MADAGASCAR - Projet Pôle Intégrés de Croissance
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MADAGASCAR - Projet Pôle Intégrés de Croissance
Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3 L’État des lieux 3.1 Le produit touristique 3.1.1 L’infrastructure liée au tourisme Afin de pouvoir développer une industrie du tourisme réussie et durable, l’infrastructure du transport (international et national) devra être l’une des premières priorités. La grandeur de l’île exige un réseau aérien efficace. Le transport routier et ferroviaire doit être amélioré d’urgence pour que les touristes internationaux et nationaux ne dépendent pas uniquement du transport aérien. Qui plus est, le voyage par train permet aux touristes de voir le paysage et de faire des arrêts d’une nuit. Le transport ferroviaire devient ainsi plus qu’un simple moyen de transport et avec une bonne stratégie de marketing peut représenter un attrait touristique unique. Accessibilité Vols internationaux Il y a actuellement un total manque d’options pour les vols de l’étranger, le seul centre européen étant situé à Paris. Les vols des autres pays passent par des pays avoisinants comme par exemple l’Afrique du Sud, l’Ile Maurice ou le Kenya (une fois par semaine). Le nombre de compagnies aériennes ayant des vols sur Madagascar est également limité. Il n’y a que deux lignes qui se partagent les vols aller/retour de l’Europe: la ligne nationale Air Madagascar avec ses 3 vols par semaine et Air France avec 4 vols par semaine. Pendant la saison de pointe entre le 21 juin et le 20 septembre, Air Madagascar a l’intention d’offrir un aller/retour supplémentaire entre Antananarivo et Paris. Air Madagascar a aussi prévu une correspondance sur Milan et une autre sur Bangkok (non confirmées à ce jour, janvier 2004). Corsair, un subsidiaire de Nouvelles Frontières propose depuis peu un vol hebdomadaire entre Paris Orly et Antananarivo. Au départ Corsair n’offrait qu’un vol par semaine mais un deuxième vol est offert actuellement dans le cadre d’un essai jusqu’en octobre. La ligne aérienne utilise cette correspondance avec un vol charter depuis 1996. Air Madagascar propose actuellement deux vols hebdomadaires de Johannesburg à Antananarivo en collaboration avec Inter Air. Inter Air offre également une correspondance indépendante sur la même voie aérienne. La South African Airways (SAA) avait autrefois un vol de Durban à Antananarivo mais ce service n’existe plus. Air Madagascar offre aussi un vol aller/retour sur Nairobi une fois par semaine. Air Madagascar propose de nombreuses correspondances aériennes avec les îles voisines. Qui plus est, Air Austral, un subsidiaire d’Air France basé à la Réunion, offre des vols réguliers entre La Réunion et Antananarivo: 3 fois par semaine avec Air France et une seule fois. Air Mauritius propose également des vols hebdomadaires ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 12 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR entre l’île Maurice et Madagascar (3 fois par semaine). Un service sur les Comores attend toujours d’être lancé. Les vols sur les aéroports nationaux de Madagascar, tels Nosy Be, Toamasina et Toliara, ne sont que partiellement possibles. Le gouvernement malgache, pour des raisons de sécurité, a suspendu l’autorisation de vols de la mi-2002 jusqu’à fin février 2004. De ce fait, tous les vols, internationaux comme nationaux, doivent atterrir à Antananarivo. Cette suspension des vols a évidemment dérangé l’industrie du tourisme et bien que le processus de ré-autorisation ait recommencé, il reste assez lent. La réouverture des aéroports à des lignes aériennes internationales fait preuve d’un nouvel effort de la part du gouvernement malgache pour résoudre les problèmes d’accessibilité – qui sont déjà un obstacle à l’industrie du tourisme. Pour les touristes qui veulent voir les alentours et visiter les îles voisines, le ‘passeport aérien’ de l’Océan indien offre une alternative intéressante. Les voyages entre les différentes îles peuvent être réservés à des taux concurrentiels. Les problèmes principaux En plus du manque de correspondances, d’autres problèmes / difficultés doivent être signalés: Le prix d’un billet d’avion Les billets intercontinentaux sont assez coûteux et, en plus, le prix des vols nationaux représente une grosse partie du budget de voyage des touristes. Air Madagascar doit, pour des raisons politiques, opérer des vols nationaux qui ne font aucun profit. Ces vols seront suspendus dès que les nouvelles routes prévues s’ouvriront aux régions en question. L’affiliation à l’IATA La réintégration d’Air Madagascar à l’IATA a été complétée pendant l’été 2003. Avant cela, Air Madagascar n’était pas membre de l’IATA et les services de compensation et de cabotage étaient très très coûteux. La politique ciel ouvert Une politique de ciel ouvert n’est ni suivie, ni projetée bien que l’industrie du voyage la souhaiterait afin d’améliorer l’accès et de faire baisser les prix. La libéralisation du trafic aérien qui avait été entamée en 1997 n’a pas eu grand succès. Le seul transporteur aérien qui ait essayé, sans trop de succès d’ailleurs, d’offrir des vols réguliers était TAM, subsidiaire d’Air Madagascar. Beaucoup de petites lignes proposent aussi un service de “vols taxis” ou de transport de fret léger, principalement d’Antananarivo mais Air Madagascar reste le seul opérateur de vols réguliers nationaux et régionaux. Air Madagascar reçoit le soutien des secteurs privés et publics et le gouvernement s’est engagé à empêcher la faillite à tout prix afin de pouvoir vendre la ligne plus tard à profit. Qui plus est, Air Madagascar ne doit pas payer les frais d’usage pour les aéroports nationaux (comme doivent le faire les autres lignes aériennes) puisque cette infrastructure lui appartient. Jusqu’à ce que le secteur ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 13 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR aérien devienne plus équitable, cet avantage injuste pour la concurrence continuera à fermer le marché à de nouveaux joueurs. L’aéroport d’Ivato à Antananarivo Les services offerts doivent être améliorés d’urgence. Actuellement l’aéroport ne peut pas servir un grand nombre de voyageurs à la fois par manque de capacité et à cause des longues procédures d’arrivée et de départ. Qui plus est, un contrôle souvent aléatoire à la douane est mal vu par les touristes. Ce qui énerve encore plus les visiteurs étrangers c’est la façon dont beaucoup de personnes peuvent complètement éviter la douane si elles connaissent personnellement le douanier ou le policier de service qui fait en sorte de ne rien voir! Comparés aux normes internationales, les procédures existantes doivent être revues afin de pouvoir recevoir des vols long courrier. La capacité de l’aéroport est très faible, ce qui fait que la procédure pour les arrivées et les départs est très lente. Les voyageurs doivent montrer leur passeport quatre fois en moyenne et des officiers sans scrupules acceptent des “cadeaux” pour accélérer la procédure. Les douaniers n’ont qu’un scanner à leur disposition pour vérifier les bagages. A son arrivée le visiteur doit s’attendre à au moins une heure et demie pour le contrôle du passeport et de ses bagages (l’enregistrement des ordinateurs et des appareils photos est particulièrement lent et manque de professionnalisme). Il faut ensuite compter environ une heure pour arriver au centre d’Antananarivo, suivant la circulation. Le prix du kérosène Vu le prix élevé du kérosène à Madagascar, Air Madagascar atterrissait autrefois à Mombasa au Kenya, pour se ravitailler, ce qui prolongeait bien sûr la durée du vol. Depuis avril 2003, Air Madagascar offre un vol sans escale entre Antananarivo et Paris. Les croisières Madagascar est actuellement sur l’itinéraire de plusieurs lignes de croisière, dont: African Safari, Hebridean Island Cruises et Saga. Actuellement, les bateaux ne font que brièvement escale à Nosy Be et Nosy Komba. Il est évident qu’il faudra une meilleure infrastructure du port pour permettre aux grands bateaux de croisière d’accoster. Également important comme condition préalable serait l’infrastructure des prestations à terre. Celle-ci doit être excellente puisque le temps passé sur terre est relativement court, environ 9 heures actuellement. Les visiteurs entreprennent d’habitude des visites guidées ou font des sports nautiques comme la plongée. Ils passent aussi du temps à acheter des souvenirs et dînent souvent dans un restaurant ou un hôtel local comme par exemple à l’Hôtel Vanille de Nosy Be. Le transport national Comme nous l’avons dit plus haut, la majorité des touristes prennent au moins un vol national pendant leur séjour, et même souvent plusieurs. C’est pourquoi il est essentiel d’établir des correspondances sûres et efficaces entre tous les sites touristiques. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 14 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Les vols nationaux Les correspondances aériennes nationales sont principalement assurées par Air Madagascar. Après une restructuration, le plan de vol d’été vient d’être publié et le nombre de correspondances nationales a considérablement augmenté. Des routes principales relient les six capitales provinciales entre-elles et avec Antananarivo. Les vols réguliers ne sont pas toujours sûrs pour des raisons techniques ou climatiques. Les correspondances quotidiennes: D’Antananarivo sur: • Mahajanga • Nosy Be • Antsiranana • Ste. Marie • Toamasina • Tolanaro • Toliara • Morondava Les vols nationaux touristiques Les correspondances côtières: (offertes au moins une fois par semaine) • Mahajanga – Nosy Be – Antsiranana – Sambava – Antalaha • Maroantsetra – Toamasina – Ste. Marie • Belo sur Tsiribina – Morondava – Morombe – Toliara • Tolanaro – Manakara Depuis la libéralisation de la circulation aérienne nationale, des compagnies aériennes privées ont tenté de développer des routes supplémentaires. Par exemple, la compagnie Tam, subsidiaire d’Air Madagascar avait un vaste réseau de correspondances à l’intérieur de Madagascar avec une correspondance sur La Réunion. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 15 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR La table ci-dessous explique l’horaire des vols pour l’année 2000 Jour Destinations lun Réunion – Sainte Marie – Sambava – Diego Suarez – Réunion mar Réunion – Fort Dauphin – Tulear – Morondava – Tulear – Fort Dauphin – Réunion mer Réunion – Nosy Be – Diego Suarez – Majunga – Tana – Tulear jeu Tulear – Morondava – Tana ven Tana – Majunga – Diego Suarez – Nosy Be – Réunion sam Réunion – Diego Suarez – Nosy Be – Majunga dim Majunga – Diego Suarez – Samabava – Sainte Marie – Réunion – Saint Pierre La compagnie TAM devait continuer à offrir des vols à l’intérieur de Madagascar en plus des vols régionaux sur la Réunion et les autres îles mais elle a depuis été liquidée. Les aéroports de Madagascar A part l’aéroport international d’Ivato, il y a 55 aéroports dans le pays, dont 12 sont gérés par ADEMA (Aéroports de Madagascar). Les vols internationaux ne peuvent atterrir que dans très peu de ces aéroports. Par faute de réglementation et de sécurité (pistes d’atterrissage non clôturées, pas de contrôle de bagages etc) dans les aéroports régionaux, ceux-ci ne reçoivent que des vols nationaux. Les conditions climatiques ajoutent au problème comme par exemple à l’aéroport de Fort Dauphin où des vents très forts peuvent retarder les décollages et les atterrissages. Des vols peuvent facilement être annulés ce qui fait que les tours opérateurs placent Fort Dauphin en début d’itinéraire pour éviter le problème de touristes ‘bloqués’ dans le sud sur leur chemin du retour. Le réseau routier Le réseau routier comprend environ 33, 000 km de routes dont 7,313 km de routes classées. De façon générale, les routes de Madagascar sont relativement en mauvais état: la saison annuelle des grandes pluies cause des dégâts incalculables tous les ans. Pendant la crise politique des années 2001-2002 l’entretien du réseau a été négligé et la condition des routes s’est sérieusement dégradée. On estime actuellement perdre entre 1000 et 2000 km de routes par an, à cause d’une mauvaise gestion et du manque d’entretien. Moins de 12% des routes sont goudronnées et environ 80% sont délabrées. Il n’y a actuellement que 18% du réseau qui soit considéré comme étant en bon état. L’état des routes se détériore davantage pendant la saison des pluies et les régions qu’on ne peut atteindre que par des pistes non classées sont souvent inaccessibles pendant cette période. Le transport public est limité et pas toujours fiable. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 16 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Le réseau routier de Madagascar en 2002 Catégorie total total goudronné en bon état (km) (km) (km) Routes Primaires 2,560 1,577 1,616 Routes secondaires 4,753 1,277 1,319 Routes nationales temporaires 4,549 800 1,000 Routes provinciales 12,250 70 1,000 Rural 7,500 350 850 Total 31,612 4,074 (12,8%) 5,855 (18,5%) Source: World Bank Report Un ambitieux programme de réhabilitation des routes est en cours, avec un financement de bailleurs tels l’UE et la Banque mondiale. L’objectif est la réhabilitation de toutes les routes nationales d’ici les prochaines années, ce qui aidera beaucoup la circulation routière. Le gouvernement malgache a adopté une politique de décentralisation en 1994, divisant le pays en 6 provinces et en 1,392 municipalités administratives rurales et urbaines. Selon le Plan routier qui découle de la loi de décentralisation de 1994, le gouvernement se charge de l’entretien et de la réparation des routes nationales tandis que les autorités provinciales et locales se chargent respectivement des routes provinciales et rurales. Selon ce plan, l’administrateur peut embaucher des membres du secteur public pour assumer la responsabilité complète ou partielle de la gestion du réseau routier. Tout investissement est sujet à une étude d'impact sur l'environnement avant d’être approuvé. Un fond d'entretien routier avait été mis en place pour l’entretien de routine. Malheureusement il n’a pas été utilisé à cette fin et les routes se sont détériorées. Les projets de réhabilitation qui ont suivi ont lourdement puisé dans ce fonds et très peu de ressources sont restées pour la tâche initiale d’entretien régulier. Le fond d'entretien routier donne aussi des fonds partiels pour l’entretien des routes non-nationales. Le réseau ferroviaire Le système ferroviaire à Madagascar date du début du XXe siècle et comprend deux réseaux de voies qui ne sont pas reliés l’un à l’autre. Le réseau du nord relie Antananarivo à Antsirabe et Toamasina à Ambatondrazaka, tandis que le réseau du sud relie Fianarantsoa à Manakara. Les trains sont irréguliers, lents et ont tendance à tomber en panne. Cependant la privatisation et la réhabilitation sont en cours et un service régulier sur certaines parties du réseau a recommencé en 2003. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 17 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Le réseau nu nord Le réseau du nord relie la capitale Antananarivo à Antsirabe, et Toamasina à Ambatondrazaka. La construction a commencé au début du siècle dernier et le Canal des Pangalanes a été utilisé pour transporter le matériel de construction. Au départ, la ligne était opérée par le RNCFM (Réseau National de Chemin de Fer de Madagascar) et a constitué le moyen de transport le plus important de la région pendant des dizaines d’années. Le tourisme national a proliféré car la construction de la voie ferrée a permis aux riches habitants d’Antananarivo de voyager efficacement vers des destinations de plages de la côte est. Après la construction de la voie no2 entre Antananarivo et Toamasina et de la no 7 entre Tana et Fianarantsoa, le service ferroviaire a perdu de son importance. Le transport des voyageurs et du fret a beaucoup baissé et a amené à un entretien moins régulier des voies et du matériel roulant. Le service entre Antananarivo et Antsirabe a cessé et le service qui restait sur les autres lignes est devenu irrégulier, avec beaucoup de retards et de pannes. Actuellement un projet de privatisation est en cours et une nouvelle société ‘Madarail’, un subsidiaire de COMAZAR, offre un service régulier sur la ligne. L’amélioration du service de fret est la première priorité de cette société puisque c’est un service plus rémunérateur que celui du transport de voyageurs. Le service voyageurs ne sera donc offert que sur certaines parties du réseau. En accord avec le gouvernement, Madarail offrira un transport de voyageurs sur des lignes qui ne sont pas rentables mais qui sont essentielles pour assurer l’accessibilité à certaines régions. Beaucoup de communautés dépendent du chemin de fer pour le transport et le service ferroviaire fait qu’elles ne sont pas coupées du monde extérieur. Le gouvernement paiera une subvention pour le service mais il n’y a pas encore eu d’accord précis sur les conditions et les montants concernés. Madarail semble éprouver des difficultés à lancer son service passagers. Actuellement un seul wagon est utilisable car les autres ont besoin de roues de remplacement qui doivent venir spécialement d’Europe. Etant donné leur usage particulier, ces roues ne sont fabriquées que sur commande et sont coûteuses. Madarail espère négocier avec un fournisseur moins coûteux d’Europe de l’Est. Selon une source officielle, le service passagers reprendra bientôt mais seulement entre Moramanga et Ambila (une fois par semaine: de Moramanga à Ambila le vendredi, retour le samedi). Ce service dépend aussi d’un soutien gouvernemental pour la subvention des billets de voyageurs. Aucun service passagers n’est offert entre Antananarivo et Moramanga ou entre Antananarivo et Antsirabe. A cause de l’étendue limitée du service passagers et d’une fréquence faible, les possibilités pour un usage touristique sont limitées. Augmenter la fréquence ainsi que le réseau dépendra de la rentabilité (et de la disponibilité des wagons). Madarail avait prévu d’opérer un total de dix trains dès la fin 2003 – actuellement un train de voyageurs et trois trains de fret fonctionnent. Un train de voyageurs typique sert jusqu’à 430 personnes: 35 en première classe et 72 dans chacun des cinq compartiments de 2e classe. Le coût de la réparation: • Wagon de 1ère classe $50,000 par wagon e • Wagon de 2 classe $35,000 par wagon ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 18 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme La réparation de la fameuse Micheline a été reportée à une date ultérieure. Selon une enquête auprès des tours opérateurs privés, la Micheline semble être un produit touristique très séduisant pouvant être vendu à des groupes touristiques internationaux à des tarifs intéressants. La Micheline, avec ses 19 places et son bar, serait le moyen de transport idéal à louer en charter aux tours opérateurs pour le trajet entre Antananarivo et le Parc national de Mantadia Andasibe. La rénovation des voies ferrées sur le réseau du nord est financée par plusieurs bailleurs de fonds internationaux tels l’UE, la Banque mondiale et la Coopération française. Le réseau du sud Le chemin de fer du sud, construit entre 1926 et 1936 pour le transport du café, relie Fianarantsoa à la ville côtière de Manakara. La ligne mesure 163 km et passe à travers un écosystème unique – la dernière forêt tropicale des hauts plateaux malgaches. Cette ligne est non seulement d’un très grand intérêt pour les touristes, mais elle sert également de transport public pour environ les 10 000 habitants de la région. Les voies et les locomotives viennent d’être réhabilitées et le service est régulier. Horaire: Fianarantsoa – Manakara: mar, mer, jeu, sam, dim; départ 07h00 Manakara – Fianarantsoa: lun, mer, jeu, ven, dim; départ 06h45 Tarif: 1ère classe 2e classe 50,000 FMG 35,000 FMG La première phase de réhabilitation a été principalement financée par USAID: 4,7 millions $US pour assistance technique et matériel. Le travail a commencé en février 2001 et s’est achevé en mai 2003. Les trains roulent assez régulièrement et la circulation de touristes vers cette région augmente déjà. La privatisation complète du chemin de fer et du port de Manakara, qui ajoutera d’autres améliorations à l’infrastructure ferroviaire, était prévue pour 2003 et l’appel d’offres devait être lancé en juillet. Tandis que les voies ferrées, les tunnels et les ponts resteront la propriété de Madagascar, le matériel roulant – y compris les locomotives et les wagons – sera cédé à la nouvelle compagnie. Plusieurs groupes sont en train d’évaluer leur participation dans le projet. Le bruit circule par exemple que la Banque mondiale pense fournir environ 10 millions $US pour la réhabilitation du chemin de fer et du port. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 19 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Le projet ferroviaire 'Vallée des Mines' L’Association Amis de Madagascar & SNCF préparent un projet ferroviaire extensif pour l’exploitation des mines des hauts plateaux de l’ouest. La ligne proposée reliera Antsirabe et Toliara par Ikalamavony, avec une correspondance possible entre Ikalamavony et Fianarantsoa. Malheureusement aucun service de voyageurs n’est prévu: une correspondance avec Antsirabe serait bien sûr profitable à l’industrie du tourisme puisque la capitale serait alors reliée à Fianarantsoa par voie ferrée et les réseaux du nord et du sud fonctionneraient enfin comme un seul réseau. Les voyages nationaux par bateau Ports Le port le plus important de Madagascar est Toamasina, qui deviendra un terminal moderne pour la gestion de conteneurs dans les années à venir. Les ports situés dans ou près des régions touristiques sont: • Antsiranana (Montagne d’Ambre) • Nosy Be (îles de Nosy Be et de Nosy Komba) • Mahajanga (Tsingy de Namoroka) • Morondava (Baobab Avenue, Tsingy de Bemaraha) • Toliara (Arboretum, Parc National de Tsimanampetsotsa) • Toalanaro (parc nationaux et privés) • Manakara (chemins de fer, Fianarantsoa) • Toamasina (Canal des Pangalanes, Parc national d’Andasibe) • Ste. Marie (l’île Ste. Marie) Les croisières s’arrêtent principalement aux ports de Nosy Be, d’Antsiranana et de Mahajanga. Mais le potentiel pour le tourisme n’a pas encore été entamé. Tous les ports de plaisance (la voile) potentiels forment actuellement l’objet d’une étude intégrale par une société d’experts espagnole (TYPSA). Les résultats préliminaires montrent que le plus grand potentiel pour les ports de plaisance et les marinas commerciales serait le long de la côte des îles vierges avec les sites principaux à Antsiranana, Nosy Be et Mahajanga. Le Canal des Pangalanes Ce canal de 600 km relie une séries de rivières et de lacs le long de la côte est, allant de Foulpointe à Farafangana. Conçu par les français et construit à l’aide de plus de 400 ouvriers chinois, la construction du canal a pris 5 ans et s’est terminée en 1901. Jusque dans les années 80 le canal a été un moyen important pour le transport des produits agricoles. Cependant le canal est actuellement envahi de plantes aquatiques et doit être dragué ce qui gêne la circulation. Il n’y a plus que 400 km de navigables et pour réhabiliter les 200 km qui restent, il faudrait draguer à 5 endroits différents. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 20 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Les rivières Des projets pilotes sont prévus pour la réhabilitation de la Tsiribihina et de la Sofia. Ceux-ci comprendront également une évaluation pour un usage touristique éventuel. Les études sont en cours et n’ont pas encore été terminées. Un transport régulier par pirogue est possible sur la Tsiribihina, bien qu’il soit généralement trop peu sûr pour l’usage des touristes. Des voyages organisés par bateau de Miadrivazo à BeloTsiribihina sont de plus en plus populaires. Le transport par les eaux côtières Ce transport régulier est limité à quelques lignes dont les plus importantes pour le tourisme sont: • d’Ankify (île principale) à Nosy Be (1 h par vedette rapide, 2 à 3 h par ferry) • de Soanierana-Ivongo (île principale) à Ste. Marie (1 h 30 - 2 h par vedette rapide, 3 à 4 h par ferry) Il existe quelques correspondances régulières ainsi qu’une multitude de correspondances ponctuelles le long de la côte. Celles-ci peuvent être utilisées par des voyageurs individuels à leur risque et péril mais ne sont généralement pas adaptées au tourisme de groupe. L’est: • Marontsetra - Ste. Marie - Tamatave – 1 jour et 1 nuit Le nord: • Majunga - Ananalave - Atsony (Boutre) • Majunga - Nosy Be - Boutre (de 17-20m) • Majunga - Nosy Be: Navette passagers (Cabine, 1ère. 2e. Classe) – 1 nuit • Majunga - Maintrano (Boutre) Les attractions touristiques naturelles Vu les différentes zones climatiques de l’île, Madagascar a une variété de paysages différents qui crée un énorme potentiel touristique. Madagascar est un pays de contrastes avec des montagnes qui atteignent plus de 2800m dans les hauts plateaux, de vastes savanes, des forêts tropicales à feuilles persistantes et des plaines fertiles semées de rizières en terrasses. Le pays a aussi 5000 km de côtes dont une grande partie est protégée par des récifs coralliens et on y trouve de nombreuses îles tropicales avec de belles plages au sable blanc. Un paysage calcaire spectaculaire avec de nombreuses tours de karst, des rivières souterraines et beaucoup de grottes dans certaines régions de l’ouest, renforcent la variété du capital naturel du pays. La diversité écologique de Madagascar et sa flore et faune uniques sont parmi les attraits principaux de l’île. De plus, chaque zone climatique à Madagascar est associée à un type différent de végétation et contient une variété d’espèces endémiques (palmiers, bambous, fougères, orchidées, baobabs, cactus et autres plantes succulentes). ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 21 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR En gros, à peu près 80% des plantes de Madagascar sont endémiques. Ce pourcentage est encore plus élevé pour la faune. L’exemple le plus connu est celui des lémuriens, dont presque 100% ne se propagent naturellement qu’à Madagascar. Des 250 espèces d’oiseaux, 106 sont endémiques, comme le sont 98% des reptiles et des amphibiens du pays, y compris les caméléons, les geckos, les crocodiles, les tortues et les serpents. Environ 92% des poissons d’eau douce sont aussi endémiques tandis que les récifs coralliens le long de la côte abritent une vie marine époustouflante. Les parc nationaux de Madagascar et les aires protégées recouvrent 17,103 km2, soit 3% de la superficie totale du pays. Les parcs comprennent des régions qui se distinguent par leur qualités naturelles, culturelles, scientifiques et éducationnelles uniques. Ces parcs protègent toute la nature ainsi que les caractéristiques particulières du paysage à l’intérieur de leur frontières. L’entrée des Parc nationaux et des aires identifiées est contrôlée et la conservation de la nature est prioritaire. La plupart des parcs sont gérés et entretenus par l’ANGAP (Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées) Quelques-uns des parcs les mieux connus à Madagascar sont: • Parc national d’Andasibe/Mantadia • Parc national d’Isalo • Parc national de Masoala • Parc national de Montagne d'Ambre • Parc national de Ranomafana • Réserve spéciale de Tsingy du Nord • Réserve spéciale de Berenty Les attractions culturelles Les 18 différentes tribus qui vivent à Madagascar sont originaires d’Indonésie, d’Afrique, d’Arabie et d’Inde. Il s’ensuit que le pays est composé d’un mélange de cultures qui ne peut être trouvé ailleurs au monde. Chaque tribu et région a sa propre culture avec un style de vie, une architecture et des traditions particuliers. Les hauts plateaux sont dominés par une architecture grandiose en briques entourée de rizières en terrasses. Sur la côte, les bâtiments sont plus simples et utilisent un matériel de construction plus naturel tel le bois et les palmiers. Cependant l’architecture des tombeaux de pierres est assez détaillée. Les contributions culturelles venant des différents commerçants qui se sont établis dans le pays ou datant de l’ère coloniale de Madagascar sont visibles dans les villes, surtout dans le styles des bâtiments. Le passé colonial de Madagascar a marqué non seulement son architecture mais aussi son infrastructure générale. Un exemple serait le Canal des Pangalanes. Ce système de canaux de 600 km de long relie plusieurs lacs naturels et tronçons de rivière le long de la côte est de Toamasina à Farfangana. De nombreux villages bordent le canal dont il ne reste que 400 km qui soient navigables en petits bateaux. Une autre attraction est la célèbre Micheline, conçue pendant les années 30. Ce train qui ressemble à un autobus roule sur des pneus Michelin au lieu de rouler sur des roue en fer et il n’y en a que trois autres dans le monde. Le train prend 18 personnes assises. Il vient d’être rénové et a recommencé à rouler entre Fianarantsoa et Manakara. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 22 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR L’industrie artisanale de Madagascar se caractérise par la grande variété de ses produits et techniques comme le bois travaillé, la broderie et les bijoux. La diversité est basée sur la multiplicité des cultures et des ethnies, la plupart de ces groupes ayant développé leurs propres produits avec leur propre style. La grande majorité de ces produits, même les plus simples, intéressent beaucoup les touristes étrangers: • Le bois sculpté de la tribu des Zafimaniry • Le papier artisanal des Antaimoro • La broderie Richelieu de Nosy Be • Les instruments de musiques malgaches • Le cuir • La marqueterie • Les broderies aux thèmes traditionnels • Les tissus faits main de batik, soie ou coton • Le tissage de raphia • Les bijoux en corne de Zébu • Des objets fabriqués de pierres taillées • Les parfums, par ex. Ylang Ylang • Les épices, par ex. vanille, girofle et poivre Il n’y a que quelques marchés qui se spécialisent en artisanat en dehors de la capitale; l’artisanat s’achète d’habitude dans les marchés ordinaires. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 23 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.1.2 L’offre Ces dix dernières années, des développements significatifs ont pu être notés dans le marché du tourisme à Madagascar. Ce secteur a vu un nombre croissant d’arrivées de touristes surtout depuis les toutes dernières années. Pourtant un amer contretemps a été ressenti en 2002 par un secteur qui se développait jusque là de façon positive grâce à une nouvelle approche gouvernementale. La crise politique et économique sur l’île a fait que l’industrie du tourisme a vu une forte baisse dans la demande. Maintenant, plus d’un an après la crise, le marché reprend petit à petit. Depuis récemment le gouvernement veut une amélioration plus importante de l’infrastructure du tourisme pour que le pays puisse devenir un joueur compétitif sur le marché international du tourisme. L’offre de prestations touristiques à l’échelle nationale reste cependant insuffisante et ne répond pas aux besoins des touristes internationaux. De nombreux aspects de l’infrastructure touristique sont faibles et il y a d’importantes différences de standards de région en région. Il y a bien une infrastructure – bien qu’insuffisante – dans les centres, tandis que dans les régions les polus éloignées de Madagascar on ne peut même pas obtenir les prestations ou les services de base. Madagascar doit continuer ses efforts pour le développement des prestations et des services touristiques ainsi que pour la mise à niveau de l’infrastructure existante s’il cherche à devenir une attraction touristique prisée à l’avenir. L’hébergement Jusque dans les années 90, l’hôtellerie offrait plutôt des petits établissements avec un niveau de prestations assez bas. De plus grands hôtels comme le Colbert et le Hilton ne se trouvaient que dans les grandes villes. Depuis les dix dernières années, un bon nombre de petits hôtels de très bon niveau ont été construits à la suite d’un intérêt international grandissant. Les nouveaux hôtels se trouvent surtout dans des sites ayant un grand attrait touristique tels Nosy Be, Ste. Marie et le long de la Route du Sud. Des statistiques officielles du Ministère de Tourisme indiquent un total de 177 hôtels avec 8,780 chambres pour 2002. L’offre pour l’hébergement se concentre toujours sur la capitale Antananarivo et les centres du tourisme de plage:Taolanaro, Toliara, Nosy Be et Ste. Marie. Il existe aussi des chambres supplémentaires à Mahavelona et sa région et dans le Parc National d’Isalo. Le nombre moyen de chambres dans les hôtels de Madagascar est relativement bas comparé aux normes internationales. En 2002, le pays entier comptait une moyenne de 12.2 chambres par hôtel. Les hôtels de plus de 30 chambres ne se trouvent qu’à Antananarivo, Toliara, Antsiranana, Toamasina et Nosy Be. Le seul hôtel avec plus de 200 chambres est situé à Nosy Be. Les hôtels pour hommes d’affaires sont limités à quelques villes comme Antananarivo et Toamasina. