’on ne peut pas comparer deux années. Des données produites par l’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) nous permettent toutefois de documenter cette question 25. L’AQESSS présente un indice de la lourdeur des cas qu’il désigne par l’indice de gravité moyenne. Entre 1995-1996 et 2004-2005, cet indice est passé de 1,57 à 1,84, soit une progression de 17,2 % de la gravité des cas des patients hospitalisés 26. L’auteur pose par hypothèse que les patients classés selon le degré de gravité (de 1 à 4) sont pondérés par une valeur nominale équivalente. Le tableau 8 nous présente la répartition des hospitalisations selon leur niveau de gravité, leur nombre après l’application du NIRRU et la valeur du NIRRU par jour. Tableau 8 Évolution de la répartition réelle et pondérée de 1995-1997 et de 2004-2005 des patients hospitalisés Niveau de gravité Patients hospitalisés 1995-1996 % Patients hospitalisés 2004-2005 % NIRRU/jour NIRRU/jour 1995-1996 2004-2005 Réels Pondérés Réels Pondérés 1 56,6 36,7 42,9 23,0 0,1570 0,1627 2 31,7 35,0 34,5 30,9 0,1501 0,1604 3 10,0 19,9 18,2 28,3 0,1542 0,1522 4 1,8 8,4 4,4 17,8 0,1948 0,1868 100,0 100,0 100,0 100,0 0,1571 0,1625 Total Source : Savage, op cit, tableau 3 et calculs OIIAQ. Trois éléments se dégagent de l’analyse des données du tableau 8. • • Les patients de niveau 1 sont passés de 56,6 % en 1995-1996 des cas à 42,9 % en 2004-2005 tandis que ceux de niveau 4 ont évolué de 1,8 % des cas en 1995-1996 à 4,4 % en 2004-2005. Après pondération par le NIRRU, les cas de niveau 1 ne représentent plus que 23 % de la clientèle versus 36,7 % en 2004-2005. À l’opposé, les cas de niveau 4 passent de 8,4 % à 17,8 %. 25 Denis Savage, Données d’APR-DRG 2004-2005, Faits saillants en regard de l’évolution par rapport aux années précédentes, AQESSS, 2006. 26 Op cit, p. 6. 39 • La valeur du NIRRU par jour est relativement stable du niveau 1 au niveau 3 et progresse sensiblement au niveau 4. Par contre, la valeur du NIRRU/j augmente entre les deux années pour les cas des niveaux 1 et 2 et diminue quelque peu pour les cas de niveau 3 et sensiblement pour ceux de niveau 4. La lourdeur relative de la clientèle hospitalisée a évolué entre 1995-1006 et 2004-2005 sous l’effet combiné de deux forces opposées, soit à la hausse par la prédominance grandissante des cas présentant une gravité de niveau 3 et 4 et de la réduction relative des coûts pour les cas de niveaux 3 et 4 et ce tout particulièrement pour ceux de niveau 4. En somme, nous savons que la lourdeur relative de la clientèle hospitalière va en croissant mais nous ne pouvons la quantifier précisément car la méthodologie du NIRRU postule un retour à l’équilibre chaque année en posant que la valeur moyenne du NIRRU est égale à l’unité. 40 Conclusion Le MSSS considère qu’actuellement le redressement des bases de financement du réseau hospitalier est pratiquement réalisé après l’injection de 100 millions de dollars additionnels en 2004-2005 suivie de l’ajout en 2005-2006 de 75 millions de dollars. En 2004-2005, les dépenses des hôpitaux dont les dépenses réelles étaient inférieures aux dépenses attendues se chiffraient à 32 millions de dollars (72 millions de dollars en 20032004), soit l’équivalent de 1,3 % des dépenses