Le psoriasis ou comment vivre avec cette dermite capricieuse

Transcription

Le psoriasis ou comment vivre avec cette dermite capricieuse
L’esthétique et la santé de la peau : dermocosmétiques et médicaments
Le psoriasis
ou comment vivre avec cette dermite capricieuse !
3
Eva Coulibaly et Isabelle Marcil
Monsieur von Zumbusch vient vous voir à votre cabinet. Il présente des plaques rouges recouvertes
de squames sèches sur les coudes, les genoux, le nombril et le cuir chevelu ainsi qu’une irritation rebelle du pli interfessier. Le diagnostic le plus probable est le psoriasis. « Pourquoi est-ce que ces plaques
reviennent toujours ? Est-ce dangereux pour ma femme qui est enceinte? »
Le patient est très satisfait des résultats des premiers traitements, mais les lésions récidivent quelques
semaines plus tard. « Pourquoi le traitement est-il inefficace ? Dois-je encore changer de crème ? »
L
E PSORIASIS est une maladie in-
flammatoire à prédisposition
génétique caractérisée par la présence de papules ou de plaques
érythémateuses recouvertes de
squames argentées. Le psoriasis
touche de 1 % à 3 % de la population mondiale, autant les hommes
que les femmes. Il peut survenir
n’importe quand, avec des pics à
l’adolescence (16-22 ans) et entre
57 et 60 ans. On retrouve des an- Photos. Larges placards de psoriasis en plaques
técédents familiaux chez 30 % des
patients, mais plusieurs ont des formes frustes qui Formes cliniques (tableau I)
peuvent passer inaperçues.
Les lésions psoriasiques apparaissent comme des O Le psoriasis en plaques est le plus fréquent. Il se caplaques érythémateuses, très bien délimitées, recou- ractérise par des plaques de un à plusieurs centimètres
vertes de squames adhérentes qui peuvent être blan- qui peuvent être présentes sur tout le corps, mais qui
châtres ou argentées. Si elle est discrète, la desqua- ont une prédilection pour les coudes, les genoux, le
mation peut être mise en évidence en grattant la nombril, la région lombaire et le cuir chevelu. Cette
lésion. En cas de doute sur le diagnostic, on peut es- forme peut être à l’occasion légèrement prurigineuse1,2.
sayer de détacher une squame adhérente. Il devrait
Tableau I
alors se produire un saignement en petits points (le
signe d’Auspitz). Les lésions de psoriasis ont tendance
Types de psoriasis
à apparaître dans des zones qui ont subi un traumaSelon la morphologie
Selon la localisation
tisme préalable qui peut être aussi léger que le gratPsoriasis chronique en plaques
Psoriasis du cuir chevelu
tage (phénomène de Köbner).
re
La D Eva Coulibaly est résidente en dermatologie à
l’Université de Montréal. La Dre Isabelle Marcil, dermatologue, exerce à l’Hôpital Saint-Luc, à Montréal.
Psoriasis en gouttes
Psoriasis pustuleux
Psoriasis érythrodermique
Psoriasis arthropathique
Psoriasis palmoplantaire
Psoriasis inversé (plis)
Psoriasis des ongles
Le Médecin du Québec, volume 40, numéro 4, avril 2005
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O
Le psoriasis en gouttes. Il se caractérise par une
myriade de petites lésions arrondies d’au plus un centimètre, qui apparaissent rapidement. Il a un meilleur
pronostic que les autres formes. Il faut rechercher à
l’anamnèse un mal de gorge qui serait survenu dans
les 7 à 10 jours précédant l’éruption, surtout chez les
enfants et les jeunes adultes chez qui cette forme est
souvent associée à une infection streptococcique.
O Le psoriasis érythrodermique. Il se caractérise
par une rougeur généralisée et une desquamation
fine. Il peut survenir spontanément, à la suite d’une
maladie polysystémique ou encore après la prise d’un
médicament (stéroïdes généraux) ou son retrait. Le
patient peut présenter tous les signes d’une dermite
exfoliative (perte de la thermorégulation avec frissons, fièvre, signes d’une augmentation du catabolisme et stress cardiovasculaire).
