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E ................................. TOURIS M ................................. D'Oran à Alger Retour sur un circuit coup de cœur Des touristes français ont effectué, du 21 au 23 novembre 2007, un voyage en Algérie qui les a menés d’Oran à Alger via Tlemcen, Sidi Belabbès, Mostaganem et Tipaza. Organisé par Four Winds Travels, Filiale du TCA, cet itinéraire, au-delà des clichés, a dévoilé aux visiteurs un pays méconnu et authentique, loin des circuits touristiques classiques et du tourisme de masse. Si pour certains, ce voyage était une seconde fois, certains sont nés en Algérie, d’autres y ont séjourné lors d’un précédent voyage ou encore comme Jean, qui a effectué son service militaire en Algérie et qui militera par la suite contre la colonisation. Tous repartiront avec un CD d’Idir et… avec en tête l'idée de revenir ! Trois jours à Alger Nous avons accompagné ces touristes durant les trois derniers jours de leur “périple” en Algérie. Avec eux nous avons partagé des moments remplis de paysages et de moments extraordinaires où les mots pour les décrire sont difficiles à trouver car ils parlent d’émotions et de coups de cœur, le tout accompagné par d’“Avava Inuva”, la bonne humeur d’Amirouche, le chauffeur et la disponibilité de Zinnedine. Lors de cette visite, l’itinéraire spécialement conçu par FWT et chapeauté par Zinneddine Mokrani a révélé les richesses, succession de civilisations éternelles et souvent méconnues par le grand public, d’Alger et de ses environs qui offrent un choix aussi vaste que diversifié d’excursions. Alger peut se targuer de pouvoir offrir une triple dimension : historique, paysagère et panoramique. Tipaza l’antique Premier point de cette visite, un joyau de l’histoire niché entre le mont Chenoua et la méditerranée : la ville de Tipaza. Classée au patrimoine mondiale de l’humanité en 1982, l’antique, la magnifique, l’éternelle Tipaza s’est offerte le temps d’une matinée à ses visiteurs dévoilant, sous un soleil éclatant en cette matinée de novembre, ses splendeurs qui sommeillent, depuis des milliers d’années, au bord d’une mer limpide et scintillante. “Contrairement à des sites en Grèce ou en Egypte, ici, ce n’est pas “standardisé”, nous confie Jacques, “il n’y a pas de vendeurs de pacotilles qui vous Le Palais des Raïs. Jan / Fév 2007 N° 10 22 La Casbah. interpellent à tout bout de champ. Nous avons tout le loisir de visiter, regarder, méditer…” Il est vrai que l’endroit se prête à la méditation... et à la marche à pied ! Après avoir parcouru tous les sentiers et crapahuté pour arriver à la grande Basilique chrétienne, le groupe fait une pause devant “la stèle d’Albert Camus”. Chacun voulant poser devant cette pierre brune qui fait face à la mer, et où l’auteur de “L’Etranger” a sculpté les mots suivants : “Je comprends ici ce qu’on appelle la gloire : le droit d'aimer sans mesure” “Nous sommes heureux de visiter un pays dont on parle si peu. On parle beaucoup de la Tunisie et du Maroc mais très peu de l’Algérie, pourtant c’est un pays magnifique.” nous confie Jean. Une impression partagée par tous. Et c’est à petit pas que nous ressortons du site, après avoir fait une halte devant le théâtre romain. Les heures ont passé trop vite. Le groupe se retrouve devant les boutiques de souvenirs avant de visiter le petit port en chantier de Tipaza ainsi que le musée et de déjeuner ensuite au “Romana”, E ................................. TOURIS M ................................. un restaurant tout proche du site et qui a des thermes romains en guise de bordure de terrasse ! Le mausolée royal de Maurétanie La bonne humeur est au rendez-vous et fait oublier les lacunes du jeune guide qui nous accompagne. L’après midi promet une autre surprise. Le bus reprend sa route, et c’est bercé par des paysages splendides et encore “Avava Inuva” que tout le monde se retrouve au Mausolée royal de Maurétanie. Nous y rencontrons quelques jeunes en visite. Le prix de l’entrée est modique. Le mausolée, surplombant au nord la mer et au sud les terres, est bien conservé. Entre Alger et Cherchell, il est le dernier témoignage de la grande Numidie. On en fait le tour, le silence est parsemé des crissements de pas et des réflexions des uns et des autres. De forme cylindrique, le tombeau est composé de dalles de grès entourées par soixante colonnes et se termine en forme conique, avec des gradins faits de dalles. Quatre fausses portes, aux quatre points cardinaux, portent au niveau de leurs encadrements des croix, sans doute l’origine de l’ancienne appellation de “Tombeau de la Chrétienne”. Les appareils photo crépitent. Les commentaires vont bon train, au loin le soleil commence à décliner. Tipaza, le Cardo. La casbah : de Serkadji à cuit pittoresque et non dénué d’intérêt, avec en prime une visite chez l’habitant. Puis ce Ketchaoua Second jour de la halte algéroise, la Casbah, classée elle aussi au patrimoine de l’humanité s’est laissée surprendre par un matin radieux faisant ressortir la blancheur des murs de la citadelle. Après s’être arrêté devant la mythique prison de Serkadji, le groupe accompagné d’une jeune guide très dynamique, s’est engagé dans un dédalle inextricable de ruelles. Et c’est à travers ces voies chargées d’histoire qu’a débuté un cir- fut chez un brocanteur, spécialisé dans les objets en cuivre, que le groupe s’est arrêté pour