totales pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour. L’équité du financement des établissements hospitaliers est essentielle au développement du réseau. L’iniquité du financement entre les établissements ou la perception même erronée d’un manque d’équité est contreproductive. L’approche méthodologique pour s’assurer que les résultats sont perçus comme étant réalistes par les établissements est essentielle au succès de la démarche. Cette méthode est laborieuse et parfois ingrate. Elle nécessite une masse de données considérables sur les diagnostics et les coûts afférents. Ces données doivent être homogènes et se mouler le plus possible à la réalité telle que perçue par les intervenants du milieu. 41 ANNEXES 42 Annexe 1 MONTANTS CONSACRÉS À LA SANTÉ ET AUX SERVICES SOCIAUX, SELON LES ÉLÉMENTS DE LA STRUCTURE BUDGÉTAIRE, AU QUÉBEC, 2000-2001 À 2005-2006 (,000 $) Programmes budgétaires 2000-20011 2001-20021 2002-20031 2003-20041 2004-20052 2005 -20063 212 642 208 521 224 842 246 608 263 276 276 784 5,4% 78 406 83 449 88 889 89 638 95 397 90 806 3,0% 3 627 4 229 5 252 8 070 8 247 12 294 27,7% 130 609 120 843 130 701 148 900 159 632 173 684 5,9% 11 895 845 12 636 102 13 030 930 13 908 033 14 559 181 15 174 854 5,0% 91 058 94 624 95 243 93 688 90 361 87 917 -0,7% 9 833 396 10 279 396 10 662 938 11 315 176 11 860 830 12 407 559 4,8% 230 867 252 343 270 247 297 710 320 275 321 073 6,8% Activités connexes 1 282 032 1 509 764 1 504 469 1 652 824 1 751 636 1 797 831 7,0% Service de la dette 458 492 499 975 498 033 548 635 536 079 560 474 4,1% OPHQ 50 895 58 243 55 814 52 576 53 318 49 449 -0,6% 41 037 48 375 45 870 42 457 43 722 39 106 -1,0% 9 858 9 868 9 944 10 119 9 596 10 343 1,0% 3 938 925 4 295 046 4 609 716 4 876 754 5 235 919 5 360 914 6,4% 2 499 581 2 666 464 2 822 411 2 986 757 3 206 638 3 174 611 4,9% Services optométriques 24 150 35 303 31 261 30 202 32 483 33 725 6,9% Services dentaires 84 437 78 145 121 069 84 871 94 528 91 112 1,5% Services pharmaceutiques et médicaments5 1 166 717 1 340 323 1 449 624 1 545 745 1 686 650 1 856 512 9,7% Autres services 92 406 99 328 109 771 116 359 122 943 129 476 7,0% Administration 71 634 75 483 75 580 112 820 92 677 75 478 1,1% Fonctions nationales Direction et gestion ministérielle Organismesconseils Activités nationales Fonctions régionales Fonctionnement des agences régionales4 Fonctionnement des établissements Soutien aux organismes communautaires Services aux personnes handicapées Direction et administration Régie de l'assurancemaladie du Québec Services médicaux Ensemble des 16 098 307 17 197 912 17 921 302 19 083 971 20 111 694 20 862 001 programmes 1. Il s'agit de dépenses. 2. Il s'agit de crédits. 3. Il s'agit de budgets de dépenses. 4. À partir de 2004-2005, il s'agit des agences de la santé et des services sociaux. 