Lettre PRSE Aquitaine, Numéro spécial asthme
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Lettre PRSE Aquitaine, Numéro spécial asthme
La lettre Janvier 2008 Numéro spécial • du Aquitaine A st hm e Plan Régional Santé Environnement Aquitaine - 2005/2008 Édito Les enjeux sanitaires liés à l’asthme illustrent concrètement tout l’intérêt du Plan Régional Santé Environnement. L’asthme est en effet une pathologie sévère en relation directe avec des facteurs environnementaux très divers qu’il s’agisse de la pollution atmosphérique, de la qualité de l’air intérieur ou des expositions en milieu professionnel. Cette situation complexe nécessite l’intervention de nombreuses structures et professionnels pour mieux comprendre et prévenir. Face à ce constat, la thématique de l’asthme a été retenue comme une des actions prioritaires du PRSE Aquitain afin de soutenir les partenariats et faciliter une approche globale. C’est dans le cadre de la dynamique du plan que l’organisation d’un colloque national a été proposée à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnemment et du Travail et a reçu le soutien de partenaires institutionnels. Afin d’accompagner ce moment fort, ce numéro spécial de la lettre du PRSE est entièrement consacré à l’asthme en choisissant d’éclairer des aspects sanitaires et environnementaux de cette pathologie. Jacques CARTIAUX Directeur de la DRASS Aquitaine Grand angle L’évolution de la prévalence Qu’en est-il sur Bordeaux de l’évolution de la prévalence de l’asthme chez les enfants ? La ville est incluse dans l’étude épidémiologique internationale ISAAC. Cette étude, qui a été développée en réponse à une augmentation rapide de la prévalence de l’asthme et des maladies allergiques, comporte 3 phases sur 10 ans afin de suivre l’évolution de la prévalence. C’est la comparaison des phases I et III qui permet d’analyser les tendances évolutives des prévalences. La première phase de l’enquête ISAAC a eu lieu à Bordeaux en 1997 sur 3206 enfants, la deuxième phase en 2000, et la troisième phase s’est terminée en 2007 sur 1531 enfants. L’objectif du travail était de comparer la prévalence de l’asthme sur le site de Bordeaux à 10 ans d’intervalle. La méthode utilisée a reposé sur l’administration d’un même questionnaire standardisé et rempli par les parents des enfants. Les résultats montrent qu’entre 1997 et 2007, la prévalence cumulée des sifflements a augmenté modérément (18% contre 21%). La prévalence de l’asthme reste stable (entre 8% et 9,6%, NS*), ainsi que la prévalence des sifflements à l’effort et de la toux nocturne. La fréquence des crises d’asthme au cours des 12 derniers mois, reste stable avec une majorité d’enfants (entre 64,9% et 74%, NS) présentant entre 1 et 3 crises d’asthme au cours des 12 derniers mois. En revanche, la fréquence des réveils nocturnes a diminué. La fréquence des crises sévères gênant l’élocution reste stable (entre 9,3% et 9% NS). L’étude montre ainsi que la prévalence de l’asthme et des symptômes respiratoires est restée stable à dix ans d’intervalle pour le site de Bordeaux. Ce dernier constat qui devra être vérifié dans la durée ne doit pas faire oublier que la phase I de l’étude avait montré par ailleurs que la prévalence de l’asthme chez les enfants était plus élevée à Bordeaux que dans les 5 autres villes de France étudiées. Mme le Pr Raherison / CHU de Bordeaux et ISPED Mme le Dr Amathieux / Service de santé scolaire autonome de la ville de Bordeaux *NS : Non Significatif / la différence entre les résultats ne peut être prise en compte d’un point de vue statistique en raison de la répartition des sous-populations Colloque asthme Un enjeu de santé publique L’asthme est une affection chronique, en rapport avec une inflammation des bronches. En France, elle concerne 10% des enfants, 15% des adolescents et 5% des adultes jeunes. Les manifestations cliniques sont la conséquence d’une interaction complexe entre l’existence inconstante d’une prédisposition génétique et l’impact de facteurs environnementaux (allergéniques, et non-allergéniques). Le pronostic de cette affection dépend de la sévérité de l’atteinte initiale, d’où l’importance de mesurer le souffle précocement. Malgré les progrès thérapeutiques des dernières années qui ont permis d’améliorer la prise en charge des asthmatiques, l’asthme reste une affection qui peut être encore sévère et invalidante chez certains patients, qui ont un recours aux soins important. Les actions pouvant être menées sur le plan de la santé publique nécessitent une coordination efficace. C’est dans ce contexte que pour la première fois, un colloque national décentralisé sur l’asthme et l’allergie est organisé à Bordeaux avec pour objectif de confronter les expériences des différents acteurs. Mme le Pr Raherison Comité scientifique du colloque Colloque national « Asthme et société - environnement, travail et santé » Les 30 et 31 janvier 2008 à Bordeaux, plus de 30 spécialistes régionaux et nationaux traiteront des enjeux sanitaires, des facteurs de risques et des démarches de prévention. Ce colloque qui attend 300 participants a été initié dans le cadre du PRSE. Il est organisé par la DRASS, la DRTEFP, la DDASS de la Gironde et l’Afsset en collaboration avec la Mutualité Française d’Aquitaine et de Gironde, l’ARAMSA et la CRAM Aquitaine. Zoom Asthme et travail Pollens sous surveillance En Aquitaine, le R.N.S.A. (Réseau National de la Surveillance Aérobiologique) dispose de 4 capteurs qui permettent d’assurer