O Le psoriasis pustuleux. Il peut se présenter de façon localisée sur les paumes et les plantes ou sur les
plaques de psoriasis. Une forme rare généralisée (syndrome de Zumbusch ou von Zumbusch psoriasis) est
caractérisée par une myriade de petites pustules stériles recouvrant de fines plaques de psoriasis déjà
présentes. C’est une forme qui touche surtout les patients dans la cinquantaine. Elle peut être fatale si
elle n’est pas traitée, entre autres à la suite des complications généralisées d’une hypovolémie relative
(hypoalbuminémie grave associée à une insuffisance
rénale et hépatique secondaire).
O Le psoriasis arthropathique. De 5 % à 10 % des
patients atteints de psoriasis vont souffrir d’une arthrite séronégative. Cette forme se caractérise par une
atteinte mono- ou polyarticulaire, touchant de façon
préférentielle les doigts et les orteils, leur donnant un
aspect « en saucisses ». La plupart des patients dont
l’arthrite est asymétrique vont avoir une maladie au
cours plutôt bénin, mais la moitié des malades dont
l’arthrite est symétrique vont avoir une forme progressive et lentement destructrice.
Sur certaines zones, le psoriasis peut avoir un aspect particulier.
O Le cuir chevelu est atteint très fréquemment.
Le psoriasis s’y présente sous forme de plaques
épaisses bien délimitées, souvent plus résistantes
aux traitements.
O Les plis cutanés. Les aisselles, les aines, le pli interfessier et la région sous-mammaire peuvent être
atteints isolément ou dans le cadre d’un psoriasis en
plaques classique. Dans ces régions, les plaques ont
des bordures nettes, leur rougeur est uniforme sur
toute la zone atteinte et l’aspect squameux y est souvent absent. Les fissures sont fréquentes.
O Les ongles. La moitié des patients souffrant de
psoriasis vont avoir une atteinte unguéale à un degré variable. Ils peuvent avoir des ponctuations en
dés à coudre, une accumulation de matériel kératosique sous l’ongle, des décolorations jaunâtres et
même une dystrophie complète. Chez les patients
avec atteinte de l’articulation IPD, l’ongle adjacent
est habituellement touché. L’atteinte unguéale peut
être compliquée d’une infection à dermatophytes ou
à Candida.
Évolution de la maladie
(une grande capricieuse)
Le psoriasis est habituellement chronique et imprévisible, autant en étendue qu’en durée. La plupart
des gens vont avoir une forme discrète et localisée,
mais une atteinte étendue ou même généralisée peut
survenir et empoisonner considérablement la qualité de vie du patient. Une résolution spontanée est
très rare, mais des exacerbations ou des améliorations inexpliquées sont fréquentes. Cependant, des
causes bien connues d’exacerbation sont notamment
les infections, les médicaments et les traumatismes
(tableau II).
Traitement3
Il est très important d’insister sur le fait que le
psoriasis est une maladie qui se maîtrise bien, de façon à encourager le patient à observer à ses traitements, qui peuvent parfois être contraignants. Avant
d’entreprendre un traitement, il est primordial de
l’adapter au patient en tenant compte de certains
Des causes bien connues d’exacerbation sont notamment les infections, les médicaments et les
traumatismes.
Repère
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Le psoriasis ou comment vivre avec cette dermite capricieuse !
Tableau II
Le calcipotriol (Dovonex®)
Facteurs endogènes
Formation continue
critères : les répercussions biopsychosociales de la maladie, le temps
à allouer au traitement ainsi que les
risques et les avantages de chaque
type de traitement.
Quelle que soit la gravité de la maladie, le traitement de base repose
sur les produits topiques.