5. Il s'agit uniquement des montants relatifs aux médicaments et aux services pharmaceutiques dispensés aux personnes âgées et aux bénéficiaires de l'aide de dernier recours. | Acc. ann. 5,3% Reproduit du MSSS, SDI, février 2006 excepté la dernière colonne acc. ann. (taux d’accroissement annuel moyen 2000-2001 à 2005-2006 43 Annexe 2 Reproduit d’INFO-CONTOUR, MSSS, novembre 2005 Les programmes-services Le programme Santé publique La santé publique vise un grand objectif social : améliorer la santé et le bien-être général de la population par des actions qui se situent, la plupart du temps, avant que les problèmes ne surviennent. Le programme Santé publique est fondé sur une perspective populationnelle, c’est-à-dire qu’il s’adresse à l’ensemble de la population. Les actions de santé publique peuvent toutefois viser des groupes cibles qui partagent certains traits communs, tels que l’exposition aux mêmes facteurs de risque, des conditions de vie particulières, etc. Le programme Services généraux - activités cliniques et d’aide Les services de première ligne regroupent deux grands types de service : les services généraux qui s’adressent à l’ensemble de la population et les services spécifiques pour des problématiques particulières. Ce programme comprend tous les services généraux qui sont des activités cliniques et d’aide. Il exclut donc les activités de promotion et de prévention. Les services de ce programme possèdent les caractéristiques suivantes : • ce sont des services qui s’adressent à l’ensemble de la population; • ce sont des services de proximité, accessibles localement; • ce sont généralement des services individuels destinés à répondre aux besoins des personnes présentant des problèmes ponctuels et aigus. Le programme Perte d’autonomie liée au vieillissement Le programme Perte d’autonomie liée au vieillissement regroupe tous les services destinés aux personnes en perte d’autonomie (et à leur entourage), principalement due à l’âge, et ce, peu importe la cause : perte d’autonomie fonctionnelle, problèmes cognitifs ou maladies chroniques. L’approche privilégiée au sein de ce programme n’est pas nécessairement de guérir, mais davantage de compenser la détérioration des conditions de santé, de miser sur le potentiel résiduel et d’assurer la sécurité des personnes dans leur résidence. L’âge seul n’est pas un critère suffisant pour recevoir ou non les services prévus dans ce programme. Une personne âgée de moins de 65 ans peut avoir les mêmes besoins qu’une personne âgée de plus de 65 ans aux prises avec le même problème. Par ailleurs, les services que reçoivent les personnes qui sont hébergées à cause d’un problème autre que la perte d’autonomie liée au vieillissement (ex. : déficience intellectuelle) ne font pas partie de ce programme. Le programme Déficience physique Le programme Déficience physique regroupe les services visant à répondre aux besoins des personnes qui, peu importe leur âge, souffrent d’une incapacité significative et persistante, ainsi qu’à leur entourage. Les services prévus pour les personnes qui ont une maladie dégénérative et dont le profil de besoins correspond à celui de la déficience physique (ex. : sclérose en plaques) font aussi partie de ce programme. Les services destinés aux personnes présentant une déficience physique visent à développer et à maintenir leur autonomie fonctionnelle, à compenser leurs incapacités et à soutenir leur pleine participation sociale. Ces personnes auront recours, à un moment ou à un autre, à des services spécialisés de réadaptation et, lorsque nécessaire, à des services de soutien à la participation sociale. 