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 24 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Le développement de l’infrastructure hôtelière de 1997 à 2002 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Nombre d’hôtels 451 482 556 644 695 717 Nombre de chambres 6,246 6,637 7,207 7,779 8,435 8,780 Nombre moyen des chambres 13.9 13.8 13.0 12.1 12.1 12.2 Source: Ministère du Tourisme La plupart des hôtels classés par le système d’étoiles trouvent dans les catégories une à trois étoiles. Les hôtels de quatre et de cinq étoiles ne sont qu’à Antananarivo (Hilton et Colbert ) et à Nosy Be et sont introuvables dans les régions isolées du pays. Un grand nombre d’hôtels en dehors d’Antananarivo et des centres de tourisme n’ont pas encore été classés. Il est donc difficile de définir le standard hôtelier pour le pays entier. La table suivante décrit les hôtels classés: La répartition des hôtels d’1 à 5 étoiles, 2002 Classement 5 étoiles 4 étoiles 3 étoiles 2 étoiles 1 étoile Total Nombre d’hôtels 2 4 22 38 45 111 Nombre de chambres 287 243 686 867 957 3,040 Source: Ministère du Tourisme En plus du classement d’1 à 5 étoiles, les hôtels sans étoile sont classés par Ravinalas, allant d’1 à 3 Ravinalas. Les hôtels classés par Ravinalas sont généralement des hôtels peu chers ou des pensions qui n’offrent que le service minimum par rapport aux besoins touristiques. Ces hôtels sont très peu utilisés par les touristes internationaux mais offrent quand même une alternative financièrement avantageuse pour les voyageurs nationaux qui n’ont pas les moyens de réserver un hôtel à étoiles. La répartition des hôtels d’1 à 3 ravinalas, 2002 Classement 1 Ravinala 2 Ravinalas 3 Ravinalas Total Nombre d’hôtels 42 39 28 109 Nombre de chambres 538 327 214 1,079 Source: Ministère du Tourisme Puisque seulement 3,040 chambres et 1,079 chambres sur 8,780 sont classées selon des étoiles ou des ravinalas respectivement il est difficile de faire un compte rendu détaillé du standard hôtelier du pays entier. Il est néanmoins possible de supposer que les hôtels non-classés sont en général de basse qualité. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 25 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme LA RÉPARTITION DU CLASSEMENT HÔTELIER, 2002 5 étoiles 4 étoiles 2% 1% 1 ravinala 3 étoiles 13% 10% 2 ravinalas 18% 3 ravinalas 19% 2 étoiles 17% 1 étoile 20% Source: Ministère du Tourisme L’infrastructure hôtelière dans les principaux centres de plage, avec nombre de bons hôtels de plage, est plutôt bien développée. Au-delà des plages établies, l’offre d’hébergement approprié est largement inadéquate. Des hôtels de bonne qualité et un hébergement approprié dans les autres sites touristiques, surtout ceux qui proches des parcs nationaux et dans les environs d’Antananarivo et de Nosy Be, sont assez rares. Il existe un certain nombre d’hôtels qui sont compatibles avec l’environnement mais vu la sévérité des critères de classification comme écolodge, la plupart de ces établissements ne sont pas dignes de ce label. Il n’y a donc qu’un nombre limité d’écolodges à Madagascar. Pour répondre aux besoins des voyageurs nationaux, de nombreux établissements dits “hotely” se trouvent dans le pays surtout le long des routes principales. Ces hôtels offrent un hébergement à prix bas et au confort minime. Ils sont en général inadéquats pour le touriste international. De façon générale on peut dire que l’infrastructure d’hébergement actuelle, du point de vue qualitatif et quantitatif, ne répond pas aux standards internationaux. Ce manque d’infrastructure hôtelière fait que Madagascar n’est pas encore prête à accueillir le nombre grandissant de touristes (la capacité limitée ne permet pas l’augmentation des arrivées touristiques). Surtout en dehors des centres touristiques, l’infrastructure hôtelière est très limitée et ne répond pas aux exigences des touristes internationaux en ce qui concerne la qualité. Puisqu’il n’existe pas de données sur le concept touristique ni sur des projets à venir, il n’est pas possible de faire état de toutes les activités dans le pays. La majorité des propriétaires d’hôtels ont interrompu leurs projets pendant la crise politique et économique de 2002. Il y a cependant un petit groupe de propriétaires qui mettent leur projet en oeuvre ou qui ont commencé le planification. Sur l’île de Nosy Be par ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 26 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR exemple, un certain nombre de nouveaux projets ou d’agrandissements sont déjà en cours. Les voyages nationaux et les tours Les tours opérateurs locaux offrent une multitude de tours dans tout le pays. L’une des grandes forces de l’industrie du voyage de Madagascar est la diversité des activités offertes avec l’appui d’un environnement naturel unique. Les activités suivantes montrent la variété du portfolio touristique: circuits • • • • “La Route du Sud” (le circuit classique, 6 jours en voiture/4X4) ou “l’ouest de Madagascar”(Morondava et Tsingy de Bemaraha) vacances de plage – vol à la côte nord et l’île de Nosy Be vol à la côte est et l’île de Ste. Marie excursions à intérêt spécial • concentrées sur une espèce (lémuriens, caméléons, baobabs etc.) • tours pour observer les baleines de la baie d'Antongil excursions d’aventure • trekking sur la presqu’île de Masoala • tours sur les pistes de la province d’Antsiranana et la région du Grand Sud • canoë sur la rivière de Tsiribihina En plus des activités ci-dessus, les tours et voyages nationaux comprennent aussi Antananarivo et ses environs, par ex. le parc zoologique et botanique de Tsimbazaza et plusieurs fermes de crocodiles. Sont offerts également des tours à la colline sacrée d’Ambohimanga, déclarée site du patrimoine mondial par l’UNESCO en 2001. De façon générale le niveau de l’industrie du service à Madagascar, surtout en ce qui concerne les activités touristiques, est encore très bas comparé aux normes internationales et aux destinations concurrentielles. L’infrastructure du transport en particulier et le manque de prestations de base ne permettent pas le transport adéquat de touristes dans beaucoup de régions du pays. Le système de transport public est mal développé et n’est pas adapté aux voyages dans le pays. Les visiteurs ont donc des difficultés à accéder aux différents sites et attractions touristiques. Les taxis privés, les vols nationaux et les tours privés sur mesure avec des services privés de transport local semblent être les seuls moyens d’arriver aux différents centres de tourisme et d’intérêt touristique. Le voyage en train est seulement possible entre Fianarantsoa et Manakara. Cependant ce ne sont pas seulement ceux qui voyagent seuls qui ont de la difficulté à accéder aux sites nationaux, les touristes en groupes organisés sont également touchés par la mauvaise infrastructure nationale du transport. Les tours opérateurs offrent des options spéciales et des programmes sur mesure pour leurs clients. Cependant le transport routier organisé par les tours opérateurs ne répond souvent pas aux normes internationales, étant aussi très limité du point de vue nombre. Des tours par car pour les groupes ne sont généralement pas disponibles à cause de l’état ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 27 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme des routes et beaucoup de vols nationaux sont offerts par des opérateurs de petits avions mais ne permettent pas le transport de larges groupes. Qui plus est, la petite capacité des hôtels de province restreint de beaucoup la possibilité d’offrir des tours pour des groupes de plus de 12 personnes. L’industrie du tourisme de Madagascar est plutôt innovatrice comme le montre la variété de produits offerts. S’appuyant sur l’offre de sites touristiques exceptionnels et spectaculaires dans le pays, les prestataires du tourisme peuvent offrir un produit authentique et professionnel. Cependant les problèmes d’infrastructure gênent considérablement le développement de l’industrie du tourisme. Un portfolio intégré de tours et de voyages domestiques ne pourra être développé que si les contraintes existantes de l’infrastructure du transport (mauvaises routes, manque de ponts, etc) sont éliminées. Ainsi une infrastructure moderne et complète du transport est-elle la condition première pour tout développement du tourisme à Madagascar. L’environnement et l’écotourisme Madagascar offre une nature unique dans un des paysages les plus fascinants au monde. Il n’y a guère d’autres pays au monde avec une variété comparable de paysages, d’écosystèmes et de biodiversité. La faune de Madagascar est aussi unique étant donné que la majorité des espèces sont endémiques. Cependant, les ressources naturelles et l’environnement spectaculaire qui aujourd’hui forment la base de l’écotourisme et des activités tournées vers la nature ont presque été détruites par de sérieuses fautes commises par le passé. La désertification pour la culture du riz et l’élevage des bovins par la méthode ‘tavy’ (culture sur brûlis) ont détruit beaucoup de trésors malgaches et ont volé au pays une grande partie de ses ressources les plus précieuses. Plus de 80% des forêts ont été détruites, la moitié depuis la fin des années 50, avec de nombreuses espèces uniques. Suite à cette désertification, de larges régions sont menacées par une érosion massive. Afin de prévenir des dégâts futurs irréparables et l’usage abusif des ressources naturelles, différentes aires ont été déclarées zones de protection naturelle. Pour préserver ces écosystèmes et leur biodiversité, 46 aires protégées et plusieurs parcs marins ont été établis. L’étendue totale des aires protégées est de 17,103 km2 ou 3% du territoire de l’état. Ces aires protégées sont l’une des attractions principales de Madagascar. Les statistiques officielles présentées par ANGAP (Association Nationale pour la Gestion des Aires protégées) montrent qu’un total de 99,722 personnes ont visité les parcs en 2001. ANGAP, l’organisme responsable de la gestion des parcs, les divise en trois catégories: Catégories Définition Réserve Naturelle Intégrale Établie pour protéger la flore et la faune en danger d’extinction et les écosystèmes délicats. Les visites n’y sont pas permises. Parc National Conçu pour protéger les biens culturels et naturels en offrant en même temps un environnement de loisirs. Réserve Spéciale Établie pour protéger des écosystèmes entiers. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 28 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Source: ANGAP Qui plus est, ANGAP a développé des lignes directrices pour le développement durable de l’écotourisme dans toutes les catégories d’aires protégées. Les lignes directrices de ce développement selon la définition d’ANGAP soutiennent la protection des ressources naturelles, la préservation d’un écosystème sain, la mobilisation d’initiatives publiques et privées, la préservation et la relance de la culture et des traditions locales, la satisfaction des visiteurs et la contribution à un développement économique durable. ANGAP a ainsi développé quatre niveaux pour classer les aires protégées selon leur potentiel touristique. Ces niveaux sont les suivants: - la destination principale d’une région Niveau 1 (potentiel élevé) - plus de 25,000 visiteurs par an - ou une région à fort potentiel mais peu accessible - visité fréquemment Niveau 2 (potentiel moyen) - plus de 15,000 visiteurs par an - pas de destination principale - destinations du tourisme à intérêt spécial Niveau 3 (potentiel limité) - entre 100 et 2,000 visiteurs par an - accès très limité - pour la protection d’espèces ou d’habitats rares Niveau 4 (aucun potentiel) - accès trop difficile - sites non classés sous 1, 2 ou 3 - la plupart des autres aires Jusqu’à présent, ANGAP a assigné 9 sites au niveau 1, trois sites au niveau 2 et cinq sites au niveau 3. Les 29 sites restants n’ont pas encore été classés ou n’ont pas suffisamment de potentiel pour un développement écotouristique. Les tables suivantes montrent les aires protégées selon les classements des niveaux 1 à 3: Niveau 1 Parc national Montagne d’Ambre - 18,200 ha - forêt dense à feuilles persistantes - lémuriens - 8,170 visiteurs en 2001 ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 29 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Parc national d’Ankarana - 18,225 ha - forêt dense et sèche - crocodiles et chauves-souris - 6,898 visiteurs en 2001 Parc national d’Anakafantsika - 60,520 ha - forêt dense et sèche - reptiles - 4,617 visiteurs en 2001 Parc national Tsingy de Bermaraha - 152,000 ha - forêt dense semi-caducifoliée - lémuriens et oiseaux - 3,351 visiteurs en 2001 Parc national d’Andasibe – Mantadia - 12,181 ha - forêt dense à feuilles persistantes - célèbre pour l’Indri Indri - 26,478 visiteurs en 2001 Parc national de Ranomafana - 41,000 ha - une des dernières forêts de nuages au monde - célèbre pour ses oiseaux - 15,668 visiteurs en 2001 Parc national d’Isalo - 81,540 ha - différents types de forêts - lémuriens et oiseaux - 27,678 visiteurs en 2001 Parc national d’Andringitra - 31,160 ha - différentes zones de végétation - oiseaux et lémuriens - 1,750 visiteurs en 2001 Parc national d’Andohahela - 76,020 ha - forêt primaire, lien entre forêt pluviale et forêt sèche - grande biodiversité - 1,637 visiteurs en 2001 ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 30 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Niveau 2 Parc national Masoala / Nosy Mangabe - 230,520 ha - forêt dense à feuilles persistantes, forêt côtière et mangroves - célèbre pour ses Aye-aye et ses baleines - 1,951 visiteurs en 2001 Parc national Zombitse – Vohibasia - 36,852 ha - forêt semi-caducifoliée - lémuriens Parc national Tsimanampetsotsa - 43,200 ha - forêt dense et sèche - oiseaux - 405 visiteurs en 2001 Niveau 3 Réserve spéciale Analamerana - 34,700 ha - forêt semi-caducifoliée - lémuriens et oiseaux - 18 visiteurs en 2001 Parc national Baie de Baly – Namoroka - 57,418 ha - Tsingy - grotte d’Ambovonomby - 14 visiteurs en 2001 Parc naturel et réserve de Zahamena - 63,899 ha - forêt semi-caducifoliée - lémuriens et oiseaux - pas de visiteurs en 2001 Parc national de Kirindy Mitea /Réserve spéciale d’Andranomena - 78,620 ha - forêt semi-caducifoliée et baobabs - lémuriens et reptiles - 45 visiteurs en 2001 Réserve spéciale du Cap Ste. Marie - 1,750 ha - succulentes - habitat étranger de l’Aépyornis - 227 visiteurs en 2001 Source: ANGAP ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 31 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Autres zones protégées A part les aires gérées par l’ANGAP, d’autres zones ont aussi une certaine importance pour les écosystèmes et le tourisme. Pour assurer la possibilité d’un échange d’espèces entre les parcs, des “corridors forestiers protégés” ont été établis. Qui plus est, des organisations internationales et des ONG locales telles le WWF ou Fanamby, ainsi que des propriétaires privés, se sont voués à l’établissement d’un statut légal pour les écosystèmes qui ne sont pas encore protégés dans le cadre des parcs nationaux et des aires de conservation. Ils oeuvrent pour maintenir la biodiversité des zones non-protégées. Les exemples de ces sites sont, parmi d’autres, le Domaine Croix Vallon, le dernier écosystème naturel intact des hauts plateaux du centre, le Daraina, une région à haute biodiversité avec une multitude d’espèces endémiques et le Palamarium, une réserve privée avec une variété de plantes et de lémuriens. Artisanat Beaucoup de produits d’artisanat et même des produits ordinaires intéressent les touristes étrangers par leur particularisme. L’artisanat propre à un pays donne souvent aux voyageurs une raison de visiter les marchés et de faire des excursions dans des endroits éloignés. A Madagascar les touristes qui cherchent un artisanat et des souvenir extravagants trouveront ce qui les intéresse. Madagascar offre une gamme étendue de produits fait main. L’industrie de l’artisanat est caractérisée par une grande variété de produits tels le bois sculpté, la broderie, les bijoux, les pierres précieuses et semi-précieuses, les voitures fabriquées de vieilles cannettes, etc. Les origines de cette diversité remontent à la multiplicité des cultures car chaque ethnie a développé son propre style et ses propres produits. Ces produits sont vendus dans les marchés réguliers dans la majorité des villes et cités. Un marché de l’artisanat a été établi sur la route de l’aéroport entre Antananarivo et l’aéroport d’Ivato lorsque le marché de Zoma a fermé. De plus petits marchés d’artisanat existent dans certains villages à travers le pays comme par exemple le marché et les magasins pour le bois sculpté à Ambositra et entre autres, aux aéroports d’Antananarivo et de Nosy Be. Autres facilités touristiques La capitale d’Antananarivo et certaines capitales régionales offrent un nombre limité de magasins modernes. Des marchés offrant une variété de fruits, de produits ménagers et de souvenirs se trouvent dans tout le pays et certaines villes ont des supermarchés qui vendent une petite sélection de produits occidentaux. Vu la diversité de l’environnement du pays, un large éventail d’activités sportives est offert aux touristes. La majorité des centres de loisirs et de sports sont situés dans les hôtels ou gérés en collaboration avec les hôtels. L’offre correspond d’habitude au site de l’hôtel, c à d que les hôtels situés près de la mer offrent généralement les sports nautiques comme la plongée, la plongée avec masque, la pêche, tandis que les hôtels de l’intérieur offrent plutôt le VTT, le trekking et les randonnées pédestres. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 32 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Le golf n’est pas très populaire à Madagascar et les facilités offertes sont très limitées. En tout il n’y a que 4 terrains de golf dans le pays: • • • • Ambohidratrimo/Antananarivo Toamasina/Tamatave Antsirabe Ambodiafotsy parcours de 18 trous parcours de 9 trous parcours de 9 trous parcours de 3 trous Il est donc clair que le golf ne présente pas une attraction touristique pour le pays. A part les sports, le portfolio des loisirs est complémenté par plusieurs options de spectacles. La culture de la musique est généralement forte en Afrique car elle s’intègre dans le quotidien du peuple. A Madagascar, les visiteurs seront fascinés par le folklore, le chant et les danses traditionnelles telles la “hira gasy” dansée par les autochtones. Des spectacles divers ont souvent lieu dans les centres communautaires attirant à chaque fois beaucoup de visiteurs s’intéressant à la culture. La nuit, les activités se limitent plutôt à la capitale et aux centres de tourisme où l’on trouve des boîtes et des bars. Il y a aussi trois casinos, chacun faisant partie d’un hôtel et offrant des activités de nuit aux touristes: • • • Hôtel Ventaclub, plage de l’Andilana Hôtel Colbert & Casino Hôtel Madagascar Hilton et Casino De façon générale, l’infrastructure des facilités de divertissement de nuit est très peu développée, en nombre comme en qualité et ne constitue donc pas une attraction touristique particulière pour les visiteurs internationaux. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 33 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme 3.1.3 La demande Madagascar reste toujours généralement inconnue du tourisme international. Plus de la moitié des touristes actuels viennent de France. Il est important de noter ici que ce groupe comprend des malgaches expatriés avec des passeports français qui viennent à Madagascar pour passer des vacances et rendre visite à leurs amis et parents. Il n’y pas eu de vrais développements du tourisme de loisir, ni des voyages d’affaires pendant les dernières années. Aujourd’hui Madagascar n’a pas encore d’attraits majeurs pour les marchés principaux d’Europe, d’Asie ou d’Amérique. Les arrivées touristiques Jusqu’en 2001, Madagascar avait vu une croissance régulière en terme d’arrivées touristiques; le volume de visiteurs avait augmenté de façon systématique par plus de 69% pendant 5 ans jusqu’au total de 170,208 en 2001. En 2002, on a pu noter un déclin important dans la demande à cause de la crise politique. On estime que les chiffres en 2003 seront positifs, atteignant probablement le niveau de 2001. Les arrivées de non-résidents de 1999 à 2003 Arrivées de non-résidents 1999 2000 2001 2002 2003 138,253 160,071 170,208 62,000 est. 170,000 Source: Ministère du tourisme Il est important de noter que le nombre de ‘vrais touristes’ est nettement plus bas que le nombre d’arrivées. Les statistiques ne font malheureusement pas la différence entre les étrangers avec des intérêts touristiques, les expatriés malgaches rendant visite à leurs amis et parents et les Malgaches rentrant au pays après un voyage d’affaires ou de tourisme. Selon les chiffres d’une étude de la banque mondiale (Tourism Sector Study 2002), seules 60 à 66% des arrivées peuvent être considérées comme de ‘vrais touristes’. Pour l’année 2001, cela veut dire que seulement 110,000 personnes sur les 170,208 arrivées peuvent être comptées comme touristes. La saisonnalité La demande touristique suit les saisons. D’un côté il y a les mois d’hiver du sud, d’avril à octobre, avec des températures moyennes et peu de pluies. C’est la haute saison et les visiteurs de loisirs choisissent cette période pour venir à Madagascar. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 34 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme 20000 18000 16000 14000 1998 12000 1999 10000 2000 8000 2001 6000 2002 4000 2000 0 Ja nu Fe ary br ua r M y ar ch A pr il M ay Ju ne Ju ly A ug us Se t pt em be O ct r ob N ov er em b D ec er em be r Arrivals of non-residents Les arrivées de 1998 à 2002 Source: Ministère du Tourisme D’un autre côté les mois d’été entre novembre et avril représentent la saison morte à cause des hautes températures, des fortes pluies passagères et du taux élevé d’humidité. Pendant cette période, le nombre d’arrivées baisse, avec le point le plus bas en février. Noël et Pâques sont deux exceptions avec une multiplicité de touristes de loisirs nationaux et, comme c’est la saison des fruits, un grand nombre de voyageurs commerciaux. Les arrivées en 2001 8000 6000 9011 15238 14307 16121 17166 16008 13218 10000 11027 12000 13107 14000 15762 16000 11209 Arrivals of non-residents 18000 18034 20000 4000 2000 A ug us t Se pt em be r O ct ob er N ov em be r D ec em be r Ju ly Ju ne M ay A pr il ch M ar br ua ry Fe Ja n ua ry 0 Seasonality 2001 Source: Ministère du Tourisme Motivation et durée du séjour Vu le manque de statistiques, il n’est pas possible d’établir les différentes raisons qui motivent un séjour à Madagascar. L’information sur ces raisons est tirée d’une étude ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 35 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme par la Banque mondiale basée sur un sondage des visiteurs en 2002. Ce sondage a déterminé le pourcentage des activités diverses auxquelles les touristes ont participé. Les activités sont les suivantes: Activité / raison du séjour écotourisme* 55% activités culturelles 15% sports / aventure 8% Soleil et plage 19% autres *l’écotourisme dans ce contexte est un terme plutôt vague ne recouvrant qu’une petite partie du ‘vrai écotourisme’ mais incluant des circuits dans au moins un parc national. 3% Source: Banque mondiale, 2002 De façon générale, la demande touristique pour Madagascar est caractérisée par les loisirs, les visites chez des amis ou des parents et un petit nombre de voyages d’affaires. La raison principale est basée sur un tourisme à intérêt spécial, comme l’indique le sondage de la banque mondiale, surtout le tourisme nature, sports et aventure et le tourisme de plage. Pour plus de détails voir ‘Types de tourisme’. Durée des séjours Actuellement les statistiques donnent une durée de séjour moyenne de 20 jours pour l’année 2002. Ce chiffre ne comprend pas seulement les touristes mais aussi les amis et parents rendant visite à leurs familles malgaches et les étudiants malgaches faisant leurs études à l’étranger et retournant chez eux pour plusieurs semaines sans utiliser les hôtels ou autres facilités touristiques. Le Ministère du Tourisme donne donc un chiffre de 4 nuits d’hôtel sur un séjour de 20 jours. Mais ce chiffre qui est assez bas dans le contexte du tourisme international ne comprend pas les nombreuses nuits passées dans les campings ou les hôtels qui ne déclarent pas le nombre exact de leurs hôtes. Types de tourisme La demande du tourisme à Madagascar se divise en 4 parties: • Le tourisme à intérêt spécial • Le tourisme soleil et plage • Le tourisme national • Le tourisme d’affaires Le tourisme à intérêt spécial A Madagascar, la demande touristique appartient principalement à des souscatégories du ‘Tourisme à intérêt spécial’, tandis que les autres types sont moins bien développés. Le touriste à intérêt spécial visite un pays avec une intention précise d’activité – que ce soit nature, culture ou sports – contrairement au touriste de plage classique. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 36 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR L’écotourisme est perçu par une certaine partie de la population et même par l’industrie du tourisme comme étant le plus gros potentiel touristique de Madagascar. Malheureusement cette perception se base sur une mauvaise définition de l’écotourisme (voir aussi le paragraphe 4.6.1 - II L’écotourisme). La majorité des touristes qui viennent à Madagascar s’intéressent à la nature et au paysage. Ils veulent apprendre à connaître le pays le mieux possible en relativement peu de temps et font un des circuits offerts par les tours opérateurs locaux. La Route du Sud est l’excursion la plus connue autour de Madagascar, puisqu’elle offre un beau parcours avec une grande variété de paysages, plusieurs parcs nationaux et l’option d’un prolongement ‘plage’ à la fin. D’autres excursions de ce genre sont moins demandées à cause de la mauvaise condition des routes et du manque de vols locaux, qui les rend difficiles à organiser. Très peu de touristes arrivent pour faire de l’écotourisme mais l’offre d’hôtels et de tours reste insuffisante. L’écotouriste s’attend à un tourisme à peu d’impact qui tente autant que possible de minimiser les effets négatifs. Mais la plupart des hôtels ne répondent pas aux normes voulues (architecture avec des matériels locaux, traitement des eaux usées et des déchets, pas de plastique ou autres produits sortant de ressources non renouvelables etc. ) Un groupe plus important appartient à la catégorie ‘tourisme à intérêt spécial – flore et faune’. Beaucoup de touristes qui sont injustement perçus comme des écotouristes appartiennent à ce groupe qui va du scientifique qui reste 4 semaines sous une tente dans la forêt pour observer une espèce rare au touriste amateur de nature qui veut voir un baobab. Le tourisme de sport et le tourisme de croisières ne sont pas encore vraiment développés pour atteindre leur potentiel complet. Le tourisme soleil et plage Aujourd’hui Madagascar n’est pas connue comme une destination balnéaire. Seuls quelques touristes n’y viennent que pour la plage. Beaucoup de touristes combinent leur intérêt spécial au tourisme de plage et passent quelques jours de plus sur la côte après avoir fait un circuit. Actuellement le tourisme de plage se concentre surtout sur les îles de Nosy Be et de Sainte Marie et le long de la côte sud-ouest autour de Toliara (Ifaty/St. Augustin). Le tourisme national Le tourisme national n’existe qu’à peine. Quelques villages de bungalows à niveau modéré existent dans les villes balnéaires mais la demande a baissé récemment à cause de la situation économique difficile. La raison principale pour laquelle les malgaches ne quittent pas leur chez eux pour des vacances est la faiblesse de leur devise. En plus, le manque de congés officiels (seuls les cols blancs des secteurs public et privé reçoivent des congés payés) et le fait que les loisirs et les vacances loin du domicile ne font pas partie de la vie traditionnelle malgache, renforcent la situation. Cependant la demande de la part de familles du secteur cols blancs semble être en pleine croissance. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 37 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Le tourisme d’affaires Cette catégorie de demande est actuellement sous-développée à Madagascar. Ce genre de voyageur ne représente qu’une petite partie des arrivées dans le pays. La majorité des relations commerciales sont actuellement dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et des mines. Qui plus est, les organisations internationales telles la Banque mondiale ou le WWF et tous les organismes bilatéraux d’aide forment une part importante d’un tourisme d’affaires de qualité à Madagascar. Les réunions internationales ou les expositions sont pratiquement inexistantes même dans la capitale, vu le manque de professionnalisme et de facilités adaptées et la faible sensibilisations de la communauté internationale à la destination. Le fait que tous les ministères malgaches et les grandes organisations sont basés à Antananarivo et que les représentants internationaux doivent être logés de façon appropriée, a mené à la construction de deux grands hôtels d’un total de 300 chambres et un taux acceptable d’occupation toute l’année. Les marchés émetteurs Selon les statistiques officielles, le marché émetteur principal est la France, suivi de la Réunion. Viennent ensuite bien plus loin, les États-Unis, la Grande Bretagne, la Suisse, l’Allemagne et l’Italie. La France Au cours des cinq dernières années, les touristes venant de France représentent plus de 50% du total des touristes voyageant à Madagascar. Les liens actuels, tant historiques qu’économiques, expliquent pourquoi le marché français constitue la source d’entrées touristiques la plus importante pour Madagascar. En plus, la grande population d’expatriés malgaches vivant en France contribue beaucoup au savoir sur le pays. Le français comme langue partagée joue également un rôle important. Qui plus est, la France est le seul pays en Europe avec un vol direct sur Madagascar. La Réunion La deuxième source de touristes est l’île de la Réunion. Située tout près et profitant d’un bon taux d’échange, la Réunion considère Madagascar comme une destination attrayante pour les vacances et les courts séjours. Il existe aussi d’importants liens culturels entre les deux îles. Les pays d’Europe (sans la France) Comparés à la part du marché français, les autres pays d’Europe ne représentent qu’une petite tranche du tourisme malgache, entre 12 et 15% au cours des 5 dernières années. Actuellement les autres marchés européens sont l’Italie, l’Allemagne, la Suisse et la Grande Bretagne. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 38 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme L’accès à partir des autres pays européens est limité ce qui fait que le nombre total de visiteurs reste bas. Dans le passé, quand Air Madagascar avait des correspondances avec Zürich (en Suisse) ou Munich / Francfort (en Allemagne), le nombre de touristes de ces deux pays était plus élevé. D’autres marchés internationaux Les États-Unis et le reste du monde représentent les autres 20% des entrées touristiques à Madagascar. L’image de Madagascar comme destination touristique est mal développée dans ces pays. Seuls quelques amateurs de nature connaissent la destination et souhaitent séjourner à Madagascar. Qui plus est, l’image de Madagascar répandue par les médias de ces pays est ambiguë. D’un côté la nature merveilleuse est présentée et le pays est décrit comme une destination idéale pour les voyages d’aventures. Mais ces aspects positifs sont contrecarrés par les descriptions de la pauvreté, des risques de santé et des conditions climatiques. Dans ces pays, l’intérêt dans la destination Madagascar est élevé mais le manque de marketing menant à une meilleure connaissance de la destination, fait que la croissance du nombre de touristes sera lente. Les marchés émetteurs, 2001 Autres 16% l'Italie 5% l'Allemagne 4% la Suisse 2% la France 56% la Grande Bretagne 3% les États-Unis 4% la Réunion 10% Source: Ministère du Tourisme ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 39 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme La distribution des touristes selon leur pays d’origine: 1998 France 1999 2000 2001 2002 51% 54% 55% 56% 52% Réunion 4% 8% 9% 10% 5% Italie 6% 6% 5% 5% 5% Allemagne 4% 4% 4% 4% 5% Suisse 3% 2% 2% 2% 4% - 3% 3% 3% 4% 2% 5% 3% 4% 5% 30% 18% Grande Bretagne États-Unis Autres 19% 16% 20% Source: Ministère du Tourisme Tendances touristiques générales Pour tout développement touristique il faut suivre les tendances principales du marché international afin de répondre aux attentes et exigences présentes et futures. C’est la seule façon d’assurer un succès à long terme pour les différents projets touristiques et pour l’industrie du tourisme d’un pays ou d’une région. Il faut également regarder les tendances nationales, régionales et locales et la base du tourisme national. Dans beaucoup de pays, les tendances nationales sont en accord avec les tendances internationales. Le développement de tendances touristiques est le reflet des tendances générales dans la société aujourd’hui. Actuellement des changements mondiaux dans les circonstances sociales et économiques ainsi que des développements technologiques mettent au défi l’industrie du tourisme. L’individualisation Des changements fondamentaux des idéaux et des besoins individuels avec une diversification des modes de vie mènent à une plus forte diversification dans le comportement vis à vis des loisirs et dans l’offre du marché qui y a trait. On constate donc le refus des destinations de masse au profit d’un produit mieux adapté et intégré. Les touristes cherchent de plus en plus des destinations non-saturées au sein de produits touristiques non-conventionnels étant mieux adaptés à leurs besoins. Ils veulent davantage d’individualité plutôt que des produits touristiques très ressemblants et interchangeables. Les vacances modulées qui intègrent les attentes individuelles du voyageur dans un package deviendront les vacances du futur. L’augmentation de capacité ne peut plus garantir les revenus économiques des destinations touristiques et ce sont les produits touristiques individualisés et de haute qualité qui représenteront dorénavant les développements principaux. Des fournisseurs niches ainsi que des spécialistes répondent déjà de plus en plus à la demande de produits individuels centrés sur le client. Tandis que les secteurs du transport et de l’hébergement se maintiennent comme produit de masse des gros fournisseurs, ce sont plutôt les petits opérateurs qui se chargent des voyages dans la ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 40 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR destination. Les spécialistes et fournisseurs niches offrent des services spéciaux qui complètent l’offre touristique présentée par l’opérateur international. Les progrès récents dans l’informatique soutiennent la tendance vers une distribution centrée sur le client. Les offres transparentes en résultant permettent au voyageur habitué, d’organiser lui-même ses vacances en choisissant chaque composante individuellement. Aujourd’hui, l’utilisation de nouvelles chaînes de distribution présentées par une excellente gamme de prestations qui peuvent être réservées en ligne, en terme de destinations et de fournisseurs privés, est essentielle pour rester en concurrence. Les clients choisissent de plus en plus de réserver leur vacances directement sur l’Internet. La réduction des heures de travail mène à une plus forte fragmentation des vacances dans le marché du tourisme d’aujourd’hui, c à d qu’il y a une tendance forte vers des séjours plus courts, des décisions de voyage plus spontanées et flexibles et des réservations de dernière minute. La consolidation économique Puisque le tourisme devrait s’établir comme l’une des industries les plus importantes d’ici quelques années, les tendances économiques s’appliquent aussi aux tendances touristiques. La mondialisation est la tendance la plus importante de notre ère et les compagnies fonctionnant à l’échelle internationale caractérisent non seulement l’économie mondiale mais aussi l’offre touristique. Pratiquement toutes les étapes de la chaîne logistique du tourisme s’intègrent de plus en plus dans les portefeuilles d’offre de sociétés multinationales. Ceci s’applique aux compagnies de voyages, aux tours opérateurs, agences de voyages, hôtels et restaurants aussi bien qu’aux systèmes de renseignement et de réservation. La mondialisation mène aussi aux fusions-acquisitions de compagnies indépendantes qui se transforment en sociétés importantes capables d’effectuer des économies d’échelle. Ce développement comprend inévitablement la normalisation et l’homogénéisation de produits et de services ce qui entraîne, dans la foulée, la réorganisation et l’adaptation de l’offre,permettant la comparaison. Les marques mondialement connues deviendront encore plus importantes et le terme ‘fabriqué à’ sera remplacé par ‘fabriqué par’. Le client reçoit ainsi une garantie sûre du type et de la qualité du produit touristique dans des sites inconnus et son choix dépendra plus du fournisseur que de l’offre elle-même. La mondialisation mène aussi à la redécouverte de l’aspect régional selon la tendance ‘pensez globalement, agissez localement’. Dans un environnement concurrentiel, la collaboration et la coopération au niveau régional créent une focalisation géographique sur certaines régions comme la Méditerranée et les Caraïbes. Un marketing professionnel par la collaboration de plusieurs destinations est essentiel pour un succès futur. Les nouveaux consommateurs Les changements socio-démographiques dans la société d’aujourd’hui créent l’émergence de nouveaux groupes de consommateurs dans le marché du tourisme. Il ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 41 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR y a un nombre grandissant de petits ménages et de couples jeunes ou d’âge mûr voyageant sans enfants, les soi-disants « empty nesters » (= ménages sans enfants). De plus, au fur et à mesure que la pyramide des âges s’invertit, la proportion grandissante des personnes du troisième age prend une importance croissante sur le marché. Les retraités aisés voyagent souvent et dépensent beaucoup. Ils ne forment cependant pas un groupe homogène et doivent être sub-divisés en différents groupes d’âges et de types. Ils ne veulent surtout pas être identifiés comme des personnes du troisième age par les campagnes de marketing. Une autre partie de ces retraités achète des domiciles secondaires à l’étranger dans lesquels ils peuvent passer quelques mois ou même toute l’année. Les groupes nouveaux et modernes de consommateurs tels les adolescents et les jeunes adultes ayant des revenus généralement plus élevés, représentent une autre tendance. Il y a également une demande grandissante pour des facilités et services adaptés aux personnes handicapés. Et bien que le marketing touristique continuera à viser les couples plus âgés et bienéduqués voyageant sans enfants, il y a la vraie possibilité de gagner une nouvelle tranche du marché avec un peu d’initiative en essayant d’atteindre les familles. Les voyages adaptés aux familles sont une autre tendance émergeante et des destinations établies commencent à offrir des prestations visant explicitement le marché international de la famille. Il est important de ne pas définir le terme trop étroitement. Tandis que la famille ‘traditionnelle’ comprenant parents et enfants, reste la souscatégorie la plus importante, des familles à parent unique, ou des enfants voyageant avec leurs grands-parents commencent peu à peu à former des groupes importants. A changer aussi l’idée que les vacances en famille sont synonymes d’hébergement et de prestations à budget restreint et de qualité minime. De nos jours les familles sont prêtes à payer des produits de qualité et la demande pour les vacances de bonne qualité (formule tout compris) pour familles est en pleine croissance. A l’avenir, il sera de plus en plus important pour les destinations d’être prêtes à recevoir différents groupes de consommateurs d’une façon qui leur est acceptable, en faisant attention à leurs intérêts particuliers et en offrant une variété de produits touristiques répondant aux différents besoins exprimés. Une demande plus exigeante La conscience plus accrue de la qualité mène évidemment au besoin d’adapter l’offre et ses prestations à une clientèle plus exigeante. Il y a une volonté réelle et grandissante de dépenser de l’argent pour des vacances mais les clients deviennent en même temps plus conscients des prix et cherchent un maximum de qualité pour le moins d’argent possible. L’Internet continuera à avoir un impact important sur le tourisme car la transparence croissante des prix et la baisse des tarifs font que les destinations touristiques d’aujourd’hui sont en concurrence directe non seulement avec d’autres pays de leur région mais aussi à l’échelle mondiale. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 42 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Le tourisme durable On constate une augmentation du nombre de touristes prenant en compte l’environnement et le social, demandant des expériences naturelles et culturelles authentiques. Le désir de trouver une nature intacte est déjà une motivation centrale du marché du tourisme très axé sur les émotions et sa valeur économique continue d’augmenter. Les touristes tiennent de plus en plus compte des effets de leur comportement touristique en évitant un impact néfaste sur l’environnement et la vie sociale. Néanmoins le comportement réel tend souvent à contredire ces bonnes intentions. Par exemple, la mobilité accrue, signe de plus de liberté et d’indépendance, sera toujours en conflit direct avec les principes écologiques. Cependant le développement du tourisme durable et les principes du commerce équitable restent importants et constitueront un argument clé de vente (ACV) pour tout développement de centres touristiques à l’avenir. Le tourisme “d’émotions” Le “sens de l’endroit” devient de plus en plus important pour toute destination. Il s’exprime dans le style des bâtiments locaux, construits de préférence en petites unités avec une architecture basse. Le choix tend clairement vers des resorts touristiques à intérêt spécial qui sont intégrées et authentiques et offrent tout un éventail de produits répondant aux demandes de groupes cibles particuliers. Le consommateur veut sentir qu’il est dans une culture différente tout en gardant les conforts de son chez-lui. Bien-être et Santé La conscience accrue de la santé et du bien-être dans la société d’aujourd’hui affecte le secteur du tourisme et la recherche de la détente est devenue un mobile important du voyage. Dans le marché touristique actuel, il y a déjà un fort développement de centres de santé, et même les hôtels conventionnels offrent des salles de sports et de bien-être pour répondre aux besoins de leurs clients. A part la médecine conventionnelle il y a un regain d’intérêt pour les traitements médicaux traditionnels qui sont à la base des centres de santé et du tourisme à intérêt spécial. Le bien-être et la santé deviendront sans aucun doute l’une des tendances motrices des années à venir, intégrant tous les services touristiques. La première caractéristique du bien-être, le bien-être physique, sera probablement dépassée par le deuxième type, le bien-être spirituel et mental. Les dernières années ont montré que la santé et le bien-être sont sur le point de devenir la tendance clé de l’industrie mondiale du tourisme. Tous les tours opérateurs doivent avoir leur catalogue particulier pour cette tranche du marché. Après une période de consolidation de la définition exacte des termes, les marques internationales sont devenues particulièrement importantes. Surtout en combinaison avec des offres d’authentique et de nature, l’un des marchés principaux pour les années à venir sera celui de la santé et du bien-être. Aventures et expériences Bien que le tourisme balnéaire reste l’élément principal du tourisme, un nombre grandissant de voyageurs mieux-éduqués voyagent pour faire des expériences nouvelles sortant de l’ordinaire et pour satisfaire leurs intérêts et passe-temps. Cette ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 43 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR tendance indique un éloignement des vacances actives vers des vacances d’expériences. Les voyageurs souhaitent avoir une expérience participative complète qui leur donne un nouveau savoir ainsi que des émotions fortes et du plaisir en faisant des activités dont ils pourront être fiers par la suite. Les touristes veulent de plus en plus participer à des activités de loisirs et de sports tout en apprenant l’histoire, la culture, la nature, la faune et la flore. Cette société de loisirs et d’aventures s’exprime même dans une forte demande pour des mondes d’expériences artificielles tels les parcs d’attractions où l’aventure est garantie. Des voyages d’intérêts particuliers se trouvent dans un tourisme qui se base sur la nature et la faune, les sites historiques, les tendances culturelles, les activités économiques et les intérêts professionnels. La sécurité et protection En vue des développements dans le monde entier, la question de sécurité est primordiale dans les décisions des touristes. De nos jours, la sécurité personnelle offerte par une destination est étroitement liée à l’image projetée de sa situation politique tant bien dans le cadre international que national. Les destinations avec une image négative et une mauvaise presse seront sujettes à beaucoup plus de scepticisme de la part du touriste décidant où passer ses vacances. La culture locale et l’environnement social jouent également un rôle important dans sa décision. Bien qu’il soit clair que la sécurité totale ne puisse jamais être garantie, un environnement stable sera la condition de base des destinations touristiques populaires à l’avenir. La sécurité personnelle des touristes est aussi liée à la possibilité d’épidémies de maladies dangereuses. Le public général perçoit à peine les différentes régions, voire les différences entre pays: c’est d’habitude le continent entier qui est perçu comme atteint. Ce sont surtout les petits pays qui ont peut-être de bonnes qualités mais qui ont encore une mauvaise image et qui seront la cible d’une mauvaise publicité pendant des années à venir. Comme pour les questions de sécurité, des projets pour une gestion de crise efficace doivent être mis en place pour minimiser les dégâts. Les perspectives Les tendances ci-dessus indiquent clairement le changement de la demande actuelle et future des clients et montrent que la flexibilité est nécessaire afin de s’adapter au développement des exigences des consommateurs. Les développements touristiques conventionnels sont largement dépassés et sont de moins en moins sollicités sur le marché. Une destination qui n’offre que le tourisme de plage est de nos jours facilement interchangeable avec toute autre destination et ne répond pas à la demande grandissante pour l’individualisation, l’aventure et l’expérience. Qui plus est, les produits à tarifs réduits tout compris réussissaient bien dans les années 90 mais beaucoup de destinations aujourd’hui luttent pour attirer des clients et tentent de changer leurs produits afin d’intéresser une clientèle plus riche. Souvent, nombre de produits touristiques peuvent être combinés pour donner au fournisseur un avantage sur la concurrence et influencer de beaucoup la décision d’achat des touristes potentiels. Toutes les nouvelles destinations ou celles qui ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 44 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR relancent leur image devraient y réfléchir et inclure cette nouvelle pensée dans leur stratégie de développement. Les tendances spécifiques de destination et problèmes y afférents Tourisme durable Le voyage continuera d’être une expérience très prisée dans le monde entier. La croissance caractérisera l’industrie du tourisme dans les années à venir car le progrès technologique rendra les voyages internationaux moins coûteux et plus accessibles à une plus grande tranche de la population mondiale. La croissance touristique est cependant une épée à double tranchant; d’un côté elle contribue de façon significative à l’économie du pays hôte mais de l’autre elle pourrait entraîner des changements dans la nature et la culture de ces mêmes communautés. Selon la World Conservation Union (WCU – Union pour la conservation mondiale) le développement du tourisme durable est un procédé qui permettrait au développement d’avoir lieu sans nuire aux ressources qui rendent ce développement possible. Afin d’assurer la disponibilité des ressources pour les générations futures, leur taux de régénération devra être au moins égal à leur taux d’utilisation. On peut aussi passer d’une ressource qui est lente à se régénérer vers une qui se régénère plus rapidement. Pendant les dernières décennies, la durabilité du développement du tourisme est devenue de plus en plus importante vu les effets graves et néfastes infligés sur l’environnement par un développement mal conçu et contrôlé, surtout dans les années 70 et 80. Afin de ne pas répéter les erreurs du passé, les organisations internationales du tourisme ainsi que les gouvernements ont commencé à rédiger les lignes directrices d’alternatives pour le tourisme. Trois sommets importants ont mis le tourisme sur leur ordre du jour, donnant ainsi la priorité au développement d’un tourisme durable: • Pendant le “Sommet de la Terre” de Rio en 1992, la ‘World Travel & Tourist Council’, l’Organisation mondiale du tourisme, et la ‘Earth Council’ ont adopté un programme d’action, l’Agenda 21, qui devrait guider le développement futur du tourisme vers la durabilité • En 1995 lors de la ‘Conférence sur le Tourisme durable’ à Lanzarote en Espagne, les organisations présentes ont rédigé une Charte pour le Tourisme durable, définissant des lignes directrices pour son développement • Pendant la ‘Conférence internationale sur la Biodiversité et le Tourisme’ de Berlin en 1997, à laquelle ont assisté des ministères internationaux de l’environnement, des principes pour le développement futur du tourisme, basé sur la durabilité, ont été établis Selon les comptes-rendus de ces conférences, la durabilité a trois aspects reliés les uns aux autres: l’économique, l’environnemental, le socio-culturel. La durabilité économique • générer le profit maximum du tourisme à long terme • assurer la participation économique des communautés locales ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 45 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme promouvoir d’autres formes de tourisme qui s’accordent aux principes de la durabilité afin de garantir une stabilité à long terme et un succès économique La durabilité écologique • souligner la conservation, la protection et la régénération des écosystèmes • minimiser les effets néfastes sur l’environnement • éviter le développement d’écosystèmes fragiles • minimiser l’usage d’énergies et de ressources non-renouvelables • promouvoir au maximum le recyclage des déchets • prévenir et minimiser les déchets solides • contrôler soigneusement l’usage de l’eau • réglementer l’usage du capital naturel • La durabilité sociale et culturelle • souligner la préservation du patrimoine culturel et des traditions • privilégier les intérêts, souhaits et besoins de la population locale • créer des emplois pour la population locale et établir les facilités éducationnelles nécessaires Afin de garantir la durabilité, les coûts et avantages socio-culturels, environnementaux et économiques doivent être évalués et pris en compte dès la conception du développement touristique. Si ces principes sont appliqués correctement, le tourisme durable peut fournir un certain nombre d’avantages économiques pour la communauté locale tout en protégeant et améliorant les mêmes ouvertures pour les générations à venir. Le tourisme durable met en équilibre les besoins de l’industrie du tourisme et ceux de la communauté locale tout en protégeant l’environnement. l’industrie du tourisme l’environnement Tourisme durable la communauté locale Source: WTO L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) définit les principes majeurs du tourisme durable comme suit: • Le tourisme durable tente de répondre aux besoins actuels du marché sans menacer les ressources pour les générations futures. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 46 GATO AG Plan directeur du Tourisme • • • • • • • MADAGASCAR Un programme de développement durable est compatible du point de vue écologique ainsi que social tout en étant économiquement viable. La conception, le développement et la mise en oeuvre devraient être multi-sectoriels et inclure différentes agences gouvernementales, des coopérations privées, des groupes de citoyens ainsi que des individus. La conception et la gestion devraient assurer une distribution équitable des profits et des coûts parmi les agents et les communautés locales. L’information sur les effets possibles du tourisme doit être mise à la disposition de la population locale avant et pendant le développement. La population locale devrait être encouragée à prendre des rôles décideurs dans la conception et le développement avec l’aide du gouvernement et d’autres organismes (intervenants). Des analyses environnementales, sociales et économiques intégrales devraient avoir lieu avant de lancer un programme important A chaque étape du développement et de la mise en oeuvre, un programme intégral d’observation doit être mis en pratique afin de permettre aux populations locales et à d’autres personnes de profiter de certaines occasions ou de réagir face à des changements négatives. L’Ecotourisme L’Ecotourisme est une forme spéciale du tourisme de la nature qui est à son tour le terme générique pour tout type de tourisme dans un environnement naturel. • tourisme scientifique: des scientifiques ou des étudiants qui voyagent pour faire des recherches sur la nature • voyages histoire-nature: des touristes qui voyagent selon un intérêt particulier • tourisme d’aventure: des touristes qui entreprennent des activités physiques avec un danger réel ou perçu • écotourisme: des touristes qui pratiquent un tourisme de nature à moindre impact pour faire l’expérience de la vie naturelle et culturelle authentique. L’Ecotourisme est donc un terme relativement ambigu utilisé pour décrire un tourisme qui est en phase avec la nature. La ‘International Ecotourism Society’ fondée en 1990, l’organisation écotouristique la plus importante et la plus ancienne au monde, définit l’écotourisme comme “…le voyage responsable dans des régions naturelles en conservant l’environnement et maintenant le bien-être des populations locales.” Tourné vers la préservation de l’environnement, l’écotourisme a pour but de minimiser le plus possible l’impact sur la nature et la vie culturelle et tente de contribuer socioéconomiquement au bien-être de la population locale. Une définition plus juste de l’écotourisme serait voyager avec une conscience environnementale ou visiter des régions naturelles sans déranger l’équilibre environnemental pour apprécier, étudier ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 47 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR et faire l’expérience de la nature (paysages, flore et faune vierges), de la vie culturelle et du patrimoine. L’écotourisme contribue de façon importante à la conservation de la nature et demande de: • augmenter la prise de conscience des espaces naturels et des ressources • permettre le financement de zones protégées par les revenus créés • donner aux régions et aux pays l’occasion de diversifier l’industrie vers un usage plus durable des ressources. Contrairement à l’idée générale, l’écotourisme n’est pas une tranche de tourisme de basse qualité. Des études récentes sur les écolodges entreprises par “Ecotourism International” donnent les résultats suivants: • le commerce de l’écotourisme est un marché relativement récent et les produits-hébergements ont été construits dans la dernière décennie • un écolodge ou un éco-centre typique a moins de 15 chambres • la plupart des écolodges sont opérés par un individu ou une famille et financés principalement par le propriétaire • les écolodges de moins de 50 $ US par nuit ou plus de 175 $ US sont les plus rentables • l’obstacle principal à une meilleure rentabilité est le manque de financement pour l’agrandissement et le marketing En ce qui concerne l’industrie internationale du tourisme, l’écotourisme est aujourd’hui considéré comme l’un des secteurs du marché les plus rentables principalement parce que les écotouristes dépensent plus d’argent pendant leur séjour que les touristes de masse habituels. Mondialement, l’écotourisme est, et restera, un marché niche (ne comptant que de 2 à 4% des dépenses touristiques totales). Pour certains pays cependant, comme par exemple Costa Rica et le Népal, il peut représenter un marché principal et une importante source de revenus. L’Ecotourisme se pratique d’habitude dans des écosystèmes sous-développés et fragiles et menace donc de détruire le capital environnemental duquel il dépend. Bien que l’écotourisme ait le potentiel de créer des impacts environnementaux et sociaux positifs, il peut être aussi néfaste que le tourisme de masse s’il n’est pas soigneusement géré. Les principes de l’écotourisme légitime sont: • l’écotourisme contribue à la conservation de la biodiversité • maintient le bien-être de la population locale • comprend une expérience d’apprentissage • demande une action responsable de la part des touristes et de l’industrie du tourisme • est offert principalement à de petits groupes par de petits commerçants • exige la consommation la plus faible possible des ressources nonrenouvelables ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 48 GATO AG Plan directeur du Tourisme • MADAGASCAR souligne la participation des personnes locales qui doivent devenir propriétaires et avoir des possibilités de commerce A Madagascar il semblerait que le terme écotourisme reste largement incompris et soit le plus souvent utilisé incorrectement. Un touriste qui visite un parc national n’est pas encore un écotouriste et le tourisme de la nature n’est pas synonyme d’écotourisme. De nos jours c’est un terme fourre-tout et beaucoup d’entreprises du tourisme s’en serve sans même essayer d’en pratiquer les principes de base. L’usage souvent injustifié du terme écotourisme a érodé sa légitimité et est néfaste à la réputation des établissements légitimes de l’écotourisme. L’écotourisme n’est donc pas un secteur à basse qualité et bien que les écotouristes choisissent des hébergements qui respectent l’environnement, ces facilités sont loin d’être primaires ou au-dessous des normes. L'hébergement dans l’industrie de l’écotourisme peut ne pas être luxueux (par ex. les camps de tentes au Kenya), mais il doit répondre à certaines normes. L’éventail des types d’hébergement est très large et les écotouristes s’attendent à ce que toute la gamme soit compatible avec l’environnement. Un véritable écolodge conserve l’environnement immédiat (naturel ainsi que culturel) en utilisant des systèmes durables pour l’approvisionnement en eau, pour la gestion des déchets, pour l’utilisation de sources d’énergie renouvelable, pour l’offre de programmes informant les touristes et les employés sur l’environnement et pour une collaboration avec la communauté locale. Pour être compatible avec l’environnement il est nécessaire d’investir dans des systèmes divers (tels le traitement des déchets, l’énergie renouvelable etc.). L’adhésion aux normes écologiques minimisera les effets néfastes sur l’environnement existant tout en justifiant les tarifs élevés souvent demandés pour un écohébergement. Bien que les écotouristes paient volontiers pour une infrastructure touristique environnementalement et socialement durable, ils n’aiment pas avoir à payer des sommes exorbitantes pour un écolodge qui ne l’est que de nom. Problèmes y afférents Un problème majeur surgissant pendant tout processus de développement touristique dans un pays est le déséquilibre entre l’utilisation des ressources naturelles et leur préservation. Tandis que l’on essaie de préserver les parcs nationaux de Madagascar par le bais des frais d’entrée pour visiteurs, ces mêmes visiteurs peuvent causer la destruction de ces ressources naturelles ainsi produisant un effet inverse. Le plan directeur essaie de maîtriser ce problème permanent en prenant en considération les projet d’infrastructure tant qu’existants que prévus, et il se limite à promouvoir seulement des parcs nationaux sélectionnés pour le tourisme (9 sur 43 parcs de classifiés). Ces parcs nationaux ont été choisis selon les critères de l’Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP) qui est responsable pour la gestion de tous les parcs nationaux malgaches. Pour chaque parc considéré comme étant important pour le développement touristique, des mesures élargis de service ont été développées ou sont en cours de développement. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 49 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.1.4 L’environnement concurrentiel Par sa situation géographique et les attractions spécifiques du pays, Madagascar est sans aucun doute une destination touristique très intéressante et attrayante. Cependant elle doit faire face à la forte concurrence de destinations à travers le monde, y compris certains pays où de meilleurs développements du tourisme moderne évoluent. Afin de déterminer la position de Madagascar dans le marché du tourisme international, l’environnement concurrentiel, c à d les destinations en concurrence, sera évalué pour établir sa performance dans le marché. Par sa grandeur et sa biodiversité, Madagascar est en concurrence avec plusieurs autres pays. Pour l’évaluation des différentes destinations en concurrence, les arrivées touristiques seront comparées afin d’identifier celles qui dominent le marché et de définir des mesures de performance pour Madagascar en tant que destination touristique. Il y a deux types de concurrents: • les concurrents du produit • les concurrents régionaux Les concurrents du produit Il n’y a aucun doute que Madagascar, avec ses paysages spectaculaires, sa faune incroyable et ses forets tropicales, offre une combinaison d’attractions uniques à l’échelle mondiale. Il y a cependant plusieurs destinations dans le monde avec un capital naturel semblable et des attractions naturelles comparables. Plusieurs destinations internationales ayant un portfolio naturel attrayant et se mettant ainsi en concurrence avec Madagascar ont été identifiées sur la carte du tourisme mondial: • Indonésie • Malaisie • Costa Rica • Panama Chacune de ces destinations offre un environnement naturel très attrayant, avec un caractère unique. Il est difficile de classer les destinations selon leur attraction naturelle puisque l’évaluation de leur valeur naturelle est une question de perception subjective qui pourrait beaucoup varier d’une personne à une autre. Il est indiscutable que les pays choisis sont parmi les meilleures destinations naturelles au monde et tenant compte de son potentiel naturel, Madagascar fait partie de ce groupe. Si l’on considère la performance touristique, on se rend compte que Madagascar n’est pas au niveau de ses concurrents et tombe loin derrière. On constate de façon générale que chacun de ces pays est plus avancé. Chaque pays est déjà établi dans le marché du tourisme et reconnu comme destination de choix pour des vacances écologiques. La flore et la faune particulière de Madagascar lui donnent le potentiel de s’établir dans le marché du tourisme international en tant que destination de tourisme écologique. Il faudra pourtant faire des efforts soutenus pour arriver au niveau des ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 50 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme destinations en concurrence et améliorer la position du pays dans le marché du tourisme international. Le graphe suivante souligne l’écart entre Madagascar et ses concurrents: Arrivées touristiques en 2000 et 2001 12.775 5.153 1.131 Malaisie Indonésie Costa Rica 519 Panama 170 Madagascar Les concurrents régionaux Si l’on considère la situation géographique du pays, plusieurs destinations avoisinantes en Afrique australe et dans l’Océan indien sont en concurrence directe et établissent les normes pour le marché touristique de la région. • • • • • • • Les Comores Le Kenya La Réunion L’île Maurice Les Seychelles L’Afrique du sud La Tanzanie L’environnement naturel des concurrents régionaux évalués varie énormément et ils ont des portfolios non-homogènes de produits touristiques. Les différences entre les pays ne permettent pas une comparaison directe de leur produit touristique avec Madagascar. Ces pays constituent néanmoins des concurrents puissants et doivent être pris en compte lors de l’élaboration d’un procédé pour déterminer la position de Madagascar dans le marché du tourisme de l’Afrique et de l’Océan indien. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 51 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme En ce qui concerne l’infrastructure générale et touristique ainsi que l’organisation et la promotion du tourisme et le savoir touristique de la population locale, Madagascar est dans une position faible comparé à ses concurrents. L’Afrique du sud et le Kenya sont les destinations les mieux établies avec un grand nombre d’arrivées. L’île Maurice, les Seychelles et La Réunion sont les destinations établies pour le tourisme balnéaire. La Tanzanie vient de commencer à promouvoir le tourisme en tant que secteur économique. Arrivées internationales dans certains pays – Afrique australe et Océan indien, Seychelles 2% Madagascar 2% La Reunion 5% Tanzania 6% Comoros 0% Afrique du sud Mauritius 8% Kenya 11% South Africa 66% 5,908,000 Kenya 994,000 île Maurice 675,000 Tanzanie 525,000 La Réunion 424,000 Madagascar 170,000 Seychelles 138,000 Comores 24,000 2001 Source: OMT La concurrence régionale dans le secteur du tourisme d’affaires Afin d’évaluer le potentiel de développement de la destination touristique Madagascar, les activités des pays en concurrence possible ont été analysées. Les pays avoisinants, tels l’île Maurice et l’Afrique du Sud ont déjà un développement professionnel poussé dans le secteur du tourisme d’affaires. Leurs prestations principales sont les suivantes: Afrique du sud • • • • • • Centre de Conventions International (ICC – palais des congrès) à Durban, voté le meilleur en Afrique en 2002 au WTM de Londres Palais des congrès de la ville du Cap, ouvert en 2003 Hôtels de normes internationales dans les centres régionaux comme le Cap, Durban, Johannesburg et Pretoria Bureaux de congrès bien organisés avec un personnel qualifié Présence sur Internet et promotion Conscience internationale de l’Afrique du Sud comme ‘destination d’affaires’. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 52 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR L’île Maurice • • • • Bureau de conférences de Maurice Hôtels de haute qualité avec des facilités ultra-modernes pour des conférences La bonne image de l’île comme destination de vacances aussi valide comme destination pour conférences Présence sur Internet et promotion de la destination La Réunion • • • • Parc des Exposition et des Congrès (jusqu’à 3,000 places) Halle des Manifestations (jusqu’à 3,000 places) Industrie hôtelière avec facilités pour des conférences jusqu’à trois étoiles Présence sur Internet à revoir Le Zimbabwe • • • Bureau de conférences du Zimbabwe Centre de Conférences International d’Harare (jusqu’à 4,500 places) à côté du Sheraton Harare Hotel Hôtels de 5 et 4 étoiles offrant des facilités pour conférences et réunions Profils concurrentiels Afin de déterminer la compétitivité actuelle de Madagascar, les deux éléments suivants sont évaluées puis contrastés avec la conscience qu’en a le marché international: • ressources naturelles • qualité du produit touristique (qualité du service) Le graphe montre : 1. le degré de qualité d’un élément quelconque dans le pays – ici les ressources naturelles et la qualité du service 2. la conscience qu’en ont les marchés émetteurs Le but est d’atteindre une conscience élevée des éléments existants dans les marchés émetteurs. Par exemple, l’infrastructure touristique de l’île Maurice est de qualité élevée et tout le monde en a conscience. Le but de chaque destination touristique est donc d’être placée dans le carré du haut à droite dans le graphe de la page suivante. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 53 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Profil concurrentiel – Attractions naturelles élevée Madagascar Kenya Attractions Naturelles Tanzania Tanzanie Comoro Comores Afrique sud Southdu Africa Seychelles La Réunion Mauritius Île Maurice basse élevée Conscience touristique Profil concurrentiel – Qualité du produit touristique élevée ÎleMauritiu Maurice South Africa Afrique du sud Seychelles Keny Kenya Qualité du Produit touristique La Réunion Réunio Madagascar Comoro Comores basse Tanzanie Tanzani Conscience touristique élevée ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 54 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.1.5 L’évaluation du sondage des tours opérateurs Introduction Compris dans la recherche était un sondage en profondeur des tours opérateurs internationaux visant les opérateurs qui incluent déjà Madagascar dans leur portfolio ainsi que ceux qui offrent des destinations en concurrence au pays. Un panel d’environ 150 tours opérateurs et autres membres de l’industrie du tourisme a été sélectionné, couvrant les opérateurs européens les plus importants et un échantillon aléatoire de marchés et d’opérateurs niches, ainsi que des lignes aériennes et maritimes. Le panel était constitué de l’Autriche, l’Australie, la France, l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Italie, le Japon, l’Amérique du Nord, l’Afrique du Sud et la Suisse. L’objectif du sondage Le sondage a tenté de découvrir l’image que les tours opérateurs ont de Madagascar et ce que l’industrie du tourisme considère comme les principaux points forts et les faiblesses de la destination touristique Madagascar. Les opérateurs sont les acheteurs qui dominent le marché des produits touristiques de loisir et sont donc essentiels au marketing international de ces produits. Les opérateurs ont non seulement une connaissance parfaite de la demande touristique et des préférences de leurs clients, mais ils jouent également un rôle primordial dans la promotion des destinations pour les groupes cibles les plus importants. L’objectif secondaire du sondage était donc de mieux les sensibiliser à la destination Madagascar. Les résultats ont permis d’analyser la demande actuelle pour Madagascar, de déterminer l’évaluation faite par l’industrie sur le potentiel futur de la destination et d’obtenir des suggestions sur la promotion nécessaire. Ces résultats sont une source importante de données pour le Plan directeur et des suggestions ont été intégrées aux concepts de marketing. La méthodologie Les tours opérateurs et les institutions pertinentes sélectionnés pour le sondage ont été contactés pour la plupart par téléphone. Quelques-uns ont répondu par fax ou mél. Nous avons reçu une réponse de plus de 40 opérateurs et nous en avons aussi interviewé 50. Les individus interviewés se chargent d’environ ⅔ du volume total du marché et des 4/5 du volume futur anticipé. Selon les principes statistiques, cet échantillon dépasse déjà l’échantillon requis pour une analyse représentative. Des interviews supplémentaires ne feront que confirmer les résultats déjà obtenus et n’ajouteront rien de neuf. Le cadre des interviews était assez informel mais le questionnaire avait été soigneusement élaboré selon des normes établies. L’avantage d’un tel questionnaire est que chaque participant entend exactement les mêmes questions, plus ou moins de la même façon. Les mots et l’ordre de toutes les questions sont définis à l’avance. Des questions ouvertes sont utilisées pour donner aux répondeurs une plus grande liberté dans leurs réponses et permettre des commentaires inattendus. Il a aussi été décidé qu’un sondage qualitatif aurait plus de valeur et donnerait des résultats plus intéressants qu’un sondage quantitatif. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 55 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Les questions étaient centrées sur le savoir général autour de la destination Madagascar: ses forces, faiblesses, possibilités, son potentiel et sa position future en comparaison aux destinations en concurrence. Les résultats d’ordre général La demande La saison 2002 a été une catastrophe pour les tours opérateurs et ce n’est que maintenant que la demande a commencé une reprise. Il faut noter cependant que la demande était déjà assez faible avant la crise politique: en moyenne, dix personnes constituent un groupe de voyage à Madagascar et les opérateurs ont souvent du mal à trouver même ce petit nombre. Tous les tours opérateurs ont affirmé que Madagascar est une destination niche et que l’intérêt pour les tours organisés vient surtout des groupes à intérêt spéciaux, comme les amateurs d’oiseaux, de plantes, etc. La destination n’attirent pas vraiment le public général: peut-être à cause du manque d’activités promotionnelles. Le niveau de la demande est aussi négativement influencé par le coût élevé des voyages vers et dans Madagascar. Ceci est vrai surtout pour le marché allemand: la conscience de la destination est relativement élevée mais la demande reste faible. L’Image En ce qui concerne l’image du pays il est important de faire la différence entre les perceptions des tours opérateurs et de leurs clients respectifs. En gros, les opérateurs étaient très enthousiastes dans leur image de Madagascar. Beaucoup ont dit être allés plusieurs fois dans le pays et parlaient de leur appréciation de l’île, de ses habitants, sa faune et ses paysages. L’image et le niveau de conscience sont indiscutablement liés et il est clair que ceux qui voyagent actuellement au pays voient le pays différemment du grand public. Parmi les enthousiastes de la nature et les aventuriers, l’image du pays est très positive. Madagascar est considéré comme un paradis terrestre avec des paysages spectaculaires pleins d’espèces rares et exotiques. Néanmoins, ces amoureux de Madagascar ne sont pas aveugles aux faiblesses du pays et son statut de pays moins développé a été mentionné plusieurs fois. Les composantes de l’image de Madagascar • • • • • • • richesse de la diversité de la flore et la faune paysages sauvages et côtes vierges, plages spectaculaires biodiversité unique par ex. lémuriens, caméléons gentillesse de la population exotisme, expérience exclusive pour ceux qui cherchent un contact proche avec les Malgaches et leur culture destination d’aventure expérience inoubliable mais aussi: • Madagascar n’a pas d’image particulière • incertitude concernant la situation • pays pauvre, en développement ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 56 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Points forts, faiblesses et recommandations Les points forts de Madagascar sont évidents même pour ceux qui ne connaissent pas le pays. Les tours opérateurs ont beaucoup parlé du capital naturel extraordinaire du pays, de ses habitants et de sa richesse culturelle. Le fait que Madagascar n’est pas une île de vacances développée (comme Majorque par exemple) est aussi considéré comme positif. Ceci dit, tous les tours opérateurs se sont plaints du manque d’infrastructure sur l’île et des prestations plutôt primitives. On peut en conclure qu’il faut trouver le bon équilibre entre une industrie touristique sous-développée et le tourisme de masse. Le sur-développement du produit touristique poussera les visiteurs à budget élevé à chercher un “nouveau Madagascar” ailleurs et cèdera la place à une foule de touristes à petit budget. Selon les tours opérateurs, les secteurs du transport et de l'hébergement ont besoin d’une attention immédiate. Les visiteurs actuels sont bien informés et savent à quoi s’attendre mais ils exigent quand même un service de base. Et bien qu’ils soient conscients d’être dans un pays pauvre, beaucoup de visiteurs, selon les dits de leurs tours opérateurs, se sentent exploités quand ils sont à Madagascar parce que le rapport prix-performance est plus que faible. Le prix ne correspond tout simplement pas à la performance: les vols nationaux sont chers mais incertains, l'hébergement n’est pas au niveau international et les parcs n’ont souvent pas de facilités sanitaires de base. Le système des guides dans les parcs nationaux a été qualifié de corrompu par un ou deux opérateurs. C’est une question de principes: le visiteur moyen a beaucoup d’argent à dépenser mais il lui déplait d’être vu comme une source d’argent facile pour un travail mal fait. Les difficultés inhérentes à l’organisation d’un voyage à Madagascar doivent être résolues le plus vite possible. Air Madagascar a été critiqué pour son manque de professionnalisme et son incompétence générale. Les tours opérateurs en ont assez d’avoir à refaire les réservations des vols et de l'hébergement. Le casse-tête autour de l’organisation du voyage a incité un ou deux opérateurs à enlever complètement Madagascar de leur programme. Forces: • • • • • richesse en ressources naturelles: flore et faune, abondance d’espèces rares et endémiques destination exotique et exclusive intouchée par le tourisme de masse habitants aimables richesse du capital culturel possibilité de faire du tourisme de plage et d’aventure en même temps ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 57 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Faiblesses: • • • • • • • • • • • accessibilité – difficile et chère voyage national incertain et coûteux pays inaccessible pendant la saison des pluies infrastructure sous-développée, manque considérable de facilités de base faible rapport prix-performance destination lointaine saisonnière sécurité inquiétante instabilité politique récente maladies infectieuses (paludisme) manque d’activités promotionnelles / de marketing Recommandations: • • • • • • • • fournir davantage d’informations et de matériel de promotion aux tours opérateurs (brochures, affiches, vidéos, etc) lancer une campagne de marketing intégrale présentant Madagascar comme une destination unique en Afrique et visant des tranches de clients particulières plus d’activités de relations publiques publier les vols réguliers au moins un an à l’avance Air Madagascar doit améliorer son service augmenter les correspondances améliorer l’infrastructure et introduire une qualité répondant aux normes internationales améliorer le rapport prix-performance et le service client Les destinations concurrentielles Afin de préparer et de mettre en oeuvre une campagne de marketing efficace il faut absolument connaître ses concurrents. A cette fin les tours opérateurs ont dû nommer les destinations qui d’après eux, menacent le plus la part de marché de Madagascar. Beaucoup d’opérateurs ont répondu que Madagascar est si unique et spectaculaire que le pays n’a pas de concurrents pour son produit touristique en tant que tel. Ceci dit, la destination est aussi en compétition pour le prix, l’infrastructure et la qualité. Pour arriver à une idée générale, les destinations mentionnées ont été divisées en deux catégories: les concurrents du produit, et les concurrents de la région. Comme le nom l’indique les concurrents du produit sont les destinations offrant des expériences touristiques semblables, par ex. tourisme de nature et balnéaire. Les concurrents de la région se trouvent dans l’environnement régional, c à d les destinations à proximité qui pourraient offrir un produit touristique semblable. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 58 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Les concurrents du produit Marché européen Marché non-européen • Amérique du sud • Costa Rica • Galápagos • Amérique du sud • Vietnam • Galápagos • Indonésie • Papouasie-Nouvelle-Guinée • Papouasie-Nouvelle-Guinée • Australie • Thaïlande • Mexique • Caraïbes • Hawaii • Cuba • Bahamas • République dominicaine • Caraïbes Les concurrents de la région • • • • • Seychelles Île Maurice Afrique du Sud Réunion Pays avec les ‘Big Five** par ex. Kenya, Tanzanie (**On regroupe sous ce nom les cinq grandes espèces sauvages d’Afrique: Lion, Eléphant, Léopard, Buffle et Rhinocéros; terme utilisé autrefois par les chasseurs) Afin d’en apprendre plus sur la réputation de Madagascar parmi les tours opérateurs internationaux, un certain nombre d’opérateurs n’ayant pas le pays dans leur portfolio de produits, ont aussi été contactés. Les résultats obtenus donnent presque exactement les faiblesses déjà identifiées ci-dessus: le manque d’infrastructure, le mauvais rapport prix-performance et l’accès difficile. Les marchés émetteurs d’Europe Vu les liens historiques et linguistiques, la France reste le marché émetteur le plus important avec environ 60% des arrivées de l’étranger. La France a un marché de tours opérateurs qui est bien développé et qui offre un large éventail de produits pour Madagascar. La marché français Le marché français représente donc la source la plus importante d’arrivées touristiques à Madagascar. La majorité des tours opérateurs sondés ont mis Madagascar au programme depuis 5 ans ou plus. A l’exception de 2002, le nombre de touristes voyageant à Madagascar n’a fait qu’augmenter. L’objectif pour les années à venir est d’augmenter encore le nombre d’arrivées touristiques. Les tours opérateurs français voient Madagascar comme un pays encore peu touché par le tourisme de masse où les touristes peuvent jouir d’une expérience touristique unique dans un paysage magnifique. La diversité de ses paysages, la flore et la faune ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 59 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR uniques ainsi que son charme naturel et son authenticité sont les plus grandes forces de la destination. Une grande population d’expatriés malgaches vit en France ce qui fait que le niveau de connaissance parmi la population française moyenne est très élevé, peut-être même le plus élevé à l’échelle internationale. Le fait que les deux pays partagent une même langue ne peut être trop souligné. Bien qu’il existe des vols directs de Paris, les opérateurs se sont plaints du manque de capacités des vols. En général, l’infrastructure représente un obstacle important au développement du tourisme sur l’île, de l’infrastructure routière jusqu’à l’insuffisance de l’infrastructure de l'hébergement. Cependant Madagascar est considéré comme une destination au potentiel énorme. La pays pourrait développer une large gamme d’activités touristiques et de types de tourisme. Ainsi, environ la moitié des tours opérateurs interviewés ont répondu que Madagascar est une destination unique sans concurrents. Les autres ont nommé le Vietnam, l’Indonésie et la Thaïlande en Asie, Costa Rica en Amérique centrale, et les îles avoisinantes, la Réunion, l’île Maurice et les Seychelles. Les opérateurs français recommandent une augmentation du nombre de correspondances aériennes ainsi que l’amélioration de l’infrastructure locale. Le marché allemand A cause de l’instabilité politique, plusieurs opérateurs ont retiré Madagascar de leur portfolio depuis les deux dernières années. Certains pensent l’y remettre bientôt mais pour cela la situation à Madagascar doit beaucoup s’améliorer. La plupart des tours opérateurs offrant actuellement Madagascar le font depuis 5 ans ou moins. Les opérateurs offrant actuellement les destinations en concurrence mais pas Madagascar se justifient en mentionnant l’instabilité, le manque de vols, les correspondances coûteuses et le manque d’infrastructure. Répondant à la question sur l’image de Madagascar comme destination touristique, la majorité ont parlé de l’excellent capital naturel et culturel et de son statut de destination ‘inexplorée’ et exclusive. Ces associations positives correspondent également aux points forts du pays tels que les voient les opérateurs allemands. Le mode de vie malgache et l’exotisme du pays (augmenté par un manque de connaissances sur le pays) sont aussi des facteurs très positifs. Les opérateurs estiment une conscience moyenne du pays chez le public allemand mais beaucoup associe Madagascar à la pauvreté. Comme pour les autres opérateurs, les allemands sondés se sont plaints du manque d’information et de matériel de promotion, pour eux et leurs clients. Des correspondances limitées et chères, des problèmes administratifs et l’insuffisance de l’infrastructure sont considérés sommes désavantageux et les inquiétudes sur la sécurité et la santé continuent à agir négativement sur l’image de la destination. En général le potentiel futur de Madagascar est pensé être dans l’écotourisme et dans des excursions qui combineraient la nature avec le tourisme culturel ou balnéaire. Quelques tours opérateurs ont aussi mentionné le trekking et les vacances ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 60 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR d’aventures. Madagascar est sans nul doute vu comme un produit niche qui n’est pas adapté au tourisme de masse et au touriste ‘ordinaire’. Beaucoup de tours opérateurs allemands ne voit pas de destinations en concurrence avec Madagascar. Après longue réflexion la réponse typique cite des destinations en Amérique du sud (écotourisme) et dans les Caraïbes (tourisme balnéaire). La concurrence régionale comprend toutes les îles de l’Océan indien ainsi que l’Afrique du sud. Pour stimuler l’économie du tourisme, il est essentiel d’étendre les activités de marketing pour sensibiliser le marché. L’allemand moyen a beaucoup voyagé et l’image de Madagascar comme paradis terrestre est une force potentielle qui pourrait attirer davantage de touristes allemands. Qui plus est, les tours opérateurs considèrent la mise à niveau de l’infrastructure, une meilleure qualité et quantité dans le secteur de l'hébergement, une réforme (des prix et de la fréquence) des correspondances aériennes et davantage de voitures de location fiables, comme des facteurs importants. Le marché britannique La demande du marché britannique est semblable à celle de tous les pays sondés: une demande qui était déjà faible a souffert après la crise politique mais commence depuis à remonter, doucement mais sûrement. La demande et l’intérêt ont repris des niveaux acceptables, mais ne sont pas encore ce qu’ils étaient. En général, la conscience de la destination est relativement basse (il faut pourtant noter qu’elle est beaucoup plus élevée qu’aux États-Unis.) Une tranche particulière du public anglais, en majorité des amateurs d’animaux sauvages, connaît Madagascar et considère ses attractions naturelles comme parmi les meilleures au monde. En ce qui concerne l’image générale, la faune exotique, les beaux paysages et les plages tropicales sont le plus souvent associés à la destination. Un certain nombre de tours opérateurs mentionnent pourtant Madagascar comme l’un des pays les plus pauvres au monde. Selon les tours opérateurs anglais, les destinations régionales les plus importantes sont l’Afrique du Sud, le Kenya, le Zanzibar, les Seychelles et l’île Maurice. Des concurrents souvent nommés dans le contexte du produit de tourisme sont Costa Rica et les îles du Galápagos. La faune abondante et les paysages intacts sont considérés comme les points forts du pays. L’image de Madagascar comme destination exclusive et abondante, encore ignorée du tourisme de masse, est un point fort supplémentaire. Un gêne considérable pour le marché anglais est la disponibilité et les tarifs du voyage par avion, international comme national. L’infrastructure générale (hébergement, location de voitures etc) est coûteuse et n’est pas rentable pour le touriste. Les prix actuels à Madagascar sont simplement trop élevés et, avec un nombre de destinations alternatives à choisir, Madagascar est en train de perdre beaucoup de touristes potentiels qui vont ailleurs. Une infrastructure insuffisante, un déséquilibre dans le rapport prix-performance et un manque de marketing, affaiblit la confiance en Madagascar, qui offre pourtant ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 61 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR quelque-unes des espèces les plus rares au monde. La modestie de l’infrastructure n’arrive pas à proposer un niveau de service qui attirerait davantage de touristes. Capter les marchés étrangers demande un investissement considérable dans le domaine de la promotion. Afin d’améliorer la connaissance des anglais, il faudra entreprendre une campagne de marketing efficace. Des visites de presse, des campagnes publicitaires etc, aideront beaucoup à améliorer la visibilité internationale du pays. Comme dans le cas du marché nord américain, l’avenir de Madagascar se trouve surtout dans le tourisme spécialisé et aussi, mais moins, dans le tourisme balnéaire. Les conditions actuelles signifient que seule une très petite tranche aisée de la population a les moyens de voyager à Madagascar. Même si le niveau de conscience est élevé, les coûts de voyage restent un élément décisif. Bien que personne ne gagnerait à la transformation du pays en destination de tourisme de masse, il serait certes avantageux si un public plus général, avec des sommes raisonnables à dépenser pouvait se payer un voyage à Madagascar. Le marché non-européen Le marché nord-américain En 2003 les tours opérateurs américains ont parlé d’une légère hausse de la demande pour Madagascar pour la première fois depuis la saison catastrophique de 2002. Pourtant l’intérêt n’a pas encore atteint le niveau d’avant la crise politique qui a pratiquement détruit le marché. L’augmentation des sentiments anti-américains fait que cette population hésite à voyager dans des régions à troubles, imaginaires ou non, et retourne avec lenteur à des destinations qui ont été considérées comme dangereuses. Cependant, l’intérêt pour Madagascar augmente systématiquement dans certains groupes cibles. Comme l’a dit un tour opérateur, Madagascar n’a pratiquement pas d’image parmi le grand public et l’américain moyen saurait à peine situer Madagascar sur la carte. Parmi les groupes à intérêts particuliers, la connaissance du pays est évidemment plus élevée et Madagascar est considéré comme la Mecque pour les photographes et amateurs de nature de tous genres. Le pays est perçu comme étant une sorte de paradis terrestre avec des espèces rares et exotiques de faune et de flore et un patrimoine culturel très riche. Les points forts de la destinations correspondent en gros à ceux donnés par les tours opérateurs des autres pays, soit le capital naturel exceptionnel et le fait que le pays n’est pas une destination de tourisme de masse à petit budget. Le manque de connaissances est un gros obstacle pour les touristes américains. Il est étonnant que tous les tours opérateurs aient mentionné la langue comme une barrière de taille. Tandis que les Européens tenteront de se débrouiller d’une façon ou d’une autre, il semblerait que le touriste américain est déconcerté et dans certains cas abandonne l’idée de voyager dans une destination où la population locale ne pourra peut-être pas parler l’anglais. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 62 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Actuellement il n’y a pas de vols directs des États-Unis et les touristes doivent passer par Paris ou Johannesburg. Le vol est long, épuisant et surtout très cher. Tous les opérateurs sondés se sont plaints de la difficulté de préparer un voyage à Madagascar. Les vols réguliers sont annoncés beaucoup trop tard et il y a souvent des changements inattendus. Les tours opérateurs ne peuvent donner à leurs clients que de vagues itinéraires. Ceci est inacceptable pour beaucoup de clients qui choisissent alors d’aller ailleurs. Aux États-Unis les vacances annuelles durent environ quatorze jours ce qui fait que les vacances sont d’habitude soigneusement planifiées longtemps en avance pour profiter au maximum de ces quelques jours. Il est donc essentiel que les vols soient annoncés bien avant la prochaine saison permettant ainsi aux opérateurs et aux touristes de préparer leurs tours. Il est peut-être plus important que ces vols ne soient pas changés à la dernière minute car ceci dérange le voyage entier: par exemple l’hébergement et les excursions doivent être réservés de nouveau. Bien que les opérateurs n’enlèveront pas Madagascar de leur programme pour cela, ces expériences ont un impact négatif sur le pays. Les tours opérateurs se sont aussi plaints de l’irrégularité des vols nationaux: des vols annoncés comme combles sont souvent à moitié vide lors du décollage. Et encore une fois, le déséquilibre du rapport prix-performance et le manque d’infrastructure ont été mentionné par tous les opérateurs sondés. La proximité du Mexique et l’importante population hispanophone vivant aux ÉtatsUnis font que la langue étrangère de choix est plutôt l’espagnol. Ceci est clairement reflété dans le choix du pays visité, bien souvent un pays où l’américain peut se faire comprendre en anglais et espagnol. Les destinations concurrentielles pour le marché américain incluent Costa Rica, les îles du Galápagos, la Papouasie Nouvelle-Guinée et étonnamment, l’Australie. Les concurrents régionaux sont ces pays qui typifient ‘l’Afrique’ pour les américains, par ex, les pays offrant les ‘Big Five’ comme l’Afrique du Sud, le Kenya et la Tanzanie. Les destinations de l’Océan indien comme l’île Maurice, les Seychelles et les Maldives sont d’autres concurrents primordiaux. En bref, la sensibilisation faible du public américain, les coûts élevés, le manque d’infrastructure et les problèmes d’organisation font que peu de touristes voyagent à Madagascar et le marché américain est une énorme source qui reste à exploiter. Ici aussi les tours opérateurs ont souligné le besoin d’une campagne de marketing extensive avec plus de matériel de promotion pour l’industrie et pour le public général. Le marché sud-africain Le marché africain, surtout sud-africain, pourrait offrir une part importante du marché du tourisme de Madagascar dans les années à venir. L’Afrique du sud est un des seuls pays d’Afrique où une classe aisée est en émergence. Cette tranche de la société est un important groupe cible car elle a les moyens de voyager. Selon les tours opérateurs sud-africains, la demande est encore assez basse bien qu’il y ait eu une légère hausse cette année par rapport à 2002. Malgré la proximité, Madagascar reste relativement inconnu et ceci doit changer. D’un autre côté, dans certaines tranches du marché, Madagascar est célèbre pour sa faune et ses paysages, ainsi que ses habitants aimables, sa gastronomie et sa culture exotique. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 63 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Selon les tours opérateur sud-africains, les vols coûteux ainsi que le manque d’infrastructure représentent les plus importantes faiblesses de la destination. Ils ont aussi exprimé leur inquiétude au sujet de la destruction de l’environnement comme la désertification et la pollution des plages par des déchets humains. Cependant la destination est considérée comme ayant un énorme potentiel: Madagascar est la plus grande île de l’Océan indien et peut développer un plus large éventail d’activités que les îles avoisinantes. Les concurrents mentionnés étaient les île voisines de Maurice et des Seychelles ainsi que les Maldives et Zanzibar. Le fait que Johannesburg n’est qu’à 2 heures ½ de vol est un gros avantage; le potentiel du marché d’Afrique du sud est pratiquement inexploité. Madagascar pourrait être lancé comme une destination de court séjour (ce qui n’est pas possible pour les pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique). Le touriste sud-africain peut passer une semaine à la plage tandis qu’un Allemand/Américain ne le fera pas à cause de la distance. Les prochaines étapes pour encourager le tourisme ont comme priorité d’améliorer l’infrastructure et les prestations offertes sur l’île. Le type de touriste à budget élevé que Madagascar espère attirer s’attend à un certain niveau de service et de confort. Les opérateurs recommandent une campagne intensive pour améliorer l’image du pays. Le marché japonais L’Ambassade japonaise a continué à conseiller aux voyageurs de ne pas voyager à Madagascar longtemps après la fin de l’instabilité politique et ce n’est que maintenant que la demande reprend lentement. Cette reprise est rendue encore plus lente par le fait qu’Air Madagascar a arrêté le vol direct bi-hebdomadaire Antananarivo-Singapour. Actuellement la façon la plus facile pour un touriste Japonais d’aller à Madagascar est de partir du Japon via Singapour, passer la nuit à Singapour et continuer via l’île Maurice (13 heures d’escale) et enfin arriver à Antananarivo. Ce qui fait que la demande de la destination Madagascar est très faible en ce moment au Japon. L’image de Madagascar est très positive parmi les Japonais qui le considère comme l’un des derniers paradis terrestres. Le pays est très connu pour ses baobabs et ses lémuriens. En bref, la faune et le paysage sont les points les plus forts du pays. Le manque de correspondances aériennes et le manque de fiabilité des vols nationaux sont deux faiblesses majeures. Les Japonais n’ayant que 2 semaines de vacances par an, veulent les utiliser le plus efficacement possible. Comme nous l’avons dit, le premier obstacle est le voyage: la longueur du vol avec les retards et les annulations habituelles d’Air Madagascar causent beaucoup de problèmes. Le manque d’information sur Madagascar a aussi été mentionné comme une faiblesse importante. Bien qu’il soit possible d’acheter un guide de voyage japonais sur Madagascar, le matériel disponible date de plus de deux ans et il est impossible d’obtenir des informations plus récentes. De plus, les guides actuellement disponibles en japonais ne sont pas très détaillés car ils incluent aussi les Seychelles, les Comores et la Réunion. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 64 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Avant 2002, un grand nombre de documentaires sur la faune et la biodiversité de Madagascar ont été télévisés au Japon et ont eu un impact direct sur la demande. De nos jours le permis qu’il faut obtenir pour filmer est si cher que les équipes cinématographiques ne peuvent pas ou ne veulent pas faire de nouveaux documentaires sur le pays. Les Japonais sont très éduqués et une large proportion de la population s’intéresse à la faune et à la nature. Le potentiel du marché japonais est donc énorme. Le Japon est un pays riche et constitue le seul marché d’Asie qui pourrait intéresser Madagascar: la destination est simplement trop chère pour les autres pays d’Asie. Pour attirer davantage de touristes japonais à Madagascar, les recommandations se concentrent sur le points suivants: • les guides de voyage disponibles doivent être mis à jour • Madagascar devrait participer au salons de tourisme en Asie • il faudrait organiser des voyages de familiarisation pour présenter le produit Madagascar aux tours opérateurs • il faut créer un bon site web en japonais. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 65 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.2 Marketing et distribution Ces dernières années, la promotion de la destination Madagascar était principalement la responsabilité de la Maison du Tourisme (MdT). Les objectifs principaux de la MdT étaient de promouvoir la destination Madagascar, de soutenir la promotion des produits touristiques malgaches, de développer et de mettre en oeuvre des campagnes de communication et de publicité. Récemment, après quelques problèmes internes et financiers, la fonction principale de la MdT est devenue celle d’une institution de soutien pour les associations malgaches des professionnels du tourisme. L’Office National de Tourisme de Madagascar (ONTM) vient d’être créé et va prendre un certain nombre des responsabilités de la MdT car son rôle est celui d’un Conseil national pour le tourisme. L’ONTM sera entre autre, une plateforme entre le gouvernement et le secteur privé et gérera la promotion internationale de Madagascar. Le secteur privé, notamment les agences réceptives, les hôtels et Air Madagascar, jouent un rôle important dans la promotion de la destination Madagascar. Avec leurs brochures, leurs pages web et leur présence aux salons internationaux du tourisme, ils contribuent de façon importante à la promotion du tourisme et ont souvent fait le gros du travail de marketing dans des campagnes promotionnelles. Actuellement, l’image de Madagascar comme destination touristique est très limitée par un manque d’activités intégrées pour la promotion internationale du pays. Après la crise de 2002, il était essentiel de regagner la confiance des principaux marchés émetteurs afin de garantir une remontée d’arrivées touristiques en 2003. Or, à part certaines activités du secteur privé en France, très peu d’activités de marketing et de distribution ont été effectuées jusqu’à présent. 3.2.1 Les activités de communication Relations publiques Depuis le nouveau gouvernement, le Ministère du Tourisme fait un effort remarquable pour communiquer la politique du tourisme dans le cadre de conférences de presse régulières pour les médias locaux. De telles activités à l’étranger sont rares. En 2003 l’association Go To (Groupement des Opérateurs du Tourisme de Madagascar) a organisé une réunion à Paris surtout pour les tours opérateurs et les agences de voyages, mais aussi pour les journalistes afin de transmettre le message que la situation politique dans le pays est redevenue stable et de présenter leur produit en combinaison avec le nouvel horaire de vols d’Air Madagascar. Lors de l’ITB en 2003 à Berlin, une conférence de presse organisée au stand a vu la présence de beaucoup de journalistes. Le matériel de promotion Le matériel de promotion imprimé de la destination Madagascar est actuellement très limité. Lors des salons du tourisme, une brochure en français et en anglais ayant ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 66 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR pour titre, ‘Madagascar, paradis redécouvert’ a été distribuée. Cette brochure donnait un court descriptif du pays, de la population, des circuits possibles et des parcs nationaux. Le contenu et la mise en page n’étaient malheureusement pas au niveau et la qualité de l’imprimerie non plus. La brochure était financée par USAID / LDI en collaboration avec le Ministère du Tourisme, la MdT et l’ANGAP. En 2000, quelques brochures à intérêt spécial ont été imprimées par la MdT en collaboration avec le Bureau de coopération française. Les sujets traités étaient les traditions à Madagascar, la faune sous-marine, les sports nautiques et les ouvertures sur l’aventure. Il semblerait que ces brochures ne soient disponibles qu’en français et qu’elles ne soient pas à jour. Mis à part le matériel imprimé, un documentaire “Madagascar, paradis de l’écotourisme” a été produit en 2002, financé par USAI / LDI et avec la collaboration du Ministère du Tourisme et de l’ANGAP. Ce film de 30 minutes est disponible en français, anglais et allemand, et présente les différentes régions de Madagascar. Les différents prestataires de services ont leur propre façon de promouvoir le pays et leurs services. Certains tours opérateurs et agents de voyage malgaches indépendants essaient de promouvoir leur produit en distribuant leurs propres prospectus, brochures d’information et leur propre page web. Le Hilton et Viaggi del Ventaglio font la promotion de leurs hôtels à Madagascar à travers les brochures de l’hôtel et sur leur site web. Quelques-uns des tours opérateurs et des hôtels plus petits ont produit du matériel de promotion très professionnel. De plus le Groupement des Opérateurs du Tourisme de Madagascar (GoTo) publie un magazine trimestriel avec une information principalement sur l’économie de Madagascar et surtout sur son industrie du tourisme. Le magazine “GO TO Madagascar” contient aussi des articles sur les événements, les sites naturels, les croisières, les nouveaux hôtels, des interviews avec les décideurs de l’industrie ainsi que de la publicité des partenaires du tourisme. Le porteur national Air Madagascar s’est engagé à améliorer la situation. Un magazine de bord en français et en anglais nommée “Orchidée” avait été publié et ciblait surtout les passagers de cette ligne aérienne avec des informations sur le pays et les îles voisines. Ce magazine a malheureusement été arrêté en janvier 2001 pour des raisons financières. Internet L’établissement d’un site web officiel pour la MdT “www.madagascar-tourisme.com“ allait dans la bonne direction mais la dernière mise à jour date de 2001. D’autres sources d’information touristique sur le web sur la destination Madagascar sont fournies par diverses sociétés et individus privés. Pour plus de détails, reportezvous au paragraphe sur la “La présence Internet” à la fin de ce chapitre. Récemment la société de design web BaseLab, située à Munich a proposé au Ministère du Tourisme d’élaborer un nouveau site web pour le tourisme à Madagascar. Ce site inclurait une information touristique complète avec des listes et des liens pour ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 67 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR les établissements privés pertinents ainsi que des outils de réservation. Le site proposé devrait refléter tout le secteur touristique de Madagascar. Une version de démonstration a été présentée au Ministère du Tourisme et au public lors du Salon Mondial du Tourism à Berlin (ITB) 2003. Activités promotionnelles Jusqu’à ce jour, des outils de promotion de vente tels les édutours, le matériel de vente, et le marketing mobile ne sont que rarement utilisés pour la promotion de la destination Madagascar, à cause du manque de ressources financières. Le secteur privé est prêt à organiser des séjours à l’intérieur du pays et à en assumer le coût (par ex. en offrant l’hébergement gratuit, le transport routier). Mais il faut arriver à une collaboration plus étroite entre le secteur public et Air Madagascar. C’est aussi le cas pour le marketing mobile des marchés émetteurs principaux. Information pour le visiteur Pour le consommateur il n’est pas facile d’obtenir une information fiable sur la destination Madagascar. Il est vrai que l’Internet fournit beaucoup d’informations mais la qualité de cette information varie beaucoup. Il n’y a actuellement pas de bureau de renseignements dans les marchés émetteurs. Dans le pays non plus, il n’y a pas de centre de renseignements, ni à l’aéroport, ni dans les centres touristiques. Plusieurs guides de voyage en français, anglais et allemand représentent la meilleure source d’information ainsi que les journées du public pendant les salons de tourisme. Le client peut alors se mettre en contact direct avec des représentants locaux et obtenir des réponses précises. La publicité Jusqu’à présent, vu les contraintes financières, Madagascar n’a pas encore lancé une campagne de publicité internationale. La conséquence en est que Madagascar reste une destination niche peu connue et sans aucune position claire sur le marché international du tourisme. 3.2.2 La distribution Les agences de voyages Dans les marchés émetteurs, les agences de voyages sont le lien principal entre la destination et les clients car Madagascar est une destination touristique complexe. A cause de la situation de l’infrastructure, du climat et du transport, le client a besoin de beaucoup d’informations et seules les personnes connaissant le pays peuvent les lui donner. Les agences de voyages qui offrent Madagascar sont d’habitude spécialistes de la destination et le personnel a en général une expérience concrète du pays. Ces agences collaborent d’habitude avec une agence locale. A leur tour, les agences locales à Madagascar tentent de plus en plus de coopérer avec les tours opérateurs internationaux. Une agence réceptive à Antananarivo par exemple travaille exclusivement avec un tour opérateur allemand qui se spécialise dans les séjours d’études haut de gamme. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 68 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Certaines agences réceptives malgaches ont leur siège à Antananarivo et opèrent des succursales indépendantes ou en collaboration dans les marchés émetteurs, surtout en France et aux États-Unis. Elles prennent contact avec les tours opérateurs et les clients du marché émetteur afin de faire entrer les produits touristiques malgaches dans le marché plus efficacement. On note que beaucoup de ces agences réceptives malgaches, ainsi que leurs succursales, ont une présence Internet très professionnelle et significative, avec même des outils pour réserver les vacances, l’hébergement, les tours guidés, la location de voitures, des liens sur les hôtels, etc. Plusieurs agences réceptives ont pris part au dernier ITB 2003 à Berlin pour présenter la destination Madagascar et parler aux opérateurs allemands et internationaux ainsi qu’aux potentiels clients. Les tours opérateurs A part TUI avec Nouvelles Frontières en France, les tours opérateurs les plus importants en Europe ne travaillent pas actuellement avec la destination Madagascar. Les salons du tourisme et de l’industrie touristique Au cours des dernières années, Madagascar a participé à plusieurs salons de tourisme et de voyage tels le WTM/Londres, BIT/Milan, ITB/Berlin, STM/Paris, INDABA/Durban, et le TopResa à Deauville. Un problème récurrent est le financement de la présence à ces événements. Jusqu’à récemment la Commission de l’Océan indien avait financé la participation à l’ITB de Berlin pour les îles de l’Océan indien, mais le financement de quatre ans a pris fin en 2000. Pour le WTM 2002, USAID/ LDI a fourni une contribution financière, Air Madagascar a été le sponsor du stand à l’ITB de 2003 avec un montant raisonnable et Go To a organisé son propre financement pour participer au salon Top Resa 2003. De plus, dans les marchés émetteurs, les agences de voyage et les tours opérateurs font de gros efforts pour augmenter la connaissance sur Madagascar avec une présence active dans les salons et conférences. En ce qui concerne l’organisation et la gestion professionnelle des présences aux salons de tourisme, les commentaires suivants sont donnés basés sur la présentation de Madagascar pendant l’Échange touristique international de l’ITB2003 à Berlin Aspects positifs • bonne impression générale • stand bien situé devant l’Afrique du Sud • couleurs représentant les couleurs du pays • brochures en anglais et en allemand en quantité suffisante avec les horaires d’Air Madagascar • présentation vidéo disponible • bonne compétence linguistique de ceux présents ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 69 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Aspects négatifs • le nom “Madagascar” n’était pas assez visible • présence permanente de gens n’ayant pas contribué au financement du stand • trop de personnes au stand • aucun responsable pour le stand, manque de coordination, incohérences • l’organisation de la conférence de presse pendant une des journées pour les professionnels a dérangé le travail des professionnels • pas de carte imprimée à distribuer • aucun matériel de promotion (cartes postales, stylos, affiches etc) à distribuer aux visiteurs les jours ouverts au public • aucune activité culturelle ou de présentation d’artisanat au stand Source: GATO AG Le marketing direct / Internet Comme déjà mentionné, certaines agences réceptives sont présentes sur l’Internet avec de très bons sites web. Mais actuellement l’Internet n’est utilisé que pour la communication, pas en tant qu’outil de distribution. Il est donc possible de trouver des informations sur le web mais pas de réserver des tours ou des hôtels. L’exception est le ‘Hilton Madagascar’ que l’on peut réserver par la page commerciale du Hilton. La présence Internet Pour vérifier comment la destination Madagascar se présente sur l’Internet, nous avons fait des recherches avec différents critères, par ex. ‘Madagascar’, ‘Tourism Madagascar’, dans les moteurs de recherche. En voici les résultats: Moteur de recherche: GOOGLE CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR’ Site web: www.air-mad.com Auteur: Dernière mise à jour: Langue(s): Apparence: Cortez Travel Inc., Solana Beach, États-Unis non mentionnée anglais très émotif, couleurs de terre dominent – vert, gris, brun – sur les photos et la mise en page (écotourisme), carte détaillée information variée sur les régions, la nature, le climat, la culture, guide de voyage (idées pour des tours individuels, tours organisés de groupes) offres de tours aucune barre de navigation bien agencée et claire menant aux ambassades, parcs nationaux, hôtels, projets de protection des parcs, musées l’adresse laisse croire que c’est l’accès au site officiel du porteur national Air Madagascar, or ce n’est que le site du tour opérateur Cortez Travel. Contenu: Publicité: Navigation: Liens: Note: ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 70 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Autres liens: • www.embassy.org Auteur: Ambassade de Madagascar, Washington DC • www.madagascar-tribune.com • www.lonelyplanet.com CRITERE DE RECHERCHE: ‘MADAGASKAR’ Site web: www.erdkunde-online.de Auteur: Dernière mise à jour: Langue(s): Apparence: Contenu: Publicité: Navigation: Liens: Autres: IwebYou / Stefan Donoval / Nufringen / Allemagne 18 juillet 2002 Allemand pas très attrayant (typographie, couleurs, design) non professionnel au contraire de la mise en page, contenu très détaillé avec de l’information professionnelle sur le pays, les habitants, la nature, les traditions, les cartes, le voyage une seule sur tout le site (littérature) facile à naviguer un seul pour des sites ayant de la littérature sur le sujet FAQ, livre d’or, fonction Aide Site web: www.auswaertiges-amt.de Auteur: ministère des Affaires étrangères, Allemagne Dernière mise à jour: avril 2003 Langue(s): Allemand/anglais/français Contenu: information détaillée et professionnelle sur la politique, culture et relations sociales entre l’Allemagne et Madagascar, information sur le voyage et la sécurité, les démarches pour le visa – problèmes de mise à jour Publicité: aucune Liens: une colonne de liens utiles Site web: madagaskar-online.de Auteur: Dernière mise à jour: Langues: Apparence: Contenu: Arne Kürbitz 19 juin 2003 allemand/anglais/ français pas très diversifiée, pas de photos ni de cartes information courte sur pays, habitants, tradition longue liste de liens vers des sites sur Madagascar aucune facile à naviguer, bien structuré, pas de bouton Aide Publicité: Navigation: ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 71 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Site web: www.madagaskar-travel.de Auteur: Dernière mise à jour: Langue(s): Apparence: Contenu: BW GmbH / Kissing / Allemagne 3 octobre 2002 allemand professionnelle, pas de photos, que des cartes, couleurs vives outil de réservation, information de voyage, offres de tours, information sur les moyens de transport, etc. aucune facile à naviguer, bien structuré ambassades, sites de textes pertinents Publicité: Navigation: Liens: CRITÈRE DE RECHERCHE: ’MADAGASCAR OFFICIAL HOMEPAGE’ aucun résultat CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR TOURISM’ aucun résultat CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR TOURISME’ Site web: www.madagascar-tourisme.com Auteur: Dernière mise à jour: Langue(s): Apparence: Maison du Tourisme 2001 français trop d’information sur la première page, typographie trop petite sur l’index; le vert, la couleur principale, représente la nature, belle collection photos sur la plupart des pages information sur le pays, la nature, la politique, les gens, cartes aucune assez compliquée, peu claire, barre en haut et à gauche de chaque page ambassades, réserves naturelles, hôtels, projet de protection de la nature, musée outil de contact serait utile, un lien vers des outils de réservation d’hôtels également, transport Contenu: Publicité: Navigation: Liens: Note: Le site web www.tourisme-madagascar.com contient déjà un large éventail d’informations pertinentes et actuelles avec des éléments comme une information générale sur le pays, des liens vers des fournisseurs, une galerie de photos ainsi que des informations sur les attractions, l’hébergement et les prestations. Il faudra néanmoins revoir le site puisque certains éléments majeurs comme des outils de traduction, des forums, etc., ne figurent pas (voir chapitre 5 – Marketing et distribution). ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 72 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Site web: www.madagascar-contacts.com Auteur: Dernière mise à jour: Langues: Apparence: République de Madagascar non mentionnée français, anglais couleurs de terre, des photos à gauche sur chaque page, apparence professionnelle information sur l’investissement dans des projets malgaches aucune compliquée, pas de barre en haut, il faut utiliser le bouton-retour à chaque changement de page Contenu: Publicité: Navigation: CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘AIR MADAGASCAR’ Site web: www.airmadagascar.de Auteur: Aviareps Airline Management Group AG Dernière mise à jour: en construction Site web: www.airmadagascar.info Auteur: non mentionné Dernière mise à jour: en construction OUTIL DE RECHERCHE: ALTAVISTA CRITÈRE DE RECHERCHE: ’MADAGASKAR’ (même résultats que ‘madagascar’) • • • • • • • www.traveloverland.de www.expedia.de www.madagascarnews.com www.air-mad.com www.embassy.org/madagascar www.madagascar.it www.madagascar.co.uk CRITÈRE DE RECHERCHE: aucun résultat ‘MADAGASCAR OFFICIAL HOMEPAGE’ CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR TOURISM’ Site web: www.madagascar-travel.net Auteur: Madagascar Travel / Rainbow Tours Ltd. / Londres – tour opérateur Dernière mise à jour: non mentionnée Langue(s): anglais ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 73 GATO AG Plan directeur du Tourisme Apparence: Contenu: Publicité: Navigation: Liens: Autres: MADAGASCAR tout en vert, facile à naviguer, une barre avec des boutons à gauche, design pas très émotif par manque de photos, apparence professionnelle information voyage, description de la destination, des gens, du paysage, outils de réservation offerts aucune très facile, une barre à gauche, reste inchangée pendant la navigation à l’intérieur du site aucun - CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR TOURISME’ Site web: www.destinationmadagascar.com Auteur: Dernière mise à jour: Langue(s): Apparence: Contenu: Publicité: Navigation: Liens: Autres: non mentionné non mentionnée français beaucoup de couleurs, plus de photos que de textes, facile à comprendre information sur l’industrie hôtelière, boisson et nourriture, transport, culture, les gens, la nature, idées des sites à voir aucune peu claire, deux barres différentes (verticale, horizontale) aucun - CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘AIR MADAGASCAR’ • • • www.air-mad.com www.madagascarnews.com www.airmadagascar.de OUTIL DE RECHERCHE: LYCOS CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASKAR’ • • • • • www.expedia.de www.traveloverland.de www.madagaskar-travel.de (voir ci-dessus) www.tourismus-madagaskar.de: Verein Kintana / Bernd Winkler www.priori.ch: anglais, français, hollandais, allemand; tour opérateur, gestion de projet, projets sociaux et culturels ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 74 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR’ • • • www.airmadagascar.de (voir ci-dessus) www.gracetours.de: tour opérateur spécialiste de Madagaskar www.madagascar-on-bike.com: allemand, location de vélo, tour guidé à vélo CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR OFFICIAL HOMEPAGE’ aucun résultat CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR TOURISM’ • • www.madagascar-contacts.com (voir ci-dessus) www.eco-tour.org: tours écologiques (int.) soutenus par la commission européenne CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘MADAGASCAR TOURISME’ aucun résultat CRITÈRE DE RECHERCHE: ‘AIR MADAGASCAR’ • premier site web trouvé: www.airmadagascar.de ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 75 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.3 Le cadre institutionnel 3.3.1 Les structures organisationnelles Après les changements politiques de l’année passée et la reprise économique, l’industrie du tourisme à Madagascar est aussi en train de se restructurer intégralement. Pour être sûr que le développement est sur la bonne voie dès le départ, les différentes institutions déjà en existence devront travailler ensemble. La position, les fonctions et les responsabilités de ces institutions seront donc clairement définies et faciles à adapter aux changements. Le Ministère du Tourisme, la Maison du Tourisme, et les associations du secteur privé représentent Madagascar dans le tourisme. De plus, le porteur national Air Madagascar a pris en charge une large part de la promotion et du marketing depuis quelques années, surtout avec ses représentations à l’étranger. En ce qui concerne le secteur privé, de nombreuses associations représentent les différentes activités touristiques, de l’association des porteurs à l’aéroport aux hôteliers, tours opérateurs, artisans, et associations de guides de chaque parc national. Les attentes de ces associations sont très différentes et il s’ensuit que l’image du tourisme dans le secteur privé est très mixte. Le Ministère du tourisme Établi en 1996, ce Ministère est responsable de la politique du tourisme à Madagascar. Ses responsabilités seront principalement: • concept, réalisation, et évaluation de la stratégie du tourisme. • mise en oeuvre du cadre institutionnel, du développement et du cadre législatif (c à d l’application pratique du Code du Tourisme) • activités de promotion pour l’investissement dans le tourisme • coordination de la formation professionnelle du secteur du tourisme • promotion de la destination touristique Madagascar Le siège du Ministère est à Antananarivo et emploie une centaine de personnes. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 76 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Organigramme du Ministère du tourisme: Ministre COORDINATION GENERALE DES PROJETS CABINET SECRETARIAT GENERAL DIRECTION GENERALE Direction de l'Appui an Development des Investissments Direction de la Valorisation des Produits Touristiques Directions Provinciales Source: Ministry of Tourism Directions provinciales Le Ministère du tourisme a un bureau dans chacune des six provinces et quatre délégations régionales (Nosy Be, Sainte Marie, Tolanaro, Morondave) avec 28 employés en tout. Les bureaux provinciaux sont chargés de mettre en pratique toutes les procédures administratives liées au tourisme et d’évaluer soigneusement toutes les actions. Par exemple, le classement initial des hôtels est la responsabilité de la délégation du tourisme. Malheureusement, le manque de personnel et un équipement désuet (de vieux ordinateurs, pas de connexion électronique, pas de budget pour les appels téléphoniques) et le manque de fonds gênent le travail des bureaux régionaux. Le manque de communication entre le siège à Antananarivo et les bureaux régionaux prolonge les procédures administratives. Le Ministère du tourisme est membre de la commission inter-ministérielle qui a pour but de normaliser les activités du tourisme sur tous les secteurs (Étude de la Banque mondiale). La Maison du Tourisme La Maison du Tourisme (MdT) a été fondée en 1991 comme association privée, créée par le gouvernement en collaboration avec la Commission européenne. Elle est dirigée par des représentants du secteur privé avec un membre du Ministère du tourisme. C’est néanmoins le Ministère du Tourisme qui nomme le directeur. Responsabilités: La fonction première de la MdT en tant qu’association ombrelle des associations professionnelles est de: • promouvoir la “Destination Madagascar” • soutenir la promotion de produits touristiques malgaches • développer et mettre en oeuvre les campagnes de communication et de publicité • améliorer le système éducatif du tourisme ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 77 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR La MdT est financée principalement par la taxe dite vignette touristique, la cotisation des membres et un financement étranger, principalement du Service de coopération et d’Action culturelle du gouvernement français et du Fond Européen de Développent. La vignette touristique est payée directement par chaque touriste. Le tarif est de 0.50 $ US par nuit dans un hôtel 3 étoiles ou plus et de 0.30 $ US dans les autres hôtels. Les hôtels collectent la taxe et la passent au trésorier qui la passe à la MdT. La collecte de la taxe est problématique et il n’y a pas de contrôle en place pour poursuivre ceux qui ne la paient pas. La MdT n’a pas les moyens de payer plus que les salaires de ses employés et ne peut jouer le rôle qui lui est assigné. La MdT pense ne recevoir qu’à peu près 75% du montant dû. 3% de la somme reçue va au soutien de l’Institut National du Tourisme et de l’Hôtellerie. Problèmes de la MdT: • faiblesse du comité et des structures de direction • aucun capital: dépendance sur la cotisation des membres • administration lourde avec un comité exécutif de 30 membres • manque de partenariats efficaces entre le secteur public et le privé Actuellement les activités sont limitées à cause du manque de fonds résultant d’une perte de confiance du secteur privé à cause d’irrégularités passées dans la direction de la MdT. Le gouvernement a l’intention de réduire les responsabilités de la MdT et de passer la majorité de ses fonctions à une nouvelle organisation, l’Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM), qui est en cours de formation. Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM) La nouvelle organisation sera conjointement contrôlée par le Ministère du Tourisme (pour le côté technique) et le Ministère de l’Économie et des Finances (pour le côté financier). La mission interne principale de l’ONTM est de fonctionner comme plateforme de coordination entre le gouvernement et le secteur privé. Sa fonction externe est de gérer la promotion internationale de Madagascar en tant que destination touristique. Des directions régionales seront établies dans les 6 provinces pour renforcer les rôles des provinces dans le tourisme. Les activités principales de l’ONTM en coopération avec d’autres institutions seront: • la publication de brochures touristiques • l’analyse des développements dans le secteur du tourisme • la publication d’informations sur les mesures incitatives liées à l’investissement dans le secteur du tourisme • la promotion de la destination Madagascar au sein du pays et à l’étranger en coopération avec les directions régionales de tourisme • le suivi des commissions pour le classement des hôtels et des restaurants • le développement de lignes directrices sur la qualité dans le secteur du tourisme • la coordination entre le secteur privé, les bailleurs de fonds internationaux et le gouvernement ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 78 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Les associations du secteur privé Il existe un très grand nombre d’associations professionnelles pour toutes les professions du tourisme (hôteliers, tours opérateurs, agences de location de voitures, restaurants, guides, etc). En général, ces associations ne fonctionnent pas à un niveau acceptable car elles ne représentent qu’une petite tranche des professionnels. Par exemple, à l’aéroport d’Ivato à Antananarivo seulement, il y a trois différentes associations pour les porteurs. Certains joueurs principaux parmi les associations professionnelles sont: L’Association Professionnelle des Tours Opérateurs Réceptifs de Madagascar (TOP) TOP est une association indépendante et privée de tours opérateurs qualifiés qui oeuvrent pour le développement de l’industrie du tourisme à Madagascar. Fondée en 1991, TOP travaille de près avec d’autres professionnels de l’industrie du tourisme malgache et du secteur public comme GoTo, ANGAP, Maison du Tourisme, WWF et le Ministère du Tourisme. La Fédération des Syndicats des Hôteliers et Restaurateurs de Madagascar (FSyHRM) Cette fédération est une organisation ombrelle nationale pour les associations régionales qui sont dans chaque province ainsi qu’à Sainte Marie et à Nosy Be. Une liste intégrale des hôtels et restaurants de Madagascar a été publiée sous forme de guide touristique. GoTo Madagascar GoTo Madagascar a été créée en 2002 pour tenter d’unir les différents professionnels du tourisme. GoTo Madagascar est une association sans appartenance politique et a été fondée en réponse à l’échec des autres organisations. L’un de ses principaux objectifs est d’augmenter le professionnalisme du secteur du tourisme et de mettre en place un code de déontologie. GoTo Madagascar publie aussi un magazine trimestriel “Les échos touristiques de Madagascar” pour les membres de l’industrie du voyage. D’autres associations nationales du tourisme sont: GLVM: groupement des loueurs de voitures de Madagascar ; AAVM: association des agences de voyages de Madagascar. Les Associations régionales En général, toutes les professions ont aussi des associations régionales ou locales. Les hôtels et restaurants ont établi des syndicats dans les villes principales du tourisme et chaque parc national a ses propres associations de guides, dont les deux suivantes: Groupement Interprofessionnel de l’Hôtellerie et du Tourisme de Nosy Be (GIHTNB) Association des Guides du Parc Isalo (AGP) ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 79 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR ANGAP L’agence principale qui dirige la politique de conservation du pays est l’Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP), une ONG fondée en 1997. L’ANGAP a pris la relève du Ministère des Forêts et se charge de l’administration des parcs nationaux et du développement de l’écotourisme dans ces sites. L’ANGAP est sous la tutelle du Ministère de l’Environnement qui est responsable de la formulation de la politique sur l’environnement. ANGAP gère 12 million d’hectares de forêts et 43 réserves et parcs nationaux d’une superficie d’1,7 million d’hectares, divisés en trois catégories: les réserves naturelles intégrales, les parcs nationaux et les réserves spéciales. Certains parcs et réserves sont gérés, ou co-gérés, par des agences internationales telles WWF, KfW et UNESCO, tandis que le Ministère des Forêts continue à diriger quelques aires protégées. Le financement de l’ANGAP: l’association est principalement financée par des dons: bailleurs (70-89%), gouvernement (15-20%), frais d’entrée des parcs (7%). L’ANGAP a besoin de ressources financières de toute urgence pour continuer son travail. Frais d’entrée et réinvestissement L’entrée aux parcs nationaux et aires protégées de Madagascar est contrôlée et tout visiteur à besoin d’un billet d’entrée. 50% des frais d’entrée demandés par l’ANGAP sont réinvestis dans des projets pour les communautés locales vivant en périphérie des parcs. Entre 1992 et 1999, on estime qu’un total de 5,060 millions de FMG ont été investis dans 458 micro-projets. Environ 76,794 familles ont profité des ces microprojets en 2000 selon l’ANGAP (Banque mondiale, 2002). Les frais d’entrée dans les parcs (environ 6 $ US pour un billet de 3 jours) sont inférieurs à ceux d’autres pays mais correspondent bien au manque de qualité des prestations. Puisque les tours guidés sont obligatoires, il faut ajouter à ces frais celui du guide qui est plutôt élevé, et qui double s’il y a plus de trois personnes dans le groupe. Problèmes de l’ANGAP: • • • • • • • administration lourde à Antananarivo perte de confiance du public car l’ANGAP n’a pas toujours mis en oeuvre ses projets les micro-projets ne séduisent pas le public les tarifs des guides dans les parcs sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs manque de flexibilité par rapport aux tours opérateurs locaux comportement commercial insatisfaisant les circuits ne sont pas adaptés au tourisme pour les personnes du troisième âge. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 80 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Les bailleurs de fonds internationaux A part les programmes gouvernementaux, plusieurs initiatives gérées par des ONG sont en cours et cherchent à utiliser le tourisme pour réduire la pauvreté. Ces initiatives intègrent les communautés locales dans la planification et la réalisation des projets de tourisme. Le programme LDI de USAID et de WWF sont deux exemples des plus visibles d’organisations qui tentent d’inclure les communautés locales dans le développement du secteur du tourisme, avec une attention spéciale sur l’écotourisme. USAID USAID (United States agency for international development) oeuvre pour une croissance économique à long-terme et durable en offrant de l’aide humanitaire. A Madagascar, USAID gère le programme de développement du paysage dit LDI (Landscape Development Intervention), qui est un projet de développement sur cinq ans, conçu pour combattre la pauvreté dans les régions rurales et pour protéger les ressources naturelles de Madagascar. Les activités de LDI sont supervisées par le Ministère de l’Environnement. A travers une approche “éco-régionale” qui intègre des facteurs tant écologiques que socio-économiques, LDI soutien les initiatives de développement et de conservation qui tendent à préserver les éco-systèmes prioritaires et à améliorer le niveau de vie dans les régions rurales. Les activités de LDI: • établissement de couloirs de forêts entre les aires protégées • réalisation d’études d’impact environnemental • création d’organisations locales pour aider la population locale à développer ses propres entreprises • mise en place de méthodes agricoles durables • construction de deux écolodges à Ankarana Ouest • réhabilitation de la voie ferrée de Fianaratsoa à Manakara • soutien et promotion des entreprises de conservation par ex. la culture de plantes médicinales • organisation d’ateliers sur l’écotourisme • aide aux activités de marketing par ex. sponsorisation de la participation de Madagascar au World Travel Market à Londres, création de l’association Éco-Tourisme Nord et la publication du “Diego 2001 Guidebook”. Actuellement, LDI est l’institution ayant l’expérience la plus vaste sur les questions de l’écotourisme à Madagascar. Le programme arrive à terme en 2003, une prolongation est en cours de discussion. WWF – L’organisation mondiale de protection de la nature La WWF est très active à Madagascar. Travaillant avec l’ANGAP et LDI, la WWF aide au développement de procédures adaptées à la conservation. En 1996, la WWF a identifié 5 régions écologiquement importantes à Madagascar et deux de ces régions ont été sélectionnées comme régions prioritaires: les forêts caducifoliées du sud et les forêts épineuses du sud-ouest. Au sein du programme des forêts sèches, la WWF ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 81 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR gère environ 30,000 ha de forêt. L’objectif de ce programme est de gérer et protéger de 15 à 25% de l’éco-région à long-terme. Conservation International (CI) Les priorités de CI sont de protéger les espèces en danger de l’île et de mettre en place de meilleures techniques de gestion pour les forêts et les parcs. CI collabore aussi avec des membres du secteur privé, comme l’industrie minière, pour mettre en place des pratiques respectant à la bio-diversité. L’Union Européenne L’UE est très impliquée dans le secteur de l’infrastructure. A travers le FED (Fond Européen de Développement) des budgets annuels importants sont alloués à la réhabilitation du système routier principal du pays facilitant ainsi l’amélioration de l’économie générale de Madagascar. SCAC – Service de Coopération et d’Action Culturelle Le SCAC poursuit trois objectifs de développement: le développement humain et social, le développement économique et la modernisation du cadre institutionnel. Il soutient également le tourisme avec le Fond de Solidarité Prioritaire (FSP). Ses priorités sont les secteurs des ressources humaines et le marketing. KfW – Kreditanstalt für Wiederaufbau La KfW (la banque allemande du développement) est impliquée dans la protection de l’environnement naturel et soutient activement plusieurs parcs nationaux tels Ankarafantsika, Marojejy, Andringitra et Tsimanampetsotsa. L’amélioration des prestations touristiques et des services dans les parcs fait partie de ce programme. GTZ – Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit GTZ est une société allemande pour la coopération internationale ayant des programmes partout dans le monde. Ses champs d’action prioritaires à Madagascar se concentrent sur les thèmes de la protection et de la gestion durable des ressources naturelles, la santé primaire et l’hygiène et la sécurité alimentaire, principalement dans les secteurs de l’agriculture et de la sylviculture. GTZ suit les objectifs qui maximiseront la participation de la population locale aux activités de développement par la formation et l’intégration d’experts malgaches dans les équipes des programmes. L’Aide japonaise au développement L’Aide japonaise est concentrée sur la construction routière ainsi que la réhabilitation complète de rues dans les villes, par ex. l’avenue de l’indépendance à Antananarivo. Autres bailleurs de fonds: Banque mondiale, CARE (USA) ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 82 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Autres organisations intéressant le tourisme Fanamby FANAMBY est une ONG environnementale à but non-lucratif spécialisée dans la conservation et le développement. FANAMBY tente d’impliquer la communauté locale dans la gestion de ressources précieuses et soutien la création de sources alternatives de revenus. Tétraktys / Ravaka Cette organisation privée développe des excursions piétonnes autour d’Antsirabe avec l’option de passer la nuit dans des maisons traditionnelles rénovées. L’aspect du développement du tourisme durable et l’implication de la population locale est très encouragé. Moramora’aventure Moramora’aventure en coopération avec l’organisation belge ‘Sens inverse’, propose des excursions de découverte à pied ou à vélo. Comme hébergement, ils ont construit un lodge naturel près d’Ambohimanga. L’organisation essaie d’obtenir l’engagement actif de la population locale. Fondation Heritsialonina Cette fondation a comme objectif de réhabiliter l’ancienne ville de Fianarantsoa. Le développement d’activités culturelles est aussi projeté. De plus, la fondation encourage la population locale à développer des chambres d’hôtes privées pour le tourisme (formule bed & breakfast – chambre et petit-déjeuner) Affiliations Madagascar est membre des organisations internationales suivantes: COI: commission de l’océan indien COMESA: Marché commun pour l'Afrique australe et orientale BAD: Banque africaine de développement FED: Fond européen de développement BADEA : Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique Kuwait Fund Convention de Cotonou entre l’UE et les pays ACP AGOA Overseas Private Investment Corporation Organisation du tourisme des îles de l’Océan indien (IOITO) Madagascar est le siège de l’IOITO, une organisation avec 5 états membres: Madagascar, les Seychelles, la Réunion, l’île Maurice et les Comores. Madagascar profitera de ce partenariat car on peut s’attendre à un transfert de savoir de l’île Maurice, dont le secteur du tourisme est plus développé. Malheureusement, un manque de fonds gêne le progrès de cette organisation. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 83 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.3.2 Le cadre législatif Une évaluation des réglementations du tourisme A Madagascar, le tourisme est réglementé par les lois suivantes: • le Code du tourisme • le Code du travail Le Code du Tourisme Loi 95-017 du tourisme à Madagascar, le Code du Tourisme, a été créé en 1995 pour soutenir le développement du tourisme, définir les différentes entreprises et activités du tourisme, définir la procédure de classement des hôtels ainsi que les responsabilités à assumer et les enfreintes à pénaliser. La loi définit aussi le champ d’application et la procédure d’enregistrement pour ouvrir un hôtel à Madagascar. Le Code du Tourisme élabore un cadre détaillé de lignes directrices et pourrait être un outil important pour le fonctionnement du tourisme, bien que son application concrète ait été minime jusqu’à présent. La réglementation ouvrière Le Code du travail Les relations ouvrières à Madagascar sont réglementées par le Code du Travail 94029. Ce code date de l’ère coloniale et le dernier amendement date de 1994. Il permet la formation et la reconnaissance de syndicats depuis 1956. Les paragraphes 58 à 416 ont trait au secteur du tourisme. Les statistiques sur le nombre d’employés du secteur touristique membres d’un syndicat ne sont pas disponibles actuellement. Les employés ne sont pas souvent conscients de leurs droits et il y a un manque notoire d’emplois dans le secteur privé. Les sociétés appartenant à des étrangers sont plus aptes à être impliquées dans des conflits que les sociétés malgaches. En principe, il n’y a aucune limite au nombre d’étrangers qui peuvent être employés dans une seule société. Cependant, les permis de travail sont émis par le Ministère des Affaires Intérieures dont les procédures sont exagérément longues et bureaucratiques et il y a une volonté nationale de restreindre le nombre de travailleurs étrangers. Le salaire minimum varie selon la position de l’employé, la nationalité de la société, la région et le travail: • le salaire minimum pour les cols bleus est d’environ 30 € / mois • le salaire minimum pour les cols blancs est de 100 à 1,000 € / mois Le code du travail autorise un maximum mensuel de 173,33 heures de travail. Quelques secteurs ont un nombre d’heures de travail plus élevé (par ex. les gardes). Le travail du dimanche est rémunéré à 40% de plus sur le salaire de base et les jours fériés à 100%. Il y a 11 jours fériés à Madagascar. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 84 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Période employé Maximum d’heures Maximum d’heures Heures / jour / semaine supplémentaires en % travail de jour 8 40 30-50% travail de nuit 8 40 30% Visa Visa touristique Chaque visiteur a besoin d’un visa émis par les autorités malgaches pour entrer dans le pays. La demande de visa (une seule entrée ou plusieurs entrées) se fait soit à l’avance dans les ambassades et consulats, soit à l’arrivée à l’aéroport international d’Antananarivo (visa simple pour un mois). La demande prend en général trois jours et les visas sont généralement valables pour 90 jours à partir de la date d’émission. Les tarifs varient selon les règlements de l’entrée et la durée du séjour. Bien que la procédure de demande soit assez flexible, le prélèvement de charges à l’entrée dans le pays pourrait faire préjudice à l’industrie du tourisme car d’autres destinations compétitives (par ex l’île Maurice et les Seychelles) ne font pas cela. Tarifs de Visa Une seule entrée, un mois: Plusieurs entrées, un mois: Une seule entrée, trois mois: Plusieurs entrées, trois mois: Visa pour immigrant, un mois: € 23 € 29 € 35 € 40 € 35 Visa d’affaires Pour entreprendre des activités professionnelles dans le pays, les non-résidents ont besoin d’un visa qui coûte le prix d’un visa touristique. Pour des séjours supérieurs à 3 mois, les visas sont émis directement par le Ministère de l'Intérieur. Pour obtenir un permis de travail il faut entreprendre une procédure assez longue et plutôt compliquée. Les entreprises du tourisme se plaignent souvent des ces procédures car les permis ne sont parfois émis qu’après le départ du travailleur étranger après l’expiration de son contrat. Tous les aspects concernant le cadre institutionnel mais qui sont liés aux procédures d’investissement sont présentés en détail dans le chapitre 8 ‘L’Investissement dans le tourisme’. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 85 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.4 Les ressources humaines 3.4.1 Introduction Mondialement, l’industrie du tourisme alimente le marché du travail et le secteur du tourisme de Madagascar est certainement l’un des principaux employeurs dans le pays, second au secteur agricole. Le tourisme a gagné en rythme depuis les 3 dernières années: le nombre de postes créés dans le secteur du tourisme a augmenté de plus de 8% par an. Actuellement l’industrie du tourisme offre un emploi direct à environ 17,564 personnes (d’après les statistiques de l’année 2001 et ne tenant pas compte de la crise de 2002). Emplois directs • • • • • hôtels restaurants attractions boutiques artisanales tours opérateurs il est généralement admis qu’un emploi direct correspond à trois emplois indirects. Le nombre d’emplois indirects est donc de 52,700. Emplois indirects • • • • • • • • l’agriculture et la pêche l’alimentation la construction l’artisanat le transport la location de voitures les sports et loisirs l’essence A condition que l’augmentation du volume des touristes soit accompagnée d’une amélioration de la qualité des services, le secteur du tourisme est en cours de devenir l’employeur le plus important du pays. Tandis que le salaire moyen dans le secteur du tourisme était de €1,200 par an en 2002, il faut tenir compte des différences entre la capitale Antananarivo et les provinces, à peu près 30% d’écart. 3.4.2 L’éducation générale Le premier programme national pour l’amélioration du système éducatif s’est déroulé de 1989 à 1997. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 86 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Madagascar a adopté un système de scolarité obligatoire sur neuf ans, à savoir l’école est obligatoire de six à quatorze ans. Écoles primaires et secondaires Les enfants vont à l’école primaire jusqu’à l’âge de dix ans. L’éducation secondaire dure sept ans et se divise en deux parties: un niveau junior de onze à quatorze ans qui est obligatoire, et un niveau senior de quinze à dix-sept ans. A la fin du niveau secondaire junior les élèves peuvent quitter l’école, reçoivent un certificat et peuvent suivre une formation vocationnelle ou commencer à travailler. Ils peuvent aussi continuer leur scolarité et passer au niveau secondaire senior à la fin duquel ils recevront un baccalauréat. Universités Madagascar a 6 universités d’état, une dans chaque capitale provinciale avec un total d’environ 32,156 étudiants (pour l’an 2000) et 19 institutions privées avec 2,625 étudiants. Les cours universitaires sont plus théoriques que ceux des institutions privées qui se concentrent davantage sur la pratique. Jusqu’à présent, ni les universités, ni les institutions privées n’offrent des études sur le tourisme. Problèmes du système éducatif Les difficultés économiques ont un impact très néfaste sur le secteur éducatif du pays. Madagascar est l’un des pays les moins développés au monde, classé 147e sur les 173 pays dans l’index de développement humain (IDH)1. Le dilemme est que les facilités éducatives ne peuvent plus absorber la population croissante éligible pour l’école et que beaucoup de familles n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école. Environ 33% de la population est donc analphabète. En comparaison au reste du continent africain où jusqu’à 50% de la population est analphabète, ce taux ne semble pas très élevé. Dans les pays d’Europe, l’analphabétisme adulte est à moins de 10%. Pour remédier à cette situation, le gouvernement a déclaré l’éradication de l’analphabétisme comme l’un des premiers objectifs de la politique de développement national. Il est admis que la croissance économique ne pourra se faire que si la population est alphabète et en donnant à tous les enfants de 6 à 14 ans l’accès à une éducation universelle. Le bien-être du pays entier en dépend et il est clair que l’amélioration du système éducatif fournira un terrain apte au développement de l’industrie du tourisme. Quelques démarches pour améliorer le niveau éducationnel sont déjà en cours. Un certain nombre de programmes ont été lancés au début des années 90 pour éliminer l’analphabétisme adulte, y compris un plan de 5 ans pour créer et renforcer des centres de ressources polyvalents dans tout le pays. 1 L’IDH mesure le développement humain en combinant trois dimensions du développement – longévité (espérance de vie), savoir (alphabétisation adulte et moyenne de scolarité) et revenu. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 87 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR La PNUD gère un programme d’Alphabétisation fonctionnelle intensive (AFI) avec une ONG locale Malagasy Mahomby. La méthodologie de l’AFI a démarré au Burkina Faso. C’est une méthode rapide, efficace et peu chère. Il y a actuellement 138 centres de formation pour 6,000 étudiants à Madagascar. Néanmoins, comme nous l’avons déjà dit, les frais directs (par ex. l’inscription, les livres etc) et indirects (perte de revenus) restent trop élevés pour beaucoup de familles ce qui fait que le taux de présence est bas et le taux d’abandon relativement élevé. La conscience du bienfait est amoindrie par le fait que les écoles elle-mêmes sont maléquipées et ne peuvent compenser l’investissement humain. Les contraintes économiques forcent les familles à envoyer leurs enfants (surtout les filles) au travail pour aider au soutien de la famille. De plus, un nombre insuffisant d’écoles – auquel on doit ajouter la mauvaise condition des routes – oblige les enfants des régions rurales à marcher de longues distances. Par conséquent il y a un écart considérable entre le niveau d’éducation de la région centrale à dense population et les régions côtières. 3.4.3 L’éducation touristique La formation touristique à Antananarivo INTH - Institut National de Tourisme et d’Hôtellerie Une éducation spécialisée dans le champ du tourisme est rare. L’INTH est une organisation établie depuis 1991 qui a pour objectif de former des professionnels de l’industrie du tourisme et jusqu’à présent est la seule institution de formation à être reconnue par le Ministère du Tourisme. Une éducation de base sur le tourisme ainsi qu’une formation plus centralisée sur la gestion est offerte par le collège. Les étudiants sans baccalauréat peuvent suivre un programme de deux ans sur les bases du tourisme avec l’option de se spécialiser dans un domaine par ex. la restauration. Ceux qui ont leur baccalauréat suivent un programme de gestion de deux ans qui souligne particulièrement les langues et l’administration commerciale. Programmes de formation Formation de personnel: 2 ans de formation sur le tourisme de base plus une spécialisation pour les étudiants sans baccalauréat. Les spécialisations sont: restaurant, boulangerie, cuisine, hébergement hôtelier, guide touristique Formation de gestionnaires: 2 ans de formation dans le tourisme avec les langues, l’administration commerciale et la gestion pour les étudiants ayant leur baccalauréat. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 88 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Cependant, l’INTH est en proie à des difficultés financières et les facilités ont besoin d’être mises à jour et modernisées: la formation n’est donc pas satisfaisante à cause de contraintes économiques et du manque de facilités appropriées. Qui plus est, l’INTH n’offre pas de programme adapté à des personnes ayant une expérience professionnelle dans d’autres secteurs mais souhaitant intégrer le tourisme. Institutions privées de formation Quelques Institutions privées de formation offrent des modules à mi-temps (par ex. pour les chefs, les boulangers) mais la qualité de la formation est limitée à cause de la durée des cours (un maximum de 3 mois). Deux institutions privées à Tana (ISCAM and INSCAE) offrent une formation en gestion touristique pour les personnes ayant le baccalauréat. L’Hôtel Colbert à Antananarivo a introduit un programme interne de formation pour ses employés. Des formateurs de renommée internationale donnent des cours sur tous les aspects de la gestion hôtelière. L’exécutif de l’hôtel offre aussi des apprentissages ainsi que des stages pour les jeunes apprentis. La formation touristique dans les provinces En général il y a un manque complet de facilités pour la formation touristique en dehors de la capitale ce qui fait que la majorité des hôtels offrent des programmes internes. Dans le cadre du Programme de Formation itinérante, établi et financé par l’Union européenne, une sorte de formation mobile avait été lancée. Elle consistait en programmes d’une semaine conçus pour différents employés de l’industrie du tourisme, par ex. les chefs et les guides. Les formateurs allaient de province en province et passaient une semaine à former les professionnels du tourisme. Les participants donnaient une petite contribution vers les coûts opérationnels. Malheureusement ce programme est maintenant terminé. Pour améliorer la situation à Nosy Be, une École de Tourisme et d’Hospitalité est prévue et ouvrira en septembre 2004. Se basant sur une initiative privée, elle sera financée par le Service de Coopération et d’Action Culturelle du gouvernement français en collaboration avec le gouvernement régional du département de l’Oise. Les coûts supplémentaires ne sont pas encore couverts. L’École suivra le modèle de l’INTH afin d’être reconnue par l’état comme un centre de formation officiel. L’école offrira aussi des programmes de formation pour des personnes travaillant déjà dans le secteur du tourisme. La partie pratique de la formation aura lieu dans un ancien hôtel de la fondation suisse (qui doit être rénové avant que la formation ne puisse commencer). Une collaboration intensive avec l’école de tourisme de St. Paul, La Réunion est prévue (par ex. des formateurs de La Réunion viendront enseigner à Nosy Be). Des discussions sont aussi en cours pour des écoles de tourisme à Majunga, Morondave et Toamasina. La formation des guides ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 89 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR La classification des guides comprend 4 catégories: spécial, national, régional, local 1) Interprètes et guides spéciaux Ces guides sont très qualifiés et ont une grande richesse de savoir spécialisé (flore et faune, caméléons, lémuriens, orchidées, etc.) parlant couramment le français ainsi que d’autres langues. Bien que certains de ces guides aient été formés, leur savoir vient d’habitude de leurs intérêts personnels et d’une grande expérience professionnelle. 2) Guides nationaux Ces guides accompagnent des groupes de touristes dans tout le pays pendant la durée du séjour. Leur savoir et leurs compétences sont moins spécialisés que pour les guides spéciaux. Ils sont formés sur deux ans à l’INTH (voir ce paragraphe). 3) Guides régionaux par ex. connaissent bien le Nord de Madagascar, mais pas la Route du Sud 4) Guides locaux: travaillent dans un parc national ou à un site touristique (par ex. Rova à Antananarivo) Pour la formation des guides locaux des parcs nationaux, l’ANGAP (Association Nationale pour la Gestion des Aires protégées) avait commencé en 1992 des cours intensifs d’une semaine. Ce programme de formation des formateurs visait certains guides seniors. Les sujets principaux du programme étaient les compétences linguistiques, le savoir sur les parcs, les techniques du guide, l’écosystème malgache, l’histoire, le cadre législatif et les premiers secours. Un code professionnel avait aussi été lancé. Les participants retournaient ensuite à leur parc et commençaient des ateliers de formation d’un mois pour les guides locaux. A la fin du programme, les participants pouvaient passer des examens de gestion sous la supervision de l’ANGAP et ceux qui réussissaient obtenaient des certificats du niveau1. Malheureusement, les programmes de formation des guides locaux et les examens n’ont pas continué et aujourd’hui la formation des guides locaux dépend entièrement de l’intérêt personnel et du dévouement des guides seniors. Les problèmes actuels du système des guides La location d’un guide est obligatoire dans presque tous les parcs. Bien que tous les guides parlent français, seuls ceux qui sont dans les parcs les plus fréquentés parlent anglais ou une autre langue. Ceci est inquiétant quand on pense au volume et au potentiel futur de touristes non-francophones visitant les parcs tous les ans. Un des problèmes principaux est que les guides nationaux et spéciaux, qui sont très qualifiés, ont de très bas salaires et que les guides locaux qui ont peu ou pas de formation touchent autant et souvent plus que les guides spéciaux vu que les prix sont fixés par l’ANGAP. Qui plus est, tous les touristes doivent louer un guide local quand ils visitent un parc national, ceux qui ont un guide national qualifié pourraient ne pas avoir le droit d’entrer. Les guides mal formés, un service inadéquat, des tarifs élevés et des problèmes d’alcool n’ont rien ajouté à l’image des parcs nationaux et des aires ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 90 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme protégées. Les guides dans les autres sites principaux du tourisme (tel Rova à Antananarivo) ne sont souvent pas formés et leur comportement est parfois non professionnel et même peut-être gênant pour le visiteur. Pourtant le visiteur doit utiliser ces guides et l’information qu’ils donnent est insuffisante et souvent suivie de longues discussions sur le prix du service. 