Facteurs déclenchant ou exacerbant le psoriasis
Facteurs exogènes
Exemples
Facteurs physiques
Friction, pression, brûlures, cicatrices (phénomène de Köbner)
Facteurs chimiques
Toxines
Dermatoses
Zona, dermatoses inflammatoires, mycoses, impétigo,
allergies de contact
Infections
Streptocoques, VIH, staphylocoques
C’est un analogue de la vitamine D3,
Médicaments
Lithium, bêtabloquants, AINS, antipaludéens, retrait
efficace pour traiter le psoriasis locades stéroïdes, progestérone, gemfibrozil
lisé. Il est souvent suggéré comme
Facteurs endocriniens
Pic à la ménopause et à la puberté, détérioration post-partum
traitement de première ligne. La dose
Stress
Déclenchement et gravité souvent en lien avec le stress
maximale est de 100 g par semaine
Alcool
Surtout chez les hommes. Effet sur l’observance thérapeutique
(risque de lithiase urinaire et d’hyFacteurs
métaboliques
Hypocalcémie ou dialyse
percalcémie). Le calcipotriol est ofRayons ultraviolets
Photosensibilité chez 5 % des patients
fert en onguent, en crème ou en solution et doit être appliqué deux fois
par jour. Il faut éviter d’en mettre dans les plis et sur conférant une occlusion naturelle, augmentant leur
le visage, où il peut créer une irritation. Il peut être efficacité. Sur le cuir chevelu, on peut recourir aux
utilisé seul ou en association avec un corticostéroïde4. corticostéroïdes, de puissance moyenne à très forte,
Son principal intérêt est qu’il ne présente pas les ef- en lotion, en gel ou en solution. Les effets secondaires
fets secondaires des corticostéroïdes et n’entraîne pas les plus fréquents sont d’ordre cutané (atrophie qui
de tachyphylaxie (accoutumance entraînant une perte peut être réversible, télangiectasies, folliculite, verd’efficacité). Par contre, il est important de noter que getures, purpura) et sont dus à une utilisation proson début d’action est plus lent (environ six se- longée, à l’emploi d’un produit trop puissant ou à
maines). Une formulation combinant le calcipotriol une application dans des zones fragiles (visage, plis
et le dipropionate de bétaméthasone (Dovobet®) en ou sur la peau des enfants). Une autre complication
application, une fois par jour, est offerte sur le mar- fréquente des corticostéroïdes est la tachyphylaxie,
ché. Cependant, il faut être prudent lorsqu’on en fait c’est-à-dire la perte d’efficacité provoquée par une
utilisation prolongée (qui peut être notée déjà après
une utilisation à long terme.
un mois de traitement continu). Pour éviter ces
Les corticostéroïdes
risques, les corticostéroïdes doivent être utilisés de
Les corticostéroïdes peuvent aussi représenter la façon intermittente. Par exemple, le dipropionate de
première ligne de traitement. Ils sont classés selon bétaméthasone (Diprosone®) utilisé 3 fois en 24
leur puissance et se présentent sous forme de lotions, heures, puis par la suite une fois par semaine, a perde solutions, de shampoings, de crèmes, de pom- mis de maintenir l’amélioration pendant six mois
mades et de gels (tableau III). Sur le visage et dans les chez 60 % des patients comparativement à 20 % chez
plis, on utilise les corticostéroïdes de faible puissance ceux qui utilisaient le placebo5. Une autre façon de
(Ex. : Cortate®, Emo-Cort®, DesocortMD) en crème diminuer l’utilisation des stéroïdes est de les combiou en lotion. Sur le tronc, on utilise les crèmes et les ner à une autre molécule telle que le calcipotriol
onguents pour les plaques plus épaisses, leur base leur (Dovonex®) ou le tazarotène (Tazorac®).
Quelle que soit la gravité de la maladie, le traitement de base repose sur les produits topiques.