44 Le programme Déficience intellectuelle et troubles envahissants du développement Pour le volet de la déficience intellectuelle, le programme regroupe les services destinés à répondre aux besoins des personnes qui ont un fonctionnement cognitif général significativement inférieur à la moyenne, accompagné de difficultés d’adaptation apparaissant pendant l’enfance. Les services prévus dans ce programme visent à réduire l’impact de la déficience, à compenser les incapacités, à favoriser l’intégration sociale et à soutenir la famille et les proches. Le programme comprend aussi les services offerts aux personnes aux prises avec un trouble envahissant du développement (TED). Ces problèmes particuliers se traduisent par des déficiences majeures liées à trois aspects du développement : les interactions sociales; la communication verbale et non verbale; et, les intérêts et les comportements restreints, stéréotypés et répétitifs. Le programme Jeunes en difficulté Le programme Jeunes en difficulté regroupe les services destinés aux jeunes qui présentent des problèmes de développement ou de comportement, ou qui ont des difficultés d’adaptation sociale (délinquance, violence, suicide, etc.). Ce programme s’adresse également aux jeunes qui ont besoin d’une aide appropriée pour assurer leur sécurité et leur développement (abus, négligence, etc.) ou pour éviter que ceux-ci ne soient compromis. Ce programme comprend aussi des services destinés aux familles des jeunes concernés. Le programme comprend également des services spécialisés comme l’adoption, le placement et la réadaptation sociale. Le programme Dépendances Ce programme adopte une approche globale pour la problématique de la dépendance, et ce, quelle qu’en soit la cause (alcoolisme et toxicomanies, jeu compulsif, cyberdépendance, etc.). Le programme comprend notamment des services de réadaptation et de réinsertion sociale, des services de désintoxication ainsi que des services ayant pour but la réduction des méfaits, tels que les traitements à la méthadone. Les services aux familles et aux proches des personnes ayant une dépendance font aussi partie de ce programme. Le programme Santé mentale Le programme Santé mentale vise à permettre à toute personne dont la santé mentale est perturbée d’obtenir une réponse adaptée à ses besoins. Il s’adresse aux adultes, aux jeunes et à leur famille. Plus précisément, les services sont destinés : • aux personnes qui présentent des troubles mentaux sévères, généralement persistants, associés à de la détresse psychologique et à un degré d’incapacité qui interfère, de façon significative, dans leurs relations interpersonnelles et dans leurs compétences sociales de base; • aux personnes qui vivent des troubles mentaux transitoires, d’intensité variable, source d’une détresse psychologique importante, qu’une aide appropriée peut ramener à leur niveau de fonctionnement psychologique et social antérieur. Le programme Santé physique Le programme Santé physique s’adresse à toute personne qui est aux prises avec une maladie, un symptôme ou un traumatisme et qui doit recevoir des soins et des traitements spécialisés et surspécialisés. Il s’adresse également à toute personne aux prises avec une maladie qui exige un suivi systématique et des services en continu. Le