3.4.4 L’emploi La croissance économique puisera profondément dans le secteur du tourisme dans les prochaines années. Si l’on considère la croissance prévue de 15% de 2001 à 2003, le tourisme est certainement l’un des secteurs les plus dynamiques. L’industrie du tourisme est un important créateur d’emplois, surtout pour les jeunes. Malheureusement, beaucoup d’emplois dans le secteur ont été perdus, même temporairement, après la crise nationale de 2002. Les chiffres de 2002 ne peuvent donc pas être utilisés pour des besoins statistiques et ne sont pas considérés dans la table suivante: Emplois directs créés par le tourisme 1996 1997 1998 1999 2000 2001 Hôtels et restaurants 11,103 11,318 11,655 12,640 13,628 14,010 Voyages et spectacles 2,064 2,661 2,708 2,934 3,231 3,554 13,707 13,979 14,363 Total 15,574 16,856 17,564 Source: Ministère du Tourisme Après le retour de la stabilité politique dans le courant de 2002, il était trop tard pour retrouver la confiance des tours opérateurs internationaux pour la saison touristique en cours. Cependant la saison 2003 a été mise sous le signe de l’optimisme afin de redresser l’image dans l’industrie du tourisme international et Madagascar a réussi à se rattraper. Le salaire moyen dans le secteur du tourisme à Madagascar est supérieur au salaire moyen national. Qui plus est ces salaires peuvent être considérablement améliorés avec des suppléments comme les pourboires et les augmentations. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 91 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Comparaison des salaires, Madagascar 2003 employé d’hôtel 200,000-400,000 FMG/mois (31€ - 62€) chauffeur 300,000-400,000 FMG/mois (46€ - 62€) ouvrier 350,000- 450,000 FMG/mois (53€ - 68€) moyenne nationale 200,000 FMG/mois (31€) Source: GATO AG 3.4.5 La qualité du service dans le secteur du tourisme Général A Madagascar, le secteur du tourisme souffre énormément d’un manque d’employés qualifiés. A l’exception de quelques hôtels internationaux et de certaines agences réceptives répondant aux normes internationales, le manque de personnel qualifié gêne vraiment le développement intégral de l’industrie du tourisme. Un mauvais service aura des retombées sur l’image du pays et bien que le nombre de visiteurs ait augmenté tous les ans jusqu’à maintenant, les expériences négatives racontées dans le pays source peuvent avoir un impact très négatif sur les touristes potentiels et empêcher des retours au pays. Il y a non seulement un manque important de personnel de gestion, mais il est aussi difficile de trouver des employés avec même une aptitude minimum à lire, à écrire et à compter. De plus, des normes insuffisantes en dehors de l’industrie de l’hospitalité (par ex. les officiers de l’immigration, les chauffeurs de taxi, les serveurs dans les magasins etc) peuvent faire beaucoup de mal à l’industrie du tourisme. La mobilité En plus du problème du professionnalisme et des langues, l’immobilité de la main d’œuvre locale représente un obstacle majeur au développement du tourisme. Des liens sociaux très forts avec la famille élargie font que les gens n’aiment pas quitter leur région. S’il le font, ils peuvent avoir des problèmes, par ex. un manager d’hôtel des hauts plateaux ne sera guère accepté dans un hôtel sur la côte. Le gouvernement malgache a mis le secteur de l’éducation sur son agenda politique comme l’une des plus importantes priorités. Dans quelques années, en plus de son riche capital naturel, Madagascar aura aussi une main d’œuvre compétente et qualifiée. Il y a cependant un manque d’employés compétents et il semblerait propice de combler ce manque temporairement avec des employés étrangers. Les étrangers souhaitant travailler à Madagascar sur une base semi-permanente ou permanente, ont besoin d’un permis de travail. La procédure de demande est assez longue et prend en moyenne deux mois à partir de la date de réception de la demande. Les permis sont en général valables pendant deux années. Néanmoins cela semble dépendre de la discrétion de la procédure officielle de demande et des ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 92 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR différentes approbations et parfois les permis émis ne durent qu’un an. Souvent, les permis n’est émis que quand l’employé a déjà terminé son contrat et a quitté le pays. Lles permis peuvent aussi être révoqués sans aucune raison claire (et le sont, souvent). Ce genre de décision aléatoire gêne beaucoup le professionnalisme de l’industrie hôtelière. Les langues Une grande lacune du système éducatif malgache est le manque de formation dans les langues étrangères. Les langues d’instruction sont le français et le malgache. Malheureusement, peu de personnes sont en mesure de bien communiquer en anglais. A cause de cela, Madagascar n’est pas vraiment en compétition avec d’autres destinations qui sont ouvertes à tous les marchés émetteurs par leurs compétences linguistiques. Pour assurer un haut niveau de service, il est important que les employés en contact direct avec les touristes parlent couramment l’anglais comme le français. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 93 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.5 L’investissement dans le tourisme 3.5.1 Le climat général de l’investissement Depuis la fin des années 80 et la fin de la période socialiste, les gouvernements successifs se sont rendus compte du potentiel économique du tourisme. Impressionnés par l’impact important du développement touristique dans les îles voisines de l’Océan indien, ils ont créé un programme de mesures incitatives appelé Code des Investissements. Le résultat a été une augmentation relativement rapide de petits tours opérateurs comme des hôtels, des agences de voyage et des activités spéciales. Mais cette croissance était basée sur des conditions peu claires sans lignes directrices ni règles. Les investisseurs étaient plutôt des aventuriers non-professionnels qui ont investi leur propre argent et ont réussi à réaliser leurs projets malgré le cadre législatif risqué et flou. Le manque de moyens des autorités et l’instabilité politique du début des années 90, surtout pendant les événements de 1991, ont engendré une situation difficile. Dans quelques régions ceci a mené à l’augmentation non-contrôlée d’établissements touristiques médiocres comme par ex. Ambatoloka Beach à Nosy Be. Pendant cette période, d’importantes associations internationales spécialisées dans le tourisme (par ex. Savanah Pullman, Nouvelles Frontières, Club Med) ont sérieusement pensé investir à Madagascar. Malheureusement ces projets ont été abandonnés surtout à cause d’un manque de clarté dans la procédure et de l’incertitude concernant l’engagement de Madagascar pour répondre à certains aspects de base, dont: • • • • • • la sécurité de la propriété des biens fonciers une communication claire une bonne accessibilité par route et avion un manque de services (eau, électricité, téléphone) une politique stable sur l’investissement (l’annulation du Code des Investissements) un système judiciaire juste Aujourd’hui, la plupart des entreprises touristiques de Madagascar sont des investissements à petite échelle appartenant à des investisseurs privés entrant pour la première fois dans le tourisme. A l’exception de certains exemples (l’ancienne plage d’Ansilana à Nosy Be et certains hôtels de quatre étoiles à Antananarivo), les investisseurs du tourisme sont des aventuriers charmés par le pays et la gentillesse de sa population. La grande majorité a payé l’investissement avec des fonds personnels et des petits emprunts de la banque, ou pas d’emprunt. Cette caractéristique et leur engagement personnel leur ont permis de survivre la dernière crise économique mais d’un autre côté le secteur n’est pas vraiment professionnel et la gestion peut être qualifiée de nonsophistiquée. Les derniers investisseurs étrangers importants (hôtels de plage à quatre étoiles), ayant terminé leur investissement juste avant 2002, ont gardé l’impression d’une aventure compliquée et coûteuse. Les problèmes rencontrés ont été beaucoup plus importants que prévu et ont continué pendant toute la durée du projet. Quelques-unes de ces difficultés étaient: ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 94 GATO AG Plan directeur du Tourisme • • • • • • • • • • MADAGASCAR l’annulation des mesures incitatives du Code des Investissements une procédure longue et compliquée pour obtenir le bail emphytéotique l’incertitude concernant la durabilité de construction sur le “pas géométrique” (la piste d’atterrissage publique tout le long de la côte) la difficulté pour obtenir des reçus acceptables pour le remboursement de la TVA le manque de fiabilité des sous-traitants pendant la construction le manque d’éducation générale le manque de compétences de gestion chez les employés locaux presque aucune production de produits frais (légumes, fruits) dans les régions éloignées forçant les hôtels d’en importer des hauts plateaux avec un coût très élevé une taxe élevée sur les produits importés (par ex. vin et alcool) la difficulté d’obtenir les permis de travail pour les employés étrangers dans un délai raisonnable L’accumulation de ces problèmes a mené à l’échec de beaucoup de projets avant même le stade de mise en oeuvre. Depuis quelques années, Madagascar montre de plus en plus d’intérêt dans la diversification de l’économie et le tourisme est un secteur cible pour la croissance. Afin d’augmenter un développement continu pour le tourisme, l’investissement local et étranger est encouragé et recherché. Mais malgré un gros intérêt de la part d’investisseurs nationaux et internationaux, le développement du tourisme est très gêné par un climat d’investissement difficile. Tandis que le gouvernement essaie d’accélérer le développement du tourisme, les conditions légales pour l’investissement restent difficiles et se sont même détériorées depuis quelques années. La législation sur l’investissement Une loi progressiste sur l’investissement a été passée en 1989: la Loi N° 89.026 du 29 décembre 1989 relative au Code des Investissements et fixant une garantie générale des investissements à Madagascar. Cette loi simplifiait la procédure des projets d’investissement. Elle comprenait aussi un programme d’avantages fiscaux pour les investissements dans le tourisme (Agrément au code des investissements) qui a été aboli en 1991. Ce qui fait qu’à présent l’investissement dans le tourisme ne bénéficie d’aucun avantages fiscaux. La loi elle-même a été abolie en 1996 (Loi N° 96.015, 2 août 1996). Depuis, la législation ainsi que la situation socio-politique sont incertaines. Des chiffres fiables sur le taux de croissance, le nombre de touristes et le taux d’occupation des hôtels ne sont pratiquement pas disponibles et il est difficile de calculer le succès des projets d’investissement. Le gouvernement de Madagascar vient de passer une nouvelle loi sur la propriété foncière étrangère (Loi N°029) qui est rentrée en vigueur en septembre 2003. Les décrets d'application qui en expliquent les conditions seront publiés par la suite. La nouvelle loi cherche à garantir une propriété foncière sûre pour les étrangers, en plus du Bail Emphytéotique qui existe déjà. Elle offre aux investisseurs étrangers des biens ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 95 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme fonciers avec les titres de propriété. Les investisseurs (individus ou société ) doivent cependant suivre des conditions assez restrictives: • • • • un investissement direct et minimum de $US 500,000.00 / €450,000.00 l’obligation de soumettre un programme d’investissement détaillé avec les délais de mise en oeuvre la superficie réservée pour des projets de tourisme est fixée à un maximum de 2.5 ha la terre revient au gouvernement si l’accord n’est pas respecté (par ex. si l’investissement n’est pas terminé dans le cadre des délais prévus). Un point essentiel à noter est que la propriété foncière limitée à un maximum de 2.5 ha peut être élargie après négociation selon l’importance de l’investissement. Ceci pourrait favoriser les citoyens aisés ou les hommes politiques et les encourager à faire de la spéculation foncière. Une délai maximum n’a pas été fixé pour terminer le programme d’investissement mais un échec veut dire que la terre sera rendue au gouvernement sans compensation aucune. L’investissement direct minimum de 500.000 $US doit être versé de l’étranger sur un compte bancaire malgache avant de soumettre la demande d’achat de la terre. L’argent sera ainsi considéré comme un premier versement dès que l’autorisation sera obtenue. Ce versement doit être utilisé en entier pour payer l’investissement. La nouvelle loi pourrait être améliorée mais va néanmoins dans la bonne direction. La taxe sur les biens importés Des taxes élevées sur les biens importés compliquent le commerce international et l’investissement progressiste dans le tourisme car les fournisseurs et investisseurs doivent ajouter jusqu’à 200% de supplément sur le prix d’achat de base (taxe douanière, TVA, etc.) avant d’ajouter leur marge de profit. Exemple: Champagne (22.04.10W10 nomenclature internationale de Bruxelles) taxe d’importation: taxe douanière: Droit d’Accises: TVA: 20% 10% 150% 20% Prix brut, par bouteille, non-taxé: (incl. Coûts de base, assurance, fret) taxe d’importation: taxe douanière: Droit d’Accises: SOUS-TOTAL 12,00 EUR 2,40 EUR 1,20 EUR 18,00 EUR 33,60 EUR Marge du grossiste 15% TOTAL sans TVA Marge de l’Hôtel TVA Prix pour le touriste à l’Hôtel 5,04 EUR 38,64 EUR 20,00 EUR 11,73 EUR 70,37 EUR (CAF Madagascar) ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 96 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Comme aucun touriste n’est prêt à payer ce prix, le marché noir prospère. L’importation légale pour la majorité de biens pertinents au tourisme est beaucoup trop coûteuse pour des projets rentables et les investisseurs hésitent à initier des projets, principalement pour cette raison. Les procédures bureaucratiques et le système juridique Les investisseurs hésitent souvent à acheter des terrains parce que les procédures bureaucratiques compliquées pour l’achat et l’obtention de licence peuvent durer plusieurs années. Il est difficile d’établir l’appartenance des terrains à cause du manque de clarté des droits héréditaires de la population locale. Jusqu’à ce jour Madagascar n’a pas de guichet unique qui donnerait toutes les informations nécessaires à l’investisseur potentiel. Seul le site web 'www.Madagascarcontacts.com/mintour' relié au Ministère du Tourisme offre la possibilité de contacter le gouvernement pour des questions d’investissement. A part cela, les investisseurs potentiels ne peuvent pas contacter une institution centralisée lors de l’élaboration d’un projet ce qui rend la procédure très compliquée. La nouvelle loi prévoit la création d’une telle institution. En plus de la procédure bureaucratique, beaucoup d’investisseurs ont des difficultés avec leurs partenaires malgaches. Il se peut que les investisseurs étrangers soient expulsés quand un partenaire local commence à se sentir mal dans le partenariat. L’intervention de citoyens haut-placés ou d’hommes politique fausse parfois même les décisions juridiques. Il n’est pas rare d’entendre de faux témoignages et des accusations fictives quand le but est l’expulsion d’un investisseur. Le code du travail et les exigences de visa pour les employés étrangers Les lois ouvrières malgaches ne sont pas très restrictives. Plus gênants sont les stricts règlements pour les visas de travail. A ce jour, un visa pour un employé étranger ne peut être obtenu que quand le Ministère du tourisme accepte le contrat de cet employé. Pendant cette longue procédure, les employés étrangers doivent paraître en personne au Ministère de l’Intérieur tous les deux mois pour avoir un tampon sur leur « certificat de dépôt ». Ceci complique la situation surtout si les employés travaillent dans des endroits éloignés. Ne pas suivre cette procédure entraînerait l’expulsion de l’employé. Dans beaucoup de cas, un visa n’a pas encore été émis à la fin du séjour de l’employé. Les statistiques sont un problème supplémentaire. Les fichiers et les chiffres de l’immigration ne sont pas à jour. Le Ministère du Tourisme dit que le nombre de travailleurs étrangers augmente toujours. En fait, il arrive souvent que des travailleurs quittant Madagascar ne sont pas rayés des statistiques tandis que les nouvelles entrées s’ajoutent continuellement. Les Malgaches disent souvent que le nombre de travailleurs étrangers devrait être limité afin de garder les emplois pour les locaux. La loi ne précise pas combien de d’étrangers peuvent être embauchés par un hôtel, un tour opérateur ou prestataire de service quelconque. Il faut souligner que la main d’œuvre étrangère est beaucoup plus chère que les travailleurs locaux mais que tant que le niveau éducationnel et la formation de la main d’œuvre malgache ne seront pas au niveau international, il faudra employer des travailleurs étrangers spécialisés. A long terme et avec une meilleure formation, on assistera à une auto-réglementation puisqu’un étranger dans une position de gestion coûte 5 fois plus qu’un Malgache dans le même poste. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 97 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR La TVA Une TVA de 20% doit être payée sur tous les produits touristiques ainsi que sur toutes les autres transactions commerciales. Pour éviter une double taxation, les hôtels ainsi que d’autres industries liées au tourisme peuvent déduire la TVA payée sur les achats commerciaux, des 20% dus à l’état. Le handicap pour l’industrie du tourisme est que les dépenses principales – les salaires, les frais financiers et l’essence – ne peuvent pas être déduites. Cela veut dire qu’en plus de fortes dépenses, l’hôtel doit payer des taxes beaucoup plus élevées que les entreprises du tourisme dans les autres pays. L’annulation de la TVA est donc demandée par tous les tours opérateurs. Leur explication est que Madagascar est une destination trop chère en comparaison à ses concurrents. L’annulation de la TVA les aiderait à baisser leur prix de 20%. Une autre raison donnée par les tours opérateurs, est que les touristes payent les services avec des devises étrangères ce qui fait que les paiements touristiques pourraient être exemptés de taxe d’après les règles de l’exportation. Selon le Ministre du Tourisme, cité dans un interview en juillet 2003 publié dans 'La Revue de l´Océan Indien', un magazine financier malgache, la TVA pourrait être enlevée des produits touristique à partir de 2004. Cette décision est d’une grande importance mais ne garantit pas l’objectif souhaité qui serait de réduire le prix des produits touristiques tout en ne réduisant pas les revenus des opérateurs. Comme le disent les professionnels du tourisme, la première fois que le gouvernement malgache a annulé la TVA sur les activités touristiques il y a quelques années, les tours opérateurs n’ont tout simplement pas baissé leurs prix. Pour cette raison, une réduction de la TVA sur les produits touristiques à par ex. 15% serait une bonne solution au problème actuel. Cette approche a été proposée par le Vice Premier Ministre lors d’une conversation personnelle en septembre 2003. L’accord international sur l’investissement Pendant les années 70, Madagascar a vécu une politique à orientation socialiste qui a mené à la spoliation soudaine de beaucoup d’entreprises étrangères. Cette décision unilatérale a longtemps gêné le rapport entre Madagascar et la France. Au début des années 90, Madagascar s’est rendu compte du besoin d’annuler cette relique du socialisme et a essayé de créer un nouveau climat de confiance pour les investisseurs étrangers. L’investissement étranger direct est resté néanmoins à un niveau relativement bas. La communauté d’investisseurs étrangers, surtout les Français, attendaient un engagement international garanti de la part de Madagascar. Le 25 juillet 2003 un accord a été signé à La Réunion entre le Ministère de l’Industrie et du Développement du secteur privé malgache et le Ministère de la Coopération et de la Francophonie française. L’objectif de cet accord est d’offrir une protection bilatérale et réciproque pour les investisseurs des deux pays. L’accord durera 10 ans et peut être renouvelé. Plus d’informations sont disponibles sur le site web: http://www.dree.org/madagascar/documents.asp?Rub=3&F=HTML&Num=5406 L’Allemagne doit signer un accord semblable bientôt et d’autres pays pourraient suivre. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 98 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.5.2 Les institutions liées à l’investissement Actuellement il n’y a aucune institution publique officielle à Madagascar à laquelle de potentiels investisseurs dans le tourisme puissent s’adresser. Malgré les efforts du gouvernement pour promouvoir la croissance économique de Madagascar et diversifier l’économie, il n’y a pas d’autorité générale pour l’investissement dans le tourisme jusqu’à présent. Comme nous l’avons dit ci-dessus, les investisseurs potentiels doivent entreprendre une longue procédure et consulter une multitude d’institutions et de départements pour obtenir l’information nécessaire et obtenir enfin les permis recherchés. Malheureusement aucune information écrite n’existe qui puisse être distribuée aux investisseurs potentiels pour les guider. Les directions régionales du Ministère du Tourisme ne peuvent offrir un soutien professionnel pour les investisseurs par manque de moyens et de ressources humaines. Le Ministère du Tourisme Le Ministère du Tourisme est responsable de l’émission de permis pour commencer une entreprise touristique. Ces permis sont nécessaires pour les entreprises d’hébergement telles les hôtels et chambres d’hôte, pour les restaurants, les activités touristiques spécialisées et pour les agences de location de voitures. La demande doit être approuvée au niveau régional avant d’être envoyée à la capitale. La procédure de demande n’est pas compliquée. Pour un hôtel, il faut le formulaire de demande plus un exemplaire des documents suivants: l’état actuel du terrain, le permis de construire, les plans du site et de construction, le projet pour la création d’emplois (comprenant les employés étrangers) et un engagement écrit de respecter les règles applicables. Un hôtel sur un site protégé ou ayant plus de120 chambres, demandera aussi une étude d’impact écologique. Cette étude doit être réalisée par un bureau indépendant. Les coûts et le délai dépendent de l’accord établi entre les contracteurs mais 0,5% de l’investissement doivent être versés à l’Office National de l´Environnement (ONE). Tous les services du Ministère du Tourisme sont gratuits, jusqu’à présent. En principe, le délai normal pour l’émission des permis est un mois à partir de la soumission de la demande. Si aucune réponse n’a été donnée après 45 jours, l’investisseur peut commencer son activité mais le Ministère du Tourisme peut contrôler l’évolution du projet. Beaucoup d’hôtels ont ouvert sans obtenir de permis. La classification des facilités touristiques, par ex. les hôtels, est une autre responsabilité du Ministère du Tourisme. Le manque de personnel et de fonds fait que très peu d’établissements ont été classifiés. Dans certaines provinces le travail n’a même pas commencé. Ministère de l’Aménagement du Territoire Le Ministère de l’Aménagement du Territoire était auparavant responsable de l’acquisition gouvernementale des terrains domaniaux et de toutes les procédures qui y sont liées. L’office du registre foncier appartenait également à ce Ministère. Cette responsabilité a maintenant été transférée au Ministère de l’Agriculture. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 99 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Ministère de l’Agriculture La tâche principale du Ministère de l’Agriculture dans le cadre de l’investissement est de contrôler les transactions de l’Office du registre foncier. L’accès aux terrains domaniaux est plutôt difficile et d’autres offices ministériels peuvent être impliqués dans le processus. Le délai nécessaire pour compléter la procédure peut facilement dépasser une année. La valeur officielle de la terre est relativement basse (30 € / ha). Pour les terrains privés, la procédure est assez simple et peut se faire par un notaire. La procédure devrait prendre moins de deux moins si la situation juridique du terrain est claire. La taxe de transfert des titres est de 16% de la valeur officielle du terrain. Le nouveau code pour les propriétaires étrangers va de beaucoup simplifier la procédure. Le guichet unique qui sera bientôt créé facilitera les rapports des investisseurs avec l’administration pertinente. L’office du registre foncier Cet office est maintenant lié au Ministère de l’Agriculture et se charge de l’enregistrement et de l’actualisation des titres de biens fonciers. Comme première étape à la procédure d’investissement, il donne (sur demande) un certificat de la situation du terrain précisant le dernier statut légal du terrain. Vu que l’actualisation de ces statuts n’est pas très fiable, des conflits sont inévitables. Souvent deux propriétaires différents disposent d’un même titre foncier pour le même terrain. Les Municipalités Les municipalités sont responsables de l’émission du permis de construire. La procédure est simple et les formulaires nécessaires peuvent être obtenus dans les municipalités respectives. Suivant la région, le délai d’émission du permis peut varier d’un mois (dans un petit quartier) jusqu’à six mois dans la capitale. Le projet doit prendre en compte les conditions (par ex. pour l’assainissement de l’eau) mises en place par le BMH (Bureau municipal d’hygiène). Dans les aires écologiquement protégées, ces conditions sont plus strictes (voir les condition RFT/ ZIE émises par l’ANGAP/USAID/LDI). Les associations du secteur privé (GEM / FIVPAMA) Le GEM (Groupement des Entreprises de Madagascar) est l’association la plus représentative des employeurs malgaches. Le FIVPAMA est moins restrictif et comprend principalement les sociétés malgaches. La tâche principale de ces associations est de défendre les intérêts du secteur privé et de créer un forum de discussion pour les secteurs publics et privés. Ils ont des bureaux permanents et fournissent des informations et des contacts surtout aux investisseurs étrangers cherchant des partenaires malgaches. La Chambre de Commerce (CCIAA) La Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Artisanat et d’Agriculture date des premières années de Madagascar en tant que République (1960-1975). Les tâches principales étaient les mêmes que celles du GEM actuellement: offrir des statistiques commerciales aux acteurs économiques et, en tant que médiateur, aider à résoudre les conflits ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 100 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR commerciaux. Cette Chambre a été presque abolie pendant la période socialiste. Le gouvernement en cours essaie de faire revivre l’institution et a donc adopté une nouvelle loi, l’Ordonnance N° 93-021 du 4 mai 1993 45) et le Décret N° 98-469 du 2 juillet 1998 63), définissant l’organisation et son statut. Mais le manque de moyens financiers est gênant et l’exécutif lutte encore avec des problèmes liés au relancement de la CCIAA. L’efficacité de l’institution pour le soutien à l’investissement est assez faible. Néanmoins, une fois qu’elle fonctionnera correctement, la CCIA pourrait jouer un rôle important dans le développement de Madagascar en formant un forum dynamique pour l’échange de l’information et en offrant des informations économiques et statistiques. Elle jouerait le rôle de médiateur entre le secteur privé et l’administration et contribuerait à la résolution de beaucoup de conflits commerciaux entre les membres. La CCIAA pourrait aussi aider les investisseurs s’intéressant au potentiel économique de Madagascar et les appuyer pendant la procédure d’investissement. 3.5.3 Les droits fonciers La prescription acquisitive Les droits fonciers pour les malgaches, principalement pour les fermiers et les habitants de régions isolées, leur permet de posséder un terrain domanial s’ils s’engagent à cultiver la terre. Une fois que la végétation originelle aura été enlevée et que le terrain est utilisé pour l’agriculture, le droit coutumier définit cette terre comme appartenant au paysan. Cette terre ne peut pas être concrètement définie (avec par ex. des pierres périphériques) mais les gens aux alentours reconnaissent le statut de propriétaire. Pour obtenir une propriété avec des titres légaux, le fermier doit prouver qu’il a vécu sur la terre pendant plus de 30 ans. Une Prescription Acquisitive est alors faite pour transférer la terre légalement et confirmer le nouveau propriétaire. Mais ce processus ainsi que toutes les procédures de succession coûtent de l’argent que les populations locales ne peuvent pas payer. C’est pourquoi les propriétaires ruraux n’ont jamais légalisé leurs droits fonciers. Pour les investisseurs, le problème vient du fait que l’office du registre foncier n’a aucune information sur la propriété coutumière. A cela s’ajoute des prises de décision inconsistantes dans ces bureaux qui mènent à des titres qui ne sont pas clairs. Les conflits se déclarent surtout quand des étrangers veulent acheter ou louer des terrains domaniaux qu’ils pensent libres. Cela peut devenir un vilain piège pour les investisseurs qui ne prennent pas en compte le droit coutumier. Le village à proximité du terrain doit être visité et intégré pendant l’élaboration du projet pour éviter des conflits de propriété futurs. Le gouvernement ne contrôle pas vraiment la propriété coutumière de la terre pour ne pas avoir de retombées lors des prochaines élections. Par conséquent, la spéculation foncière est permise ce qui met en grand danger les forêts naturelles restantes et complique les projets d’investissement futurs. La nouvelle loi foncière (Loi N°029) simplifiera la procédure pour les Malgaches et réussira peut-être à clarifier la situation. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 101 GATO AG MADAGASCAR Plan directeur du Tourisme Les zones d’investissement touristique (RFT/ ZIE) Afin de faciliter l’investissement dans le tourisme malgré les nombreux problèmes concernant la propriété des terrains, le Ministère du Tourisme, en collaboration avec USAID/LDI a lancé un programme mettant en place des RFT, Réserves Foncières Touristiques, dont certaines sont qualifiées de ZIE, Zone d'intérêt écotouristique. Ce programme vise à simplifier les nombreuses procédures administratives et juridiques pour les investisseurs tout en leur offrant un statut de propriétaire. Pendant le trois dernières années, trois RFT ont été finalisées: Isalo au sud et Montagne d'Ambre et Ankarana au nord. Dans ces zones, le périmètre de chaque terrain est clairement défini et il faut suivre des lignes directrices assez sévères quant à l’architecture et l’aménagement des espaces verts. L’infrastructure (les routes, l’eau, l’électricité) doit être fournie par l’investisseur. Vingt autres RFTs ont été identifiées et sont sur le point d’être créées, mais les lignes directrices individuelles ainsi que les schémas pour l’aménagement ne sont pas encore prêts. Douze autres sites ont été pré-sélectionnés pour la création de nouvelles RFT. province zone sous partitions taille Toliara Andavadoaka 5 aires 1 100 ha Manombo 2 aires 1 380 ha Beheloka 6 aires 2 343 ha Soalara Sud 2 aires 470 ha Itampolo 2 aires 755 ha Fianaratsoa Isalo 1 aire 270 ha Antsiranana Ankarana 1 aire 87 ha Montagne d´Ambre 1 aire 66 ha Nosy-Be 3 aires 43 ha Les RFT ont été lancées avant la crise de 2002 et le choix des zones semble être critiqué par certains investisseurs potentiels à cause de la distance, du manque d’infrastructure ou du manque d’attrait des sites. La nouvelle loi sur la propriété foncière réduira probablement l’intérêt des investisseurs dans ces zones. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 102 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Pour être en concurrence avec d’autres sites attirants qui sont maintenant disponibles suite à la nouvelle loi foncière, les RFT et ZIE doivent offrir de meilleures mesures incitatives pour attirer l’investissement. Le Bail emphytéotique Le bail emphytéotique (Loi N°62-064 of 1962, revue en 1996) est un bail renouvelable à long terme (de 19 à 99 ans) entre deux partenaires ou sociétés privées ou entre le gouvernement et un individu privé ou une société. Le bail a les mêmes conditions et le même contenu que les titres du terrain mais la durée du contrat est limitée. Certains contrats exigent aussi que tous les bâtiments sur la propriété soient transférés au nouveau propriétaire jusqu’à la fin du bail. Le Certificat de situation juridique Ce certificat juridique émis par l’Office des registres fonciers est donné sur demande. Il confirme le dernier statut légal d’une propriété (numéro, propriétaire, dimension). Le certificat est valable 3 mois. L’efficacité du bureau est plutôt faible à cause de ses méthodes et d’un équipement dépassé. Une procédure de mise à jour et d’informatisation vient de commencer à Antananarivo mais l’application de cette procédure dans le reste du pays prendra du temps. MECIE – Mise en Comptabilité des Investissements avec l’Environnement MECIE (Loi No. 99-954) tente de contrôler l’impact environnemental de l’investissement. Selon la taille du projet touristique, les investisseurs sont légalement obligés de prendre certaines mesures. Le développement de grands hôtels de plus de 120 chambres, de projets touristiques sur une superficie de plus de 20 ha et de restaurants pour plus de 250 personnes, doivent faire l’objet d’une EIE (Étude d’impact environnemental). L’EIE sera payée par l’investisseur. De plus, les investisseurs projetant un hôtel de taille moyenne (entre 50 et 120 chambres), des projets touristiques avec une superficie entre 2 et 20 ha et des restaurants de 60 à 250 personnes, doivent suivre des règlements établis par le Programme d’engagement environnemental, PREE. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 103 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Pas géométrique Le 'Pas géométrique' (Loi N°60-99 du 21.09.1960) tente de garantir la protection de la côte malgache. Selon cette loi, une zone de 80 m de terre à partir de la ligne de marée haute en région rurale et de 40 m en région urbaine ne peut pas être développée. Il est cependant possible d’obtenir des permis pour construire des structures non-permanentes dans cette zone. Il est possible de changer la classification du ‘pas géométrique’, auquel cas des structures permanentes peuvent être construites. Certaines zones dans des lieux touristiques comme Nosy Be et Ste Marie ont déjà été déclassifiés. L’information sur cette question n’est disponible que dans les provinces concernées, sur demande. Aucune base de données centralisée ne permet aux investisseurs potentiels ou autres personnes intéressées de s’informer. 3.5.4 Les procédures de l’investissement La question de la terre reste une grave problème. Avant de commencer une construction quelconque, l’investisseur doit avoir une permission de planning, ce qui veut dire qu’il lui faut un bail emphytéotique ou des titres (d’après les lois de propriété). Si la terre appartient à une famille malgache privée, les investisseurs sont obligés de faire un sondage exhaustif auprès de tous les membres de la famille et de mettre une annonce dans les journaux pour s’assurer que tout le monde est d’accord avec le projet. En même temps, il faut s’adresser à l’Office du registre foncier pour vérifier que la procédure d’héritage est à jour. Si le terrain appartient au gouvernement (terrain domanial), la procédure est mieux définie mais prendra au moins une année. La description suivante montre les étapes nécessaires pour un investisseur étranger souhaitant commencer une entreprise touristique, du choix du terrain jusqu’à l’ouverture. La première étape est d’établir et de légaliser une société. La société doit être officiellement inscrite dans la préfecture la plus proche du projet en question. Ceci prend environ un mois. Les investisseurs peuvent aussi inscrire leur société dans la capitale mais la coopération personnelle avec des agents gouvernementaux dans les provinces peut accélérer les choses: Établir une société d’investissement 1. accord entre les partenaires sur le type de société (SA, SARL); les partenaires ne doivent pas être Malgaches 2. inscription de la société au Tribunal de Commerce avec un exemplaire du capital; un numéro d’inscription sera alloué 3. réception d’un numéro statistique qui sera inscrit à la Direction Générale de la Banque de Donnée de l’Etat, B.P 485 Antananarivo 4. inscription de la société au bureau fiscal, allocation de la carte professionnelle et du NIF, Numéro d’Identification Fiscal, (taxe spéciale à payer) ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 104 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Jusque là, la procédure d’inscription prendra environ un mois et coûtera environ 150,00 €, dépendant du montant du capital de la société. Les projets sur des terrains privés Ces projets sont en principe plus faciles à réaliser mais doivent éviter quelques pièges. A – Achat du terrain (selon la nouvelle loi) 1. étude approfondie du statut du terrain par l’investisseur 2. versement d’un minimum de 500.000 $ US par l'investisseur dans un compte bancaire malgache 3. soumission du projet d’investissement et d’une copie du transfert bancaire au nouveau bureau créé 4. acceptation ou rejet du gouvernement 5. en cas d’acceptation, paiement du terrain pas l'investisseur. B – Location du terrain (bail emphytéotique) 1. étude approfondie du statut du terrain par l’investisseur 2. location doit être payée en avance pour la période entière au propriétaire privé Il faut de 4 à 6 mois à partir de la signature d’achat ou de location pour recevoir les titres du terrain ou le contrat du bail emphytéotique. Le coût de la transaction est 16% de la valeur du terrain plus les frais de notaire dans les deux cas. Les projets sur les terrains domaniaux Pour réaliser de tels projets il faut entreprendre une longue procédure. A – Achat du terrain (selon la nouvelle loi) 1. Collaboration avec la population locale 1.1 1.2 1.3 étude approfondie du statut du terrain par l’investisseur prise de contact avec la population locale des environs sondage pour analyser l’intérêt que les personnes locales ont pour le projet et la disponibilité de l’endroit (les tombeaux et les lieux de rites coutumiers devront être évités) 2. Inspection officielle du site 2.1 requête légale avec une carte de la zone d’intérêt envoyé à l’Office du registre foncier de la province concernée La procédure ne peut continuer que s’il n’existe aucune demande précédente ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 105 GATO AG Plan directeur du Tourisme 2.2 2.3 2.4 MADAGASCAR inspection personnelle du lieu par l'investisseur sur invitation du Sous Préfet de la région, accompagné de représentants des Ministères des Eaux et Forêts et de l’Agriculture, de l’Office du registre foncier et du Service du Domaine à l’office du registre foncier discussion sur place avec des représentants de la population locale pour obtenir leur accord en cas d’accord collectif, signature des documents nécessaires par tous les participants. Les dépenses des représentants gouvernementaux (voyage, per diem, repas) ainsi que les vols privés pour atteindre les endroits isolés seront payés par l'investisseur. 3. Annonces publiques dans les environs 3.1 3.2 3.3 annonce plus collecte d’information sur une objection possible concernant le projet un mois plus tard, s’il n’y a pas d’objections, les documents sont envoyés à tous les représentants locaux du gouvernement pour approbation pour accélérer la procédure, des cadeaux peuvent être donnés aux représentants, les document sont transférés de bureau en bureau par l'investisseur lui-même. Le coût pour l’évaluation de la valeur du terrain / terrain domanial est d’environ 30 €/ha. 4. Approbation finale de l’Office du registre foncier 4.1 4.2 après avoir reçu toutes les approbations nécessaires, les documents doivent être envoyés à la capitale provinciale pour le prochain niveau d’approbation, comprenant le Préfet, l’Office du registre foncier de la province ainsi que le Service du Domaine à l’Office du registre foncier. Si la superficie du terrain est moins de 50 ha, la procédure se termine à ce stade. pour les terrains de plus de 50 ha: les documents sont envoyés à l’Office national du registre foncier à Antananarivo pour la prochaine étape d’approbation (très coûteuse et longue, au moins un an) Il est préférable de garder la documentation au niveau provincial et de ne pas dépasser les 50 ha. On ne sait pas encore comment la nouvelle loi va influencer la procédure au niveau de l'investisseur. Le bail emphytéotique appliqué aux terrains domaniaux est moins cher que la location de terrains privés (environ 30 €/an/ha). Toutefois, la procédure reste coûteuse lorsque les terrains en question sont très isolés. Le voyage (souvent par vols privés à cause des mauvaises routes), les réunions et autres coûts supplémentaires pourraient atteindre jusqu’à 10.000 €. La procédure peut prendre de 18 à 24 mois. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 106 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR La demande pour une permission de planning Une fois les titres ou le Bail Emphytéotique émis, la permission de planning doit être demandée. A – Les projets dans des endroits isolés La permission de planning doit être soumise au représentant de l’Office du Ministère des Travaux Publics (s’il y en a un) et signée par le maire de la ville ou du village le plus proche. Il faut relativement peu de temps pour obtenir la permission (1 ou 2 mois) qui coûte environ 100,00 €. B – Les projets situés dans la capitale ou une capitale de province La permission de planning est soumise à la Commune Urbaine. La procédure prend dans les 6 mois et coûte environ 100,00 €. L’autorisation d’ouverture du Ministère du Tourisme 1. une copie du projet d’investissement (sur un formulaire spécial) est soumise au Ministère (ou à un représentant en province) avant que la construction ne commence. 2. le Ministère évaluera le projet et peut demander des modifications selon des règlements particuliers. - - Une fois terminée, la construction sera contrôlée et l’autorisation d’ouverture sera donnée dans les 30 jours suivant la demande. S’il n’y a pas de réponse après 45 jours, l’autorisation d’ouverture est considérée comme accordée jusqu’au prochain contrôle. Le Ministre du Tourisme devra signer l’autorisation. Les services du Ministère du Tourisme sont gratuits. 3.5.5 Le financement Les condition générales En général, les taux d’intérêts des banques sont très élevés à Madagascar (entre 14% et 19% par an) à cause d’une politique très stricte imposée par la banque mondiale et contrôlée par la Banque Centrale et la CCBF (Commission de Contrôle des Banques et Organismes Financiers). De plus, les banques à Madagascar voient le tourisme comme un secteur à risque et n’encouragent pas l’investissement. Il est donc très difficile pour les investisseurs de convaincre les banques de soutenir leur projet avec des emprunts. Qui plus est, la capacité des banques malgaches est limitée aux versements de leurs clients. Ces versements ne sont pas très importants et les banques préfèrent des prêts à court-terme afin de contre-balancer les risques politiques. Un autre problème pour l'investisseur potentiel est que les banques ont souvent accès à des données sur des terrains auxquelles même les propriétaires n’ont pas accès. Elles peuvent donc refuser des projets à cause de problèmes de propriété que même le ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 107 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR propriétaire ignore. Ceci peut avoir lieu tard dans le projet quand beaucoup de temps et d’argent ont déjà été investis. De plus, jusqu’à présent les banques (principalement des banques étrangères à Madagascar) ne peuvent pas obtenir de garanti pour des prêts sur titres fonciers. Il n’y a donc pas de prêts disponibles pour l'investisseur touristique. Reste à voir comment la nouvelle loi impactera la situation. Après les derniers événements politiques, les investisseurs étrangers authentiques demanderont une protection contre le risque politique. Seule la Banque mondiale offre une assurance dite MIGA (voir ci-dessous) mais le manque de promotion fait que ce produit de garantie financière reste inconnu. Les outils de financement les plus importants pour l’investissement dans le tourisme sont les suivants: MIGA (Multilatérale pour les Garanties d'Investissement) Cette agence a été créée en 1988 comme membre du Groupe de la Banque mondiale et son siège est à Washington. Son objectif est de promouvoir un investissement étranger direct dans les économies émergeantes pour améliorer la qualité de vie et réduire la pauvreté. MIGA offre une garantie contre les risques non-commerciaux (par ex. l’instabilité politique) aux investisseurs et aux prêteurs pour des investissements acceptés dans les pays membres en développement. Le texte de la demande est disponible en anglais sur le site web de la Banque mondiale 'www.banquemondiale.org' et représente une possibilité de financement et d’assurance pour le développement du tourisme à Madagascar. AFD-PROPARCO L’AFD (Agence Française de Développement) a établi PROPARCO comme subsidiaire offrant des prêts à moyen ou à long terme à des sociétés privées. Le but est de compenser les prêts des banques commerciales malgaches qui, avec leurs limites, ne répondent pas aux besoins des investisseurs. Conditions des prêts • Type de projet: création de nouvelles activités, augmentation d’activités existantes, privatisation • Éligibilité: tous les secteurs partout à Madagascar, à l’exception de l’immobilier • Remboursement du prêt et des intérêts en € ou en $ US – des activités orientées vers l’import-export sont pratiquement obligatoires Caractéristiques des prêts • Des prêts de 76,000.00 - 2 millions € gérés par les banque commerciales malgaches (BFV-SG et BMOI) • Plus de 2 millions €; géré par PROPARCO • Remboursement entre 3 et 12 ans • Devises du prêt: € ou $ US ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 108 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR Les caractéristiques techniques des prêts • • • • • • • Délais • • Taux d’intérêt fixe (swap d’intérêt plus marge de la banque) ou Taux variable (EURIBOR ou LIBOR 6 mois plus marge de la banque, en € seulement) Commission de 2% de PROPARCO Période de grâce de 1 à 5 ans Remboursement 2 fois par an jusqu’à l’amortissement Part minimum des actions de l'investisseur, 30 - 40% pour de nouveaux projets, augmentable jusqu’à 100% Garantie bancaire des biens tangibles, par ex. sociétés, immobilier. Réponse de Proparco en 3 mois Transfert des fonds en 6 mois à condition que les garanties de couverture soient acceptées Les possibilités de prêts alternatifs de l’AFD • F3P (fonds de Préparation de Projets Privés) Prêt à court terme pour aider à financer l’étude de l’investissement Financement de 70% AFD / 30% l'investisseur, jusqu’à 23,000.00 € Remboursement: 2 ans sans intérêt • Garanties ARIZ Garantit les fonds personnels de l'investisseur contre des risques commerciaux Garantit 50% des fonds ou du prêt de l'investisseur pour 7 ans Coût de l’assurance: 2% du montant total FIEFE (LDI) FIEFE est un programme de prêt (fond renouvelable) développé en 2000 par LDI/USAID. Des projets compatibles avec l’environnement sont soutenus par des prêts à court ou à moyen terme (de 2 à 7 ans). Ces prêts sont gérés par les banques commerciales malgaches (BNI, BMOI, BTM/BOA, BFG/SG, FIARO, UCB, CMB). Pour être éligible, le programme d’investissement doit adhérer aux mêmes lignes directrices environnementales que les zones d'intérêt touristique (ZIE). L’intérêt du prêt est fixé par la Banque Centrale, taux d’intérêt plus 2%. Les prêts peuvent soutenir l'investissement direct ou répondre à un besoin de liquide à court terme. Les prêts sont alloués avec une garantie exigée par la banque commerciale contre des remboursements non-payés. Cette garantie doit couvrir 80% du prêt pour un investissement et 90% du prêt de liquide à court terme. Le programme FIEFE est particulièrement attrayant pour les investisseurs souhaitant construire un hôtel ou entreprendre une activité touristique à faible impact dans une ZIE. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 109 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR La TDA – US Trade and Development Agency Cette agence de développement est l’une de plusieurs agences gouvernementales d’aide américaines. Le bureau pour l’Afrique est basée à Johannesburg (Afrique du Sud). L’objectif de la TDA est de financer des études de faisabilité afin de faciliter la mise en oeuvre d’importants programmes d’infrastructure. Les projets pour le développement du tourisme sont éligibles mais l’investissement minimum est de 10.000.000 $ US. L’étude de faisabilité ne peut être faite que par une société américaine. Aucune restriction n’est imposée quant à la nationalité des compagnies engagées dans la mise en oeuvre future des projets. 3.5.6 La promotion de l’investissement Le manque d’un guichet unique pour les investisseurs et d’une stratégie intégrale pour le marketing du tourisme, rend difficile l’obtention de matériel présentant le pays en termes touristiques. En juillet 2002, le Ministère du Développement du Secteur privé, de l’Industrialisation et de l’Artisanat a publié une brochure générale sur l’investissement, en français. ‘Madagascar - votre partenaire’ est un dossier contenant des informations générales sur Madagascar et 10 fiches sur des sujets pertinents comme les sociétés, les procédures, les règlements de visas et de permis de travail, les conditions d’ouverture et les associations. Malheureusement l’information offerte est désuète et plutôt générale. La brochure s’adresse aux investisseurs pour tous les secteurs et ne contient pas de détails sur les possibilités d’investir dans le tourisme ni sur les chiffres récents de performance du secteur. Les ambassades à l’étranger n’ont aucune brochure ou autre matériel d’information. Quelques Ministères et Départements à Madagascar ont lancé un site web pour distribuer l’information. Cependant, en plus des problèmes réguliers d’accès, l’information offerte est limitée. Quelques sites sont en cours de construction, la plupart ne sont qu’en français. Qui plus est, le contenu de certains sites est périmé et ne parle pas des changements juridiques et réglementaires. On peut dire, en général, qu’il n’y a aucune information sur le secteur du tourisme sauf sur le site du Ministère du Tourisme (www.madagascar-contacts.com/mintour), en français et en anglais. Ce site s’adresse surtout à ceux qui souhaitent investir dans le tourisme malgache. Le site donne des informations sur les trois RFT, la situation légale et les ouvertures commerciales. Un outil de contact permet de contacter le Ministère de Tourisme par mel. Malheureusement on n’y trouve pas d’informations détaillées sur les procédures gouvernementales d’investissement, les règlements, et les délais. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 110 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.6 L’analyse FFPM (forces, faiblesses, possibilités, menaces) Cette analyse FFPM est une évaluation approfondie des forces et des faiblesses de la destination touristique Madagascar ainsi que des possibilités et des menaces auxquelles le pays fait face dans son environnement concurrentiel. L’analyse a été élaborée tout au long du développement du Plan directeur du Tourisme. Les résultats proviennent des expériences personnelles vécues lors de missions de recherche en novembre 2002, février, mai et septembre 2003, et du travail de représentants locaux; d’ateliers et de présentations en novembre 2002, février et septembre 2003 ainsi que d’interviews personnelles et téléphoniques avec des experts du tourisme, des joueurs clés et les autorités publiques malgaches, dans les destinations concurrentielles et dans les marchés émetteurs. Un sondage exhaustif a été fait auprès des tours opérateurs des marchés émetteurs actuels et potentiels de février à juin 2003. La recherche a aussi intégré la revue d’études précédentes, de données existantes, de matériel d’information et de la couverture médiatique. Les forces et faiblesses servent de base à l’évaluation de la compétitivité et l’attraction de Madagascar en comparaison à des destinations concurrentielles. Les possibilités et les menaces visent à anticiper les activités futures et les tranches potentielles du marché, tout en montrant les impacts néfastes créés par un manque d’action. Des analyses FFPM individuelles ont été faites sur les 5 domaines principaux du Plan directeur du Tourisme: • • • • • Le produit touristique Le marketing et la distribution Le cadre institutionnel Les ressources humaines L’investissement dans le tourisme ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 111 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.6.1 Le produit touristique Forces • • • • • ‘ le pays de mille expériences’ grand potentiel comme destination exotique différentes zones climatiques: d’un climat humide au climat tropical très aride et sec des côtes, d’avril jusqu’en octobre; des paysages diversifiés (plateaux, forêts primaires, déserts, 5,000 km de côte vierge, des îles); une biodiversité de faune et de flore unique avec beaucoup d’espèces endémiques; différentes ethnies avec leurs cultures et leurs traditions associées; une destination sans décalage horaire pour les marchés émetteurs d’Europe et d’Afrique prix bas pour la nourriture et les boissons créativité de l’industrie locale du tourisme pour le développement de nouveaux produits Faiblesses • • • • • • mauvais accès international (peu de correspondances aériennes avec des lignes renommées) saison des pluies (avec un climat très chaud et humide) pendant l’hiver de l’hémisphère nord. Voyages et transport nationaux restreints (manque d’infrastructure, conditions climatiques difficiles) manque de facilités dans les hôtels et restaurants pour des clients internationaux performance du service insuffisant coût élevé pour un transport national de bas niveau tarif élevé pour le visa Possibilités • • • • • • • • établissement d’une nouvelle destination dans les environs compétitifs de l’Océan indien amélioration générale de l’infrastructure et des facilités développement d’une haute qualité de service recherche d’une performance de niveau international (étalonnage) diversification des produits touristiques à travers le pays renaissance des traditions locales et du patrimoine culturel et création d’attractions malgaches typiques destination indépendante mais pouvant aussi être combinée avec d’autres pays contrôle de qualité (label) Menaces • • • • effet néfaste de la destruction généralisée des forêts humides impacts néfastes de la pollution de l’environnent à Antananarivo risque de cyclones sur la côte est de décembre à mars maladies tropicales causées par les conditions climatiques ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 112 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.6.2 Le marketing et la distribution Forces • • • • • efforts du gouvernement pour la promotion du développement du tourisme croissance de l’offre touristique et de la demande dans les années récentes grand potentiel du marché du tourisme à intérêt spécial qui explose destination émergeante pour les marchés émetteurs européens grand potentiel pour la création d’une image exotique Faiblesses • • • • insuffisance du marketing de la destination aucune prise de position claire dans le marché international du tourisme destination niche inconnue au niveau international manque de bureaux de renseignements / commissions touristiques pour les visiteurs et manque de matériel dans le pays et à l’étranger Possibilités • • • • • développement d’un marketing de destination efficace développement de campagnes individuelles pour chaque tranche du produit diversifié ouverture de nouveaux marchés émetteurs avec de nouveaux groupes cibles sensibilisation du public à la destination par la participation aux salons et aux expositions et par des voyages de familiarisation activités de marketing en collaboration avec d’autres destinations Menaces • • • perte de temps et de terrain vis-à-vis des concurrents régionaux par un manque d’action création d’une image négative par un manque de professionnalisme impact de facteurs extérieurs comme les crises politiques ou économiques, etc. ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 113 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.6.3 Le cadre institutionnel Forces • • • • • • • attitude positive du gouvernement quant à la continuation du développement du secteur du tourisme Plan directeur du tourisme qui servira de base solide au développement futur du tourisme dans le pays conscience privée et publique du besoin d’un cadre institutionnel puissant conscience du gouvernement du besoin de politique intégrale dans un code du tourisme Office National du Tourisme de Madagascar comme nouvelle institution dont la fonction première est de promouvoir le pays en collaboration avec le secteur privé secteur privé actif et innovateur à Madagascar soutien important des bailleurs de fonds internationaux (par ex. la banque mondiale, GTZ, KfW, UE, etc.) Faiblesses • • • • manque de soutien officiel politique et de vocation pour les industries du secteur tertiaire faible coordination d’activités entre les secteurs privés et publics ainsi qu’au sein des organismes gouvernementaux application pratique limitée des lignes directrices existantes élaborées par le gouvernement ainsi que des lois sur le tourisme (par ex. le code du tourisme) fonctionnement inefficace des institutions (comme la maison du tourisme) chargées de l’organisation, de la réglementation et de la coordination d’activités touristiques Possibilités • • • • • usage du climat politique positif pour établir un cadre institutionnel efficace création de partenariats public-privé réalisation réussie et durable par la collaboration prises de décisions rapides facilitées par des structures claires et directes coopération proche entre les secteurs publics et privés et avec les institutions (comme la maison du tourisme) Menaces • • • décisions peu claires et réalisation lente décourageant les entreprises du tourisme et les visiteurs étrangers impact négatif causé par le manque d’homogénéité et de cohérence dans le développement du produit duplication des responsabilités par la création de nouvelles institutions qui pourrait bloquer le système et fausser les résultats ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 114 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.6.4 Les ressources humaines Forces • • • • • • reconnaissance générale du tourisme comme important facteur d’emploi efforts de coopération entre les institutions privées et publiques nombre suffisant d’habitants comme ressource de force ouvrière attitude positive et volonté des Malgaches de participer au tourisme hospitalité et gentillesse de la population locale compétences linguistiques: le français est parlé couramment Faiblesses • • • • • • • • manque de conscience vis-à-vis du service un seul établissement de formation (INTH) manque de lignes directrices et de réglementations pour la formation et son développement manque de personnel qualifié dans le service et les positions de gestion connaissance très limitée de l’anglais immobilité de la main d’œuvre malgache embauche nécessaire de main d’œuvre expatriée gênée par des permis restrictifs normes insuffisantes en dehors de l’industrie hôtelière (par ex. immigration, chauffeurs de taxi, vente au détail, etc) Possibilités • • • • • • grande importance du tourisme comme secteur économique pour l’emploi et les revenus croissance d’offres d’emplois stimule l’éducation parmi les classes sociales implication de la population locale dans le processus de développement pour profiter au tourisme et à la population meilleur niveau général d’éducation et meilleur niveau de vie normes internationales d’hospitalité par une formation sur place dans les hôtels coopération possible avec une école internationale de l’hospitalité basée à La Réunion Menaces • • • • • travailleurs non-qualifiés gênent l’expansion du secteur touristique, surtout dans le service et les positions de gestion création d’une image de destination touristique négative à cause de la qualité inadéquate du service immobilité des travailleurs et acceptation difficile d’employés d’autres régions manque de dévouement et d’engagement de la part des autorités officielles ainsi que du secteur privé pour l’éducation dans le tourisme développement incertain des ressources humaines décourageant les investisseurs et opérateur futurs ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 115 GATO AG Plan directeur du Tourisme MADAGASCAR 3.6.5 L’investissement dans le tourisme Forces • attitude positive de la part du gouvernement quant à l’extension de l’investissement national et international dans le tourisme • nouvelle loi de 2003 sur la propriété foncière facilite l’investissement et une approche diversifiée pour stimuler l’investissement dans le tourisme (réserves foncières touristiques) • grand intérêt venant des investisseurs locaux Faiblesses • manque d’institution définie pour établir un rapport avec les investisseurs • coopération limitée entre les secteurs privés et publics • manque de transparence sur la propriété foncière et le transfert de biens immobiliers • manque de facilités de prêt (les banques considèrent le tourisme comme un secteur à risque) • inefficacité dans le marketing et la promotion de l’investissement • manque d’information sur les possibilités et conditions d’investissement Possibilités • établissement du pays comme plateforme pour l’investissement dans le tourisme • encouragement et financement de nouveaux projets touristiques • soutien du développement du produit touristique malgache par l’investissement • développement d’un bureau central pour l’investissement touristique • meilleur marketing des outils financiers existants (FIEFE, PROPARCO…) Menaces • manque de professionnalisme décourage les investisseurs locaux et internationaux et diminue le taux de confiance en Madagascar • manque d’enthousiasme des investisseurs résultant de procédures peu claires et d’exemples décourageants • la spéculation foncière dans des zones prisées du tourisme bloque le développement • risques politiques et climatiques de la région ____________________________________________________________________________________ 3. Ètat des Lieux page 116 GATO AG