Repère
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Tableau III
Tableau comparatif de la puissance des corticostéroïdes topiques
Puissance
Nom générique
Nom de commerce
Formes
Très élevée
Propionate d’halobétasol à 0,05%
Propionate de clobétasol à 0,05%
Dipropionate de bétaméthasone
UltravateMD
Dermovate®
Diprolène®
Crème, onguent
Crème, onguent, lotion
Crème, onguent, lotion
Élevée
Amcinonide
Dipropionate de bétaméthasone
Désoximétasone
Fluocinonide
Halcinonide
Acétonide de triamcinolone
Cyclocort®
Diprosone®
Topicort®
Lidex®, Topsyn®
Halog®
Crème, onguent, lotion
Crème, onguent, lotion
Crème, onguent, gel
Crème, onguent, gel
Crème, onguent, lotion
Crème
Modérée
Valérate de bétaméthasone
Désoximétasone
Acétonide de fluocinolone
Halcinonide
Furoate de mométasone
Acétonide de triamcinolone
Prédnicarbate
Acétonide de fluocinolone
Valisone®
Topicort® doux
Synalar®
Halog® doux
Elocom®
Kenalog®
Dermatop®
Derma-Smoothe\FS®
Crème, onguent, lotion
Crème, onguent, lotion
Crème, onguent
Crème
Crème, onguent, lotion
Crème
Crème
Huile
Faible
Désonide
Acétonide de fluocinolone
17-valérate d’hydrocortisone
Acétonide de triamcinolone
Hydrocortisone à 0,5 %, à 1 %, à 2 %, à 2,5 %
DesocortMD, Tridesilon®
Synalar® doux
Westcort®
Crème, onguent, lotion
Crème, onguent, lotion
Crème, onguent
Crème, onguent
Crème, onguent
Le tazarotène (Tazorac®)
Le tazarotène est offert en gel et en crème (Tazorac®
à 0,05 % et à 0,1 %) et fait partie de la famille des rétinoïdes topiques. Tout comme le calcipotriol, il est
parfois irritant en monothérapie et est donc utilisé
en association avec les corticostéroïdes. Il est contreindiqué chez la femme enceinte6.
Les préparations à base de goudron
Les préparations à base de goudron sont rarement
utilisées de nos jours, surtout à cause de leur mauvaise
odeur et parce qu’elles sont salissantes. Elles sont surtout utilisées dans des shampoings pour traiter le
psoriasis du cuir chevelu.
L’anthraline
(Anthranol®, Anthrascalp®, Anthraforte®)
L’anthraline est un dérivé synthétique de la chrysarobine, un extrait d’écorce d’arbre. Elle est surtout
efficace pour traiter les plaques épaisses localisées.
Elle est offerte en pâte et en crème. Son principal
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Le psoriasis ou comment vivre avec cette dermite capricieuse !
Cortate®
désavantage réside dans son côté salissant (elle salit
autant la peau, les vêtements que la baignoire) et
dans son caractère irritant.
Le tacrolimus (Protopic®)
Le tacrolimus n’est pas indiqué dans le traitement
du psoriasis en plaques, mais peut être parfois utilisé
dans certains cas de psoriasis des plis et du visage et
parfois pour traiter le psoriasis chez l’enfant.
La photothérapie
Il est connu depuis longtemps que le soleil améliore le psoriasis. On peut donc recommander à nos
patients de s’exposer de façon prudente aux rayons
solaires, en évitant les heures de rayonnement trop
intense et en les mettant en garde contre les effets
d’un abus. Trois types de photothérapie sont utilisés par les dermatologues : les ultraviolets B à large
spectre, les ultraviolets B à spectre étroit et la
PUVAthérapie (association de psoralène et d’ultraviolets de type A).
Tableau IV
Formation continue
La photothérapie est très intéressante dans les cas de psoriasis étendu
ou en gouttes. De plus, les rémissions provoquées par la photothérapie sont de loin plus durables que
celles que l’on obtient avec les traitements topiques7. Le principal désavantage demeure le fait que le patient doit se déplacer en moyenne
trois fois par semaine, environ 23 fois
dans le cas des UVB, pour recevoir
un traitement qui ne prend que quelques minutes. La photothérapie est
souvent utilisée parallèlement à des
agents topiques ou généraux.