acheter des souvenirs, avant de s’acheminer vers “Dar Khdaouedj El Amia” qui abrite le Musée des arts traditionnels et populaires. Récemment rénové, Le palais est un véritable chef-d’œuvre. Notre guide nous explique qu’il a été offert à Khdaouedj par son père, Hassan Khaznadji, trésorier du Dey Mohamed Ben Othmane au XVIIIème siècle. “La jeune femme, ajoute encore le guide, aurait, selon la légende, perdu la vue à force de se contempler des journées entières dans son miroir”. Après le calme et les splendeurs du palais, les touristes retrouvent la lumière éclatante du soleil et les bruits de la basse casbah pour admirer l’architecture surprenante de la mosquée Ketchaoua, mélange romano-byzantin et turco-arabe. Alger encore et toujours Auparavant, le début de matinée a été consacré à la visite du quartier de Bologhine (ex-Saint Eugène) où tout le groupe a accompagné Josiane qui y est née, dans son pèlerinage sur les lieux de son enfance. L’émotion était palpable, partagée par tous et c’est les larmes aux yeux que cette native d’Alger a pu revoir la plage, les Dîner entre amis après une journée de route. Jan / Fév 2007 N° 10 23 E ................................. rochers et les rues qui l’ont vue grandir. Le bus se dirige ensuite vers la basilique Notre Dame d’Afrique. De là, nous pouvons admirer la vue panoramique qui s’offre au regard. Le parvis est rempli de monde, hommes, femmes et enfants, des gens du quartier pour la plupart, qui viennent goûter ici un moment de détente, pour les adultes ou jouer pour les plus jeunes. La visite a permis à chacun d’admirer les décorations de la basilique, dont toute une partie est consacrée à Saint Augustin, l’évêque d’Hippone. Le reste de l’après midi est réservé aux rues de la capitale, où les touristes ont pu acheter des souvenirs et des cartes postales avant de visiter la grande poste et de rester en admiration devant cette architecture hors du commun pour une telle fonction. La soirée se terminera par un dîner de gala auquel seront conviés des membres de la FNTR. Le palais des Raïs, cadeau du TCA Le dernier jour, alors que rien n’était inscrit au programme de la journée sinon l’accompagnement à l’aéroport, le TCA a décidé d’offrir une dernière excursion au groupe. Une escapade à travers la capitale qui se terminera par une virée gourmande à “La Bieroise”, une pâtisserie fine où une dégustation nous est offerte et c’est les bras chargés de gâteaux traditionnels que le groupe s’acheminera vers l’aéroport. Auparavant, nous aurons visité Maqam Ech chahid, Riadh El Feth, Belouizdad, à la recherche du quartier où vécu Albert Camus, et cerise sur le gâteau, cadeau du TCA en ce dernier jour, la visite du Palais des Rais (le bastion 23), autre trésor de la capitale. Sur place un guide nous accueille et nous fait visiter un des trois palais que renferme l’édifice. C’est là, un véritable trésor d’architecture que le groupe, ainsi que d’autres touristes étranger Pâtisserie à El Biar. TOURIS M ................................. Tipaza, photo de groupe devant la basilique chrétienne. que nous avons rencontrés sur place, découvrent. Notre guide nous explique que Le Palais des Raïs qui compte parmi les plus importants monuments historiques d’Alger, représente l’un des derniers vestiges qui attestent du prolongement de la Médina jusqu’à la mer, à l’époque ottomane. La pluie commence à tomber en cette fin d’après midi, et c’est sous cette pluie fine que le bus se dirige vers l’aéroport Houari Boumedienne, dernière étape de ce circuit qui aura laissé à tous des impressions chaleureuses et pour certains l’envie de revenir. “Quand j’ai dit à ma sœur qui venait de partir aux USA, que je partais en Algérie, (rire) elle a dit “Mais qu’est ce que tu vas faire là bas ?” nous confie Guy de Toulouse, qui continue “Je ne suis pas déçu d’avoir fait le voyage. Nous sommes aussi là pour” témoigner “que ce pays mérite d’être visité…” Pour Jacques, le “leader” du groupe, “c’est une expérience à renouveler et nous avons eu raison d’organiser ce petit voyage !” Cette escapade en Algérie, se terminera avec une photo de groupe et une tonne d’émotion. Organisé par FWT, filiale du groupe TCA (Touring Club Algérie), ce circuit, comprend le billet d’avion, l’hébergement, la restauration et un programme culturel (excursions, circuit touristique…). Selon Zineddine Mokrani, l’agence a réussi à fidéliser ses clients, à travers des formules attrayantes et chaque fois développées. Pour lui “la commercialisation d’un pro- Jan / Fév 2007 N° 10 24 duit est une affaire de terrain. “Plus qu’une devise, c’est en effet sur le terrain que nous avons rencontré ce directeur d’agence, au milieu des touristes, veillant à ce que tout se passe dans les meilleures conditions possible. L’agence se spécialise dans les voyages par route notamment. “Par bus l’ambiance est tout autre. Si le montage du produit est difficile en raison du manque de structures touristiques, la convivialité, les liens créés, le partage et les amitiés qui se nouent durant le voyage par route compensent largement “les petits travers” ”, nous explique encore Zineddine Mokrani. Une compensation que nous ne saurions contester tant nous avons été ravis d’avoir partagé ces moments très particuliers, faits d’amitié, de partage et d’émotion. FWT Agence Menani 30, rue capitaine Menani Alger Tel : (021) 65 72 44 66 85 04 Fatima Haddab Le Palais des Raïs.