programme Santé physique comprend : • les urgences; • les épisodes de soins aigus et les visites en ambulatoire qui sont spécialisés et surspécialisés ainsi que les visites spécialisées à domicile; 45 • les soins palliatifs; • les services de santé physique destinés aux malades qui ont besoin d’un suivi systématique et qui doivent recevoir des services en continu (ex. : maladie chronique). Les programmes-soutien Le programme Administration et soutien aux services Ce programme est composé de deux univers. Dans le premier, on retrouve la gestion générale de l'établissement, l'administration des services techniques et les activités liées à l'intégration de l'informatique. Le second comprend la coordination des services à la clientèle et des soins infirmiers et d'assistance, l'enseignement, les activités relatives à l'admission et à l'inscription des usagers, l'alimentation et la buanderie. Le programme Gestion des bâtiments et des équipements Ce programme englobe les activités qui touchent l'univers physique de l'établissement. Il concerne le fonctionnement des installations, leur entretien et leur réparation, le ménage, la gestion des déchets biomédicaux, la sécurité. 46 Annexe 3 Dépenses nettes de 1993-1994 à 2001-2002 selon les programmes-services de la santé physique et de la santé mentale (,000 $) Santé physique Santé mentale Santé physique et santé mentale Total 1993-1994 4 416 377 817 021 5 233 398 9 380 514 1994-1995 4 434 659 853 491 5 288 150 9 732 579 1995-1996 4 400 022 846 736 5 246 758 9 387 041 1996-1997 4 141 671 874 182 5 015 853 9 262 656 1997-1998 4 095 930 906 824 5 002 754 9 147 673 1998-1999 4 281 721 890 017 5 171 738 9 386 781 1999-2000 4 567 504 928 623 5 496 127 9 918 060 2000-2001 5 017 065 1002 522 6 019 587 10 857 347 2001-2002 5 398 273 1040 006 6 438 279 11 628 511 2,5% 3,1% 2,6% 2,7% Taux d’accroissement annuel moyen (taam) 1993-1994 à 2001-2002 Sources : MSSS-SDI et calculs OIIAQ 47 Annexe 4 Dépenses brutes d’exploitation des CHSGS et des CHSP et de l’évolution de leur part relative dans l’ensemble du réseau sociosanitaire du Québec (,000 $) CHSGS et CHSP Réseau CHSGS et CHSP/réseau 1997-1998 5 265 130 9 489 514 55,5% 1998-1999 5 230 969 9 538 749 54,8% 1999-2000 5 496 521 10 049 632 54,7% 2000-2001 6 034 659 10 985 833 54,9% 2001-2002 6 434 682 11 752 135 54,8% 2002-2003 6 669 364 12 255 595 54,4% 2003-2004 7 094 142 13 043 178 54,4% 2004-2005 7294 532 13 349 732 54,6% 4,8% 5,0% Taam 1997-1998 à 2004-2005 Sources : MSSS-SDI et calculs OIIA 48 Annexe 5 Évolution du nombre d’hospitalisations, du nombre de jours d’hospitalisation et de la durée moyenne de séjour (DMS) de 1982-1983 à 2003-2004 dans les centres hospitaliers du Québec Nombre Journées DMS Jours 1982-1983 782 178 6 652 990 8,51 1983-1984 796 316 6 942 457 8,72 1984-1985 785 820 6 940 520 8,83 1985-1986 791 961 6 997 018 8,84 1986-1987 791 222 6 944 796 8,78 1987-1988 805 806 6 997 547 8,68 1988-1989 802 635 6 924 841 8,63 1989-1990 799 803 6 763 189 8,46 1990-1991 830 545 6 923 812 8,34 1991-1992 849 858 6 932 010 8,16 1992-1993 848 921 6 897 984 8,13 1993-1994 863 502 6 934 058 8,03 1994-1995 865 525 6 731 339 7,78 1995-1996 818 997 6 107 942 7,46 1996-1997 774 255 5 623 266 7,26 1997-1998 760 717 5 