Psoriasis du cuir chevelu
Traitement
Inconvénients
Shampoings au goudron
Odeur désagréable, risque théorique
de carcinogénicité
Stéroïdes topiques de puissance modérée
à forte (solution, lotion ou shampoing)
Tachyphylaxie (accoutumance),
atrophie de la peau du visage et du cou
Solution de calcipotriol
Effet lent, possibilité d’irritation faciale
Produits kératolytiques : acide salicylique
à 10 % dans de l’huile minérale
Possibilité d’irritation, risque de
salicylisme chez les enfants
Associations de produits kératolytiques et
de corticostéroïdes : Nerisalic®, Diprosalic®
Coût plus élevé
Psoriasis étendu ou grave
Le traitement du psoriasis étendu est habituellement fait par un spécialiste. Il associe une rotation
et une association de traitements topiques, de photothérapie et de traitements généraux comme le
Méthotrexate®, l’acitrétine (Soriatane®), la cyclosporine (Neoral®), l’hydroxyurée et le mofétilmycophénolate (CellCept®).
Psoriasis du cuir chevelu (tableau IV)
Les shampoings au goudron (Sebcur®, T/Gel®,
Polytar® AF, Kertyol®, etc.) sont à la base du traitement. On peut les faire suivre d’une application de
corticostéroïdes en solution ou en lotion (Cyclocort®,
Valisone®,etc.) ou de Dovonex® en lotion. Lorsque
les squames sont très épaisses, on peut utiliser un
produit kératolytique contenant de l’acide salicylique (huile salicylée à une concentration de 10 % à
15 % [Nerisalic®, Diprosalic®]) ou de l’huile cortisonée (Derma-Smoothe/FS®).
Psoriasis des ongles8
Le psoriasis des ongles représente un défi thérapeutique même pour le spécialiste. Il s’améliore souvent de façon concomitante à l’atteinte cutanée ou
par des traitements généraux. Habituellement, les
stéroïdes topiques sont peu efficaces, mais peuvent
être employés sous occlusion en enlevant préalablement, si possible, l’hyperkératose sous-unguéale. Le
calcipotriol en crème appliqué sur les cuticules et en
solution sous l’ongle est décrit aussi comme étant
modérément efficace. Lorsque l’ongle est très hypertrophique et nuit à la marche ou blesse le patient,
on peut utiliser de l’urée à 40 % jusqu’à l’avulsion
chimique de l’ongle et appliquer, par la suite, un stéroïde topique. Il est important de se rappeler que
25 % des ongles atteints de psoriasis deviennent infectés par des dermatophytes ou des levures.
Psoriasis des plis et du visage
Le psoriasis des plis est souvent difficile à traiter à
cause du caractère
Tableau V
irritant de plusieurs
traitements et du
Psoriasis des plis et du visage
risque d’atrophie
O Corticostéroïdes faibles
cutanée associé aux
(Ex. : Cortate®, Desocort®, Westcort®)
corticostéroïdes. Par
6 Canesten® ou Nizoral®
ailleurs, il est imporO Protopic® ou Elidel® topique
tant de se rappeler
qu’il est souvent asO Dovonex® (attention au risque d’irritation,
faire un essai sur une partie restreinte
socié à une infection
pendant trois jours avant de l’appliquer
secondaire par des
sur toute la surface)
levures (tableau V).
Les rémissions provoquées par la photothérapie sont de loin plus durables que celles que l’on obtient par les traitements topiques.
Repère
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Traitements expérimentaux
Les anticorps monoclonaux et les protéines hybrides (fusion proteins) ciblant les lymphocytes T
activés ou les cytokines commencent à arriver sur
le marché. Leur utilisation semble prometteuse. Ils
comprennent l’aléfacept (Amevive®), l’éfaluzimab
(Raptiva®), les anticorps antiTNF alpha tels que
l’infliximab(Remicade®) et l’étanercept (Enbrel®)9.