la surveillance du contenu de l’air en pollens. Ils sont situés à Agen, Bayonne, Bordeaux et Pau. Les analyses de ces capteurs sont réalisées par le R.N.S.A. au sein du C.R.E.M.E.M. (Centre de REssources en Microscopie Electronique et Microanalyse) à l’université de Bordeaux. En croisant les données des capteurs avec les informations du réseau de médecins sentinelles et l’état de la floraison des plantes, le R.N.S.A. élabore des bulletins allergo-polliniques hebdomadaires destinés au corps médical, aux autorités de santé et aux patients allergiques. Ces derniers ont à leur disposition le site www.pollens.fr, soit pour consulter les bulletins hebdomadaires par ville ou par pollen, soit pour s’inscrire au système d’alerte gratuit. Par ailleur, le R.N.S.A. a élaboré un guide destiné aux paysagistes, aux urbanistes et aux patients allergiques pour choisir des espèces végétales à caractère urbain ou péri-urbain peu allergènes. Ce guide est disponible sur internet sur le site web : www.vegetation-en-ville.org. Mme Dupuy - M. Thibaudon / RNSA - CREMEM Conseil à domicile L’intervention d'un conseiller médical en environnement intérieur au domicile d'un patient allergique s’effectue à la demande du corps médical, le plus souvent de l’allergologue ou du pneumologue qui le suit. Il s’agit pour le conseiller d’identifier avec la personne certains aérocontaminants et leur source, de mesurer les paramètres tels que l'humidité, la température, de déterminer les éventuels lieux de concentration des allergènes de la maison parfois méconnus ou insoupçonnés. Une attention particulière est portée à l'éviction des acariens responsables d'environ 80% des asthmes d'origine allergique et présents dans la poussière du matelas, de la moquette... Les conseils sont adaptés à chacun et viennent en complément de ceux donnés par le médecin lors de la consultation. Au final, ce travail d’évaluation permettra au médecin de mieux cibler le traitement et au patient de disposer de conseils pratiques adaptés à son logement et à son mode de vie. Mme D. Raynaud / DDASS de la Gironde L’impact de la pollution En Aquitaine, un partenariat entre la CIRE* et SOS Médecin permet de suivre l'évolution des crises d'asthme sur les agglomérations de Bayonne, Bordeaux et Pau. Ce suivi peut également permettre des études ponctuelles comme le travail mené sur la relation entre les niveaux de pollution atmosphérique urbains et la survenue de crise d'asthme. Il a été en effet prouvé par de nombreux travaux internationaux qu’une augmentation, même faible, des niveaux de pollution en milieu urbain était associée à une augmentation des crises d’asthme. Une étude dans quatre villes européennes (Barcelone, Helsinki, Londres et Paris) a montré qu’une augmentation de 50 µg/m3 de dioxyde d’azote était significativement associée à une augmentation de 2,9% des hospitalisations journalières pour asthme chez l’adulte. Les études épidémiologiques n’ont pas permis d’identifier un seuil en dessous duquel, il n’y aurait aucun effet. Par ailleurs, la question du rôle de la pollution sur l’incidence de l’asthme est toujours posée car seules de rares études ont mis en évidence qu’une exposition chronique à la pollution atmosphérique pouvait entraîner l’apparition de l’asthme. Face à ces constats, la démarche menée par la CIRE et SOS Médecin permettra de disposer de données locales sur cette pathologie, de rechercher d'éventuels liens avec les facteurs de risque environnementaux et de suivre les tendances à court, moyen et long termes. M. Filleul / Cellule Inter-Regionale d’Epidémiologie* (CIRE) Réalisation : O tempora - 05 56 81 01 11 - Crédit photos : D.R. L’asthme est une affection fréquente chez l’adulte. Les relations entre cette pathologie et le milieu de travail sont complexes et se situent entre la prévention aux expositions professionnelles et l’adaptation du poste de travail. Le médecin du travail, qui est l’interlocuteur privilégié du salarié et de l’employeur peut être confronté à 2 grands types de situation : - l’apparition d’un asthme en cours d’activité professionnelle, dont l’initiation est spécifiquement liée à l’environnement professionnel (farine, isocyanates persulfates… des centaines d’aérocontaminants professionnels ont été identifiés) ; - l’aggravation d’un asthme ayant une origine extra-professionnelle connue (par exemple asthme pollinique ou lié aux acariens), mais dont les manifestations cliniques sont : . soit en rapport avec l’hyper-réactivité bronchique déclenchée par l’environnement du travail (effort, froid, irritant respiratoire) ; . soit en rapport avec la présence dans le milieu de travail d’un allergène identique ou proche (allergie croisée) à celui qui est initialement responsable de cet asthme ; . soit en rapport avec une nouvelle sensibilisation à un autre allergène présent dans l’environnement de travail. Toutes ces situations vont poser au médecin du travail un problème de diagnostic, de réparation (lorsque l’origine professionnelle est établie) et dans tous les cas de maintien dans l’emploi. La prévention reste la réponse la plus adaptée par la substitution des produits asthmogènes ou par la maîtrise des expositions aux aérocontaminants. Pr Brochard / CHU de Bordeaux Pour plus d’informations sur le PRSE Aquitaine, consultez sur le site de la DRASS et des DDASS d’Aquitaine (www.aquitaine.sante.gouv.fr) : le document complet du PRSE, la plaquette de présentation du PRSE, le rapport d’évaluation 2006. e n p a r t e n a r i a t a v e c