362 742 7,05 1998-1999 749 858 5 341 743 7,12 1999-2000 736 481 5 277 738 7,17 2000-2001 725 623 5 272 042 7,27 2001-2002 706 368 5 092 589 7,21 2002-2003 685 602 4 994 098 7,28 2003-2004 705 255 5 155 334 7,31 Évolution de 1986-1987 à 2003-2004 En nombre Taam 19861987 à 20032004 Taam max atteint à 20032004 -76 923 -1 497 656 -1,20 -0,49% -1,21% -0,72% -2,25% -1,89% -1,05% Sources : MSSS-SDI et calculs OIIAQ 49 Annexe 6 La mesure des écarts de dépenses pour les patients hospitalisés et en chirurgie d’un jour 2004-2005 Nom Nombre de patients Nirru Coûts attendus (,000) $ Écarts (,000) $ Écart % CSSS DE LA MATAPEDIA CSSS DE MATANE LE CSSS REGIONAL RIMOUSKI CSSS DE RIVIÈRE-DU-LOUP 1 679 2 264 8 954 4 945 17 842 0,9426 1,0501 1,1084 1,0807 4512,7 6645,4 28030,0 14370,1 53558,2 -89,5 -261,4 833,1 227,2 709,4 -2,0% -4,1% 2,9% 1,6% 1,3% CENTRE MARIA-CHAPDELAINE CARREFOUR DE SANTÉ DE JONQUIÈRE CSSS DE LAC-SAINT-JEAN-EST CSSS DOMAINE-DU-ROY CSSS DE CHICOUTIMI 2 521 3 184 6 358 4 272 15 091 31 426 0,8642 1,2527 0,9824 0,9949 1,1398 5977,7 10642,4 16836,8 11615,6 48016,2 93088,7 -225,9 -106,3 -1796,1 1009,9 4414,1 3295,7 -3,9% -1,0% -11,9% 8,0% 8,4% 3,4% C.H. UNIVERSITAIRE DE QUÉBEC CSSS DE CHARLEVOIX CH AFFILIE UNIVERSITAIRE DE QUÉBEC HÔPITAL LAVAL 43 825 2 469 19 300 15 900 81 494 1,1099 1,0352 1,5629 1,7607 175928,8 6664,2 95078,7 85451,0 363122,7 -5761,0 -331,4 -393,7 3583,2 -2902,9 -3,4% -5,2% -0,4% 4,0% -0,8% C.H. RÉGIONAL DE TROIS-RIVIÈRES CSSS D'ARTHABASKA-ÉRABLE CSSS DRUMMOND CSSS DE L'ÉNERGIE 17 413 8 873 9 542 6 006 41 834 1,195 0,952 0,9672 1,0646 54904,4 22930,0 24179,8 16660,1 118674,3 4171,6 -1166,3 -3819,9 726,3 -88,3 7,1% -5,4% -18,8% 4,2% -0,1% C.H. UNIVERSITAIRE DE SHERBROOKE 30 307 30 307 1,193 128133,3 128133,3 -14913,3 -14913,3 -13,2% -13,2% C.H. DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL CSSS DE L'OUEST DE L'ÎLE CSSS DE LASALLE ET DU VIEUX LACHINE CSSS VERDUN/C-ST-PAUL/ST-HENRI/P.STCHARLES CSSS D'AHUNSTIC ET MONTRÉAL-NORD CSSS DE LA PETITE PATRIE ET VILLERAY HÔPITAL SANTA CABRINI INSTITUT DE CARDIOLOGIE DE MONTRÉAL HÔPITAL DU SACRÉ-CŒUR DE MONTRÉAL CENTRE UNIVERSITAIRE DE SAINTE MCGILL 36 762 8 179 10 447 1,5838 1,0483 0,7347 191858,2 22356,5 20595,6 1433,4 1028,3 4189,9 0,7% 4,4% 16,9% 6 793 1,5424 27927,4 -3281,6 -13,3% 5 202 4 564 8 089 8 916 17 381 1,2046 1,5484 1,4376 1,9867 1,5401 16351,8 18380,7 30079,5 50786,2 81385,1 -271,0 223,5 -2140,1 -1831,4 940,7 -1,7% 1,2% -7,7% -3,7% 1,1% 37 855 1,4553 200045,0 18124,0 8,3% 50 Nirru Coûts attendus (,000) $ Écarts (,000) $ Écart % 21 787 1,3816 94091,7 -2188,4 -2,4% 18 032 14 155 23 019 221 181 1,0015 0,8409 1,2215 87527,8 36877,7 90007,7 968270,9 -2538,3 -2779,0 -2914,3 7995,7 -3,0% -8,1% -3,3% 0,8% C.S. VALLÉE DE LA GATINEAU CSSS DE GATINEAU CSSS DE PAPINEAU 1 682 17 980 1 957 21 619 1,1872 1,058 1,2795 5368,5 51599,0 6482,6 63450,1 -369,0 9732,2 -649,4 8713,8 -7,4% 15,9% -11,1% 12,1% CSSS DES AURORES BORÉALES CSSS DES ESKERS DE L'ABITIBI CSSS DE ROUYN-NORANDA CSSS DE LA VALLÉE DE L'OR 1 984 4 431 4 271 4 294 14 980 0,8676 1,1562 0,9026 0,8595 5358,5 15147,1 12130,1 11018,0 43653,7 -121,5 -2498,3 936,7 -49,6 -1732,7 -2,3% -19,8% 7,2% -0,5% -4,1% CSSS DE MANICOUAGAN C.H. RÉGIONAL DE SEPT-ÎLES 4 010 4 868 8 878 0,9396 