Médecines douces
En 1990, un sondage effectué en Norvège montrait
que 42,5 % des patients atteints de psoriasis utilisaient
une forme quelconque de médecine douce. Les patients s’y tournent encore plus si le traitement classique ne permet pas de maîtriser leur maladie.
O Les herbes chinoises. Certaines études semblent
indiquer une certaine efficacité des herbes chinoises,
mais leur vente n’est pas réglementée et leur innocuité à long terme est inconnue. Des cas d’hépatotoxicité ont été décrits avec certaines herbes chinoises.
O La mer Morte en Israël. La mer Morte est située
à 390 m sous le niveau de la mer, ce qui permet d’éliminer du spectre solaire les UVB responsables des
coups de soleil. C’est une eau très riche en sels et en
minéraux, surtout en chlorure de magnésium, de
sodium, de calcium et de potassium ainsi qu’en bromure. Une exposition solaire progressive, suivie d’un
bain dans la mer Morte donne une amélioration très
significative et durable.
O
Les acides eicosapentanoïques (EPA). Chez les
Inuits, dont le régime alimentaire est riche en huiles
de poisson, l’incidence du psoriasis est faible. Des
études non contrôlées montreraient un taux de réponse de 50 % au traitement par les huiles de poisson. Le principe actif de ces huilesserait l’EPA qui
entraîne une surproduction de leucotriène A5, inhibant ainsi la production de leucotriène B4 plus inflammatoire. D’autres études semblent indiquer
qu’une diète riche en huiles de poisson (170 g/j pendant six semaines) entraînerait une amélioration
modeste (15 %) du psoriasis.
D
E NOS JOURS, le psoriasis est une maladie qu’il est
possible de très bien maîtriser. Lorsque le diagnostic est incertain, ou dans les cas de psoriasis
étendu ou pustuleux, de psoriasis instable ou de psoriasis réfractaire aux traitements, il est important de
diriger le patient en dermatologie. 9
Date de réception : 4 octobre 2004
Date d’acceptation : 9 février 2005
Mots-clés : psoriasis, traitement, corticostéroïdes, calcipotriol
Bibliographie
1. Baker B, Bokth S, Powles A, Garioch JJ et coll. Group A Streptococcal
antigen-specific T lymphocyte in guttate psoriatic lesions. Br J Dermatol
1993; 128 (5): 493-9.
Summary
Psoriasis: a bothersome dermatitis. Psoriasis is a genetically-determined skin disease affecting 1% to 3% of the world population. It is characterized by well-demarcated erythematous and scaly plaques affecting typically the elbows, the knees, and
the scalp. It is a chronic disease with an unpredictable progression. Infections such as strept throat and some medications
are well-known exacerbation factors.
There are five clinical patterns. The most common is the plaque type, characterized by 1 to many centimeter plaques on localized areas of the body, or widespread. Guttate psoriasis is characterized by hundreds of small ,1 cm papules or plaques
arising acutely, often caused by a strept throat infection. Erythrodermic, pustular and arthropathic psoriasis are less common clinical patterns.
The treatments of psoriasis have to be adapted to the patient. The first line of treatment is topical therapy. Corticosteroids
are available in different bases and strengths. The major side effects are atrophy, telangiectasias, folliculitis, strias, and purpura. Another complication is tachyphylaxis (loss of effectiveness after continuous use). To avoid those side effects, the lowest strengths should always be used on the face and flexures, and treatments should be applied intermittently. Other topical treatments such as calcipotriol, tazaroten, anthralin, tar, and tacrolimus are discussed as well as phototherapy and systemic
treatments.
Keywords: psoriasis, treatment, corticosteroids, calcipotriol
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Lectures suggérées
O
O
O
O
Lebwohl M, Ali S. Treatment of psoriasis.
Part 1. Topical therapy and phototherapy.
J Am Acad Dermatol 2001; 45: 487-98.
Chu T et coll. Psoriasis (Current issues
in dermatology). 2e éd. Maxim Medical
1999.
Benohanian A, Bissonnette R, Gilbert M,
Guenther L, Ho V, Lynde C, Poulin Y,
Veilleux B, rédacteurs. Le psoriasis : directives de pratique clinique à l’intention
des médecins canadiens. Le Clinicien
1999 : (Encart).
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www.fmoq.org
Formation continue
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9. Granstein RD. New treatments for psoriasis. N Eng J Med 2001 ; 134 : 1101-2.
La formation sur grand écran !
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a entièrement redessiné son site
Internet, vous permettant maintenant de visionner de courtes vidéos de formation sur l’écran de
votre ordinateur. Ces vidéos
viennent compléter certains
des articles de formation médicale continue du Médecin
du Québec. Vous trouverez la
banque de vidéos sous l’onglet
Formation professionnelle du
menu principal de la page d’accueil du site de la FMOQ, dans
la section Outils de formation et
la sous-section Boîte à outils.
Pour bien voir, il faut le bon programme
O Les extraits vidéos peuvent être lus par l’utilitaire Windows Media Player version 9.0 ou plus, pour
Windows ou pour Macintosh ;
O Pour télécharger la version la plus récente de Windows Media Player pour Windows, allez sur le
site de Microsoft au www.microsoft.com ;
O Windows Media Player pour Macintosh peut être téléchargé à partir de www.microsoft.com/windows/ windowsmedia/software/Macintosh/osx/default.aspx
En basse ou en moyenne définition ?
O Une version en basse définition (moins de 1 Mo par séquence) et une autre en moyenne définition
(de 6 Mo à 8 Mo) vous sont offertes pour chaque vidéo ;
O La différence entre la basse et la haute définition consiste en deux éléments :
L La durée de téléchargement est moins longue pour le vidéo en basse résolution ;
L La grosseur de l’écran vidéo est plus petite en basse résolution et la qualité est moindre ;
O Si vous avez une connexion Internet haute vitesse, choisissez d’emblée la moyenne définition. Si toutefois vous avez un modem téléphonique ordinaire (56 Ko/s ou moins), vous pouvez télécharger d’abord
la version à basse définition pour vérifier l’intérêt de la vidéo (temps de téléchargement : environ 5 minutes) puis, le cas échéant, la moyenne définition (temps de téléchargement : environ 30 minutes).
De petits trucs
O Si vous prévoyez regarder les vidéos plus d’une fois, sauvegardez-les sur votre poste d’ordinateur
au lieu de les télécharger chaque fois. Voici deux façons de procéder :
L Une fois sur la page Internet contenant la liste des vidéos, choisissez l’extrait que vous voulez et
cliquez sur l’icône vidéo avec le bouton de droite de votre souris. Sélectionnez Enregistrez la
cible sous et sauvegardez-le sur votre Bureau.
L Lancez la vidéo qui vous intéresse. Lorsqu’elle est commencée, allez dans le menu Fichier de la
fenêtre de Window Media Player et sélectionnez Enregistrer le média sous et sauvegardez-la sur
votre Bureau.
De cette façon, vous pourrez les consulter directement à partir de votre ordinateur sans devoir
passer par le site de la FMOQ.
O Il est possible, malgré que vous ayez les bons programmes de visionnement, que vous soyez incapables de regarder les vidéos : il peut s’agir d’un problème de configuration de votre ordinateur ou
de votre fureteur Internet. Si cela vous arrive, essayez la méthode décrite ci-dessus pour télécharger la vidéo directement sur votre ordinateur et visionnez-la à partir de votre poste. Il peut s’agir de
la première piste de solution.
N’oubliez pas que ces vidéos sont protégés par des droits d’auteur au même titre que les articles du
Médecin du Québec.
N’hésitez pas à communiquer avec nous par courriel à [email protected] pour plus de renseignements.
Bon visionnement !
Stéphanie Gaucher
Conseillère en communication à la FMOQ
Le Médecin du Québec, volume 40, numéro 4, avril 2005
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