0,8292 10758,1 12723,8 23481,9 2148,2 -53,3 2094,9 16,6% -0,4% 8,2% CSSS DU ROCHER-PERCÉ CSSS BAIE-DES-CHALEURS CSSS DE LA CÔTE-DE-GASPÉ 2 339 3 662 2 318 8 319 1,0509 0,9809 0,9908 7408,1 10770,7 7108,2 25287,0 -245,1 -1102,1 654,0 -693,2 -3,4% -11,4% 8,4% -2,8% CSSS DE LA RÉGION DE THETFORD CSSS DE MONMAGNY-L'ISLET CSSS DE BEAUCE HÔTEL-DIEU DE LÉVIS 4 600 3 304 7 486 12 977 28 367 0,991 1,0135 0,9644 1,0333 12063,2 8729,2 19136,5 36825,2 76754,1 152,8 -46,2 -512,7 1836,3 1430,2 1,3% -0,5% -2,8% 4,7% 1,8% CSSS DE LAVAL 24 638 24 638 0,9405 61772,1 61772,1 3130,1 3130,1 4,8% 4,8% CSSS DU SUD DE LANAUDIÈRE CSSS DU NORD DE LANAUDIÈRE 12 393 13 327 25 720 1,0068 1,1128 32538,1 38478,6 71016,7 6265,1 -1585,4 4679,7 16,1% -4,3% 6,2% CSSS DES SOMMETS CSSS D'ANTOINE-LABELLE CSSS DEUX-MONTAGNES/SUD-DE-MIRABEL CSSS RIVIÈRE-DU-NORD/NORD-DEMIRABEL 5 049 3 263 14 108 0,9642 1,0845 0,877 12534,6 9237,2 31906,9 -618,4 561,5 -3110,3 -5,2% 5,7% -10,8% 16 234 1,0582 44922,8 -2036,3 -4,7% 98601,5 -5203,5 -5,6% Nom L'HÔPITAL GÉN. JUIF SIR MORTIMER B. DAVIS HÔPITAL SAINTE-JUSTINE C.H. DE ST-MARY HÔPITAL MAISONNEUVE-ROSEMONT Nombre de patients 38 654 51 Nom Nombre de patients CSSS DU VIEUX LONGUEUIL/LAJEMMERAIS CSSS HAUT-RICHELIEU/ROUVILLE CSSS DE SOREL-TRACY CSSS DU SUROÎT CSSS JARDIN-ROUSSILLON CSSS LA POMMERAIE CSSS RICHELIEU-YAMASKA CSSS DE LA HAUTE-YAMASKA HÔPITAL CHARLES-LEMOYNE 16 237 13 658 5 065 7 724 9 894 4 423 9 919 6 721 16 776 90 417 TOTAL 685 676 Nirru 0,9731 1,0365 1,0749 1,0737 0,9848 0,9494 0,9341 1,0222 1,174 Coûts attendus (,000) $ Écarts (,000) $ Écart % 40991,9 36738,7 14146,5 21549,3 25339,8 11053,8 24157,9 17969,7 56990,3 248937,9 -2646,1 -5413,9 2432,5 -39,9 -1359,6 -105,3 2458,6 -461,0 -1380,5 -6515,2 -6,9% -17,3% 14,7% -0,2% -5,7% -1,0% 9,2% -2,6% -2,5% -2,7% 2437803,1 0,0 0,0% Source : MSSS, Nouveau mode d’allocation des ressources 2006-2007. Direction de l’allocation des ressources, 2006, annexe 2 et calculs OIIAQ 52 Annexe 7 Glossaire Expression française Termes Base de données sur la morbidité hospitalière Base de données sur les congés des patients Catégories cliniques principales Classification canadienne des actes diagnostiques, thérapeutiques et chirurgicaux Classification internationale des maladies Classification internationale des maladies - Classification canadienne des interventions en santé Complications et comorbidités Degré de complexité Correspondance en anglais Acronyme Termes Acronyme BDMH Hospital Morbidity Database HMDB DAD Discharge Abstract Database DAD CCP Major Clinical Categories MCC Canadian Classification of Diagnostic, Therapeurtc and Surgical Procedures International Classification of CIM Diseases International Classification of CIM-CA- Diseases - Canadian CCI Classification of Health Interventions Complications and CC Comorbidities CCA Plx Complexity Level CCP ICD ICD-CCI CC Plx Diagnostics regroupés pour la gestion DRG Diagnosis Related Groups System Durée moyenne du séjour DMS Length of Stay Durée prévue du séjour DPDS Expected Lenght of Stay ELOS Groupes de chirurgie d’un jour DPG Day Procedure Groups DPG Groupes de maladies analogues Pondération de la consommation des ressources CMG ou GMA Case Mix Groups CMG Resource Intensity Weights RIW RIW DRGs LOS 53